L'égocentrisme du roi Macron, ça suffit | Sandrine Rousseau
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Elle est rapidement devenue une personnalité politique et médiatique de premier plan. A gauche, elle fédère peut-être autant qu'elle divise jusque dans son propre parti, Europe Ecologie Les Verts, qu'elle a même failli de peu diriger. Pleinement investie dans la NUPES, la nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale, elle entretient des liens particuliers avec les Insoumis et donne un peu l'image d'une écolo qui ménage la chèvre et le chou. Un équilibre délicat qui peut sembler pouvoir partir en éclat à tout moment, surtout à l'approche des élections européennes qui auront lieu à la rentrée prochaine.
Un scrutin que son parti souhaite aborder seul en opposition à la volonté d'Union de la France Insoumise. Alors, quelle est la stratégie politique des Verts et plus spécifiquement de mon invité à l'heure d'une inédite crise de régime sur fond d'un mouvement social, d'une ampleur inédite, mais qui semble peut-être entrer dans une sorte de pause ? Quelles sont les priorités pour les Verts quand les climats, qu'ils soient environnementaux ou politiques, déraillent ? C'est entre autres ce qu'on va voir avec mon invité du jour, qui n'est autre que la députée Sandrine Rousseau.
Mais on s'autorise à penser dans les milieux autorisés. Alors ça, je n'ai pas un autre truc.
Les milieux autorisés, vous y êtes pauvres.
Comment allez-vous ? Le moral est là, le moral est au beau fixe ?
Au beau fixe, je n'irai pas jusque-là, mais enfin, ça va.
Ça va, ça va. Les choses bougent, vous me disiez justement. On va voir ça ensemble. Alors, vous êtes régulière sur le plateau, vous venez régulièrement au Média, mais la dernière fois qu'on s'est vus ici même, c'était il y a déjà un an, vous vous souvenez ? Il y a déjà un an, vous n'étiez pas encore députée. C'est vrai ? Eh, déjà, vous êtes revenu voir d'autres personnes, mais là, c'était il y a un an. Et donc, du coup, ça fait un an que vous parcourez les couloirs du Palais Bourbon, un an que vous ségez à l'Assemblée nationale dans l'opposition. De gauche, c'est votre premier mandat et pour l'avoir eu, vous êtes carrément installé à Paris un an après. Des regrets ou pas ?
Aucun regret. Aucun regret. Après, c'est un lieu difficile. L'hémicycle est un lieu difficile, notamment parce qu'il est totalement climato-sceptique. Enfin, pas totalement, dans sa totalité, évidemment. Mais enfin, il est quand même bien climato-sceptique. Et puis... Ah, je n'aurais pas pensé à ça tout de suite. Le premier truc qui vous a marqué, c'était... Ah oui, ah oui, ah oui. Ah oui, j'ai été frappée de ça. En arrivant dans l'hémicycle, les premiers discours, on voyait immédiatement que le climato-scepticisme. Et là, c'est flippant. Donc oui, des grosses surprises. Il y a eu plein de surprises. Il y a aussi eu plein de belles aventures.
Mais ça, c'est encore quelque chose qui n'est pas suffisamment dit, je pense.
Et le reste ? Parce que moi, je pensais, par exemple, que vous êtes une femme, quand même. Donc l'antiféminisme, le sexisme...
Ça s'est un peu calmé, parce qu'à l'occasion du 8 mars, j'avais fait part un peu de ce qui s'y passait. Donc depuis, ça s'est un peu calmé. Mais alors avant, mais quel scandale ! Mais quel scandale ! Mais je ne sais pas, cet hémicycle a 50 ans de retard sur la société, quoi. Dès que je parlais, il y avait des huées. Dès que Rachel Kéké parlait, il y avait des huées. Enfin, ça va, quoi. Ça a bougé, là. Oui, oui, ça a bougé depuis le 8 mars. Il se calme un peu.
Ils n'osent plus trop parler, parce qu'on imagine que ça n'a pas bougé tant de monde dans les esprits, mais...
On vous voit.
Voilà. Je pense que c'est ça. Voilà. Alors, en parlant d'un sommet national, du coup, il y a eu ce vote hier soir. Un texte des Macronistes, vous avez suivi, qu'ils ont réussi à faire adopter pour rendre obligatoire le pavoisement des drapeaux français et européens sur les mairies de plus de 1500 habitants. Et rendant aussi obligatoire, dans le texte de loi, l'affichage du portrait présidentiel, là cette fois, dans toutes les mairies, même de moins de 1500 habitants. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
Ça m'inspire que l'espèce d'égocentrisme d'Emmanuel Macron, qui veut se voir en photo dans toutes les mairies, ça va, quoi. Bientôt, il va demander ses statuts sur les places. Et puis, il va choisir la coiffure avec laquelle, ou la petite couronne avec laquelle il va vouloir être sur les places. Mais enfin, on se rend compte un peu d'où on va. Ça s'arrête, la personnalisation du pouvoir. Ça s'arrête, le présidentialisme. Et par ailleurs, sur la question du drapeau européen, moi, j'étais plutôt pour qu'on vote pour cette affaire. Mais je veux dire, ou qu'on s'abstienne. D'ailleurs, on s'est abstenus. Mais pour moi, c'est complètement contre-productif.
C'est-à-dire que là, ce que ça va générer, c'est un sentiment d'anti-Europe, en fait. Donc, quand bien même c'est ça qu'on veut pousser, c'est-à-dire l'Europe, je pense que c'est absolument antinomique aux objectifs. Donc, vraiment, ces gens m'étonnent. Et peut-être que, d'ailleurs, un des enseignements de cette première année dans les ors et dans les velours du pouvoir, c'est de m'apercevoir qu'en fait, le macronisme, ça n'est pas... Parce qu'on le présente comme un espèce de grand stratège, toujours avec des stratégies, des longueurs d'avance, et il prévoit les coûts à l'avance et tout ça. Et ce n'est pas du tout ce que j'observe.
Je pense que ce sont des gens qui, au contraire, sont un peu à la ramasse, un peu à rattraper un peu les peaux cassées tout le temps. Et en fait, peut-être ne sont-ils pas à la hauteur. Et je pense qu'il ne faut pas négliger cette hypothèse-là.
Je vois d'ailleurs... Vous dites que vous êtes abstenue. Vous étiez absente lors du vote, à ce moment-là. Mais deux... Le groupe s'est abstenue. Le groupe s'est abstenue. Il y en a deux qui ont voté pour. Le texte a été notamment voté grâce aux voix de votre groupe Europe que je déviens. Les deux présents ont voté pour cette loi. Et les socialistes aussi, alors que les Insoumis sont complètement contre. Pourquoi vous, personnellement, n'avez-vous pas pris part au vote sur ce texte-là ?
Alors, pour une raison... Mais alors, très simple, c'est que si on doit être présent dans l'hémicycle, on y est de 10h le matin jusqu'à minuit, qu'on ne fait plus rien d'autre. Et qu'évidemment, on a d'autres choses à faire en circo. En l'occurrence, hier, j'avais un rendez-vous en circonscription. Et donc, voilà, je ne pouvais pas... Il faut bien comprendre qu'on ne peut pas être là non-stop dans l'hémicycle. C'est absolument impossible.
Vous comprenez que beaucoup de personnes ne comprennent pas forcément, puisqu'on se dit...
Oui, c'est pour ça que je le dis.
