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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 2 mai 2019 12 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSécurité

1er mai 2019 à Metz : discours d'Hervé Juvin

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 75 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:07Invité politiqueFait
    « Ne laissez personne affirmer que l'Union européenne a assuré la paix à l'Europe. »
  • 1:19Invité politiqueFait
    « Après la défaite de l'Allemagne nazie, qui pensez-vous en Europe qui aurait pu provoquer un conflit ? »
  • 2:08Invité politiqueChiffre
    « Dire que l'Union a apporté la prospérité. L'Union, ça a été une concurrence fiscale déloyale qui coûte à la France quelques dizaines de milliards d'euros de recettes en moins »
  • 3:44Invité politiqueFait
    « Vous avez vu que Donald Trump a mis en doute la volonté des États-Unis d'intervenir pour assurer la sécurité de n'importe quel pays dans l'Union européenne. »
  • 4:21Invité politiqueFait
    « Les routes de la soie, sans doute le projet géopolitique le plus important depuis des dizaines d'années. »
  • 4:49Invité politiqueFait
    « Monsieur Emmanuel Macron a insulté les pays qui participent à ce partenariat majeur. »
  • 5:21Invité politiqueFait
    « Derrière l'idée avancée imprudemment par le président Emmanuel Macron de bouclier social européen, il y a la baisse du revenu minimum en France, il y a la baisse des retraites »
  • 7:56Invité politiqueFait
    « Imaginez qu'il a signé un traité d'Aix qui, à bien des égards, est une reddition aux demandes allemandes. »
  • 8:19Invité politiqueFait
    « elle lui fait répondre par la nouvelle chef de son parti, la délicieuse Anne Grette. »
  • 9:21Invité politiqueFait
    « Nous avons conquis une singularité, nous avons conquis l'exception culturelle française qui fait que notre production cinématographique, notre production télévisuelle continue d'exister »
  • 9:47Invité politiqueFait
    « Pourquoi nous laisser piller nos données privées ? Pourquoi nous laisser piller nos systèmes de paiement par les GAFAM américains ou demain par les géants chinois ? »
  • 10:10Invité politiqueFait
    « Nous devons comprendre que l'urgence écologique appelle l'exception écologique européenne la propriété du vivant, le maintien de notre biodiversité. »
  • 10:55Invité politiqueFait
    « Sans cela, notre débat avec un islam conquérant et sûr de lui est un combat perdu d'avance. »

Temps de parole

  • Hervé Juvin100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:06
Hervé Juvin

Bonjour à toutes et à tous, bonjour à Metz, bonjour à la France. Ce matin, sous les vitraux de l'admirable cathédrale Saint-Étienne, je pensais à cet ordre européen qui a été celui du Moyen-Âge de la chrétienté qui donnait à chacune et à chacun une vision de son monde, une place dans le monde et qui proposait une forme d'ordre qui a tenu pendant des siècles. Et je ne pouvais pas m'empêcher de penser que l'Union européenne d'aujourd'hui ne propose pas de place assurée à chacun. L'Union européenne aujourd'hui met gravement en insécurité l'Europe et les nations. L'Union européenne aujourd'hui est la pire ennemie de l'Europe. Et j'ai deux choses d'abord à vous dire.

Ne laissez personne affirmer que l'Union européenne a assuré la paix à l'Europe. Après la défaite de l'Allemagne nazie, qui pensez-vous en Europe qui aurait pu provoquer un conflit ? La paix en Europe, elle a été le fait de la guerre froide. La paix en Europe, elle a ensuite été le cadeau inouï de la protection militaire américaine et de l'engagement sans réserve des États-Unis à assurer la sécurité de l'Europe. Ce n'est pas l'Union européenne qui a apporté la paix en Europe. Il faut le dire et il faut dénoncer ce mensonge qui nous est servi à toutes les sauces. Et puis il y a une seconde chose qu'il ne faut pas laisser dire. Dire que l'Union a apporté la prospérité.

L'Union, ça a été une concurrence fiscale déloyale qui coûte à la France quelques dizaines de milliards d'euros de recettes en moins quand on tolère qu'en Europe, des pays proposent une fiscalité à zéro aux entreprises et pillent nos ressources fiscales et territoriales. L'Europe, ça n'est pas la sécurité quand des traités de libre-échange sont conclus qui permettent que se retrouvent dans nos assiettes, pas ce midi dans ce banquet, que se retrouvent dans nos assiettes, dans nos maisons, des produits qu'aucun industriel, aucun agriculteur français ou européen n'aurait eu le droit de produire sur notre sol. Ça, ce n'est pas le juste échange.

