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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 20 février 2026 23 min

Annie Genevard : "Depuis le 2 janvier, nous n'avons plus aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

En grand entretien ce matin à la veille de l'ouverture du Salon de l'Agriculture à Paris avec Marion Lourdes, nous recevons la ministre de l'Agriculture, de l'Agro-Alimentaire et de la Souveraineté Alimentaire. Bonjour Annie Gennevar. Bonjour. Et bienvenue. Questions, réactions chers auditeurs au 01 45 24 7000 ou sur l'application Radio France. Et vous êtes déjà très nombreux à nous avoir écrits pour poser des questions à la ministre. Vos réponses sont très attendues, Annie Gennevar. On va parler de ce Salon de l'Agriculture qui s'ouvre dans un contexte particulièrement tendu.

Mais un mot quand même sur les suites de la mort de Quentin Deranque, de cet échange houleux hier entre Georgia Meloni et Emmanuel Macron hier soir, qui, le président de la République, demandait à la présidente du Conseil italien de se mêler de ses affaires. Il a eu raison de répondre comme ça, de manière aussi sèche ?

1:08
Invité

La réaction de Georgia Meloni montre à quel point la mort de Quentin a eu un retentissement non seulement national mais international et marque vraiment une rupture dans ce qu'il est tolérable du fonctionnement de la vie politique. Et donc elle a réagi. Le président de la République a eu un mouvement d'humeur parce qu'il a eu à cœur de réagir en français. Mais bon, l'important n'est pas là. L'important, il est au fond de bien mesurer ce qui s'est joué avec la mort de ce malheureux jeune. Et l'émotion que cela suscite internationalement en est l'expression.

1:54
Présentateur

Alors la justice et la police font leur travail. Sept mises en examen dans l'enquête ouverte après la mort de Quentin Deranque, dont six pour homicide de volontaires. Parmi les succès, les suspects Jacques-Élie Favreau, qui est l'assistant parlementaire du député Raphaël Arnaud. Jacques-Élie Favreau est mis en examen pour complicité par instigation d'homicide volontaire. Est-ce que le député Raphaël Arnaud doit démissionner ?

2:21
Invité

En tout cas, il est indigne de la fonction qu'il occupe. Ça, c'est clair. Un élu doit être exemplaire.

2:26
Présentateur

Donc, il doit démissionner ?

2:28
Invité

Écoutez, il serait le premier à réclamer la démission s'il y avait eu un incident aussi grave qui met en cause un député d'une autre formation politique.

2:40
Présentateur

Donc, on prend que la réponse est oui.

2:41
Invité

Moi, je pense qu'il n'a rien à faire dans une assemblée nationale où le devoir d'exemplarité doit primer.

2:49
Annie Genevard

Mais vous, vous avez présidé le parti Les Républicains, Annie Gennevar. Personnellement, en tant que citoyenne dans une élection à venir municipale ou présidentielle, s'il y avait un deuxième tour entre la France Insoumise et l'ERN, quel serait votre choix ?

3:04
Invité

Alors, je vais vous dire, Marion Lourdes, je ferai tout, mais absolument tout, pour éviter à être devant ce choix. Ça ne dépend pas de vous, en l'occurrence. Non, mais ça dépend aussi de nous, parce que les hommes et les femmes de droite doivent déployer une énergie absolument déterminée pour éviter précisément cela. Et pour cela, on en connaît la recette, si je puis dire. Il faut qu'il n'y ait qu'un seul candidat pour éviter d'avoir ce choix à faire précisément. Et si jamais ? Non, mais je refuse de me... Je ne veux pas entrer dans une fiction politique que je ferai tout pour déjouer.

3:48
Présentateur

Une fiction politique que vous ferai tout pour déjouer. On va maintenant parler de vos attributions et du salon de l'agriculture, je le disais, qui s'ouvrait dans un contexte particulièrement tendu. Et il y a aussi ces tensions autour des négociations commerciales qui ont des répercussions directes sur la vie des agriculteurs. Tensions avec les grands industriels de la distribution. Vous faites état de situations de blocage, d'un chantage mortifère de la part des grands de la distribution pour faire baisser les prix. Ce sont vos mots, des propos qui ont fait réagir les premiers concernés. Michel-Edouard Leclerc, Alexandre Bompard pour le Carrefour.

