ANASSE KAZIB : CANDIDAT MALGRÉ LES GRANDS MÉDIAS | FACE AUX INDES #1
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue dans le premier Face aux Indés, en direct, l'émission hebdomadaire des médias indépendants pour l'élection présidentielle. Ici, sur ce plateau, vont défiler les candidats que nous avons invités. Ils vont répondre aux questions de quatre médias indépendants qui se sont associés, Street Press, Regard, Radio Parleur et Le Média. Ensemble, à quatre rédactions, on va essayer d'aborder autrement cette campagne présidentielle et faire vivre le pluralisme éditorial dans un contexte rance, où la banalisation des idées de l'extrême droite semble désormais structurer le débat public.
Ce soir, pour cette première, c'est le candidat de Révolution Permanente, Anas Kazib, qui inaugure cette émission. Bonjour, Anas Kazib. Bonsoir. Vous allez bien ?
Merci de me recevoir.
Alors, Anas Kazib, vous êtes cheminot, aiguilleur à la gare du triage de Bourget en Seine-Saint-Denis. Vous êtes un militant trotskiste, un ancien du NPA, le nouveau parti anticapitaliste. Vous êtes parti du NPA avec votre courant, le CCR, en 2021. Vous êtes également syndicaliste à Sudrail. Vous étiez notamment très actif pendant la grève des cheminots de 2018 dans la Gé de Paris-Nord. Vous êtes le candidat à l'élection présidentielle de Révolution Permanente. Pour l'instant, vous avez seulement 122 parrainages validés par le Conseil constitutionnel. Donc, vous n'y êtes pas encore, mais vous êtes notre première invitée.
Devant vous, deux journalistes qui vont vous interviewer pendant une heure. Bonjour, Violette Voldouard. Bonsoir. Vous êtes rédactrice en chef de Radio Parleur. Et bonsoir, Pierre Jacquemin, vous êtes rédacteur en chef de Regards. Alors, toutes celles et tous ceux qui nous regardent, n'hésitez pas à poser vos questions dans le chat. Des questions que vous aimeriez poser à Anas Kazib, on sélectionnera les trois questions les plus pertinentes. Et on vous les posera à Anas Kazib à la fin de l'émission. Bien sûr, likez, partagez cette émission, qu'on soit le plus nombreux possible en direct. Et faites monter sur les réseaux sociaux. Hashtag Anas face aux indés. C'est moi qui me décide.
Je vais maintenant laisser la parole à mes collègues, parce qu'on a plein de questions à vous poser, Anas Kazib. De quoi votre candidature est-elle le nant, dans un contexte très inquiétant et dont vous faites les frais, puisque vous êtes complètement invisibilisés dans cette campagne présidentielle. Alors, élection ou révolution, c'est notre première partie. La main, vous avez décidé de commencer par parler de concentration des médias et du mouvement Stop Bolloré.
Bonsoir, Anas Kazib. On a souhaité effectivement commencer cette émission sur la question de la démocratie. Et c'est vrai que la question des médias, d'une manière générale, pose en soi la question démocratique. Mais encore plus, peut-être, dans cette élection présidentielle, où on a perçu, on perçoit, on voit bien l'extrême-droitisation du débat public, mais aussi d'une partie des médias qui, comme beaucoup de politiques d'ailleurs, font le jeu, ou peut-être s'associent aux directives qui sont données par le « là » qui est donné de l'extrême droite.
On voit, et il y a eu une initiative qui a été lancée hier par un groupement d'associations, d'intellectuels, de médias aussi, qui a été lancée contre l'emprise de Bolloré sur les médias, la concentration, la fameuse concentration des médias, qui fait qu'aujourd'hui, un petit nombre de milliardaires disposent d'une pluralité de médias. Donc, j'avais envie de vous interroger sur cette concentration des médias. Et peut-être parce que l'initiative dont je parlais, Stop Bolloré, qui a été lancée hier, vise particulièrement des plaintes de justice, est-ce que c'est aussi sur ce terrain-là que l'on combat l'extrême-droite, c'est-à-dire le terrain judiciaire ?
Non, moi, je tends à penser que l'extrême-droite, elle se bat dans la lutte de classe, en fait, lorsqu'on est actif, lorsqu'on s'organise, lorsqu'on se coordonne, lorsqu'on lutte contre ce qu'on pourrait qualifier des bases matérielles de l'extrême-droite, à savoir le fait qu'elle prolifère, notamment sur les inégalités sociales, sur la misère sociale qui existe dans ce pays.
Et aussi, moi, j'ai tendance à penser, lorsqu'on regarde, par exemple, ce livre qui est « Retour à Reims », et notamment qui a été fait un documentaire avec la voix-off de Adèle Hanel, qui montre, en fait, comment les trahisons de la gauche institutionnelle ont participé aussi à cette montée du vote nationaliste, etc., déjà à l'époque, derrière Jean-Marie Le Pen. Donc non, je pense que, et je considère que l'extrême-droite, on l'a fait reculer.
Lorsque nous, on avance, lorsque l'agenda n'est pas dicté par les Zemmour, par les Le Pen, mais lorsqu'il est dicté par notre camp social, lorsqu'il y a la réforme des retraites, personne n'entend parler de Marine Le Pen ou de l'extrême-droite ou de Zemmour. Lorsqu'il y a le mouvement des Gilets jaunes, les Gilets jaunes, ils n'ont pas dit « Les Noirs et les Arabes, cassez-vous de ce pays ». Ils ont demandé plus de justice sociale. Ils ont demandé d'en finir, en fait, avec cette réforme de l'ISF, etc., qui protège systématiquement les puissances. Et tout ça qu'on a vu dans cette période-là.
Et c'est assez cruel ou criminel de voir qu'après 5 années de lutte de classe assez importante dans le pays, l'issue finale, c'est que l'extrême-droite soit quasiment à plus de 30 %, alors que les mouvements d'extrême-droite, au contraire, n'ont quasiment pas existé, à part quelques manifestations de groupes fascistes.
– Mais sur les médias, juste pour revenir sur la question sur la concentration des médias, Anas Kazib, président de la République, il fait quoi sur cette mainmise aujourd'hui des milliardaires sur la plupart des grands médias aujourd'hui ?
– Je pense qu'on voit tout et tous qu'il y a un problème profond du fait que les milliardaires détiennent les médias. La presse n'est pas anodin, ça leur rapporte même peu d'argent, mais ça leur permet d'influencer profondément la politique dans le pays. Nous, on est pour totalement déposséder les grands puissants de ce monde et notamment les outils de presse qu'ils détiennent pour faire en sorte que cette presse-là, elle serve au bien commun, au fait qu'on puisse informer, qu'on puisse aussi tendre le micro et la caméra.
Souvent, moi, je vois des journalistes qui aimeraient faire des reportages et qui n'ont pas les possibilités, les financements et autres, parce qu'on leur dit, c'est pas intéressant, va pas dans tel piqué, va pas dans telle mobilisation, couvre pas telle aide-soignante qui est en galère ou va pas devant tel EHPAD, mais fais du sensationnel, fais du buzz, du clash. Aujourd'hui, c'est encore pire, où on voit par exemple des émissions comme « Touche pas à mon poste », qui au final, ça a été révélé.
Moi, j'ai été un des premiers à l'avoir dit, à avoir dit comment une émission qui critiquait Koh Lanta et les anges de la télé-réalité, s'est retrouvée à inviter Messia et l'équipe de Zemmour du jour au lendemain. Et puis, il y a cette sociologue que je salue qui s'appelle Claire Sécaille qui, du coup, a fait toute une recherche. Et c'est assez parlant quand on voit que 50% du temps politique est accordé à Éric Zemmour. C'est volontaire, c'est volontaire, c'est orienté. Et notamment, « Touche pas à mon poste », c'est un public qu'on pourrait qualifier de plutôt jeune et populaire. Donc, on essaye aussi d'orienter…
– Mais du coup, on revient au programme du CNR, un homme, un média ?
– Non, ce n'est pas une histoire de CNR, c'est une histoire du fait de repenser, en fait, quelle est la politique qu'on fait dans ces médias-là. Je pense que vous, vous en êtes l'exemple parlant. En fait, les médias indépendants fonctionnent et ils n'ont pas, en fait, un patron ou un groupe publicitaire ou autre qui leur dit « couvre pas tel piqué de grève, couvre pas telle manifestation, on ne va pas donner la parole à telle victime des violences policières ». Vous avez cette liberté de pouvoir faire des enquêtes. Je pense aussi aux collègues de Street Press qui font de la recherche importante et qui débusquent aussi ce que sont des groupes identitaires.
Ils le font sans Bolloré, sans Bernard Arnault et puis avec l'indépendance d'une rédaction. Je pense que, moi, je ne suis pas journaliste, ce n'est pas mon métier, mais je veux dire par là, je pense que le matin, vous retrouvez autour de la table et vous discutez un peu les sujets d'actualité et de ce que vous avez envie de mettre plus en avant.
Et c'est comment on remet du contrôle par en bas sur l'information pour permettre que ce soit une information pour celles et ceux qui ont besoin d'informer le plus justement possible et non pas pour que des groupes capitalistes disent « Ah non, on va mettre sur ça parce que tu comprends, il faut absolument taper sur les musulmans et les musulmans, il faut absolument taper sur ce qui est en train de se passer, il faut décrédibiliser les gilets jaunes, il faut montrer que c'est des sédicieux, que ce sont des furieux, etc. » Il n'y a qu'à, juste une petite seconde, on voit par exemple le traitement avec les gilets jaunes.
Quand les gilets jaunes, ça apparaissait au début un peu comme le truc folklorique, carnaval et tout, des gens qui occupent un rond-point, c'était sympa. On amenait même Éric Drouet pour lui demander « Ah, qu'est-ce que vous faites si vous allez devant l'Elysée ? » « Vous rentrez, etc. » Et puis au final, quand ils ont vu que les gilets jaunes, c'était un véritable mouvement subversif, eh bien, place maintenant aux commissaires sur les plateaux télé, place au sérieux et on commence à dire « ce sont des sédicieux, ce sont des violents, ce sont des gilets jaunes black blocs, les yellow blocs comme ils les appelaient, c'est systématiquement ça.
» Et je pense que les médias indépendants, ils ont montré au contraire comment on pouvait faire du journalisme et de manière indépendante et claire dans cette période-là.
– En tout cas, ils s'y emploient. Mais Anna Skaziv, là, j'aimerais qu'on revienne un petit peu plus sur les mots de cette campagne, puisque les médias, disons, peut-être non-indépendants, sont aussi ceux qui font les débats de cette campagne présidentielle. Et donc, ce sont eux qui décident des thèmes qui sont discutés, en, disons, en étroite collaboration, si on peut dire, avec les candidates et candidates de cette élection présidentielle. Et on a le sentiment, alors que vous-même êtes la cible d'attaque d'extrême droite, que vous n'allez pas trop sur ce terrain-là discuter de ces thèmes-là de l'extrême droite qui sont en train de s'imposer.
On a vu Valérie Pécresse, dans son dernier meeting, reprendre sans problème l'expression « grand remplacement », s'exprimer aussi avec des mots « empruntés » plus qu'intimement à l'extrême droite. Et vous-même, vous refusez d'aller sur ces débats-là, que ce soit sur les questions de laïcité, les questions migratoires telles qu'elles sont posées. Est-ce que c'est tout simplement, Anna Skaziv, parce que pour vous, ce ne sont pas des sujets ?
– Non, pas du tout. Enfin, moi, déjà, la première chose, c'est que nous, on n'est pas du tout invités dans les plateaux télé. Enfin, ça a été, on l'a révélé à plusieurs reprises, en prenant ne serait-ce que les chiffres factuels, 5 minutes en 45 jours, quand Zemmour et Le Pen, à eux deux, ont parlé 300 heures.
– Ça, c'est les chiffres du CSA ?
– Oui, c'est les chiffres officiels du CSA.