C'est bien de le préciser.
Mais c'est pour ça que je le dis. Le travail d'un député. Vraiment, c'est de 10h à minuit. Et en fait, le travail d'un député, ce n'est pas que d'être dans l'hémicycle. C'est ça aussi qu'il faut comprendre. C'est d'être en circonscription. C'est d'aider les gens dans la circonscription. C'est de faire des déplacements. Et puis, il y a aussi un temps personnel. Et là, vraiment, quand on est député, il y restera au minimum possible.
D'ailleurs, tout à l'heure, je parlais un peu de votre expérience. Vous voyez comment les 4 ans qui arrivent. Parce qu'il y a une année, vous dites qu'il y a eu beaucoup de choses, etc. 4 ans encore en plus. Je ne sais pas. Vous êtes toujours aussi motivée ?
Motivée, oui. Personnellement, je le suis. Après, qu'est-ce qui va se passer ? Je ne sais pas. Je ne sais pas. Parce que là, je crois qu'on est dans un moment, à mon avis, de bascule. Et il faut faire basculer dans le bon sens.
Justement, en parlant de ce moment de bascule, ce contexte politique qui, depuis déjà... Depuis fin janvier, semble un peu figé, autour de la réforme des retraites, etc. Le gouvernement qui déploie beaucoup de forces, vous le vivez, pour tourner la fameuse page, la fameuse page retraite, mais se heurte aux casserole-là. D'ailleurs, deux petites infos au passage. La secrétaire d'État, chargée à l'écologie, a réussi à esquiver les casserole-là le 8 mai, en annulant un déplacement dans la minute. Il y a aussi Gérald Darmanin, vous avez suivi, qui, lui, a carrément menti sur son agenda pour ne pas s'y confronter.
Avec des papiers en tête.
Tout à fait. Comment vous vous analysez cette séquence-là ? Et puis, est-ce qu'elle peut encore durer ? Deux questions en une.
Déjà, je voudrais dire que je suis hyper admirative des gens qui se bougent pour aller faire des casserole-là à chaque déplacement de ministre. Enfin, vraiment, ils rendent un service énorme. Donc, merci, merci, merci. Merci à vous de rien lâcher.
Ok, vous soutenez bien cette méthode, ok ?
Oui, je trouve qu'elle est efficace. Et puis, ça permet de ne pas passer à autre chose. Et je pense qu'on ne peut pas passer à autre chose, en fait. Parce que si on passe à autre chose, on accepte non seulement la continuité d'un modèle qui nous envoie dans le mur, qui nous met en danger, et pour notre santé et pour la planète. Et qu'en fait, c'est maintenant, l'heure du rendez-vous, il est là. Et donc, si on laisse passer ça, on laisse passer, finalement, le libéralisme. Aujourd'hui, ce n'est plus possible. Donc, voilà, je pense qu'on ne lâche rien. Nous, dans l'hémicycle, en tous les cas, on ne lâche rien. Dans la rue, c'est pareil.
Et voilà, il faut qu'on soit solidaires les uns des autres.
Et vous pensez vraiment ? Parce que là, on a l'impression d'observer, nous, de notre côté, un relâchement. Je ne crois pas du tout, moi. Vous ne pensez pas ?
Ça ne se tache pas ? En fait, les gens ne vont peut-être plus dans la rue, parce qu'on y est allé quand même un paquet de fois. Mais alors, un relâchement de la contestation, mais pas du tout. Un relâchement de la colère, mais alors pas du tout.
Vous étiez en circo, vous disiez du coup hier.
Vous avez peut-être senti quelque chose ? Ah non, mais les gens sont toujours autant en colère. Vraiment. Et ils ne supportent pas l'idée de devoir travailler deux ans de plus. Moi, je pense qu'en plus, c'est vraiment, après le Covid, complètement à contre-temps, quand même les gens croient en la croissance, en le libéralisme, ce qui était absolument mortifère. Mais bon, imaginons quand même ça. C'est ne pas prendre en compte le fait que la société sortie de Covid n'est plus la même que celle d'avant et que le droit au repos, le droit à ralentir, le droit de savoir pourquoi on travaille, en fait. À quoi ça sert ? Ce qu'on fait ? Quel est le sens de ce qu'on fait ?
En fait, ce sont des questions qui sont très profondes et qui sont partagées par toutes les classes sociales, par toutes les catégories sociales et qui sont, au fond, très politiques. Très, très politiques. Le droit à la paresse, ce qu'il y avait mis en PLS.
Une de vos sorties, justement.
En position latérale de sécurité, bien des gens. Mais en fait, le droit à la paresse, il est fondamental. Déjà pour se reposer. Et puis ensuite, simplement parce que notre vie vaut plus que quelques points de PIB, en fait.
C'est votre point de vue, effectivement, qu'on peut partager, c'est sûr. Mais le président ne semble pas être mis à jour de cela. Dans Challenge, je ne sais pas si vous avez suivi l'interview qu'il a donnée hier dans Challenge. Il dit encore que les opposantes, ou du moins les personnes qui s'opposent à sa réforme de retraite, sont, je le cite, dans le déni de réalité, jugeant qu'ils préparent ainsi l'arrivée au pouvoir des extrêmes. Ça vous inspire, quoi ? Dans le déni de réalité.
Le type, il avait le 8 mai tout seul sur sa place, là, face à son écran géant. Il était tout seul au milieu des Champs-Elysées. Et il est là. Vous êtes dans le déni de réalité. Non, mais pardon. Qu'est-ce qui est dans le déni de réalité aujourd'hui ? Je ne pense pas que ce soit nous, en l'occurrence. Et je pense qu'il devrait beaucoup plus s'interroger sur la réalité parce qu'il m'apparaît, malheureusement, complètement en croissant, quoi. Mais quoi, le morceau ? Je pense qu'il est même plus rattrapable, là.
Je crois qu'il est dans une autre réalité parce qu'il y a plusieurs réalités, finalement.
Il est dans un univers parallèle, même. Je pense qu'il faut aller le rattraper, mais je ne suis pas sûre que ce soit possible.
Ce n'est peut-être pas votre travail ? Je ne sais pas, vous voulez le rattraper encore, le président Macron ?
Non, qui s'envole, qui part dans son univers parallèle et puis qui nous laisse transformer les choses.
Est-ce que le président Macron, à ce stade-là, est encore ? Alors, c'est le président, évidemment, mais on a vu, il y a une demande de démission dans une pétition de l'Assemblée nationale. Vous l'avez signée, cette pétition ?
Je ne sais plus si je l'ai signée ou pas, mais je pourrais la signer, oui. Je ne sais pas si je l'ai déjà fait ou pas, en fait.
Est-ce que c'est encore quelqu'un, même s'il remplit cette fonction présidentielle, à convaincre, en fait ? Ou alors, là, vous dites non, qu'il parte ?
Ah non, moi, je ne le convaincrai pas. Je pense qu'il ne comprendra que le rapport de force et il n'arrivera à changer que s'il ne peut plus rien faire d'autre. Donc, en fait, c'est pour ça qu'il faut monter le rapport de force. Ce n'est pas un enfant de cœur, donc il faut monter le rapport de force. Et là, en l'occurrence, moi, ce qui me frappe vraiment, c'est son indifférence à la condition des gens. En fait, il a demandé aux gens... Il y avait les gilets jaunes, il les a tapés.
Plus que tapés.
