L'Europe des lobbies - #AmFis2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 38 %Attaque 50 %Défensif 12 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Claire NouvianFait
« Les règlements qui s'occupent de pêche sont tous des règlements européens. »
- 9:00Martin PigeonChiffre
« À Bruxelles, ce sont 300 lobbyistes. 30000 lobbyistes qui travaillent au sein d'organisme privés et c'est à peu près équivalent à la quasi totalité des employés de la Commission européenne. »
- 10:00Martin PigeonChiffre
« En 2018, c'est près de 12000 groupes d'intérêts qui sont enregistrés à Bruxelles sur le registre de transparence des institutions de l'Union. »
- 11:00Martin PigeonChiffre
« Parmi eux, 1115 sont des lobby français. »
- 13:00Youus SomargFait
« Nous sommes désarmés face à eux parce qu'ils sont excessivement bien organisés. »
- 15:00Youus SomargChiffre
« À Bruxelles, ce sont 300 lobbyistes. 30000 lobbyistes qui travaillent au sein d'organisme privés et c'est à peu près équivalent à la quasi totalité des employés de la Commission européenne. »
- 19:00Aurore LaucFait
« On se retrouve aujourd'hui dans une situation avec un débat d'idée relativement pauvre où les arguments scientifiques ont du mal à se faire entendre. »
- 25:00Aurore LaucFait
« Les lobbyistes bancaires aux États-Unis financent toujours les Républicains et les démocrates. »
- 27:00Aurore LaucFait
« La criminalité en col blanc aux États-Unis, c'est la crise financière. »
- 2:00Locuteur 1Chiffre
« Vous voulez-je vous dire le meilleur moyen de faire de la régulation bancaire, c'est de faire en sorte que les banques on on casse le lien justement entre la France et ses banques, entre la Deutsche Banque et l'Allemagne, entre la BNP et la France »
- 4:00Locuteur 1Fait
« aujourd'hui dans le cas des pesticides par exemple, ce sont aux industriels de fournir les études qui démontrent que le produit ne pose pas de danger »
- 6:00Locuteur 1Promesse
« il faut donner aux élus, il faut donner à la puissance publique les moyens de travailler et d'être correctement contrôlé par les citoyens »
- 8:00Locuteur 1Fait
« au niveau européen, les seuls la la Commission a les moyens aujourd'hui de forcer des réglementations à des banques géantes comme la BNP »
- 9:00Locuteur 1Chiffre
« à l'époque des paradis fiscaux qui retirent au moins 60 à 80 milliards d'euros par an au budget français »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour à tous. Bienvenue donc à la conférence sur l'Europe des lobby. Donc je suis Vivien Rubière, militant.
J'écris un petit bouquin sur le TAFTA. Euh aujourd'hui, bah vous le savez, les lobby sont nombreux, très nombreux, puissants, très puissants au niveau européen. Et justement, nous on voulait aborder cette question avec avec nos invités pour essayer de comprendre qui sont-ils, comment sont-ils, comment fonctionnent-ils et puis avoir des discussions, des débats sur des exemples, des expériences et puis quelles sont les solutions pour essayer de lutter contre les lobby au niveau européen et essayer de d'affronter pour avoir une meilleure régulation démocratique, pour essayer de de faire avancer les les choses sur le plan environnemental, sur le plan social.
Donc, je vais vous présenter les invités. Tout à ma gauche, il y a Horreur Laluc. Merci, on la remercie beaucoup pour d'être venue.
Donc, elle est économiste et porte-parole de génération. Juste à côté, c'est Martin Pigeon qui est militant chercheur donc de l'ONG Corporate Europe Observatory qui s'occupe justement de d'analyser le fonctionnement des lobby et donc il va présenter un peu juste ensuite c'est Claire Novian qui est présidente et fondatrice de l'association Bloom qui s'occupe de la préservation des écosystèmes et qui a eu beaucoup de victoires ces derniers ces dernières années. Et puis juste à ma gauche donc c'est Youus Somarg, député européen et qui donc de la et qui s'occupe beaucoup de ces questions là, qui a beaucoup travaillé avec Claire Nouviant récemment et puis là qui est sur une grosse question sur le tabac.
Donc voilà, je vous laisse vous présenter un peu et puis on va commencer ensuite. Tu commences. Bonjour à tous.
Est-ce que vous entendez bien ? Oui. Non, ça tombe, ça tombe en avant.
Euh donc voilà Claire Nouvian de l'association Bloom. Nous on s'occupe des océans et de ce qu'il y a priori de vivant dans les océans. Je dis ça parce que pour l'instant on ne s'occupe pas vraiment d'extraction minière même si c'est un énorme sujet puisqu'on tombe sur la question est-ce qu'on va rentrer dans le cycle de dépendance des minéraux des minerais et des métaux rares après avoir été dépendant du charbon et du pétrole.
Gros sujet mais nous on ne peut pas encore tout à fait s'en occuper autant qu'on voudrait. Donc voilà, on travaille sur les questions de surexploitation des écosystèmes marins et de destruction du milieu marin et on a fait campagne. Évidemment, les règlements qui s'occupent de pêche sont tous des règlements européens.
Donc le cœur de notre bataille doit être porté euh à Bruxelles et c'est au Parlement qu'on arrive parfois à obtenir des victoires. Donc avec Youus, on se bar avec les verts aussi. Donc c'est vrai que je dis toujours pour ne pas faire de jaloux que nos alliés, c'est quand même les Ver et la France insoumise enfin parce que ce sont les deux parties sur lesquelles on peut se reposer euh pour tout ce qui est de porter finalement des données objectives dans un débat qui est souvent assez délirant, assez euh assez alors il nous il nous traite tout le temps d'émotionnel alors qu'en fait c'est souvent l'émotion est souvent créée finalement par des lobby qui quand ils sont en perte de terrain d'un point de vue rationnel justement du du point de vue des données objectives vont nous taxer de vont nous prêter des intentions et cetera qui sont plutôt de l'ordre émotionnel et ce alors que nous justement on essaie tout le temps de ramener la bataille sur des données puisqu'on pense que la science nous permet maintenant de connaître assez bien le monde qui nous entoure comme l'homme.
Et on sait que ce sont plutôt les liens qui vont rendre les hommes heureux plutôt que les biens. On sait que on sait comment construire un avenir durable. On a beaucoup plus de solutions finalement qu'on a de problèmes, mais euh on a par contre une résistance des systèmes politique, humain, déontologique dont on va parler parce que je pense qu'on peut pas parler de lobby sans parler d'éthique.
Euh voilà, contre laquelle on doit faire front. Cette résistance, elle est vraiment forte. c'est au cœur des systèmes politiques, au cœur des systèmes humains et c'est vraiment un grand grand problème.
Donc voilà, on arrive à gagner malgré tout parce que on peut s'appuyer sur des élus comme Youus, comme Yannick Jade qui est au sein de leur délégation et au-delà et surtout au-delà puisque vous êtes porteur de conviction à l'intérieur de vos propres unités euh on va dire politique. Mais ce qu'il faut évidemment c'est quand on a un petit parti, c'est convaincre les autres. Et donc on a des évangélistes en fait en la personne de Youus par exemple sur tout ce qui est question de pêche qui s'approprie un sujet, le connaît techniquement et va donc convaincre au-delà de son parti politique.
Donc on a ensemble mené la campagne récemment contre la pêche électrique et le débat est encore complètement d'actualité parce qu'on a gagné un vote au Parlement grâce à la à la contribution des pêcheurs artisans aussi qui nous ont vraiment prêté main forte et qui ont fait entendre leur voix. C'est aussi une question dont on va parler parce que les lobby c'est quoi ? C'est souvent des individus qui sont qui représentent des grosses corporations et qui ont des gros moyens.
Et voilà, on a on a gagné grâce aux artisans euh et aux élus. Voilà. Donc et sinon, on avait gagné avant ça contre le chalutage en eau profonde, donc la destruction du milieu marin vraiment en grande profondeur.
Pareil avec le soutien de Yunous, même s'il eu une défection d'un portugais à l'intérieur de son groupe, un député qui est pas qui est pas aussi fiable que les élus de la France insoumise et voilà. Donc ça c'est pour le tour de piste. C'est c'était ça une présentation rapide.
Voilà. Bonjour euh Martin Pigeon donc de l'ONG Corporate Observatory, l'observatoire de l'Europe des entreprises. Euh pour essayer de d'être un peu bref, nous sommes un groupe de recherche et de plédoyers sur la question du lobbying à Bruxelles.
Donc c'est une question très transversale. C'est un sujet évidemment gigantesque. On est obligé de se spécialiser un petit peu.
À titre personnel, j'ai travaillé beaucoup sur la question de la gestion et de la privatisation de l'eau avant de m'intéresser depuis quelques années à la question de du lobbying des entreprises du monde de l'agrobiness et les pesticides en particulier. Donc j'ai beaucoup beaucoup mangé de glyphosate dans les trois quatre dernières années. On pourrait dire mais pas que.
