🔴 Vœux du Premier secrétaire Olivier Faure
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:30Olivier FaureFait
« L'audiovisuel public n'est pas un problème pour la démocratie. Il en est un des piliers. »
- 11:20Olivier FaureFait
« L'extrême droite prospère sur ce brouillage. Non pas parce qu'elle apporterait des solutions crédibles, non, mais parce qu'elle transforme les peurs en automatisme »
- 15:20Olivier FaurePromesse
« Les pensions et les prestations sociales seront bien indexées sur le coût de la vie »
- 15:30Olivier FaurePromesse
« Les franchises médicales ne seront pas doublées et la réforme borne a été suspendue »
- 15:40Olivier FaureChiffre
« Les travailleurs entre 1 et 1,4 SMIC verront leur prime d'activité augmenter en moyenne de 50 € »
- 15:50Olivier FaureChiffre
« 150000 personnes sortiront du seuil actuel de pauvreté »
- 16:00Olivier FaurePromesse
« Les étudiants iront manger au CRU pour 1 € »
- 16:10Olivier FaurePromesse
« Les APL seront dégelés. Le logement social revalorisé »
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Mesdames et messieurs, chers amis de la presse, je veux pour commencer évidemment vous adresser mes vœux les plus sincères pour l'année qui s'ouvre. des vœux de liberté, d'indépendance, de rigueur et aussi de courage. Car dans les moments que nous traversons, informer n'est plus seulement un métier, mais une responsabilité démocratique majeure.
Si nous sommes réunis ce soir, ce n'est pas simplement pour honorer un rituel républicain, c'est aussi parce que nous sommes entrés dans une année, je crois, de vérité. Une année où le monde est traversé par des violences profondes. Une année où la France doute doute de ses propres équilibres.
Une année où la démocratie elle-même est mise à l'épreuve, parfois frontalement, parfois plus insidieusement. À cet égard, la commission d'enquête visant l'audiovisel publique n'est pas un simple détail parlementaire. Elle constitue un signal démocratique préoccupant car il existe une différence entre intimider et contrôler, entre évaluer un service public et mettre en cause l'indépendance de ces rédactions.
L'audiovisuel public n'est pas un problème pour la démocratie. Il en est un des piliers. Parce que c'est en garantissant des exigences d'indépendance, de pluralisme et de rigueur qu'il contribue à protéger l'ensemble de l'écosystème de l'information et donc tous les journalistes indépendants, quel que soit leur statut ou leur support.
Dans un paysage médiatique fragilisé, soumis à de fortes contraintes économiques, le service public de l'information joue un rôle irremplaçable, celui du temps long, de la vérification, de la hiérarchisation des faits. Et quand le pouvoir politique commence à suspecter l'information elle-même, ce n'est jamais le pluralisme qui progresse, c'est la défiance. Défendre l'audiovisuel public, ce n'est pas défendre une corporation, c'est défendre un bien commun démocratique.
Et c'est un modèle de société qui est en jeu, un modèle démocratique qui fait le choix de l'information libre, indépendante et exigeante parce qu'il considère que sans fait établi, sans source identifiable, sans responsabilité éditoriale, il n'y a ni débat public éclairé ni liberté durable. Nous vivons une époque où la violence ne s'exprime plus seulement par les armes. Elle se casse donc aussi sur les mots, sur les images, celles que l'on nous montre, celle que l'on nous cache, sur la capacité même des sociétés à comprendre ce qui leur arrive.
Et la guerre est redevenue un fait structurant de notre temps en Ukraine, à Gaza, en Afrique et sur d'autres théâtres moins connus. Et au-delà des conflits eux-mêmes, un phénomène commun se dessine la transformation de l'information en champ de bataille. À ce titre, je m'arrête un instant sur la situation dramatique en Iran parce qu'elle dit évidemment quelque chose de notre époque.
En Iran, un régime théocratique tyrannique réprime les femmes qui refusent l'ordre imposé, emprisonne, torture, exécute. Pour cela, ce pouvoir s'attaque frontalement, méthodiquement à celles et ceux qui informment : journalistes traqués, réseau coupés, images censurées, témoignage étouffés. Ce que ce régime redoute par-dessus tout, c'est la vérité, c'est la circulation des faits, c'est la possibilité pour le monde extérieur de voir et de comprendre.
