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ChroniqueSébastien Gobert· 10 mai 2025 8 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

30 jours de cessez-le-feu? La pression est sur Trump plus que sur Poutine

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    « C'est une proposition qui prend la forme d'un ultimatum adressé à Vladimir Poutine. »

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Soit un cessé le feu de 30 jours ou plus à partir du lundi 12 mai, soit des nouvelles sanctions européennes. C'est une proposition que plusieurs dirigeants européens ont fait à Donald Trump aujourd'hui lors d'une visite à Kief et donc de concerts avec Vodimir Zelenski. Et donc c'est une proposition qui prend la forme d'un ultimatum adressé à Vladimir Poutine.

Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette vidéo qui est en fait un petit point que je veux enregistrer pour que l'on ne s'y trompe pas. L'ultimatum, il est adressé à Vladimir Poutine, mais la pression, elle n'est pas sur lui, elle est sur Donald Trump qui est dans une position bien plus précaire que ce qu'on aurait pu croire. D'abord, quelques éléments de contexte.

Les Européens ces derniers jours, ils ont monté un véritable défilé de soutien à l'Ukraine. Donc évidemment dans le cadre des commémorations du 8 mai, les 80 ans de la fin de la seconde guerre mondiale. Le 9 mai, c'est la même date mais pour les Européens de l'Est en raison du décalage horaire en 1945.

Le 9 mai, le jour de la victoire soviétique, c'est aussi une date qui est au cœur d'une intense bataille des mémoires et de toutes les instrumentalisations possibles. Je ne reviens pas là-dessus. Le 9 mai, c'est aussi le jour de l'Europe.

Et donc tout ça a justifié que hier à LV, donc dans l'ouest de l'Ukraine, on a eu l'immense majorité des ministres des affaires étrangères des pays de l'Union européenne pour rendre un hommage au soldat mort à la fois pendant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi pendant la guerre actuelle pour participer à quelques cérémonies et notamment pour lancer un tribunal spécial pour juger les crimes de guerre depuis 2022. Ceux qui ont travaillé sur la documentation de ces crimes de guerre, par exemple la prix Nobel de la paix Alexandra Matfitchou, ils ont recensé déjà plus de 83000 cas. Donc il faudra voir dans le cadre de ce tribunal spécial si jamais tous ces cas peuvent être considérés comme des crimes de guerre au regard du droit international.

Il faudra aussi voir quelle sera l'assise, quelle sera la légitimité, quelle sera la portée de ce tribunal international. Et la question, elle se pose vraiment puisque on voit que à la fois toutes les institutions multilatérales, mais en l'occurrence la Cour pénale internationale, elle subit des attaques très régulières. Bon ça, il faudra y revenir un peu plus tard mais aujourd'hui 10 mai, donc après ce défilé des ministres des affaires étrangères Alvif, on a vu sortir du train à Kief quatre dirigeants européens de premier plan.

Kirstarmer, le britannique, Donald Tusk, le Polonais, Friedrich Schmerz, l'Allemand et le français Emmanuel Macron. Ils ont tout de suite retrouvé Volodimir Zelenski pour se rendre sur Myane et participer à des cérémonies d'hommage et aussi pour aborder plusieurs sujets de travail, notamment avoir une conversation téléphonique avec Donald Trump que l'on voit ici sur cette photo. Et je fais là juste une petite parenthèse, c'est seulement la deuxième visite à Kief d'Emmanuel Macron depuis 2022.

Et je dois avouer qu'en tant que français, c'est toujours un peu dérangeant de constater que malgré le soutien marqué de la France à l'Ukraine et malgré les beaux discours du président de la République, et bien Emmanuel Macron y est quand même très peu intéressé de passer du temps à Kief. Et a il a clairement fallu l'impulsion de Friedrich Schmerz, donc qui a été élu nouveau chancelier allemand il y a quelques jours à peine pour qu'Emmanuel Macron se greffe sur un voyage de groupe. Enfin bon, je referme la parenthèse, c'est presque anecdotique.

Toujours est-il que au téléphone avec Donald Trump, les Européens ont proposé cette trêve de 30 jours voire plus à partir du lundi 12 mai, donc juste après la fin de la trêve unilatérale qui a été décidée par Vladimir Poutine pour protéger la parade à Moscou. Une trêve qui n'a pas du tout été respectée sur le terrain. Et là, les Européens et les Ukrainiens, ils proposent une trêve de 30 jours voire plus qui doit permettre l'ouverture d'un dialogue politique.

Et si la Russie n'accepte pas, les Européens procéderont au vote d'un nouveau paquet de sanctions. Bon, vous allez me dire la belle affaire puisque d'une part les sanctions européennes et américaines, elles n'ont pas fait plier la Russie depuis 2022, à forceurie depuis 2014. Et même si l'économie russe souffre effectivement de ces sanctions, il n'y a aucune raison que le Kremelin ou l'armée russe s'effondre à cause d'un nouveau paquet.