Alexandre Bompard qui dénonce, je cite vos propos, comme étant irrespectueux et irresponsable. Est-ce que vous les maintenez ?

4:36
Invité

Ce n'est pas une posture de ma part. Je ne suis pas une femme de posture. J'ai poussé un coup de gueule, c'est vrai. Parce que je constate que les relations commerciales sont de plus en plus violentes. Moi, je veux trois choses. Je veux d'abord protéger les agriculteurs et ceux qui transforment leurs produits dans l'agroalimentaire. Je veux aussi que les Français puissent accéder à de bons produits à des prix raisonnables. Et je veux surtout que la chaîne de valeur, depuis le producteur agricole jusqu'au consommateur, soit équitablement répartie. C'est ça que j'ai voulu dire.

5:11
Présentateur

Mais en l'occurrence, ce ne sont pas Carrefour, Leclerc et les autres enseignes qui négocient directement avec les agriculteurs. Il y a des lois qui font que ce sont les industriels, chaînons indispensables de cette chaîne de valeur, qui négocient.

5:25
Invité

C'est ça. Mais si vous voulez, les industriels, ils transforment la matière première agricole. Quand on arrête les commandes ou qu'on déréférence les produits, évidemment, cela a des répercussions sur les agriculteurs.

5:39
Présentateur

Mais quand Michel-Édouard Leclerc dit, le consommateur nous dit « S'il vous plaît, n'augmentez pas trop les prix », qu'est-ce que vous répondez ? Est-ce qu'il faut laisser les industriels augmenter les prix, quitte à ce que ça se répercute sur le pouvoir d'achat ? Il faut que nous soyons payés à payer plus cher notre alimentation ?

5:55
Invité

Mais je comprends parfaitement l'impératif de ne pas payer son alimentation trop cher, évidemment. Moi, je dis simplement qu'on crée de la valeur, il faut qu'elle soit équitablement répartie entre tous.

6:08
Annie Genevard

Sur les négociations, les grands groupes comme Leclerc, U ou Carrefour ont des centrales d'achat ailleurs en Europe, ce qui leur permet d'échapper en partie aux règles de la loi EGalim, qui, justement, encadrent ces négociations et empêchent qu'il y ait des distorsions et des choses trop violentes. C'est ce qu'a montré un reportage du 20h de France 2 cette semaine. Est-ce que l'État a les moyens de faire respecter EGalim au niveau national ?

6:34
Invité

Je pense que ce qui est produit en France, acheté en France, consommé en France, devrait être négocié en France. Ça, c'est la règle et c'est la raison pour laquelle nous nous battons pour un EGalim européen.

6:46
Présentateur

Alors, il faut nous expliquer d'abord, parce que la plupart des distributeurs contournent la loi EGalim puisqu'ils utilisent des centrales d'achat qui sont, par exemple, logées en Belgique. Et contre ça, vous ne pouvez rien. Est-ce que vous avez finalement le pouvoir de faire céder les enseignes de la grande distribution ou sont-elles aujourd'hui plus fortes que l'État, tout simplement ?

7:06
Invité

Il y a des règles qui visent à des pratiques commerciales qui ne soient pas délictueuses. Donc, il faut respecter le droit, il faut aussi respecter l'esprit.

7:21
Présentateur

On attend un aveu de faiblesse, respecter l'esprit quand on est dans un rapport de force et que tous les coups sont permis. En l'occurrence, on se dit que vous ne pouvez pas faire céder Carrefour, Leclerc et les autres.

7:31
Invité

Tous les coups ne sont pas permis et du reste, il y a un certain nombre d'actions qui sont pendantes en justice. On verra bien ce que dit le droit.

7:38
Annie Genevard

Il y a un sujet qui est très délicat aussi à la veille de ce salon de l'agriculture. Ce sont les crues, cinq départements de l'Ouest, trois départements de l'Ouest qui sont toujours en vigilance rouge aux crues. Et aujourd'hui, ça ne semble pas encore s'arranger. Vous venez de déclencher le dispositif des calamités agricoles pour indemniser les agriculteurs particulièrement touchés par les intempéries. Est-ce que ça veut dire zéro perte financière pour ces agriculteurs ?

