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interviewFrance Inter — Questions politiques· 5 octobre 2025 54 min

Le Modem est prêt à "participer au gouvernement" mais attend des clarifications, affirme Marc Fesneau

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0:00
Présentateur

France Inter Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions Politiques. Quasiment un mois depuis la nomination de Sébastien Lecornu, les Français n'ont vraiment entendu le son de sa voix que vendredi dernier sur le perron de Matignon. Et ils attendent toujours de savoir à quoi ressemblera le gouvernement, ce qui pourrait n'être qu'une question d'heure, dernière ligne droite pour le Premier ministre, dans une tension maximale, avec le Parti Socialiste qui n'a pas été adouci par l'abandon du 49-3 et le Rassemblement National qui confirme qu'il pourrait censurer. Même les alliés étalent au grand jour l'étiraillement du bloc central et donnent de la voix.

Sébastien Lecornu, qui se présente lui-même comme le Premier ministre le plus faible de la Ve République, a donc envoyé cette nuit une feuille de route au socle commun, un appel à l'unité. Est-ce suffisant pour calmer le jeu ? Les partenaires d'aujourd'hui croient-ils vraiment à l'avenir d'une équipe Lecornu ? Il y a un scénario où ce gouvernement ne survivrait pas plus d'une semaine. On en parle avec un homme au cœur des discussions, c'est le patron des députés Modem à l'Assemblée Nationale, Marc Fénaud. Et dans Questions politiques, c'est en direct sur France Inter, France Info, la télé, le canal 16, et en partenariat avec le journal Le Monde, nous sommes ensemble jusqu'à 13h.

France Inter, Questions politiques, Alexandra Bensaïd. – Bonjour et bienvenue Marc Fénaud. – Bonjour. – Merci d'avoir accepté notre invitation. – Merci à vous. – À mes côtés, pour vous interviewer, je les salue, Brigitte Boucher de France Télévisions. Bonjour Brigitte. – Bonjour Alexandra. – Grâce à vos questions, nous allons en apprendre plus tout à l'heure sur Marc Fénaud.

1:46
Invité

– Oui, le démocrate chrétien fidèle de François Bayrou a plus d'une corde à son arc. On verra si quand il vise, il touche.

1:52
Présentateur

– Et Abel Mestre du Monde est également en plateau avec nous. Bonjour Abel.

1:56
Invité

– Bonjour Alexandra.

1:56
Présentateur

– Avec vous tout à l'heure, on mettra en lumière, comme à chaque fois, une des grandes questions qui sera dans le débat de la présidentielle, je n'ose pas dire 2027, mais c'est l'idée. Alors aujourd'hui, quelles questions ?

2:08
Invité

– On se demandera quelle place occupera le centre et le centrisme pour la prochaine élection présidentielle.

2:12
Présentateur

– Marc Fénaud, on entre dans le vif du sujet parce que l'actualité va vite. Vous avez fait monter la pression hier soir avec une lettre cinglante signée de vous, du modem envoyé à Sébastien Lecornu. Vous demandez des gages avec des mots comme transparence, sincérité, clarification. Pourquoi ce coup de sang ?

2:30
Marc Fesneau

– Ce n'est pas un coup de sang. Je pense qu'on a besoin d'abord un peu éclairé de ce qui s'est passé avec le gouvernement Barnier et puis avec le gouvernement Bayrou, d'être au clair sur ce sur quoi on s'engage. Qu'est-ce qui s'était passé en septembre 2024 ? Je l'avais dit d'ailleurs autour d'une table. On avait dit que c'était la réunion de la dernière chance pour former le gouvernement.

J'avais dit qu'il faudrait quand même qu'on arrive à se mettre d'accord sur ce qu'on va porter ensemble, qu'on dise ce sur quoi on n'est pas d'accord, qu'on essaie de voir ce qu'on peut trancher dans cette temporalité-là et qu'est-ce qui sera tranché, on en parlera peut-être tout à l'heure, dans la présidentielle de 2027. Un an après, force est de constater qu'on reste avec ces interrogations-là.

Et donc la volonté au travers de ce courrier, c'est de dire au Premier ministre, essayer d'éclairer, même si c'est difficile parce qu'il a à la fois la nécessité de consolider un socle et deuxièmement de laisser la porte ouverte à des discussions en particulier avec la gauche, on va dire, de gouvernement. Mais on a besoin de savoir sur quoi on s'engage parce qu'on a vu dans l'année qui s'est passée à quel point parfois, à l'intérieur du socle, qu'il y avait des tiraillements et parfois on pensait qu'on était d'accord sur tel ou tel sujet et nous ne l'étions pas. On n'était pas forcément d'accord à l'automne dernier, pour ne citer qu'un exemple, sur la question de la fiscalité.

Nous disions ce que nous continuons à dire, qu'il y avait besoin de répartir plus justement l'effort fiscal. Et d'autres disaient aucun effort fiscal supplémentaire. Et au final, il y a eu cet effort fiscal.

3:43
Présentateur

Là, vous avez un ton très placide, très clair. Mais c'est mon tempérament. C'est votre tempérament. Néanmoins, dans la lettre, c'est un autre tempérament qui s'exprime. Vous dites, on ne veut pas, nous, au Modem, être une variable d'ajustement. C'est ce que vous dites.

3:52
Marc Fesneau

On ne peut pas être, nous, dans le socle, la variable d'ajustement d'accords ou de discussions. Mais c'est le socle, ce n'est pas que le Modem. Mais je parle au nom de ma famille politique. De discussions qui peuvent avoir lieu, d'une part, avec les Républicains. Et c'est normal qu'il y ait des discussions avec les Républicains. Ils sont embarqués avec nous depuis un an. Mais aussi avec le Parti Socialiste, puisque le Premier ministre, à juste titre, a ouvert un certain nombre de discussions et de débats avec le Parti Socialiste. Donc on ne peut pas s'engager dans le budget sans savoir précisément ou un peu plus précisément ce qui a été fait.

Alors le Premier ministre a donné un certain nombre de pistes et d'orientations. Mais on a besoin, dans le détail, quand même, d'en savoir un peu plus, probablement, la déclaration de politique générale. Parce qu'on va s'engager dans un budget, je le dis, le Premier ministre a eu raison de le dire, 149.3. C'est à la fois un pari, mais c'est aussi un risque.

4:38
Présentateur

On va y venir, au 49.3. Mais quand même, cette feuille de route. Donc vous mettez un coup de pression. Les LR aussi mettent un coup de pression. Ils disent, nous, notre participation n'est pas acquise. Ils vont en discuter en début d'après-midi. Première question, c'est, est-ce que le socle commun, il peut exploser ?

4:52
Marc Fesneau

Moi, je ne crois pas, parce que vous ne nous trouverez pas, nous, en tout cas, tenant du chaos. Deuxième élément, ce n'est pas un chantage que je fais. Ce n'est pas un chantage à la participation au gouvernement. Il est naturel que cette formation politique participe au gouvernement. Mais il est naturel aussi que nous disions, quelle est la feuille de route collective que nous nous donnons, pour un peu avoir de discipline entre nous, parce que c'est mieux d'avoir de la discipline entre nous, y compris pour pouvoir ouvrir à d'autres.

Parce que si, entre nous, on n'est pas tout à fait au clair sur ce qu'on veut faire sur la fiscalité, sur ce qu'on veut faire sur le pouvoir d'achat, sur ce qu'on veut faire sur, parce que c'est ça qui est central et c'est ce qu'avait très bien dit François Bayrou, la réduction des dépenses, parce qu'on ne peut pas procéder uniquement par imposition. On va ouvrir chacun des dossiers. On va ouvrir ces chapitres, mais c'est pour ça qu'on a besoin de le faire. Il me semble que c'est un élément important, mais nous sommes dans la volonté depuis huit ans, donc on est très à l'aise pour le dire, de ne pas participer du chaos. Donc, ce n'est pas un chantage.

On a besoin simplement, parce qu'on va avoir un débat...

5:40
Présentateur

Il y aura des ministres au Modem, soyons très clairs, dans quelques heures...

5:42
Marc Fesneau

En tout cas, c'est la configuration dans laquelle nous sommes, et je trouve ça normal, légitime, et je sais que Sébastien Lecornu est très attentif à trouver les équilibres au gouvernement. La question, c'est de dire, on s'engage. La question, c'est on s'engage, mais on s'engage avec une feuille de route qui soit un peu plus balisée.

5:59
Présentateur

Est-ce qu'elle est balisée, la feuille de route, qu'on vous a envoyée cette nuit ?

6:01
Marc Fesneau

Le Premier ministre a donné un certain nombre d'éléments de balise sur les questions fiscales, en disant qu'ils souhaitaient plutôt la stabilité fiscale et, à l'intérieur, de faire des bougées, qu'ils souhaitaient avoir des mesures sur le pouvoir d'achat, qu'ils souhaitaient regarder ce qu'on pouvait faire en termes de réduction de dépenses. On est plutôt dans le registre d'un certain nombre de généralités qu'on peut partager, mais après, il va falloir rentrer dans le détail.

6:19
Présentateur

Vous les aviez déjà. En réalité, cette feuille de route, soyons un peu plus clairs.

