Discours de Jérome Yanez - Européennes 2019
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- 4:00Jérome YanezFait
« Les solutions individuelles ne sont pas à l'échelle. Réfléchissons en peuple libre et parlons politique. »
- 5:00Jérome YanezPromesse
« À l'UPR, nous voulons la démondialisation marchande et la relocalisation de la production. »
- 7:00Jérome YanezPromesse
« Nous voulons imposer des normes écologiques aux multinationales. »
- 8:00Jérome YanezFait
« La présidence roumaine du Conseil européen est sponsorisée par Coca-Cola. »
- 9:00Jérome YanezFait
« L'UE promeut l'agriculture productiviste et les fermes géantes. »
- 11:00Jérome YanezFait
« Les Français veulent-ils de la ferme des mille vaches à Abbeville ? »
- 14:00Jérome YanezFait
« L'UE est ennemie de l'écologie. L'UE nous impose des politiques opposées à l'écologie. »
- 16:00Jérome YanezChiffre
« Nous avons 10 fois plus d'adhérents qu'EELV. »
- 18:00Jérome YanezFait
« L'UE nous enferme dans une logique marchande et productiviste, antiécologique. »
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Je vous demande d'accueillir maintenant Jérôme Yanez. Bonsoir à toutes et à tous. Merci d'être là si nombreux.
Je m'appelle Jérôme Yanez. J'ai 24 ans...
J'ai 34 ans. Excusez-moi. (Rires) Et je suis professeur de technologie.
Je suis adhérent à l'UPR depuis 2014. Et j'ai été candidat aux législatives en 2017. Et...
Merci. (Applaudissements) Et je suis responsable des questions écologiques à l'UPR depuis l'an dernier. Et pour ces élections, je suis très honoré d'être sur la liste de l'UPR. (Applaudissements) Je me définis comme un écologiste de gauche, tendance simplicité volontaire.
La nature – nous le savons, c'est une réalité – est mise à rude épreuve. La situation écologique – on le sait – est d'une exceptionnelle gravité. Le monde est déréglé.
Il ne s'agit pas d'être catastrophiste, mais de constater une catastrophe en cours. Mais si la situation est grave, il n'est jamais trop tard pour éviter que ce ne soit encore pire. Ne laissons pas la catastrophe écologique nous ôter la raison.
Réfléchissons sereinement. Oublions les discours trop culpabilisants et oublions les discours des petits gestes : « Prenez des douches courtes, triez vos déchets ». Les solutions individuelles ne sont pas à l'échelle.
Réfléchissons en peuple libre et parlons politique. Face à un monde qui se défait, que devons-nous faire ensemble ? Et pourquoi est-ce qu'à l'UPR, nous pensons que ce que nous devons faire, c'est le Frexit ?
Parce que le Frexit est une condition nécessaire, un préalable. À l'UPR, nous voulons la démondialisation marchande et la relocalisation de la production. (Applaudissements) Mais les articles 32 et 63 (NDLR : du TFUE) nous barrent le chemin.
L'UE promeut la mondialisation folle, avec navires porte-conteneurs, camions et avions qui tentent de détruire la distance et le temps. Faisons la démondialisation marchande. Démondialisations.
Frexit. Frexit écologique. (Applaudissements) À l'UPR, nous voulons imposer des normes écologiques aux multinationales.
Nous voulons par cohérence une donne verte, c'est-à-dire un protectionnisme écologique et un contrôle des capitaux. (Applaudissements) Mais la politique de libre-échange total et les traités de l'UE nous barrent le chemin. Avec la libre délocalisation, les grandes entreprises peuvent faire du chantage à l'évasion écologique.
Faisons un protectionnisme écologique. Faisons une donne verte. Frexit écologique. (Applaudissements) À l'UPR, nous voulons que le peuple impose ses lois aux multinationales.
Mais avec l'UE, c'est l'inverse. Ce sont les multinationales qui imposent avec leurs lobbys leurs volontés au peuple. La présidence roumaine du Conseil européen est sponsorisée par Coca-Cola.
