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ChroniqueSébastien Gobert· 29 mai 2025 8 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

Négociations Ukraine-Russie: les exigences de Poutine sur l'Otan... concernent-elles l'Otan?

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Sébastien GobertFait
    « Volodimir Zelenski veut aller plus loin, notamment pour ce qui concerne les missiles de moyenne et de longue portée »
  • 7:00Sébastien GobertFait
    « les Russes sont aussi insistants pour que les sanctions soient levées »
  • 8:00Sébastien GobertFait
    « en 2014, les Ukrainiens ne voulaient pas rejoindre l'OTAN à une écrasante majorité »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

On l'a vu ces trois dernières années, les Russes n'ont pas bougé d'un Yota quant à leur demande maximaliste dans la guerre qu'ils mène contre l'Ukraine, là où les Ukrainiens, eux, ils ont dû revoir à la baisse leurs attentes face aux évolutions des situations militaires et géopolitiques, les Russes restent très fermes et constants dans leur demande, mais avec toujours quelques subtilités en fonction des périodes. Et là, ils sont visiblement arrivés avec une nouvelle liste et une demande principale, un engagement clair de l'OTAN que l'organisation ne s'élargira plus vers l'est. Ce qui inclut la Geéorgie, la Moldavie et bien sûr l'Ukraine.

Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette vidéo où on s'intéresse à ces demandes qui ont été révélé par l'agence Reuters et qui seront visiblement discutés lors d'un prochain round de négociation bilatérale, donc entre les Ukrainiens et les Russes et ça sera à Istanbul le lundi 2 juin. Bon, je le dis tout de suite, il n'y a pas grand-chose de nouveau et on voit que depuis 4 mois, il y a beaucoup de paroles mais qui ne sont pas forcément traduites en action. Donald Trump continue de dire tout et son contraire et s'il n'était pas le chef de la première puissance mondiale, on aimerait bien arrêter de l'écouter.

Les Européens promettent des armes et du soutien comme par exemple aujourd'hui à Berlin où le chancelier Friedrich Schmerz a encore une fois confirmé qu'il avait un style beaucoup plus ferme que son prédécesseur Olaf Scholz. Mais ces promesses et les démonstrations de soutien qui peuvent les suivre ne sont pas de nature à renverser le rapport de force sur le terrain. Volodimir Zelenski lui aussi parle dans tous les sens en tentant de motiver les Européens et aussi de se préserver les bonnes faveurs de Trump, au moins dans l'espoir que le président américain ne devienne pas plus hostile à l'Ukraine qu'il ne l'est aujourd'hui.

C'est intéressant d'ailleurs, je le mentionne, Volodimir Zelenski vient de mettre en avant un plan d'augmentation de la production d'armes en Ukraine. On sait déjà que entre 30 et 40 % des armes qui sont utilisées sur les fronts sont produites en Ukraine. Et Volodimir Zelenski veut aller plus loin, notamment pour ce qui concerne les missiles de moyenne et de longue portée.

Mais pour ça, il a les capacités de production puisque l'industrie ukrainienne de défense est véritablement montée en puissance ces deux dernières années, mais il lui manque les fonds et Vladimir Zelenski a besoin de 30 milliards de dollars qui pourraient par exemple venir des actifs russes gelés aux États-Unis et en Union européenne. On sait à quel point cette question a été épineuse et donc autant dire que rien n'est fait. Et donc on est bel et bien dans cette phase de déclaration, de commentaires, de réaction.

Et les actions les plus concrètes, elles sont évidemment sur le terrain. Ce sont les bombardements russes des villes ukrainiennes. Ce sont les raides de drones ukrainien dans la profondeur russe.

Ce sont aussi les combats sur le terrain avec des efforts offensifs russes dans au moins trois secteurs. Mais on n'est pas dans une phase d'action qui serait de nature à inverser le rapport de force sur le terrain et à amener ce conflit plus près d'un dénouement. Et les Russes finalement, c'est pareil. beaucoup de déclarations, beaucoup de réactions à ce qui émane de Washington et beaucoup de demandes.

Et selon l'agence Reuters donc on aurait une nouvelle liste de demandes qui consisterait notamment en un engagement clair de l'OTAN pour que l'organisation ne s'élargisse plus vers l'est, ce qui inclut la Moldavie, la Geéorgie et évidemment l'Ukraine. Boscou exige aussi que l'Ukraine soit neutre géopolitiquement, que des sanctions internationales soient levées et que la question des actifs russes gelés soit réglé et que ces fonds soient rendus à la Russie. Et entre parenthèses, ces deux derniers points, ça montre bien que les sanctions et le gel de ces actifs russes, ça fait beaucoup de mal puisque les Russes sont aussi insistants pour que les sanctions soient levées.

Il y a aussi une autre demande que les russophones d'Ukraine soient protégés. Et ça c'est une vieille rangaen complètement infondée et ça je le sais parce que j'habite en Ukraine depuis déjà suffisamment longtemps et on y parle russe absolument sans souci. Il faudra d'ailleurs que je fasse vraiment une vidéo sur cette question linguistique dans le futur.

