Alain Joyandet : " Saint-Pierre-et-Miquelon c'est la France " - Vidéo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:40OuverteRéponse directe
Est-ce que dans ce contexte de tensions internationales, il y avait nécessité qu'Emmanuel Macron aille à Saint-Pierre-et-Miquelon réaffirmer que l'archipel est un territoire français ?
- 4:16OuverteRéponse directe
Monsieur le sénateur, en quoi Saint-Pierre-et-Miquelon est un territoire stratégique pour la France ?
- 5:38OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes favorable au fait que le Canada devienne membre associé de l'Union européenne ?
- 7:11RelanceRéponse directe
Et votre réponse ?
- 7:31FerméeRéponse partielle
Il faut se réjouir de cet accord sur le Groenland ?
- 8:08OuverteRéponse directe
Est-ce que là, on n'est pas en train de renforcer notre dépendance vis-à-vis des États-Unis ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35InvitéFait
« ils ont affirmé défendre la souveraineté de leur territoire. »
- 1:53InvitéFait
« une partie de la France n'est tout simplement plus. La France, la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon, tout est passé sous pavillon américain. »
- 2:20InvitéFait
« Donald Trump, il nous a annoncé à Paris un acte de paix quasiment et d'accord avec l'Iran. Et huit jours plus tard, la guerre reprenait de plus belle. »
- 2:45InvitéFait
« la doctrine dite Monroe, une doctrine qui date de 1823 et qui dit aux Européens, vous êtes gentils, mais à partir de maintenant, le continent américain n'est plus votre terrain de jeu. »
- 4:31InvitéFait
« Le territoire, je rappelle qu'on est à quelques encablures du Canada, 25 kilomètres, 28 kilomètres, 4800 kilomètres de la France. »
- 5:43InvitéFait
« l'Europe est en train de se rabougrir. »
- 7:21PrésentateurFait
« Garantir pour toujours, en majuscule, l'entière capacité de faire ce qui est nécessaire au Groenland afin de sécuriser et de défendre la sécurité du Groenland et des États-Unis. »
- 8:40InvitéFait
« j'ai eu l'honneur de participer au gouvernement, on parlait à M. Poutine. »
- 9:18InvitéFait
« compte tenu de la situation qui s'est dégradée depuis maintenant une bonne dizaine d'années. Et tout particulièrement depuis 2022. »
- 10:41InvitéFait
« on en est toujours à l'Ukaz du Canada, qui avait mis, je crois, qui a pris une décision très négative pour nous concernant notamment la morue. »
- 12:05InvitéFait
« Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est la France. »
- 13:41InvitéFait
« Les projets canadiens de gaz naturel liquéfié peuvent contribuer et sont importants pour notre Europe. »
Temps de parole
- Invité56 %
- Présentateur21 %
- Invité 210 %
- Alain Joyandet6 %
- ?4 %
- Invité 33 %
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– Alain
Jorionda, vous êtes sénateur à l'air de la Haute-Saône,
membre
de la Commission des Affaires étrangères du Sénat et ancien secrétaire d'État à la coopération et à la francophonie. C'était sous Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron, qui est donc à Saint-Pierre-et-Miquelon, avec pour la première fois sur le territoire le Premier ministre canadien. Souveraineté, énergie, climat, les enjeux de la visite sont importants et le message à Donald Trump aussi. Dans une conférence de presse commune hier, on l'a entendu, ils ont affirmé défendre la souveraineté de leur territoire. Est-ce que dans ce contexte de tensions internationales, il y avait nécessité qu'Emmanuel Macron aille à Saint-Pierre-et-Miquelon réaffirmer que l'archipel est un territoire français
? –
Stratégiquement, c'est important. C'est un voyage avec trois dimensions au fond, parce qu'il
y a
Saint-Pierre-et-Miquelon, on n'en parle pas, mais qui attend un certain nombre d'annonces. Le port de Saint-Pierre menace de s'écrouler notamment, il faut faire quelque chose, on a un bateau là-bas. Il
y a
une deuxième dimension qui est la relation entre le Canada et la France. Moi,
je
m'en réjouis, en tant qu'ancien chargé de la francophonie, je vois cette relation plutôt chaleureuse, donc c'est bien. Et puis la troisième relation, la plus impressionnante,
c
'est le fait que l'on redessine, on est en train de redessiner l'Union européenne, parce que ce statut de membre associé qui a été proposé au Canada, et le Canada qui a l'air d'être d'accord avec cela, c'est quand même un événement stratégique très important.
