Ecoterrorisme, objectif zéro délinquance pour Paris 2024, lutte contre le crack... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Laurent Nuñez
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Laurent Nouniès, on va revenir avec vous en longueur sur la sécurité à Paris et la feuille de route jusqu'au jeu de Paris dans moins de deux ans maintenant. Mais d'abord cette mobilisation dans les deux sèvres contre des bassines agricoles géantes, 61 gendarmes blessés, le ministre de l'Intérieur qui parle d'éco-terrorisme. Vous qui avez à gérer la menace terroriste, il y a une menace éco-terroriste aujourd'hui en France et notamment à Paris ?
Le ministre de l'Intérieur s'est exprimé sur les faits graves qui se sont déroulés notamment samedi sur les bassines. Il a évoqué le terme d'éco-terrorisme pour certains des individus qui étaient présents sur cette manifestation. Je rappelle que le terrorisme il y a une définition, ce sont tous les actes qui visent à créer des troubles graves à l'ordre public en vue de semer l'intimidation ou la terreur. C'est ça le terrorisme, la définition judiciaire. Puis vous avez un certain nombre d'actes qui sont listés par le code pénal et il n'y a pas que les atteintes volontaires à l'intégrité physique, à la vie.
Il n'y a pas que les crimes, il y a aussi les dégradations, il y a les détériorations, il y a les destructions. Donc ça c'est la définition judiciaire. Puis il y a une définition évidemment en renseignement qui fait que les services de renseignement travaillent sur ces individus qui développent une forme de radicalité violente autour de la cause écologiste, enfin telle qu'ils l'entendent eux. Et donc les services de renseignement travaillent sur ces individus parce qu'ils ont un potentiel violent énorme. Et donc un certain nombre d'entre eux sont fichés S au même titre que des terroristes islamistes. Donc de manière à pouvoir être suivis, certains d'entre eux seulement évidemment.
Mais pour certains d'entre eux on peut évidemment qualifier ça d'éco-terrorisme. En tout cas dans le jargon des services de renseignement c'est un terme qui est évidemment utilisé, employé. Et quand on voit la gravité des exactions commises samedi, individus masqués, cagoulés, qui vont au contact des forces de l'ordre...
Et vous comprenez quand même que c'est un terme qui peut choquer une partie de la famille politique, écologiste. Parce que dans la tête de tout un chacun, quand on pense, vous le disiez vous-même, terrorisme, on pense attentat. On n'est quand même pas dans ce type de catégorie.
Oui mais ce que je vous explique justement c'est que le terrorisme ce ne sont pas que des attentats. Ce sont tous ces actes qui sont illégaux, qui sont répréhensibles, poursuivis par le code pénal et qui visent à créer des troubles graves en vue de semer l'intimidation ou la terreur. Et pour certains individus, pour certains de ces individus, c'est bien le cas. Et c'est à ce titre qu'ils sont suivis par les services de renseignement.
Vous évoquiez justement les services de renseignement à l'instant. Vous avez une direction du renseignement à la préfecture de police à Paris. Parmi la quarantaine de personnes fichées S qu'évoquait hier le ministre de l'Intérieur, est-ce qu'il y a des gens que vous connaissez au niveau de la préfecture de Paris ? Est-ce qu'il y a par exemple une note qui fait état de déplacement de la région parisienne vers les Deux-Sèvres ce week-end ?
Alors, vous comprendrez qu'il y a un certain nombre d'éléments qui sont extrêmement confidentiels, mais je peux vous confirmer, ce dont je peux vous parler, c'est que les services de renseignement, je parle autant en tant que préfet de police qu'en tant qu'ancien coordonnateur national du renseignement, qu'en tant qu'ancien directeur général de la sécurité intérieure, c'est que certains de ces individus qui s'inscrivent dans des formes de radicalité violente sont suivis par l'ensemble des services de renseignement. Ce sont des gens connus depuis longtemps. Et qui sont des gens qui sont connus depuis longtemps.
Et donc les services échangent et observent évidemment les déplacements de ces individus qui ont pris maintenant l'habitude d'infiltrer les types de cortèges ou de manifestations comme celles de samedi pour commettre des violences extrêmement graves. Et ça a encore été le cas samedi.