Plus que tapés, il les a éborgnés, il les a blessés. Et les gilets jaunes, c'était déjà des gens, pour beaucoup, qui avaient des emplois précaires, qui avaient du mal avec les fins de mois, qui multipliaient les boulots difficiles. Après, il y a eu le Covid. Ces gens-là, les mêmes, étaient en première ligne. Et ils n'ont pas râlé. Ils y sont allés. Les éboueurs, les aides-soignantes, ils y sont tous salés. On les a applaudis. Mais en plus, ils y sont allés au mépris du danger. C'est-à-dire qu'ils n'avaient pas peur. Enfin, ils avaient peur, mais ils y allaient quand même. Moi, j'ai discuté à les éboueurs d'ivris, par exemple.
Ils me disaient, mais nous, on ne savait pas à quel danger on était exposés, mais on y allait. Donc, ils y sont allés. Après, on les a applaudis. On leur a dit merci. Et aucune revalorisation salariale. Pas d'augmentation. Pas de revalorisation de leurs conditions de travail. Pas de diminution de leur temps de travail. Au contraire, ce qu'on dit, maintenant, c'est que vous allez travailler deux ans de plus. Mais en fait, vous savez, c'est le type... J'ai l'impression, des fois, de la caricature des représentants de commerce qui vous vendent un truc et puis qui, après, vous vendent l'encyclopédie complète. On a l'impression qu'ils vous donnent un prospectus.
Puis à la fin, vous repartez avec une encyclopédie de 12 tomes. Mais là, on ne veut pas de ça. On ne veut pas de ça. Et les gens le disent pour la première fois. Ils disent non. Là, on ne veut pas. Et bien, respect. Respect absolu. Et en plus, si on pousse le raisonnement plus loin, c'est un modèle qui est un modèle productiviste. On produit pour produire, pour produire, pour produire, pour produire. Maintenant, on va faire de l'industrie verte. Allez, on produit, produit, produit. À la fin, on produit pour quoi ? Je veux dire, il n'y a pas un centimètre carré de cette planète qui n'est pas polluée. On est dans un danger extrême. Extrême. On a trois ans pour agir. Trois ans.
Sinon, déjà, il y a des villages qui n'ont déjà plus d'eau potable. On est dans les limites planétaires. On les atteint. On est à la frontière. Il y a des points de bascule qui sont déjà atteints. Et on est là. On produit, on produit, on produit. Mais quand est-ce que ça s'arrête, cette folie, en fait ? Quand est-ce que ça s'arrête ?
C'est une urgence, justement.
Et c'est ça, la question qui est posée à Macron. Mais il est incapable de la comprendre.
Incapable. Incapable de la comprendre. Alors, du coup, on entend l'urgence. Vous faites le pont très rapidement. Et c'est, je pense, très juste de le faire avec l'urgence climatique, la retraite et le productivisme. Mais là, on a, du coup, dans le viseur la date du 8 juin. Vous y serez, j'imagine. Vous n'allez pas la louper. Ah ben là, non. Là, c'est certain qu'on va être à l'Assemblée nationale. Je vous soutiendrai, du coup, ce vote qui pourrait être décisif avec cette proposition de loi qui vise à abroger cette réforme. Sophie Binet lançait hier un appel à tous les députés, sauf Alexandre Roy, elle a précisé plus tard. On l'écoute.
L'objectif, à travers cette proposition de loi qui sera examinée le 8 juin prochain, c'est d'abroger la réforme des retraites et ainsi de permettre de passer à autre chose et de pouvoir enfin parler des vrais sujets de préoccupation des salariés, à savoir l'augmentation des salaires, l'amélioration des conditions de travail, les questions environnementales, etc. Ça fait presque que quatre mois qu'il y a des millions de salariés qui manifestent, qui font grève à un niveau inédit de mobilisation. Cette proposition de loi, elle permet d'entendre ce qui se passe dans le pays et de pouvoir rassembler le pays en passant à autre chose, en abrogeant la réforme.
C'est la raison pour laquelle j'appelle ici solennellement l'ensemble des députés le 8 juin prochain à prendre leur responsabilité et à voter cette proposition de loi d'abrogation de la réforme des retraites. Alors Sophie Binet, j'imagine qu'elle n'a pas besoin de vous convaincre. On connaît déjà la nature de votre vote à ce moment-là, mais comment vous vous appréhendez ? Je peux dire question, ce vote du 8 juin. Qu'est-ce que vous dites si vos collègues vous écoutent de toute l'Assemblée, à ceux qui hésitent, à ceux qui pensent peut-être voter contre ?
Alors déjà, je voudrais parler aux gens pour qu'ils se mobilisent le 6 juin, parce que l'avant-veille, il y a une mobilisation. Il faut vraiment qu'on soit très très nombreux dans les rues. C'est très important parce que ça mettra la pression sur l'hémicycle. Ça compte toujours, ça ? Ah oui. C'est-à-dire qu'en fait, le risque, si vous voulez, le 8 juin, c'est qu'il y a des gens qui ne viennent pas. Donc dans ces cas-là, ils ne voteront pas contre la réforme, ils ne viendront juste pas. Et ça peut être déterminant pour que le texte passe ou que le texte ne passe pas. Donc en fait, il faut qu'ils se sentent obligés de venir et obligés de voter contre.
Vous vous appelez d'ailleurs, peut-être, on l'a vu, à contacter leurs députés pour leur demander d'y aller ?
On peut le faire. On fait un travail au sein de l'hémicycle, évidemment, pour essayer de convaincre tout à fait les uns et les autres. Après, je voudrais peut-être avoir un mot pour les députés LR, les républicains, puisqu'ils sont au centre de toutes les attentions. Parce que s'ils votent contre, alors la loi d'abrogation passe. S'ils ne votent pas, c'est eux qui mènent la danse. Enfin, ils ne mènent pas la danse, parce qu'ils ne sont pas dans les rues, mais ils sont charnières. Donc, ces députés républicains, ils nous avaient vendu la main sur le cœur, les trémolos dans la voix.
Le fait qu'ils allaient voter pour cette réforme, parce qu'il y avait des avancées, notamment l'index senior, notamment le CDI senior, c'est-à-dire le contrat à durée indéterminée senior, etc. Tout ça a été balayé par le Conseil constitutionnel. Donc, en fait, tout ce qui faisait qu'il l'a voté a été balayé par le Conseil constitutionnel. Maintenant, si vous êtes logique avec vous-même, il faut absolument abroger cette loi. Et on compte sur vous, en fait. On compte sur vous. Parce que dans l'électorat républicain, il y a aussi des gens qui sont des artisans, des ouvriers. Et ces gens-là ne peuvent pas travailler.
Et je pense que les députés républicains sont plus sensibles à la question sociale étrangement que ne l'est Macron et les macronistes. Et je pense que la sociologie des républicains fait qu'ils sont plus sensibles à la question sociale. Bizarrement. Et même presque contre-intuitivement, j'ai envie de dire.
Le message est passé. Alors, on parlait justement à l'instant, vous parliez du 6 juin prochain, donc deux jours avant cette manifestation. Alors, elle est loin ? Peut-être trop loin ? Alors, on va peut-être parler un peu aussi de la manière de lutter. Là, on sait, on voit la NUPES, on vous voit aussi présente à chaque fois, ou quasiment, du moins, la NUPES, elle l'est, les Verts et les autres, dans les manifestations. Mais aussi, on entend la demande des Françaises et Français à maintenir la pression. Même vous, tout à l'heure, à augmenter cette pression, le rapport de force, à le changer, à le radicaliser. Je ne sais pas si c'est un terme qu'on peut encore utiliser.