C'est le pillage de nos PME, c'est le pillage de nos territoires par un libre-échange ravageur et dévastateur. Ne laissez personne dire que l'Union européenne a apporté la paix en Europe. Ne laissez personne dire que l'Union européenne a apporté la prospérité. Nous ne savons même plus défendre notre marché intérieur. Nous sommes devenus l'idiot-utile de la mondialisation et l'Europe est devenue la salle des pas perdus de toutes les multinationales dans le monde. Alors, la réalité, c'est que l'Union européenne ne protège de rien. L'Union européenne nous plonge dans un sommeil stratégique et le réveil sera terrible.

Je voudrais vous donner trois exemples de ce sommeil stratégique dans lequel nous plonge l'Union européenne. Le premier, il est tout récent. Vous avez vu que Donald Trump a mis en doute la volonté des États-Unis d'intervenir pour assurer la sécurité de n'importe quel pays dans l'Union européenne. C'était une occasion merveilleuse pour l'Union européenne de reprendre l'initiative stratégique, de renouer le dialogue transatlantique, de renouer les relations et le dialogue stratégique avec la Russie. Que voulons-nous faire ? Que voulons-nous défendre ? Qui sont nos vrais alliés ? Cette opportunité exceptionnelle, cette fenêtre de tir, l'Union européenne l'a laissée passer.

Deuxième sujet considérable. Les routes de la soie, sans doute le projet géopolitique le plus important depuis des dizaines d'années. Vous savez, ce projet qui fait que des dizaines de trains chaque semaine vont et viennent du plus profond de la Chine jusqu'en Allemagne, jusqu'en Italie et jusqu'en Grande-Bretagne. Le Portugal, la Grèce, l'Italie et la semaine derrière la Suisse. On conclut des partenariats, deviennent des acteurs de ce projet immense qui est le projet des routes de la soie. Monsieur Emmanuel Macron a insulté les pays qui participent à ce partenariat majeur. L'Union européenne n'était aux abonnés absents. Ni doctrine, ni stratégie, ni accord. Où est l'Union européenne ?

Où est l'Union européenne qui protège et qui projette ? Nulle part. Et puis le troisième sujet, tout aussi important, tout aussi décisif, c'est celui de l'ordre politique. Chacun voit bien que derrière l'idée avancée imprudemment par le président Emmanuel Macron de bouclier social européen, il y a la baisse du revenu minimum en France, il y a la baisse des retraites, il y a l'alignement sur les régimes les plus sévères de l'Europe et quelque part il y a la mise en cause de toutes les conquêtes sociales que nous fêtons aujourd'hui à juste titre ce 1er mai.

L'Union européenne met en cause notre protection sociale, met en cause notre sécurité et quelque part, je ne peux que dire aux Italiens présents dans cette salle, aux Français si nombreux dans cette salle et à tous nos voisins européens, nous avons bien raison de défendre nos systèmes nationaux parce que c'est le fruit de nos préférences collectives, c'est le fruit de notre longue mémoire et plus que tout c'est le fruit de la frontière qui protège dans l'espace et de l'identité que l'on transmet dans le temps.

Pour construire une Europe qui protège, pour construire une Europe qui assure la sécurité des Européens, nous avons un mot, c'est la nation qui protège et c'est l'Alliance européenne des nations qui nous rendra la sécurité pour laquelle tant de nous se sont battus, tant de nous ont souffert et dont nous sommes les héritiers. Et nous avons un projet pour cette Europe. Nous avons un projet ambitieux, nous avons un projet de sécurité, nous avons un projet stratégique. Le premier élément de ce projet, il est absolument vital.

Est-ce que l'Union européenne va faire de l'Europe une colonie que vont se partager, les deux ensembles, les deux empires qui se partagent le monde, la Chine et les Etats-Unis d'un côté ? Parce que je ne l'accepte pas. Je veux que l'Alliance des nations européennes remplace l'Union européenne et je veux que l'Europe et les nations européennes prennent la place qui leur revient, la troisième place dans un monde multipolaire.