– Des candidats qui ont eu du temps de parole,
en ayant beaucoup moins de signatures. – Qui ont eu parfois, Florent Philippot, par exemple, qui a eu une seule signature. Je ne sais même pas, d'ailleurs, s'il est vraiment candidat, mais il est systématiquement sondé dans tous les sondages de la présidentielle, qui a parlé plus de 3 heures en 45 jours. Donc, ça montre vraiment qu'il y a une volonté et une conscience, en fait, d'invisibiliser notre parole. Parce qu'à la limite, on pourrait se dire, bon, si tu as 2-3 parrainages et que tu fais des meetings ou des réunions publiques qui sont quasiment vides, à la limite.
Mais franchement, il n'y a qu'à regarder un peu tout ce qu'on publie, ce qu'a été le rassemblement important devant la Sorbonne. Il n'y a pas eu une chaîne de télé qui est venue couvrir un rassemblement dans lequel il y avait des menaces de l'extrême droite. C'est dire à quel point, en fait…
– Ça, c'est un rassemblement qui a été… Enfin, vous avez subi les attaques d'un groupe qui s'appelle les Natifs, qui est un groupe, c'est les ex-générations identitaires qui s'en sont pris à vous.
– Exactement, il y a juste à comparer, par exemple, la conférence qu'a fait Jean-Luc Mélenchon ce 15, là, avant-hier, à la Sorbonne, au même endroit où je devais faire la mienne. Lui, ça s'est très bien tenu et bien fait, etc., et ça a été couvert. Nous, la semaine d'avant, on avait des menaces de l'extrême droite et il n'y a rien qui apparaît dans la presse. Mais je veux dire par là que la première raison du fait qu'on ne puisse pas débattre et discuter de ces sujets-là, c'est qu'on n'est pas invité. Et au contraire, nous, on porte un regard de classe et une lecture de classe de cette question-là.
C'est-à-dire que l'immigration, nous, au contraire, on est pour la liberté de circulation, on est pour que les gens puissent s'installer librement, on est pour le regroupement familial aussi en France.
– J'ai regard là sur les luttes de classe, d'autres candidats le portent, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud. Pourquoi Anas Casib n'est pas invitée sur ces plateaux-là ? Comment vous l'expliquez ? – C'est quoi le problème Anas Casib ?
– Moi, je pense qu'il y a une forme de discrimination raciale, très sincèrement. Souvent, on essaye de dire « oui, mais il y a Taubira ». Oui, mais bon, Taubira, elle a été quand même ancienne ministre, garde des Sceaux, et c'est une personnalité politique depuis des années. Cependant, moi, je vois que lorsqu'on est ouvrier, issu de l'immigration comme moi, et que derrière, on voit qu'il y a du monde aussi autour, il y a une forme d'inquiétude. Moi, je vois notamment que lorsque j'étais chroniqueur au Grande Gueule pendant presque deux ans, j'ai vu à quel moment, en fait, on a décidé de me couper le micro.
C'était au moment, justement, de la crise sanitaire, où on s'est dit que cette parole-là, elle peut devenir beaucoup trop subversive. C'est ça qu'il faut aussi comprendre. C'est-à-dire que les médias mainstream réfléchissent, non pas uniquement de manière publicitaire, ils réfléchissent avec l'équilibre, de savoir est-ce que la classe dominante, elle n'est pas suffisamment attaquée. Et leur crainte, c'est quoi ? C'est de dire que demain, on va permettre à un ouvrier aussi de l'immigration d'être sur la ligne de départ et notamment de dialoguer avec toute une frange de la population qui est totalement absente de cette élection présidentielle. Où sont les quartiers populaires aujourd'hui ?
Où est la jeunesse des centres-villes, mais aussi la jeunesse précaire, etc. ? Il n'y a qu'à voir, par exemple, dans les meetings, nous, on rassemble modestement avec ce qu'on arrive à faire, mais c'est des meetings vraiment qui sont systématiquement pleins. En grande majorité, cette jeunesse-là et aussi cette classe ouvrière qui a été dans les différentes mobilisations durant la réforme des retraits, durant la réforme du ferroviaire, etc. Donc il y a vraiment un objectif pour nous de parler à un secteur qui aujourd'hui est totalement ignoré dans cette présidentielle et volontairement.
Lorsqu'on fait un mois après ce qu'on a appelé le colloque contre le wokisme de Blanquer et que nous, on fait justement une conférence dans la Sorbonne avec Sacha Yaropolskaya qui est militante transféministe au Média XY et qu'on porte une parole aussi d'autodétermination pour les personnes LGBT, lorsqu'on fait des meetings avec Assa Traoré, c'est tout ce qu'il déteste aujourd'hui, c'est tout ce que déteste le pouvoir et c'est cette parole subversive qui les inquiète et qui fait qu'il nous empêche de pouvoir nous exprimer à la différence d'autres candidats dont vous avez cité, Pierre, les noms et prénoms qui sont des candidats qui, voilà, c'est leur troisième candidature, c'est plutôt assez routinier, on connaît un peu déjà le discours et le dialogue, on n'est pas du tout spécialement dans les mêmes trésors.
– Est-ce que l'une des raisons pour lesquelles vous n'êtes peut-être pas invité, c'est parce que vous portez un mouvement politique qui n'est peut-être pas encore totalement identifié, révolution permanente, on sait l'identité des autres candidats, on voit bien le candidat communiste, incarné l'identité communiste, Fabien Roussel, la candidate socialiste, social-démocrate à Nidalgo, on comprend quel est l'espace politique qui est le sien, Yannick Jadot, l'écologie, on le voit bien aussi, Jean-Luc Mélenchon, la social-écologie, on les a cités, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou, s'inscrivent dans une tradition longue de l'héritage trotskiste, c'est quoi l'identité politique finalement d'Ana Skazib, quel espace politique vous pouvez occuper ?
– Non mais je pense qu'on est dans un espace politique qui pour nous est celle de l'histoire du mouvement ouvrier organisé, de la gauche révolutionnaire en fait, on porte une ligne qui pour nous porte dans son centre de gravité la question d'intervenir dans la lutte de classe, d'essayer de confluer avec les éléments aussi de ces cinq années qui viennent de s'écouler, nous on est pour discuter non pas avec, on va dire la classe ouvrière en bleu de travail, etc., qui sort de l'usine ou qui rentre, mais essayer de discuter plus largement avec l'ensemble des exploités et des opprimés, on considère qu'aujourd'hui, des familles de victimes de violences policières, on ne va pas discuter avec eux uniquement de la question de la nécessité de gagner mieux sa vie ou quoi que ce soit, ça les touche.
Quand vous parlez avec la famille Traoré, enfin ils sont aussi touchés par les inégalités sociales, raciales, etc., mais ils ont un combat aussi aujourd'hui pour la justice et la vérité pour leurs frères, et on doit nous en tant que gauche révolutionnaire, en tant qu'organisation politique, savoir et discuter avec ces gens-là, tisser des passerelles.
Nous ce qu'on a envie profondément dans la prochaine séquence, et c'est un terme qu'on reprend à notre compte qui est d'un camarade qui est avec nous depuis le début qui s'appelle Youssef Brakny, qui est du comité justice et vérité pour Adama, il disait une parole vraie dans le meeting à Paris 8, il disait avec la candidature d'Anas, on a envie de faire un bloc de résistance, un bloc révolutionnaire pour la suite.
Et c'est typiquement sur quoi on s'inscrit aujourd'hui, ce n'est pas dans un agenda électoral, mais c'est directement dans l'après, dans ce qu'on construit dès à présent, en fait notamment lorsque vous l'avez dit, et c'est inquiétant, la montée de l'extrême droite, et on sait que l'extrême droite ne va pas disparaître, peu importe l'issue finale, on se doute bien que quand aujourd'hui on voit qu'il y a plus de 30% des gens, lorsqu'on voit qu'on peut détester Éric Zemmour comme moi je le déteste viscéralement, on ne peut pas occulter le fait qu'il y avait 10 000 personnes à Villepinte et qu'il y a des groupes identitaires qui ont mis des pains dans la gueule de militants de SOS Racisme.
Et ça, ça doit nous préparer dès à présent à qu'est-ce qu'on fait dans la prochaine séquence. Et nous on considère que justement, la gauche révolutionnaire, elle doit venir avec un discours fort, combatif, mais aussi un discours qui permet d'essayer d'unir le plus largement possible en fait l'ensemble des composantes de notre camp social.
– Et plus que le mot gauche, le mot populaire qui revient beaucoup dans cette élection, beaucoup de candidats se revendiquent des quartiers populaires, du populaire. Un des enjeux de cette élection, c'est aussi la question de l'abstention et l'abstention des jeunes. Comment le candidat à Nascazib souhaite s'adresser à cette jeunesse et essayer de mobiliser cette jeunesse pour qu'elle aille voter ?
– Moi je pense que la jeunesse, elle est plutôt lucide. Celle qui vient dans les meetings, il faut savoir que quasiment 9 jeunes sur 10 qui viennent dans les meetings sont des abstentionnistes, ce sont des personnes qui n'ont pas prévu de voter. Il n'y a qu'à regarder un sondage qui était sorti dans le journal La Croix il y a à peu près deux semaines, qui a un sondage assez important et édifiant pour moi. Plus de 8 000 jeunes qui ont été sondés. 69% de ces jeunes-là considèrent que l'ensemble des partis politiques et des représentants de la classe politique sont tous corrompus. Parmi ces jeunes-là, 22% considèrent qu'il faut un processus révolutionnaire pour changer les choses.
Donc c'est dire à quel point je pense que la jeunesse aujourd'hui, elle a compris que ce n'est pas à travers les urnes qu'elle va changer les choses. Cependant, celle…
– L'abstention n'est pas synonyme
de désintérêt pour la politique ? – Ça n'a jamais été pour moi désintérêt de la question politique. Au contraire, c'est profondément politique. Les Gilets jaunes sont aussi beaucoup des abstentionnistes. On ne peut pas leur dire qu'ils ne s'intéressent pas à la politique. Au contraire, ils s'y intéressent. Je vais vous donner juste un cas typique. J'ai fait une réunion publique à Metz. Metz, c'est un bastion du mouvement ouvrier. C'est les anciennes mines, c'est la métallurgie, Florent, Géote. Et puis, les quasiment 90% qui étaient dans la salle, c'était des abstentionnistes. Pourquoi ? Parce qu'ils disent, nous, on a vu Hollande ici venir.
On a vu cette gauche institutionnelle venir sur nos piquets de grève, nous vendre du rêve. Certains même avaient fait cette rencontre avec Montebourg quand il avait ramené des croissants. Il avait dit, je n'ai rien ramené pour les négociations, mais je vous ai ramené des croissants. Ils l'ont vu profondément, en fait, cette gauche institutionnelle leur promettre des choses et les trahir. Et au final, quand on tend l'oreille, qu'est-ce qu'on entend ? On entend ces classes populaires qui disent gauche comme droite, ça fait 40 ans qu'on nous balade, ça fait 40 ans qu'on nous snob, qu'on nous ignore, en fait, qu'on ne fait rien pour nous.
On nous promet des choses et puis au final, il n'y a rien derrière. Et je pense que profondément, même si les gens, je veux dire, ne sont pas marxistes ou révolutionnaires ou peut-être ne touchent pas du doigt la nécessité de changement profond de la société, au moins, ils pointent tous du doigt le fait que de ce processus-là, tel qu'il est fait, ne permet pas, en fait, de changer les choses. Et comme dirait un collègue, moi, mettre un bulletin dans l'urne, ça ne remplit pas mon frigo, ça ne met pas à manger dans mon assiette.
– Vous parlez du frigo, ça me fait penser évidemment à la question… Pardon, Violette, parce que vous allez intervenir. Je reviens sur la question du populaire, parce que qu'est-ce que vous mettez dans le populaire ? C'est quoi le populaire ? Comment vous identifiez le populaire ? On a entendu les critiques qui ont fleuri sur les propos de Fabien Roussel qui disaient, en gros, le populaire, c'est j'aime le bon vin, j'aime la bonne viande, j'aime, je ne sais plus quel était le troisième terme qu'ils utilisent. Et le bon fromage. Mais qu'est-ce que vous mettez, vous, dans le populaire ? On a le sentiment que la gauche ne sait plus redéfinir ce qu'est le populaire. C'est quoi le populaire ?