Est-ce qu'on sait combien de mouvements justement ultra-violents il y a en France et puis surtout à Paris et dans les départements dont vous avez la charge ? Est-ce qu'il y a ce qu'on appelle communément les black blocs et c'est un groupe homogène ? Ou est-ce qu'il y a plusieurs mouvements ultra-violents ?
Il y a plusieurs tendances, il y a plusieurs mouvements, il y a plusieurs individus. Le black bloc en soi, ce n'est pas un mouvement. C'est une technique de manifestation qui consiste à se revêtir de noir, à faire une espèce de bloc compact pour aller au contact des forces de l'ordre ou pour commettre des exactions. Ce n'est pas en soi un mouvement, c'est plus une technique de manifestation, technique de violence. Ce sont des manifestations toujours violentes. Mais voilà, donc il y a un certain nombre, il y a quelques dizaines d'individus qui sont suivis au titre de la radicalisation violente, y compris dans les mouvements qui défendent des causes qu'ils qualifient eux-mêmes d'écologistes.
Une dizaine à Paris ?
À Paris et partout en France. En tout cas, les services de renseignement veillent et continueront d'y veiller.
Quelques dizaines, c'est le chiffre que vous dites. Quelques dizaines de personnes qui sont en France fichées S sur des soupçons d'éco-terrorisme.
Je ne donne pas ce chiffre, ne le validez pas comme tel. Il y en avait 40 dans les dossiers selon le ministre de l'Intérieur en tout cas. Je crois qu'on peut parler de quelques dizaines sur certaines manifestations, mais qui sont extrêmement violents. Et qui malheureusement, on le constate y compris dans des manifestations à Paris, ces individus qui viennent infiltrer les manifestations pour y commettre des violences, souvent entraînent avec eux d'autres manifestants qui, également, commettent des violences, et ce qui est évidemment inacceptable.
En tout cas, pour Paris, on constate systématiquement des infiltrations, des cortèges, qu'il s'agisse de cortèges politiques ou de cortèges syndicaux, pour les faire dégénérer. Et d'ailleurs, je remercie les forces de gendarmerie, de police et de la préfecture de police, qui, pour chaque manifestation à Paris, font en sorte d'isoler ces individus pour que les cortèges des manifestations, j'allais dire « normaux », entre guillemets, c'est-à-dire les organisations politiques, les syndicats, puissent se dérouler en toute quiétude et puissent réellement se dérouler pour que, finalement, ce soit toujours la liberté d'expression qui l'emporte.
Laurent Nunez, il y a un élément qu'on entend beaucoup dans le discours politique, mais aussi chez une partie de ces militants ce week-end. C'est de dire que ce sont des actions radicales, mais ce ne sont pas des actions violentes. Est-ce que, vu du côté de la force publique, c'est une nuance qui existe ?
Non, cette nuance n'existe pas, vu du côté de la force publique. Donc, nous le vivons, encore une fois, de la part de certains manifestants, nous le vivons dans les cortèges à Paris, notamment dans les pré-cortèges. C'était encore le cas dans les Deux-Sèbres samedi. Ce sont des manifestants qui se cagoulent, qui s'arment, qui s'équipent, qui ont des bâtons, des mortiers, et qui vont directement en contact des forces de l'ordre et qui veulent directement commettre des exactions. Il ne peut pas y avoir de confusion possible. Encore une fois, ce sont certaines personnes, mais on ne peut pas dire que c'est une forme d'expression radicale.
C'est ni plus ni moins qu'une expression violente qui vise à semer des troubles graves à l'ordre public en vue de semer, tout simplement, la terreur ou l'intimidation. C'est un mouvement qui prend de l'ampleur ? Ça fait quelques années qu'on constate qu'il y a des formes de radicalité violentes dans les manifestations. Le phénomène a démarré au milieu des années 2010.
Mais je parle de l'éco-terrorisme, puisque c'est le mot utilisé par Gérald Darmanin.
Il faut être prudent. Regardez ce qui se passe dans un certain nombre de pays. Vous savez que dans certains pays, regardez ce qui s'est passé au Royaume-Uni autour des mouvements animalistes. On a eu parfois des actes terroristes extrêmement graves. Donc évidemment, nous allons continuer à être vigilants. Pour les services de renseignement français et pour ceux de la préfecture de police en particulier.