6:23
Marc Fesneau

Moi, je n'avais pas besoin d'être assuré de ces éléments globaux. Ce dont on a besoin de parler dans les jours et dans les semaines qui viennent, c'est qu'est-ce qu'on va défendre les uns et les autres dans ce qu'on pourrait qualifier de chaudron à l'Assemblée nationale. Il vaut mieux, pour qu'on puisse parler aux autres, je le répète, que nous soyons clairs sur ce que nous défendons collectivement pour ceux qui participeront au gouvernement.

6:44
Présentateur

Oui. Et justement, à propos de ceux qui participeront au gouvernement et pour savoir dans quel sens va pencher cette équipe Le Cornu dont vous nous dites ce midi que vous ferez partie, hier après-midi, on a le ministre des missionnaires de l'aménagement du territoire, c'est François Rebsamen, qui annonce avoir informé le Premier ministre de sa décision de ne pas faire partie du gouvernement, il justifie ce choix par, je cite, « ses convictions d'hommes de gauche attachées à la justice fiscale et sociale ». Bon, ça veut dire que la feuille de route de Sébastien Le Cornu, elle penche à droite, déjà ?

7:12
Marc Fesneau

Il a envoyé ce courrier avant que Sébastien Le Cornu n'envoie sa feuille de route. Peut-être qu'il a trouvé qu'il avait fait la part du chemin qu'il devait faire. Je connais bien François Rebsamen, j'ai beaucoup d'amitié pour lui, donc je ne me trouverai pas à dire un mot de travers sur ce sujet-là. Est-ce qu'il s'est peut-être interrogé sur le point d'équilibre que pouvait être, non pas seulement le gouvernement, parce que ce n'est pas une affaire de gouvernement, c'est une affaire de politique qu'on mène, en fait. Or, on est sous la contrainte d'une majorité qui n'existe pas. Et donc, comment on ouvre le champ pour pouvoir discuter en particulier avec les socialistes ?

C'est ça la question, et c'est peut-être cette question-là qui ne trouvait pas réponse chez François Rebsamen. Mais nous, nous continuons à penser qu'il doit y avoir un chemin, parce que s'il n'y a pas de chemin, il y a un chaos.

7:49
Présentateur

Alors, justement, le chaos. Les socialistes, ce matin, Olivier Faure, dans Le Parisien, affirment que si la donne ne change pas, nous nous dirigeons tout droit vers la censure. Même tonalité dans le journal du dimanche du côté du Rassemblement National. Cette possibilité que Sébastien Le Cornu tombe après un seul mois à Matignon, est-ce qu'elle ne devient pas de plus en plus forte,

8:07
Marc Fesneau

Marc Fénaud ? Que d'une façon assez symétrique, le Rassemblement National et la France Insoumise passent leur temps à...

8:15
Présentateur

Et le PS ?

8:15
Marc Fesneau

Attendez, je vais vous répondre sur le PS. J'ai bien noté que vous me parliez du PS, mais que la France Insoumise et le Rassemblement National se passent leur temps à chercher le chaos, parce qu'en fait, ils se nourrissent du chaos. Et que les uns cherchent la révolution, et les autres cherchent une élection qui les rendrait vainqueurs une bonne fois pour toutes, si je peux dire. Ça n'est pas le cas. Ce n'est pas le choix qu'ont fait les électeurs en 2024. En revanche, le Parti Socialiste, il a une responsabilité particulière.

C'est un parti qui a gouverné ce pays pendant plusieurs années, qui a eu à trois reprises les clés de l'Elysée, et qui donc a une responsabilité qui n'est pas celle de nourrir le chaos et de chercher à toute fin le moyen de se distancier d'LFI sans prendre ses responsabilités, pour essayer de continuer à capitaliser un pseudo-avantage électoral. Le Parti Socialiste, il doit comme nous... Alors, il est dans l'opposition, je le respecte. Il n'a jamais soutenu Emmanuel Macron, je le respecte. Mais en même temps, dans la situation dans laquelle est le pays, on parle là devant vos auditeurs, aux téléspectateurs du gouvernement.

En fait, ce qui intéresse les gens, c'est de savoir ce qu'on va faire pour eux. Comment on va sortir le pays d'Ordir ? Comment on va réduire la dette ?

9:09
Présentateur

Ce matin, ce midi, vous dites quoi au Parti Socialiste, à Olivier Faure ?

9:12
Marc Fesneau

Que ça serait mieux, je l'ai dit depuis longtemps d'ailleurs, de sortir des postures et d'essayer de regarder, avec l'ensemble de ceux qui veulent éviter le chaos, comment on peut trouver un chemin de passage.

9:21
Présentateur

Vous trouvez que les...

9:22
Marc Fesneau

Une voie de passage.

9:22
Présentateur

Et vous trouvez que les... Aujourd'hui, on est quand même au troisième Premier ministre depuis la dissolution. On n'a toujours pas de gouvernement. Il y a cette tension, ces forces politiques qui sont en train, les unes et les autres, de faire valoir des demandes. Est-ce que vous trouvez que les hommes politiques, pendant ce temps, l'économie patine, sont au niveau du moment, en ce moment ?

9:40
Marc Fesneau

C'est difficile, parce que je suis dans l'écosystème. Donc, vous allez dire que je défends ma corporation, ou que je ne la défends pas, ou que je m'en détache. Enfin, reconnaissons qu'un certain nombre de prises de position où on fait ou du chantage, ou du chantage au chaos, ou du chantage à la dissolution, ne sont pas des dispositions ou des attitudes qui sont très responsables. Pendant ce temps-là, il y a des entreprises qui se posent des interrogations d'investissement. Il y a des gens qui nous regardent à l'extérieur de nos frontières.

Ils ne sont pas tous nos amis et qui se réjouissent, au fond, du chaos qui est celui du pays, parce que la voie de la France est moins facile à porter quand, à l'intérieur, c'est plus difficile. Et donc, je trouve qu'on est dans un moment historique. Pas seulement français, on est dans un moment historique mondial. On voit bien qu'on est dans une grande bascule du monde sur les grands équilibres que nous avions connus depuis la guerre de 1945.

10:22
Présentateur

Et donc, je trouve que ça nécessiterait...

10:24
Marc Fesneau

J'essaie de faire ma part. Le personnel politique... Comme le colibri, comme disait l'autre. J'essaie de faire ma part. Je pense qu'il faut qu'on essaye les uns et les autres de s'abstraire de la petite contingence électorale, de la petite tambouille du jour au lendemain ou du très court terme pour essayer de se dire est-ce qu'on aura été, dans ce moment crucial, à la hauteur de ce que peuvent attendre nos concitoyens et est-ce qu'ils ne nous jugeront pas très sévèrement dans 20 ans ? Pas dans l'élection prochaine. Dans 20 ans, est-ce qu'ils ne diront pas ? Mais voyez, ces gens-là, à l'époque, il y a des accords. Mais dans l'intervalle, on a un pays à faire tourner.

Derrière, il y a des salariés. Derrière, il y a des entreprises. Derrière, il y a des retraités. Des jeunes qui attendent aussi qu'on leur donne un certain nombre de directions. Donc c'est ça, me semble-t-il, notre responsabilité. Je dois à la vérité de reconnaître que je ne constate pas ça tous les jours et encore moins, et singulièrement, à l'Assemblée nationale. Mais l'espoir fait vivre.

11:14
Présentateur

Il va falloir se décider rapidement. Marc Fénaud, on ouvre la discussion avec les questions de Brigitte Boucher et Abel Mestre. Question d'Abel.

11:20
Invité

Oui, dans sa lettre au socle commun de cette nuit, Sébastien Lecornu donne beaucoup de gage aux Républicains, à la droite, notamment sur la sécurité et l'immigration. Est-ce que vous, vous y retrouvez dans cette lettre ou est-ce que le modem, la gauche modérée même, si on élargit le centrisme au centre-gauche, c'est un peu les perdants des arbitrages ? Est-ce que vous ne vous sentez pas un peu les oubliés de ces premières mesures annoncées ?

11:45
Marc Fesneau

On n'est pas dans le détail des mesures. Alors, croire que la question fiscale serait l'apanage de la gauche, ça serait quand même une drôle d'idée. La question que l'impôt soit juste, pardon de le dire, c'est un sujet pour chacune et chacun d'entre nous et même à droite, il y a des gens qui disent qu'il y a des efforts à faire et il y a une juste répartition à faire de l'effort, y compris fiscal. La question de la sécurité, vous interrogez les Français de droite, de gauche et d'ailleurs, ce n'est pas un sujet qui est l'apanage de la droite. Pardon de le dire ainsi.

Le narcotrafic, la violence, la violence extrêmement émergente et extrêmement forte que nous rencontrons et pas seulement dans les banlieues ou dans quelques banlieues. C'est un sujet dont nous devons nous préoccuper et que nous devons essayer de résoudre. Donc, le mot ne me gêne pas et qu'on traite ces questions-là, qu'on ait une immigration choisie, maîtrisée. C'est le lot de toute nation que de contrôler ces frontières parce que si vous n'êtes pas capable de contrôler vos frontières, vous n'êtes pas capable en plus d'intégrer ceux que vous acceptez sur votre sol. Donc, la question, c'est plutôt dans le détail des mesures. Après, j'entends... François Bayrou avait refusé

12:45
Invité

de faire une loi immigration.

