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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 7 octobre 2022 25 min

Approvisionnement en carburant, sobriété énergétique, shrinkflation, tweet de Jean-Luc Mélenchon... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Olivia Grégoire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Olivia Grégoire. Bonjour. Des stations services vides, des files d'attente aussi, là où il reste du carburant, l'État qui a débloqué une partie de ses stocks stratégiques, mais pas de pénurie dit le gouvernement, les carburants vont arriver, c'est ce que disait hier sur France Info le porte-parole des pétroliers, ça va arriver quand ? Combien de stations sont aujourd'hui sans carburant ?

0:18
Olivia Grégoire

Question très précise, réponse précise, à peu près 15% des stations ont des problèmes d'approvisionnement au moment où on se parle. Pourquoi ? Deux raisons, on a plusieurs points de raffinerie où il y a des grèves, pourquoi ces grèves ? Parce qu'ils demandent une augmentation de salaire, j'y reviendrai, mais aussi parce qu'à cause de ces grèves, il nous faut importer un peu de pétrole, notamment de Belgique, et aussi puiser dans nos stocks stratégiques pour couvrir ces stations qui n'ont pas de carburant aujourd'hui. Ça prend un peu plus de temps quand vous faites venir de l'essence, notamment de Belgique, donc c'est une question de quelques jours.

La ministre de la Transition énergétique l'a rappelé hier soir, c'est une histoire de quelques jours, et j'ai à cœur quand même de rappeler que c'est, certes c'est embêtant pour ceux qui y sont, mais c'est 15% en réalité de nos stations qui ont cette problématique. C'est une histoire de jours, et je pense que dès la semaine prochaine, ça ira mieux, le temps que le carburant arrive, notamment du Benelux.

1:10
Présentateur

Mais si c'est 15% aujourd'hui, vous ne craignez pas que ça arrive à 20, 30, 40, 50% dans les jours qui viennent, tant que l'essence arrive ?

1:15
Olivia Grégoire

Non, nous ne craignons pas, parce que ce n'est pas une question de semaines ou de mois, c'est une question de jours, et deuxièmement, comme vous l'avez bien dit, nous puisons aussi parallèlement sur nos stocks stratégiques pour approvisionner ces stations le plus vite possible. Donc c'est une question de jours. Je pense à ceux qui, notamment dans le Nord, ont des difficultés. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de sujet.

1:34
Présentateur

Près des frontières, il y a plus de pénurie.

1:35
Olivia Grégoire

Voilà, notamment dans le Nord, un certain nombre de politiques se sont exprimées. L'essence arrive dans les jours qui viennent.

1:42
Présentateur

Xavier Bertrand, justement, le président de la région Hauts-de-France, qui lui, hier à votre place, disait peut-être la manière forte, peut-être réquisitionner, aller dans ces raffineries bloquées où il n'y a grave en ce moment pour les salaires, pour des embauches.

1:50
Olivia Grégoire

Alors, la réquisition, je ne crois pas que ce soit l'option. Moi, j'ai deux réponses à apporter à Xavier Bertrand. Premièrement, j'appelle les entreprises concernées, qui pour la plupart ont quand même de bons résultats, au moment où on se parle, à considérer aussi les demandes d'augmentation de salaire.

2:07
Présentateur

Vous dites à Total, augmentez vos salariés.

2:09
Olivia Grégoire

Je ne le dis pas comme ça. Je dis à ceux qui sont effectivement sous le feu des projecteurs et qui subissent des grèves, nous avons été très clairs au niveau du gouvernement, nous attendons des entreprises, et j'en suis la ministre, des efforts à l'endroit des salariés, et notamment celles qui font des bénéfices. Donc, effectivement, ça peut se regarder, et nous souhaitons, et nous l'avons dit, et nous continuerons à le dire durant le projet de loi de finances, que les entreprises accompagnent les salariés aussi face à cette inflation. Deuxièmement, Xavier Bertrand fait de la politique depuis longtemps, il y a un item qui est important en politique, c'est la cohérence.

Les mêmes qui, aujourd'hui, se plaignent des queues dans certaines stations-service, et je pense notamment à Total, parce qu'il y a la queue, pourquoi ? Parce qu'il y a la ristourne. Les mêmes qui, aujourd'hui, se plaignent sur vos plateaux de la queue dans ces stations-service, dans leur région, sont ceux qui ont, pendant des semaines, bataillé contre le gouvernement pour que, justement, il y ait cette ristourne dans ces stations-service et qu'elle soit prolongée.