Vous craignez une radicalisation particulièrement du mouvement écologiste. Quand on voit, par exemple, le musée d'Orsay à Paris porter plainte pour une tentative... Alors évidemment, ce n'est pas du tout de l'éco-terrorisme pour le coup, mais de dégradation d'un tableau, comme on a vu d'ailleurs dans d'autres pays. Ça, ça participe la radicalisation, selon vous, de ce livre ?
Bien évidemment, c'est une forme de radicalisation de l'expression. Ce n'est pas évidemment la même chose que d'aller attaquer des gendarmes mobiles dans les Deux-Sèvres de manière extrêmement violente. C'est une autre forme d'action que nous craignons. D'ailleurs, la ministre de la Culture s'en est inquiétée, a appelé les musées à la vigilance. Et nous-mêmes, service de police sur Paris, nous sommes extrêmement vigilants. Vous savez, une action de ce type a été déjouée au musée d'Orsay jeudi ou vendredi dernier. Jeudi, oui. Et le musée a porté plainte.
Voilà, il faut qu'on continue, nous, à être vigilants, être en contact avec les directeurs de musées pour pouvoir intervenir très rapidement si une action de ce genre devait être perpétrée.
Laurent Nouniès, préfet de police de Paris, invité du 8h30. On s'interrompt juste le temps du fil info. 8h40, voici Mathilde Romagnan.
Deux cargos chargés de céréales ont quitté ce matin les ports ukrainiens. Un corridor humanitaire de 16 navires doit prendre le large. Aujourd'hui, sous l'égide de l'ONU, les bateaux sont bloqués depuis samedi après la suspension par Moscou de sa participation à l'accord sur l'exportation de céréales ukrainiennes. Par ailleurs, ce matin, plusieurs quartiers de Kiev sont privés d'électricité et d'eau après des frappes russes. Le Brésil et la planète ont besoin d'une Amazonie en vie, déclaration de Lula. Après son élection à la présidence du Brésil cette nuit, l'ancien président de gauche a remporté de justesse le deuxième tour après de 51% des voix.
Son opposant, le président Jair Bolsonaro, ne s'est toujours pas exprimé après sa défaite. Il a dit vouloir éviter l'installation d'une ZAD à Sainte-Soligne. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, annonce qu'un millier de gendarmes restent mobilisés dans les Deux-Sèvres après des manifestations anti-bassines agricoles ce week-end. Les deux motions de censure déposées par le RN et LFI sont étudiées aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Elles font suite à l'utilisation du 49.3 par le gouvernement sur le projet de loi de budget de la Sécurité sociale.
France Info
Le 8.30 France Info, Néil à la Trousse, Laurin Sénéchal.
Toujours avec Laurent Nouniez, préfet de police à Paris, sauf qu'on dit à Paris mais c'est une dénomination un peu trompeuse. Vous avez en fait en charge la capitale et les départements alentours, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, quatre des départements les plus criminogènes de France qui vont accueillir deux événements majeurs dans les 24 mois, la Coupe du monde de rugby et les Jeux olympiques et paralympiques en 2024. Quand est-ce que nous pourrons dire nous sommes prêts ?
Nous allons nous y préparer, la préparation des JO. Donc le ministre de l'Intérieur a une feuille de route très claire sur la sécurité des JO. Et moi-même qui suis placé directement sous son autorité sur ce sujet pour toute l'agglomération parisienne. En fait évidemment j'y travaille en lien très étroit avec le ministre de l'Intérieur.
Peut-être un chiffre c'est que 85% des événements pour les Jeux de Paris se déroulent à Paris ou en petite couronne.
Absolument, absolument. Et en grande couronne aussi puisqu'il y a des événements dans le 77 et 78 également que nous allons évidemment coordonner. Donc là on travaille à sécuriser d'abord les sites des JO, c'est-à-dire définir le nombre d'effectifs de police, de gendarmes qu'il faudra pour sécuriser ces sites, les cheminements, l'accès à ces sites et puis le ministre a souhaité, nous a demandé, il a demandé au préfet de police évidemment et avec la coordination de l'ensemble des préfets, je vais m'y atteler, parce que nous luttions également contre la délinquance générale pendant les Jeux.