On
va revenir dans les détails sur cette visite, parce que Steve, il faut le dire, il y a quelques jours, Donald Trump a publié une carte assez stupéfiant.
Oui, on va le voir, Auriane, sur cette carte, une partie de la France n'est tout simplement plus. La France, la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon, tout est passé sous pavillon américain. Alors, on n'est pas seul dans ce cas. Le Canada, on le voit, le Mexique, le Groenland, l'Islande, tout devient américain. Cette carte a été publiée très exactement le 7 septembre sur le réseau True Social. Elle n'a aucune valeur, évidemment, en droit international, mais elle dit quelque chose peut-être de la vision du monde de Donald Trump.
C'est-à-dire
?
Le président américain n'en est effectivement pas à son coup d'essai. Depuis son retour à la Maison-Blanche, il parle sans cesse de territoires qui ne lui appartiennent pas. Il voulait, par exemple, le Groenland, avec lequel un accord de sécurité a finalement été conclu ce week-end. Il a menacé de reprendre le contrôle de Panama. Il a aussi évoqué le Canada comme un nouvel État des États-Unis. Et puis surtout, en décembre de l'année dernière, son administration a ressuscité une vieille doctrine, la doctrine dite Monroe, une doctrine qui date de 1823 et qui dit aux Européens, vous êtes gentils, mais à partir de maintenant, le continent américain n'est plus votre terrain de jeu.
Ne vous mêlez plus de nos affaires. Deux siècles plus tard, Oriane, la stratégie de sécurité nationale de Trump revendique la prééminence américaine dans tout l'hémisphère occidental. L'administration parle même d'un corollaire Trump à la doctrine Monroe. Et
c'est là que la France entre dans l'histoire.
Oui, parce qu
'on
l'oublie parfois, mais la France est aussi une puissance américaine avec la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Bertélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon. Nous sommes présents dans cet hémisphère que Trump considère comme la zone d'influence naturelle des États-Unis. La carte publiée par le président américain n'est donc pas un plan d'invasion, mais elle dit quelque chose de la nouvelle attitude de l'administration américaine à notre rencontre. À son arrivée à Saint-Pierre-et-Miquelon ce week-end, Emmanuel Macron a réagi à cette carte publiée par Donald Trump.
Les
projets canadiens de gaz naturel liquéfié peuvent contribuer
et
sont importants pour notre Europe
et
contribueront à ouvrir de nouvelles perspectives entre nos deux pays.
Ce
n
'est pas le bon sonar. On va parler de la question des hydrocabures dans quelques instants, mais on va réécouter Emmanuel Macron samedi à son arrivée à Saint-Pierre-et-Miquelon.
C
'est une évidence pour nous que c'est un territoire français
et
un territoire attaché à la France. c'est fier d'être français comme nous le sommes. Donc nous y sommes attachés, il n
'y a
pas de débat, il n
'y a
pas de discussion. Monsieur le sénateur, en quoi Saint-Pierre-et-Miquelon est un territoire stratégique pour la France ? Parce qu'on est dans le nord atlantique et c'est quand même un territoire tout à fait singulier pour notre rayonnement. Le territoire, je rappelle qu'on est à quelques encablures du Canada, 25 kilomètres, 28 kilomètres, 4800 kilomètres de la France. Pour nous, c'est vraiment une position avancée. Et donc, dans la période que nous vivons actuellement, ce petit territoire qu'on avait tendance à oublier devient dans la bouche du président de la République un territoire stratégique. Et c'était important pour lui d'aller sur place, de faire cette visite
? D
'ailleurs, il n'y était pas encore allé. C'est pour ça. Je crois qu'avec cette visite, il aura fait le tour de l'ensemble des territoires d'outre-mer. Et donc, je crois que oui, c'était bien que le président français aille. Le fait que ce soit la première visite du Premier ministre canadien sur ce territoire-là, territoire français, que c'est notre seule frontière avec le Canada, bien éloignée, mais frontière quand même. Je pense qu'il
y a
dans la stratégie du moment quelque chose qui est un peu historique.