Le silence est toujours l'allié des tyrans. Cette mise en cause de la vérité ne passe pas toujours par la répression directe. Elle peut aussi prendre des formes plus froides, plus cyniques, tout aussi révélatrices tout en étant évidemment moins meurtrière.
Quand un territoire comme le Groenland est publiquement évoqué comme une marchandise, comme un objet de transaction stratégique ou commerciale, c'est le principe même de souveraineté des peuples qui est relativisé. Là aussi, le réel est nié. L'histoire, le droit, la volonté des populations deviennent secondaires face au rapport de force.
Les principes de droit les plus élémentaires sont aujourd'hui violés. par l'une des plus anciennes démocraties. Aux États-Unis, la scène intérieure n'est pas épargnée.
La mort de René Nicole Goud abtu lors d'une intervention de l'ICE à Minnéapolis a suscité de profondes protestations et de lourdes interrogations sur l'usage de la force, le respect des droits civiques et la vérité des faits. Là encore, j'ai écrit au maire de Minéapolis parce que face à la brutalité institutionnelle, face à la tentation de désigner des bouqu émissaires, face au récit officiel fois à précéder ou à tordre les faits, la défense de la vérité de l'état de droit ne s'arrête pas aux frontières, ne s'arrête plus à nos frontières. Le combat est devenu global.
Quand la violence est légitimée par des narratives politiques, quand la vérité fait face à des mensonges présentés comme des vérités alternatives, c'est la confiance démocratique elle-même qui vaille. Nous sommes entrés dans un monde proprement horsélien. La guerre, c'est la paix.
La paix, c'est la guerre. Et ce que nous voyons là n'est pas une succession de fait isolé. C'est l'expression d'un phénomène global. la dissolution méthodique du réel dans un doute généralisé et organisé qui ne cherche plus à comprendre mais à disqualifier.
Un doute auquel s'ajoute la saturation et le mensonge organisé. La France n'est pas à l'écart de ses bouleversements. Elle les traverse à sa manière dans la vie quotidienne à travers ses fracture propre, ses colères, ses inquiétudes démocratiques.
Nous faisons face à une crise démocratique profonde et durable. une crise de confiance dans la parole publique, une crise institutionnelle marquée par l'affaiblissement du pouvoir, du parlement et la verticalité de l'exécutif. La France traverse aussi une épreuve du quotidien, celle de services public sous tension, de territoires qui doutent de leur avenir, de classes populaires et moyennes qui travaillent dur sans pouvoir avoir des efforts reconnus, voir leurs efforts reconnus, des jeunes qui s'inquiètent légitimement pour leur avenir et des élus locaux qui tiennent la République à bout de bras.
Une épreuve sociale nourrie par l'angoisse du déclassement et le sentiment d'abandon de territoires entiers. C'est dans ce réel là que se forgent les colères, les attentes et les choix démocratiques. Ces colères sont réelles, elles sont légitimes.
Mais ce qui menace aujourd'hui notre démocratie, ce n'est pas la colère populaire, c'est son exploitation. C'est sa transformation en réflexe. C'est sa captation par ceux qui prospèrent sur la simplification et la désignation.
L'extrême droite prospère sur ce brouillage. Non pas parce qu'elle apporterait des solutions crédibles, non, mais parce qu'elle transforme les peurs en automatisme, les frustrations en accusation, les problèmes complexes en slogans. Trump en est la fir de prou, mais il a désormais hélas de nombreux disciples.
L'extrême droite ne cherche pas à gouverner une société. Elle cherche à produire des réflexes. Elle ne gouverne pas.
Elle désigne, elle ne protège pas, elle sert les puissants, elle ne rassemble pas, elle fracture. Ce qui fait sa force aujourd'hui, ce n'est pas la radicalité de son projet, c'est sa banalisation progressive, l'habituation à ses mots, la reprise de ces thèmes, la normalisation de ses obsessions dans le débat public. Quand ces catégories s'imposent, elle a déjà gagné une bataille culturelle.
Le plus grand danger serait de considérer cette progression comme inéluctable et de laisser s'élargir à chaque provocation la fenêtre d'Overton. Je ne m'y résigne pas. Je refuse cette idée d'une pente fatale.
Une démocratie ne meurt jamais d'un seul coup. Elle s'abîme lorsque les faits deviennent optionnels, lorsque la confusion s'installe et que et lorsque à l'issue la fatigue civique gagne. Aujourd'hui, deux modèles de société se font face.