Euh à CEO, un un mot pour présenter quand même, CEO est né en 97 euh à Amsterdam, créé par des gens qui s'inscrivait dans ce qui allait devenir le mouvement altère mondialiste. Euh ce mouvement-là est parti mais CEO est resté avec un certain nombre d'autres euh euh organisations et euh avec un certain nombre de réseaux euh qui existent encore aujourd'hui. Donc qu'on continue à utiliser et ce qui est très utile. on travaille beaucoup, on on essaie de toujours nous ce que initialement ce que voulait être CEO c'était une forme de cellule de renseignement sur les stratégies patronales et ça le reste aujourd'hui.
Euh et donc nous enfin nous nous pensons que notre travail n'a de sens qu'à partir du moment où il peut aider les luttes sociales, environnementales et donc nous nous efforçons toujours d'apporter des informations stratégiques pertinentes avant que les batailles soient perdues. La grande difficulté de notre travail, c'est que la le grand la ce que ce que les lobby essayent toujours de faire, c'est de ne pas être repéré et de de se débrouiller pour que pour voler aussi bac que possible pour échapper au débat démocratique. Et nous, ce que nous que nous efforçons de faire toujours, c'est de traduire en fait des enjeux qui apparaissent en des termes technocratiques, techniques en enjeux politique, en enjeu démocratique pour que les citoyens et les partis politiques puissent s'en saisir.
Euh voilà. Donc nous avons euh une dimension d'enquête forte dans notre travail, mais nous avons aussi une dimension plédoyer. Nous tâchons aussi euh de faire en sorte que le lobbying comme phénomène à Bruxelles soit davantage encadré d'un point de vue réglementaire.
Euh voilà. Et puis je j'aurais l'occasion de développer un petit peu plus mais comme ça c'était juste pour pour vous. Ah oui, et une chose importante aussi.
Nous sommes financés presque exclusivement par du messena. Donc c'est un peu le modèle anglo-saxon. Ce sont des héritiers en général, des gens qui sont nés avec beaucoup d'argent qui placent un capital dans une fondation, laquelle fondation place ce capital sur les marchés financiers.
Euh on nespère pas trop dans le pétrole et les armes, mais bon euh on a pas trop bah on peut savoir dans une certaine mesure parce qu'il y a toutes les fondations ne travaillent pas non plus avec le même critère de transparence par rapport à leurs investissements. Mais c'est une contradiction avec laquelle il nous faut vivre qui a par exemple Mais en même temps pour vous expliquer un petit peu pourquoi est-ce qu'on fait ça d'abord parce que ça nous ça nous permet de travailler sur le temps long euh parce que produire des informations de bonne qualité ça demande de l'argent, ça demande du temps. Euh et euh ce qu' si on était sur un modèle 100 % de cotisation ou de donation individuelle par exemple, ce qui est par exemple le modèle d'une organisation comme Greenpeace pour laquelle j'ai beaucoup beaucoup de respect, euh ça aurait des conséquences en terme de visibilité.
Ça voudrait dire que tout ce qu'on fait doit doit être extrêmement visible et ça c'est un travail en en tant que tel. Ça voudrait dire qu'on devrait se transformer en une organisation avec un énorme budget marketing par exemple ce genre de chos. Voilà.
Donc ça c'est quelque chose qu'on ne veut pas faire pour des raisons stratégiques. Cela dit euh il va falloir qu'on quand même qu'on s'y mette un peu euh voilà. Mais juste pour vous pour vous expliquer un peu les tensions aussi parce que le la l'information euh c'est ça a un coût et euh l'argent bah ça pousse pas sur les arbres.
Voilà. Et et aussi parce que votre travail est excellent, il devrait être encore plus être connu. Merci.
C'est vrai. Non mais c'est vrai, il est utile et très bien. Euh voilà.
Mais mon dieu, moi ça va être d'une banalité affligeante ce que je veux dire après tout ça parce que je suis pas là avec ma ma casquette professionnelle mais avec ma ma casquette militante. Je suis Aural Lauc, je suis porte-parole du mouvement Génération qui a été cofondé entre autres mais pas que. Benoît Amandon.
Je suis très heureuse d'être ici et de pouvoir participer à ces ce débat et je remercie la France insoumise de cette de cette invitation. Euh à titre personnel, j'ai travaillé pas mal avec Claire sur certains sur certains sujets. Euh côté génération, la question de la lutte contre les lobby est essentielle pour nous.
On va y travailler d'ailleurs prochainement dans le cadre de notre programme européen et il y aura un gros gros focus sur sur ce sujet. Et j'étais assez sensible à ce qu'a dit à ce qu'a dit Cla c'estàd qu'on se retrouve aujourd'hui dans une situation avec un débat d'idée relativement pauvre où les arguments scientifiques ont du mal à se faire entendre. C'est-à-dire qu'en permanence, on est dans la stratégie, dans la communication, dans l'émotion.
On est relativement peu sur le débat d'idée et en tant que progressiste entre guillemets, c'est très difficile de se faire entendre avec des arguments de type scientifique par exemple et tout le langage en fait est formaté autour de ça. Quand on travaille sur l'évasion fiscale par exemple, comment on fait pour se battre contre un paradis fiscal ? C'est vachement dur de se battre contre un paradis en fait.
Tous les tous les tout le langage est structuré de telle manière à ce que nous avec des arguments un peu de raison bah finalement on soit mis sur la touche parce qu'on va pas contre un paradis fiscal. Comment lutter contre des gens qui veulent s'évader d'une charge fiscale qui les amputes de leur vie et cetera. C'est très difficile.
Donc on a un gros travail à faire effectivement à la fois sur le fond mais aussi pour pouvoir vulgariser correctement un peu ce fond. Mais c'est vrai à mon avis c'est le vrai enjeu de ces de ces prochaines de ces prochaines années pour la France et euh et pour l'Europe. Après, moi je vais vous parler des régulations bancaires et financière à titre personnel.
J'ai travaillé pas mal sur le sujet sur la question de criminalité en en col blanc aux États-Unis et et en Europe et donc on en parlera après. Voilà, je passe vite la parole à You. Les organisateurs de nos journées ne m'épargne pas puisque je sors des du cours sur l'Europe avec Charlotte et me voilà déjà ici.
Je veux d'abord remercier euh nos trois invités d'avoir répondu à notre invitation et d'être avec nous ce matin. Je veux dire aussi bien sûr le grand plaisir que j'ai à être à cette tribune avec Claire avec laquelle nous avons mené beaucoup de combat et je vous le dis pour ceux qui ne savent pas, Claire Nouvian a reçu récemment le prix Goldman Sax pardono. Pardon.
Alors ça c'est drôle. Le fait c'est Goldman. C'est Goldman.
C'est la c'est les héritiers de la famille de Lév. C'est un peu plus mais c'est Goldman. C'est Goldman.
Goldman pardon. Mais je veux parler de Goldman et je suis en train de lire évidemment une note dans laquelle il est évoqué Goldman concernant le pantouflage des fonctionnaires européens. Et c'est une question extrêmement importante qui doit être au cœur de notre atelier parce que vous savez que de nombreux euh organes euh type Goldm Sax peuvent s'appuyer sur des acteurs institutionnels en Europe et qu'il y a ces collusions d'intérêt qui sont extrêmement nocives et et toxiques.
Enfin, cela dit, c'est très c'est c'est bon. Enfin euh je vais prolonger euh ce que je disais euh ce matin, c'est que lorsqu'on est face à ces lobby extrêmement puissants et lorsqu'on est député européen, il y a une inégalité des armes. Nous sommes désarmés face à eux parce qu'ils sont excessivement bien organisés.
J'ai quelques chiffres devant moi. À Bruxelles, ce sont 300 lobbyistes. 30000 lobbyistes qui travaillent au sein d'organisme privés et c'est à peu près équivalent à la quasi totalité des employés de la Commission européenne.
En 2018, c'est près de 12000 groupes d'intérêts qui sont enregistrés à Bruxelles sur le registre de transparence des institutions de l'Union. Et parmi eux, 1115 sont des lobby français. Donc nous sommes face à des lobby très puissants et nous avons peu de pouvoir.
Nous sommes des parlementaires européens avec des équipes de collaborateurs assez réduites. Nous ne sommes pas dotés de moyens comme les membres du Congrès américain qui peuvent disposer de moyens extrêmement importants et aller au bout de leur rôle en tant que contrepouvoir. Et c'est pourquoi l'action et le soutien des ONG est excessivement important et c'est pourquoi les batailles menées au Parlement européen s'appuie et doivent s'appuyer sur les mobilisations citoyennes qui sont organisées par les partis politiques, les mouvements et les ONG.
Combloom et nous avons eu deux exemples que tu as cité, celui du chalutage, de la fin du chalutage en eau profonde et celui de la pêche électrique. Et je l'ai dit le jour du vote et je le redis aujourd'hui, nous n'aurions pas pu obtenir ces victoires sans l'action de Bloom, sans l'action des citoyens, sans la mobilisation de d'un certain nombre d'acteurs. Voilà la la réalité et c'est pourquoi ces solidarités que nous organisons sont extrêmement importants.