12:47
Marc Fesneau

Par exemple, est-ce qu'il y a un accord aujourd'hui à l'Assemblée nationale compte tenu de la configuration sur une grande loi immigration ? Il y en a même certains qui prônent de modifier la Constitution. Il n'y a pas de majorité pour le faire. Ne faisons pas semblant. Il n'y a pas d'accord à l'Assemblée nationale.

13:00
Invité

Donc, il n'y aura pas de loi immigration ?

13:01
Marc Fesneau

Mais je n'ai pas dit ça. D'abord, je ne suis pas chef du gouvernement. C'est le chef du gouvernement. Je dis juste, si on veut essayer de trouver des compromis, n'essayons pas d'aller. On l'a trop fait pendant cette année au travers soit de projets de loi et souvent beaucoup plus au travers de propositions de loi de porter chacun notre étendard pour dire vous voyez, je suis de droite donc je suis du centre, je porte ça, je suis de gauche, je porte ça. Et on sait très bien qu'à la fin, il n'y a pas de majorité pourrable.

13:20
Invité

Du coup, qu'est-ce qu'il change de... Qu'est-ce qu'il différencie de François Bayrou ou Sébastien Lecornu ? Si c'est ce qu'on vous suit, il reprend les grandes lignes de ce qu'a été le gouvernement Bayrou. Il ne tranche pas vraiment, c'est un peu flou. Qu'est-ce qu'il différencie de son prédécesseur ?

13:35
Marc Fesneau

On peut peut-être laisser à Sébastien Lecornu le temps de composer son gouvernement, de nous dire dans la déclaration de politique générale ce qu'il veut et de regarder s'il arrive lui à trouver un chemin mais pour l'instant, reconnaissons que le chemin est difficile. La situation de Sébastien Lecornu elle est exactement la même que celle qu'a rencontré François Bayrou ou Michel Barnier. Simplement, nous avons besoin pour entrer dans ce travail collectif d'être un peu plus d'accord sur un certain nombre de points pour qu'au moins quand on va voir les socialistes ou d'autres qu'on puisse se dire voilà nos lignes et voilà ce sur quoi on veut avancer.

Peut-être qu'à ce moment-là on peut faire des bougies. Donc, difficile à date de demander à Sébastien Lecornu je trouve qu'on est dans une immédiateté permanence. On voudrait que ce qui n'avait pas marché le 8 septembre marche le 9. C'est un tout petit peu plus compliqué que ça et Sébastien Lecornu le savait quand il est rentré dans cette fonction.

14:21
Invité

Justement, il se différencie en tout cas il dit se différencier sur la méthode. A la fin de sa lettre il dit ni immobilisme ni passage en force. Est-ce que l'immobilisme c'est un message à François Bayrou et le passage en force avec des aides de l'orne ?

14:32
Marc Fesneau

Non mais je ne l'ai pas pris comme ça. Le pays depuis 2022 et singulièrement encore plus depuis la dissolution de 2024 il a du mal à faire passer la moindre réforme et le moindre texte. Enfin, je veux dire ce n'est pas l'apanage et l'immobilisme. C'est trop facile en plus de dire c'est la faute des premiers ministres. C'est nous à l'Assemblée nationale qui avons la capacité à rendre mobiles les choses et à trouver des terrains d'entente parce que c'est nous qui nourrissons l'impuissance et l'immobilisme. C'est trop facile de dire c'est la faute de Bayrou, de Barnier et désormais de Lecornu.

C'est la faute de ceux qui ne sont pas capables de s'entendre et j'ai entendu par ailleurs le premier ministre dire moi je veux commencer par le quoi avant de commencer par le qui. C'est pour ça que j'interroge sur le quoi et qu'on a quelques éléments dans le texte qui nous a adressé parce qu'on a besoin pour qu'on avance d'aller sur le quoi. Le qui est assez second pour moi.

15:15
Invité

Alors justement le quoi vous dit on a besoin d'entendre le discours de politique générale. Qu'est-ce que vous attendez comme précision et qu'est-ce que vous ferez s'il n'y a pas ce que vous attendez dans ce discours ?

15:26
Marc Fesneau

Alors, premier élément il me semble qu'on a besoin le sujet principal sur lequel nous butons depuis un an c'est la question budgétaire. D'ailleurs, les deux gouvernements qui ont chuté ils ont chuté sur la question budgétaire. On a besoin d'abord d'identifier la trajectoire qui est celle choisie par le Premier ministre en termes de réduction du déficit et donc de la dette. Est-ce qu'on essaie de trouver la trajectoire qui est celle sur laquelle nous nous sommes engagés ? C'est un détail. Les 44 milliards ?

Nous nous sommes engagés devant nos partenaires européens et devant nos prêteurs parce que si des gens ne nous prêtaient pas d'argent on ferait bien ce qu'on veut mais on ne peut pas faire ce qu'on veut parce qu'il y a des gens qui nous prêtent de l'argent non pas simplement pour investir mais aussi pour payer nos fonctionnaires. Donc vous voyez dans quelles mains on est et en plus c'est des mains étrangères. Donc c'est des gens qui ne sont quand même pas des bienfaiteurs touche de l'humanité.

16:06
Présentateur

Non mais ça il s'est déjà engagé c'est une quarantaine de milliards ça ressemble à un peu au travail rouge. Vous attendez un chiffrage ?

16:11
Marc Fesneau

On a besoin et c'est la mouture budgétaire qui a été envoyée si j'ai bien compris ces jours-ci ou hier ou avant-hier de regarder ces 40 milliards est-ce que c'est bien 40 milliards parce qu'il nous semble que c'est un état je rajoute qu'il y avait une surmarche quand même qui est importante qui est la surmarche défense puisqu'il y a 4 milliards de plus pour aller plus loin encore que la loi de programmation militaire. Et donc et deuxième élément comment ça se répartit ? Trajectoire et deuxième élément comment ça se répartit ? Comment ça se répartit en termes d'imposition ? Alors il y a les bougets à l'intérieur et quels sont les efforts qu'on demande à ceux qui sont les plus fortunés ?

Je rappelle que ça n'a pas été vu par nos concitoyens mais dès 2025 le budget 2025 voté par Bayrou il y a eu une contribution différentielle sur les hauts revenus

16:50
Présentateur

qui a été mise en place.

16:52
Marc Fesneau

Donc deuxième élément Troisième élément on a besoin de savoir sur les dépenses ce qu'on fait. Le Premier ministre a simplement indiqué ce qu'il comptait faire sur les dépenses de l'État il a dit 6 à 8 milliards quelque chose comme ça si on veut aller à 35 ou 40 quel est le pas qu'on fait sur qu'est-ce qu'on fait sur l'année blanche ? Alors j'ai lu et compris Vous êtes favorable

17:11
Présentateur

à l'année blanche ?

17:13
Marc Fesneau

Je suis favorable à l'année blanche de postulat Pour toutes les retraites

17:17
Invité

les petites comme les grandes ?

17:19
Marc Fesneau

Je disais je l'ai dit pas aujourd'hui je l'ai dit il y a 3 semaines ou à moi avec mon groupe mes députés ont dit on peut peut-être regarder sur les petites retraites s'il n'y a pas un effort moins grand à leur demander sauf qu'à ce moment-là il faut se demander comment on arrive quand même aux 35 ou 40 milliards ou aux 40 milliards ? Donc où est-ce qu'on trouve des ressources supplémentaires ou des économies supplémentaires ?

Et je suis satisfait de lire dans ce que je partage que l'essentiel de l'effort est à faire sur la réduction des dépenses et donc c'est là-dessus qu'on doit regarder on a la part 45% en gros de la dépense c'est la dépense sociale qu'est-ce qu'on fait donc les retraites qu'est-ce qu'on fait pour freiner les dépenses de l'assurance maladie il y a quand même ne faisons pas croire aux français c'est pour ça qu'on a besoin de le faire d'une certaine façon en transparence que tout ça va être facile parce que tout ça va être compliqué mais il y a besoin de justice et donc c'est tous ces éléments-là sur lesquels il me semble au-delà de grandes politiques qu'il annonce la décentralisation les questions de transition écologique on a besoin d'avoir quelques précisions j'imagine que dans la déclaration de politique générale comme le budget sera présenté devant les commissions dès le 13 on aura des éléments plus précis et plus tangibles mais nous serons vigilants à ça

18:24
Présentateur

Mais est-ce que c'est vraiment vous qu'il faut convaincre sur la baisse des dépenses ?