Le mien, le nôtre socialiste, est né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'État providence, l'État social pour protéger tous nos concitoyens des aléas et des accidents de la vie pour éviter que la vie ensemble ne devienne la vie des uns contre celles des autres, la régulation des conflits par le droit plutôt que par la force et des institutions internationales pour garantir les droits des peuples. L'extrême droite, c'est tout l'inverse. La question qui sera posée aux Français en 2027 est au fond assez simple.
Voulez-vous détruire ce qu'on patiemment construit les gunes sont successives et a permis de vivre mieux que nos aînés ? L'énergie de Trump que Bardella lui envie n'est pas la nôtre. Trump n'est pas aussi fou que certains le pensent ou le décrivent.
Sa tactique est erratique, désinvolte, souvent déconcertante, mais elle répond à une stratégie clairement établie, l'installation d'un ordre technolibéral autoritaire sous domination américaine. Le dernier avatar de cette volonté de puissance est ce que Donald Trump a qualifié de Board of Peace, un pseudo conseil de la paix. Ce pourrait être drôle si ce n'était qu'une plaisanterie, mais chacun l'a bien compris, ce n'est pas une plaisanterie et ce n'est donc pas drôle.
Un conseil présidé à vie par Donald Trump pour remplacer rien que cela les Nations Unies. Un conseil où l'on entre sur invitation de Donald Trump où la carte Premium coûte 1 milliard de dollars. Un conseil où seul Donald Trump dispose d'un droit de véu.
Le droit international remplacé par l'unique volonté de Trump comme au Venezuela, comme dans ses rêves canadiens ou Groenlandais ou encore d'une rivière à Gaza. Dans ce contexte aussi instable qu'angoissant, nous devons toutes et tous prendre notre part de responsabilité. Je sais peut-être mieux que d'autres ce que les logiques partisanes peuvent imposer, mais je crois aussi au regard de ce qui se joue.
L'histoire ne retiendra pas les calculs médiocres et elle jugera sévèrement ceux qui auront préféré fermer les yeux sur les risques qui pèsent sur les équilibres du monde. Nous sommes dans l'opposition. Nous n'avons jamais partagé la politique conduite depuis 9 ans par Emmanuel Macron.
Nous n'avons pas changer de point de vue. Nous sommes dans l'opposition, mais nous avons aussi pris acte d'une situation, celle d'une crise politique née au lendemain de la dissolution. Il n'y a aujourd'hui de majorité absolue pour personne.
Si nous avions gouverné ce qu'Emmanuel Macron aurait dû accepter en juillet 2024, nous aurions dû rechercher nous aussi des majorités texte après texte. C'était d'ailleurs l'engagement qu'avit pris les quatre présidents de groupe derrière Lucy Casté dans un courrier adressé au président de la République au mois d'août 2024. Nous aurions proposé au pays une autre politique.
Nous aurions par exemple introduit dans le texte initial du budget la taxe Zucman mais nous aurions été battus et nous aurions nous-mêmes eu à chercher des voies de passage pour faire adopter un projet de loi de finance. Les Français en 2024 ont voté à un niveau de participation qui n'avait jamais été atteint depuis 40 ans. Cette assemblée nationale leur ressemble.
Dès lors, nous devions chercher le compromis fatalement insuffisant pour ceux qui limitent la fonction politique au commentaire. Mais c'est ainsi, on ne critique que ceux qui font. Mais que font ceux qui se limitent à la critique ?
Où était-il quand il fallait peser dans la discussion ? Nous avons fait le choix difficile de quitter le confort des postures pour protéger les classes populaires et moyennes, changer leur vie autant qu'il nous était possible de le faire dans ce contexte. Cela n'a pas été simple.
Avec Sébastien Lecornu, avec son gouvernement, nous ne pensons pas la même chose. Nous ne partageons pas la même vision de l'avenir, mais nous l'avons fait avec un objectif clair : arracher des victoires pour préserver les droits et changer la vie des gens. Demain, des millions de Français bénéficieront de ce qui a été obtenu.
Plus aucune trace de cette année blanche qui aurait été une année noire pour tant de Français. Les impôts n'augmenteront pas pour les ménages. Les pensions et les prestations sociales seront bien indexées sur le coût de la vie.