Et cette phrase, hier en conférence de presse, nos pays sont deux grandes nations indépendantes et qui veulent le rester. Emmanuel Macron, qui a également défendu un rapprochement hier soir, heure de Paris, entre le Canada et l'Union européenne. Est-ce que vous êtes favorable, vous, au fait que le Canada devienne membre associé de l'Union européenne ? Il faut aller jusque-là
?
Écoutez, l'Europe est en train de se rabougrir. On voit bien que les membres historiques de l'Europe ne sont pas tous sur la même ligne, sur le plan stratégique. Donc le fait que l'Europe aille chercher des alliances un peu plus loin, fondées d'ailleurs sur la base de valeurs et pas sur autre chose. D'ailleurs, ça a été rappelé par les présidents de la République, sur les valeurs démocratiques, les grandes valeurs qui ont fondé aussi notre pays, la séparation des pouvoirs. Enfin, voilà, on est sur le rapprochement sur des valeurs et pas sur des rapports de force. C'est plutôt positif.
Malgré les menaces de Donald Trump, ça ne lui a pas du tout plu à Donald Trump, cette histoire de deux membres associés.
Ils
menacent de cesser toute relation commerciale avec l'Union européenne.
Oui,
mais
enfin, Donald Trump et Donald Trump. Donald Trump, il nous a annoncé à Paris un acte de paix quasiment et d'accord avec l'Iran. Et huit jours plus tard, la guerre reprenait de plus belle. Donc,
c
'est Donald Trump la vraie question pour moi sur le plan de l'évolution de l'Europe, sur le plan de l'évolution du monde. Est-ce qu'on est dans un phénomène passager ? La position des États-Unis est-elle un phénomène passager avec la présidence Trump ? Et est-ce qu'après, on va revenir à des relations internationales normales ? Ou bien est-ce qu'on est complètement, structurellement, dans des nouveaux rapports de force entre les grandes puissances mondiales et l'Europe ? C'est ça la question.
Et votre réponse
? Ma
réponse, je crains qu'on soit plutôt dans quelque chose de durable. Voilà.
Puisqu'on parle de Donald Trump, ce week-end, Donald Trump a annoncé, si vous le rappelez, un accord avec le Danemark sur le Groenland. Il a obtenu un contrôle permanent sur la sécurité du territoire avec une présence militaire renforcée.
Je
le cite,
«
Garantir pour toujours, en majuscule, l'entière capacité de faire ce qui est nécessaire au Groenland afin de sécuriser et de défendre la sécurité du Groenland et des États-Unis ». Il faut se réjouir de cet accord ?
Pardon ?
Il faut se réjouir de cet accord ?
D'abord,
il
faut être sûr qu'il est réel. Déjà, je pense qu'il faut être sûr que c'est solide et que les choses ne sont pas, une fois de plus, un peu enjolivées. Donc, voilà. Moi, je ne sais pas aujourd'hui exactement. J'ai écouté, j'ai bien écouté très tôt ce matin, les différentes annonces. Je n'ai rien entendu de concret, de spectaculaire. Donc, je pense qu'il faut être très prudent.
Mais
à quel prix ? Est-ce que là, on n'est pas en train de renforcer notre dépendance vis-à-vis des États-Unis au moment, justement, où Emmanuel Macron prône une indépendance, une autonomie stratégique
? Je
pense qu'on a tout intérêt à renforcer notre indépendance. C'est la vision gaulliste.