On a déjà des pistes il y a des choses assez concrètes qui ont été transmises au Conseil des Finances Publiques par exemple il y a des baisses sur la sécurité sociale des baisses de franchise ça il me semble que vous y êtes favorable il y a des baisses de franchise sur les visites médicales sur les boîtes de médicaments sur le transport sanitaire il y a semble-t-il un avantage fiscal pour les malades de longue durée qui pourrait disparaître et de l'autre côté il y a certaines dépenses comme continuer avec la baisse des impôts de production pour les entreprises alors si vous parlez de justice fiscale est-ce que par exemple ce package-là est-ce qu'il vous convient et est-ce que vous croyez que c'est avec ce genre de justice fiscale qu'on peut convaincre les socialistes

19:03
Marc Fesneau

je trouvais que retrouver une trajectoire de baisse des impôts de production parce que c'est quand même un élément différentiel parce qu'on n'est pas tout seul sur une île et on a des concurrents pas mondiaux européens d'abord mais qu'à ce moment-là c'est en gros un milliard un milliard et demi c'est la baisse des impôts de production

19:17
Présentateur

la CVAE un milliard cent de baisse d'impôts de production

19:21
Marc Fesneau

la question c'est où est-ce qu'on trouve des ressources supplémentaires et moi pour moi c'est une affaire de glissement cette affaire-là c'est comment on fait en sorte que des gens ne viennent pas cacher de l'argent dormant Jean-Paul Matéi dit souvent ça dans le groupe la rente au travers des sociétés Murphy c'est des dispositifs très compliqués où il y a des gens qui pour éviter de payer l'impôt et pour échapper à l'impôt font en sorte de cacher cet argent-là entre guillemets tout ça c'est très légal mais c'est très de l'optimisation

19:42
Invité

la gauche vous dit que l'argent on le trouve chez les ultra-riches et que c'est pour ça qu'ils sont favorables à la taxe Zuckman donc c'est un peu contradictoire de votre point de vue c'est qu'à la fois il faut aller chercher l'argent mais on va pas le chercher ou là où il est c'est ça non mais parce que

19:52
Marc Fesneau

la taxe Zuckman pardon de le dire c'est un écran de fumée d'abord la plupart des gens vous expliquent que c'est pas 20 milliards c'est sans doute que 5 et deux vous vous retrouvez dans la situation de taxer ceux qui investissent dans le capital d'une entreprise j'ai une entreprise dans mon département qui est en dépôt de bilan qui a besoin qu'on mette de l'argent au capital donc vous allez taxer quelqu'un qui vient essayer si on pouvait sortir des postures et des mots et des mots et des non et se dire qu'il y a de l'optimisation il y a de la rente est-ce que le pacte du trait il n'y a pas des effets de bord est-ce que sur et que là ça collecte aussi de l'argent et essayons de ne pas nous arquebouter sur un dispositif dont la plupart des économistes quand même s'accordent à dire qu'il ne fonctionne pas je vais vous dire comment il fonctionnerait il fonctionnerait s'il y avait une taxe du point mondiale

20:37
Invité

mais la taxe sur le patrimoine financier qui a été proposée par Sébastien Lecornu elle rapporterait 1 milliard et demi est-ce que ce n'est pas ridicule par rapport à ce que proposent les socialistes

20:46
Marc Fesneau

c'est pour ça que c'est important de regarder dans l'ensemble des dispositifs les sociétés Murphy c'est peut-être plusieurs milliards d'euros dans le pacte du trait il y a peut-être un certain nombre d'éléments sur lesquels on peut trouver la contribution différentielle sur les hauts revenus je n'ai pas entendu que le Premier ministre souhaitait y renoncer donc la question ce n'est pas la taxe du Kman ou le néant c'est est-ce qu'on collecte est-ce qu'on fait des effets de bascule entre de l'argent qui sert à la production CVAE et qui améliore la compétitivité versus de l'argent qui dort et qui vient enrichir quelques-uns et ça ce n'est pas normal et ça ce n'est pas juste et là il y a des questions

21:16
Présentateur

économiques par phénom mais il y a aussi des objets politiques alors si par exemple vous avez voulu il y a quelques minutes faire un message aux socialistes alors les socialistes si par exemple vous n'êtes pas pour la taxe du Kman est-ce que vous leur faites un message sur les retraites parce que par exemple eux disent il faut un débat il faut revenir sur cette réforme des retraites on voudrait un débat alors est-ce que ça par exemple vous y seriez favorable

21:37
Marc Fesneau

mais quand vous avez 45% et un vote oui quand vous savez que on va reprendre un autre chiffre je ne vais pas abreuver de chiffre mais sur les mille et quelques milliards de dettes supplémentaires qui sont accumulées 600 milliards c'est les retraites vous ne répondez pas à ma question attendez ça veut dire qu'on est obligé de faire un effort sur les retraites je suis désolé de dire que ceux qui disent aujourd'hui parce que c'est là qu'il faut être sincère aussi ceux qui font croire qu'il n'y aura pas une nécessité d'effort sur les retraites que dans tous les pays avec démographie comme la nôtre on pourrait parler par ailleurs des questions démographiques comment on relance une démographie

22:09
Présentateur

on peut parler là je vous appelais c'était sur l'objet politique

22:12
Marc Fesneau

et donc je trouve que ça reboutait là aussi alors on peut nous on avait proposé une clause de revoyure au groupe Modem est-ce qu'on peut regarder si la clause de revoyure on ne peut pas l'accélérer pour essayer de regarder les choses mais croire que ce n'est pas en travaillant plus longtemps je rappelle que la réforme Touraine celle qui était en application avant la réforme d'Elisabeth Borne il y avait des gens qui partaient à la retraite à 62 ans en fait il ne partait pas à la retraite parce qu'il partait la moyenne aujourd'hui c'est 63-8 parce que la décote était trop forte vous ne croyez pas que c'était une hypocrisie

22:39
Présentateur

le sujet ce sont les compromis et est-ce que Sébastien Lecornu peut échapper à la censure

22:44
Marc Fesneau

je n'ai pas de difficulté à ce qu'on réouvre d'ailleurs c'est ce qu'avait voulu faire François Bayrou le sujet des retraites la pénibilité les carrières hachées etc la seule question que je pose derrière c'est comment on équilibre donc ce n'est pas un problème d'ouvrir ce débat il n'est pas fermé et on sait bien que de toute façon c'est un processus itérant en permanence mais on a besoin quand même de ne pas faire semblant que ça vient creuser le trou et la dette équation économique

23:07
Présentateur

et équation politique en tout cas Sébastien Lecornu a tenté un coup de poker vendredi avec son annonce surprise

23:14
Locuteur non identifié

J'ai décidé de renoncer à l'article 49 à l'ENA 3 de la constitution puisque cet article au fond permet au gouvernement d'interrompre les débats d'engager la responsabilité d'écrire la copie et on le sait très bien je défends la 5ème république et sa constitution c'est un outil utile mais c'est un outil qui a plutôt été imaginé par Michel Debray pour contraindre sa propre majorité or dans un parlement qui fonctionne dans un parlement en plus qui a été renouvelé il y a plus d'un an qui ressemble aux français avec ses divisions on ne peut pas passer en force et on ne peut pas contraindre son opposition

23:49
Présentateur

Une question d'Abel Mestre

23:50
Invité

Oui est-ce que renoncer au 49.3 ce n'est pas le risque d'avoir une censure très rapide justement

23:56
Marc Fesneau

Alors il faudrait qu'on essaye de se mettre d'accord pas vous mais dans l'atmosphère médiatique et politique on a souvent reproché au gouvernement successif d'abuser du 49.3 Bon c'est un outil constitutionnel il n'est pas illégal il n'est pas illégitime enfin bref Sébastien Lecornu l'a rappelé dans l'extrait que vous avez passé Deuxième élément je pense que c'est vrai que dans le moment que nous traversons on a besoin d'essayer d'éviter de passer en force Est-ce qu'on peut arriver à passer autrement qu'en force ?

Oui si jamais on arrive à trouver un compromis Alors ça donne une responsabilité éminente au Parlement parce que je vais vous dire le risque principal du non-recours au 49.3 que je trouve une bonne idée c'est qu'à la fin on se retrouve à des soirées comme on en a connu l'an dernier où on met 20, 30, 40 c'est la foire à la saucisse pardon l'expression de l'inventivité fiscale et dans le même temps on fait 100 milliards de dépenses parce que chacun sert l'écosystème et donc c'est un appel à la responsabilité parce que si on n'arrive pas à se mettre d'accord sur un budget à la fin le budget tel qu'il était sorti 149.3 avant qu'on accive le 49.3 c'était un budget qui était votable par personne il n'était ni votable par les populistes et les démagogues mais ni votable par le bloc central que nous constituons donc si nous n'arrivons pas à nous mettre d'accord le chemin le plus risqué c'est celui que nous n'arrivons pas à nous mettre d'accord que ce texte ne puisse être voté par personne et qu'à la fin on fasse les douzièmes et les ordonnances et donc on se serait sûrs dépossédés de notre pouvoir

25:19
Invité

Le PS et les Verts disent déjà que ce n'est pas suffisant et que mais je n'ai pas dit que c'était suffisant et qu'ils iront tous voter la sanction

25:24
Marc Fesneau

mais je n'ai pas dit que c'était suffisant mais vous imaginez bien que si on arrive avec 50 milliards d'impôts supplémentaires et 100 milliards de dépenses supplémentaires d'abord je vais faire des additions et des soustractions on creuse le trou c'est ce qui s'était passé l'an dernier et deux c'est pas votable parce que c'est une question de responsabilité donc j'entends absolument l'idée chez les uns et les autres que ça n'est pas suffisant mais simplement la balle est dans le camp encore plus du Parlement et c'est au Parlement de faire en sorte que le budget soit votable par ceux qui sont les plus modérés et sur l'instruction comment on fait ?

on verra mais moi j'essayerai en tout cas à toute force

25:53
Invité

on verra il y a plein d'outils constitutionnels il y a l'article 40 il y a les ordonnances il y a le vol bloqué vous pourrez l'utiliser ça ?