Des plans zéro délinquance, qu'est-ce que ça veut dire ?
Évidemment vous allez avoir, il serait naïf de penser qu'il n'y aura pas des délinquants qui vont essayer de profiter des Jeux Olympiques pour se livrer à des actes d'aide de délinquance acquisitive comme nous disons. Évidemment on sera attentif pendant les Jeux, mais le ministre nous a demandé dès à présent, autour de ces sites des Jeux Olympiques, d'avoir mené des actions très fermes contre la délinquance, puisque ça commence un an et demi avant les Jeux. C'est des opérations de grandeur nature ?
Il nous a demandé de mener un certain nombre d'opérations, donc ce sera d'ailleurs pour la région Île-de-France, pour les sites concernés, on va mener une opération par jour et par département, de manière à lutter contre la délinquance, mais contre l'occupation illégale de l'espace public, contre les sauvettes, les trafics de stupes, partout évidemment sur les périmètres où vont se dérouler les Jeux, de manière à ce qu'on soit pendant les Jeux à un niveau de zéro délinquance.
Ça va ressembler à quoi ces opérations, une par jour vous dites ? C'est quoi, on fait le ménage avant les Jeux de Paris ?
Faire le ménage, ce n'est pas forcément l'expression que je retiendrai, mais c'est de se concentrer sur des lieux où il y a une concentration de commerces illicites, de ventes sauvettes, de jeux d'escroqueries diverses tels que les Bontos, de délinquances, des vols à la tire importants. Il est évident que pendant les Jeux olympiques, on doit tendre vers le point zéro de ce type de phénomène. C'est déjà ce qu'on fait, je vous rassure, on lutte contre la délinquance à Paris, j'espère qu'on va y revenir, mais il est important que pendant les Jeux, la situation soit complètement assainie. Et là, on parle de milliers d'opérations, donc des effectifs supplémentaires aussi ? Bien sûr, bien sûr.
Alors d'abord, pendant les Jeux, vous savez, les effectifs vont augmenter de manière significative. En fonction des journées, en fonction du type d'événement, on va osciller entre 12 000 à 45 000 fonctionnaires de police ou militaires de la gendarmerie qui seront mobilisés. Mais d'ores et déjà, nous renforçons évidemment les effectifs pour mener des opérations de lutte contre la délinquance. Et ça a déjà commencé puisque le ministre de l'Intérieur nous a demandé une action immédiate sur ce sujet. Combien d'effectifs en plus ? Là, dans l'immédiat ? Là, dans l'immédiat, vous savez que sur le quinquennat précédent, la préfecture de police de Paris, il bénéficie de 1 600 emplois supplémentaires.
Nous allons en avoir 1 000 dès les deux premières années du quinquennat. Donc voilà. Et donc tous ces effectifs, à la demande du ministre, moi, je les affecte aux opérations de lutte contre la délinquance.
Ces opérations, elles visent aussi à coordonner les différents corps qui vont coexister ensemble, les gendarmes, les policiers, éventuellement la police municipale à Paris ? Comment est-ce que vous répartissez ?
Bien sûr. Prioritairement, d'abord, il y a une répartition de l'espace. L'organisateur est en charge de la sécurité de l'intérieur des sites et de l'accès immédiat à ces sites. Et puis les forces de l'ordre...
L'organisateur, c'est-à-dire le comité olympique ?
Le comité, voilà, le COJO, le comité d'organisation des Jeux olympiques. Voilà. La répartition se fait de cette manière-là. Évidemment que les forces de sécurité intérieure comptent également sur l'appui des agents de sécurité privée qui seront mobilisés par l'organisateur. Et puis, chaque fois que c'est possible, nous comptons évidemment beaucoup sur les polices municipales. Et Paris compris, bien évidemment, avec une police municipale qui monte en puissance et dont nous espérons qu'elle sera au rendez-vous des Jeux olympiques.
Est-ce qu'il est question, est-ce qu'il est envisagé de modifier les plans de circulation à Paris ? C'était l'une des inquiétudes notamment des sportifs et des délégations de savoir si la circulation allait se faire de manière plus fluide que ça ne peut l'être en temps en temps ?