8:03
Invité

Alors, c'est laissé à la main des préfets. On a un certain nombre de dispositifs. Et je veux d'abord exprimer à l'égard de tous ceux qui sont touchés, les agriculteurs le sont, les éleveurs aussi, exprimer ma solidarité, mon soutien. Donc, il y a un dispositif visant à prendre en charge les conséquences des calamités agricoles pour les pertes de fonds, l'indemnité de solidarité nationale, l'étalement des charges sociales.

Enfin, je ne veux pas entrer dans le détail des dispositifs qui existent, mais il est clair que cet épisode, ce énième épisode de désordre climatique, parce que les agriculteurs sont les premiers à être touchés par le changement climatique, mais aussi par le dérèglement climatique, les gels, les intempéries comme les inondations.

8:46
Présentateur

Mais précisez le calendrier et les montants de ces indemnisations rapides pour les sinistrer des crues.

8:51
Invité

Alors, les montants, on va voir au moment de la décrue, l'ampleur des dégâts, si vous voulez. Donc, je ne peux pas préjuger, mais je sais que sans doute, il y aura-t-il...

9:01
Présentateur

Un ordre d'idée, puisque quand demain vous irez au salon de l'agriculture, c'est une question qu'on vous posera.

9:06
Invité

Non, à ce stade, il faut vraiment partir... Vous refusez de vous engager ? Mais non, pas du tout, ce n'est pas un refus de s'engager. C'est simplement qu'il faut voir l'ampleur des choses et pouvoir évaluer. Donc ça, on est dans la capacité de le faire. Il faut attendre la décrue et évaluer les dégâts à ce moment-là. Mais en tout cas, la solidarité nationale sera au rendez-vous des agriculteurs qui, une fois de plus, sont touchés lourdement.

9:30
Annie Genevard

Ça veut dire qu'il y a des produits qui vont disparaître peut-être des rayons ? Je pense aux fraises, parce que c'est un lieu de production assez important, l'Oté-Garonne, qui a été très inondé. Il y a des choses qu'on ne verra pas dans les rayons ? Je ne veux pas être alarmiste à ce stade.

9:43
Invité

Nous verrons bien.

9:44
Présentateur

Avant de passer aux questions des auditeurs, il y a évidemment cette étrangeté. Le premier salon de l'agriculture où l'on ne pourra pas flatter le cul des vaches comme le faisait si bien Jacques Chirac. Je le dis en souriant, mais le problème est dramatique. La crise de la dermatose bovine, elle semble toucher à sa fin. Est-ce que vous le confirmez ?

10:05
Invité

Je le confirme absolument. Le temps et le protocole choisi nous a donné raison. puisque depuis le 2 janvier, nous n'avons plus aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse et qu'aujourd'hui même, et je suis heureuse de l'annoncer sur votre antenne, nous levons toutes les zones réglementées, à l'exception d'un tout petit morceau des Pyrénées-Orientales qui dépend d'un cas en Espagne. Mais il n'y a plus aucun cas de dermatose en France et j'ai bon espoir que nous soyons...

10:34
Présentateur

Très concrètement, pour les éleveurs, qu'est-ce que ça veut dire ?

10:36
Invité

Ça veut dire qu'on reprend une vie normale, qu'on peut à nouveau commercer, qu'on peut à nouveau bouger ces animaux. Aller au salon de l'agriculture. On aurait pu aller au salon de l'agriculture. L'agriculture, ils ont choisi la prudence. Je les comprends, je les respecte, mais ils seront là. Les éleveurs seront là.

10:51
Présentateur

Ce n'est pas une décision politique, le choix de la prudence ?

10:55
Invité

C'est une décision que les éleveurs eux-mêmes ont prise et que je respecte. Mais néanmoins, ce sera un beau et grand salon avec plus de 3000 animaux.

11:02
Présentateur

Oui, ils étaient nombreux à être en colère et à vouloir boycotter d'ailleurs le salon de l'agriculture.

11:06
Invité

Non, il n'y aura pas de boycott du salon de l'agriculture. Le fait qu'il n'y ait pas de bovins résulte plutôt d'une prudence sanitaire que d'une décision politique, pour répondre à votre question. Mais ce sera un très beau salon, la plus grande ferme de France, où les Français seront nombreux à se presser pour rencontrer nos agriculteurs. Ils aiment les agriculteurs et ils auront l'occasion de le leur dire.