26:00
Marc Fesneau

l'article 40 pardon je suis regreté de dire que je regrette tous les matins que l'article 40 on ne l'applique pas à l'Assemblée parce que je vais vous dire ce qui se passe sinon on n'applique pas l'article 40 et puis quand ça s'est déféré au Conseil constitutionnel on dit c'est la République des juges le Conseil constitutionnel a refusé cet amendement parce que c'était un article 40

26:17
Invité

non mais est-ce que vous utiliserez le vote bloqué par exemple ou éventuellement les ordonnances pour faire adopter le budget ? je ne suis pas chef du gouvernement de me demander pas ça mais je ne crois pas

26:23
Marc Fesneau

que la philosophie du Premier ministre soit une philosophie de faire de la filbuste de le voyer l'article 40 c'est l'article qui interdit d'engager de nouvelles dépenses d'engager de nouvelles dépenses sauf si le gouvernement l'autorise vous avez raison de le rappeler

26:38
Invité

est-ce que du coup il y a un accord un accord caché entre le socle commun et le Rassemblement National on a vu cette semaine à l'Assemblée Nationale que pour les postes clés il y avait eu entente entre le RN et le socle commun pour obtenir des postes on va essayer de distinguer les choses Marine Tondelier sur BFM

26:53
Marc Fesneau

porte cette accusation à l'instant c'est un petit jeu auquel personne ne devrait se livrer premier élément on a fait le Front Républicain je l'assume parce que nous ne souhaitions pas et les Français ont répondu à cet appel que le Rassemblement National ait une majorité absolue à l'Assemblée Nationale c'était ça l'objectif deuxième élément il n'y a pas de sous-députés

27:09
Invité

vous n'avez pas fait non pas du tout

27:13
Marc Fesneau

parce que si vous aviez suivi ce que j'avais dit l'année dernière je pensais qu'il était légitime et juste que le Rassemblement National soit représenté dans les instances de l'Assemblée Nationale qu'est-ce que c'est que ce schéma où on dit vous êtes députés mais vous êtes des sous-députés vous n'existez pas en fait c'est-à-dire il y a 140 députés je dis au passage que d'ailleurs le mouvement démocrate lui-même n'était pas représenté qu'est-ce que c'est que ce choix c'est-à-dire qu'on fait un choix par-dessus le choix des électeurs on peut essayer de convaincre sauf qu'en un an vous avez changé de pied moi je n'ai pas changé pardon le socle commun a changé de pied excusez-moi continuement depuis 2022 nous considérons que ce sont nos adversaires mais qu'ils ont été élus par les français c'est ça la démocratie il y a suspicion

27:50
Invité

qu'il y a un accord plus global est-ce qu'il y a un accord plus global est-ce qu'il va y avoir des accords dans l'hémicycle sur le budget sur certaines mesures

27:57
Marc Fesneau

si Mme Tondelier veut se trouver des excuses pour censurer libre à elle mais il faut regarder les choses telles qu'elles sont la question c'est le fond le sujet c'est le programme c'est le budget il ne peut pas y avoir d'accord avec le rassemblement national le rassemblement national il propose une seule chose

28:10
Invité

de s'accorder les bonnes grâces du rassemblement national c'est une bonne base de départ quand même

28:15
Marc Fesneau

pardon excusez-moi de vous dire je répète en 2022 et en 2024 le mouvement démocrate parce que nous nous sommes attachés au pluralisme le pluralisme ce n'est pas pour les autres et jamais à soi qui s'applique nous avons considéré qu'il devait y avoir des gens de la France insoumise au bureau et des gens du rassemblement national et puis tous les autres je suis élu régional dans ma région vous croyez qu'à la commission permanente qui elle prend des décisions sur le fond on n'a pas fait une liste commune avec le parti socialiste et le rassemblement national pour composer cette commission permanente et c'est un président socialiste qui l'a fait donc il faut un peu sortir de l'hypocrisie dernier élément nous sommes à l'assemblée nationale il paraît qu'on fait la loi bon le mieux quand on fait la loi c'est de respecter son propre règlement il est marqué dans le règlement de l'assemblée nationale que les groupes doivent être représentés au bureau ça doit tendre vers une représentation proportionnelle

29:02
Présentateur

il n'y a pas eu d'accord c'est ça que vous dites Marc Fénaud vous dites il n'y a pas eu d'accord et Marine Tourdelier et Marine Tourdelier n'a pas un point quand elle dit il va y avoir accord et c'est comme ça

29:12
Marc Fesneau

franchement vraiment pas il y a un pacte il ne faut pas aller chercher des mots qui ne sont pas vrais depuis le début 22, 24, 25 et je suis heureux que nous soyons tous tombés d'accord sur l'idée qu'il fallait que tout le monde soit représenté au bureau de l'assemblée nationale c'est sain en démocratie que même les adversaires parce que le jour où vous faites ça le jour où le rassemblement national est majoritaire vous lui donnez toutes les clés pour qu'ils disent il n'y aura aucun opposant au sein du bureau aussi il faut penser à ça à ces actes quand on respecte la démocratie donc il faut aussi respecter l'esprit et la lettre de la démocratie et l'esprit et la lettre c'est celui-là et l'esprit et la lettre de la démocratie c'est quand on n'est pas d'accord sur le fond on bataille et c'est ce qu'on va faire sur le budget parce que la réduction en fond le retrait de l'Union Européenne du rassemblement national c'est non merci la recherche de boucs émissaires les immigrés ou d'autres c'est non merci la suppression de la contribution

30:03
Invité

à l'Union Européenne

30:05
Marc Fesneau

ça a été voté l'année dernière dans l'émission vous connaissez beaucoup de systèmes dans lesquels vous dites ça veut dire que vous sortez à ce moment-là il faut faire comme Trump Trump il dit je ne participe plus ou la réduction oui non mais on a des engagements européens s'il y a une réduction il y aura une réduction sur d'autres budgets sur quel budget on va réduire et je rappelle qu'Amélie Manchalin et François Bayrou avaient négocié avec l'Union Européenne une réduction au mois de juillet-août d'1,5 ou 2 milliards d'euros donc il ne faut pas chercher des expédients ça ça s'appelle des expédients si on veut être sérieux il n'y a pas un président de la République un Premier ministre qui peut assumer de sortir dans l'Union Européenne il y en a quelques-uns dans le débat public qui disent le Frexit c'est formidable demandez aux Anglais comme ça a été formidable

30:42
Présentateur

Marc Fénaud quand même quand on vous écoute donc là la gauche dit on va droit vers la censure vous dites pas d'accord pas de pacte avec le Rassemblement National est-ce qu'on n'est pas en train de se diriger tout droit vers une dissolution ?

30:52
Marc Fesneau

la base c'est pas de pacte avec le Rassemblement National et pas de pacte avec LFI il y a quand même un espace entre les deux

30:56
Présentateur

là apparemment

30:58
Marc Fesneau

il reste 400 voix

30:59
Présentateur

Olivier Faure dit ça tient à eux et apparemment ils sont prêts à aller à la censure

31:04
Marc Fesneau

ils essayent de sortir des postures les uns et les autres et Olivier Faure et son groupe enfin c'est M. Vallaud qui le préside on a trouvé des terrains d'entente sur des questions fiscales l'an dernier donc nous vous nous trouverez toujours pour essayer de tendre la main et essayer de trouver sincèrement des accords c'est surtout le conclave

31:17
Invité

des retraites qui avait permis d'avoir l'assentiment des socialistes et il va falloir trouver autre chose cette année

31:22
Marc Fesneau

mais on va essayer de trouver des choses sur le budget sur ce qui serait une forme de justice sociale et fiscale il me semble que je trouve que la revendication sur le pouvoir d'achat est une revendication légitime on a un sujet dans ce pays d'une feuille de salaire brut versus net qui est beaucoup trop différente

31:38
Invité

mais vous êtes d'accord pour dire que c'est pas assez parce qu'aujourd'hui on voit bien que Olivier Faure menace de censure donc ça veut dire que là dans les annonces qui ont été faites le compte n'y est pas

31:45
Marc Fesneau

ça revient à la discussion juste avant il n'y a pas de 49.3 on est d'accord donc on va essayer comme des gens adultes et un peu à la hauteur de l'enjeu comme vous le disiez tout à l'heure

31:53
Présentateur

donc vous pensez que si on baisse la CSG par exemple ou plutôt si on baisse les cotisations sociales sur les feuilles de paix pour augmenter par exemple la CSG ça ça peut suffire vous pensez que c'est un élément de négociation suffisant

32:05
Marc Fesneau

avec le PS ?

il n'appartient pas de dire quel est le point d'équilibre sur une seule mesure on cherche on cherche mais non mais vous avez raison mais il faut qu'on essaye de trouver différents types il y a la question fiscale il y a la question de la feuille de paix qu'on peut essayer de trouver un terrain d'entente parce que sinon dissolution sinon il n'y a d'abord pas de budget parce que pas de budget c'est du retard pour les investissements des collectivités c'est du pilotage qui n'existe plus pour les politiques publiques c'est une incertitude immense pour les investisseurs et on a besoin d'investisseurs dans ce pays et tout ça c'est une catastrophe il y a eu une loi spéciale l'année dernière

32:39
Invité

et le pays n'était pas à l'arrêt

32:41
Marc Fesneau

oui enfin il y a eu un budget à partir du mois de février parce que François Bayrou a trouvé un accord avec en partie les socialistes donc il a fini par y avoir un budget

32:49
Invité

oui mais sauf que par exemple

32:50
Marc Fesneau

sur la question de défense vous ne pouvez pas engager des efforts supplémentaires c'est à dire que vous ne pouvez que continuer le budget tel qu'il a été fait en 2025 la responsabilité politique c'est de porter des politiques et pas de continuer d'une année sur l'autre comme si de rien n'était il y a des choses qui se passent dans le monde quand même

33:05
Présentateur

Marc Fénaud on avance à l'Assemblée nationale vous siégez aussi dans la commission des affaires étrangères alors on voudrait connaître votre regard sur ce fait majeur qui l'est pour parler aujourd'hui au Caire entre des négociateurs israéliens et du Hamas autour du plan de paix de Donald Trump nous sommes deux ans après l'attaque du Hamas contre Israël c'était le 7 octobre 2023 question de Brigitte Boucher

33:26
Invité

oui Marc Fénaud est-ce que cet accord finalement de paix avec entre israéliens et palestiniens est-ce qu'on peut dire que c'est grâce à Emmanuel Macron ?