Moi, très sincèrement, pour être très synthétique là-dessus, c'est un terme que je n'utilise quasiment pas, c'est-à-dire qu'on va parler de quartier populaire, on va parler de classe populaire, mais pour inclure aussi, on va dire, toute une frange de la classe moyenne paupérisée qui est déclassée, comme on dit, qui ne se voyait pas spécialement partisane de la classe ouvrière et qui est en train de voir qu'au final, sa condition de vie est devenue de plus en plus précaire. Et c'est ça, ce qu'on pourrait, en tout cas, ce que je pourrais, moi, mettre derrière le terme classe populaire, c'est toute celle... – Vous ne parlez pas de classe populaire, vous ? – Moi, je ne parle pas de...
– On est classe ouvrière. – Enfin, nous, on parle de classe ouvrière, on parle de travailleuses et de travailleurs, on parle de celles et ceux, pour dire de manière simple, qui n'ont que leur force de travail pour pouvoir vivre, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas rentiers, ce ne sont pas des gens qui ont hérité de l'entreprise du père ou de la mère ou autre, on essaie de discuter avec toutes celles et ceux qui se cassent le dos le matin, qui se réveillent, qui ont des difficultés, qui ont des bouches à nourrir et qui n'arrivent plus à s'en sortir.
Pour moi, on pourrait mettre la question des classes populaires dans ce cadre-là, mais nous, on fait le choix clairement de définir les choses, c'est-à-dire, parce que trop souvent, on a essayé de diluer les choses autour de la question de la citoyenneté, autour du... Qu'est-ce qu'on met derrière la citoyenneté ? On met qu'il y aurait des hommes et des femmes égaux en droit. Eh bien, moi, je considère que le SDF, qui fait la manche, malheureusement, devant la Gare du Nord, même s'il a une pièce d'identité française dans sa poche, il n'est en rien égaux en droit, avec Bernard Arnault, qui a exactement la même pièce d'identité dans sa poche.
Et faire croire que des gens qui sont à mille lieux, qui ne vivent pas du tout la même chose, sous prétexte qu'ils peuvent aussi voter et qu'ils ont une carte d'identité dans la poche, ils auraient les intérêts communs, je considère que c'est totalement faux. Il n'y a qu'à voir ce qu'a dit Zemmour très récemment, où il a dit, moi, je suis contre la lutte de classe. Mais quand on est contre la lutte de classe, au contraire, on essaye de diluer, justement, qu'il y a des classes qui ont des intérêts diamétralement opposés. Au final, c'est toujours les patrons qui finissent par gagner de ces questions-là.
C'est de ces thèmes que, finalement, vous êtes principalement porteur dans cette campagne, puisque, on le disait aussi un petit peu au début de cette émission, vous êtes un candidat de l'extrême-gauche, qui donc se bat pour une portion très congrue des pourcentages électoraux, puisqu'aux dernières élections présidentielles, Nathalie Arthaud et Philippe Autout ont rassemblé à peine 2% des suffrages. Donc, c'est que vous y portez essentiellement des idées plus que l'envie de faire 10% ? Moi, je ne pense pas.
Je pense que, déjà, quand on regarde dans le rétroviseur, à un moment donné, en 2002, alors qu'il y avait Jospin, etc., Chirac et autres, il y avait quand même des noms. Il y avait Noël Mamère, Taubira. L'extrême-gauche, la gauche trotskiste, à cette époque-là, elle a fait 10% avec Olivier Besancenot et, à l'époque, Arlette Laguillé.
C'est un objectif pour vous d'arriver aussi à faire remonter l'extrême-gauche à ce niveau-là ?
Je pense qu'en tout cas, nous, on n'est pas là pour faire une candidature de témoignage. On est là réels. Il y a des rapports de force ? Je pense que, nous, si on nous permettait de pouvoir être plus présents dans les médias, de lutter contre ce processus totalement antidémocratique des 500 parrainages, parce qu'en fait, nous, tout est conditionné par rapport aux questions des 500 parrainages. Enfin, je veux dire, Valérie Pécresse, elle ne s'est jamais levée le matin en se disant « Eh mince, j'espère que les petits camarades sur les routes, ils vont réussir à les avoir.
» Donc, il n'y a qu'à regarder mardi dernier, elle a fait rentrer 575 parrainages juste en une seule journée, alors qu'elle les a dépassées largement à elle seule. Elle cumule l'équivalent de 4 candidatures. Ça, c'est un scandale profond. C'est-à-dire que nous, on est obligés, qui sommes des travailleurs, qui sommes des jeunes, etc., on est obligés de faire tant de sacrifices. C'est un défi immense pour nous, et on aimerait être en train de se préoccuper de l'agenda politique, de qu'est-ce qu'on dit sur les plateaux télé, de ce qu'on dit face à Baba, face à BFM, face à ceci, face à cela. Tout ça, on n'a pas le droit.
Et je considère que, quand on voit la trajectoire de Zemmour, qui démarre à quasiment 2%, il fait 3, 5, 7, etc., et on voit au final, dans les temps d'antenne, ça ne fait qu'augmenter. À un moment donné, si Anas Kazib, on pourrait se poser la question de cette manière-là, est-ce que si Anas Kazib avait parlé 150 heures dans les 45 derniers jours, comme Éric Zemmour, si on avait laissé Anas Kazib parler de l'augmentation des salaires, du partage du temps de travail, de la gratuité des transports, de la transition écologique,
si on avait permis pendant 150 heures,
et je vais même dire mes camarades Philippe Poutot et Nathalie Arthaud, parce que si on prend Macron, Pécresse et Zemmour, et qu'on remplace Nathalie Arthaud, Philippe Poutot et Anas Kazib, on voit bien que si les trotskistes avaient permis pendant presque 500 heures parler de leur programme, de leurs idées, etc., on voit très bien qu'on ne serait pas à 0,5 ou 1%.
– On va maintenant passer à la deuxième partie de cette émission, donc justement dédiée au programme. Le vôtre, il est intéressant parce que justement, il place en son cœur la question de la classe ouvrière et de la lutte des classes. Anas Kazib, parlons d'abord d'écologie, notamment d'écologie populaire, parce que vous parlez beaucoup, vous, d'écologie populaire, notamment en soutenant des luttes, des initiatives dans la classe ouvrière ou dans les quartiers. Par exemple, à Verdragon, cette maison de l'écologie populaire qui se situe à Bagnolet, dans le 93, en Seine-Saint-Denis. Alors, pourquoi l'écologie populaire ? Pourquoi soutenir un lieu comme Verdragon ?
Pour en parler, Violette Voldoire vous a préparé une vidéo. On regarde.
Il faut arrêter avec les écologistes qui se baladent pas à poil pour parler d'écologie dans la rue. Non, mais c'est tout. C'est incroyable, ça. Les gens vous disent, il va y avoir des tornades, tout le monde. Les gens, il va y avoir des morts, des déplacements de la planète. Enfin, je sais pas. Mais arrête de regarder les films de catastro, on a chaud ensemble. C'est d'accord avec moi. Il fait 40 degrés, c'était pas moi. C'est ici, je suis écolo. C'est un tatuage aussi. Je suis pas une référence, moi je me porte bien à 42. Un écolo te dit quelque chose, qu'il doit aller se balader à poil et voir le métro.
Il nous envoie, on a appris, de la bourgeoisie pour des intérêts du capital, pour des intérêts des grandes entreprises et autres. On parle beaucoup d'écologie, on parle rarement de l'écologie populaire en fait. C'est ça le type d'écologie dont on a besoin. Une écologie qui part des besoins concrets de nos quotidiens. Et surtout une écologie qui implique tout le monde. Parce qu'en fait, la transformation, la transition écologique qu'il va falloir enclencher, il va falloir être très nombreux à la soutenir et on va être toutes et tous concernés. On nous renferme dans l'image selon laquelle les écolos ou la question écologique concernent uniquement les classes moyennes bobos des grandes villes.
Ce n'est pas vrai, c'est ce qu'on voit, mais ce n'est pas vrai. Il y a une réalité de terrain historique qui est qu'à partir du moment où il y a de l'auto-organisation, c'est-à-dire où il y a des habitants et des habitantes qui veulent s'organiser pour résoudre des problèmes qui les concernent dans leur quotidien, il y a un blocage. Soit institutionnel, soit autre, mais qui fait qu'en fait on ne trouve pas de lieu pour s'organiser. Il faut s'organiser dans les bars, etc. pour essayer de s'en sortir tout simplement. On est à un stade par rapport à l'urgence climatique où on ne peut plus se permettre de diviser, de jeter l'opprobre, etc.
Notre priorité à nous, c'est de construire un mouvement populaire et radical pour le climat. Et ce mouvement-là, il est fondamentalement antiraciste, il est fondamentalement féministe, il est fondamentalement antiproductiviste, etc. Anna Skazib, moi je vous ai préparé cette petite vidéo parce qu'on vous y voit, donc ça rappelle des mots sur le dire, n'est-ce pas, chez les GG, sur RMC, mais on vous y voit aussi au camp climat. Donc ça c'était en 2020, c'était le camp climat qui s'était tenu à Paris où vous étiez venu discuter syndicalisme et écologie aussi avec les participantes et participants de ce temps climat.
Et puis le dernier interlocuteur, Gabriel Mazzolini, lui est donc une sorte de cheville ouvrière de Verdragon, cette maison de l'écologie populaire que vous soutenez. Vous avez d'ailleurs rencontré Fatima Ouassac du Front de mer qui est la cofondatrice du Front de mer et puis de ce lieu aussi, qui porte une écologie vraiment populaire dans les quartiers populaires.
Mais j'aimerais qu'on revienne d'abord un peu, avant de reparler du terrain et de ces luttes dans lesquelles vous êtes ancré, de votre programme, puisque à la fois vous êtes beaucoup sur ces terrains-là, vous vous y déplacez, vous vous y exprimez, et quand on lit votre programme, un peu comme ce que dit Gabriel Mazzolini d'ailleurs, on voit que la question écologique, elle est articulée à celle du féminisme, à celle de l'antiracisme, mais aussi, et peut-être la plus importante d'entre elles, à celle du contrôle ouvrier des entreprises, la nationalisation de secteurs qui sont clés pour l'économie.
Alors est-ce que dans le programme d'Anna Skazib, finalement l'écologie c'est un peu le dernier wagon, sans mauvais jeu de mots, qu'on raccroche au programme, ou est-ce qu'elle est simplement soluble dans la question de la production ?
Non, je pense tout d'abord que la question de l'écologie est peut-être celle qui permet le plus de comprendre l'urgence révolutionnaire en fait. – Elle est au carrefour de toutes les luttes ? – Oui, moi je ne suis pas un marxiste depuis un siècle, ça ne fait pas longtemps, ça fait à peu près 5 ans que je suis rentré dans la politique et que je me suis intéressé à ces choses-là, mais j'ai toujours été assez, en tant que cheminot déjà, très intéressé par la question du climat, par la question du ferroutage, etc.
Moi je travaille dans un triage fret, donc même pour vous dire, l'image de mon quotidien au boulot, c'est de voir un chantier quasiment vide et d'être devant l'échangeur routier le plus important d'Europe qui est l'A86, c'est-à-dire de voir des camions sur la route et même des camions géodistes, parce que la SNCF est le premier routier d'Europe, et de l'autre côté on voit comment par la route ils font du dumping social et ils cassent aussi le ferroutage, donc quand on les entend parler de transition écologique, ça fait doucement rire, mais très profondément, je pense que la question de l'écologie aujourd'hui, c'est la question centrale pour expliciter très simplement plusieurs choses.
La nécessité déjà que le contrôle ouvrier est primordial pour pouvoir faire une transition écologique, pourquoi ? Parce que nous on dit, on ne peut pas faire cette transition écologique avec celles et ceux qui nous ont mis dans cette situation. Moi je ne peux pas faire ça avec Patrick Pouyanné, le patron de Total, le patron d'Areva ou le patron de Aramco, la société saoudienne qui pollue 4 fois et demi de plus que la France.