11:28
Présentateur

Alors, Annie Gennevard, le Premier ministre Sébastien Lecornu s'était engagé à présenter une loi d'urgence agricole. Nous sommes en plein hiver, mais c'était en automne qu'il avait fait cette promesse pour répondre à la crise des agriculteurs. Son contenu devrait être présenté dès demain au salon de l'agriculture. Vous vous y engagez. Quelles seront les grandes lignes de cette loi d'urgence ?

11:53
Invité

Alors, cette loi d'urgence, j'en annoncerai les contours, parce que je suis encore en phase de consultation des parlementaires, des professionnels, des agriculteurs. Donc, ça touchera trois sujets particuliers. L'eau, parce que c'est un sujet extrêmement sensible pour les agriculteurs. Et sans eau, il n'y a pas de production. Et notamment la question du stockage. La question de la prédation, parce que le loup fait de plus en plus de ravages dans nos élevages et ça plonge les éleveurs dans un état de stress et de douleur, même terrible. Et puis, les moyens de production...

12:26
Présentateur

Vous allez autoriser davantage la chasse, ouvrir davantage la possibilité de chasser les loups ?

12:32
Invité

Alors, on ne chasse pas le loup comme on chasse d'autres espèces. C'est une espèce qui demeure protégée. Pour autant, il faut diminuer absolument la pression de la prédation. Vous voyez, j'étais cette semaine en Haute-Marne. En 2023, ils avaient un loup. En 2025, ils ont eu 850 animaux tués par le loup, 850 brebis. La nuit de la veille du jour où je suis arrivée, il y a eu un troupeau entier qui a été égorgé par le loup. C'est devenu insupportable. Et ça compromet aussi l'installation des jeunes éleveurs dans des productions. Par exemple, la production ovine, il nous faut évidemment être aux côtés des éleveurs.

13:08
Présentateur

Un ordre d'idée ? Combien de loups pourront être tués cette année ? C'est une question que posent les défenseurs de la nature et qui est très importante également.

13:18
Invité

Il y a un peu plus de 1000 loups évalués. C'est une évaluation. Elle est souvent contestée d'ailleurs par les agriculteurs. Nous pourrons en tuer 21%. Vous voyez, à peu près, un peu plus de 200. Et c'est un quota que nous avons augmenté qui peut aller jusqu'à 23%. Mais surtout, on simplifie le tir de défense. On pourra aller chercher plus facilement des loups qui ravagent encore une fois nos élevages. Et moi, je veux apporter tout mon soutien.

13:51
Présentateur

L'expression de tir de défense, c'est vrai qu'elle fait polémique. On ne va pas s'y arrêter ce moment-là.

13:55
Invité

Tir de défense, c'est tir de prélèvement. Ma tir de défense, quand votre troupeau est attaqué,

13:59
Présentateur

si vous avez le droit de tirer, c'est la possibilité de tuer le loup.

14:03
Annie Genevard

Voilà, vous pouvez tuer le loup. Mais Annie Gennevard, on a l'impression que les lois agricoles se succèdent, y compris cette loi d'urgence, alors qu'il sera sans doute appliqué presque un an après son annonce. Mais vous avez sans doute vu cette tribune dans Le Monde qui est parue il y a quelques semaines. 650 experts, dont par exemple Valérie Masson-Delmotte du GIEC et d'autres, qui disent qu'on privilégie le court terme au détriment de la remise en cause du modèle agricole. Alors sachant, c'est ce que dit la tribune, qu'un agriculteur sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, qu'il souffre plus de certains cancers, de maladies neurologiques.

Est-ce qu'effectivement, on se contente de répondre à l'urgence sans repenser totalement le modèle ?

14:44
Invité

D'abord, je voudrais dire que les agriculteurs se sont toujours énormément adaptés aux attentes du corps social et qu'en matière, par exemple, de recours aux produits phytosanitaires, ils ont diminué de presque des pesticides, ce qu'on appelle communément les pesticides, de moitié. Donc ils sont extrêmement sensibles aux questions environnementales. Ils sont d'ailleurs les premiers défenseurs de leur outil de travail qui est la nature. Mais vous avez raison de poser cette question de l'avenir et comment cultivera-t-on demain ? C'est précisément l'objet des conférences de la souveraineté alimentaire que j'ai lancées à Rungis au mois de décembre, le grand réveil alimentaire.