La deuxième leçon que je tire de la victoire sur la pêche électrique, c'est que nous avons fait la démonstration que lorsque les Français sont organisés, nous avons encore un peu de force dans ce Parlement européen parce que c'est les Français et je sais que Claire me donnera raison là-dessus, c'est les Français qui étaient aux avant-postes de ce combat. Les autres pays étaient assez peu intéressés par cette question et c'est les néerlandais qui étaient extrêmement hostile et les Français parce que il y avait des pêcheurs artisans parce qu'il y avait la mobilisation de Bloom extrêmement importante parce qu'il y avait un certain nombre de de chroniqueurs à la télé que tu as pu convaincre peut-être qui ont aussi réussi à en faire une question très médiatique. En tout cas, les Français, les députés français ont compris très vite que l'intérêt de la France était la fin de la pêche électrique et nous avons réussi à organiser les députés français autour des mêmes objectifs, y compris à amener ceux qui auraient peut-être eu quelques réticence ou qui par leur action passée avait peut-être plus de difficultés à venir sur cet objectif et nous avons réussi collectivement.
J'entends dire ici et là cette victoire c'est la mienne et cetera. Bon, tout ça est enfantin. Bon, c'est absolument enfantin.
C'est pas au niveau. Bon, cette victoire est une victoire collective et nous devons être très fiers d'avoir pu le faire. On en a beaucoup moins parlé au moment de la pêche en eau profonde, mais c'était sans doute beaucoup plus difficile et avec aussi des enjeux sur la biodiversité excessivement. important et cette victoire sur la pêche en eau profonde là aussi c'est la mobilisation des citoyens.
Donc face à ce pouvoir des lobis, le contrepouvoir il est populaire, le contrepouvoir il est citoyen. Je vais tout à l'heure vous parler parce que j'aime bien quand mêm les lobbyes. Je vais vous parler du lobby du tabac parce que je suis rentré dans une bataille contre le lobby du tabac qui organise et alimente le marché parallèle du tabac.
Quand je suis rentré dans ce combat, tout le monde m'a dit "Mais c'est mortel, c'est super dangereux et tout. Mais nous avons des pouvoirs en tant que députés européens à peu près. Personne ne sait, je l'ai pas dit tout à l'heure, mais nous avons le pouvoir d'objecter à tout moment.
Et je me suis dit quand j'ai vu le dossier sur le marché parallèle du tabac et bien je vais objecter sur le règlement et on est on a pu faire bouger les lignes. Donc je vais vous parler de ce lobby parce que ce lobby du tabac parmi les autres lobby pharmaceutique, le lobby de l'industrie automobile, le lobby de l'industrie chimique, le lobby euh sur la pêche qui est un vrai lobby. Le lobby du tabac est un lobby extrêmement organisé, extrêmement puissant et qui n'est pas tout à fait comme les autres parce que il défend une industrie qui est une industrie de la mort.
Donc je vais vous parler de ce lobby, je vais vous parler du livre noir du tabac que j'ai fait paraître et puis je suis sûr que nos échanges vont permettre de voir que finalement c'est les mêmes ressorts à chaque fois qui qui sont qui sont à l'œuvre. OK. Merci beaucoup pour c cette introduction justement pour pour essayer de comprendre ou là qui sont les lobby comment ils fonctionnent.
Je vais donner la parole à Martin Pigeon sur cette question. Voilà comment ils sont, combien ils sont, qui sont-ils, comment ils fonctionnent, comment ils essaient d'influencer la les décisions des zéodéputés, la l'administration de la commission. Voilà, je laisse la parole à Martin qui nous fasse un un point sur cette question.
Merci beaucoup. Euh, la difficulté pour moi de parler du lobbying d'abord, c'est que je je traite de sujets depuis très longtemps, donc j'ai tendance à être un peu long. Donc s'il vous plaît, coupez-moi si je commence à à usurper un peu de mon temps de parole.
Première difficulté. La deuxième difficulté, c'est que il y a un truc qui est très caractéristique des lobbyistes et qu'il détestent qu'on les appelle comme ça. Donc il y a beaucoup de périphes qui ont été inventées.
Il y a des professionnels en affairire européenne, en affaire publique, en relation publique, enfin toutes ces choses-là qui sont différentes versions de la grande industrie de l'influence euh parce que c'est une industrie très puissante d'ailleurs et très qui en général d'ailleurs est très intégrée avec l'industrie de la publicité. ce sont les mêmes groupes euh qui font ça parce qu'il y a un continuum de pratique entre ces deux mondes là. Une deuxième difficulté, c'est que si on prend la définition du lobby comme la capture de la décision publique par des intérêts privés ou des intérêts sectoriels, euh alors il faut mettre les ONG dedans et donc je dois me mettre dedans aussi.
Je fais partie du problème dont je parle aujourd'hui euh parce que personne ne m'a élu. Or, je fais du plédoyer. D'aquelleront ça du lobby aussi.
Euh j'ai une influence sur la législation et sans doute pas suffisamment d'ailleurs. Euh mais personne ne m'a élu pour ça. Je ne suis responsable que devant euh moi-même parce que je n'ai pas j'appartiens à une organisation qui n'a pas de membre euh et éventuellement devant les fondations qui me financent.
Mais où est la démocratie là-dedans ? Euh bah vous devez me croire sur parole que j'essaie de travailler pour le bien commun. Mais euh voilà, ça ça vous place aussi encore une contradiction à laquelle dans dans laquelle je dois me de laquelle depuis laquelle je vous parle.
Euh donc ça c'est pour pour poser un peu les les enjeux comme ça aussi. Euh vous vous citiez tout à l'heure le chiffre de 30000 lobbyistes. Effectivement c'est l'estimation que nous avons aussi.
C'est vraiment très piphométrique aussi parce qu'il n'y a pas de trans. Il y a pas d'obligation de déclaration. Il y a des donc on est c'est un ordre de grandeur.
Euh nous estimons qu'à peu près là-dedans euh un peu plus de 23 % représentent des intérêts commerciaux privés. Euh 20 % représentent des intérêts de type public donc collectivité locale. Alors vous allez me dire "Oui mais ça c'est des fonctionnaires, c'est des diplomates.
Donc ce sont pas des lobbyistes." Et ben je le problème c'est que ça dépend. Quand le quedors défend les intérêts de total de BNP de Volia au Parlement européen, et ben les fonctionnaires, les diplomates du Kedoret, de la France, du gouvernement français sont dans une situation de euh qui s'occupait pour le coup euh de des affaires financières et qui est partie là aussi côté banque quelques jours après avoir quitté ses fonctions.
Donc ça c'est un vrai sujet. Pour ma part, je ne pense pas que ce soit un sujet spécifiquement européen et je pense que sur la question de la régulation bancaire et financière, et c'est là où on va essayer de s'activer un peu pour créer un peu de débat, je pense que le plus gros lobbyiste au niveau européen soit la question de régulation bancaire et financière, c'est un pays, c'est la France. C'est Macron.
C'est Macron et c'est pas que Macron. Ça a été aussi François Hollande. En fait, on a un petit souci quand même à ce niveau-là.
Euh c'est qu'on a des très très grosses banques en France et qu'on sait très très bien les défendre. Donc le pays qui est toujours en train de dire "Ah mais l'Europe, elle nous embête. Ah on aimerait bien faire des choses mais regardez l'Europe h non on peut pas." Et ben ça a été c'est c'est nous les Français en règle générale, c'est nous la France et on a été super bon pour détricoter toute véléité de régulation financière.
Ça a été notre principal à tout. Il y a des accords après la crise financière qui s'appelait les accords de balle. Les accords de balle, c'est fait pour mettre un peu de régulation, pour qu'il y ait plus de fonds propre au sein des banques, c'est-à-dire que qu'elle fasse un petit peu moins n'importe quoi, qu'elles aient un petit coussin disons en cas de en cas de PVIN pour faire pour vulgariser et faire et faire vite.
Le pays qui s'est le plus battu contre ces accords, qui ne sont pas très très contraignants d'ailleurs, on parle pas du grand soir, hein, ça s'appelle la France. euh sur les questions de séparation bancaire. Là, on était au sein de la France pour le coup sur une spécificité sur sur une sur une loi française.
Les lobby sont montées au créneau. Mais il y a même pas eu besoin de lobby si vous voulez. Il y avait vraiment une connexion entre BNP Paris-Bas, la société générale, le crédit agricole et le pouvoir français.
Donc en permanence, la France va à l'encontre euh de euh du de la réglementation de la finance euh et de la banque. Et l'Europe n'y est strictement pour rien sur ce coup-là. Donc, on parlait tout à l'heure de "Ah, c'est super, les Français se mobilisent et cetera, ils sont à l'avant-poste pour la pêche et tout." Les Français sont à l'avant-post pour la déréglementation financière au niveau européen tout en accusant l'Europe de pas faire le job.
Donc ça, faut quand même l'avoir en tête. Récemment, par exemple, euh on a relancé, on a participé à la relance de la titrisation. Je sais pas si vous vous rappelez pendant la crise financière, la titrisation, c'est un truc génial.
J'ai un titre pourri, j'ai un titre super super clean, je les mélange entre eux, je fais un joli paquet cadeau autour et je dis "Regardez, il est très très beau et il a la meilleure note, ça s'appelle triple A dans la finance." H regardez, c'est du triple A. Bah ça, ça avait été interdit à un moment.
La France a bien fait du lobbying pour que ce soit relancé en disant "Mais attendez, regardez, on est quand même la croissance elle est faible, ça va pas trop, faut relancer la croissance. Si on dérèglementait la finance pour relancer la croissance et hop, ça a très très bien marché comme ça." Sur la question de la finance verte récemment, très très récemment, même problème qui est venu faire du lobbing la France.
