L’islamophobie menace l’unité du pays
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Nous voulons d'abord dire notre compassion, présenter nos condoléances à la famille de la victime, mais aussi plus largement à tous les croyants qui aujourd'hui sont frappés de sidération et d'horreur comme nous-mêmes. Devant non seulement le caractère horrible du meurtre, s'en rend-on vraiment compte ? Un homme croit qu'il est en train d'apprendre à l'autre comment prier.
Et celui à qui il l'enseigne est en réalité quelqu'un qui a organisé de longues main un crime lâche qui va consister à le frapper jusqu'à le tuer. Nous sommes tous pénétrés de la violence que tout cela exprime et comme souvent nous savons qu'elle ne surgit pas de rien. Dans notre pays, une ambiance, un climat islamophobe a été entretenu, cultivé des mois durant et chacun jusqu'au plus officiel s'est senti autorisé à faire des déclarations dont sans doute peut-être il ne mesurait pas toute la portée et toute la violence pour ceux qui avaient à la subir.
Lorsque par exemple quand le ministre de l'intérieur dans une réunion dit "Ah le voile", imagine-t-on que quelqu'un a crié "Arucifie", que quelqu'un a crié je ne sais quoi contre je ne sais quelle religion. Et ces paroles ont produit comme des semailles vénéneuses les fruits qui ne pouvaient immanquablement qu'en résulter. Je dis bien immanquablement car lorsqu'on entretient une telle ambiance, on ne doit pas s'attendre à autre chose que les esprits les plus dérangés y trouvent une justification pour leurs actes.
Mais voyez-vous, il est temps de dire à tous ceux qui de bonne foi hésitent parfois sur les mots que ce qui s'est passé est qualifié par nous d'islamophobes parce que c'est au-delà de la haine de l'islam, c'est au-delà d'une critique de la religion. C'est un acte qui par définition déshumanise celui contre lequel il est mené. L'islamophobie déshumanise ce qu'elle vise et dès lors, elle est une incitation, une invitation à tous les débordements, toutes les violences jusqu'au meurtre.
Yeah.
Jean-Luc Mélenchon