3:02
Présentateur

Il y avait d'autres solutions sur la table ?

3:04
Olivia Grégoire

Nous souhaitions des approches beaucoup plus ciblées, vous le savez, Bruno Le Maire l'avait dit, pour accompagner les ménages les plus modestes, et pas nécessairement une ristourne pour tous. Les LR, à commencer par Xavier Bertrand, se sont engagés dans la voie de la ristourne pour tous. Aujourd'hui, il faut aussi assumer ces conséquences.

3:21
Présentateur

D'ailleurs, d'un mot, puisqu'on parle des ristournes, à la fin du mois, on sait qu'elles doivent diminuer pour disparaître progressivement. Il n'est pas question de prolonger, justement ?

3:28
Olivia Grégoire

Au moment où on se parle, non. Au moment où on se parle, non. Après, comme sur tous les sujets dont nous aurons l'occasion de parler ce matin, on n'est pas dans la certitude absolue. On est extrêmement pragmatique. On regarde les difficultés sur le carburant comme sur l'ensemble des énergies. Mais au moment où je vous parle, non. Nous avons pris des décisions lors du projet de loi de finances rectificative et du paquet de pouvoir d'achat cet été. Mais j'ai à cœur quand même de dire que LR devrait être un peu plus cohérent. Ils ont voulu cette ristourne. Ça crée aussi des difficultés parce que les gens se ruent sur les stations qui font cette ristourne.

Ça n'était pas la position du gouvernement. C'est bien d'assumer et d'être un peu cohérent entre ce qu'on dit au mois de juillet et ce qu'on dit au mois d'octobre.

4:05
Invité

Le paradoxe, c'est que les Français se ruent dans les stations essence au moment où vous présentez un plan de sobriété. Il entre en vigueur quand, ce plan de sobriété ? C'est dès ce matin ? Dès ce matin, la grande distribution doit réduire l'éclairage dans ses magasins ? Les magasins doivent fermer les portes quand il y a du chauffage ou de la climatisation à l'intérieur ?

4:22
Olivia Grégoire

Plusieurs points déjà. Il y a beaucoup d'entreprises, et je veux les en remercier, qui ne nous ont pas attendus pour mettre en place ces mesures.

4:32
Invité

Dès cet été, notamment la grande distribution.

4:33
Olivia Grégoire

Oui, et même déjà depuis, pour d'autres, plusieurs mois ou plusieurs années. Pourquoi ? Parce que, notamment depuis plusieurs mois, on voit bien les factures d'énergie et les entrepreneurs voient bien les factures d'énergie. Un entrepreneur, ça pilote son compte de résultat, ça pilote ses coûts de production, et ce n'est pas idiot. Donc, quand on voit les prix multipliés par 5 ou par 10, on fait attention, on dit à ses collaborateurs de faire attention. Pour les autres. On n'a pas non plus un top départ à partir de ce matin, 8h38, faites attention à la température. Ça fait des mois qu'on le dit, vous savez quoi ?

C'est même dans la loi, cette histoire de 19 degrés, sauf que ça n'est pas appliqué. Hier, il y a eu une grosse journée, on a été nombreux parmi les ministres à y participer, Elisabeth Borne l'a conclu, pour montrer toutes les mesures prises par toutes les entreprises, mais aussi les administrations, mais aussi les logements, le transport, comment chacun faisait des efforts. Moi, j'ai montré comment les stations de ski allaient bouger, comment les grandes surfaces allaient adapter le chauffage. Donc, il n'y a pas vraiment de top départ dans la grande distribution. Typiquement, depuis le mois de juillet, ces mesures sont mises en œuvre.

Maintenant, elles sont déployées dans l'ensemble des filières dont je viens de parler. Et j'ai aussi à cœur de dire une chose, c'est que, oui, c'est de l'incitation. Et non, ce n'est pas de l'obligation. Parce que c'est une question qu'on me pose aussi souvent, qui est, mais pourquoi vous n'obligez pas, etc. D'abord, la police des températures, c'est quand même un concept qui est assez difficile à mettre en œuvre.

5:51
Invité

Mais ça a existé cet été. Il y avait des patrouilles qui étaient...