Alors sur la question de la finance verte, qu'est-ce qui se passe ? Grosso modo, tout l'idée est de dire la finance va pouvoir sauver le climat et donc il va falloir la rendre compatible avec ce qui est vert. On sait pas trop ce que c'est ce qui est vert plutôt que de la mettre au service de de du dérèglement climatique du moins pour éviter le dérèglement climatique.
Et donc là il y a une commission qui a été mise en place. Alors, c'est génial en terme en terme de lobbying. Il y a quasiment que des lobbyistes à l'intérieur.
Il doit y avoir une ONG pas forcément très très radicale à l'intérieur du lot. Et donc, les conclusions sont les suivantes. Euh c'est de dire bah on va faire un truc super, on va encourager les banques.
On va encourager les banques à être vertueuses dans le domaine dans le domaine de l'écologie. Et pour ça, on va bah on va les soutenir plutôt que de les pénaliser tout le temps, hein, parce que quand même on les pénalise beaucoup. Alors, on va être on va être positif, on va les soutenir.
Alors, ce qu'on va dire, c'est que extrêmement bizarre d'ailleurs et ben ils auront le droit de réduire leur fond propre, c'est-à-dire leur leur coussin de sécurité. Voilà. Donc donc tout ce qui a été créé, le peu qui a été créé ces dernières années pour faire en sorte que les banques ne fassent pas totalement n'importe quoi est en train d'être détricoté.
Et qui est-ce qui est derrière cette initiative ? Je vous le donne en 1000. C'est les lobby de la C'est les lobby c'est les lobby français.
C'est pas la caisse des dépôts, c'est la Fédération bancaire française. Il faut que je fasse vite. C'est ça ?
Non, ça va. Bientôt la fin. D'accord.
OK. Sur les solutions. Voilà.
C'était un peu pour montrer que il y a pas que l'Europe et que le problème des lobbyes n'est pas qu'un problème uniquement européen. Certes, il y a des spécificités européennes, mais il y a aussi des États, il y a pas que le privé, il y a aussi des États qui se mettent en situation de lobby pour pouvoir défendre leur précarrés, en l'occurrence ici leur grande banque. Et ils sont très très forts pour ça.
Et là-dessus, ils sont pris à la fois d'un point de vue, ils sont pris idéologiquement dire qu'ils sont pris dans cette espèce de folie de penser que si on réduit la taille de BNP par bas, si on réduit la taille de la société générale, bah on perd un de nos grands capitaines champions pardon industriel. Euh merci de me souffler bon mot, je suis un peu fatiguée. Euh donc ils sont pris totalement euh totalement dans ce trucl-là.
Et ensuite et c'est là où je suis tout petit désaccord avec toi, on a une très très forte culture du pantouflage dans le pantouflage en France sur sur les questions, excuse-moi. Alors dans ce cas-là, on est d'accord, euh sur les questions euh de régulation bancaire et financière. 75 % des inspecteurs de finances finissent à un moment dans la banque.
Et en fait ce qui se passe parce qu'au bout d'un moment si vous voulez dans leur évolution de carrière, ils estiment qu'ils ne gagnent plus assez. Donc ils vont aller ailleurs, ils vont aller dans le privé et ça a une influence terrible sur la réglementation parce qu'ils vont s'autocensurer. C'estàd qu'ils vont se dire je vais pas trop trop les faire chier quand même parce que il y a peut-être un moment où je vais aller dans le privé.
Donc j'ai en terme de réglementation, je vais y aller molo molo. Donc voilà la question, j'arrête pardon. La question la question du lobbying bancaire au niveau européen, il est avant tout français à mon avis.
OK. Ben merci. Merci beaucoup à vous.
Donc maintenant, on a eu plusieurs exposés sur les lobby comment ils fonctionnent, le lobby de la pêche, les lobby financiers. Que faire ? Comment faire ?
Comment lutter contre les lobby aujourd'hui au niveau français, au niveau européen ? Qu'est-ce que vous proposez ? Et puis après, je vais je vais tourner et puis on prendra des questions de la salle.
Je propose à Martin de de commencer sur quelle régulation que proposer sur la question et puis après bon ben voilà, vous vous proposez chacun. Peut-être que nous voudra parler de euh sur le tabac. Merci.
Euh alors en terme de réglementation, peut-être pour dire un mot de ce qui existe, après presque ouais 5 6 ans de de campagne, on a réussi à obtenir la mise en place d'un registre de transparence, ce qui oblige donc les ce qui n'oblige pas ce qui incite les lobbyistes à déclarer qu'ils sont, avec quel avec sur quel sujet ils travaillent, avec quel budget, au nom de qui. Il n'y a pas ce n'est pas encore un registre obligatoire comme aux États-Unis. par exemple aux États-Unis, euh le la réglementation de transparence euh des lobbyistes est beaucoup plus stricte queen Europe de ce point de vue et qu'en France en particulier aussi.
Euh donc et ça c'est important juste pour une question d'accès à l'information, savoir qui fait quoi à quel moment. C'est intéressant parce que quand vous regardez par exemple le traitement journalistique des guerres de lobby aux États-Unis, c'est devenu un réflexe dans la profession d'aller voir le registre et de dire bah voilà tiens, l'industrie pharmaceutique a dépensé tant de milliards contre le programme Medicate de Obama par exemple. Voilà, ça c'est ça ça permet de produire ce type d'information.
Ça ne résout absolument pas votre problème mais ça vous permet de le décrire et c'est un premier pas important. Donc voilà, obtenir déjà un enregistrement obligatoire des lobbyistes, ce serait très important. Là encore, c'est un enjeu politique difficile parce que la bataille le discours des des lobbyistes professionnels, c'est de dire "Ah mais le lobbying c'est de l'influence.
Regardez le manifestant là, le syndicaliste, l'ONG, c'est de l'influence. Donc c'est des lobbyistes, donc ils doivent se déclarer. Et puis les gens qui signent des pétitions là, eux aussi ils influent, eux aussi ils doivent se déclarer.
Bon, vous voyez comment on peut tuer un sujet comme ça. Euh 2è question euh importante, c'est la question dont on a déjà abondamment parlé mais qu'il faut vraiment sur laquelle il faut vraiment insister, c'est la question d'une aire de la guerre, la question des pantouflages, la question de la circulation entre le secteur publicique et ce secteur privé. Euh, on a un outil pour nous que nous que nous poussons depuis des années pour ça, c'est ce qu'on appelle les délais de carence parce qu'on peut pas non plus interdire aux gens euh bah de d'avoir les carrières qu'ils veulent.
Simplement, on estime qu'ils ne peuvent pas vendre en l'occurrence leur connaissance du fonctionnement et des dossiers au plus offrant quand ils ont travaillé pour la pour la puissance publique ou inversement d'ailleurs parce que ça peut aller dans les deux sens. Euh c'est euh les lobbyistes bancaires aux États-Unis obtiennent des primes euh très très confortables d'ailleurs au moment où ils se font engagés par l'administration fédérale américaine pour qu'ils se souviennent bien un peu d'où ils viennent et où ils retourneront après. Euh donc voilà.
Euh donc ça donc un obtenir que il y ait des délais de carence strict où par exemple qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que vous devez attendre. Donc vous devez attendre 2 3 5 ans éventuellement selon selon la la sensibilité de de votre poste avant de pouvoir aller travailler dans le sur la mêmes questions mais pour un acteur dans dans le secteur privé quand vous venez de secteur public et inversement pour éviter de vous placer en situation de conflit d'intérêt simplement.
Euh et puis il faut aussi et et ça cette question là concerne aussi les élus. Il y a énormément d'élus qui se retrouvent après à créer des sociétés de conseil en lobbying par exemple. Et donc et alors ça pose une question qui est une question plus large qui est la question du financement de la vie politique et de la question de la du financement des carrières en dans la vie politique.
C'est très compliqué comme question parce que bon bon je pas mais juste pour pour la citer parce qu'elle est importante parce que ça aussi évidemment quand on vous a promis un emploi à la fin de votre mandat et que bah parce que c'est la nature de la vie politique, vous n'êtes pas sûr d'être réélu et ben là aussi vous allez être très prudent sur la radicalité de vos positions. Faut pas un jour à venir là non plus. Euh donc pour essayer de de conclure rapidement sur la question de l'encadrement du lobbing, c'est une question de démocratie.
D'abord, si on pouvait savoir ce que nos élus décident tout le temps et notamment au conseil, ça ce serait enfin vraiment c'est le jour où l'Union européenne où les gouvernements nationaux seront obligés d'assumer publiquement les décisions qu'ils prennent ensemble au Conseil, l'Union européenne aura changé de nature quand même. Oui, évidemment, faut quand même le dire. Euh parce que c'est ça la responsabilité, comment vous pouvez rendre les gens responsables si vous savez pas ce qu'ils font ?
Ensuite, c'est une question d'expertise. C'est une question d'expertise et ça c'est valable à Bruxelles en particulier, c'est aussi valable en France. Ça fait 10 ans que l'État français est en train de couper sa propre expertise.