LREM d'Emmanuel Macron est alliée au Parlement européen avec un parti sponsorisé par Disney, Microsoft et Bayer-Monsanto. (Huées) L'UE, en tolérant ces lobbys, nous barre le chemin. Combattons le lobbying, élargissons la notion de trafic d'influence.
Frexit écologique. (Applaudissements) À l'UPR, – Quentin vient de nous en parler – nous voulons revenir à une agriculture plus familiale, avec des exploitations plus petites, plus humaines et moins dépendantes du pétrole. Nous voulons faire la promotion de ces techniques écologiques : la polyculture, la culture agrosylvopastorale ou la permaculture.
Nous voulons régénérer les sols et faire revenir tous les vers de terre et toutes les petites bêtes. Mais l'UE nous barre le chemin. Par cet article 39 (NDLR : du TFUE), l'UE promeut l'agriculture productiviste et les fermes géantes.
L'UE fait disparaître les agriculteurs et désertifie les campagnes. Les Français veulent-ils de la ferme des mille vaches à Abbeville ? — {Du public, discret :} Non ! — Les Français veulent-ils de la ferme des vingt mille cochons à Pau et à Tarbes ? — {Du public, plus fort :} Non ! — Les Français veulent-ils de la ferme des cent mille poules à Dunkerque ? — {Du public :} Non ! — Nous n'en voulons pas.
Au passage, je me demande si les militants écologistes, qui sont nombreux et que je respecte, qui manifestent contre ces fermes-usines, se rendent bien compte qu'en réalité, ils manifestent contre l'UE. (Acclamations) À l'UPR, nous voulons une agriculture paysanne et vivante. Nous voulons une agriculture familiale.
Frexit écologique. (Applaudissements) À l'UPR, nous voulons des objets durables, réparables et sobres. Nos ingénieurs rêvent d'autres choses que de devenir les ouailles anonymes d'un système capitaliste de surconsommation, chargés de concevoir le prochain objet jetable à obsolescence programmée. (Applaudissements) Proposons à nos ingénieurs des défis à la hauteur de leurs attentes.
Frexit écologique. (Applaudissements) À l'UPR, nous voulons des vraies forêts, des forêts véritables. Nos gardes forestiers rêvent d'autre chose que de tronçonner en coupe rase de jeunes pins douglas dans des plantations géométriques où plus aucun oiseau ne chante. (Applaudissements) Libérons les forêts des impératifs de productivité et de rentabilité.
Frexit écologique. (Applaudissements) À l'UPR, nous voulons un grand plan de relance du train, avec la réouverture des petites lignes, mais aussi l'ouverture de lignes nouvelles, pour proposer une alternative sérieuse au tout routier. Nos agents ferroviaires rêvent d'autre chose que de voir la ligne Rennes-Bordeaux mise en concurrence entre la SNCF, les Italiens ou les Allemands.
L'article 106 (NDLR : du TFUE), qui démantèle la SNCF, nous barre le chemin. Frexit écologique. Faisons un vrai service public du train. (Applaudissements) Démondialisation marchande, protectionnisme écologique, remise en cause des lobbys, agriculture familiale et paysanne, relance du train et bien d'autres choses : voilà pourquoi les écologistes sérieux rejoignent l'UPR.
Voilà pourquoi tout écologiste conséquent devrait le faire aussi. (Applaudissements) Nous devons échapper à l'ordre juridique européen. L'Union, dans son essence et dès l'origine, pas seulement par les traités, est une organisation marchande et productiviste.
L'objectif principal de l'UE, en fait, est de faire un marché intérieur avec libre circulation des marchandises pour que les grandes entreprises gagnent de l'argent au service de l'oligarchie. Et la nature attendra. (Huées) Je voudrais m'adresser ici à tous ceux qui se pensent écologistes et qui ne connaissent pas vraiment l'UPR, à ceux qui marchent pour le climat, à ceux qui militent contre les fermes-usines, à ceux qui militent contre les contournements routiers inutiles, aux permaculteurs, aux objecteurs de croissance, aux activistes d'écologie au sens large.