Ce n'est pas possible à un moment donné, c'est-à-dire qu'il n'y a pas, comme moi je dis souvent, la terre n'est pas en train de s'auto-détruire ou de quoi que ce soit, il y a un système capitaliste, il y a un système productiviste qui fait qu'il tire au maximum la terre et ses ressources.
Et du coup ça veut dire que l'écologie sous-tend les propositions qui sont par ailleurs dans votre programme, puisque cette proposition du contrôle ouvrier, on la retrouve aussi sur la finance, on la retrouve sur les secteurs du pharmaceutique. Donc en fait, est-ce que l'écologie c'est simplement quelque chose qui vient sous-tendre des propositions qui existent déjà, ou est-ce qu'il y a quand même chez Anaskazib un discours écologique fort qui transcende un petit peu cette, entre guillemets, simple question du système capitaliste ?
Oui, après on peut rentrer beaucoup plus en détail, parce que souvent on cantonne l'écologie à Europe Écologie Les Verts. Aujourd'hui, lorsqu'on parle d'écologie, les gens pensent, même vis-à-vis de la question des ouvriers, ou même vis-à-vis des gilets jaunes, c'est-à-dire qu'en réalité, même des gilets jaunes, on a cru qu'ils n'étaient pas écolo.
En réalité, ils posaient la question de l'écologie d'une certaine manière, dans le sens où ils voulaient dire, ce n'est pas à nous de payer la transition écologique, parce que mettre des taxes sur le carburant, ou faire comme avait fait Sandrine Rousseau lorsqu'elle était encore dans cette dernière bataille de la primaire écolo, en disant qu'il faudrait augmenter de 6 à 10 centimes le prix, à un moment donné, quand vous voyez déjà aujourd'hui qu'il a 2 euros, où est-ce qu'on peut dire aux gens dans ce pays dans lequel il y a eu le mouvement des gilets jaunes, qui disent qu'on n'arrive plus à vivre, qu'il faut encore augmenter de 6 à 10 centimes ?
Donc je pense qu'il faut comprendre globalement, globalement la stratégie, mais après, bien entendu, nous, on discute sur ce qu'est l'obsolescence programmée, on discute sur la question des super fermes animales, du domaine de l'agro-business qui produit quasiment 57% des émissions de gaz à effet de serre, c'est l'effet de l'agro-business, la question de la surpêche, etc. On essaye d'évoquer toutes ces choses-là. En tant que cheminot, je porte aussi centralement la question des transports gratuits.
On est par exemple, nous, pour l'expropriation, quand on parle de contrôle ouvrier, d'expropriation des grands groupes, nous, on est par exemple typiquement sur l'ensemble des transports, où en fonction de la ville, vous avez ici la RATP, la Bacéolis, Transdev, la SNCF, nous, on dit une chose, on est pour l'expropriation de l'ensemble des groupes de transports, et qu'en une seule et unique entreprise de transport public, elle soit contrôlée par celles et ceux qui font le transport au quotidien, par les cheminotes, les agents RATP et autres, mais également par les usagers et les usagères.
C'est à nous de décider par en bas, c'est ça le véritable contrôle, c'est à nous de décider par en bas où est-ce qu'on met une ligne, où est-ce qu'on met un arrêt de bus, à quelle heure on doit passer, et surtout lorsqu'on parle de transition écologique, il n'y a pas de transition écologique tant que les gens ne peuvent pas utiliser le train gratuitement. Et je peux même le dire, ce n'est même pas une revendication farfelue. Je vous donne deux exemples très simples. Il y a des économistes qui chiffrent, par exemple, la gratuité de toute la SNCF à environ 25 milliards.
Le coût du routier, c'est estimé chaque année sur l'État, à plus de 100 milliards d'euros, c'est-à-dire entre les infrastructures, mais également le coût de la santé. Et il y a un chiffre qui, pour moi, est central, c'est celui de Santé publique France. Santé publique France dit chaque année, 40 000 morts des suites de la pollution de l'air. Il y a eu un rapport durant le confinement, deux mois de confinement, 3 900 personnes qui sont sauvées de la diminution du dioxyde d'azote.
Donc ça montre à quel point qu'on pourrait sauver d'une part des vies, et aussi c'est social, parce que moi je rêverais que cette jeunesse qui galère au quotidien, qui n'arrive pas à voyager, qui parfois reste des mois et des années sans pouvoir se balader dans le pays, qu'un jeune puisse se dire « Tiens, je vais monter à Gare de Lyon, je vais prendre le TGV, je vais aller faire un tour au port de Marseille, mettre mes pieds dans l'eau et remonter chez moi le soir » sans se dire « Ça me coûte 100 euros l'aller, 100 euros le retour, etc. »
Alors justement, bonne transition, parce que vous parliez des transports. Les transports, demain, la RATP sera en grève. On annonce un grand mouvement social au sein de la RATP, pour justement notamment des questions salariales, de revalorisation des salaires. Vous, dans votre programme, vous proposez d'augmenter les salaires de 300 euros et de porter le SMIC à 1 800 euros net. Vous dites que, en fait, contre le chômage de masse, il faut répartir le travail. Est-ce que ça veut dire que, dans votre programme, dans votre pensée, dans votre manière de conduire le pays, demain, votre objectif, c'est aussi le plein emploi ? Est-ce qu'on doit travailler tous,
demain, tout le temps ? Oui, nous, on est pour, clairement, le travail. On est pour que les gens, ils puissent travailler. Aussi, l'automatisation et l'informatisation, elles doivent aussi nous permettre d'alléger nos vies. Ce n'est pas pour les passer encore plus au boulot. Comment on peut dire qu'il y a 6,5 millions de chômeurs et, en même temps, annoncer à la jeunesse qu'il faudrait qu'elle travaille entre 40 et 45 heures ? Mais comment ? S'il y a du boulot pour 40 et 45 heures, pourquoi il y a 6 millions de chômeurs, alors ? Pourquoi il y a des heures supplémentaires, encore, qui sont effectuées ? À un moment donné, je ne sais pas.
Il faut partager ce temps de travail entre tous les bras disponibles. C'est primordial. Ça permet, notamment, de permettre à des gens de pouvoir partir aussi à la retraite plus tôt. Ça permet aussi à cette jeunesse... On est à 60 ans, du coup ? Nous, on est pour la retraite à 60 ans et à 55 ans pour les métiers pénibles. Et je peux même vous dire que, moi, profondément, je considère qu'on pourrait même aller même en dessous de cela. On essaye toujours de dialoguer parce que le processus électorat est aussi un processus un peu de transition et qu'il faut pouvoir... que ça dialogue. Mais enfin, à un moment donné, oui, on peut partir à la retraite plus tôt. Il n'y a qu'à regarder.
Il y a deux catégories qui sont frappées par le chômage. C'est les 18-25 ans et les plus de 50 ans. Parce qu'un patron, à un moment donné, pourquoi il n'embauche plus personne après 50 ans ? Parce qu'il considère déjà qu'il faut les embaucher avec leur expérience et du coup, avec le salaire qui va avec. Et puis, au final, il préfère toujours un jeune qui est inexpérimenté, qui est plus malléable, etc., plutôt qu'une personne plus âgée avec plus d'expérience. Et c'est pour ça que, notamment, ces deux catégories-là, elles sont frappées par le chômage. Enfin, à un moment donné, on ne peut pas s'imaginer... Quand moi, je les entends dire 67 ans, mais ce qu'on s'imagine...
Il y en a qui parlent de pilote d'avion, je trouve que c'est un bon exemple. Mais est-ce qu'on imagine un mécano chez Speedy ou chez Midas à 67 ans en train de changer un moteur, une courroie de distribution ? À un moment donné, quand vous regardez dans votre quotidien, on voit très bien à quel point il y a des métiers qui sont très difficiles et que ce n'est pas possible, en fait. Et que ce n'est pas juste une question parce que souvent, on met ça uniquement sur les capacités physiques. Mais le travail, ce n'est pas pour aller jusqu'au moment de crever et de ne plus pouvoir rien faire. C'est aussi de comment je profite de ma vie.
Après toutes ces années-là, après toutes ces cotisations, comment je peux profiter, comment je peux voyager, comment je peux m'occuper aussi de mes petits-enfants, etc. Si j'ai envie d'avoir des loisirs ou autre. Ce n'est pas juste savoir quelles sont mes capacités physiques.
Pour la semaine de 4 jours également,
32 heures, 28 heures ? Oui. Nous, on n'a pas mis de temps particulier parce qu'on considère réellement qu'on est ce qu'on dit pour le partage entre tous les bras disponibles. C'est-à-dire entre toutes celles et ceux qui cherchent du travail, on devrait partager le temps de travail. C'est-à-dire que je sais, on ne sait pas quantifier si ce n'est même pas en dessous de 28 heures. Il y a un billet d'ailleurs de Dominique Seux qui récemment disait qu'en réalité, la semaine idéale, ce serait même une semaine de 12 heures. On voit à quel point il y a tellement de richesses qui sont produites. On voit qu'il y a la possibilité de faire travailler du monde.
Simplement qu'en tant que marxiste, Marx parlait de la notion d'armée de réserve et à quel point le chômage et les chômeurs sont aussi une pression mise aux travailleuses et aux travailleurs pour éviter de réclamer. Et moi, je le vois au quotidien. Vous savez, les gens qui disent « Écoute, si tu n'es pas content, il y a 6 millions de chômeurs », ils savent le dire, ça les patrons. Pendant la crise, quand on était en première ligne, ils nous ont dit « On est essentiel à la nation ». Moi, je n'oublierai jamais ça de ma vie. Que mon patron, il m'a dit « Pendant trois mois, j'étais essentiel à la nation ». Aujourd'hui, quand on est en train de lui dire « Où sont les primes Covid ?
Où sont les augmentations de salaire ? » Il te dit « Si tu n'es pas content, tu n'as qu'à aller voir ailleurs ». On voit à quel point les patrons, ils savent aussi utiliser le chômage pour justement nous mettre la tête sous l'eau et qu'au contraire, nous, en tout cas, en tant que militants, on devrait porter et sans démagogie. Parce que souvent, on est toujours pointé du doigt « Mais comment tu cherches ? » Je ne sais pas quand on récupère 500 milliards pour le quoi qu'il en coûte. Personne ne s'est préoccupé de savoir ce qu'on en fait.
Vous dites « Essentiel à la Nation », mais peut-être que justement, là-dessus, Violette peut vous poser quelques questions. Parce que justement, on l'a vu lors des dernières mobilisations, on a envoyé la police dans les manifestations.
Avant même de passer à cette question de la police, il y a quelque chose qui, moi, m'a un peu accroché l'œil dans votre programme puisqu'il y a dans le programme d'Anna Skazib une grande partie qui est consacrée à la question des luttes féministes. Alors, qu'est-ce que vous feriez, Anna Skazib, président, pour visibiliser non pas le travail qui existe déjà et qui est déjà visible, mais celui qui est invisible, c'est-à-dire essentiellement le travail des femmes, mais pas seulement.
Également, celui des personnes racisées, des personnes sans papier qui, aujourd'hui, accomplissent un certain nombre de tâches qui ne sont pas rémunérées, qui sont considérées comme étant simplement liées au fonctionnement normal d'une société. Et ça, je ne l'ai pas vu dans votre programme. Alors, qu'est-ce que vous faites pour visibiliser ce travail-là ? C'est tout ce qu'on appelle le travail éduquer, s'occuper des enfants, c'est les doubles journées des femmes, c'est tout le travail domestique aussi qui est fort peu partagé, même s'il l'est de plus en plus.
Voilà, est-ce qu'il y a aussi, politiquement, puisque vous dites que vous défendez le travail, quelque chose qui, voilà, dans votre programme, va dans ce sens-là, visibiliser ce travail, le reconnaître et éventuellement le rémunérer ?