Dont vous annoncerez les conclusions mardi ? Dont je vais annoncer les premières conclusions mardi avant d'enclencher la déclinaison régionale de ces conférences. Il faut qu'on produise...

15:37
Présentateur

Vous avez parlé d'un patriotisme alimentaire, mais est-ce qu'on en a les moyens, madame la ministre ? En l'occurrence, la balance commerciale française est déficitaire pour l'année 2025. La France importe la moitié des fruits, légumes, poulets qu'elle consomme, 60% de la viande ovine, 25% du bœuf. La guerre agricole qui se prépare, ce sont vos mots quand vous aviez lancé la conférence. C'est une guerre contre qui ? Est-ce qu'elle n'est pas d'ores et déjà perdue ?

16:01
Invité

Non, elle n'est absolument pas perdue parce qu'on a d'abord une agriculture de grande qualité et qui est très la plus vertueuse au monde. Simplement, il faut donner aux agriculteurs les moyens de produire. Et c'est tout le travail que j'ai engagé dès mon arrivée au ministère. Les mesures de simplification, c'est une des premières mesures que j'ai faites avec le contrôle unique. Et puis, c'est donner des perspectives. Moi, les conférences de la souveraineté alimentaire, c'est une feuille de route à 10 ans pour reconquérir méthodiquement toutes les parts de production que nous avons perdues. Vous citez les fruits et légumes, je pourrais vous citer les œufs.

C'est peut-être l'exemple dont on parle le plus aujourd'hui. On manque d'œufs, c'est une protéine pas chère que les Français affectionnent. Eh bien, nous avons un plan de reconquête de production d'œufs. Eh bien, il faut installer des poulaillers. Il faut produire. Et là, c'est une stratégie qui va se déployer dans les 10 ans qui viennent avec les producteurs, avec l'ensemble des forces du corps social. Et puis, j'invite aussi les consommateurs à privilégier les produits français.

17:09
Présentateur

Alors, il y a de nombreuses questions d'auditeurs sur l'application Radio France, Madame la Ministre, et un grand nombre d'entre elles, ces questions concernent les pesticides. Sylvie, qui vous dit qu'elle habite tout près de chez vous, d'ailleurs, et qu'elle accompagne ce matin son mari en chimiothérapie à Besançon, quels sont les arguments qui permettent de réautoriser certains pesticides que l'on sait cancérigènes ?

17:31
Invité

Alors, je voudrais dire à votre auditrice que, d'abord, j'espère que la santé de son mari se rétablira, et qu'on ne peut pas associer systématiquement, comme cela est fait dans le débat public, le monde agricole au cancer, et que les substances les plus dangereuses ont été éliminées. Elles ne sont quasiment plus présentes, et il faut prendre la mesure des efforts que le monde agricole a fait en la matière.

18:02
Présentateur

Alors, tout le monde n'est pas rassuré. Bonjour Charles, et bienvenue sur France Inter, dans le grand entretien. Vous aviez une question pour la ministre de l'Agriculture. Vous nous appelez Charles des Côtes d'Armor.

18:11
Auditeur

C'est ça. Bonjour, merci de prendre ma question. Bonjour Madame la Ministre. Bonjour. Moi, je vous appelle parce que j'étais un peu atterré. J'ai lu un article comme quoi, depuis cinq ans, Santé publique France est au courant des taux de 4 hommes dans les gens à fosfatés que l'on utilise. L'Ordre des médecins avait repris un peu cet amour-là pour prédire une bombe sanitaire. Vous étiez engagé à sortir des arrêtés ministériels, prévenant de réduire la teneur en cadmium dans les engrais. Il ne se passe rien. Il s'est repoussé sous couvert d'études économiques pour mesurer les impacts. Sauf qu'aujourd'hui, il existe des solutions. Ce n'est pas comme les pesticides. Et ça fait cinq ans.

Moi, je trouve ça absolument honteux. Surtout que l'Ordre des médecins a sorti une campagne qu'elle vous a présentée. Votre ministère a répondu qu'elle était intéressante, mais qu'elle ne sera pas relayée. Donc voilà, je voulais vous entendre là-dessus parce que je trouve ça absolument honteux.

19:08
Présentateur

Merci Charles, en tout cas, pour votre question. Parce que c'est vrai qu'elle revient régulièrement et elle porte régulièrement aussi cette problématique sur les engrais fluorés, le cadmium. C'est une bombe à retardement ?

