31 décembre : les vœux d’Emmanuel Macron
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« Un jour de juillet 2017, alors qu'il avait abusé du rosé de bandole et d'en enthousiasme, il a dit, d'ici la fin de l'année, plus personne ne dormira dans la rue. »
- 2:26Locuteur non identifiéPromesse
« Je veux que nous puissions apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui sans abri. »
- 3:21InvitéFait
« Qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires ? »
- 5:36Locuteur non identifiéFait
« « Je croise vos forces de l'esprit et je ne vous quitterai pas. » »
Temps de parole
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Et bonjour Guy Carlier. Bonjour Maxime, bonjour à tous. Comme tous les matins en cette période de fête, on vous retrouve avant le journal de 8h. Ça n'a échappé à personne. Nous sommes le 31 décembre. Comme chaque année, nous aurons donc le droit aux traditionnels voeux du président de la République. Et vous me dites, et vous m'avez dit en entrant mon cher Guy, que grâce à des relations excessivement haut placées, vous avez déjà réussi à avoir le discours du président de la République.
Oui, c'est vrai. J'ai eu accès à l'enregistrement des voeux présidentiels. Et d'ailleurs, les voici en exclusivité mondiale. Et oui Maxime, vous avez reconnu l'ère de la flûte enchantée, car c'est celui que nous joue Emmanuel Macron chaque 31 décembre, même si la version du président se rapproche davantage du pipeau désenchanté que de la flûte enchantée. Alors, sur le plan technique des voeux, la méthode du président est simple. Il nous dit, c'est vrai, on a merdé cette année, mais ce qui a merdé n'était pas prévisible. En revanche, pour l'an prochain, je vous promets un truc extraordinaire. Car, par exemple, écoutez ce qu'il disait lors de ses voeux du 31 décembre 2017.
Sur le plan national, l'année 2018 sera à mes yeux celle de la cohésion de la nation.
L'année 2018 sera celle de la cohésion de la nation. Il avait dû, comme l'avait fait Mitterrand avant lui, demander conseil à Elisabeth Tessier, la pitié officielle du gouvernement, lors d'un dîner à l'Elysée. Oui, car la pitié vient en mangeant. Pardon, je ne pouvais pas m'en empêcher. Elisabeth Tessier lui avait donc dit, pour 2018, je vois une année calme sur le plan social. Ce sera l'année de la cohésion de la nation. Trois mois plus tard, débutaient les mobilisations des gilets jaunes, évidemment, comme toujours avec Elisabeth Tessier. Mais il y a pire. Souvenez-vous de cette promesse d'Emmanuel Macron.
Un jour de juillet 2017, alors qu'il avait abusé du rosé de bandole et d'en enthousiasme, il a dit, d'ici la fin de l'année, plus personne ne dormira dans la rue. Six mois plus tard, au moment des voeux présidentiels, évidemment, il a sorti les Amirons. Le nombre des SDF avait augmenté. Mais il ne s'est pas dégonflé et il a dit,
Je veux que nous puissions apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui sans abri.
Mais là, on n'a plus envie de rire. Il fait froid en ce moment. Je me suis aperçu qu'on s'est habitué à voir de plus en plus de pauvres gens qui dorment sur le trottoir. Des cartons, des tentes de fortune. On s'est habitué. Finalement, il pourrait considérer ça comme une réussite, Macron. Il a habitué les Français à ne plus avoir honte en voyant un SDF. Il nous a inoculé une sorte de vaccin d'indifférence et de mépris. Maintenant, on voit les SDF, ça ne nous fait plus rien. Maintenant, il a mis au point une figure de rhétorique consistant, je vous l'ai dit, à dire, On a merdé, c'est vrai. Mais qui aurait pu prévoir les impondérables qui nous sont tombés dessus ? Et il enchaîne.
Qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires ? C'est vrai. Qui aurait pu prédire la crise ? La vache. Là, il faut quand même oser. Comme disait Bernard Blier, j'ai connu des faux culs. Mais là, c'est une synthèse. Ça fait 30 ans que le monde entier s'inquiète, tente de lutter contre le dérèglement climatique. Mais pour Macron, qui, en 2023, aurait pu le prédire. Mais je m'énerve. Je ne voudrais pas avoir l'air de tirer sur l'ambulance. Alors, détendons-nous en revenant sur les vœux d'autres présidents surprenants ou pittoresques, en commençant par ceux de Valéry Giscard d'Estaing.
Si cet homme n'a pas eu dans le pays la moindre trace d'émotion à la disparition de cet homme, c'est que, contrairement à Chirac, il n'aimait pas les gens. Et bien qu'il n'eût de cesse de multiplier les rencontres avec le peuple, les petits-déjeuners avec des éboueurs, comme l'accordéon chez Daniel Gilbert, match de foot avec les anciens de Chamalières, on sentait qu'il forçait sa nature. On avait le sentiment d'être ses gueux. Et le comble du ridicule fut atteint lors de ces vœux télévisés auxquels il associa Annemone, son épouse, qui, d'une voix blanche, le regard fixe, humilié de devoir s'adresser à la populace, nous souhaita une bonne année avec une moue de dégoût.
À la fin, j'ai cru qu'elle allait demander un mouchoir pour s'essuyer la bouche qui s'était adressée à la plèbe. Écoutez.
À vous tous, je souhaite, au nom de la France, une bonne et heureuse année 1976. Et je crois qu'Annemone veut aussi vous exprimer ses vœux. À tous et à toutes, j'exprime mes vœux très chaleureux. Que cette année nouvelle vous apporte le bonheur, la santé et le succès pour vous et pour ceux que vous aimez.
C'est ça le chaleureux chez elle. Elle n'était pas vraiment glamour, maman, mais comme on dit chez Sautet, elle avait ses raisons. Les vœux les plus présidentiels, les plus émouvants, furent les derniers du mandat de François Mitterrand. La mort avait déjà commencé à enlever la déco de son visage et on avait compris qu'il ne disait pas seulement adieu à la fonction présidentielle, mais aussi à la vie. Et il eut cette phrase incroyable chez cet homme qui ne montrait jamais ses émotions.
« Je croise vos forces de l'esprit et je ne vous quitterai pas. »
Il n'a pas expliqué ce qu'étaient les forces de l'esprit. Comme c'était Mitterrand, on s'est dit, « Oh la vache, les forces de l'esprit, c'est peut-être une vie après la vie. » Bon, ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas les 60 vierges de l'islam car il avait largement dépassé son quota de son vivant. Allez, pour finir cette chronique nationale, de la même façon que s'achèvent les vœux télévisés, voici une variation sur le thème de la Marseillaise qui vous est offerte par Valérie Giscard d'Estaing. Bonne chance !
« Notre gloire est arrivé Contre nous de la tyrannie Les tendards sanglants élevés Les tendards sanglants élevés
Entendez-vous ? » Ça, c'est sûr que c'est original. Merci beaucoup, Guy Carlier, pour finir en beauté. Et à demain, naturellement, les vœux du président de la République, ce sera ce soir, 20h. Mais pour le moment, il est 8h.