5:54
Olivia Grégoire

Quand vous avez 4,1 millions d'entreprises, je ne vois pas comment l'État, et d'ailleurs, ce n'est pas l'état d'esprit de ce que nous faisons, nous marchons dans la confiance et pas dans l'obligation, je ne vois pas comment l'État va aller vérifier dans chaque pièce de 4,1 millions d'entreprises la température. Alors, il y a aussi un item de confiance qui est important. Et vous avez des entreprises qui pilotent, avec d'ailleurs leur compteur, excusez-moi, pardonnez-moi, qui peuvent piloter à distance aussi leur température dans leurs établissements. Donc, on est dans l'incitation, pas dans l'obligation.

6:27
Invité

Il y a eu la police des températures cet été, notamment les commerces, pour aller vérifier que ceux qui climatisaient leurs commerces, leurs locaux, ne gardaient pas les portes ouvertes. Ça, c'est fini ?

6:36
Olivia Grégoire

Non, ça, c'est en cours. Ça a d'ailleurs été fait cet été. C'est une approche qui est aussi menée par les polices municipales. J'ai eu l'occasion de... Les contrôles vont se poursuivre. Les contrôles se poursuivent, même si on a moins de problématiques liées à la climatisation. Ça ne vous a pas échappé, mais quand même, prenons mesure d'une chose.

Je sais que certains prennent ça avec un peu de légèreté, mais dans un magasin de 100 mètres carrés, quand vous fermez la porte, là, à partir de maintenant, et que les températures commencent à baisser, quand vous fermez la porte, plutôt que de la laisser ouverte, ce qui est le cas souvent dans des zones piétonnes notamment, c'est 20% d'économie d'énergie. Donc, c'est dire si ça n'est pas des gestes anodins. Encore une fois, moi, j'en appelle à la responsabilité des entrepreneurs. Ils le savent mieux que moi. Ils voient leur facture d'énergie. L'énergie la moins chère, c'est celle qu'on ne consomme pas.

7:18
Présentateur

On va continuer à parler de ce plan de sobriété annoncé par le gouvernement dans un très court instant, juste après le fil info, 8h40, Maureen Suignard.

7:28
Invité

Faut-il plafonner les prix du gaz en Europe ? Question au cœur des discussions du jour à Prague, sommet informel de l'Union européenne. Un nouveau soutien financier militaire à l'Ukraine aussi débattu. Le président américain Joe Biden affirme qu'il existe bien un risque d'apocalypse nucléaire à cause de Moscou. Une mission de l'Union européenne envoyée en Arménie pour contribuer à délimiter les frontières avec l'Azerbaïdjan. Mission actée lors d'une réunion entre les deux pays, avec aussi Emmanuel Macron et le président du Conseil européen. Des affrontements entre les deux ex-républiques soviétiques ont fait près de 300 morts ces derniers mois. C'est une information France Info.

Le gouvernement veut former les fonctionnaires à la transition écologique. L'exécutif annonce aujourd'hui un plan de formation. Trois demi-journées pour sensibiliser et expliquer, notamment les rapports des experts du GIEC. 25 000 cadres formés dans les 18 prochains mois. Il a encore fait sensation aux Etats-Unis. Le basketteur français Victor Wembanyama. 36 points, 11 rebonds, 4 interceptions lors d'un match d'exhibition avec son club de Levallois.

8:33
Présentateur

France Info. Le 830 France Info. Néhila Latrousse, Jules Dettis. Olivia Grégoire, ministre chargée des PME, du commerce, de l'artisanat et du tourisme. Une mesure dans ce plan de sobriété. L'augmentation pour les fonctionnaires de l'indemnité pour télétravail de 15%. Elle va passer à 2,88 euros par jour. Mais les syndicats vous disent que le télétravail, en ce moment, c'est un transfert de coût de l'entreprise aux salariés qui doivent se chauffer chez lui et avoir l'électricité pour faire tourner l'ordinateur, etc.

9:00
Olivia Grégoire

Écoutez, il y a peu de détails. Il y a plein de problématiques différentes et tout est important. C'est un transfert de coût. Si vous vous chauffez, comme nous le conseillons, à 19 degrés, si vous faites attention à aussi mettre en veille votre ordinateur, votre imprimante, votre Wi-Fi quand vous ne l'utilisez pas, en réalité, ça n'est pas un transfert de coût. Et je rappelle qu'en matière de coût, nous protégeons intégralement la population française puisque je rappelle que nous avons un bouclier qui protège l'augmentation des prix, 4% jusqu'à la fin de l'année, 15% en début d'année. Donc ce sont des coûts qui sont maîtrisés.