Oui, bien sûr, parce que pendant les Jeux olympiques, il y a un dispositif de voies réservées qui est mis en place et qui sont activées pour permettre justement l'acheminement des athlètes vers les lieux de compétition. Ce sont des voies réservées sur lesquelles, là encore, le préfet de police a compétence pour réglementer la circulation. Donc, ces voies ont été arrêtées. Et donc, nous y travaillons, bien évidemment. Et il y a même des voies de délestage qui sont prévues. Donc, cet aspect a été vu et il est pris en compte.
Alors, il y a 600 000 personnes attendues pour la cérémonie d'ouverture. J'imagine que c'est là le moment un peu clé dans ces Jeux de Paris. On a en tête, là, les événements de Corée du Sud avec cette fête d'Halloween, ces mouvements de foule, plus de 160 morts. Comment est-ce qu'on fait pour éviter ça à Paris ? 600 000 personnes, je le rappelle, sur les bords de Seine.
C'est particulièrement dangereux. Vous pointez, effectivement, du doigt une des difficultés de cette cérémonie. D'abord, la cérémonie, c'est une parade sur le fleuve, comme chacun sait, et qui se termine au Trocadéro avec l'allumage de la flamme, en présence de nombreux, nombreux chefs d'État, de gouvernement. Sur les québats de la Seine, c'est le cojo qui est l'organisateur, et donc il y aura à peu près environ 100 000 personnes qui seront les spectateurs payants.
Puis il y a la question des kéos, qui est celle que vous évoquez, les kéos de la Seine, où, évidemment, nous allons veiller, en tout cas le ministre de l'Intérieur me l'a demandé, nous allons veiller à ce que nous limitions la jauge des personnes qui vont être admises sur ce périmètre. Limiter, ça veut dire restreindre, évidemment, le nombre de personnes qui pourront assister à cette cérémonie, et puis aussi prévoir des positionnements qui permettent de garantir la sécurité des flux, la sécurité de la foule. Et on a vu, évidemment, avec ce qui s'est passé hier en Corée, que c'est un sujet qu'il ne faut absolument pas prendre à la légère.
C'est d'ailleurs pour cela que le ministre de l'Intérieur suit avec moi ce dossier chaque semaine, et il s'investit personnellement dans cette répartition de ces flux sur le kéos. Et donc, la position qui est celle du gouvernement est déjà arrêtée. Il y aura évidemment une limitation du nombre de personnes qui sera admise, et on aura également une sectorisation pour éviter, justement, qu'il y ait ces mouvements de foule qui peuvent avoir des conséquences dramatiques.
Donc, 500 000 personnes sur les kéos, c'est ce que vous dites. Mais ils ne sont pas tous au même endroit.
Le chiffre n'est pas encore arrêté, mais c'est de cet ordre-là. C'est ce qu'a dit d'ailleurs le ministre de l'Intérieur la semaine dernière au Sénat. On est sur ces proportions-là, 100 000 en bas et entre 400 000 et 500 000 en haut. Enfin, nous verrons, on va regarder ça maintenant dans le détail. Mais on regarde ça avec beaucoup, beaucoup d'attention. C'est un des enjeux majeurs de cette cérémonie d'ouverture en réalité. Et pour l'instant, les discussions se passent bien. Nous allons continuer à y travailler.
Et l'autre difficulté, c'est qu'il faut fouiller chacune de ces personnes pour s'assurer aussi qu'elles ne transportent pas d'armes ou d'outils dangereux pour le reste de la sécurité. On a les moyens de fouiller 600 000 personnes, 100 000 en bas, quelques centaines de millions ?
Alors, c'est une règle de base de toute l'organisation des JO. Ce sera vrai pour la cérémonie d'ouverture et vrai pour tous les sites. On va créer des périmètres de protection. On a une loi antiterroriste de 2017 qui autorise les préfets à décider de périmètres de protection où l'accès sera réservé. Et il faudra, évidemment, avant d'y accéder, faire l'objet de fouilles. Et pour ceux qui refuseront, ils ne pourront pas accéder à ces sites. Donc, évidemment que ces dispositifs vont se mettre en place, mais partout, pendant les Jeux et en tous lieux.
Policiers et gendarmes déployés pour sécuriser toute cette cérémonie d'ouverture en espèce ?