Nous, de toute façon, on est pour faire en sorte déjà que tout le monde puisse avoir de quoi vivre au quotidien, c'est-à-dire que notre programme, il s'articule sur plein de choses, c'est-à-dire, il y a la question des salaires, des allocations, etc., mais il y a aussi, par exemple, lorsqu'on va parler de mal-logement et autres, c'est-à-dire que ça contribue, c'est tout un système, en fait, qui permet et qui contribue à faire sortir les gens de la précarité et des situations dans lesquelles ils vivent, et notamment de celles et ceux dont vous parlez, qui n'ont même pas le droit de pouvoir travailler aujourd'hui, je pense notamment aux femmes qui portent le voile et à qui même on interdit, en fait, qui au final, dans l'éducation nationale, sont là pour les sorties scolaires, sont là pour accompagner, parfois même maintenant, on commence à essayer de faire en sorte qu'elles n'accompagnent plus personne, mais au final, moi je dis que ces personnes-là, elles méritent de pouvoir travailler, c'est pas de les maintenir dans l'invisibilisation, enfin, moi, notre souhait, c'est pas de faire en sorte que ces gens-là continuent à galérer au quotidien, mais c'est au contraire de faire en sorte que ces personnes-là, elles puissent avoir un travail, ces femmes qui portent le voile, elles n'ont pas demandé, en fait, à être des assistantes d'éducation ou d'accompagner au parc Astérix ou au musée les enfants, elles aimeraient aussi travailler, mais on les empêche de pouvoir travailler, de pouvoir exercer un emploi.
– Mais en fait,
elles travaillent déjà, d'une certaine manière, parce que la plupart d'entre elles sont mères de famille ou en charge, justement, cette partie du travail qui est en ligne.
– Oui, mais elles n'ont pas de revenus du fait de leur activité.
– Donc ça veut dire que d'abord, on rémunère et on permet à tout le monde de pouvoir travailler, d'avoir accès au marché du travail et puis ensuite, on s'occupera de la question du care.
– Et de pouvoir vivre. Après, je ne sais pas ce que vous, vous mettez derrière la question du care. Est-ce que vous mettez le fait que le temps que passe une femme derrière après le travail ? C'est très sincèrement, on n'a pas réfléchi plus que ça à cette question-là, pour être très sincère, parce que pour nous, de base, on part du principe qu'il faudrait une allocation en fait pour toutes celles et ceux qui n'ont pas la possibilité de vivre dignement et qu'il faudrait aussi repenser toute la domination de la société patriarcale en fait et de tout ce qu'elle fait peser, notamment en grande partie sur les femmes.
Moi, je pense notamment à des chiffres assez incroyables que 84% des familles monoparentales, c'est une mère qui a des enfants et qui a justement cette double journée. Je pense aussi à ces femmes-là qui ont de l'endométriose et qui parfois sont obligées de se mettre en arrêt maladie parce qu'elles ne peuvent pas travailler et puis avec les journées de carence, se retrouvent à perdre de l'argent chaque mois et à devoir gérer une famille, etc. Des enfants, parfois il y a aussi des maris lorsqu'ils divorcent et qu'ils partent et c'est la galère pour récupérer ne serait-ce que les allocations pour que les enfants puissent aussi avoir de quoi vivre.
à un moment donné, il y a toute cette question-là à repenser et pour nous, on va dire, c'est un schéma global sur comment on repense déjà une société dans laquelle on se débarrasse de ces inégalités sociales qui frappent notamment celles qui ont, comme on dit parfois à certains, la double peine, la besogne du travail et aussi celle de la vie de famille.
– Anaskazi, on s'est promis ici d'en face aux Indés de parler des sujets dont on ne parlait pas ou peu, en tout cas dans cette campagne électorale et c'est vrai que la question de l'éducation qui est centrale, la question de l'école publique est assez peu débattue et assez peu entendue dans cette campagne présidentielle. J'avais envie de vous entendre, on sait tous, on a vu que ce quinquennat d'Emmanuel Macron va être assez dévastateur dans le domaine de l'éducation nationale, l'éducation publique.
Les enseignants se mobilisent depuis très longtemps, avant même d'ailleurs le quinquennat d'Emmanuel Macron, mais d'autant plus avec cette période de la crise sanitaire qui a montré comment tout reposer sur les enseignants. Comment Anna Skazib, président de la République, reconstruit, repense l'école publique de demain ?
Brièvement,
parce qu'il faut ensuite qu'on passe à la question aussi de la police.
Ça marche, mais très synthétiquement, en fait, sur la question de l'éducation nationale, en fait, nous, c'est le même fonctionnement, c'est-à-dire qu'on va prôner, par exemple, pour la question des transports, de l'énergie ou autre, c'est-à-dire que c'est les grands domaines dans lesquels, nous, on considère que ce sont à celles et ceux qui font l'éducation nationale de la pensée aussi au quotidien. Aujourd'hui, on dépossède de plus en plus les professeurs, mais pas qu'eux, parce qu'il y a des AED, des AESH, il y a un certain nombre de gens qui s'affairent à l'éducation nationale et au final, on leur met des inspections du travail.
On essaye, c'est notamment la loi RIAC où on veut faire en sorte que les directeurs et les directrices d'établissements deviennent quasiment des nouveaux patrons ou patronnes. C'est comment ils ont essayé de rendre l'éducation nationale à l'image du privé, à l'image des entreprises. On supprime les subventions
publiques aux établissements
privés ? Non, mais après, moi, je considère que de toute façon, il faut une éducation nationale populaire, publique et populaire dans laquelle, notamment, ce sont le personnel de l'éducation nationale qui repensent de fond en comble ces questions-là. Il y en a plein qui disent qu'on n'est même pas obligé de faire 8 heures en classe, on pourrait faire énormément de choses, on pourrait aller au musée, faire des découvertes beaucoup plus importantes et veiller aussi la conscience des enfants.
Et je pense qu'en tout cas, nous, modestement, ce n'est pas à nous de penser à la place des premiers concernés, mais on considère que, comme moi, je suis cheminot, ce n'est pas un professeur qui va m'expliquer comment le rail doit fonctionner. Et de la même manière, quand on parle notamment de contrôle ouvrier, il faut le comprendre de cette manière-là, c'est-à-dire étendu aussi à ces domaines d'activité-là et que les mieux à pouvoir penser et réfléchir, et ils l'ont montré de plus belles manières durant la crise sanitaire, ils ont dit quoi durant ces grèves-là ?
Laissez-nous, on sait gérer, on est capable aussi de faire nos propres protocoles sanitaires, on est capable aussi de repenser en fait l'éducation nationale, sauf qu'aujourd'hui, Blanquer, avec ses différentes réformes, avec toutes ses attaques, avec aussi cette forme de criminalisation où on parle de profs absentéistes, lorsqu'on fait toutes ces choses-là, à un moment donné, il essaye de déposséder du pouvoir celles et ceux qui font l'éducation nationale au quotidien. Donc c'est comment on remet du contrôle par en bas de ces domaines-là.
Alors malheureusement, l'horloge tourne, donc on va devoir zapper la prochaine question pour pouvoir passer ensuite à la question Actu. On enchaîne. Alors à Naskazib, la France et ses partenaires officialisent leur retrait militaire du Mali. Pour rappel, ils sont 2 400 dans ce pays parmi 4 600 Français qui sont déployés dans la zone du Sahel. La France, elle y est militairement engagée depuis 2013, d'abord avec l'opération Serval, puis via l'opération Barkhane pour combattre les forces locales d'Al-Qaïda et du groupe Etat islamique, en particulier d'Akmi, Al-Qaïda au Maghreb islamique.
Alors il faut préciser que les forces militaires, elles resteront stationnées tout de même près de la frontière du Mali aux côtés de l'armée nigérienne et que le retrait prendra entre 4 et 6 mois. Alors est-ce que vous aussi, vous pensez que la décision française, le retrait de l'armée est une bonne nouvelle ?
– Je pense que nous, on prône l'autodétermination de tous les peuples en fait à pouvoir vivre et qu'on porte aussi dans le programme le fait, le retrait immédiat de l'ensemble des troupes militaires françaises d'occupation et notamment en Afrique.
Et on voit que ce déplacement, entre guillemets, il est aussi les suites de mouvements importants, notamment au Mali, parce qu'il y a une présence française depuis des années qui dérange énormément et qui au final, même les spécialistes disent que ça n'importe rien, ça ne fait que déstabiliser encore plus la région depuis des années et surtout que la France et notamment Emmanuel Macron a dit récemment qu'il faut, sa préoccupation, ce n'est pas les Maliennes et les Maliens, c'est les mines qu'il y a au Niger en fait et c'est ce qu'ils vont essayer de protéger aujourd'hui.
C'est-à-dire que quand on gratte et quand on regarde, l'impérialisme français à travers les troupes d'occupation françaises ne sont là que pour faire en sorte de garantir les intérêts capitalistes de la France. Il n'y a qu'à voir l'attitude par exemple avec le Tchad lorsque il y a eu le président tchadien qui est mort, on avait vu la France courir directement au chevet parce que ce sont des enjeux centraux pour la pétrochimie.
mais il faut préciser qu'aujourd'hui les relations entre le gouvernement français et malien elles se sont quand même largement détériorées depuis le coup d'état militaire de mai 2021. La prise de contrôle de la jeune militaire, est-ce que c'est un échec aujourd'hui pour la France ?
Je ne sais pas si ça... Je pense que déjà c'est une défaite pour la France. Nous après on ne soutient pas le fait que ça soit aux militaires maliens de décider. Nous on est pour que le sort il revienne aux travailleuses et aux travailleurs, aux masses laborieuses comme on dit maliennes de pouvoir s'autodéterminer et de mener leur processus révolutionnaire jusqu'au bout et que nous on n'est pas dupes. certes il y a une défaite importante aujourd'hui pour la France mais la France est encore présente en Afrique dans de nombreux pays. Elle a de nombreuses bases militaires. Elle continue à protéger les ports etc.
On voit ne serait-ce que Bolloré qui est gêné par l'immigration et qui au final participe à piller l'Afrique depuis des années. Ça ne les dérange pas en fait d'être présent en Afrique. Ça ne les dérange pas de participer à la déstabilisation des peuples et nous ça on doit le dénoncer fermement mais dire aussi avec autant de clarté autant de fermeté que ce n'est pas en fait à des militaires de diriger de penser l'avenir parce qu'on le sait on a déjà vu ce que ça a été par le passé et que nous c'est ce qu'on prône comme processus révolutionnaire c'est un processus révolutionnaire qui vient d'en bas.