Et si les Français, comme je le crois, entendent ce que le gouvernement conseille, c'est-à-dire font attention à mettre aux alentours de 19 degrés leur température, éteignent leurs appareils en veille, je ne vais pas vous faire toute la liste, je pense qu'il n'y aura pas de surcoût.

9:46
Invité

Qu'est-ce qui attend les Français pour ceux qui réservent en ce moment leurs vacances d'hiver ? Des piscines plus froides, des stations de ski fermées ?

9:53
Olivia Grégoire

Pas du tout. L'ensemble des acteurs du tourisme s'est mobilisé, et ce depuis des mois. J'ai travaillé une bonne partie de l'été avec les domaines skiables, avec aussi le thermalisme, les stations thermales et les hôteliers. Tout ouvrira ? Oui, tout ouvrira. En revanche, il y a une position très responsable des acteurs. Nous aurons dans l'ensemble des stations de ski loisir d'aller skier pour ceux qui y partent. Il y aura l'adaptation de la vitesse des remontées mécaniques, notamment, et des télécabines aux heures pleines, notamment à 9h au démarrage de la journée.

10:29
Invité

Ça veut dire qu'il y en aura moins ? On étale les...

10:31
Olivia Grégoire

On ralentira un peu la vitesse des télécabines pour permettre d'éviter des pics de consommation. Et dès le milieu de la matinée, les vitesses redeviendront normales. Mais au moment où, d'habitude, on consomme énormément, avec énormément de monde sur les télécabines, là, ils ont décidé de ralentir un peu la vitesse. Il y a aussi un engagement de l'ensemble des stations de ski à respecter et à mettre en œuvre ces mesures de sobriété en matière de damage, en matière de neige artificielle. Ils ont proposé énormément de mesures. Ils sont bien conscients qu'il faut faire ces efforts justement pour que tous les Français aillent skier.

Idem pour les hôteliers, un degré dans la piscine, dans les spas, dans les stations thermales.

11:06
Invité

Ça va aussi pour les locations hors hôtel, les Airbnb, les locations saisonnières. Vous demandez aussi à tous ceux qui...

11:11
Olivia Grégoire

On demande à tous ceux qui louent dans le cadre d'une location comme on appelle meublée touristique de faire cet effort, effectivement. Et un degré de moins, ça n'empêche pas, je pense, d'aller profiter d'un spa ou d'une piscine intérieure.

11:25
Invité

Et est-ce que les touristes verront des monuments fermés ? Est-ce que tous les monuments touristiques qu'ils fréquentent, le Mont-Saint-Michel ?

11:30
Olivia Grégoire

Non, non, non, certainement pas. Nos acteurs sont très responsables et les monuments, les lieux de loisirs ne seront pas...

11:37
Invité

C'est une activité essentielle pour reprendre une terminologie.

11:40
Olivia Grégoire

Je ne veux pas reprendre cette terminologie. Je ne saurais, et vous êtes assez mesuré, je ne saurais établir de comparaison entre une pandémie qui a tué 120 000 personnes et les difficultés énergétiques. J'ai aussi à cœur de rappeler quand même une chose. Bien sûr, c'est compliqué de baisser d'un degré sa température. Bien sûr, c'est compliqué d'envisager que la télécabine va aller moins vite quand on va prendre sa piste noire à Noël ou rouge. Bien sûr, ça peut être compliqué pour certains de se dire « Oh, la piscine va être à un degré de moins. » Tout ça et aussi les conséquences d'une guerre.

J'ai quand même à cœur de rappeler qu'à 3h30 ici de Paris en ce moment, il y a une guerre et les Ukrainiens sont sous le feu des armes. Je pense qu'on peut faire cet effort.

12:16
Présentateur

Alors Olivier Grégoire, on va parler d'un sujet qui concerne tous les Français, le pain, les boulangers. Vous êtes ministre des PME et de l'artisanat, donc vous êtes la ministre des boulangers. Et il vous alerte aujourd'hui 80% des boulangeries ne bénéficient pas du bouclier tarifaire. C'est une histoire technique de compteur. En tout cas, c'est les chiffres avancés par la filière. Et ils disent aujourd'hui « Il faut qu'on rentre dans ce bouclier tarifaire. Sinon, on risque d'augmenter le prix du pain. » Peut-être une baguette à 1,50€ vu les factures d'énergie qui explosent. Qu'est-ce que vous leur répondez ?