L'accès aux soins sera garanti. Les franchises médicales ne seront pas doublées et la réforme borne a été suspendue. Les travailleurs entre 1 et 1,4 SMIC verront leur prime d'activité augmenter en moyenne de 50 €. 150000 personnes sortiront du seuil actuel de pauvreté.
Les étudiants iront manger au CRU pour 1 €. Les APL seront dégelés. Le logement social revalorisé.
Ma prenove renforcée. Je m'arrête là dans cette longue liste à la préver que je pourrais prolonger avec vous si vous le souhaitez. Est-ce que pour autant nous crions victoire ?
Non. Cela ne fait pas de ce budget un budget socialiste. Nous sommes très loin de ce que nous aurions fait avec un gouvernement de la gauche et des écologistes.
Mais est-ce que nous avons la négociation honteuse ? pas d'avantage. Je veux que les Français sachent qu'il y a un parti en France qui a pris son risque a eu le courage de sortir du champ des habitudes pour rechercher des solutions.
Jamais la session budgétaire n'a été aussi suivie, y compris par vous membre de cette noble profession de la presse. Le Parlement a retrouvé sa pleine souveraineté lors du débat sur le PLFSS. Je regrette en revanche que sur le PLF, l'exercice se s'achève par un 493.
Je regrette que dès lors qu'il a été appelé par des parlementaires de gauche comme de droite, l'effort de recherche d'un compromis se soit volatiliser, chacun désormais préférant camper sur des positions identitaires. Je regrette qu'à droite, comme à gauche, des groupes aidaient le départ ou progressivement choisi de refuser jusqu'au dialogue. Tout cela savait pertinemment qu'il poussait de fait à l'adoption du projet de loi de finance par le biais du 493.
Procédure que bien sûr désormais il s'empresse de condamner. Je le regrette parce que je crois au parlement, je crois au débat. Je me refuse à considérer que l'Assemblée soit un enfant auquel il faudrait toujours finir par tenir la main pour le guider.
On ne peut pas vouloir déchir Jupiter de son Olympe, exiger une 6e République et refuser le débat au sein d'un parlement rendu souverain par le renoncement aux outils du parlementarisme rationalisé. Personne ne peut prédire ici ce que sera l'Assemblée après une nouvelle dissolution, qu'elle ait lieu avant ou après la présidentielle de 2027. Cela suppose donc un changement de culture.
Dès lors qu'il n'y a pas de majorité. Le compromis ne peut plus être vu comme une compromission mais comme une preuve de maturité. Le blocage systématique ne conduit qu'à l'affaiblissement du pays.
Je n'ai jamais eu peur de censurer. Nous l'avons fait avec Michel Barnier, nous l'avons fait avec François Beirou. Mais cela ne peut pas être un objectif en soi.
Que les fébriles, les impétueux, les excités de la présidentielle patiente encore un peu. Le moment du choix viendra vite désormais. Emmanuel Macron est sur le départ, son camp est divisé et il ne sera pas reconduit.
L'alternance se jouera donc entre la gauche et l'extrême droite, soit le RN l'emportera et alors tout ce que les Français ont détesté du macronisme sera amplifié. Le débat budgétaire aura aussi permis cela démasquer une extrême droite qui a pour seul et illusoire recette la privation des étrangers de leurs droits mais se refuse obstinément à toute forme de justice fiscale. Soit donc l'extrême droite l'emportera, soit la gauche gagnera pour consolider une République sociale et écologique.
La première étape de cette reconquête sera celle des municipales. Dès la semaine prochaine, j'irai avec mes camarades à la rencontre des candidates et candidats socialistes, mais pas seulement, écologistes, communistes, membre de l'après ou de debout ou de place publique ou du parti communiste engagé dans cette bataille. J'entamerai un Tour de France pour les soutenir, pour écouter nos concitoyens et porter avec tous une ambition municipale claire.
Le 8 février prochain à la mutualité, ce sera notre grand retour à la mutualité. Nous réunirons à Paris des candidates et candidats socialiste aux élections municipales venues de toute la France. Un moment de rassemblement et de mobilisation à l'image de la dynamique que nous voulons construire.
Les élections municipales ne sont pas une parenthèse, elles sont un moment politique décisif. C'est dans les communes que se défendent les services publics, la justice sociale, la transition écologique et où malheureusement souvent le pouvoir local se substitue au manquement du pouvoir national. Pierre Jouvé fera un point précis avec vous le 26 février, raison pour laquelle je ne vais pas détailler maintenant ce que nous avons à vous dire sur ce sujet.