Du coup, à varier aussi les méthodes d'action. Vous, à la NUPES et chez les Verts, c'est quoi votre position sur ce sujet-là d'augmenter ? Est-ce que vous êtes toute seule à penser ça ? Ou alors, c'est partagé chez les Verts ?
Je ne saurais pas trop répondre à cette question, mais en tous les cas... Vous ne parlez pas sur ce point-là ? Je n'ai pas eu de discussion récente, en tous les cas. Après, moi, je fais beaucoup confiance à l'intersyndicale, et je pense que d'ailleurs, la direction des Verts aussi, sur la manière dont ils gèrent les choses. Parce que pour l'instant, il faut quand même reconnaître qu'ils ont très bien géré les choses. C'est vrai que ça paraît loin le 6 juin, et ça nous a tous et toutes surprises. C'est loin. C'est loin. Mais après, peut-être, est-ce eux qui ont raison ? Peut-être qu'il faut laisser les gens se reposer et repartir le 6 juin.
Parce que, force est de constater que les gens aussi en ont marre, quoi, de défiler pour rien. Donc, je n'ai pas de certitude.
C'est pour rien, mais alors, du coup, vous me disiez, non, ce n'est pas pour rien ?
Vous dites que c'est pour rien ? Non, mais il défile. Pour l'instant, on n'a pas gagné. Mais le 8 juin, la pression monte quand même. Et je vais même vous dire, s'il n'y avait pas eu tous ces défilés, je pense qu'il n'y aurait pas eu de proposition de loi pour le 8 juin. par le groupe Liot. Donc, en fait, c'est tous ces défilés, c'est toutes ces mobilisations qui conduisent... C'est la somme. Exactement, qui conduisent Liot à ne pas lâcher. Donc, en fait, ça a une utilité, même si elle n'est pas immédiate et palpable. Et donc, le 6 juin, il y a vraiment un enjeu très fort à se mobiliser. Et la seule chose, c'est qu'il va falloir aussi qu'on fasse masse.
Parce qu'en fait, il peut y avoir des mobilisations, qu'il soit quelques groupes qui mettent le feu à des poubelles, ça va faire des belles images sur BFM, on va les voir tourner en boucle, on va s'inquiéter de la sécurité, etc. Mais à la fin, il y a quand même un enjeu...
Vous vous dites quoi de ça ? Un mot là-dessus.
J'y reviens après. Mais il y a un enjeu, c'est que les cortèges soient nombreux, soient massifs, soient familiaux, soit... Et ça, vraiment, ça dépend des gens. Et donc, s'il vous plaît...
Il faut qu'il y ait beaucoup de monde. Alors, du coup, OK. Et ces manifs sont vraiment un mot là-dessus. Je ne veux pas vous demander de condamner les violences, parce qu'après, ça a tout le tintouin sur c'est quoi la violence, etc. On connaît la réponse, mais ça, ces actions, ces manifs, comment on appelle ça, tontanés, c'est pas sauvages, où les gens font aussi une sorte de pression en utilisant la sécurité ou le sentiment de sécurité dans la ville de Paris, essentiellement, mais pas que. Vous en pensez quoi ?
Moi, j'ai l'impression pour l'instant que ce qui se passe, c'est surtout des casserolades, c'est-à-dire que les gens viennent taper sur des casseroles.
Il n'y a pas que ça, on a vu. Je l'ai même couvert plusieurs fois pour le Média ou ailleurs.
Au début, il y a eu quelques manifs. Après le 49-3, il y a eu quelques manifestations comme ça, non déclarées. Mais en fait, elles ont été peu nombreuses, quand même. Aujourd'hui, il y en a encore. Il y en a encore.
Après les grosses manifestations, il y a des centaines de personnes, mais parfois des milliers, qui partent en manifs et qui brûlent des poubelles et qui font du bruit.
En tant que c'est brûlé des poubelles, je vais vous dire, voilà. Pour moi, c'est pas...
Le 1er mai a été marqué aussi par les violences contre la police.
Oui, mais c'était une manifestation déclarée, le 1er mai, c'était connu. Voilà, bon, je souhaite qu'on blesse personne. Donc voilà, c'est très clair, on doit blesser personne. Après, je pense que la stratégie de maintien de l'ordre, la fermeture complète du dialogue social, l'absence de compréhension absolue du gouvernement et du président de la République, fait que la colère éclate. Je veux dire, il reste quoi ? On a été des millions dans la rue, ils n'ont pas bougé d'un iota, pas d'un millimètre. Qu'est-ce qu'il reste, en fait ? C'est ça, la question, c'est... On le disait, justement. Quelle est la voie de sortie ? Quelle est la porte de sortie ?
Et donc, nous, à l'Assemblée, on peut crier dans l'hémicycle, on peut faire des choses, mais les gens dans la rue, à un moment donné, oui, il y en a qui sont en colère. Ils sont en colère, et quelque part, est-ce que la responsabilité est à mettre sur eux ou principalement sur un gouvernement qui ne veut rien entendre ? Eh bien, là-dessus, ma réponse est faite.
Exactement. Alors, en parlant de méthode, il y a eu cette action, des soulèvements de la terre, autour d'un projet, enfin, contre un projet autoroutier près de la forêt de bord, qui a largement été moqué, vous avez suivi, sur les réseaux sociaux, les militants écolos ayant mis en scène la nature, les oiseaux, en écoutant les oiseaux dans la forêt, en clouant, cloutant...
Non, je n'ai pas vu ça.
Ah, ben, je vous l'apprends, du coup, cloutant des arbres pour affirmer que la forêt s'arme pour se défendre contre les lames de scie qui pourraient passer par là, etc. Vous en dites quoi, vous, de...
C'était un roux ou dans le tarn, ça ?
C'était frais de la forêt de bord. Donc, du coup, c'est... Ouais, frais de... Mais du coup, cette méthode d'action-là, critiquée par des bobos, là, qui nous font écouter, des oiseaux, qui nous font, voilà, qui mettent des clous dans les arbres. Voilà. Le colibrisme, là, ou je ne sais quelle... Ou ces méthodes qui pourraient penser à du sabotage, aussi, avec les clous dans les arbres. Vous en pensez quoi ?
Moi, je pense qu'il faut qu'on réécoute les oiseaux, que c'est urgent, parce qu'ils disparaissent à une vitesse qui défie l'entendement. Les populations d'oiseaux ont diminué de 70%, pour certaines, 80%, même si on regarde les moineaux à Paris, on est à près de 90% de disparition. Donc, je veux dire, on est dans un effondrement complet des oiseaux. Donc, on doit entendre le bruit des oiseaux et le cri des oiseaux et le chant des oiseaux. On doit l'entendre. Et on doit encore s'en émerveiller. Et en fait, ça fait partie des combats écologistes, aussi, que de retrouver la beauté des choses.