33:42
Marc Fesneau

en tout cas le président de la république a joué un rôle majeur en embarquant pardon l'expression à un certain nombre de pays pour fixer un certain nombre de lignes rouges ce qui était je rappelle que le plan de paix initiale ou entre guillemets de paix initiale de Donald Trump c'était l'évacuation de toutes les populations palestiniennes pour faire un entre guillemets eldorado à Gaza bon on est désormais sur quelque chose qui ressemble à une trajectoire et c'est pas complètement innocent après la décision du président de la république que je trouve juste d'avoir reconnu l'état palestinien et surtout de ne pas l'avoir fait seul ce qui était important c'était de le faire au moment où nous étions plusieurs dans le concert des nations occidentales à dire et à faire ce geste et donc je pense que ça a pesé dans la balance y compris sans doute côté israélien parce que je crois pas que l'intérêt de l'état d'Israël soit d'être isolé à ce point là pour le moyen et long terme

34:27
Invité

aujourd'hui au Hamas quand il dit qu'il va libérer les otages

34:31
Marc Fesneau

par nature on a du mal à faire confiance au Hamas reconnaissons qu'il a jamais été au rendez-vous de la responsabilité il a plutôt été au rendez-vous du terrorisme et des crimes simplement il a un peuple derrière lui et puis il y a d'autres autorités et je pense que le plan présenté par Donald Trump est un plan qui peut permettre d'entrevoir un chemin pour les populations des deux rives si vous permettez cette expression

34:54
Présentateur

autre actualité à l'international la tension qui monte entre les européens et la Russie un pétrolier soupçonné de faire partie de la flotte fantôme russe a été arraisonné cette semaine au large des côtes françaises il y a aussi ces incursions de drones on a vu ces milliers de voyageurs coincés à l'aéroport de Munich parce que comme en Pologne comme en Norvège comme au Danemark il y avait eu des drones dont on pense qu'ils sont russes est-ce qu'il faut marquer l'arrêt et répondre à ces provocations dont on pense qu'elles viennent de la Russie ou ne rien faire Marc Fénaud

35:23
Marc Fesneau

je pense qu'à un moment on est obligé de marquer l'arrêt parce que vous êtes quand même avec s'il s'avère que c'est les russes mais globalement on voit bien que dans un certain nombre d'opérations y compris des opérations de déstabilisation on a vu ce qui s'était passé devant des mosquées avec des têtes de porc il y a quand même l'intention russe c'est de mettre la pagaille à l'intérieur de nos frontières européennes par des voies que c'est ce qu'on appelle les guerres hybrides c'est-à-dire que ça ne se fait jamais avec des chars mais ça se fait par des voies hybrides alors ici des drones on neutralise un aéroport il y a un moment où il faut que ça s'arrête c'est quoi ?

35:52
Présentateur

c'est le mur de drone ? qu'est-ce que c'est ?

35:53
Marc Fesneau

le mur de drone voyez bien que le bateau s'il a passé de l'autre côté et qu'il vient par la mer Baltique ou qu'il vient par ailleurs c'est un peu plus compliqué

36:02
Invité

ça veut dire que la voix de l'Europe ne porte pas suffisamment face à Vladimir Poutine ?

36:05
Marc Fesneau

enfin le président de la république pour le coup porte singulièrement une voix il faut que les européens s'entendent et se parlent entre eux et qu'ils aident ils décident enfin alors c'est valable sur la question russe comme sur les autres questions de prendre en main leur destin parce que notre destin c'est une question je pense de vie ou de mort cette affaire-là de même que sur les sujets commerciaux je n'ai pas aimé la façon dont nous n'avons pas alors le nous est sympathique c'est un peu un nous de majesté parce que nous n'étions pas dans ces conversations-là mais que la présidente Van der Leyen aille dans un golfe privé en extra-européen aller à Canossa on est passé sous les fourches codines de Trump ça n'est pas l'image que je veux de l'Europe parce que nous nous avons fait l'Europe pour qu'elle soit puissante puissante face aux agressions

36:43
Invité

puissante commercialement l'Europe de la défense c'est encore d'actualité

36:45
Marc Fesneau

ou comment on peut la relancer ?

il faut que là aussi les uns et les autres sortent de l'ambiguïté de la sincérité c'est-à-dire que l'Europe de la défense c'est nécessairement des projets industriels communs en termes de défense dans lequel on ne cherche pas à tirer son avantage que collectivement on a besoin de la construire et de ne pas être dans les mains uniquement de l'allié là aussi on peut le mettre entre guillemets américain c'est la meilleure façon de construire une Europe de la défense que c'est notre autonomie stratégique je note avec satisfaction que ce qu'avait dit le président de la république lui aussi à l'époque y compris dans son discours de la Serbonne c'est l'affirmation de cette Europe de la défense avec des moyens supplémentaires de beaucoup de pays et donc on a besoin de conforter ça parce que sinon en fait Poutine teste en permanence notre résistance et à un moment on ne peut pas laisser faire ce qui est en train de se faire sur le territoire

37:27
Présentateur

Marc Fénaud le patron des députés Modem à l'Assemblée Nationale et l'invité de Questions Politiques on va tenter de mieux vous connaître aujourd'hui Marc Fénaud et celle qui dévoile nos invités c'est Brigitte Boucher qui a fouillé votre bio

37:49
Locuteur non identifié

C'est un jeune homme politique pour qui j'ai de l'estime et même de l'affection je voulais qu'une nouvelle génération puisse arriver aux responsabilités dans notre mouvement dont c'est une dévocation

38:15
Invité

On vient d'entendre François Bayrou celui qui vous a mis le pied à l'étrier Marc Fénaud vous avez milité chez les jeunes démocrates adhéré à l'UDF puis au Modem précurseur d'En Marche avant-gardiste du 1 en même temps et de droite et de gauche c'est entre deux qui vous caractérise jusque dans votre couleur de cheveux et roux et blond je sais qu'il y a débat mais moi j'ai toujours pensé que vous étiez blond vénitien et c'est une teinte impossible à obtenir quand on cherche à faire une couleur chez le coiffeur je vous le dis Votre famille habite dans le Loir-et-Cher et vous ne faites pas de manière vous avez été ministre de l'agriculture alors vous ça ne vous gêne pas de marcher dans la boue et dîner avec nous est-ce que vous êtes fan de Michel Delpeche ?

38:51
Marc Fesneau

Oui alors sauf la chanson de Michel Delpeche qui traite du Loir-et-Cher mais le reste on est fan d'abord parce qu'il était résident du Loir-et-Cher c'était un grand artiste mais dans le Loir-et-Cher on avait un peu du mal avec cette chanson pour être très honnête

39:04
Invité

Vous avez baigné depuis votre enfance dans le monde agricole par votre père qui travaillait à la Sopexa et puis qui a conseillé aussi Michel Rocard au ministère de l'agriculture est-ce que ça confirme les accusations de pro-FNSEA qui vous ont été faites notamment quand vous étiez au ministère de l'agriculture ?

39:19
Marc Fesneau

L'attention et comment dirais-je la connaissance d'un milieu ne fait pas d'ailleurs vous pourrez en parler à la FNSEA je ne suis pas sûr que ça fasse une accointance de cette nature-là qu'on parle avec tout le monde et tous les syndicats et deux qu'on ait une attention à l'écosystème dont on a la charge ça me paraît la moindre des choses ça n'est pas le hasard que je me sois retrouvé au ministère de l'agriculture c'est pas simplement une affaire de carrière c'est une affaire de conviction j'ai commencé ma carrière dans une chambre d'agriculture j'étais loin de penser qu'un jour je serais ministre de l'agriculture donc je l'ai fait parce que c'est une profession qui mérite qu'on s'y intéresse qu'on s'y attache qui est parfois un peu rugueuse et un peu difficile mais qu'il y a des défis immenses dans lesquelles il faut les accompagner donc moi je suis très attaché et je continue à l'être c'est pas un moment dans ma vie de ministre de l'agriculture mon intérêt à l'agriculture j'ai beaucoup d'amis qui sont dans le milieu agricole parce que je trouve que c'est une profession qui est trop méconnue souvent à tort vilipendé et à juste titre on devrait la reconnaître dans ses fonctions premières qui sont celles de nous nourrir

40:17
Invité

c'est pour ça que vous avez défendu le guélifiozette

40:18
Marc Fesneau

oui parce que j'ai défendu l'idée que nous ne pouvons pas dans une politique agricole commune avoir des politiques différentes c'est pas la peine d'avoir des frontières ouvertes avec nos voisins italiens et allemands quand eux leurs agences de sécurité sanitaire y compris la nôtre d'ailleurs ne disaient pas autre chose qu'on pouvait en réduisant

40:35
Invité

donc vous le referiez

40:36
Marc Fesneau

oui il me semble que c'est une logique alors après vous savez j'ai beaucoup été c'était pas la glyphosate d'ailleurs c'était l'acétamipride je pense dont vous me parlez mais je fais très attention j'avais dit aux responsables agricoles attention à ce que nous ne produisions pas des textes ça revient presque au début de notre conversation qui viennent fracturer ce pays aucun intérêt à ce qu'avec une population de 300 et quelques mille agriculteurs l'ensemble de la population vienne se dresser contre eux donc on a besoin de faire comprendre ce qui se passe et aux agriculteurs et à nos concitoyens et de dire pourquoi on prend cette décision et puis le mieux c'est de l'éclairer par la science c'est comme ça qu'il faut cheminer

41:11
Invité

Vous appartenez au mouvement démocrate chrétien comment on atterrit là si on n'est pas croyant ou pas pratiquant ?