Mais avec cet accord, on ne renforce pas notre dépendance plutôt que notre indépendance
?
Non, je ne pense pas. Je pense que nous avons tout intérêt à parler à tout le monde. Ça a toujours été la ligne diplomatique de la France. La France parle à tout le monde. Et depuis quelques temps, hélas, avec des prises de position
que
l'on peut contester, hélas, nous ne parlons plus à tout le monde. Et l'Europe s'isole de plus en plus. C'est ce qui explique, d'ailleurs. À quoi vous êtes référente, juste ? On ne parle plus à tout le monde ? Quand vous dites qu
'on
ne parle plus à tout le monde
?
Vous savez,
quand
j'ai eu l'honneur de participer au gouvernement, on parlait à M. Poutine. Et puisque l'on parle de statut d'associé pour le Canada, à l'époque, on parlait de statut d'associé pour la Russie.
Je
rappelle que le général parlait de l'Europe, de l'Atlantique à l'Oural.
Mais
c'est encore possible. Je rappelle juste
que vous êtes président du groupe d'amitié France-Russie, ici au Sénat. Donc, vous suivez ces questions. C'est encore possible, pardon, de parler aujourd'hui à Vladimir Poutine
?
Pour l'instant, ce n'est plus possible, compte tenu de la situation qui s'est dégradée depuis maintenant une bonne dizaine d'années. Et tout particulièrement depuis 2022. Mais il faudra bien qu'un jour, la France reparle à la Russie. La Russie, c'est notre voisin. Et bon, moi, j'ai dit sur votre plateau il
y
a très longtemps, concernant la guerre entre la Russie et l'Ukraine,
que
j'étais quand même très réticent et que je ne voyais pas où c'était notre guerre. Bon, alors, je n
'ai
toujours pas très bien compris ce qui se passe. Ce que je constate, simplement, c'est que tout ça, ça fait bouger considérablement les plaques et qu
'on
voit bien que les alliances sont en train de changer. Et toute la question, est-ce que ça va durer ou est-ce qu'on va appeler vraiment à la paix entre l'Ukraine et la Russie ? Parce que c'est la paix qu'il nous faut entre l'Ukraine et la Russie pour améliorer...
Est-ce que Vladimir Poutine veut la paix
? Est-ce qu'il veut la paix, Vladimir Poutine
?
Quand on veut la paix, il faut parler avec celui qui fait la guerre. Parce que si on ne se parle pas, si on ne se parle pas, on ne peut pas faire la paix. Et moi, je garde une vision gaulliste et un objectif gaulliste de ce que devrait être l'Europe.
–
Si, bon, on va revenir, parce qu'il y a d'autres enjeux de cette visite d'Emmanuel Macron à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Notamment
sur la question de la pêche,
ce
que vous vouliez demander.
– Oui, oui, non, parce qu'avec le Canada, effectivement, on n
'a
pas toujours été très amis. Il y
a
eu des problèmes, justement, au niveau de la pêche. Est-ce que cette page est vraiment derrière nous ?
Est
-ce que cette page est tournée
? –
Je crois que les présidents ont annoncé ce matin travailler aussi sur le sujet. Mais pour l'instant, on en est toujours à l'Ukaz du Canada, qui avait mis, je crois, qui a pris une décision très négative pour nous concernant notamment la morue. – Le début des années 90.
–
Voilà,
il y a 92. – En 92, Emmanuel
Macron l
'a rappelé hier. – C'est 92, exactement.