Moi, ce qui m'a fascinée, je suis allée à la manifestation contre l'autoroute dans le Tarn, dans le sud de la France. La 69. Et en fait, en allant sur le lieu de cette autoroute, je me disais, mais qu'est-ce que c'est beau ? Qu'est-ce que c'est beau ? Pas l'autoroute. Non, non, bien sûr. Évidemment. Le paysage qui va être détruit par l'autoroute. Et cette notion du beau, le fait de réinvestir le beau dans la politique, aussi, c'est un sujet. Et en l'occurrence, pour la nature, c'est une manière d'avoir une raison de la préserver. Il y en a plein d'autres. Il y en a plein d'autres. Mais celle-ci en fait partie.
Et je trouve qu'on ne dit pas assez que la nature est belle, que les oiseaux sont beaux, qu'on est heureux quand on entend un oiseau chanter ou quand on voit la beauté des ailes d'une nibellule. Que ça aussi, ça fait partie de notre bonheur. Et que, en fait, se couper de ces émotions-là, c'est se couper, en fait, de moyens d'action. Parce qu'en fait, si on ressent ces émotions, eh bien, on trouve aussi l'énergie de se battre pour que ces paysages soient préservés, pour que cette nature soit préservée, pour qu'on continue à entendre des oiseaux. Donc moi, je dis oui, le beau doit être politique. Et en l'occurrence, il y a du beau dans la nature. Et la nature est belle.
Et donc, voilà, qu'on me traite de bobos, allez-y, pas de problème.
Alors, il y a d'autres choses qui ont été raillées. Il y a vous-même, d'ailleurs, cette fois dans un autre chose, un autre sans transition. Le 9 mai, à l'occasion des commémorations du 8 la veille, vous vous en preniez à la politique du gouvernement sur France Info en parlant de destruction méthodique de notre modèle social. On écoute un extrait.
Mais en l'occurrence, là, la question est de savoir si cette destruction méthodique d'une protection sociale et ce président qui n'entend pas la volonté qu'a le peuple français de ne pas détruire cette richesse, ce bijou qu'est notre protection sociale, eh bien, oui, on est dans un moment de flottement. Et le 8 mai, c'est aussi le Conseil national de la résistance. C'est aussi ça. Eh bien, voilà, les casseroles, ça répondait à ce moment. De dire, là, on était en train de détruire ce que des résistants ont fait. On était en train de détruire ce pourquoi des gens moulins sont morts. C'est ça qu'on est en train de faire.
Ces propos ont déclenché de vives réactions, vous l'avez vu sans doute, sur les réseaux sociaux où l'on vous reproche et notamment Éric Nolo vous reproche de tordre l'histoire pour servir votre idéologie. Alors, que Jean Moulin et que notre modèle social n'a rien à voir, c'est un peu leur mot. Alors, vous leur répondez quoi au Éric Nolo ?
Je leur réponds que c'est bien mal connaître l'histoire de France, en l'occurrence. Parce qu'à la sortie de la guerre, la question que s'est posée le Conseil national de la résistance, c'est comment fait-on pour que ça ne se reproduise pas ? Comment fait-on pour que l'extrême droite, le nazisme, le fascisme ne se représentent pas et ne regagnent pas ? Et la réponse, ils ont trouvé plusieurs réponses d'ailleurs, mais parmi les réponses, ils ont estimé qu'un modèle social vraiment très protecteur était une des clés pour que la société ne se délite pas, qu'il n'y ait pas des inégalités qui font qu'il y en ait qui est tout et d'autres qui n'aient rien.
Qui servent de terreau à l'extrême droite.
Qui servent de terreau à l'extrême droite, exactement. Parce qu'en fait, le constat qui était fait, c'était que le nazisme était monté aussi grâce à l'adhésion d'une partie de la classe ouvrière allemande et notamment de la RUR, de la noblesse ouvrière allemande. Et donc, la question c'était comment fait-on pour mettre tout le monde dans un ensemble et dans un ensemble qui n'explose pas par les inégalités. Et comment on fait aussi partager le progrès technique pour que tout le monde ait accès à ce progrès, etc. Et en fait, c'était hyper intéressant comme démarche.
Et donc, ce Conseil national de la résistance, il a été fait directement en réaction à la guerre et au nazisme et à la résistance en disant, comment fait-on pour que ça ne se reproduise pas ? Comment fait-on pour que des gens moulins ne meurent pas, en fait ? Ne meurent plus. Et donc, voilà, par ailleurs, c'est ça, non seulement un lien, mais c'est absolument déterminant puisque aujourd'hui où l'extrême droite est au bord du pouvoir, eh bien, il y a vraiment cette question qui se repose. Comment fait-on société ? Et quand que des gens comme Éric Noulon critiquent, enfin, d'où parle Éric Noulon ? Il parle de l'extrême droite. Il a écrit des livres avec Soral.
Bon, Emma, donc lui, n'a pas intérêt à ce qu'on le rappelle, ça. Donc, très bien, je vais le rappeler.
Alors, la transition est toute faite pour aborder la question de l'extrême droite, évidemment. Alors, il y a eu ces défilés choquants, on est tous d'accord, à Paris, le 6 mai, qui a donné des réactions bien problématiques de Madame Borne, de M. Nunes, le préfet de Paris, le silence aussi de président Macron, avant que M. Darmanin annonce vouloir faire interdire toutes les prochaines manifestations de ce type. Là, vous le croyez sincère quand il dit ça ?
Je ne le crois jamais sincère, vraiment. Charles Darmanin, donc, c'est un peu impréable. Après, peut-être le fera-t-il. Je ne voudrais pas non plus qu'il y ait cette idée que l'extrême gauche est qu'à l'extrême droite et que si on interdit l'extrême droite, on interdira l'extrême gauche. Et donc, il y a quelque chose à creuser de ce côté-là. Après, la manifestation nazie qu'il y a eu dans les rues de Paris était une manifestation qui n'aurait jamais dû exister, qui n'aurait jamais dû être autorisée. Mais surtout, on plaint dans une période où on interdit les casserellades. C'est-à-dire qu'on ne peut pas autoriser les nazis et interviendre les casseroles. Ça n'a pas de sens.
Et deux jours avant le 8 mai. Donc, voilà, on verra ce que ça donne. Mais là, je trouve qu'on est dans une phase où l'extrême droite, la pire, la plus radicalisée, prend la confiance et investit l'espace public. Ce n'est pas la seule fois. On l'avait vu après le meurtre de Lola. Donc, ils prennent la confiance. Donc, il y a quelque chose vraiment de notre côté aussi à organiser pour qu'il n'ait pas confiance.
Vous dites qu'ils prennent la confiance. Effectivement, l'actualité terrible quand même de ces dernières heures, c'est le maire de Saint-Brévin qui se retrouve contraint à démissionner, à quitter son poste de maire après que son domicile ait été incendié. Là encore, communication timide du président, vous l'avez suivi, qui n'a réagi qu'il y a à peu près trois heures là pour témoigner de sa solidarité. mais aussi condamnation franche de Marine Le Pen sur Twitter. Elle, pour le coup, sans trop de timidité, de l'acte même, on assiste quoi là ? Vous parlez un petit peu à l'instant d'amalgame peut-être qui pourrait être fait entre les deux.
Je peux aussi souligner que les réactions de la Macronie depuis ces dernières heures, ces derniers jours, préfèrent parler d'attaque contre les élus pour se mettre un peu dedans en disant peut-être en amalgamant les cassereaux-lades avec ce genre d'acte-là. En tout cas, c'est ce que j'ai pu noter. C'est une montée de l'extrémisme que dénonce la première ligne de l'extrémisme.