12:44
Olivia Grégoire

Je leur réponds qu'on est là. Ils le savent. Et d'ailleurs, pour info, je les reçois à nouveau la semaine prochaine et on va trouver des solutions ensemble. Je leur réponds aussi, et ils le savent, qu'un peu plus de 70% de nos entreprises, nos PME, nos TPE, au moment où on se parle, répercutent intégralement le prix de la hausse de l'énergie sur les biens de consommation.

13:04
Présentateur

Mais là, ça voudrait dire une baguette à 1,50€.

13:06
Olivia Grégoire

C'est ce qu'ils disent. Oui, dans certains endroits de France. Dans d'autres, elle a déjà monté à 1,20€, 1,30€. Nous avons effectivement un sujet avec les boulangers qui est lié au fait qu'ils sont éligibles, comme toutes les TPE, de moins de 10 salariés, de moins de 2 millions d'euros de chiffre d'affaires dans ce pays, à ce qu'on appelle le TRV, tarif réglementé de vente. Il y a 1,5 million de TPE qui aujourd'hui en bénéficient. Juste pour ceux qui nous écoutent. 4 millions ? Non, il n'y a pas 4 millions de TPE. Désolé. Il y en a un peu moins en France. On a moins de 3 millions de TPE. Et vous avez effectivement un niveau de consommation au-delà duquel vous n'êtes pas éligible.

Moi, j'ai quand même à cœur, avant de parler de ceux qui ne sont pas éligibles, de rappeler qu'il y en a beaucoup qui sont éligibles et qui ne l'utilisent pas. Appelez votre fournisseur d'énergie, demandez-lui si vous êtes éligible. Les boulangers, on a un sujet spécifique. Il y a qu'effectivement, ils ont parfois plusieurs fours. Et donc, ça peut dépasser le niveau de la consommation pour le TRV. C'est pourquoi je la reçois la semaine prochaine et qu'on va trouver des solutions ensemble. Mais ce n'est pas possible ?

J'ai aussi à cœur de dire que j'étais la semaine dernière jour pour jour à Lyon, vous voyez, au moment même où je vous parle, où j'étais dans une boulangerie qui, à l'inverse, n'avait pas vu, pour le coup, sa facture d'énergie triplée parce qu'elle avait déjà mis en place des mesures de sobriété, accompagnées par l'ADEME, et que, pour le coup, avec son four, qui est un four plus éco-responsable, elle n'avait plus que 8% d'augmentation. Donc, il y a aussi des boulangers qui s'en sortent parce qu'ils ont mis en place des mesures de sobriété énergétique il y a plusieurs mois. On a des boulangers qui sont dans la crise.

S'il faut augmenter de quelques centimes le prix de la baguette jusqu'à maintenant, nos nombreux boulangers l'ont fait. On va les recevoir la semaine prochaine. On va trouver des solutions. Il y a, pour chaque entreprise, des solutions.

14:43
Invité

Mais il n'y a pas l'idée d'étendre, par exemple, le bouclier tarifaire

14:47
Olivia Grégoire

et c'est une question aussi de responsabilité. Si nous étendions le TRV, tarif réglementé de vente, à l'ensemble des entreprises de France, 4,1 millions, ça se compterait en dizaines de milliards. Moi, je veux partager un chiffre avec vous. Au moment où on se parle, on a mis 60 milliards d'euros sur le bouclier tarifaire pour les ménages. La même somme pour 2023. Ça fait 120 milliards d'euros. On a annoncé avec Bruno Le Maire, pas plus tard que mercredi, un engagement très fort. L'État se porte garant, je ne sais pas si vous mesurez, et contre garantie au plan bancaire, l'ensemble des contrats qui sont signés. Mais je ne sais pas si on mesure ce que ça veut dire.

Ça veut dire que c'est très très rare dans l'histoire financière du budget de l'État que l'État prenne une position à budget découvert. C'est-à-dire que nous nous engageons en nom de l'État, et ça va coûter des milliards possiblement, à être caution des petites entreprises qui aujourd'hui n'ont pas de caution bancaire pour négocier leurs contrats. Ça veut dire que

15:40
Invité

si elles ne peuvent pas payer leurs factures, c'est l'État qui paye.

15:42
Olivia Grégoire

Tout à fait. C'est dire l'ampleur de la chose, et c'est important de le dire. Donc, le TRV, si on l'étendait, comme certains le demandent, les mêmes qui nous reprochent d'ailleurs la non-maîtrise des dépenses publiques, ça coûterait quelques dizaines de milliards, et vous arroseriez en réalité des PME ou des TPE qui n'ont pas forcément besoin d'aide. Nous, on a envie d'accompagner vraiment, on vient de parler des boulangers, ceux qui ne rentrent pas dans les mailles du filet, mais on ne veut pas non plus accompagner des entreprises qui aujourd'hui s'en sortent très bien.