–
Avec
l'arbitrage aussi, soutenu par le Canada du tribunal américain concernant nos eaux territoriales, puisque du coup, là, on a eu une mauvaise décision pour nous, qui a considérablement réduit notre influence autour de Saint-Pierre-et-Miquelon, justement. Et j'espère qu
'on
va pouvoir reparler de tout cela, puisqu'il nous faut
une
influence là-bas, c'est ce que dit le président Macron. Et on ne peut pas être influent à Saint-Pierre-et-Miquelon, avec des eaux territoriales qui sont complètement rabougries. Et puis, un bateau français là-bas aussi. Donc, il faut qu'il se passe quelque chose si on veut pouvoir dire que l'on a une influence dans le Nord-Atlantique, notamment à proximité du Canada. Et si on veut un tout petit peu balancer les annonces de Donald Trump, qui met le drapeau américain sur l'ensemble du secteur. Il y a Emmanuel Macron et Donald Trump qui doivent se rencontrer aujourd'hui. Quels sont les dossiers, selon vous, qui doivent être prioritaires ? Qu
'est
-ce qu'Emmanuel Macron doit dire à Donald Trump
? Je
pense qu'Emmanuel Macron va redire à Donald Trump que la France est un État souverain. Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est la France. Voilà, je pense qu'il va réaffirmer une fois de plus les valeurs qui sont celles de la France, que le droit est avant la force, alors
que
M. Trump a plutôt tendance à penser le contraire, c'est-à
-dire
la force et ensuite le droit. Je pense que ça,
ça
va être réaffirmé par le président français.
Mais au-delà des mots, est-ce qu'on a les moyens de contrer les valeurs
de Donald Trump ?
On verra, parce qu'il faut attendre ce qu'il va en sortir. Il faut rester optimiste sur ses relations. Mais bon, d'abord le fait qu'il rencontre Donald Trump dans le cadre de l'Assemblée Générale des Nations Unies, c'est tout à fait normal, c'est logique, c'est souvent, ça se passe comme ça, et donc il y aura une rencontre qui va sans doute, pour une partie des échanges, être assez serrée,
parce
que la présence d'Emmanuel Macron sur Saint-Pierre-et-Miquelon,
ça va énerver,
ça énerve un peu le président américain. Mais enfin, on est dans notre droit, et on est sur un territoire français. Donc voilà, il va y avoir une partie sans doute qui va être un peu serrée.
Et
puis, comme toujours à la fin de l'entretien, Donald Trump va serrer la main à Emmanuel Macron, il va dire, mon cher Emmanuel, tu es très bon, etc. Donc c'est aussi toute cette
communication
du président américain avec laquelle il faut faire.
Autre enjeu de la visite à Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est la question des énergies, puisque la hausse des prix à la pompe, ça reste évidemment la préoccupation des Français en ce moment. Se rapprocher du Canada, c'est aussi se rapprocher de ses hydrocarbures. On écoute le chef de l'État.
Les projets canadiens de gaz naturel liquéfié peuvent contribuer
et
sont importants pour notre Europe
et
contribueront à ouvrir de nouvelles perspectives entre nos deux pays. Et nous avons là aussi entamé une discussion bilatérale avec M. le Premier ministre sur des projets très concrets. Je veux en remercier d'avoir si vite répondu à notre demande sur les produits les plus sensibles, pour pouvoir bâtir des solutions ensemble, le Canada étant un grand pays producteur.
–
Se rapprocher du Canada, c'est aussi une manière de sécuriser notre approvisionnement énergétique et de faire face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient ?
– Bien
sûr, au Moyen-Orient et en Ukraine. Donc il faut chercher partout où nous avons des solutions de remplacement. Et l'avantage d'avoir ce territoire français qui nous facilite cette relation avec le Canada, c'est une piste. C'est une piste sur le long terme.
Ce
n
'est
pas demain que l'on aura la solution.
–
Mais c'est bien du coup qu'Emmanuel Macron anticipe et voit à long terme
? –
Je
crois qu'à chaque fois qu'on a une recherche de solutions par rapport à un énorme problème, nous avons quand même un énorme problème d'approvisionnement compte tenu de la nouvelle situation géopolitique. Donc le fait de chercher des solutions de remplacement, ça ne peut aller que dans le bon sens.