La révision générale des des des politiques publiques et cetera, c'est un vieux programme. Euh quand je travaillais sur l'eau, maintenant je peux vous informer peut-être si vous le savez pas que le ministère de l'environnement aujourd'hui n'est plus capable aujourd'hui de produire des informations correctes sur l'état de la ressource en France. Pourquoi ?
Parce que il a privatisé ses labos d'analyse. C'est embêtant ça parce que les labos d'analyse, il bossent pour les opérateurs publics d'eau privée aussi, lesquels bah du coup ça les met en situation de conflit d'intérêt. Je vous épargne le truc.
Euh donc ça la les politiques d'austérité, ça a des conséquences très graves en terme de fiabilité des des politiques publiques aussi. Euh et les politiques de recherche sont un enjeu politique majeur. Aujourd'hui à Bruxelles, on est en train de débattre du prochain programme 4 de recherche pour l'Union européenne.
On parle de 100 milliards d'euros là entre 2020 et 2027. Ça va ça pourrait devenir le 3è budget européen cette histoire là. Euh et bien ça fait depuis le début que ces premiè cadr existent que en gros c'est de la subvention industrielle ce trucl-là.
On pourrait c'est un enjeu essentiel. La politique de recherche c'est investir dans la production et de connaissances pour l'avenir. Est-ce qu'on veut investir dans les prochains algorithmes financiers ou est-ce qu'on veut investir dans euh par exemple je sais pas moi, de nouvelles méthodes d'agroécologie, la la recherche la recherche publique sur la finance et sur sur les modèles alternatifs, sur les monnaies alternatives, sur les monnaies locales, sur les coopératives, c'est essentiel.
Euh et puis après sur la question des carrières pour les fonctionnaires et les hommes politiques aussi parce que ça fait partie du sujet et j'arrive. OK. Est-ce que tu veux compléter Yunos ?
Oui. Euh peut-être évoquer la la question des autorités indépendantes, c'està-dire sur tous les sujets, on l'a vu euh par exemple concernant le glyphosate mais aussi le diesel gate, il faut des autorités européennes totalement indépendantes où les liens avec le monde industriel soient coupés. Deuxième point qui me semble important, c'est la question des lanceurs d'alerte.
Je suis actuellement en charge, je l'ai dit ce matin ou hier, du règlement concernant la la protection des lanceurs d'alerte. le Parlement européen a obtenu que la Commission européenne propose un règlement pour protéger les lanceurs d'alerte après la directive secrète des affaires. Donc c'est important, c'est intéressant mais figurez-vous que dans la proposition de la commission, bon je suis rapporteur donc je vais faire des amendements.
Dans la proposition de la Commission, l'ensemble des institutions européennes sont laissées en dehors du champ de la euh du de la directive, ce qui est quand même extraordinaire. Alors que s'il y avait des lanceurs d'alerte au sein des directions générales de la Commission européenne, s'il y avait des lanceurs d'alerte au sein des agences sanitaires européennes, et bien beaucoup de scandales qui ont été révélés par des journalistes ou par des ONG n'auraient peut-être pas atteint ce niveau de gravité. Donc c'est une question qui me semble importante.
La troisème chose c'est qu'il faut faire la guerre à ces lobis. Je prends le cas de Monsantu. Nous avons réussi nous au Parlement européen après des manquements répétés à un certain nombre de règles correspondant à l'inscription sur le registre du Parlement européen, nous avons réussi à les mettre dehors du Parlement européen et aujourd'hui Monsanto n'a plus le droit de venir au Parlement européen.
Et si Monsanto n'a plus le droit de venir au Parlement européen, il faudrait que Monsanto n'ait plus le droit non plus d'aller à la Commission européenne pour les mêmes raisons. Voilà. Donc il faut leur mener la guerre.
Dernier point, tout ça en résumé concernant le lobby du tabac. Je veux dire quand même que il y a des collusions qui sont telles que imaginer des solutions oblige à rentrer dans un vrai combat, un vrai combat politique. Donc et je terminerai là-dessus, le meilleur moyen de mener la guerre à ces à ces lobby à ces lobby tous réunis, c'est de rendre d'être on est tous ici des insoumis en tout cas vous, moi également, mais d'être insoumis dans les institutions, dans le Parlement européen, de lancer l'alerte aussi vite que possible et de mener les combats pour les porter au devant des citoyens.
Et lorsque lorsque une campagne marche, et bien je j'observe depuis mon bureau à Bruxelles que finalement ils ne sont pas aussi sûrs d'eux-même et ils commencent souvent à trembler. Et bien il faut qu'on les fasse trembler et c'est ce que nous nous essayons de faire dans nos responsabilités comme députés européennes. Merci beaucoup.
Claire et Rent si vous avez des propositions aussi après on comprendra les questions. Euh alors sur les questions les solutions il y a la question de l'encadrement. Donc en effet euh Martin en a parlé un petit peu.
Vous avez entendu parler la loi Sapin 2 qui a été présentée comme une victoire et cetera en fait qui est une espèce de gruyère où il y a plus de trous que de substances. Euh et notamment euh par exemple, on se retrouve dans un encadrement des lobby avec des gros guillemets mais qui par exemple exempte totalement le MDEF de euh de toute traçabilité de sa présence auprès des élus en France, hein. Donc on dire "Mais pourquoi au titre du dialogue social, voyez, on va en fait exemp l'agence des patrons.
Donc ça pose un petit problème. Euh le registre de transparence dont parlait Martin, en effet, il est pas obligatoire, mais il y a quand même en tout cas un vrai facteur de motivation pour s'y inscrire, c'est que le Parlement européen est géant et que pour à chaque fois qu'on rentre dans le Parlement, s'il faut déranger un assistant d'un député qui doit descendre, perdre son temps, vous inscrire, c'est honteux en fait. Donc les gens veulent plus vous voir si vous n vous n'êtes pas badgé parce qu'avec le badge, on rentre, on sort quand même librement et ce badge, on ne l'obtient que si on est inscrit au registre.
Donc ça au moins c'est une forme de motivation pour être enregistré sur le registre de transparence. euh dans notre guerre de la pêche électrique, voyez, on s'est retrouvé et ça m'amène à la 2e question, le 2è point que je voulais faire qui est l'éthique. L'éthique, l'éthique des lobby comme l'éthique des élus, comme l'éthique des institutions.
Euh dans la pêche électrique, on avait donc des néerlandais, des industriels qui ont menti comme des archeurs dedans, mais menti, mais d'une façon décontractée. Nous, même pas en dans notre un rêve la nuit, on oserait écrire un truc aussi faux. C'est factuellement faux.
Et ben eux, ils écrivaient ça et ils envoyaient ça à tous les députés. Vous comprenez ? Mais alors, c'était incroyable de voir la décontraction totale parce qu'on on se dit "Mais donc ça veut dire qu'il n'y a pas de sanction." Et en fait, il peut y en avoir des sanctions parce queunos en effet a dit que quand en effet Monsanto désinformé de façon oui et honté et volontaire les élus, ça peut être sanctionné.
Dans le cas des industriels de la pêche néerlandaise, ils ont désinformé les élus. Il n'y a eu non seulement aucune sanction, mais vous savez ce qu'ils ont fait ? Nous, on a envoyé une ou deux newsletters pour informer les élus qu'ils étaient quand même désinformés.
Vous voyez, ça commence, c'est attention, eux, ils nous traitaient de fake news, on dire "Non, en fait, la fake news, c'est ceux qui nous nous traitent de fake news, vous comprenez ?" Mais c'est complètement fou. Et donc, nous, on faisait du facting et bien ils ont porté plainte parce qu'ils ont forcément des élus qui sont mais leur porte-parole, vous voyez, consanguin et leurs élus ont porté plainte contre nous auprès du registre de transparence pour qu'on soit rayé du registre de transparence.
Mais c'est le monde à l'envers, vous comprenez ? C'est comme Varoufakis qui a essayé de sauver la graisse de cette de cette indignité que lui a imposait la tro et qui aujourd'hui est accusé de trahison. Vous voyez, c'est complètement fou.
Donc voilà le problème éthique que ça pose, c'est que des lobby au sens comme dit Martin, nous faisons partie des lobbyes. On fait nous on a un lobby de l'intérêt général par rapport à des lobby d'intérêt sectoriel ou d'intérêt privé mais on essaie d'influencer la décision publique. Bien sûr, on essaie d'informer que les élus ou les institutions soient informées par des des gens qui ont un intérêt, aucun problème avec ça.
Mais quand on lit le code de déontologie des différents parlements, peu importe à peu près en Europe partout ou au niveau du Parlement européen, il y a un mot clé qui s'appelle le discernement. On en tant qu'élu, en tant qu'institution, on peut entendre différents acteurs et comme tu dis, vous avez infiné le droit de vote de toute façon, le pouvoir pardon, le pouvoir du vote et donc on doit faire preuve de discernement. Et là où on où ça pose un vrai problème éthique, c'est que quand on est face à des élus ou des institutions qui décident de ne pas faire de discernement, qui décident de croire à tout prix par exemple, je sais pas au mantra de la croissance, au mant du libéralisme, au fait que les marchés financiers, la main invisible des marchés, que les marchés financiers ont toujours raison.