Est-ce que la problématique d'une boulangerie de 6 personnes qui a 2 fours est la même qu'un cabinet de conseil où vous avez 4 personnes ? Non, pas du tout la même. Donc, on veut cibler, éviter de faire n'importe quoi et de dépenser n'importe comment. Et si je peux me permettre juste une image, on est en train de le mettre ce filet de sécurité. Pendant le Covid, on en a mis en place aussi et vous l'avez mentionné, pour pas moins de 240 milliards d'euros quand même. Pendant le Covid, on a mis un filet de sécurité dont les mailles étaient extrêmement larges pour embarquer toutes les entreprises compte tenu de l'ampleur de la crise.

Et peu à peu, vous avez remarqué, on a resserré les mailles du filet peu à peu quand la situation s'améliorait. Là, c'est un peu l'inverse, c'est-à-dire qu'on a mis en place un dispositif avec des mailles resserrées. Il y a des filières comme les boulangers qui ne s'en sortent pas bien. On va élargir les mailles du filet pour qu'ils rentrent dedans. Imaginez quand même qu'au moment où je vous parle, c'est important. La charge de la dette, elle est à 51, un peu plus de 51 milliards d'euros. Imaginez que toutes les entrepreneurs qui nous écoutent là payent l'impôt sur les sociétés.

Si vous prenez l'impôt sur les sociétés de toutes les entreprises de France, au moment où on se parle, ça ne paye que les intérêts de la dette française. Est-ce que vous mesurez l'ampleur de ce que je vous dis ? Donc on a une responsabilité budgétaire, les taux d'intérêt montent, je ne sais pas si vous mesurez aussi, 2,2% les taux d'intérêt. Aujourd'hui, on était à 0,1% en janvier.

17:28
Invité

Juste rapidement, vous évoquez les dispositifs mis en place pendant le Covid. Il y a notamment le prêt garanti par l'État. Certaines entreprises disent aujourd'hui, avec l'augmentation des prix de l'électricité, je ne suis pas sûr de pouvoir rembourser mon PGE. Et notamment dans les secteurs que vous pilotez, c'est-à-dire hôtellerie, restauration et dans le tourisme. Est-ce qu'il est question d'effacer cette dette pour les entreprises ? Pas du tout.

17:45
Olivia Grégoire

Il n'est absolument pas question d'effacer des dettes qu'on peut rééchelonner. Ceux qui ont des problèmes avec leur prêt garanti par l'État doivent contacter la médiation du crédit qui est présent dans tous les départements de France. Il y a dans toutes les préfectures de France. C'est important. Un conseiller départemental à la sortie de crise. Je les ai tous reçus à Bercy la semaine dernière.

18:02
Invité

L'idée, c'est de dire quoi ? Ce ne sera pas remboursé en 4 ans ?

18:04
Olivia Grégoire

Non, l'idée, c'est qu'on rééchelonne. Vous n'arrivez pas à payer votre échéance de PGE là au mois de décembre. Eh bien, contactez la médiation du crédit ou la préfecture. Demandez, ce que je vous dis, le conseiller sorti de crise. On va rééchelonner, par exemple, certaines échéances fiscales, certaines échéances sociales pour que vous puissiez passer vos prêts garantis par l'État. Donc, l'État est très souple. Il accompagne une à une beaucoup d'entreprises au moment où on se parle pour rééchelonner les dettes et notamment certaines dettes sociales ou fiscales que l'État reporte à plus tard pour que les entrepreneurs puissent payer leurs PGE.

18:35
Présentateur

Olivia Grégoire, ministre chargée des PEMU. On se retrouve dans une minute juste après le fil info à 8h50. Maureen Suignard.

18:43
Invité

L'Ukraine garantit la vie et la sécurité aux soldats russes qui se rendront annonce du ministre ukrainien de la Défense ce matin au lendemain de la mise en place d'un huitième train de sanctions européennes contre Moscou. Les grévistes qui demandent des augmentations de salaires n'entendent pas arrêter leur mouvement dans les raffineries françaises même si cela crée des difficultés dans 15% des stations-service. C'est ce que confirme la ministre déléguée chargée des PME sur France Info. Olivia Grégoire appelle les entreprises à accompagner les salariés face à l'inflation. Le patron du PS, Olivier Faure, dénonce une provocation de Jean-Luc Mélenchon, son allié de la NUP.