– On
va regarder les unes de la presse régionale, Alain Juyandé. Il est question là encore évidemment des prix à la pompe.
C
'est la une du progrès, prix du diesel, le trop-plein avec la hausse sans fin des prix du gazole. Artisans et transporteurs sont particulièrement mis à mal. Une hausse des coûts qu'ils vont devoir reporter sur leurs clients. La deuxième une,
c
'est celle de Corse Matin. Taxe foncière, un poids et un levier. La taxe foncière qui est l'un des impôts locaux les plus directement ressentis par les propriétaires, mais son produit constitue une ressource importante pour les communes. Et puis dernière une,
c
'est celle des dernières nouvelles d'Alsace. Le chancelier Mertz, grand perdant des élections régionales. Deux semaines après la victoire de l'AFD en Saxe-Analte, la CDU de Friedrich Mertz a subi deux défaites cinglantes en Mecklenburg-Poméranie-Occidentale et à Berlin face à l'extrême droite et à la gauche radicale. Le chancelier, plus affaibli que jamais, exclu de démissionner. De quelle une avez-vous envie de nous parler
?
Parmi les trois.
Quelle
une avez-vous envie de commenter
? Je
vais parler de la taxe foncière.
C
'est un sujet qui n'est pas forcément
trop
public. Mais qu'est-ce qui se passe avec la taxe foncière ? On l'avait dit d'ailleurs au Sénat. Quand on a supprimé la taxe d'habitation,
on
a dit que les maires ne vont plus avoir comme seul levier la taxe foncière. et comme la compensation
de
la taxe d'habitation que les communes ont perdue, voilà la conséquence, c'est la taxe foncière qui s'envole. Et il faut le comprendre, c'est pour ça que tant qu'on n'aura pas dans les communes une sorte d'autonomie financière, que l'on puisse décider de nos propres ressources, je pense qu'on va se servir uniquement de ce qui reste. Et c'est la taxe foncière. D'ailleurs, le titre, il est très bien parce qu'on dit que
c
'est un poids. C'est un poids pour le contribuable, mais c'est un levier pour le maire. Donc je crois que le titre résume très bien la situation actuelle.
Et ça a fait partie de vos combats au Sénat ces dernières années. On va revenir sur vos années Sénat, puisque vous vivez vos derniers jours à la Chambre haute. Vous allez quitter le Sénat le 1er octobre. C'est vous qui avez choisi de ne pas vous représenter au sénatorial. Vous allez nous dire pourquoi. On va aller sur votre territoire retrouver Didier Faure. Bonjour Didier. Merci beaucoup d'être avec nous, un reporter régional à l'Est Républicain, ancien directeur départemental de la Haute-Saône. Vous avez donc suivi Alain Joyandé. Vous allez revenir sur ces années de mandat.
Oui,
alors, oui, moi je voudrais saluer Alain Joyandé. Je trouve que c'est un moment particulier de sa carrière, bien sûr. Et puis, à travers lui, c'est effectivement un moment un peu particulier aussi pour la Haute-Saône, parce que c'est le boss, on va dire, de la droite depuis tant d'années en Haute-Saône, en région Beaumont-Franche-Comté. Voilà. Mais j'aurais peut-être une question à la fin. Juste, en fait, avec la poussée du RN, là, ça renvoie à une que vous aviez tout de suite en Allemagne. Mais là, pour le coup, c'est chez nous, en Haute-Saône, en région Beaumont-Franche-Comté. Cette poussée du RN, comment vous la voyez évoluer ?
Comment vous, Alain Joyandé, vous comptez parer aux extrêmes ? Et comment vous allez vous battre pour ça
?
Bonjour Didier Faure. Si on parle de l'élection sénatoriale, je pense que la poussée du RN sera sans doute réelle, mais je ne pense pas que ça puisse changer les équilibres ici au Sénat. Il y aura peut-être un groupe pour le Rassemblement national, mais ça ne va pas changer l'équilibre, en tout cas l'équilibre sénatorial. Quant au département de la Haute-Saône,
on
a déjà deux députés RN, et pour les deux postes, nos deux sénateurs vont être élus dimanche prochain, et je pense qu'il n'y aura pas de sénateur RN, parce qu'au niveau des maires, on n'en est pas encore à la poussée grand public.