19:20
Invité

Alors, la France est très claire.

19:22
Présentateur

Et qu'allez-vous faire ?

19:23
Invité

Sur la question du cadmium, il y a une trajectoire de diminution progressive du taux de cadmium. En tout cas, on est conforme aux normes européennes. Et l'objectif, il est bien de diminuer le taux de cadmium. Donc, on n'est pas indifférent à cette question. Il faut en évaluer, évidemment, toutes les conséquences. Mais en matière d'engrais, je veux dire qu'il y a énormément de recherches qui sont faites pour qu'on puisse ne plus être obligé de recourir à des engrais qui sont préjudiciables à l'environnement.

20:00
Présentateur

Pourquoi ne pas aller plus vite ?

20:02
Invité

D'abord, il faut bien considérer qu'en matière de cadmium, comme en matière de produits phytosanitaires, phytopharmaceutiques, on a une des réglementations européennes. La France n'est pas unie, elle n'est pas isolée dans cette question de l'usage des intrants. Et que l'Europe est la partie du monde la plus exigeante en matière d'intrants et de santé publique. Donc, voilà, la France est tout à fait dans la conformité. Elle est même mieux disante. Vous le savez, par exemple, la question de l'acétamipride. Sur cette question de l'acétamipride, parce qu'on a beaucoup de questions là-dessus.

20:43
Annie Genevard

Et sur la loi Duplon, qui prévoyait de pouvoir réintroduire l'acétamipride, ça avait été retoqué par le Conseil constitutionnel. Le sénateur Duplon a représenté une nouvelle version de sa loi, qui avait été dénoncée par une pétition de plus de 2 millions de Français. Quelle est la position du gouvernement sur ce texte ? Est-ce que vous allez soutenir cette nouvelle loi Duplon ?

21:03
Invité

Alors, on a déjà eu l'occasion de traiter ce sujet l'été dernier. Je vous rappelle que le texte, il a été adopté par les parlementaires. C'est une loi. La nouvelle loi. Non, la première. Vous parlez de la nouvelle loi. Oui. Elle a été... Donc, le Conseil d'État est saisi sur cette proposition de loi, dite loi Duplon 2. Donc, c'est la bonne démarche. Je pense que Gérard Larcher a eu raison de saisir le Conseil d'État pour évaluer cette loi. Et le gouvernement se prononcera en son temps. Il y a la liberté du parlementaire de présenter une proposition de loi. Et nous verrons bien.

Mais mon obsession, c'est de savoir quelles solutions j'apporte aux agriculteurs qui sont aujourd'hui en impasse de traitement.

21:45
Présentateur

Et on l'a entendu. Il y a une question politique, malgré tout, en tant que figure majeure de la droite française. Hier, vous avez sans doute regardé ce débat télévisé entre les candidats aux élections municipales à Marseille, avec la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, qui a dit, je la cite, « Mes valeurs sont le mérite, le travail, la famille, la patrie ». C'est un slogan qui rappelle évidemment le maréchal Pétain. Est-ce qu'elle peut rester la candidate de la droite et du centre ? Est-ce qu'elle doit s'excuser ?

22:14
Invité

Je pense que si la formulation était en effet maladroite pour le débat qu'elle va susciter, pour autant, si vous prenez chacun de ces mots, qu'il s'agisse de la famille, de la reconnaissance du travail, de l'amour du pays, aucune de ces notions...

22:27
Présentateur

Donc travail, famille, patrie, ça ne vous choque pas ?

22:29
Invité

Non, je pense que la formule, évidemment, ne peut pas ne pas évoquer l'histoire et une histoire...

22:35
Présentateur

Donc elle doit s'en excuser ?

22:36
Invité

Je pense qu'elle doit, en tout cas, clarifier son propos, mais de là à la considérer pétainiste, je pense qu'il y a un pas que je ne franchirai pas.

22:48
Présentateur

Merci infiniment, en tout cas, Madame la Ministre, d'avoir été l'invité de France Inter. Et bon salon de l'agriculture, on sait que c'est un marathon, vous y êtes prête ? J'y serai tous les jours ! Écoutez, c'est maintenant au nombre d'heures qu'on calcule ça, mais merci de avoir été l'invité de France Inter. À suivre la rue de presse !