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interviewMarion Maréchal· 12 juillet 2026 2 min

La priorité de l’État devrait être d’accompagner les plus vulnérables, pas d’encourager leur mort !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est la légalisation de l'euthanasie. Un sujet extrêmement sensible qui je sais probablement même dans cette salle et cette pièce dividera. On a tous d'une manière ou d'une autre été confronté et moi la première à ce sujet de la fin de vie et à la détresse ou l'impuissance qu'on peut ressentir devant la douleur ou devant l'envie de mort.

On nous dit ça n'est qu'une liberté supplémentaire. Pourquoi vous y opposez ? Ça vous enlève rien à vous.

Quelle est la liberté réelle de ces personnes en fin de vie vulnérable incurable pour le moment ? Parce que ça c'est la première étape, sachez-le. C'est comme ça qu'on nous fait avaler la pilule.

Mais dans tous les pays où l'euthanasie a été légalisé, évidemment que ce cadre là n'a eu de cesse d'être élargi. Et aujourd'hui en Belgique, aux Pays-Bas, au Canada, c'est ouvert aux enfants, c'est ouvert aux handicapés, c'est ouvert aux malades psychiatriques, c'est ouvert aux dépressifs. Demain, des habitants de la Creuse qui auront factuellement le choix entre potentiellement souffrir à la fin de leur vie ou être piqué parce qu'il n'y a pas de troisème choix.

Quand on est dans un département, en l'occurrence la creuse comme 21 autres départements dans notre pays qui ne disposent pas de soins palliatifs, quand 50 % aujourd'hui des Français n'ont pas accès aux soins palliatifs, quand il y a 500 personnes par jour qui meurent et qui n'ont pas accès à ces soins palliatifs, quelle est la liberté qui s'exprime ? C'est que c'est [raclement de gorge] une loi pour les pauvres. C'est une loi pour les ruxaux.

Parce que les gens qui ont les moyens, ils vont aller en clinique privée, ils vont avoir accès d'une manière ou d'une autre au soins palliatifs. Ils ont des familles qui ont les moyens de pouvoir les accompagner, de pouvoir les soulager jusqu'au bout, de payer tous les soins supplémentaires de kinésithérapie, de voilà qui font que la fin sera évidemment moins douloureuse ou même un accompagnement psychologique ou un accompagnement moral. Mais en fait ceux qui vont demander la mort c'est ceux qui ont pas justement cette solution de soulagement.

Comment l'État peut mettre une telle énergie à vouloir légaliser la mort alors qu'il est déjà tellement défaillant dans la possibilité d'accompagner correctement sur le plan médical les plus vulnérables d'entre nous ? Ils culpabilisent de rester en vie parce que la loi leur permet de mourir et donc parce qu'ils souffrent d'être un poids financier ou moral pour leurs enfants, pour leurs petits-enfants, pour leurs frères et leurs sœurs, bah ils disent "Bah, je vais demander la mort parce que je serai une charge en moins." Mais vous vous rendez compte quelle société on est en train de mettre en place ?

Mais c'est l'État qui devrait avoir honte. C'est l'État qui devrait culpabiliser de pas accompagner correctement les gens. C'est pas nos petits vieux vulnérables [applaudissements] qui n'ont pas les moyens qui devraient culpabiliser de rester en vie.