Je voudrais lancer un appel à tous ceux qui pensent que la maison brûle et qui refusent de regarder ailleurs. J'invite, je vous invite à examiner honnêtement ces deux idées. Une autre Europe, une Europe écologiste est-elle possible ?
Les intérêts de la nature seront-ils mieux préservés dans l'UE ou en dehors de l'UE ? À l'UPR, nos idées sont claires. Aucune autre Europe n'est possible : ni écologique, ni décroissante, ni résiliente, de la même façon qu'aucune Europe sociale n'est possible.
Si vous êtes écologiste, vous devez considérer l'UE telle qu'elle est. L'UE est ennemie de l'écologie. L'UE nous impose des politiques opposées à l'écologie.
L'UE catalyse les violences faites à la nature. L'UE nous barre le chemin, se met en travers de l'inspiration populaire à l'écologie. Frexit écologique. (Applaudissements) L'écologie pro-européenne associe Europe avec écologie.
Mais où est la liste écologiste qui vous explique les effets concrets des traités européens ? Où sont les plans détaillés et définis dans le temps pour obtenir de nouveaux traités ? Comment ces partis, ces partis pro-européens, comptent-ils s'y prendre pour renégocier ou faire annuler les articles anti-écologiques des traités ?
Ces partis européens persistent à associer l'écologie et l'appartenance à une technostructure supranationale, comme si ça allait ensemble. Pire, ils vont parfois jusqu'à défendre l'air de rien la dissolution de la France dans une Europe des régions, comme si l'écologie et la dissolution de la France allaient ensemble. Mais en fait, pourquoi ces partis écologistes défendent-ils l'UE ?
Pourquoi l'UE serait-elle une meilleure échelle pour faire de l'écologie qu'une simple coopération internationale entre nations libres ? L'écologie est une priorité n°1 de l'UPR. Nous faisons de la sauvegarde de la nature une priorité.
Et parce que nous considérons que l'écologie est une priorité n°1, nous comprenons que la première chose à faire, la toute première est de nous libérer des entraves d'une des organisations les plus productivistes et les plus mercantiles que la civilisation humaine a jamais connues. (Applaudissements) Vous l'avez compris, le Frexit n'est pas une fin en soi, c'est un moyen : le moyen de rendre possible une politique écologique qui est aujourd'hui impossible dans le cadre de l'UE. Et c'est comme ça que nous rendrons au peuple français les clés d'une démocratie écologique.
Ne laissez personne vous dire que l'UPR n'est pas un parti écologiste. Nous sommes un parti écologiste. Par notre réalisme, par notre examen attentif des conditions nécessaires au changement écologique, nous sommes un parti meneur sur la question écologique.
Nous avons un projet, une vision qui est logique. Nous avons un programme, qui pourrait être amélioré, mais qui est tout de même ambitieux, exigeant. Et surtout – surtout –, notre programme, par le Frexit, est possible. (Applaudissements) N'oubliez pas : nous avons 10 fois plus d'adhérents qu'EELV.
Nous savons ce que nous voulons. (Applaudissements) Nous voulons nous débarrasser des faux discours sur le développement durable et le capitalisme vert. Nous voulons une rupture décisive avec le productivisme effréné et ce capitalisme de surconsommation.
Nous refusons la toute puissance de la technique, la toute puissance du marché et la toute puissance de l'argent. L'UE nous enferme dans une logique marchande et productiviste, antiécologique. Accroissement de la productivité, expansion de la consommation, développement rationnel de la production, emploi optimum des facteurs de production, concurrence, compétitivité : nous ne voulons pas de ces objectifs.
Nous en voulons d'autres. À l'UPR, nous voulons d'autres valeurs que celles de l'UE : préservation de la nature, diversité, sobriété, résilience, autonomie, qualité de vie, etc., etc. (Applaudissements) En votant UPR, vous votez pour l'écologie, pour la protection de la nature, pour la démondialisation marchande, pour la résilience, pour une sobriété énergétique concertée démocratiquement par référendum, pour une agriculture familiale et paysanne.
Faisons de l'écologie pour de vrai. Libérons le chemin des obstacles qui nous entravent. Frexit écologique.
Frexit. Merci. (Applaudissements)