Le leader de la France insoumise a évoqué la révolution française dans un tweet pour parler de la marche du 16 octobre contre la vie chère. Notre mobilisation sera non-violente et sa force, c'est son message, répond donc Olivier Faure. Toutes les condamnations fédérales pour simple détention de cannabis effacées aux Etats-Unis, annonce du président américain. Un mois avant les élections de mi-mandat, Joe Biden met en avant une mesure sociale alors que les minorités ethniques sont particulièrement frappées par ces procédures pénales.

19:50
Présentateur

France Info Le 8.30 France Info, mail à la trousse, Jules Dethys. Olivia Grégoire, les Français se demandent un peu quel va devoir être leur budget à l'année prochaine. Pour l'énergie, a priori, ce sera plus 15%. C'est le plafond. Je confirme. Voilà. Il y a la hausse des taux d'intérêt, vous l'avez dit, la hausse du prix des carburants, on verra ce qu'il en est avec les dispositifs comme la ristourne, etc. Et puis, il y a les prix de l'alimentation. Des négociations sont en cours entre toujours les industriels, les distributeurs. Ça date depuis le début de la guerre en Ukraine. Elles ont été rouvertes à cause de la hausse des coûts. Ça patine, ça s'éternise.

Est-ce que vous savez aujourd'hui vers quoi on peut aboutir ? Quelle sera l'ampleur des hausses dans quelques semaines si un accord est trouvé ?

20:29
Olivia Grégoire

Je travaille beaucoup mais je n'ai pas de don de cartomancienne. Je ne m'engagerai pas sur le prix du beurre ou de la farine qui effectivement sont en hausse ou des pâtes alimentaires dans les semaines qui viennent. La farine est en hausse parce que les meuniers ont un blé beaucoup plus difficile d'accès et donc par construction la farine augmente et la baguette augmente.

20:45
Présentateur

Mais c'est une affaire de compromis entre industriels, transformateurs. Est-ce que vous les trouvez satisfaisantes aujourd'hui ?

20:51
Olivia Grégoire

J'entends ce que vous me demandez. Figurez-vous que toutes les semaines Roland Lescure, le ministre de l'Industrie, moi-même et le ministre de l'Agriculture parlons toutes les semaines avec l'ensemble des acteurs de la filière agroalimentaire et ce depuis la loi EGalim 2. Ça patine, ça patine. Il n'y a pas de bouton magique. C'est extrêmement difficile et suivi. J'ai quand même à cœur de dire que depuis des mois, les petites et les moyennes entreprises arrivent à passer leur augmentation des prix et elles sont prises pour la plupart par la grande distribution. Depuis des mois, ça passe. Compte tenu de l'ampleur de la hausse pour certains secteurs, là, ça a plus de mal à passer.

Il faut se dire les choses. Donc effectivement, nous, on s'est engagé la semaine dernière, notamment avec le ministre de l'Agriculture, en disant par exemple aux grandes surfaces arrêtez les pénalités de retard. Vous avez des petites et moyennes entreprises qui ont du mal à être approvisionnées, qui peuvent livrer un jour ou deux plus tard que prévu. Ne les matraquez pas, si vous me permettez, avec des pénalités de retard. On a beaucoup de distributeurs qui jouent le jeu et qui ont d'ailleurs annoncé il y a quelques jours un moratoire, comme on dit, sur les pénalités de retard. Alors, il faut expliquer

21:50
Invité

peut-être ce que c'est les pénalités de retard. C'est dans le cadre de contrats entre la grande distribution et le producteur. C'est comme dans la vraie vie de tout le monde. C'est-à-dire que tu dois

21:56
Olivia Grégoire

livrer un produit et qu'en réalité...

21:57
Invité

S'il n'est pas livré à temps ou s'il n'est pas dans le format qui a été réclamé, alors il y a des pénalités.

22:02
Olivia Grégoire

Exactement.

22:02
Invité

La grande distribution abuse parfois de ces grandes...

22:04
Olivia Grégoire

Non, ce n'est pas qu'elle l'abuse, elle les met en place et c'est normal, c'est un droit. Maintenant, dans la situation compte tenu des causes qui sont très extérieures aux PME qui le subissent aussi, c'est de bonne alloi de les relever. Donc aujourd'hui, on a beaucoup de distributeurs qui ont arrêté ces pénalités de retard et on a une grande distribution qui a passé pendant des mois les hausses de prix des PME. Là, on a sur certains produits des difficultés.