Tous les jours, pour les JO, ce sera entre 12 000 et 45 000 personnes qui seront mobilisées, effectifs. Et pour la cérémonie d'ouverture elle-même, ce seront 35 000 personnes qui seront mobilisées et quelques milliers également d'agents de sécurité qu'il faut ajouter à tout cela. Et d'ores et déjà, évidemment, la décision a été prise pour la zone où seront les chefs d'État, le ravivage de la flamme, la cérémonie. Le dispositif de sécurité sera pris en compte intégralement par l'État.
Et en tout état de cause, aucun autre événement ne peut être organisé ce jour-là ou pendant cette période-là. J'imagine que c'est compliqué, en tout cas c'est ce que dit le ministre de l'Intérieur, de sécuriser avec 35 000, 45 000 policiers et gendarmes des cérémonies, des compétitions et d'autres événements. Vous, en tant que préfet, c'est une recommandation que vous avez faite d'alléger les contraintes ailleurs sur d'autres événements ?
Alors, c'est une recommandation du ministre de l'Intérieur et finalement de l'ensemble du gouvernement puisqu'il y a le délégué interministériel de Jeux Olympiques qui est chargé de recenser tous ces événements qui ont lieu en même temps que les Jeux Olympiques ou juste avant ou juste après et qui sont des événements qui requièrent la présence de forces de sécurité d'État qui seront mobilisés pour sécuriser ces événements et donc il y a forcément incompatibilité. Donc il y a un recensement qui est en cours, il y a des discussions qui vont s'engager avec certains organisateurs pour le cas échéant décaler, anticiper, voire reporter certains événements.
Je vous dis bien que matériellement, tout ne pourra pas être fait en même temps.
Évidemment que tout ne pourra pas être fait en même temps, c'est complètement impossible et a fortiori pendant les Jeux eux-mêmes.
L'Anne Nunez, préfet de police de Paris, vous restez avec nous. 8h50, le fil info, Mathilde Montaigne.
Plusieurs quartiers de Kiev privés d'électricité et d'eau après des frappes russes sur la capitale. Une attaque massive est en cours contre des installations énergétiques selon la présidence ukrainienne. Ce matin, deux cargos chargés de céréales ont quitté les ports ukrainiens. Un corridor humanitaire de 16 navires doit prendre le large aujourd'hui sous l'égide de l'ONU. La victoire de Lula à la présidentielle brésilienne est une chance pour la justice sociale et dans la lutte contre le changement climatique. Réaction ce matin de Madrid et de Berlin après l'élection de justesse de l'ancien président de gauche hier. Son opposant, Jair Bolsonaro, n'a pas encore réagi.
Plus d'un millier de gendarmes restent mobilisés à Sainte-Solines dans les Deux-Sèvres après la manifestation anti-bassines agricoles ce week-end. Le ministère de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a dit vouloir éviter qu'une ZAD ne s'installe. Deux mille opposants étaient rassemblés sur place hier. Des vents violents attendus ce soir au nord-ouest de la France. Quatre départements sont placés en vigilance orange. Le Finistère, le Morbihan, les Côtes d'Armor et la Manche. Les rafales pourraient atteindre par endroits les 110 km à l'heure.
France Info
Le 8.30 France Info Néhile à la Trousse, Laurent Sénéchal.
Merci Mathilde Romagnon. Avec Laurent Nouniès, le préfet de police de Paris. Vous avez pris l'engagement, quand vous êtes arrivé dans vos fonctions cet été, d'éradiquer le krach à Paris en un an. Par quel miracle ?
Alors, l'engagement pris, c'est effectivement, d'abord c'est le ministre de l'Intérieur, c'est ma feuille de route qui m'a demandé dans l'année de mettre un terme à la consommation de krach à Paris. D'abord, dans le cadre de Seine Ouverte. On avait sur le square Forceval, sur la place Auguste Baron, dans le 19ème, un espace de trafic et de consommation à Seine Ouverte auquel nous avons mis un terme à la demande du ministre de l'Intérieur le 5 octobre dernier. Donc, évidemment, je vais poursuivre ces actions. D'abord, le camp a été démantelé et il n'y aura pas de reconstitution d'une scène de consommation à Seine Ouverte dans Paris.
Ni là, ni ailleurs, ni à Staline Grabe.