Et parce que là aujourd'hui on est quand même dans une situation géopolitique très particulière parce que la France dit qu'il y a aujourd'hui 1000 mercenaires de la société paramilitaire russe Wagner qui seraient présents au Mali selon le Quai d'Orsay donc une présence qui sème le trouble et contrarie la France est-ce que malgré tout il ne faut pas répondre face aux Russes qui peut-être potentiellement c'est une menace quand même au Mali
Non mais je pense que de toute façon c'est pas à la France déjà ça n'a jamais servi à rien du tout enfin on pourrait je ne sais pas l'objet de cette émission-là sinon on pourrait rester trois heures mais il faut voir ne serait-ce que le processus là où on en est ça vient notamment pour moi de la déstabilisation de ce qu'a été la Libye il y a quelques années en arrière parce qu'en réalité c'est aussi des toirets qui étaient en Libye qui se sont déportés après dans le Sahel et autres enfin il y a énormément de problématiques liées à cette déstabilisation notamment à cette période-là qui fait qu'aujourd'hui la situation elle s'est tendue dans le Sahel mais il faut voir que ce n'est pas une solution en fait nous on n'est pas pour la guerre on n'est pas pour que en plus des différents impérialismes celui de Russie et celui de France en fait s'affrontent pourquoi pour les intérêts politiques et capitalistes
mais oui
mais en fait ils ne se soucient pas ni les Russes ni les Français se soucient de l'avenir et du peuple malien et donc moi je pense que c'est en tant que militant révolutionnaire aujourd'hui nous ce qu'on prône et on envoie toute notre solidarité notre fraternité en fait à ce peuple-là qui se soulève et on les invite vraiment à lutter pour leur émancipation pour leur autodétermination comme on dit jusqu'au bout en fait qui dégage toutes celles et ceux qui viennent pour profiter des richesses du Mali qui viennent pour profiter et piller en fait aussi l'Afrique parce qu'il ne faut pas se mentir que c'est aussi toutes ces batailles géopolitiques c'est systématiquement pour repositionner des pays etc on voit par exemple ce que fait la Chine etc ce qu'elle a fait en Afrique on voit comment ils se repositionnent pour essayer aujourd'hui de récupérer notamment les territoires qui appartenaient jusqu'à présent à la France et c'est vrai que la France aujourd'hui elle est en difficulté mais nous on dit c'est pas le remplacement de la France par la Russie mais c'est au contraire à tous ces impérialistes d'être chassés de l'Afrique et c'est aux Africaines ou aux Africains de reprendre de position pleinement de leur pays et de leur avenir
Pour l'instant il n'y a que Anne Hidalgo qui s'est prononcée qui regrette le départ des troupes on va passer à la question
Malheureusement mais c'est toujours systématiquement la même chose et c'est là où la gauche institutionnelle joue un rôle néfaste c'est à dire que la question de l'impérialisme c'est une question qu'on voit la frontière elle est franchie directement il n'y a qu'à voir par exemple lorsqu'il y a eu les soulèvements en Guadeloupe récemment où on a envoyé le GIGN et le RAID Yannick Jadot est sorti directement en disant qu'il se satisfaisait de renvoyer la paix comme si c'était une question de la paix pendant que les gens parlaient du chlordécone parlaient de la pollution du pouvoir d'achat il a dit il faut renvoyer la paix je pense que c'est notamment sur cette question de l'impérialisme que les gens ils doivent aussi voir que le discours qu'on porte c'est un discours de clarté c'est un discours profondément humain parce qu'on n'est pas non plus pour se dire ici nous les petits français on vit bien on veut bien vivre on veut être au chaud tout ce qui dépasse l'hexagone on ne se préoccupe pas nous profondément en tant qu'internationaliste on considère que la lutte de classe elle ne peut pas se faire uniquement en France elle doit se faire aussi à l'échelle internationale et on doit se soucier profondément de la vie de ces peuples là
c'est un sujet très important mais on va devoir passer à la question suivante c'est le vous avez la parole c'est condensé en tout cas oui il y a un chrono vous voulez aborder plein de sujets c'est sûr ce sont des sujets très importants mais malheureusement il y a beaucoup de sujets très importants on a un invité surprise pour vous on a demandé à un jeune collégien il s'appelle Alex quelles questions il aimerait vous poser on l'écoute
bonjour Alain Scacib je me présente je m'appelle Alexandre Manantitricot je suis en classe de 3ème au collège Georges Polizère et en stage de 3ème au journal Regards à Bagnolet j'aurais une question à vous poser est-ce que vous êtes pour ou contre le droit de vote des 16 ans et si vous êtes pour comment vous feriez pour que les jeunes avant 16 ans puissent se politiser beaucoup plus facilement pour qu'arrivés à l'âge de 16 ans ils ne se disent pas le vote c'est quelque chose où j'ai la flemme puisque je ne connais pas cette personne et je ne sais pas lui quelle conviction il défend mais plutôt qu'il se dise je me suis renseigné là-dessus ça je sais ce que c'est donc je peux aller voter pour lui pour peut-être changer quelque chose voilà ce sera tout
Anas Kazib votre réponse
c'est simplement oui on est pour on est pour que la jeunesse elle puisse s'exprimer elle puisse voter elle puisse décider aussi de son avenir enfin c'est pas je ne sais pas la jeunesse à partir de quel âge à partir de 16 ans et puis même on pourrait même réfléchir en dessous enfin je ne sais pas moi je vois par exemple et je salue j'ai des lycéens il y en a qui ont 14 ans 15 ans qui participent à la campagne pleinement qui prennent même leurs parents et ils ont demandé oui pour ma campagne pour aller chercher des parrainages ils font les routes notamment du côté de la Gironde avec leur père leur mère etc pour aller voir les maires et moi je trouve assez dingue que des jeunes de 14 ans 15 ans qui s'intéressent à la politique qui participent à une campagne à ma candidature ne puissent même pas s'exprimer et c'est aussi une fierté de voir ça et c'est tellement touchant de se dire qu'il y a des jeunes qui ne pourront pas voter et qui se mobilisent et je pense que ce jeune là on est la preuve après pour la deuxième part
la politique ça passe un peu par les urnes quand même
comment ?
la politique ça passe un peu par les urnes quand même non mais il ne faut pas qu'on soit abstentionniste ou qu'on vote il ne faut pas se mentir que la présidentielle est une fenêtre de tir politique importante enfin à un moment donné nous on fait des meetings dans lesquels on parle de transition écologique on parle de féminisme on parle de violence policière moi les gens me connaissent à travers la lutte de classe me connaissent à travers les mobilisations comme disait Rémi contre la réforme des retraites ou du ferroviaire vous allez sur un piqué de la RATP au moment de la réforme des retraites vous ne pouvez pas lui parler d'impérialisme vous ne pouvez pas lui parler de la situation au Mali pas qu'il s'en fout mais qu'à un moment donné lorsque vous êtes dans une bataille les gens ils disent bon tu comprends c'est sympa tes histoires là mais là on est là c'est comment on gagne cette lutte là et la force de ces moments c'est des moments dans lesquels on arrive à développer un discours beaucoup plus large beaucoup plus important
donc ça valait le coup de faire cette campagne présidentielle malgré tous les obstacles médiatiques malgré tous les obstacles ou juste pour porter ce discours
malgré que vous n'êtes pas forcément on ne sait pas encore si vous serez sur la ligne de départ oui il nous reste deux semaines et c'est nécessaire qu'on continue à démultiplier on va dans les prochains jours multiplier aussi des formes d'action pour essayer de faire parler de nous dans le sens de la question des parrainages et de ce socle et de ce processus totalement antidémocratique mais quoi qu'il arrive on voit que déjà dans cette période là c'est déjà un acquis pour nous pour une toute nouvelle organisation comme la nôtre mais que c'est clair et net que si demain on avait les 500 parrainages et ce qui va avec le temps de parole Violette tout à l'heure vous avez fait ce montage là vous voyez ne serait-ce que 20 secondes au grand de gueule imaginez demain avec des heures et des heures d'antenne avec des débats imaginez moi face à Emmanuel Macron qui est vécu dans ma chair qui a démarré sur le piqué de grève à 6h du matin pendant plus de 60 jours en fait cette réforme des retraites etc.
qui est ferraillée aussi parfois sur les plateaux télé imaginez que je puisse demain débattre face à Macron lui mettre dans la gueule comme moi je dis ces 5 années de quinquennat en fait ces 5 années où il a fracassé le ferroviaire où il a fracassé la santé où il a fracassé la réforme du bac parcours sup etc. le mouvement des gilets jaunes enfin il y a des choses à faire c'est à dire que c'est une fenêtre de tir importante mais dans laquelle c'est pas juste incantatoire c'est aussi pour mobiliser largement tout cet électorat notamment qui avait décidé de ne pas s'intéresser à la présidentielle et qui pourrait s'y intéresser si moi j'y étais
On va vous poser maintenant les questions qui nous ont été transmises par la régie trois questions qui ont été posées par des internautes alors la première question elle vient de Gabin Gabin vous demande qu'allez-vous proposer pour les étudiants les plus précaires
pour les étudiants même tout court en fait mais les plus précaires en premier lieu nous on est pour un
Je pense qu'il entend par là peut-être ceux qui ont besoin de travailler pour étudier ou ceux qui sont salariés en même temps que leurs étudiants
Nous on est pour finir avec ce fonctionnement là ce que nous on met au débat c'est qu'il y a la nécessité d'avoir un revenu qui soit auteur du SMIC et nous vu qu'on est pour un SMIC revalorisé on est pour que cette jeunesse elle puisse avoir une je ne sais pas comment on pourrait l'appeler une forme d'allocation ou quelque chose comme ça qui soit à hauteur de ces montants là pour pouvoir faire en sorte qu'ils puissent étudier sans avoir à galérer avec les petits boulots parce qu'il n'y a pas que les petits boulots qui sont une difficulté il y a aussi le logement parce qu'ils vivent dans des conditions parfois assez catastrophiques et on l'a vu durant cette crise sanitaire comment parfois même quand on a un petit boulot lorsqu'il y a une crise ça devient compliqué vous vous retrouvez notamment pour celles et ceux qui faisaient la plonge dans des restaurants avec des restaurants fermés Nous on est pour une allocation on est pour une allocation qui soit de l'ordre de 1800 euros du coup qui serait au niveau du SMIC revalorisé et puis après comme je disais tout à l'heure l'ensemble des propositions qu'on porte c'est à dire que par exemple sur la question du mal logement on est pour la réquisition des 3 millions de logements vacants et aussi la construction de logements sociaux on est pour la gratuité des transports aussi pour toutes et tous et donc on considère que l'ensemble de ces mesures là pour un jeune qui puisse avoir un revenu pour pouvoir notamment étudier et qui puisse pouvoir prendre les transports gratuits et avoir un logement digne on considère que déjà c'est à mille lieux de ce qu'aujourd'hui vit un jeune à galérer où on se satisfait même d'avoir mis pendant un temps des repas à un euro au Crous et on fait ça on dit que c'est limite la huitième merveille du monde et on laisse les gens derrière galérer mais non, nous on considère que cette jeunesse elle mérite d'avoir un avenir c'est les futures travailleuses et travailleurs de ce pays et ils ont le droit de pouvoir étudier convenablement et aussi de permettre parce que ça ça ne va pas avec la question de la précarité mais on est notamment pour la suppression de ce qu'a été la réforme blanquer du bac Parcoursup on est pour des universités ouvertes pour toutes et tous on est pour en finir
On est pour en finir
avec les écoles élitistes on est pour en finir avec les écoles dans lesquelles il faut payer 7000 euros 8000 euros pour faire du design du dessin de l'architecture ou autre on est pour que la jeunesse de ce pays elle puisse étudier elle puisse aller dans la filière où elle veut et qu'elle puisse aussi vivre dignement sans avoir à devoir multiplier le boulot le matin les études et puis le soir faire des heures jusqu'à faire du travail jusqu'à pas d'heure et au final se retrouver très souvent parce que ça on l'oublie c'est que cette jeunesse qui travaille et qui multiplie avec l'école au final souvent elle arrête elle abandonne parce qu'elle n'arrive plus elle est en burn out et au final elle craque elle dit bon je m'arrête là et puis j'ai pas le choix je suis obligé de travailler
Deuxième question alors c'est Royce93 je suis désolé j'espère que j'écorche pas son nom désolé d'avance si c'est le cas Royce93 il vous demande quelle proposition pour l'indépendance énergétique de la France Quelle proposition pour l'indépendance énergétique de la France ?
Qu'est-ce qu'il appelle l'indépendance par rapport à ce qui est utilisé parfois du charbon etc. d'autres pays ou autres c'est ça ?
C'est comme si la France fait appel à d'autres pays Est-ce qu'on peut se passer du nucléaire par exemple ? Est-ce que ça passe par la relance
du nucléaire comme le veut Macron ? Est-ce que ça passe par le développement des énergies renouvelables ? Est-ce qu'on doit vendre notre électricité en dehors des frontières ?
Nous on est pour déjà de toute façon repenser toute la question énergétique parce qu'il y a tellement de choses en réalité au-delà même de la question des éoliennes etc. Il y a plein de process qui sont déjà pensés par plein plein d'ingénieurs et qui ne sont jamais développés parce qu'au final j'en ai pas spécialement en tête mais il y a des formes notamment ne serait-ce que dans la construction dans le bâtiment etc. Il y a énormément de choses de passer du ciment de isoler les bâtiments Oui il y a du ciment il y a aussi l'isolement il y a aussi la manière dont on procède avec l'agriculture et autres
Ça c'est pour éviter les passoires thermiques éviter de gaspiller l'énergie mais pour l'indépendance pour produire l'énergie est-ce que par exemple une question toute bête mais le nucléaire est-ce qu'on en sort ?
