Prison de Nancy-Maxéville : "Les drones ça devient un vrai fléau" assure le délégué FO de la maison d'arrêt
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:21OuverteRéponse directe
Vous me confirmez ces chiffres ? 900 détenus pour 670 places
- 0:46OuverteRéponse partielle
Vous avez déjà connu ce type de situation à la maison d'arrêt de Maxiville ou c'est inédit
- 1:08OuverteRéponse directe
Est-ce vrai ou pas
- 2:01OuverteRéponse directe
Et pour vous, ça change votre façon de travailler, cette surpopulation
- 2:54OuverteRéponse directe
Est-ce que ça change votre façon de travailler maintenant
- 3:51OuverteRéponse directe
Que réclamez-vous clairement, David Rajkovic
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26InvitéChiffre
« Un tout petit peu moins de 900 détenus, on est à 897 à peu près. »
- 0:33InvitéFait
« il manque 200 places, même si je ne suis pas fort en maths, ça veut dire qu'ils dorment où ces détenus »
- 0:43InvitéFait
« Ils dorment sur des matelas au sol et quand on n'a plus de place en cellule, on est obligé de sortir des matelas pour faire dormir les détenus en cellule. »
- 0:51InvitéFait
« On a déjà eu quelques matelas, mais autant de matelas, non, et ça monte très rapidement. »
- 1:10InvitéFait
« Oui, tout à fait. Quand les détenus sont les uns sur les nœuds aux autres, c'est normal qu'ils soient à cran »
- 4:12InvitéChiffre
« On est à peu près à 280 surveillants. »
- 4:32InvitéChiffre
« On est passé de 6 à peu près 6 drones par jour à des fois plus de 20 drones. »
- 4:45InvitéFait
« Qui déposent de la marchandise, de la nourriture, de la drogue et des portables, c'est ça ? »
Temps de parole
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- Invité 233 %
- ?7 %
- Présentateur3 %
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Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
8h
moins le quart, la maison d'arrêt de Nancy-Maxiville est surpeuplée. Les détenus sont à bout, les surveillants sont à cran pour en parler. En direct, nous recevons le délégué Force Ouvrière. David
Rajkovic, bonjour. Bonjour. Merci d'être en direct avec nous ce matin. Vous me confirmez ces chiffres ? 900 détenus pour 670 places
?
Un tout petit peu moins de 900 détenus, on est à 897 à peu près. D 'accord, donc il manque 200 places, même si je ne
suis
pas fort en maths, ça veut dire qu'ils dorment où ces détenus
?
Ils dorment sur des matelas au sol et quand on n'a plus de place en cellule, on est obligé de sortir des matelas pour faire dormir les détenus en cellule. Vous avez déjà connu ce type de situation à la maison d'arrêt de Maxiville ou c'est inédit
? On
a déjà eu quelques matelas, mais autant de matelas, non, et ça monte très rapidement. Oui, alors ça a évidemment des conséquences pour tout le monde. On va commencer par les détenus parce que ce sont les premiers concernés.
On
pense tout de suite à l'accumulation de détenus dans une cellule avec l'explosion de la violence. Est-ce vrai ou pas
?
Oui, tout à fait. Quand les détenus sont les uns sur les nœuds aux autres, c'est normal qu'ils soient à cran, que ça soit compliqué pour eux aussi. En fait, il n
'y a
pas de place. Une cellule,
c
'est environ
12
mètres carrés. Imaginez 12 mètres carrés avec un matelas au milieu de la pièce. Et puis, ça n'a pas dû être facile cet été et même à la fin de ce printemps avec cette chaleur accablante dans les cellules, évidemment, je doute qu'il acclime. Ça a dû jouer sur les méninges des uns et des autres, sur le cortex cérébral, si j'ose dire. Oui, mais la chaleur, nous, on a souffert déjà à l'extérieur. Imaginez à l'intérieur, les uns sur les autres, enfermés. En fait, ils sont enfermés toute la journée quasiment. Donc, c'est très compliqué. Donc, surtout quand on monte dans les étages, plus on monte, plus il fait chaud. Et pour vous, ça change votre façon de travailler, cette surpopulation
?
Oui, parce qu'ouvrir une cellule, quand on a un détenu,
c
'est une façon de vivre. Quand il y en a trois sur les autres, c'est plus compliqué. Le moindre truc peut dégénérer la situation,
c
'est-à-dire ne
pas
avoir des conflits pour
n
'importe quoi. Et quand ils sont sur les autres, ils sont très accrants. Après, mettez-vous à leur place, ce
n'est
pas facile de dormir par terre, de ne pas avoir de place. Et ils sont assez tendus par rapport à tout ça.