Nous avons tous les jours quelques centaines de policiers qui s'emploient et de gendarmes mobiles qui s'emploient uniquement à cette tâche qui consiste à éviter des reconstitutions. Et puis nous allons poursuivre l'action qui consiste à démanteler des réseaux et interpeller des vendeurs de krach. Et entre le moment où je suis arrivé et le moment où on a démenté le Square Forceval, on a interpellé 30 vendeurs, ce qui est énorme. D'ailleurs, quasiment tous étaient écroués. Donc, on va évidemment poursuivre cette action policière, judiciaire, avec le concours fort et massif de la Procureur de Paris et du Procureur de Seine-Saint-Denis.
Et puis à côté de ça, évidemment, pour éradiquer la consommation de krach à Paris, il faut aussi des actions de prise en charge sanitaire, sociale, parfois psychiatrique, psychologique et médicale. Et donc, nous avons évidemment, nous allons poursuivre le volet du plan krach qui est consacré à ces sujets, qui est à la main du préfet de région et surtout de la directrice générale de l'ARS, avec les élus locaux, que nous avons réunis il y a 10 jours dans le cadre du comité de pilotage krach. Il faut faire monter en puissance les dispositifs de prise en charge.
Il faut des salles de shoot, par exemple ?
Hébergement, prise en charge sanitaire et sociale, place dans les hôpitaux spécialisés pour ce type d'addiction. C'est une addiction extrêmement violente. Et je répète ma question, il faut des salles de shoot. Non, je ne vais pas allumer votre question. Pour ce qui est des salles de shoot, ce point n'est absolument pas arbitré, contrairement à ce que l'on peut entendre. Il n'est pas arbitré. Ce n'est pas une question qui est mise sur la table. Il y a d'autres dispositifs à faire monter en puissance, notamment un dispositif de prise en charge sanitaire, des espaces repos pour les consommateurs de krach. Voilà. Et des espaces de prise en charge.
Vendredi soir, j'étais avec le maire du 18e arrondissement sur le terrain. Nous avons visité un certain nombre de points où se reportent les consommateurs. Hors toute constitution de scènes de consommation à ciel ouvert.
Ils se sont éparpillés maintenant.
Mais voilà, ils se sont éparpillés en certains endroits. Donc les policiers veillent à ce qu'il n'y ait pas de nuisance. Et nous avons rencontré avec le maire du 18e arrondissement des gens qui sont dans une détresse énorme. Et évidemment que la réponse policière et judiciaire n'est pas la seule qui peut répondre à la détresse de ces gens-là.
Laurent Niez, au cours de l'opération à Forceval, justement début octobre, vous aviez annoncé des interpellations, 211 contrôles de personnes plutôt que d'interpellations, un quart en situation irrégulière. Aujourd'hui, le trafic de krach à Paris, c'est le fait de filières internationales ?
Oui. Alors effectivement, au moment du démantèlement du square Forceval, il y avait 211 personnes dont un peu plus d'une cinquantaine qui étaient des étranges en situation irrégulière, qui ont d'ailleurs tous été placés en centre de rétention et 10 ont déjà été reconduits dans leur pays. Oui, pour ce qui est des réseaux de trafiquants de krach, ce sont essentiellement, essentiellement, très majoritairement, des personnes qui sont en situation irrégulière, qui sont sénégalais, très majoritairement. Il y a également quelques abonnés, quelques guinéens. Et donc, évidemment, notre action, c'est d'abord de les interpeller.
Donc, généralement, ils sont condamnés puisque nous établissons qu'ils se sont livrés à du trafic, c'est-à-dire à de la revente de krach. Et à l'issue de leur peine, ou immédiatement après la gare à vue, lorsqu'il n'y a pas de poursuite, ils sont, évidemment, prioritairement reconduits dans leur pays.
Emmanuel Macron, qui fixe un objectif de 100% d'exécution des obligations de quitter le territoire français pour les ressortissants étrangers les plus dangereux, et qui, mercredi dernier, sur France 2, disait aussi à Paris, on ne peut pas voir que la moitié, au moins, des faits de délinquance viennent de personnes qui sont des étrangers. Est-ce que c'est vos chiffres ? C'est les chiffres de la préfecture de police que cite le président de la République ?