Mais Macronie a un problème avec l'extrême droite. Ils ne perçoivent pas la montée de l'extrême droite. Ils ne perçoivent pas son danger. Ils sont d'une... Comment je pourrais dire ça ? Ils sont naïfs. Ah non, je ne crois pas qu'ils soient naïfs. Alors ils perçoivent. Non, je ne crois pas qu'ils soient naïfs. Ils perçoivent. Je pense qu'ils sont d'une faiblesse face à ça qui me pose beaucoup, beaucoup, beaucoup de questions. Beaucoup de questions.
Et depuis le premier jour où je suis à l'Assemblée, puisque parmi les premiers jours, il y a eu l'élection des vice-présidents de l'Assemblée nationale et que dès le premier jour, il y a eu des votes LREM pour qu'il y ait des vice-présidents RN, donc Rassemblement National, à la...
Plutôt que du PES ou LFI.
Plutôt que du NUPES ou LFI. Donc en fait, dès le premier jour, ils ont mis un bulletin RN dans l'urne. Le premier jour. Donc ça disait quelque chose.
Ça dit quoi ? Selon vous ? Ils choisissent leur... C'était la stratégie.
Ça dit qu'ils ont moins peur du RN que de nous. Et que ça dit beaucoup. Parce qu'en fait, le fascisme gagne par l'adhésion du bloc bourgeois. Enfin, je ne vais pas le faire à la marxiste, mais quand même. Et donc là, les intérêts économiques semblent primer en fait. Parce que le RN ne menace pas les intérêts économiques. Il ne menace pas. D'aucune manière. Et donc, quand les intérêts économiques priment sur tout, y compris la structure sociale, la protection sociale et tout ça, en fait, l'extrême droite ne met pas en cause les intérêts économiques. Ne remet pas en cause ça. Donc, il y a des espèces d'alliances tacites, voire explicites, comme au moment d'élire les vice-présidents.
C'est bien de le rappeler. Alors, cette extrême droite semble mutée aussi, met des cravates, alors que vous, vous n'en mettez pas. Pour le coup, peut-être pas vous. Si, je me souviens du moment où vous avez eu une cravate, je crois. Je crois que c'était
les Insoumises,
je crois. Ça s'agit, ceci, à la Semaine Nationale, la façon de parler, alors que Mélenchon, on l'a vu là encore une fois, ou même la gauche générale commence à encore une fois à créer un peu, à des méthodes un peu moins, j'allais dire, bon chic, bon jour, de s'exprimer. Elle invite même des personnalités loin d'elle pour débattre. Vous avez été invité il y a quelques jours, quelques semaines. Vous avez refusé, contrairement à Hugo Clément, lui, le journaliste écolo, qui a accepté de débattre avec eux. L'écologie, c'est quand même l'affaire de tous. Pour vous, c'est pas l'affaire de l'extrême droite ? Ah non. Et pourquoi ?
Parce qu'ils n'ont jamais été motivés par l'écologie. Qu'est-ce qui les motive l'extrême droite ? Qu'est-ce qu'ils font qu'ils se lèvent le matin ? Les gens qui militent à l'extrême droite, qu'est-ce qu'ils font qu'ils se lèvent le matin ? C'est la haine de l'autre, c'est le racisme, c'est la xénophobie, c'est le fait qu'ils ont l'impression d'être submergés par l'immigration, c'est la peur de celui qui n'a pas la même couleur de peau ou de celle qui n'a pas la même couleur de peau ou la même religion d'ailleurs. C'est ça qui les fait lever le matin, c'est pas l'écologie. Jamais. Jamais.
Et je rappelle quand même qu'il y ait des milliers de morts dans la Méditerranée qui les dérangent moins que la mort de dauphins. Donc en fait, ça va pas. On n'est pas au bon niveau là. Justement, allez les voir. Moi, je veux préserver les dauphins. Je veux aussi que les gens ne meurent pas dans la Méditerranée.
Et justement, allez les voir, non.
Ah non, mais pas sur leur terrain. Vous pensez qu'il a eu tort, Hugo Clément, d'y aller ? Pas sur leur terrain. Je l'ai déjà dit, mais moi, j'ai refusé et je pense qu'on ne va pas sur leur terrain. Je pense qu'on ne va pas leur donner une caution. Leur donner une caution. Parce qu'y aller, c'est donner l'illusion qu'ils s'intéressent à l'écologie. Alors que c'est pas vrai. C'est pas vrai du tout. Et d'ailleurs, dans l'Assemblée, ça se voit. Ils n'ont jamais voté d'écolos. Donc en fait, c'est parce que les gens vont se passer. C'est qu'on va voir qu'un écologiste est présent dans un rassemblement d'extrême droite. Donc ça veut dire que s'il y est, c'est qu'on parle écologie.
Alors que ça n'est pas vrai. Donc moi, je ne veux pas donner cette caution-là. Je ne veux pas faire semblant.
Bien. Sans transition, encore une fois, passons à la question européenne. Alors justement, j'en parlais dans l'intro tout à l'heure qui peut poser un peu des problèmes. Ça me la discorde un petit peu déjà. L'élection aura lieu à la rentrée. Et dans le JDD du 30 avril, vous l'avez lu, d'y aller sous l'étiquette NUPES alors que chez vous, votre partie, c'est non. C'est quoi en fait ? Est-ce que vous partagez déjà en tant qu'écologiste, vous aussi, c'est non ? Ah non, moi je l'ai déjà dit. Non, non. On veut savoir. On veut savoir. C'est pour vous. Mais du coup, vous avez un pied dedans, un pied dehors. Comment vous faites ? Ah ben non, j'ai les deux pieds dedans.
J'ai les deux pieds dedans mais j'essaye de faire en sorte qu'il y ait un débat, que ça ne soit pas quelque chose qui ne soit pas discuté parce que je pense que le moment et pour toutes les raisons dont on discute depuis dix minutes, pour toutes les raisons dont on vient d'évoquer, c'est un moment qui est très important en fait. C'est un moment qu'il faut regarder avec beaucoup de, je pense, humilité et de se demander à chaque instant comment on sert le bien commun et comment on sert la bascule dans le bon sens. Et en fait, à chaque fois qu'il y a de la division, je pense qu'on donne l'image d'un camp qui n'est pas prêt à gouverner en fait.
Même pour les européennes où le mode de scrutin est différent ?
Non mais le mode de scrutin des européennes est différent mais on peut au moins discuter. C'est-à-dire que fermer la porte, c'est ne pas être dans une démarche collective. Donc on peut ne pas être d'accord à la fin, y aller chacun sous nos couleurs. Moi je voudrais, par exemple à minima, qu'il y ait une coalition, c'est-à-dire qu'il y ait le logo de la NUPES partout. Si on n'arrive pas à faire autrement. Qu'au moins y ait ça. De dire aux gens on ne lâche rien. On y va différemment mais on y est ensemble quand même. Et par ailleurs, je pense qu'il faut quand même réfléchir à une liste. Il faut y réfléchir. Après c'est possible, c'est pas possible mais comment on y réfléchisse ?
Qu'on ne ferme pas la porte comme ça tout de suite.
Et alors justement, ça on vous a répondu quoi ? Cette discussion, vous l'avez eue avec Marine Tondelier, avec les autres ?
Oui, elle n'est pas d'accord. Évidemment. Elle n'est pas d'accord. Voilà mais... Et je pense que dans mon parti, il y a sans doute une majorité qui n'est pas d'accord avec ça. Mais je crois qu'on doit quand même avoir la discussion.