41:18
Marc Fesneau

Après mes convictions personnelles n'intéressent personne et je les ai pour moi mais j'ai une tradition dans ma famille de croyant et pratiquant pour un certain nombre d'entre eux pas moi mais on atterrit là parce que je pense que c'est une famille politique où la question de l'humanisme et de la place de l'homme dans la société est une question assez centrale et du respect de l'autre et donc je trouve que ces valeurs là on n'a pas besoin d'être croyant pratiquant ou même d'être de cette religion là pour considérer que cette religion elle incarne un certain nombre de valeurs qui sont plus que jamais d'actualité

41:44
Invité

Vous êtes la figure actuelle du modem est-ce que le bérouisme sans Bayrou est possible ? Est-ce que vous allez vous affranchir de la tutelle de François Bayrou un jour ou l'autre ? François Bayrou

41:54
Marc Fesneau

le dirait mieux que moi il vous dirait que je suis peu avec tutelle Jacqueline Gouraud qui est aussi l'une de mes mentors vous dirait que j'ai une indépendance qui se confirme assez régulièrement quand il y a besoin de le faire

42:05
Invité

Mais quand est-ce que vous allez tuer Pierre ?

42:06
Marc Fesneau

Deuxième élément vous dites Bayrouïsme personne n'a jamais dit Bayrouïsme on a toujours dit le centre, les valeurs du centre le mouvement démocrate on est une famille politique

42:12
Invité

La réalité c'était Bayrouïsme

42:13
Marc Fesneau

Oui mais ça prouve que la famille politique que nous incarnons et qui a été incarnée jusqu'alors par François Bayrou elle n'est pas seulement incarnée par une personne Bayrou il a été là à un moment où cette famille de pensée aurait pu disparaître et il continue à incarner cette famille de pensée et donc c'est pas une affaire seulement de personnes c'est une affaire de longues traditions dans la vie politique française d'avoir une famille modérée et nous sommes chacun là aussi comme le colibri à faire notre oeuvre et notre travail

42:38
Présentateur

Marc Fénaud pour compléter ce portrait nous vous avons demandé de venir avec une carte blanche et vous avez choisi de parler de la jeunesse et de la jeunesse occidentale tentée par l'autoritarisme

42:48
Marc Fesneau

Oui je trouve que nous sommes dans un moment alors il n'y a pas que la jeunesse mais la jeunesse c'est l'avenir et on voit bien qu'il y a beaucoup de jeunes qui sont tentés par les figures plutôt autoritaires et plutôt par la volonté d'avoir des débats un peu tranchés noirs ou blancs où on essaie non pas de convaincre mais de contraindre l'autre et on voit bien il y a beaucoup de jeunes qui soutiennent Donald Trump il y a beaucoup de gens pour qui la figure depuis que Poutine est une figure un peu emblématique c'est la loi de la force s'impose et je pense qu'on a besoin de travailler avec les jeunes pour dire qu'il n'y a pas de solution me semble-t-il et historiquement c'est avéré qui passe par l'écrasement de l'autre alors c'est d'ailleurs assez paradoxal parce que les jeunes sont sans doute beaucoup plus ouverts que nous n'étions sur beaucoup de sujets et en même temps on voit bien qu'il y a des replis identitaires entre guillemets de la jeunesse les uns avec l'extrême droite parfois les autres

43:38
Invité

est-ce que c'est parce que les leaders politiques sont faibles ?

43:41
Marc Fesneau

c'est pas impossible que le fait que les figures politiques incarnantes soient plutôt aux extrêmes explique que nous n'arrivions pas et c'est pour ça qu'il y a besoin d'avoir des figures incarnantes à droite à gauche et au centre pour essayer de porter une voix forte sans être une voix de la radicalité qui mène au mur absolument qu'est-ce que vous pourriez dire de différent

44:00
Présentateur

aux jeunes dans le sondage YouGov publié YouGov publié en juillet c'est une enquête en France seul un jeune sur deux préfère sans réserve la démocratie aux autres systèmes politiques seulement un sur deux

44:12
Marc Fesneau

c'est toute la difficulté l'histoire passante on peut les témoins des moments où nous n'avons pas vraiment eu la démocratie ou ce qui a abouti à l'absence de démocratie ou une démocratie défaillante c'est-à-dire la guerre les témoins disparaissent les uns après les autres donc on a besoin pas seulement d'être dans la mémoire si vous voulez pouvoir exprimer vos idées si vous voulez qu'il y ait plus de justice entre les hommes et les femmes si vous voulez que tout ça ne mène pas au chaos parce que du chaos il ne sort rien jamais en tout cas il sort beaucoup de malheur il faut qu'on essaye d'expliquer que la démocratie comme le disait je crois Churchill c'est la meilleure organisation à défaut de toutes les autres et que

44:46
Présentateur

mais si elle ne t'élivre pas oui mais c'est pour ça

44:49
Marc Fesneau

que notre responsabilité ça nous amène à notre début de conversation c'est notre impuissance notre immobilisme notre incapacité à avoir des mots qui ne soient pas le mot de la technocratie est-ce que c'est pas

44:58
Invité

la pratique des institutions aussi qui a été faite ces derniers temps

45:01
Marc Fesneau

alors c'est pas que la pratique des institutions on a aussi besoin d'inventer un modèle institutionnel d'ailleurs c'est assez singulier que le premier ministre dise plus de 49-3 parce que institutionnellement ça existe ça prouve que la question du passage en force et de la méthode est un sujet central donc il y a quelque chose de l'ordre de la méthode à repenser et sans doute d'un point de vue institutionnel pour moi c'est un débat de 2027 de regarder institutionnellement comment on peut améliorer les choses on a une constitution qui est formidable moi je trouve et si on doit la toucher c'est pas la peine de rajouter des articles comme on le fait à chaque fois pour se faire plaisir il faut essayer de penser ce que peuvent attendre les peuples en termes de démocratie c'est-à-dire des mécanismes de régulation mais beaucoup pensent que c'est un mécanisme d'entrave et donc il faut expliquer sans relâche pourquoi il y a de la régulation pourquoi il y a des juges pourquoi il y a un conseil constitutionnel pourquoi il y a des scientifiques

45:46
Présentateur

question politique sur France Inter débat 2027 justement avec une question qui sera au coeur des discussions de la présidentielle ce matin Abel c'est la question du centrisme

46:00
Invité

oui savoir s'il existera encore en 2027 à la prochaine présidentielle quand on regarde les prétendants à l'Elysée il y a Edouard Philippe il y a Gabriel Attal sûrement peut-être Gérald Darmanin peut-être François Bayrou peut-être vous-même d'ailleurs on sait pas est-ce que le centrisme est-ce que ce bloc central cette famille ne risque pas la dilution à se diviser de cette manière

46:24
Marc Fesneau

alors il y a deux sujets il y a un la division de ce bloc là c'est la mort de ce bloc là mais nous sommes un peu loin de Laval et peut-être que tous les noms que vous citez ne seront pas ceux qui figureront à l'arrivée et peut-être que la raison l'emportera et que les choses s'imposeront les uns aux autres quand vous regardez vous m'auriez interrogé en octobre 2015 vous auriez cité des noms dont aucun n'a pu concourir donc je vous invite

46:47
Invité

selon vous

46:47
Marc Fesneau

comment

46:48
Invité

il faut une primaire

46:48
Marc Fesneau

non je suis contre la primaire parce que la primaire en fait c'est un mécanisme où vous venez entretenir votre radicalité interne à droite à gauche au centre et après vous êtes incapable de vous ouvrir moi je pense que la primaire ça peut pas être un processus c'est pas c'est aux français de choisir leur candidat la primaire en France c'est le premier tour ce qu'il faut éviter c'est qu'il y ait une multiplication de candidatures pour se compter mais aux Etats-Unis il y a une primaire mais il n'y a qu'un tour et il n'y a que deux partis politiques en France il y a une diversité d'opinions donc il y a besoin de ça et deux alors ça c'est la première question c'est les personnes puis la deuxième c'est est-ce qu'il y a besoin d'une force qui porte à la fois fort mais aussi dans la nuance un certain nombre de responsabilités et de propositions oui parce que je pense que si vous laissez simplement s'exprimer ceux qui nourrissent la querelle qui essaient d'activer chez les français la querelle la recherche du bouc émissaire facile l'immigré le fonctionnaire le chef d'entreprise évidemment il manquera quelque chose dans le paysage vous visez qui en disant ça ?

comment ? qui vous visez ? je vise le rassemblement national et la France insoumise je les ai déjà visés dans l'interview il me semble que ce sont des forces qui nourrissent dans chacun de leurs discours la recherche du bouc émissaire et je trouve que la recherche du bouc émissaire quel que soit le bouc émissaire c'est ici le juge on l'a encore vu ces derniers jours je trouve que tout ça c'est toxique et donc il y a besoin d'une force qui considère qu'il y a besoin de plus de nuances dans la démocratie

48:13
Invité

justement ce discours de nuances cette force modérée que le modem porte depuis toujours est-ce que c'est encore d'actualité dans la mesure où on voit que le parti socialiste s'est désarrimé de la France insoumise a pris son pas son indépendance mais en tout cas son autonomie réincarne la sociale démocratie on voit aussi que Sébastien Lecornu a beaucoup d'attention pour LR comment le modem peut exister ? qu'est-ce qui va vous différencier d'une offre sociale démocrate qui peut être incarnée par quelqu'un de gauche ?