Didier ?
On
m
'a dit qu'il ne
fallait
pas
parler des sénatoriales, puisque ça comptait en temps
de parole. On n'en parle plus.
On
n'en parle plus. Alors,
vous avez une question sur la présidentielle
? Il
y
a
peut-être quand même une question, pardon Didier Fort, il
y
a une question à laquelle je n'ai pas répondu, puisque pourquoi, vous m'avez posé aussi, pourquoi je ne me représente pas ? On
va y venir. Je
peux dire pourquoi je ne me représente pas, c'est simplement parce que j'ai considéré que je devais, alors je vais essayer de parler des sénatoriales le plus prudemment possible,
que
je devais transmettre ce mandat à la jeune génération. Didier Fort a dit que j'étais le boss de la droite en Haute-Saône. Je ne vais pas disparaître du paysage politique, parce que c'est ma passion, et je vais donc continuer à être utile là où je serai utile. Mais en tout cas, j'ai considéré que mon rôle était aussi, comme je l'ai fait d'ailleurs, Didier Fort, à la ville de Vesoul, que j'étais maire pendant 17 ans, j'ai transmis à un jeune premier adjoint, on voit qu'aujourd'hui ça marche très bien, Alain Chrétien, et je veux faire la même chose, je l'espère en tout cas, j'espère que les grands électeurs me feront confiance, et feront confiance aux jeunes candidats que je propose.
Je ne citerai pas son nom, pour respecter les consignes que vous m'avez données avant l'émission. Merci ! On
est à six jours de l'élection, donc il faut qu'on respecte les consignes de la campagne. Didier, vous avez eu une autre question, plus sur la présidentielle.
Alors
pas forcément sur la présidentielle, mais plus effectivement sur le positionnement d'Alain Joyandé, parce que moi je vous connais depuis quelques années, je ne
vous
imagine pas une seule seconde effectivement en retraite, il y a deux concepts complètement différents, Alain Joyandé et la retraite. Votre prochain combat d'abord, c'est quoi ? Et ensuite, vous avez été quand même
assez
critiqué quand vous aviez appelé à une alliance, alors c'était un temps donné bien sûr avec le parti d'Emmanuel Macron. Aujourd'hui, c'est quelle ligne que vous aimeriez dans vos prochains combats insufflés ? Et comment vous vous positionnez par rapport au candidat Retailleau
?
Ça
ne fait pas une
question, je suis désolé.
Je réponds à la dernière question tout de suite parce que c
'est
facile. Je soutiens le candidat Retailleau, c'est le président de mon parti, et depuis le début, je suis président du DLR en Haute-Saône, il est candidat, il a été élu par la grande majorité de nos militants, donc je soutiens Bruno Retailleau, et je pense qu'il a un projet pour le pays qui est un projet particulièrement intéressant, dont la France aurait bien besoin.
– Mais juste vous,
pardon, vous avez entendu François Bayrou, par exemple,
qui s
'exprimait hier, lui, il prône une primaire. Est-ce que les Républicains pourront aller jusqu'au bout ? Est-ce qu'à un moment, la droite et le centre vont devoir trouver un candidat commun ?
–
Je pense qu'il faut laisser le temps au temps, c'est toujours difficile, on n'a jamais réussi à fabriquer un président de la République en trois mois. Tous ceux qui ont été présidents de la République ont commencé bien avant, à l'exception d'Emmanuel Macron, pour les questions du dossier Fillon. Donc ça, je pense que sur la présidentielle, il faut être très prudent, les choses peuvent bouger, mais pour l'instant, je soutiens mon président. –
Mais est-ce que
vous faites partie de ceux qui disent « il doit y avoir un bulletin Bruno Retailleau le 18 avril » ou est-ce que vous faites partie de ceux qui disent « il faut qu'Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau se mettent autour de la table, discutent et qu
'ils
n'en sortent qu'un ?