Euh et bien en fait, ils ont un prisme qui est culturel tellement fort et c'est le problème qu'on a avec la droite conservatrice européenne, c'est que cette droite pense profondément, fondamentalement, culturellement que ce sont les entreprises qui permettent à l'économie de tourner, qui vont de toute façon trouver un arrangement parce que les humains ne sont pas complètement fous, ils ne veulent pas détruire leur biotope mais non, on est fou, on est en train de détruire notre biotope et on est en train de mettre en péril les conditions même de notre survie sur terre. C'est complètement ding mais comme on est des petits cerveaux humains, on n'arrive pas à mettre en relation en point tous ces pointillers d'informations qui nous parviennent. on n'arrive pas à mettre en en connexion et à faire la synthèse entre la crise de la biodiversité dans les océans, le problème du lobby bancaire, le problème évidemment de du fait que les on est reparti dans un délire financier.
Il n'y a il ne s'est rien passé en fait de suffisamment important pour que on évite une énorme crise financière et on va renflouer les banques et on a fait passer le renflement de la Grèce pour un sauvetage des Grecs, c'est féné cetera. Alors que qu'est-ce qu'ils ont fait ? On a sauvé les banques françaises et allemandes de position qui était évidemment hyper risqué.
Est-ce qu'on est-ce qu'on lutte contre l'évasion ? Alors moi mon sujet préféré en fait je me suis trompé d'ONG parce que maison comme personne s'occupe des poissons et de l'océan, on l'a fait quand même he chez Bloom on fait le job et on fait bien mais en réalité c'est l'évasion fiscale. Bon Oxfemme le fait très bien donc je leur tire mon chapeau.
Mais l'évasion fiscale l'évasion fiscale c'est quand même un délire hein. Ça représente jusqu'à 15 % du PIB français. OK c'est notre sujet.
C'est le sujet en fait, c'est tous les c'est la la mère des batailles, c'est l'évasion fiscale parce qu'en fait on est en train de courir, regardez Macron qui avait annoncé de faire une économie de 80 milliards sur l'ensemble de son mandat, mais en fait il va chercher, il va prendre 5 5 € aux APL, il enlève les taxes donc immobilières aux plus riches, il leur permet de continuer à à faire tout l'argent qu'ils veulent sur des positions de la spéculation financière. On se retourne dans cette espèce de de cas de figures qui sont complètement inacceptables parce qu'on permet toujours à l'évasion fiscale de se produire y compris. Regardez, le gouvernement est en train de préparer une loi contre la fraude fiscale qui vont présenter à l'Assemblée nationale à la rentrée.
Et bien cette loi ne reconnaît que augmente un tout petit peu le nombre de paradis fiscaux qu'on reconnaît officiellement la liste noire des paradis fiscaux. Mais vous savez quoi ? Il n on ne reconnaît aucun paradis fiscal européen.
C'est magique, non ? Et vous savez pourquoi ? On ne nomme pas le Luxembourg, on ne nomme pas l'Irlande, on ne nomme pas les Pays-Bas et cetera.
Pourquoi ? Parce qu'en matière fiscale, en matière de comptabilité, on a besoin d'une unanimité des Étatsmembres. Donc voilà, on est on est pris à notre propre piège.
Donc on ne reconnaît pas. Mais l'évasion fiscale, pourquoi les gouvernements successifs ne ne s'occupent pas d'évasion fiscal ? parce qu'ils financent la vie politique, parce qu'ils ont financé et on l'a bien vu depuis l'affaire ClearSAM et les autres affaires qui ont suivi, on finance personnellement les politiciens et les partis politiques.
Donc ça arrange tout le monde. C'est pour ça que j'ai, n'hésitez pas à me retweeter. J'ai tweeté hier parce que hier j'ai tweeté, vous avez le monde a sorti un article hier sur les la connivance entre les lobby et Macron.
Mais Macron qui ne qui ne fait pas toute la transparence qui devrait être obligatoire sur les financements de sa campagne parce qu'on voit bien que c'est un retour d'ascenseur aux banquiers et aux financiers. Vous voyez ? retweet parce que je me fais attaquer par des lobbyistes.
On va passer la parole à Aurore et puis après je vais prendre les les les questions de la salle. Alors c'est vrai ce qui est ce qui est marquant, tu l'as bien dit c'est c'est l'entreo en fait. C'est-à-dire que on voit des gens enfin dans mon activité professionnelle, je fais moi aussi partie des contrelobbistes disons.
Et quand on fait du contre lobby sur les questions notamment des accords de commerce, ctafatta et cetera, ce qui est impressionnant c'est voir la décontraction dans laquelle ils sont. C'est-à-dire que quand il y a un rapport qui est sorti de la commission sur la question du CTA, nous les ONG, on était là, on l'a lu et on l'a parcouru, on a dit "Bah, vous voyez, on avait raison réunion lobby, c'est très très dangereux, regardez, c'est marqué et tout." Et on voit les mecs des lobby qui arrivent, donc on est en train de faire notre démonstration scientifique appuyé et tout et les mecs des lobby qui arrivent qui appuyent, qui dit "Nous sommes pour".
Voilà. Et donc il y a pas il y a même pas il y a même pas d'argument sans blaguer hein, c'est texto des reprises de Frate. Ça c'est au niveau français d'ailleurs, c'est pas au niveau européen.
Donc ça voilà, il y a un problème d'entre soi. Rappelons-nous aussi d'OB. Obama qui avait la possibilité à un moment de faire la régulation bancaire au moment où toutes les banques étaient en faillite.
Et puis il a cru quoi en fait ? Il a cru ses potes. Il y avait un côté de classe aussi hein.
Il y a quand même un problème de classe là-dedans. Il a il s'est dit "Non mais attendez, c'est les gens avec lesquels j'ai travaillé toute ma vie. Ça peut pas être avec les qui ont financé ma campagne.
De toute façon, les lobbyistes bancaires aux États-Unis financent toujours les Républicains et les démocrates. Ils sont pas bêtes. Mais c'est des gens que je connais depuis toujours.
Pas de ça entre nous. Ça peut pas être des voleurs. Enfin, la criminalité en col blanc aux États-Unis, c'est la crise financière.
On en parle d'ailleurs très peu en Europe, mais c'est la crise financière. Donc il y a il y a un problème aussi d'entre soi et un problème de classe qu'on se dit non mais pas de ça entre nous. Sur la question maintenant de qu'est-ce qu'on fait ?
Moi je trouve que la question la transparence n'est pas suffisante. Le fait d'être insoumis c'est pas un jeu de enfin voilà c'est pas suffisant non plus. Il faut sur la question par exemple bancaire, on pourra le problème c'est que c'est le serpent qui c'est un cercle vicieux, c'est le serpent qui se vend à la queue.
C'està-dire que on fait rien donc les lobby donc la banque prend énormément d'importance, ça prend énormément d'importance. Donc ils la possibilité de faire des gros lobby pour pouvoir démonter les réglementations. Donc c'est un espèce de cercle vicieux comme ça qui s'opère.
Mais en fait, tant qu'on a'ura pas réduit la taille des banques, quand tant qu'on a'ura pas réduit le poids de la finance, on pourra faire toutes les règles de transparence, de machin truc que l'on veut. Les mecs, ils ont de l'argent. Enfin, je veux dire nous en tant que enfin non pas là en tant qu'ONG, mais si les ONG, on a peu de moyens face à tous ces gens qui sont en capacité d'avoir aux États-Unis quatre lobbyistes finances par parlementaire.
On n pas la tune de faire ça. Donc tant qu'on aura pas en fait réduit de manière drastique la taille des banques, on arrivera jamais à mon avis à être en mesure de contrôler ce lobby parce qu'en fait le problème du lobby, c'est qu'il s'agit pas non plus de le contrôler, faut le rendre transparent, certes, faut aussi quand même le réduire au bout d'un moment. Ça ne sert pas le bien commun et ça sert pas non plus fondamentalement l'économie.
Donc à un moment, il va falloir penser à réduire drastiquement la taille des banques et on peut contourner, on peut trouver des autres propositions. Par exemple, je sais pas, vous voulez produire cette table, ce micro, cette feuille de papier, ce stylo, cette bouteille. Il vous faut remplir un nombre de normes incroyable et c'est tant mieux.
Vous voulez créer un produit financier comme ça vous le faites. Voilà, vous pouvez le faire comme ça. Il y a pas besoin de remplir de normes.
N'importe qui peut créer un produit financier aujourd'hui. Et par contre, c'est au régulateur derrière d'aller qui sont peu nombreux et qui sont de moins en moins nombreux derrière notamment en France d'aller chercher bah alors attendez le mec là qu'est-ce qu'il a créé comme produit financier ? Qu'est-ce que c'est ?
Ils sont même pas au courant des produits financiers qui sont créés. C'était ça aussi le problème au moment de la crise financière. C'est dire que les régulateurs se sont retrouvés à poil.
Ils se sont dit "Mais attends, il y a quoi dans ces dans ces trucs de titrisation ? Ils aient découvert des produits financiers dans un nombre incalculable parce que chaque banque, chaque non banque d'ailleurs parce que des fois il y a des il y a des véhicules financiers qui sont même pas des banques avaient créé leurs produits et ils se retrouvent à poil, ils sont pas en capacité de réguler." Donc par exemple, vous pourrez très bien se dire qu'au niveau européen, on pourrait créer une agence d'autorisation, de mise sur le marché des produits financiers.