Bien sûr, oui, oui. Ce sont, évidemment, les chiffres de la préfecture de police. On a, depuis le début de l'année jusqu'au moment où je vous parle, on est à 48% de mises en cause qui sont des étrangers.
Avec une précision apportée dans le vrai du faux de France Info ce matin, qui sont qu'une même personne peut être comptée plusieurs fois si elle commet elle-même plusieurs actes.
Oui, j'ai entendu, effectivement. Ça, c'est une hypothèse. C'est une hypothèse, moi, statistiquement... Parce qu'il y a des condamnations,
16% sont des étrangers.
Le président a repris nos chiffres et, à juste titre, les mises en cause, c'est quand même, dans notre jargon policier, ce qu'on retient souvent, c'est ce qu'on retient en matière de trafic de stupes. Voilà, 48% des mises en cause sont des étrangers. Mais attention, attention, là, c'est pour l'ensemble des faits. Pour certains items, je pense aux vols violents, aux vols simples, on dépasse les 70%. Ou sur certains territoires, on a un nombre bien plus important, un pourcentage bien plus important d'étrangers mis en cause. Je pense, par exemple, à la zone du Champ de Mars Trocadéro, où on a beaucoup plus d'étrangers qui sont mis en cause, un pourcentage bien supérieur à 50%.
Évidemment, c'est ce qui justifie, d'abord, qu'on lutte contre la délinquance à Paris en mobilisant des effectifs de voie publique, comme l'a demandé le ministre, pour faire baisser la délinquance. Et en septembre, en octobre, nous y parvenons. Et puis, c'est ce qui fait, évidemment, et le président de la République l'a rappelé, le ministre l'a rappelé, que nous veillons à augmenter le pourcentage d'exécutions effectives des obligations de quitter le territoire français.
Laurent Nouniès, pas loin d'une douzaine de morts après des refus d'obtempérer, des morts après des tirs de policiers. Le dernier exemple en date, c'était à Paris, il y a deux semaines seulement, dans le 12e arrondissement, en soirée, un axe très passant. Comment vous expliquez qu'on soit passé de deux morts après des tirs policiers, après des refus d'obtempérer, l'an dernier, à une douzaine déjà depuis le début de l'année ? Est-ce qu'il y a un problème
de formation des policiers ? Non, il n'y a pas de problème de formation. D'abord, il ne faut jamais inverser les rôles. Un refus d'obtempérer, ce n'est pas normal. Quand la police ou la gendarmerie demandent à des personnes de s'arrêter, on s'arrête. On n'a pas à forcer un contrôle, à essayer de s'échapper. Ça s'est encore produit cette nuit à Paris, heureusement sans usage d'armes administratives, mais il y a un fonctionnaire qui a été légèrement blessé parce qu'il a été renversé dans le 18e aujourd'hui.
Et il n'a pas fait usage de son arme.
Il n'a pas fait usage de son arme, certes, mais quand il y a un refus d'obtempérer, ce n'est pas quelque chose qui est normal. Ce n'est pas quelque chose qui est normal. Ces refus d'obtempérer augmentent. Et qu'est-ce qui se passe ? En fait, c'est l'avis des policiers qui est mis en danger. D'abord, c'est l'avis de celui qui commet ce refus d'obtempérer aussi qui est mis en danger. Et puis, c'est l'avis d'autres personnes qui peuvent être renversées et autres. Il y a une présomption
de légitime défense.
Non, il n'y a pas une présomption de légitime défense. Les fonctionnaires de police, dans un nombre limité de refus d'obtempérer, sont conduits à faire usage de leur arme administrative. C'est permis par la loi de 2017. Évidemment, c'est permis. Donc là, on est dans un cas de légitime défense où pour protéger l'avis d'autrui lorsque, manifestement, il va y avoir un périple meurtrier qui risque d'être commis. Mais quoi qu'il en soit, quoi qu'il en soit, nous poursuivrons nos actions de contrôle. Et pour ce qui me concerne pour la préfecture de police et le ministère, évidemment, très attaché, nous continuerons à poursuivre les auteurs de ces refus d'obtempérer.
Laurent Nouniès, merci beaucoup, préfète police de Paris, invité du 8.30. Bonne journée.
Laurent Nuñez