D'accord. Alors, on termine avec les questions des internautes comme je vous disais tout à l'heure. J'ai demandé hier à plusieurs... Enfin tout du moins à la communauté Twitter et Instagram du Média et ils ont été nombreux à réagir. Donc on ne l'aura pas tout le monde. On commence par une petite vidéo, celle de Ella qu'on regarde.
Bonjour Mme Rousseau, bonjour le Média. Je suis Ella, j'ai 41 ans, je suis une maman solo de 4 enfants et je suis aussi atteinte d'une maladie psychiatrique invalidante qui m'empêche de travailler. Donc comme on dirait aujourd'hui, je suis complètement invisible. Donc je vous sollicite pour savoir si vous aviez dans vos projets le fait de s'attaquer à réparer la psychiatrie de secteur et surtout d'aider toutes ces mamans solos qui ont besoin d'accéder aux soins et qui aujourd'hui ne peuvent pas le faire sans prendre le risque de perdre leurs enfants. Bonne journée.
Ça en vient de votre réponse à Ella ?
Déjà, dire tout le respect que j'ai pour le parcours de cette femme et puis vous dire que oui, évidemment, on a un énorme problème avec les traitements psychiatriques, le traitement des personnels dans la psychiatrie, dans la psychologie. C'est un secteur médical qui est totalement abandonné et qui est vraiment à deux doigts de la rupture. Donc oui, ça fait partie des amendements que l'on porte et des batailles que l'on mène au sein de l'hémicycle de faire en sorte que la psychiatrie soit reconnue pour l'utilité qu'elle a et l'importance qu'elle a dans notre société. Après, il y a un deuxième problème dans ce que vous dites, c'est la question des mamans solos.
Et ça, c'est un autre sujet, c'est que les mamans solos sont les grandes oubliées des politiques publiques. En général, on n'envisage pas les politiques publiques sous leur angle à elle. Donc typiquement, par exemple, je prends un exemple sur la réforme du RSA ou la réforme du chômage. Le fait de devoir travailler 15 heures à 20 heures par semaine quand on est au RSA, a-t-on pensé au fait que ces mamans pouvaient ne pas avoir de mode de garde ? Par exemple, est-ce que ça a été pensé ? Pas forcément. Et est-ce que quand on fait la réforme du chômage et qu'on baisse les allocations chômage, est-ce qu'on se demande dans quelle situation sont les gens ? Même les retraites, on l'a vu.
Et les retraites, évidemment, les retraites, bien sûr. Donc en fait, il n'y a jamais ce prisme-là. Et les mamans solos, aujourd'hui, fournissent le plus grand contingent des personnes pauvres et ce qu'on appelle les travailleurs pauvres, c'est-à-dire les personnes qui travaillent mais qui ne dépassent pas le seuil de pauvreté. Donc oui, il nous faut avoir un angle vraiment de réflexion autour de ça et aujourd'hui, ça n'est pas le cas.
Et oui, vous êtes trop invisibilisés, évidemment, et j'ai d'ailleurs travaillé avec une association de mamans solos pour essayer de porter des réformes lors du prochain PLFSS, donc projet de loi de finances sur la sécurité sociale et faire en sorte qu'on raisonne par votre prisme plutôt que de raisonner par le prisme uniquement descendant.
Je pense aussi par ailleurs à l'association de Mamama, je ne sais pas si vous connaissez. Tout à fait. Voilà, on les salue bien. Alors sur Instagram, cette fois-ci, il y a Mathéo qui vous demande, je lis, on le voit à l'écran en même temps, que répondez-vous à CLE qui qualifie le féminisme et l'écologie sans lutte des classes et de développement personnel et de jardinage. Et du jardinage. Qui qualifie ça vous convainc finalement.
Alors déjà, je voudrais dire qu'il n'y a pas d'écologie sans lutte des classes. C'est-à-dire que c'est sans lutte contre les dominations d'une manière plus générale que la lutte des classes. C'est-à-dire sans lutte contre les dominations. Il n'y a pas d'écologie qui ne soit pas une écologie décoloniale, qui ne soit pas une écologie antiraciste, féministe, contre les LGBTphobies, etc. Pourquoi ? Parce que c'est cet ordre social qui génère aussi la crise écologique. Donc voilà. Après, moi je n'aime pas l'expression l'écologie sans lutte des classes et du jardinage parce que je pense que le jardinage est au fondement de la lutte des classes. Alors ça nécessite que je m'explique trois minutes.
Justement pas trois minutes mais oui je comprends. En fait, si vous regardez
dans toutes les sociétés, les dominés ont survécu grâce à des bouts de jardin, que ce soit les esclaves, que ce soit en Martinique ou en Guadeloupe, que ce soit dans les jardins ouvriers d'Aubervilliers, etc. C'est-à-dire que le fait d'avoir un lopin de terre permettait d'avoir de meilleures conditions de vie et de survivre. Et en fait, les socialistes utopiques et tout ça, il y a eu plein de mouvements qui ont prôné le fait que justement il devait y avoir un accès à des jardins pour assurer une moindre dépendance à l'argent ou se faire marchande et puis pouvoir s'assurer les biens nécessaires qui sont la nourriture. Donc moi, j'aime le jardinage.
Je pense même qu'on devrait avoir beaucoup plus de jardinage. Je pense que le retour, enfin le fait de cultiver pour les personnes qui le peuvent, eh bien c'est aussi un loisir. Ça fait partie de ces loisirs gratuits, etc. Et qu'en fait, c'est une forme de contact avec la terre. Donc voilà, je veux des jardinages, je veux des jardins partagés, je veux des jardins ouvriers, je veux des jardins créoles, je veux des jardins de toutes les... Je veux que la terre soit un jardin et qu'on fasse de l'écologie grâce à cette lutte des classes.
Et dire qu'on fait du jardinage quand on fait de... Ce n'est pas une insulte pour vous finalement en fait.
Non, parce que quand on récolte ces pommes de terre, eh bien on ne donne pas ni à la FNSEA, ni au lobby agroalimentaire, ni aux grandes pétrochimies qui fournissent les pesticides au secteur agroalimentaire. Donc en fait, quand on fait du jardinage chez soi, on crée l'indépendance. Et je rappelle que Gandhi a gagné la décolonisation en ne dépendant, en ne consommant plus, en ne consommant plus les produits issus de la colonisation. Et là, je pense que si on veut faire de l'écologie, il faut qu'on arrive à ne plus dépendre des Monsanto, de tout ça. Et pour ça, le jardinage est important.
Lourdes, Charles. Alors toujours sur Instagram, c'est Mathieu qui vous interpelle avec cette question. est-ce que vous comprenez qu'on n'ait pas envie de soutenir les partis influents de gauche au regard de leur fonctionnement désastreux de démocratie représentative interne et de lutte contre les discriminations, c'est-à-dire sur les questions féministes, antivalidistes, antiracistes, anti-LGBTI, phobie, vous en parlez à l'instant. Peut-être tacle aux insoumis, au passage, avec la démocratie interne, on a souvent entendu des critiques envers eux, mais je ne sais pas, peut-être que vous vous sentez concerné chez Europe Écologie des Verts ?