Nous on est pour la sortie du nucléaire mais on est pour une sortie qui soit transitoire c'est-à-dire qu'il faut penser en fait comment on peut au final être indépendant moi je ne suis pas pour dire De toute façon la sortie du nucléaire
elle est forcément transitoire De toute façon
elle est obligatoirement transitoire mais il faut faire attention parce que j'ai l'impression que parfois dans certains discours on le met de manière assez sèche sans expliquer comment on fait sans expliquer comment on le repense et nous on considère que notamment c'est de la même manière comment on pense la transition sur la question des transports de l'énergie des raffineries et autres nous on considère que le rôle du contrôle ouvrier c'est pas juste une illusion en fait pour dire ah il n'y a plus de patron c'est nous les chefs en bas c'est pour être les chefs jusqu'au bout c'est-à-dire les chefs aussi de considérer que ce sont les ouvriers qui sont les plus à même aussi de faire cette transition énergétique mais parce que c'est leur métier ils peuvent le penser enfin il n'y a pas que des patrons
et des chefs mais là justement vous parlez à nouveau du contrôle ouvrier mais l'énergie là on est typiquement dans le sujet on a besoin d'une planification on parle de planification écologique et vous justement là-dessus vous dites pas de planification sans contrôle ouvrier sans expropriation
là on est dans le sujet exactement et moi je ne vais pas moi je dis depuis le début il n'y a pas de moi je ne suis pas un homme providentiel enfin à un moment donné il faut qu'on puisse remettre aussi un peu de modestie parce que l'élection présidentielle malheureusement c'est tout sauf le monde de la modestie c'est tout beaucoup moi-jeu moi-jeu etc vous mettez un bulletin dans l'urne et demain vous avez ça vous mettez un bulletin pour moi et demain vous avez ça non à un moment donné il faut aussi voir que la planification pour demain elle nécessite aussi de la faire avec les hommes et les femmes par en bas en fait qui pensent et qui vivent au quotidien et cette planification elle ne peut pas se faire contre les gens qui travaillent on ne peut pas penser la suite et notamment l'indépendance énergétique sans discuter aussi avec les ingénieurs avec les gens ce que vous me dites
pour répondre à cette question très concrètement c'est qu'aujourd'hui vous n'avez pas vraiment de réponse tout ça va se construire collectivement mais demain quoi
mais de toute enfin c'est pas qu'on n'a pas de réponse bien sûr on a une réponse mais pour nous le problème c'est qu'on aimerait avoir une réponse si c'est une réponse dans le sens où quelle du coup quelle serait la future énergie qui nous permet d'être indépendant etc moi je ne suis pas ingénieur ingénieur dans l'énergie ou dans le nucléaire vous n'êtes pas ingénieur
mais vous faites de la politique vous vous présentez à l'élection présidentielle j'imagine que vous avez aussi un programme là-dessus vous l'avez pensé quoi
exactement mais on n'a pas un programme qui va jusque penser les moindres détails d'un avenir mais nous on considère qu'au contraire c'est profondément politique de dire que c'est à nous de repenser en fait les échéances de demain parce que sinon on fait quoi on fait de la démagogie on participe en fait et je pense que profondément il faut le comprendre que la politique elle est tellement détestée par beaucoup parce que souvent ce sont des belles paroles ce sont des choses qu'on promet en fait et qu'on est dans l'incapacité de faire et moi je pense que profondément nous on doit pouvoir dire la vérité et pouvoir dire aussi les difficultés des choses parce que souvent on nous a fait croire que c'était des énarques et des polytechniciens qui pouvaient faire de la politique moi aujourd'hui j'essaie de démontrer qu'on peut être ouvrier dans le chemin de fer et on est capable aussi de ferrailler dans cette campagne présidentielle on est capable de porter aussi un programme qui a de la cohérence mais tout en disant c'est pas Anas Kazib qui est le sauveur mais c'est nous qui pouvons sauver les choses et c'est à nous de repenser ce système là mais avec de la cohérence qui est sur la réponse claire sur la question de la transition du nucléaire nous on considère qu'il faudrait au moins peut-être 20 à 30 ans pour pouvoir sortir du nucléaire que ça ne pourra pas se faire dans les 5 ou les 10 ans qui viennent et c'est comment en fait avec les nouvelles technologies avec tout ce qu'on trouve aujourd'hui comment on repense une énergie qui ne peut pas être une énergie qui sera la même qui détruira en fait et qui participera à détruire la planète parce que souvent on parle uniquement des centrales nucléaires et on ne parle jamais de l'enfouissement des déchets nucléaires en fait dans la Terre parce que souvent il y a tout ce lobby qui dit ouais mais le nucléaire ça ne pollue rien du tout etc si ça pollue parce que demander où sont les déchets et où ils sont en fou
alors très rapidement parce qu'on a un petit peu dépassé le temps mais ce serait dommage de ne pas vous poser cette question parce qu'elle est très intéressante oui ça va parce qu'on est sur internet on n'a pas voilà mais on n'a pas forcément les mêmes contraintes que les autres mais quand même c'est Alexiel Leneco encore une fois j'espère que je fourche pas un petit peu sur la prononciation du nom qui pose cette question donc dernière question avant la fin de l'émission à quel niveau pensez-vous qu'il faudrait revoir les programmes d'histoire pour améliorer l'étude des chapitres qui concernent le commerce triangulaire et la colonisation question quand même très intéressante donc jusqu'à quel niveau il faudrait excuse-moi revoir les programmes d'histoire pour améliorer l'étude voilà concernant
les programmes d'histoire aujourd'hui sont quand même très politiques très orientés avec une partie de l'histoire qui serait abandonnée qui serait oubliée et on est quand même dans l'actu de cette présidentielle parce qu'aujourd'hui Eric Zemmour je veux dire
il remet en cause aussi un petit peu un certain nombre de choses qui sont dans les programmes scolaires lui il parle de revenir sur le roman national etc
oui mais parce qu'il veut mettre les grands hommes idéalisés par lui qui au final sont des hommes qui ont participé à des boucheries des massacres etc
les femmes oubliées dans l'histoire les femmes oubliées mais il y a énormément de choses
mais moi souvent je dis même mon processus c'est à dire que moi je suis arrivé au Trotskisme et Trotsky c'est un demi paragraphe dans un livre de troisième on n'en parle jamais c'est à dire que même toute la question marxiste etc toute l'histoire de notre camp social n'est n'est pas est totalement absente mais après ça fait partie du même processus de refonte totale de l'éducation nationale et qu'au contraire on va devoir repenser aussi quels sont les programmes qu'est-ce qu'on va enseigner aussi dans l'éducation nationale entre guillemets de demain et ça ça pourra se faire uniquement lorsque notamment la classe aujourd'hui qui domine et qui a l'intérêt justement à ne pas enseigner certaines choses en fait soit totalement dépossédée de ce pouvoir là et je pense que profondément moi j'entends le fait de l'immédiaté souvent avec l'élection on veut demain demain matin ce qu'on fait il faut voir aussi qu'il y a une classe dominante marx disait cette phrase que moi j'adore que la pensée dominante c'est la pensée de la classe qui domine et oui la pensée de la classe qui domine elle va jusqu'au fond de la classe du collégien pour essayer de dès à présent de lui inculquer les valeurs républicaines la citoyenneté l'éducation civique et c'est tout ça on va devoir le reprendre de fond en comble mais ça va devoir se faire avec les historiennes les historiens avec les intellectuels de notre pays pour pouvoir repenser justement un programme
c'est vrai qu'on ne vous a pas beaucoup entendu là-dessus sur les questions d'histoire parce que par exemple on a entendu dans les débats Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour se fighter sur cette question mais c'est pas forcément la question centrale
c'est leur compétence après moi j'ai jamais entendu Jean-Luc Mélenchon parler d'un piquet de grève de la RATP ou du mouvement des gilets jaunes ou de Baba Kargaï qui a pris 5 balles dans le dos alors qu'il était menotté c'est-à-dire que chacun il discute de ce qu'il a envie moi je ne suis pas le plus jeune sénateur de France je suis un ouvrier je travaille en 3-8
Vous êtes complémentaire à la gauche vous devez vous rassembler
non c'est pas un sujet pour vous ?