Voilà, ça ça par exemple ce serait très simple, ce serait basique. Et donc la personne qui voudrait créer un produit financier, mais dirait voilà quel est mon produit financier ? Je suis obligé de vous l'expliquer.
Déjà le régulateur, il gagne un temps fou, il sait que ce qu'il y a dans le produit financier et on pourrait mettre des critères. On dirait, on serait obligé de démontrer par exemple que ce produit financier n'a pas que pour but de faire de la spéculation mais qui doit venir servir l'économie réelle parce que c'est ça normalement le but de la finance. Donc, il y a plein de choses comme ça auxquelles on peut penser et pour lesquelles il faut qu'on se batte euh de manière unie, je l'espère, sur certaines sur ces questions euh de régulation de la banque et de la finance.
Merci beaucoup. [Applaudissements] Alors, on va prendre plusieurs sales de questions. Donc, je vais tourner.
Vous prenez des notes, il y a eu des stylos et puis après vous allez répondre. Je dois m'absenter dans 10 minutes. D'accord.
Les premières sont pour toi. Bonjour, je vais faire très court. Je m'appelle Alexandre.
Déjà, je suis heureux de savoir que vous avez le prix Golemman. C'est l'un des plus gros prix en terme d'environnement. Donc c'est cool.
Plus près du micro. Plus près. Ben très bien.
Euh j'ai fait une simulation de Parlement européen avec Youus Somargin et je serai vous serez heureux d'apprendre que nos nos apprentis députés européens ont voté contre l'autorisation de la pêche électrique en mer du Nord. C'était pour vous le dire. Euh sur la du coup sur la question des lobby euh problème aussi des lobby enfin au sein des instances européennes, c'est qu'à il noit sous les études, sous le ghost writing comme vous disiez aussi encore.
Ah ouais carrément mais bon ok. Euh il y a beaucoup de de pantouflage aussi décidément. Alors donc je disais il noit sous les études sous le ghost writing.
Il y a aussi énormément de pontouflage puisqu'ils achètent derrière aussi des carnets d'adresse en recrutant des fonctionnaires européens. Il y a aussi toute la neuve langue et tous les dossiers clés en main que l'on donne notamment au desk officer au sein de la Commission européenne puisqueen fait les lobby leur prémâchent le travail. Euh moi, j'avais du coup deux questions.
Le premier, c'est sachant que l'un des lobby euh parmi les plus célèbres qui qui est l'American Chamber of Commerce qui a 80 millions d'euros par an de budget et le lobby public le plus fourni en terme d'argent qui est Greenpeace avec 3,5 million d'euros par an. Est-ce que la première question, est-ce que l'une des pistes, c'est pas aussi de trouver un moyen de réduire les moyens logistico-techniques et financiers des lobby privés ou d'augmenter les moyens logistiques, financiers, humains du lobbying public et des ONG ou une réponse entre les deux. La deuxième question, c'est est-ce que il y a pas aussi une question de la réforme du statut des fonctionnaires de la Commission européenne et notamment un façon de réformer la progression dans la carrière pour que les desk Fisher soient peut-être moins dépendants des études des lobbings privés ?
Voilà. Merci. Moi ma question c'est par rapport aux banques.
Est-ce que ça peut avoir une influence que nous quittions que nous quittions tous ces grosses banques ? Est-ce que ça peut servir à quelque chose ? Parce que c'est quel c'est facile à faire et là on peut déjà agir tous.
Ouais. Oui. Ils font de l'évasion fiscale.
Un tiers de bénéfication je réfléchissais au ban qui était bien. Excuse. Alors déjà merci à à vous quatre de travailler sur ce sujet. c'est quand même très important et de venir.
Euh donc il y a quelque chose de vraiment dingue, c'est quand il y a les les études d'expertise qui décident des des gens qui viennent à faire cette étude d'expertise parce que c'est souvent des des laboratoires privés enfin le les des experts qui viennent du privé qui font ces études. Donc quelle est la communication possible pour faire venir des lanceurs d'alerte dans ces commissions pour aider à faire ces études d'expertise qui feraient le travail de contreelobier justement. Voilà.
Merci encore. Excuse-moi, je Oui. Moi moi à la à la en écoutant et je remercie de nous éclairer sur tout ce que vous avez dit et en écoutant ce que vous vous dites, j'en conclu que finalement l'Europe ce n'est rien d'autre qu'un les parlementaires et tous les fonctionnaires ne sont que des un conseil d'administration de tous les industriels européens que tous les banquiers et toutes les grosses boîtes ne sont que eux qui dirige.
J'ai cru avoir entendre Ruffin qui disait "Mais arrêtons de parler des lobbyes, c'est eux qui dirigent la Commission européenne et personne d'autre." Donc moi ce que je voudrais que j'attendais qu'on parle ici, c'est quelle est la position de la France insoumise sur la dissolution de l'ensemble de ce système. On est oui ou non contre l'Europe et on va pas attendre encore 50 ans que tout le monde discute les uns avec les autres pour dire il faut arrêter ce cinéma et ensuite après on pourra reconstruire.
Moi à la limite les ce qui quand vous dites par exemple que il faut que on transforme une seule banque en euh enfin qu'on arrange qu'il y ait moins de banques, mais de quel pouvoir on a par rapport à ces gens-là ? C'est eux qui ont le pouvoir. Donc la le seul pouvoir qu'on a l'organisation politique de des Européens, des Français, des Européens pour dire stop à une machine de destruction de la planète et de l'économie.
Et ça, il faut une réponse claire. Et je trouve que la France insoumise là pas toujours aujourd'hui sur l'Europe on arrête ce système. C'est de la folie.
Bon alors Youus vient de partir donc il pourra pas répondre précisément sur sur cette question. On on prend les réponses d'abord et puis après on refait une nouvelle salve. Merci.
Si je peux répondre juste très rapidement sur la question de la banque par exemple. Vous voulez-je vous dire le meilleur moyen de faire de la régulation bancaire, c'est de faire en sorte que les banques on on casse le lien justement entre la France et ses banques, entre la Deutsche Banque et l'Allemagne, entre la BNP et la France, entre tout ça. Et en fait ce qui ferait ce qui serait provocateur, alors j'ai pas tranché sur votre position à la France insoumise sur la question européenne, je parle moi en tant que génération et pour avoir travaillé depuis 10 15 ans avec Yanis Faakis et avoir vu comment se passait les coulisses.
Je ne suis pas non plus naïve sur la faction dont fonctionne l'Europe, mais je suis pas non plus naïf sur la façon dont on pu fonctionner la France et l'Allemagne dans la crise grecque par exemple parce que la France n'a pas fait le job dans la crise grecque et a abandonné littéralement la Grèce. Donc c'est pas la faute de l'Europe, c'est la faute d'un pays sur la crise greque, la France. Parce que pour connaître pour connaître l'Allemagne, l'Allemagne évidemment c'est c'est tort mais au moins comment dire elle prenait une position.
La France s'est couchée et pour pour avoir eu minute par minute les détails des réunions auxquelles participanis, je peux vous dire qu'elle s'est couchée mais genre elle a pas dit un mot. Donc on dit que c'est la faute de l'Europe. Il y a juste un pays qui avait pas le courage d'assumer ses pollutions politiques et qui utilisait Oui.
On est d'accord. Et qui et qui utilisait l'Europe comme un moyen de se défausser. Si vous voulez vraiment embêter les banques françaises, vous savez ce que vous leur faites ?
Vous leur dites que leur régulation maintenant, elle est plus au niveau national, elle est au niveau européen. Vous faites le saut fédéral. Si vous voulez vraiment embêter les banques au niveau européen, le fédéralisme là, il y a rien de tel parce que tout d'un coup, elles auraient plus elles auraient plus la possibilité de se cacher derrière l'État et dire e les gars, allez faire du lobbying.
On aurait plus ce lien si dégoûtant entre les nos états et les banques. Là, voilà. fédéralisme meilleur moyen pour faire chier nos banques.
Ça changerait le niveau d'intervention mais pas du tout la réalité. Vous savez, on a des on a des banques en France qui font la taille de celle des États-Unis. Vous avez vu la taille de notre pays ?
C'est c'est il y a une question d'échelle qui est extrêmement importante en fait. Extrêmement importante. On peut pas avoir dans un pays aussi petit que la France géographiquement.
On peut pas avoir d'un pays aussi petit que l'Allemagne géographiquement des banques dont la taille sont supérieures à certaines banques américaines. Et ben ça change que ce n'est pas très logique sur un territoire aussi petit d'avoir une capacité de financement aussi importante. On a pas besoin d'avoir de banques aussi importantes.
Et en fait c'est ça que craignent les banques d'ailleurs. C'est pour ça qu'elles font du contre lobby en permanence au niveau européen. Elles veulent pas de régulation européenne du tout. elles veulent pouvoir continuer à avoir ce lien consanguin avec leurs états.
Donc très sincèrement, je ne dis pas que ça va résoudre tous les problèmes. Absolument pas. Je je n'ai pas je n'ai pas cette cette naïveté.
Néanmoins, sachez que si vous voulez vraiment emmerder les banques, c'est premier truc qu'il faut faire. Et deuxièmement, oui, il y a plein plein de banques super qui existent. Enfin, il y en a pas il en il y a pas plein.