ça, ça veut dire changer la gouvernance de l'euro parce qu'une clé d'un troisième pôle mondial européen, c'est une monnaie durable, c'est une monnaie soutenable, c'est une monnaie qui apporte la prospérité et la sécurité de l'épargne et l'euro ne pourra pas continuer à accentuer la divergence entre l'Europe du Nord et l'Europe du Sud. Nous voulons reconstruire la gouvernance de l'euro pour faire de l'Europe un troisième pôle mondial. La deuxième question qui va se poser et que personne ne veut voir, permettez-moi de vous le dire, c'est le plus grand échec du président Emmanuel Macron. Imaginez qu'il a signé un traité d'Aix qui, à bien des égards, est une reddition aux demandes allemandes.

Est-ce qu'on va accorder à l'Allemagne dans la paix ce qu'on ne lui a pas accordé dans la guerre ? Quand le président Emmanuel Macron écrit une lettre aux Européens, ça n'est même pas la chancelière Angela Merkel qui lui répond, elle lui fait répondre par la nouvelle chef de son parti, la délicieuse Anne Grette. C'est une marque du mépris de l'Allemagne pour ceux qui sont moins forts qu'elle et ça veut dire que nous avons devant nous de nouveau la question allemande. Nos amis britanniques, nos amis italiens, nos amis américains s'en rendent bien compte.

Dans l'Union européenne, aujourd'hui, ne sait pas quelle place elle va donner à l'Allemagne et c'est un sujet géopolitique majeur qui requiert notre alliance avec l'Italie, qui requiert notre alliance avec la Pologne, qui requiert réallance avec tous les pays, qui n'acceptent pas de se voir glisser sur la pente dangereuse d'une Union européenne qui construise une Europe allemande. Nous le refusons et nous prendrons les initiatives d'alliances européennes qui nous permettront de construire l'Europe de toutes les nations. Le dernier point, et le dernier point de l'initiative et des initiatives européennes que l'Alliance des Nations doit prendre, c'est de confirmer une exception européenne.

Vous savez que la France a gagné au bout de combien de combats ? Nous avons conquis une singularité, nous avons conquis l'exception culturelle française qui fait que notre production cinématographique, notre production télévisuelle continue d'exister et n'a pas été laminée par la machine de guerre américaine. Eh bien, nous exigerons d'avoir la même exception dans le domaine de l'agroalimentaire. Nous exigerons d'avoir la même exception dans le domaine du numérique. Pourquoi nous laisser piller nos données privées ? Pourquoi nous laisser piller nos systèmes de paiement par les GAFAM américains ou demain par les géants chinois ?

Et nous demanderons une exception culturelle, agroalimentaire, numérique et biotechnologique ? J'étais ce matin ému en pensant à ce grand écologiste local qui était Jean-Marie Pelt. Un square à mètres porte son nom. Nous devons comprendre que l'urgence écologique appelle l'exception écologique européenne la propriété du vivant, le maintien de notre biodiversité. Ça aussi, c'est un combat pour les nations européennes.

C'est un combat pour toutes celles et tous ceux qui savent qu'ils ont reçu cette terre belle, riche, bienveillante, ces merveilleux paysages européens, de ceux qui sont battus pour eux et qui veulent les transmettre plus beaux, plus riches et plus vivants à leurs enfants et leurs petits-enfants. Ça, c'est l'Europe que nous voulons. Ça, c'est le combat des nations que nous allons mener. Et c'est une Europe qui ne se fera pas sans se séparer de ce qui est d'elle. Oui, l'Europe a une identité. Oui, l'Europe doit fixer ses frontières extérieures. Sans cela, notre débat avec un islam conquérant et sûr de lui est un combat perdu d'avance.

Ce sont les nations qui vont refaire la sécurité de l'Europe. Ce sont les nations qui doivent reprendre le contrôle de leurs frontières. Ce sont les nations qui doivent défendre leur singularité et cette merveilleuse diversité européenne qui est la meilleure garante de notre place dans le monde et de notre richesse de demain. Oui, nous voulons construire une autre Europe. Oui, nous devons mettre fin à une Union européenne qui met gravement en danger la sécurité des nations, nos identités et nos territoires. Oui, nous devons construire l'Europe de l'alliance de toutes les nations libres, fières et qui savent ce qu'elles se doivent.

Oui, nous devons reconstruire l'Europe pour que la France vive, pour que l'Europe vive.