Moi, je pense qu'il n'y a aucun fonctionnement aujourd'hui d'aucun parti politique qui soit exemplaire de ce point de vue-là. Donc, on ne va pas se mentir. Après, c'est toujours un cercle vicieux et c'est Mathéo. Eh bien, Mathéo, je te le dis. C'est Mathieu, cette fois-ci. Ah, Mathieu, pardon. C'était proche. Mathieu, je te le dis. En fait, tant que vous ne venez pas en masse aussi dans les partis, en fait, le fonctionnement tel qu'il est perdure. Et c'est ça qu'il faut réussir à changer. Et pour ça, on a besoin de vos adhésions, on a besoin que vous veniez, qu'on crée un mouvement à l'intérieur des partis et qu'on renverse les fonctionnements.
Tout reste à faire. Il faut que des choses sont faites quand même sur ces questions-là, notamment le féminisme. On l'a vu. Oui. Il y a encore du boulot. Oui. La réponse est claire. Cette fois-ci, encore sur Twitter, c'est l'avant-dernière question. Cut the crap, c'est un pseudonyme, j'imagine. Pour mettre fin au productivisme qui épuise la planète, ne faut-il pas commencer par remettre en cause la propriété capitaliste, la propriété capitaliste des moyens de production et confier aux salariés le pouvoir de décider ce qu'on produit et comment ? Grande question.
Grande question. Évidemment, j'ai trois secondes. Alors, oui. Enfin, moi, je ne crois pas. En fait, je ne crois pas tellement.
Parce qu'il faut être anticapitaliste, en fait. Moi, je ne crois pas
au capitalisme comme modèle d'avenir. Je pense qu'il va falloir en sortir. La question, c'est comment on en sort. Et ça, vous avez trois heures.
Et pour finir, sur Twitter toujours, c'est RedBaron8001 qui vous interpelle cette fois avec une question un peu provocante, qui est provoquante. C'est à quelle heure est prévu le barbecue ? Et je ne vais pas vous laisser répondre tout de suite. L'occasion pour moi de vous poser une autre question. Quoique, d'abord, votre réaction à ça et ça me permettait d'en poser une autre question.
Déjà, je vous conseille une petite recette. Vous mettez des poivrons, vous mettez des aubergines sur votre barbecue. Une fois que la peau est un peu noire, vous l'enlevez. Vous mettez de l'huile d'olive, un peu d'ail, un filet de citron. Je vous assure, c'est absolument délicieux. Ça s'appelle une salade. C'est au barbecue et je vous assure que vraiment, ça vous le détourne. Donc, allumez votre barbecue, mais pour des bonnes raisons.
Et sans viande, évidemment.
Sans viande. Et vous pouvez mettre une aubergine, la couper en deux, mettre un yaourt grec et du paprika et ça vous fait un caverne aubergine. C'est délicieux. C'était quoi l'autre question ? C'était l'occasion pour moi
de prendre cette question et qui m'a pas... C'était pas la seule. Vous connaissez votre rapport particulier aux médias sociaux mais aux médias de secours aussi. Alors, c'était l'occasion pour moi de vous poser nos questions plus personnelles. On a dit une image de vous très médiatique. Vous vous accrochez, vous savez marquer les esprits, créer un moment, comme on dit un peu en communication. Il y a aussi eu votre portrait dans le complément d'enquête il y a trois semaines qui vous a fait monter au créneau, il faut le dire, deux questions. Du coup, comment vous voyez votre rapport aux médias aujourd'hui ?
Après quelques années d'expériences parfois malheureuses et est-ce que ça a changé quelque chose ce portrait-là sur France 2 ? Votre rapport ?
Non, ce portrait-là n'a pas changé les choses. Moi, j'ai dit que je ne participerais plus à des trucs psychologisants pour savoir si je n'ai pas un problème de rapport avec mon papa. Enfin, ça va quoi ? Je pense qu'on a atteint le sommet donc je ne vais plus participer à cette affaire parce que je... Vous avez été déçue ? Ce n'est pas déçue, c'est que... Vous avez dit oui ? On est en 2023 et on demande à une femme politique, au père d'une leader politique quand même. Vous pouvez me reprocher tout ce que vous voulez. Je fais partie des femmes politiques. Voilà. On demande à mon papa savoir s'il n'a pas fait des erreurs d'éducation. Il faudra l'interroger un jour, cette affaire-là.
Puis il faudra interroger d'une manière générale mon traitement médiatique parce que je pense qu'il y aurait des choses à dire.
C'est quoi votre rapport avec les médias aujourd'hui ?
Mais mon rapport, ce n'est pas un rapport. C'est ma dernière question. Moi, j'essaye de faire bouger les choses. Je vois qu'aujourd'hui, nombre de médias sont des lieux de résistance en fait. Et ils utilisent les armes assez classiques de la résistance, c'est-à-dire la décrédibilisation. Alors, ce n'est pas le cas de tous. Et ça, il faut le dire aussi. Mais il y a vraiment quelque chose de l'ordre d'un impensé dans les médias qui est comment on respecte une parole en fait.
Et même quand elle dérange, même quand elle ne vous plaît pas, même si vous êtes éditorialiste, même si vous êtes interviewer et qu'elle ne vous plaît pas, comment vous respectez la parole et comment, en fait, vous n'êtes pas sur un présupposé, mais comment vous êtes sur une analyse. Et aujourd'hui, je trouve qu'il va falloir passer un cap.
Peut-être qu'il y a un mélange des genres entre l'éditorialisme, le journalisme, ou alors, je ne sais pas.
J'ai l'impression que dans les rédactions, on n'a pas complètement réfléchi ni à l'écologie, ni au féminisme.
Là aussi, comme à l'Assemblée, finalement, on retrouve des ponts. Eh bien, j'aurais aimé aborder encore plus de points avec vous, mais le temps est sur compté comme à chaque fois, mais on a quand même pas mal de temps, je pense. Et c'est déjà la fin de notre retretien. Merci beaucoup, Sandrine Conceau d'avoir répondu présente à mon invitation aujourd'hui. Et puisqu'on parle de médias, c'est la transition parfaite pour vous rappeler à vous, chez vous, mais aussi à vous, Sandrine, sur le plateau, que le média a déposé son dossier auprès de l'ARCOM pour obtenir le droit de diffuser nos programmes à la télévision afin de ne pas laisser toute la place au CNews, BFM et autres TF1.
Une grande pétition pour nous soutenir dans ce projet a déjà recueilli plus de près de 30 000 signatures en deux semaines, un peu moins de deux semaines. Cette pétition est importante pour nous car des réticences persistent chez certains opérateurs qui jugent notre modèle sans milliardaire en coulisses pas viable. Prouvez-leur le contraire en signant et en faisant signer cette pétition sur unetélépourvous.lemédiatv.fr. J'imagine qu'une chaîne de télévision sans publicité financée par son audience et une ligne éditoriale fondamentalement progressiste, Sandrine Rousseau et des lignes sociales, ça vous parle ?
Oui, ça me parle. Ça fait partie des évolutions qu'on doit faire pour réinstaller une forme de contre-pouvoir en démocratie libre et indépendant que s'appelle la presse.
Vous allez signer notre pétition du coup ?
Je vous laisse votre téléphone mais elle est déjà en train de signer.
Je la découvre mais je vais regarder. Je vous la proposerai tout à l'heure. Merci encore à vous et à une prochaine fois et à vous chez vous. Merci d'avoir subi cet entretien et à très bientôt sur Le Média. Sous-titrage Société Radio-Canada
Sandrine Rousseau