» –
Comme l'a dit le président du Sénat, il faut examiner tout ça avant la fin de l'année pour regarder comment les rapports de force sont en réalité à ce moment-là. On a vu un sondage il n
'y a
pas très longtemps où la présence de Bruno Retailleau au premier tour de l'élection ne gênait pas l'élection de la droite et du centre. –
Tout
ça, ça bouge. Rappelez-vous de toutes les élections présidentielles ne se sont jamais terminées comme on l'avait dit. En tout cas, pour l'instant, moi je soutiens le candidat de ma famille politique parce que j'estime que c'est normal. Sur les autres questions de Didier Faure, sur mes projets, je suis encore conseiller régional
et
je souhaite m'attacher à ce mandat et le faire très très sérieusement. Je pense qu'on a une vraie question, Didier Faure, avec la région Bourgogne-Franche-Comté dans notre secteur, mais pas seulement. Je pense que la fusion des régions est un échec patent et je pense qu'il faut faire quelque chose au niveau régional et il faut à nouveau simplifier ce que nous avons complexifié et il faut faire des économies là où nous avons dépensé énormément d'argent. Voilà, et donc je pense que là il y a un beau combat à mener et c'est le combat que je mènerai.
– Dernière question sur le Sénat, vous êtes arrivé très jeune au Sénat, c'était en 1995, puis vous en êtes parti, vous êtes revenu en 2014 pour faire vos 12 ans de mandat. Si vous aviez, vous deviez nous citer une réussite et un regret, ce serait quoi
? –
La réussite, je pense pouvoir dire qu
'il
y
a
eu plusieurs réussites.
Je
pense avoir pesé sur le groupe, sur un certain nombre de positions.
Je
reviens à Didier Faure, quand j'ai demandé à ce qu'on fasse une… il a parlé d'alliance,
je
n
'ai
pas fait d'alliance avec Macron, mais quand j'ai demandé que les Républicains prennent leurs responsabilités et fassent une coalition, au moment où je l'ai demandé, et ça m'a valu d'ailleurs quelques volets de bois vert, mais au moment où je l
'ai
demandé, si on l'avait fait, à ce moment-là, on avait la majorité absolue et on n'aurait pas traîné une assemblée nationale avec une majorité relative pendant deux ans. Je pense avoir pesé un peu sur le groupe. Et puis, pour mon département, je pense avoir peut-être été quand même utile sur deux ou trois gros dossiers, comme la base aérienne de Luxeuil, le contournement de Port-sur-Saône, pour ceux qui connaissent. J'ai quelques grands dossiers comme
ça. – Pas de regrets ? –
Pardon
? – Vous
partez sans regrets
? –
Non, je n
'ai
pas de regrets, parce que d'abord, je pars, mais je ne meurs pas.
–
Ben non !
–
Tout à l'heure, vous avez parlé des derniers jours,
ce
sont mes derniers jours de
sénateurs. – De
sénateurs !
– Et si Dieu me garde la santé, j'espère pouvoir continuer à être utile et à œuvrer pour mon territoire. –
Merci Alain Joyandais.
– Et mon
pays auquel je suis très attaché, en espérant garder la France gaullienne, gaulliste, que j'aime.
– Merci beaucoup, merci d'avoir été notre invité.
– Merci pour votre invitation. –
Didier Faure, merci d'avoir été avec nous. C'est Annie Gennevard à la Une de l'Est,
Républicain Haute-Saône, aujourd
'hui, deux ans au ministère de l'Agriculture. On va parler de la primaire de la gauche, avec l'un des cinq candidats qui nous rejoint.
C
'était
Emmanuel Norel. – Primaire,
primaire, primaire.
– Sous-titrage ST' 501
Alain Joyandet