Cette nouvelle version des demandes russes, elle rentre dans le cadre de ce qu'on a appelé des memorandums que les Américains ont demandé des deux parties, des Ukrainiens et des Russes pour préparer les prochaines sessions de négociation. L'Ukraine a envoyé son memorandum il y a quelques jours. On n' pas vraiment de détails sur ce qui a été envoyé et les Russes ont préféré eux envoyer directement leur version à l'Ukraine en estimant que les États-Unis n'ont plus grand-chose à faire dans ce processus de négociation.

Et ça c'est pas faux. Maintenant que on voit clairement que Donald Trump n'arrive pas à imposer un cesser le feu et qu'il se refuse aussi à continuer de soutenir les forts de guerre par exemple en mettant encore plus de sanctions sur la Russie. Alors bon, cette liste révélée par l'agence Reuters, elle est intéressante.

Évidemment, on peut se demander où est passé la question du retrait des troupes ukrainiennes du territoire des quatre obblastes que la Russie n'occupe pas encore. Où est passé la question de la démilitarisation ou du changement de régime politique ? Mais c'est peut-être tout simplement que cette liste obtenue par Reuters, elle est parcellaire et elle ne révèle pas toute l'entièreté du document russe.

En tous les cas, même si c'est parcellaire, ça donne à réfléchir parce que d'un côté, ça remet l'OTAN au cœur des préoccupations russes et ça donne du gras à moudre à ceux qui pensent que l'élargissement de l'OTAN vers l'est la cause principale de cette guerre. Et peut-être que effectivement ces trois pays, la Moldaville, la Geéorgie, l'Ukraine, n'ont pas vocation à intégrer l'OTAN, n'intégreront jamais cette organisation. organisation qui de toutes les manières n'est plus exactement ce qu'elle était puisque les États-Unis n'apportent plus la même crédibilité à l'article 5 qu'auparavant.

Mais d'un autre côté dans cette liste, le Kremelin ne parle plus d'un retour de l'OTAN à ses frontières de 1999 et visiblement l'appartenance des États-Baltes ou de la Finlande à l'organisation ça ne le dérange pas du tout. Et pourtant, il faut voir sur une carte que ça place l'OTAN à seulement une centaine de kilomètres de Saint-Pétersbourg. C'est donc très sélectif et le sujet ce n'est clairement pas l'OTAN en tant qu'organisation et les risques sécuritaires qu'elle pourrait causer à la Russie.

Le sujet c'est la capacité de la Moldavie, de la Geéorgie et de l'Ukraine à résister à des agressions futures. Le Kremelin veut être sûr que ces pays ne pourront pas résister aux prochaines phases de son projet impérialiste. Et ça, c'est encore un rappel que la première motivation de cette guerre, elle est politique, elle n'est pas territoriale.

Il s'agit vraiment de subjuguer l'Ukraine tout entière en tant que pays et de nier sa souveraineté pour que la même logique s'applique à des pays comme la Moldavie, la Geéorgie ou encore le Belarus. Et si je me permets de revenir à 2014, en 2014, les Ukrainiens ne voulaient pas rejoindre l'OTAN à une écrasante majorité. Le pays était neutre géopolitiquement dans la continuité de la politique multivectorielle du président Leonid Kouchma.

Et la révolution n'avait rien changé à cela. Et l'accord d'association avec l'Union européenne, c'était d'abord et avant tout un outil économique de modernisation du pays, pas un vecteur géopolitique. Regardez Israël.

Aujourd'hui, on est en train de parler de l'accord d'association entre Israël et l'Union européenne. Et même si Israël en bénéficie depuis de nombreuses années, on peut vraiment pas dire que le gouvernement de Tel Avive soit proeuropéen. En 2014, l'Ukraine était de facto démilitarisée.

Quand les Russes ont occupé la Crimée, on s'était rendu compte qu'il n'y avait plus que 6000 hommes qui étaient en état de combattre. Il n'y avait vraiment plus d'armée. En 2014, il n'y avait aucune sanction internationale contre la Russie.

Et en 2014, comme aujourd'hui, les russophones vivaient en paix comme partie prenante de la société ukrainienne. La question était instrumentalisée politiquement et vous pouvez toujours trouver des témoignages de personnes qui l'ont mal vécu mais au quotidien ça ne posait pas de problème. C'est l'agression russe de 2014 en Crimée et dans le Donbas qui a poussé l'Ukraine à développer son armée, à se rapprocher de ce qu'on appelait jusqu'à encore il y a peu l'Occident et ce dernier à imposer des sanctions.

Et du coup, je me demande si c'est ça la nouvelle liste de demandes russes en vue du prochain round de négociation à Istanbul lundi de juin. Est-ce que ça valait vraiment le coup ? Est-ce que cette guerre de 11 ans, est-ce que ces dizaines de milliers de morts, tout ça pour revenir à une case départ de 2014, est-ce que ça en valait vraiment la peine ?

Voilà, je m'arrête sur cette question qui est évidemment très rhtorique, mais il me semble toujours important de reposer ce genre de base pour replacer ce conflit dans son contexte historique et pour qu'on ne perde pas de vue ses causes profondes. Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. le fil et je vous retrouve très vite.