Et d'autre part, il est relativement clair que la Russie ne va pas accepter cette proposition ou répondre à cet ultimatum. Dimitri Peskov, le porte-parole du Kremelin, a encore été très clair ce matin en répétant que tant que l'Ukraine reçoit des armes des Européens et des Américain, les Russes refusent de mettre en place un cesser le feu durable. et ce à quoi s'ajoute évidemment d'autres demandes maximalistes de la part de la Russie qui équivalent à une capitulation de l'Ukraine.

Et donc, il est très peu probable que ce 12 mai quoi que ce soit change. Et d'ailleurs sur les réseaux sociaux ou dans les médias, les Ukrainiens sont très sceptiques, reconnaissant évidemment de l'effort diplomatique européen mais sceptique. Là, ce qui change, c'est le facteur américain.

Puisque les Européens, ils donnent l'impression d'avoir compris que Vladimir Poutine n'est pas intéressé par une paix qui ne signifierait pas une capitulation de l'Ukraine. Et donc, les Européens ne s'adressent pas aux Russes, là, ils s'adressent directement aux Américains dont la position évolue. Puisque dans les dernières déclarations de Donald Trump, de Jidy Vents et d'autres, on voit qu'ils affirment de plus en plus publiquement que le blocage vient de la Russie.

Le secrétaire au trésor, Scott Bessent, a même reconnu que lui-même considérait Vladimir Poutine comme un criminel de guerre. Et donc les Européens qui font bloc avec les Ukrainiens, ils veulent mettre les Américains face à leur responsabilité. Si jamais le 12 mai, il n'y a pas de cesser le feu durable, ce ne sera pas à cause de l'Ukraine mais à cause de la Russie.

Et il faudra alors que Washington en tire les conséquences comme Donald Trump l'a affirmé plusieurs fois et adopte des nouvelles sanctions contre la Russie. Parce que pour l'instant, à part des menaces isolées sur les réseaux sociaux ou dans les médias et évidemment à part cette politique énergétique qui a conduit à un effondrement des cours du baril du pétrole sur les marchés mondiaux et ce qui nuit évidemment à l'économie russe. Pour l'instant à Washington, il n'y a aucune politique de sanction qui n'a été annoncée et donc on attend de voir ce que les Américains pourraient faire.

Mais il faut voir que Donald Trump, il est dans une position relativement précaire en ce moment puisqu'il avait promis de régler la guerre à Gaza et la guerre en Ukraine en très peu de temps. Et ça, on en est très loin. Et on a une succession d'articles qui font part de sa frustration.

Le dernier en date, c'est cet article du Wall Street Journal qui affirme que en privé Donald Trump se dit très frustré. En plus de ça, il se retrouve avec l'amorce d'une guerre entre deux puissances nucléaires, l'Inde et le Pakistan. Alors, visiblement aujourd'hui, les Américains ont négocié un cessé le feu annoncé par Donald Trump.

Mais dès ce soir, ce samedi soir, il y a eu des explosions dans une ville indienne et de graves coupures de courant dans la région du Cachemir. Et donc Donald Trump, il souffre clairement d'un manque de crédibilité. En plus de ça, il subit aussi la pression d'une partie de sa base.

Les Républicains conservateurs traditionnellement hostiles à la Russie qui demande l'adoption de mesures fortes contre Moscou. Et donc cette proposition de cesser le feu de 30 jours ou plus, elle est d'abord et avant tout adressée à Donald Trump pour voir s'il est suffisamment cohérent pour allier le geste à la parole. Je ne sais pas si on peut dire qu'il est mis pied au mur puisque quelqu'un comme lui, il s'en sort toujours par une pirhouette ou tout simplement en changeant de sujet.

Mais ce qui est sûr, c'est que les Européens et les Ukrainiens, ils ont relativement bien manœuvré en confortant une position commune et cohérente, en prouvant leur bonne foi aux Américains et en tentant de leur démontrer par A+ B la mauvaise foi des Russes. Est-ce que ça va marcher ça ? On verra.

Mais en tout cas, et je termine par là, l'observation est assez intéressante, c'est-à-dire que le virage idéologique de l'administration Trump, il est réel et il est vertigineux. et la politique de Donald Trump mè bien à une accélération de la transformation de l'ordre international. On ne reviendra probablement plus jamais en arrière.

Mais par contre dans la séquence diplomatique actuelle, peut-être qu'on est en train d'assister à quelque chose de beaucoup plus banal, c'est-à-dire l'échec d'une politique de reset des relations avec la Russie. Nicolas Sarkozi avait essayé en 2007, il avait échoué. Barack Obama avait essayé en 2008, il avait échoué.

Emmanuel Macron avait essayé à partir de 2017, il avait échoué. Olaf Chars avait aussi essayé à partir de 2021, il avait échoué et maintenant on voit que Donald Trump essaye mais que même pour lui ça ne marche pas. La seule constante dans tous ces échecs de la normalisation des relations avec la Russie étant évidemment le créelin de Vladimir Poutine et ce qui fait que cette séquence diplomatique, elle est peut-être juste excessivement banale, même si dans le contexte actuel, elle a des répercussions dramatiques.

Évidemment, voilà, je m'arrête là. Merci beaucoup d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. Je file et je vous retrouve très vite.