Oui,
parce qu'on précise que quand on est en prison, c'est de la privation de liberté, mais ce n
'est
pas de la privation totale de confort pour vivre dignement. C'est ce que dit sans cesse la personne qui s'occupe des droits des prisonniers. David Rajkovic, en tant que délégué Force ouvrière, je vous parlais de la manière dont vous travaillez. Est-ce que ça change votre façon de travailler maintenant ?
Parce
que là, on a passé le constat.
Est
-ce que vous avez modifié votre approche
?
Alors, comment ça ? C'est-à-dire que par rapport à la surpopulation ? Oui,
exactement.
La manière d'ouvrir des cellules, est-ce que vous êtes plus vigilant
? Ah
non, on l'est tout le temps. Après, on est vigilant, c'est surtout sur le fait d'ouvrir une cellule à trois personnes. Oui, d'accord. À deux, trois personnes. En fait, le fait qu'ils soient sur les uns, sur les autres, on est vigilant sur l'énervement, le comportement, par rapport à l'agression pour pouvoir changer, puis même entre eux. C'est-à
-dire
qu'après, il peut y avoir du harcèlement, du racket, il peut y
avoir
beaucoup de choses, en fait. D'autant que vous avez des profils assez lourds. Oui, oui, on a eu des profils assez lourds l'année dernière, où ça a été très, très compliqué pour nous.
Il y a
eu des attaques à l'extérieur sur certaines personnes, des
voitures
brûlées, des maisons brûlées,
il
y
a
eu pas mal de choses. Donc, avec tout ce constat que vous venez de dresser, qui est assez saisissant sur cette maison d'arrêt de Nancy-Maxéville, je suppose que vous réclamez des moyens. Alors, que réclamez-vous clairement, David Rajkovic
? Alors
déjà, au niveau des effectifs,
on
a un effectif très bas, mais on demande qu
'il
soit réévalué. Vous avez combien de personnel
? On
est à peu près à 280 surveillants. Donc, 280, ça fait 1 pour 4 détenus, en gros
?
En fait, on a les unités hospitalières, donc non. On a à peu près un peu plus de 60 détenus sur les unités hospitalières. D'accord.
Donc,
vous réclamez davantage de personnel, mais des moyens aussi financiers et matériels
?
Alors, des moyens financiers pour lutter contre les drones, qui est un fléau chez nous. On est passé de 6 à peu près 6 drones par jour
à
des fois plus de 20 drones. Qui déposent de
la
marchandise, de la nourriture, de la drogue et des portables, c'est ça ? Ça peut être tout et n'importe quoi. Donc, nous, on demande un investissement pour notre sécurité, pour la sécurité de tout le monde, en fait. Mais il n'avait pas dit qu
'il
mettrait une bâche ou quelque chose au-dessus ? Donc, nous, on avait demandé des filets anti-projection, mais tout autre moyen, en fait. On a aussi dédoublé les caillibotis ou trouvé une solution qui ne
puisse
pas récupérer les marchandises.
Ça
pourrait être des armes, ça pourrait être, comme je dis, ça peut être tout et n'importe quoi. Actuellement, c'est de la drogue, c
'est
de la nourriture, c'est des téléphones. Mais demain, ça peut être autre chose. On sent votre album, votre inquiétude ? Ça vous donne envie de démissionner comme d'autres de vos collègues ou pas ? Non, non, non, parce que c'est quand même un métier où on gère de l'humain.
Et
quand on est dans ce métier, en fait, il y a quand même ce côté, le côté humain que moi, personnellement, j'apprécie et que les agents apprécient. Donc, non, non, non, non. Mais on en a marre par rapport, on en a la sécurité. C'est difficile de gérer, d'être en sous-effectif.
Donc,
on n'a pas signé pour être,
à
chaque fois, pas de personnel, devoir trouver des solutions pour pouvoir gérer différents états, différentes choses. Et c'est là où, en fait, on a des problèmes. C'est vraiment des problèmes humains, de matériel. En fait, on n'a pas les ressources pour pouvoir faire notre travail convenablement et en sécurité, surtout. Oui, et puis vous pourriez aussi être mieux payé. Parce que vous êtes payé avec un lance-pierre. C'est un métier très, très difficile, on le sait. Merci beaucoup, David Rajkovitch. Je vous remercie. Bonne journée. Vous êtes délégué Force Ouvrière à la maison d'arrêt de Nanksy Maxiville. Bonne journée. Bonne journée.