J'ai d'ailleurs diligenté quelques enquêtes grâce à la Direction Générale de la Consommation et de la Répression des Fraudes, la DGCCRF, notamment sur le beurre qui est en augmentation et sur lequel je souhaite avoir des explications beaucoup plus claires. Explication que me demande d'ailleurs à peu près tous les jours la Première Ministre qui est très engagée et qui suit de très près l'évolution des prix alimentaires.

22:45
Présentateur

Autre enquête que vous aviez demandé il y a un mois environ sur la shrinkflation, le fait qu'on diminue des quantités d'un produit mais qu'on laisse le même prix ce qui revient à des augmentations mais le consommateur ne se rend pas forcément compte. Vous avez eu des résultats ?

22:55
Olivia Grégoire

Oui, on a eu des résultats. On a mené des enquêtes dans à peu près 350 points différents pendant plusieurs semaines. Nous avons à la suite de nos enquêtes remarqué à peu près 10% d'établissements qui n'avaient pas fait changer le prix au kilo quand la quantité du produit avait elle diminuée. Donc quand il y a contrôle et qu'on observe que ces établissements n'ont pas changé les étiquettes de prix au kilo, il y a une amende elles ont été données nous continuons à suivre ça c'est à peu près 10% des établissements pour être très précis c'est 38 établissements sur à peu près 340 contrôlés en un mois et demi.

23:32
Invité

Mais pour bien comprendre ce n'est pas interdit de diminuer les quantités et de faire payer plus cher il faut juste l'afficher c'est ça qui est interdit.

23:36
Olivia Grégoire

Il faut juste que le consommateur soit alerté de façon claire et transparente.

23:41
Invité

Olivier Grégoire vous avez peut-être vu cette nuit ce tweet de Jean-Luc Mélenchon le leader de la NUPES ex-candidat à la présidentielle le 5 et 6 octobre 1789 écrit-il les femmes marchent sur Versailles contre la vie chère et elles ramènent le roi la reine et le dauphin de force à Paris sous contrôle populaire je le cite faites mieux le 16 octobre le 16 octobre c'est le jour où est organisée la marche justement de la NUPES contre la vie chère est-ce que pour vous ce qu'écrit Jean-Luc Mélenchon c'est un appel à la violence ?

24:06
Olivia Grégoire

Déjà pendant que certains écrivent ça la nuit il y en a d'autres qui travaillent au parlement donc je remarque qu'on n'a pas tous le même engagement au service du pays j'ai envie de vous dire faites mieux le 16 octobre poésie je vais citer René Char il le disait bien mieux que moi ce qui est excessif est insignifiant et je pense que Jean-Luc Mélenchon devient de plus en plus excessif et de fait de plus en plus insignifiant et je crois que les français sont en train de s'en rendre compte on est dans des moments qui sont pas forcément évidents avec ces problématiques économiques c'est embêtant on a aussi un peuple qui se bat pour sa survie encore une fois à 3h30 de Paris je pense et je crois pour avoir vu ce matin très tôt avant de venir vous voir que Olivier Faure lui avait répondu ça n'est pas un moment adéquat pour appeler à la violence je vous dirais même que je crois qu'il n'y a pas de moment pour appeler à la violence surtout dans son intérêt personnel

24:59
Invité

il doit s'excuser il doit retirer ce tweet

25:01
Olivia Grégoire

non je ne crois plus au Père Noël et je ne crois pas aux vieilles lunes que Jean-Luc Mélenchon s'excuse de ses outrances serait quand même un sacré scoop

25:09
Présentateur

Olivier Faure qui disait Jean-Luc tu peux faire mieux il n'y aura ni pique ni fourche à cette manifestation le 16 octobre

25:14
Olivia Grégoire

et la chute du tweet est intéressante puisqu'il l'appelle aussi il rappelle qu'effectivement nous ne sommes plus

25:19
Présentateur

contre des ordres sociaux

25:20
Olivia Grégoire

exactement merci à vous Olivier Grégoire

25:23
Présentateur

ministre chargé des PME du commerce de l'artisanat et du tourisme merci à vous

Approvisionnement en carburant, sobriété énergétique, shrinkflation, tweet de Jean-Luc Mélenchon... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Olivia Grégoire — Olivia Grégoire · Pourquijevote