Ces prochaines semaines serviront aussi à nourrir notre projet politique. Depuis plusieurs mois, nous avons engagé la refondation du projet socialiste avec d'abord un Tour de France intitulé Notre France parlons-en. L'an passé, nous avons fait un choix simple, écouter avant de décider.
J'en ai déjà rendu compte à Toulouse il y a quelques mois. J'en ai rendu compte à nouveau dans le livre que j'ai commis et auquel je vous pouvais vous référer utilement. Mais donc nous avons fait ce choix simple que nous allons prolonger en continuant à écouter avant de de rédiger sous l'égléidel un projet socialiste pour la France qui aura pour ambition non seulement d'épouser la période des présidentielles et législatives mais même d'offrir une vision plus large qui permette de dire ce que nous défendons aujourd'hui. au 21e siècle, un siècle après Jorè qui est devenu la pensée socialiste.
Sous l'égloé, donc nous avons auditionné tout l'automne, tout l'hiver, syndicaliste, experts, associations, intellectuel. Nous sommes à près de 100 auditions. Des contributions ont été aussi adressées par nos fédérations.
Ce travail se poursuit. Les militantes et militants pourront amender un premier texte, l'enrichir, le discuter et le texte final sera soumis en avril avant d'être versé au pot commune. Puisque nous chercherons dès ce moment-là à entrer en discussion sur le projet avec nos partenaires.
Mais là , vous aurez l'occasion d'en reparler assez abondamment avec Johanna Roland. À nous de donner des repères dans un moment de confusion. Face au brouillage, la clarté est un combat démocratique.
Construire l'alternance, c'est aussi se donner les moyens de l'unité. L'unité est souvent invoquée comme une simple injonction. Alors, je veux être clair.
L'unité ce n'est ni le silence ni l'effacement des désaccords. Ils existent et l'unité véritable repose au contraire sur la clarté, la loyauté, la démocratie. À l'approche des élections municipales, en dépit des des désaccords qu'ils peuvent exister dans de très nombreuses villes, pour ne pas dire dans l'immense majorité des villes, l'unité de la gauche est déjà en place.
Elle se construit sur le terrain dans le respect des réalités locales. Elle permet d'agir, de gouverner, de protéger. Là où la gauche est unie, elle est utile.
Là où elle est claire, elle est audible. Là où elle assume ses choix, elle est crédible. Et dans l'histoire de la gauche, l'unité a toujours été la condition de la victoire.
Chaque fois que la gauche a gagné, elle l'a fait rassembler. Chaque fois qu'elle s'est divisée, elle a laissé le champ libre à ses adversaires. L'unité n'est donc pas une option tactique, c'est un combat politique en soi.
Une bataille contre l'illusion qu'une partie de la gauche démocratique pourrait gagner sans soutien de ses partenaires. C'est le sens de la primaire à laquelle travaille Johanna Roland que je défends avec elle et sur laquelle j'aurai l'occasion de revenir samedi à Tour avant un meeting commun à toutes les forces de la gauche démocratique du Parti communiste français à place publique pour soutenir la liste d'un conduite par l'écologiste Emmanuel Denis. La démocratie interne ne fragilise pas une force politique.
Elle la rend plus robuste parce qu'elle l'oblige à convaincre plutôt qu'à contourner. Parce qu'elle oblige à parler au pays plutôt qu'à se parler à soi-même. Chers amis, je conclus par ces quelques mots.
Dans l'année qui s'ouvre, beaucoup tenteront de nous convaincre que tout se vaut ou que rien ne les vaut. D'autres que la vérité est relative, d'autres encore que la peur est une opinion comme une autre. Je ne m'y résout pas.
Une démocratie tient par des faits. Elle tient aussi par des journalistes qui refusent la facilité et prennent le temps d'informer par des responsables politiques qui assument leur choix tout en cherchant à fédérer notre pays sur des bases claires. Je veux donc cette fois-ci pour conclure définitivement mon propos et vous laisser la parole.
Vous renouvz mes vœux de liberté, de rigueur et de courage parce que sans information libre, il n'y a pas de démocratie vivante et parce que dans le moment que nous traversons, défendre la vérité, votre travail, c'est déjà défendre la démocratie et c'est déjà beaucoup. Merci à vous. M.
Olivier Faure