48:44
Marc Fesneau

D'abord c'est une bonne nouvelle et je le disais dès 2017 qu'une gauche de gouvernement est-ce que vous avez

48:49
Invité

des grandes différences avec lui ?

48:50
Marc Fesneau

Mais d'abord je trouve que c'est une bonne nouvelle qu'une gauche de gouvernement et de responsabilité émerge je suis de la même façon content que le côté LR il y a un certain nombre de forces je pense à Bruno Retailleau qui avec des différences notables entre nous prennent leurs responsabilités parce qu'en fait 2017 a été un épisode où ces deux forces politiques se sont totalement déresponsabilisées sans doute à l'époque d'ailleurs nous n'avons pas s'est tendu la main moi je l'avais dit dès 2017 parce qu'on a besoin d'une gauche d'une droite d'un espace central et nous nous sommes là aussi pour essayer de cultiver ce dialogue donc il y a besoin des trois forces pour éviter que sinon on soit simplement dans le choix non pas cornelien mais dramatique entre LFI et le Rassemblement National donc on a une place et est-ce qu'on peut avoir des points de convergence avec Raphaël Luxman la vérité est oui et vous pourriez le soutenir par exemple ?

Le Modem pourrait soutenir une candidature ? Nous sommes le mois d'octobre 2025 on finit par être perdus au mois d'octobre 2025 Les choses peuvent aller vite ? Nous les français ont besoin d'abord qu'il y ait un budget et qu'on essaye de faire des choses non ils n'ont pas besoin qu'on fasse une présidentielle parce que ça c'est six mois de perdu tout ça parce qu'il ne faut pas tronquer la présidentielle il faut qu'on ait un débat d'idées il faut répondre et que chacun puisse sortir de ses ambiguïtés y compris Raphaël Luxman sur un certain nombre de points parce que quand on l'entend j'ai plutôt le sentiment notamment le fait

50:05
Invité

de désarimer le PS Sur quel point il est ambigu par exemple ?

50:08
Marc Fesneau

Il veut à la fois désarimer le PS de LFI et dès qu'il y a eu un accord du NFP il a soutenu tous les candidats du NFP C'était contre l'extrême droite ? Non non Il ne soutient pas les candidats du NFP Je vous parle du premier tour En législative partielle

50:20
Invité

il ne soutient pas le candidat du NFP

50:21
Marc Fesneau

Il va falloir qu'on tranche cette question mais c'est leur problème et ils ont le droit de le trancher comme ils veulent mais voilà une ambiguïté Deuxième élément quand on dit on réduit la dette et le déficit j'entends qu'il est plutôt à dire qu'il faut être raisonnable est-ce qu'on peut trouver un terrain de convergence ? Donc sur les sujets européens on est très alignés parce qu'au fond ils portent la voix que nous portons nous et c'est très bien qu'il y ait une forme de consensus avec un certain nombre de forces à droite aussi d'ailleurs sur la question européenne Vous êtes plus proche de lui

50:44
Invité

que des républicains par exemple ?

50:46
Marc Fesneau

Ça dépend des républicains il y a un certain nombre de républicains dont je me sens proche mais moi je n'ai pas besoin d'être proche j'ai besoin qu'on soit clair les uns les autres et qu'on n'aille pas courir les uns les autres vers nos extrêmes Déjà on aura fait un grand service C'est-à-dire avec Edouard Philippe

50:56
Invité

quand il était Premier ministre vous aviez beaucoup de points d'accroche ça peut être un des personnes que vous pourriez Mais il fait partie

51:02
Marc Fesneau

des personnalités avec lesquelles on a bien travaillé bien sûr ça peut être un des points d'accroche Edouard Philippe c'est le premier Premier ministre issu de l'accord que nous avons trouvé et de la majorité qui s'est trouvé en 2017 donc dire maintenant qu'on est éloigné ce serait un peu faire des fois la réalité des choses après on a besoin de parler des sujets et des programmes et il y a beaucoup de sujets effectivement sur lesquels Edouard Philippe et tous ceux que vous avez nommés

51:24
Invité

on a des points de convergence Vous craignez pas justement que en même temps d'Emmanuel Macron qui rappelait le centre indépendant de François Bayrou qu'après 10 ans d'exercice de pouvoir le bilan soit globalement négatif et démonétise ce concept de centre politique de centrisme politique

51:41
Présentateur

Mais j'ajoute qu'il y a un sondage cette semaine IFOP qui dit tout le délitement du bloc central c'est Jordan Bardella et Marine Le Pen qui sont en tête des intentions de vote de très loin

51:51
Marc Fesneau

Mais il n'est pas nouveau dans la vie démocratique que quand vous écarcez le pouvoir vous y perdez les plumes plutôt que que vous en gagnez en particulier quand vous avez traversé des périodes de crise Deuxième élément on a souvent galvaudé la question du en même temps mais on peut à la fois essayer de faire plus de justice fiscale on en parlait au début de notre conversation et faire plus de redistribution et défendre les entreprises c'est ce que mène la plupart des gouvernements d'Europe pour essayer de trouver un chemin parce qu'il n'y a pas un chemin où tout le monde a raison tout seul on ne peut pas dire à la fois comme le dit très bien Sébastien Lecornu il ne faut jamais passer en force vous ne gagnez jamais avec 90% des voix donc vous avez besoin pour embarquer les populations de trouver des points de convergence et de compromis sur l'Europe sur la dette et le déficit sur la justice sur les questions de sécurité et c'est le point de convergence des autres ce n'est pas la disparition des identités on a besoin que les identités soient reconnues

52:43
Invité

Est-ce que pour vous renforcer vous devez vous fusionner avec l'UDI ?

52:46
Marc Fesneau

On discute beaucoup je discute beaucoup avec Hervé Marseille après il faut qu'il y ait une volonté réciproque mais je trouve que l'horizon pour le sans faire de mauvais jeu de mots l'horizon pour les centristes c'est plutôt d'être assemblé plutôt qu'émietté et que j'y travaillerai sans relâche parce que je pense que ce n'est pas l'intérêt partisan cette affaire-là c'est un intérêt de lisibilité alors pour le coup avec Hervé Marseille nous avons à peu près des points d'accord surtout lui au Sénat et moi à l'Assemblée nationale donc il faut quand même saluer ce travail qu'on arrive à faire ensemble il y aurait une logique d'un point de vue partisan à ce que les choses convergent

53:15
Présentateur

allez le vrai faux Marc Fénaud on arrive à la fin de cette émission une minute de lâcher prise je donne des affirmations vous dites vrai ou faux vous serez au gouvernement Lecornu faux votre montre est toujours en avance de 15 minutes vrai ou faux ce serait une bonne idée de carrément supprimer le 49.3

53:30
Locuteur non identifié

faux

53:31
Présentateur

vous parlez régulièrement à une intelligence artificielle

53:33
Marc Fesneau

non

53:34
Présentateur

Sébastien Lecornu est plus stratège que François Bayrou vrai ou faux

53:38
Marc Fesneau

j'attends de voir

53:40
Présentateur

vous êtes chasseur vous chassez à l'arc vrai ou faux le macronisme s'achèvera avec Emmanuel Macron cette phrase de Bruno Retailleau vrai ou faux

53:49
Marc Fesneau

c'est compliqué de répondre par vrai ou faux ça dépend de ce qu'on appelle le macronisme si le macronisme c'est les forces centrales et les nécessités de faire converger et d'avoir un peu de modération dans le débat public faux

54:00
Présentateur

vous souhaitez que François Bayrou soit candidat à la prochaine présidentielle

54:04
Marc Fesneau

on attendra 2027

54:05
Présentateur

pour réfléchir à tout ça il y a un monde dans lequel vous seriez prêt à lâcher la politique pour devenir agriculteur vrai ou autre chose Robert Badinter au Panthéon jeudi prochain il faut dégenrer la devise au fronton du Panthéon merci Marc Fénaud d'avoir accepté l'invitation de questions politiques merci à la grande équipe de cette émission à tous un excellent dimanche