Non moi je pense qu'il faut se rassembler profondément et moi j'appelle au rassemblement j'étais devant la Sorbonne on a appelé au rassemblement le plus large possible malheureusement il manquait beaucoup beaucoup de monde l'unité dans l'action toujours moi je suis pour l'unité la plus large possible je considère que quand il y a des fachos quand on est menacé lorsqu'on est opprimé lorsqu'on voit que tout augmente je considère qu'on doit s'unir et que le problème c'est que l'union souvent on la pose uniquement d'un point de vue électoral derrière un homme ou une femme providentielle et que moi je dis que c'est pas ça en fait l'unité la vraie unité véritable elle est dans la lutte elle est quand on est par en bas en fait où est-ce qu'on est à ces moments-là et moi c'est cette unité-là en fait que je prône et je prône aussi le fait que les uns et les autres ont le droit de porter légitimement leur programme leur projet Jean-Luc Mélenchon il a son programme il a l'avenir en commun il fait des meetings aussi qui sont importants mais je veux dire par là c'était une réponse par rapport au fait que moi je me fixe pas sur l'agenda de ces politiciens professionnels au contraire c'est à nous de reprendre aussi notre agenda
Aujourd'hui vous vous présentez quand même à l'élection présidentielle Oui mais je me présente pas à l'élection présidentielle Non mais Rémi
je me présente pas à l'élection présidentielle des partis politiques professionnels c'est-à-dire qu'au contraire je suis en train d'expliquer que trop souvent on nous a dépossédés de la politique on nous a fait croire que la politique c'était la chasse gardée de quelques groupes de quelques partis et que c'était de cette façon-là et qu'au contraire au final on se dit mais mince ces gens-là ne parlent jamais de nos vies parce qu'ils sont un milieu de nos vies parce que oui quand tu t'appelles Valérie Pécresse et que ton mari a des liens avec Alstom que tu es présidente de région ancienne ministre sous Sarkozy bah oui t'en as rien à faire de savoir que la baguette elle a augmenté de 5 centimes t'en as rien à faire de savoir est-ce qu'il faut adapter un poste d'aiguillage par contre nous au contraire par en bas on est capable de repenser en fait tout ce que devrait être la politique mais pour nous et que souvent trop souvent c'est pas une question de esquiver des sujets ou de pas aller c'est que volontairement je considère qu'il n'y a personne qui me dicte mon agenda ni Zemmour ni aucun politicien professionnel et qu'au contraire notre agenda il devrait être de répondre à des questions politiques qui concernent nos vies au quotidien et nos vies aujourd'hui la centralité c'est la question des inégalités sociales raciales qu'on vit au quotidien c'est cette urgence climatique qui est là c'est cette crise sanitaire dont on ne sait même pas si demain il ne va pas y avoir un nouveau variant Omicron bis ou je ne sais quoi qui va changer et chambouler toutes ces choses là c'est comment on remet aussi de la démocratie dans le pays et qu'on évite justement cette politique professionnelle où il y a des gens qui sont déconnectés et au final il y a des gens qui partent en bas sont en première ligne et qu'au final il n'y a rien qui est fait pour eux
Violette, Pierre
une dernière question
Oui, j'ai l'impression que ce qui est porté par votre programme c'est la fin de l'infantilisation en fait surtout c'est-à-dire une sorte de réappropriation des questions par les personnes principalement concernées on avait plein de questions à vous poser sur les parrainages etc mais bon peut-être que c'est celle-ci qui finalement englobe le plus les autres qu'est-ce que vous allez rapporter de cette expérience là de la campagne présidentielle sur les piquets sur lesquels vous continuerez à vous rendre dans les luttes sur lesquelles enfin voilà dans lesquelles vous continuerez à rencontrer des personnes qui sont en combat quotidien qu'est-ce que vous allez leur dire de cette campagne est-ce que vous leur dire que ça valait le coup est-ce que vous leur direz que finalement c'était beaucoup d'énergie pour pas grand-chose est-ce que voilà vous commencez déjà peut-être à tirer un premier bilan de cette campagne même si elle n'est pas complètement terminée aujourd'hui
non d'une part elle n'est pas elle n'est pas complètement terminée nous on va se battre jusqu'au bout pour obtenir les 500 parrainages qu'il va falloir aussi que cette gauche qui souvent se préoccupe de la montée de l'extrême droite elle puisse aussi se dire quand on parle d'unité Pierre c'est aussi l'unité pour aider parce que c'est facile l'unité votée pour moi mais ça serait bien aussi de faire un peu d'unité lorsqu'on sait qu'il y a des candidats comme moi comme Philippe Poutou et d'autres qui galèrent aujourd'hui à avoir les parrainages et que certains faut pas se mentir ils pourraient claquer des doigts et nous permettre de pouvoir être là je considère qu'aujourd'hui la meilleure réponse qu'on pourrait apporter en tout cas
pour l'instant avoir leur parrainage oui mais Anne Hidalgo il faudrait qu'elle donne les parrainages
à Nascasib Anne Hidalgo a dépassé déjà les 1000 parrainages
elle y est parvenue comment Nathalie Arthaud de l'Utouvrière pourtant il est parvenue sans trop de difficultés
Fabien Roussel aussi il y a des élus PC enfin je pense que on ne demande pas je veux dire par là juste pour que les gens ils comprennent on a fait plus de 7000 mairies c'est à dire qu'on a fait le travail on a fait des meetings et autres le problème c'est qu'il y a des pressions tellement importantes politiques et de subventions qu'au final c'est difficile maintenant on pourrait
est-ce qu'il faut réanonymiser justement ces parrainages puisqu'ils ne le sont plus il y a ça
mais pour les deux semaines là la réponse est inutile dans le sens où ce que nous on a besoin aujourd'hui c'est que si il y a des personnes qui sont parmi les partis politiques qui sont soucieuses de l'extrême droite etc de se dire qu'ils avaient aujourd'hui un candidat à la présidentielle qui est issu de l'immigration qui est une voix vivante de ce qu'est le racisme d'état qui est une voix vivante de ce qu'est l'islamophobie de ce qu'est le racisme que prône justement parce que moi on a placardé des affiches avec écrit 0% français 100% walkie 100% islamiste dans tout le quartier latin donc je veux dire par là que face justement à ces Zemmour face à ces Le Pen face à tout ce discours là à minima il pourrait se dire peu importe on a tous nos agendas on a tous notre programme mais peu importe ce gars là il s'est battu depuis 6 mois pour porter une voix qui mérite d'être là il parle notamment à la jeunesse au quartier populaire et cette voix là elle mérite d'être là et ils pourraient tous faire ne serait-ce qu'un petit effort de dire on va tous lui donner 50 parrainages chacun et on va permettre qu'Anna Skazib il puisse être là on va permettre que Philippe Poutou il puisse être là que ces ouvriers que ces travailleux ces travailleurs qui portent un discours aussi à rebours des grands discours ils puissent être là
vous leur demandez de sortir de l'état d'esprit de concurrence dans lequel chacun incarnant quelque chose ne va pas donner la possibilité aux autres d'aller disons manger les voisins lui manger la laine sur le dos là vous demandez un effort de solidarité qui est structurellement impossible dans une campagne présidentielle
bah si moi je considère qu'au contraire si on est préoccupé par le sort des vies humaines si je peux dire de cette manière là de celles et ceux qui demain vont être confrontés à l'extrême droite qui va être confronté à l'extrême droite c'est la bourgeoisie non c'est les gens des quartiers populaires c'est les gens d'en bas c'est nous qui vivons l'extrême droite c'est nous qui c'est les femmes qui portent le voile qui aujourd'hui je pense notamment aux hijabeuses qui sont interdites de jouer au foot c'est la jeunesse des quartiers populaires qui a des clés
je précise parce que les gens ne savent peut-être pas qui elles sont donc ce sont des femmes qui jouent au foot en portant un foulard
et qui portent le voile et ce sont les cas comme Adama Traoré comme Cédric Chouvia et d'autres qui vivent le plaquage ventral qui vivent la clé d'étranglement c'est nous qui voyons ces choses-là au quotidien et je pense qu'on mérite aujourd'hui si on veut vraiment être sincère et dire qu'on veut aussi que ces gens-là s'intéressent à la politique même pour demain il faut pouvoir aider on ne peut pas juste dire l'unité c'est l'unité derrière moi et ça m'arrange bien que tu n'aies pas tes 500 parrainages mais la vraie unité c'est de se dire qu'on peut porter aussi des discours
sauf Kadaskazi mais ce sera la dernière question je vais essayer de faire vite on voit bien qu'aujourd'hui la stratégie qui est celle de la gauche qui est une gauche très dispersée très fragmentée avec évidemment l'ensemble des sensibilités qui doivent s'exprimer dans cette campagne et on souhaite évidemment que vous ayez vos parrainages pour représenter votre courant votre courant politique en tout cas moi à titre personnel je l'ai dit publiquement peut-être que cette émission sera utile aussi elle s'adressera aussi à un certain nombre d'élus locaux qui pourront vous soutenir mais on voit bien qu'aujourd'hui la gauche est totalement absente on voit bien qu'aujourd'hui le jeu politique de cette présidentielle se joue entre la droite et l'extrême droite que les 4 premiers candidats c'est la droite et l'extrême droite que la gauche aujourd'hui ne pèse pas grand chose elle pèse pleinement 25% et que donc votre stratégie qui est de représenter chacun vos propres courants elle est mortifère pour les gens dont vous venez de parler les étrangers qui vont être expulsés demain les salariés qui vont être licenciés demain ces gens-là ils ne seront pas représentés ni au second tour et peut-être même dans le match d'après au moment de l'élection législative donc je vais finir ma question pardon qui était déjà beaucoup trop longue mais finalement si vous n'arrivez pas et encore une fois je ne le souhaite pas mais si vous n'arrivez pas à obtenir vos parrainages comment vous souhaiteriez être utile comment votre mouvement votre candidature souhaiterait être utile elle le sera pour Nathalie Arthaud elle le sera pour Philippe Poutou elle le sera pour Fabien Roussel pour Yannick Jadot pour Jean-Luc Mélenchon
non mais pour le moment enfin nous on va aller jusqu'au bout après de toute façon on ne va pas se dérober si on n'a pas les 500 parrainages et qu'il faudra soutenir une des candidatures vous soutiendrez
Philippe Poutou Nathalie Arthaud
au régional on avait appelé à voter lutte ouvrière enfin nous on n'a pas c'est à dire que même si on a des désaccords etc je parlais des hijabeuses mais j'ai un désaccord profond avec ce qu'a dit Nathalie Arthaud au micro de Mathieu Mollard de Street Press enfin à un moment donné mais ce n'est pas l'objet de la réponse mais je veux dire par là que nous on ne va pas se dérober à ça maintenant ce n'est pas ma responsabilité l'état de la gauche aujourd'hui c'est à la gauche de se poser la question et moi je considère que la gauche elle n'est pas spécialement aujourd'hui dans les urnes et dans l'élection mais que pendant les 5 années en réalité la gauche elle était plutôt dans la rue et il y en a plein qui commencent à voir qu'au contraire quand on a eu le mouvement des gilets jaunes la réforme des retraites du ferroviaire quand on a eu des marches pour le climat quand on a eu des marches contre les violences sexistes sexuelles faites zo-femmes etc des mouvements LGBT sont immenses après la mort de George Floyd on peut s'accorder 5 secondes de se dire que tout ce beau monde qui a lutté pendant 5 années à un moment donné il est plutôt apparenté au moins à la gauche sinon parfois même à l'extrême gauche et que c'est à ces gens-là en fait avec qui on doit construire et moi ma présence
ces gens-là qui vous le reconnaissez ne trouvent pas une traduction politique en ce moment
mais moi je pense que si j'étais sur cette fameuse ligne de départ en 2022 je pense qu'il y en a plein qui se retrouveraient parce que la preuve en est qu'ils ne se sont pas dit Anna s'y arrivera pas alors je ne me déplace pas à son meeting au contraire ils viennent dans les meetings encore il y a quelques jours j'étais à Rennes on n'a personne à Rennes je veux dire par là révolution permanente n'existait pas à Rennes on fait une réunion avec plus de 150 personnes dans le quartier populaire de Villejean donc à un moment donné il faut voir aussi que cette parole-là elle peut s'exprimer dans cette élection présidentielle elle peut donner l'envie à plein de gens de s'intéresser et de venir et de participer à cette vie politique durant cette période-là mais bien après c'est ce que je disais tout à l'heure et ce que disait mon camarade Youssef Brachny c'est ce bloc de résistance et ce bloc révolutionnaire pour la suite et nous on a envie que notre discours il dialogue profondément et que si demain on avait la possibilité d'être présent sur cette ligne de départ dans les débats dans les émissions de télé et qu'on pouvait marteler en fait notre discours et montrer à quel point il peut être offensif dans la période comme le veut Zemmour de sa manière c'est-à-dire de dire à quel point il y a un choc civilisationnel que ça ne peut pas se faire de manière pacifique ce monsieur qui est condamné et qui est un multirécidiviste condamné pour haine raciale et haine religieuse qui a 150 heures de temps de parole qui vient dans les micros de France Inter on dit France Inter c'est la gauche c'est le service public mais France Inter jamais de la vie ils m'ont appelé mais par contre ça ne les dérange pas de donner la parole à un gars qui est un raciste notoire qui est un facho en fait et qui vient distiller la haine par contre nous par en bas qui sommes là pour construire pour coordonner pour faire en sorte que les gens ils relèvent la tête ils aident l'espoir dans l'avenir on ne nous donne pas la parole donc moi je pense et c'est ce dernier message que je voulais transmettre c'est un message de combativité de détermination et que personne nous fera courber les Chines personne nous fera baisser la tête qu'on ait les 500 parrainages ou qu'on ne les a pas qu'ils le sachent révolution permanente et moi-même on sera toujours là en 2022 et bien après
c'est la fin de cette émission merci à vous Anaskazi bon d'avez plein de questions qu'on espérait vous poser je reviendrai avec les 500 la prochaine fois j'espère pendant la campagne présidentielle merci merci également à toutes les équipes de Radio Parleur de Regards de Street Press et du Média merci à vous aussi parce que vous étiez très nombreux pendant ce live à nous regarder et je le rappelle n'hésitez pas à partager à liker et même à commenter cette émission ça nous aidera ça nous fera du bien bonne soirée à la semaine prochaine 19h toujours en direct et surtout n'oubliez pas soutenez les médias indépendants
on a quasiment un suicide de paysans tous les jours il n'y a pas de transition écologique sans lutte de classe mais il n'y a pas non plus de transition écologique sans internationalisme je vous le dis comme je le pense je trouve qu'il y a là-dedans beaucoup de la maturité je suis candidate à la présidence de la république l'écurement de la frustration et quand il y a une élection on se dit ben oui on y va aussi parce que ça fait partie du combat pour défendre le pouvoir d'achat c'est d'abord d'augmenter les salaires un SMIC à 1800 euros brut
si les élections menaçaient l'ordre social existant je peux vous dire que du jour la main elle sera interdite
nous allons lancer dès aujourd'hui un programme de nouveaux réacteurs nucléaires 14 EPR en avant c'est la fête nous on ne veut plus en voir un seul dans les allées du pouvoir le sort des femmes se règle autour d'une discussion bien virile d'homme à homme l'enseignement supérieur n'a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants qui est beaucoup plus financée sur l'argent public que partout dans le monde l'université ne sera pas privatisée ne se fera pas par l'argent ne se fera pas
et se fera pas pour la suite la suite de nouveaux récord
Anasse Kazib