C'est pas vrai, je raconte n'importe quoi. Je suis fatiguée, je suis partie dans mon optimisme fou. Il y a Triodos qui est une très très bonne banque.
Est-ce que Martin au Et il y a la neuf au clair vont pouvoir répondre à la ne triodos et la nef qui sont des très bonnes banques et le crédit coopératif c'est moins Martin va répondre à certaines des questions. Clair aussi après je suis désolé on m'a fait signe qu'il fallait arrêter. Ouais merci beaucoup pour les questions sur les experts de ghost writing et cetera parce que je passe ma vie à défendre ce genre de question.
Donc vraiment merci d'avoir repéré à quel point c'était important ça. Euh et sur comment est-ce qu'on c'est la question des moyens simplement aujourd'hui et et de la réglementation. Aujourd'hui dans le cas des pesticides par exemple, ce sont aux industriels de fournir les études qui démontrent que le produit ne pose pas de danger.
Vous imaginez qu'ils vont envoyer à aux agences européennes le des informations que signalant que leurs produits donnent le cancer à ceux qui les utilisent. Ben non, évidemment. Et en plus, ce qui est bien, c'est que ces études sont secrètes.
Euh donc et c'est très très très enfin son elles sont confidentielles et c'est extrêmement difficile de les obtenir. Donc il se trouve qu'on a réussi à forcer la commission à faire une proposition de loi euh qui vous qui tenterait de remédier un peu à ce problème là. Donc je vous encourage à surveiller ce type d'information là.
On va publier là à la rentrée beaucoup sur cette question là. Il y a une audition au Parlement qui arrive et cetera. Le Parlement européen lui-même suit ça d'assez près parce que ils ont compris que justifier des décisions publiques sur la base de données secrètes fournies par les industriels, c'était un tout petit peu compliqué à défendre politiquement.
Euh voilà, mais ça a pris ça a pris 20 ans à construire le rapport de force pour que pour les obliger à faire ça. Euh et euh voilà sur Je voulais juste quand même une autre question sur la question de est-ce que il faut augmenter les moyens des ONG ? Est-ce qu'il faut réduire la question les moyens des Moi, je pense pas que la guerre des lobby va sauver que la guerre des lobby va sauver la démocratie.
Si vous voulez sauver la démocratie, il faut donner aux élus, il faut donner à la puissance publique les moyens de travailler et d'être correctement contrôlé par les citoyens. C'est le départ. Euh et et donc ça répond un petit peu aussi à la question du statut des fonctionnaires des carrières.
Il faut que euh on arrête de couper constamment dans les dans dans les possibilités d'évolution des carrières, dans les dans les dans les dans les rémunération des fonctionnaires. Il faut il faut donner et c'est une urgence aujourd'hui aux gens qui font carrière dans l'université la possibilité de travailler dans des conditions décentes. Allez voir le statut des tésards aujourd'hui.
Non mais c'est les chercheurs de demain, c'est ceux qui vont produire. Donc est-ce que vous les obligez à aller se faire embaucher dans le privé ou à rester comme ça à galérer dans un studio toute leur vie parce que ils veulent simplement continuer à produire des connaissance. C'est une question est politique essentielle.
Et alors sur la question de madame sur la question de l'Union européenne, alors c'est moi je je suis pas dans un parti politique, je vais juste vous vous soumettre une analyse. Le l'Union européenne aujourd'hui est dans une situation intenable. Tout le monde le sait, tout le monde le voit.
Ceux qui sont en train de tirer les marrons du feu aujourd'hui, ce sont les nationalistes. Les nationalistes sont soutenus par les oligarques parce que les oligarques, ça les arrange bien ça. Un état faible, une puissance publique faible.
Au niveau européen, les seuls la la Commission a les moyens aujourd'hui de forcer des réglementations à des banques géantes comme la BNP. Elle a les moyens de forcer des réglementations sur des agences, sur des entreprises comme Bayer, comme Monato. C'est pas pour ça que il y a pas de problème dans l'histoire. le tout ce que je vous ai raconté sur la sur le caractère consubstantiel de de la coproduction et cetera.
Aujourd'hui, on a le on a le mais c'est aussi parce que mais ça c'est le résultat aussi des décisions des États. Ce que je vous disais tout à l'heure en introduction que l'Union européenne aujourd'hui c'est la machine à faire faire le sale boulot pour le gouvernement, c'est le résultat de décision politique. Bien sûr aujourd'hui on est en train de négocier le budget.
Vous croyez qu'il parle d'augmenter les moyens des agences ? Bah non, ça les arrange bien. Ça c'est pour vous dire aujourd'hui la commission c'est le rêve dans la police.
C'est une administration super puissante avec pas de moyens. C'est parfait. Merci beaucoup.
On va passer à Claire. Ouais. Euh juste quelques minutes.
En fait, j'ai l'impression que cette question d'abord, j'ai envie de faire un vrai plaidoyer pour que euh vous soyez convaincus qu'il faut rester dans l'Europe, qui est ultra compliqué, qui est faillible, qui est euh mais qui n'est jamais en fait rien d'autre, enfin qui n'est rien d'autre que le reflet de notre propre effondrement déontologique qui n'est rien d'autre que le reflet d'un néolibéralisme comme on l'appelle, qui est dévastateur pour l'humain, dévastateur pour la planète. et et qui a pris un qui a pris le dessus sur les cerveaux des humains qui dominent. Voilà hein, d'un point de vue des classes dominantes, parce qu'on n'est pas vraiment sorti de la lutte des classes, hein, clairement Marx à toute à toute sa place aujourd'hui.
Et et aujourd'hui en fait cette oligarchie de l'argent pour faire court et simple et en effet a les moyens par le biais des paradis fiscaux et cetera des de d'envoyer aux élections de façon avec succès des individus qui vont ensuite s'assurer que ces intérêts financiers, ces intérêts industriels sont représentés, sont pris en compte et on les et on les fait gagner. Donc la question aujourd'hui pour nous c'est de rester dans l'Europe pour ne pas l'affaiblir parce que qu'est-ce qu'on va faire entre Trump, Poutine et Erdogan ? Je vous le demande, ça les arrange.
Ils sont très contents de nous marcher sur la tête. Donc, il va falloir par contre qu'on soit bien conscient que de défaire une mentalité, une culture néolibérale, montrer que être humain, être allié, être les alliés de la nature, être les alliés de du de du travail digne, rémunéré, on pense aux agriculteurs qui la moitié ou un tiers touchent 350 € par mois, mais enfin, mais enfin à l'époque des paradis fiscaux qui retirent au moins 60 à 80 milliards d'euros par an au budget français, mais quelle honte, quelle indignité, vous voyez ? Et donc il faut rester, il faut transformer, mais il faut se mobiliser.
Donc mon appel c'est un la France insoumise a des tas de bonnes propositions et il y a plein de gens qui s'arrête aux portes de leur France insoumise à cause des questions européennes qui sont pas claires et qui en rebutent beaucoup ou peut-être très clair mais qui en rebute beaucoup. Euh et de attention danger les l'oligarchie de l'argent les oligarchies de l'argent au niveau mondial ont gagné. Ils ont gagné et aujourd'hui ils sont dominants.
Ils ont gagné parce qu'ils possèdent les moyens de communication, ils possèdent les médias, ils sont aussi capables de de générer du contenu dans par le biais de d'algorithmes qui vont permettre d'orienter les opinions des gens au fur et à mesure pour que ça aille exactement. Trump n'a été élu que grâce à des algorithmes. OK.
Et par un Peter Theld dans la Silicone Valallet qui savait exactement comment faire pour que l'opinion penche vers Trump. Donc ça c'est notre danger et face à ce danger-là et c'est mon appel de fin, il faut être uni. Je parle pas de liste parce que moi les tambouilles politiques ne m'intéressent pas du tout.
Je n'ai rien à faire. Mais soyons unis. Tout ce qui se situe contre le néolibéralisme qui nous dévaste, il faut être uni au moins dans la conduite des activités politiques.
Après, vous comprenez, il faut pas qu'on se tape les uns sur les autres, les différentes gauches ou les verts et cetera. Il faut tous être unis parce que c'est parce qu'on est on n'est pas en dominance quoi. On n'est pas dans un on n'est pas très bien quand même hein.
Il faut prendre conscience de ce danger là. Donc voilà, je crois qu'on Merci beaucoup à nos quatre intervenants. Désolé, on pourra plus prendre de questions.
Merci beaucoup à Youous qui a dû partir. Merci beaucoup à Cla Nouvian, à Martin Pigeon et merci beaucoup à Aurore Laluc. Si vous voulez continuer Si vous voulez continuer pour parler sur la question des lobbyes, Claire Nouvian et Yunou Somar font une conférence tout à l'heure à 15h45 sur les océans.
Il y a un atelier antilobi à 14h euh non non non à 15h45. Vous êtes où vous ? Il y a un atelier antilobi tout à l'heure à 14h.
Et si vous voulez approfondir aussi la question des lobises, il y a un bouquin qui de Gabriel Amar sur la question des lobby avec les propositions sur la question de la réglementation. Merci beaucoup à vous. Est-ce que Attends, je vais descendre parce que Attends, je me mets là.
Aurore Lalucq