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Podcast / conversationClémentine Autain· 6 juillet 2023 16 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéImmigration & asileJusticeSolidarités & famille

Du calme

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Invité politiqueFait
    « depuis quelques jours je me réveille chaque matin en me demandant dans quel pays je suis tellement le débat public tourne désormais autour de discours fascisants d'un racisme décomplexé et de la spirale sécurité ce n'est pas la France »
  • 0:42Invité politiqueFait
    « qui a immédiatement pointé la responsabilité de l'immigration dans les émeutes que nous connaissons »
  • 1:22Invité politiqueFait
    « Geoffroy roux de Béziers qui sur France Inter nous explique que en Seine-Saint-Denis le premier employeur ce sont les dealers et non pas le département »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « ça n'est plus l'extrême droite qui est hors champ républicain mais la France insoumise que même le gouvernement a commencé par Elisabeth borne on l'a vu aux questions d'actualité et bien c'est la France insoumise qui est pointée comme étant hors champs républicain »
  • 3:29Invité politiqueFait
    « comprendre c'est déjà excusé »
  • 4:51Invité politiqueFait
    « un homme de 58 ans qui a écopé de un enferme pour avoir ramasser des objets volés au sol trois heures après des pillages »
  • 4:51Invité politiqueFait
    « un étudiant malien à Aix qui a pris 10 mois de prison ferme pour avoir volé deux pantalons du goboss »
  • 7:37Invité politiqueFait
    « il avait été attrapé par les policiers pour avoir ricané alors que un autre jeune balançait un ballon dans la tête d'un policier ils l'ont rattrapé ils l'ont mis dans le fourgon il lui ont mis une la chaussure sur la tête il a eu 5 points de 5 points de suture »
  • 10:24Invité politiqueChiffre
    « on accorde quatre fois moins de moyens au quartier dit politique de la ville »
  • 11:45Invité politiqueFait
    « la politique de l'enru ce qu'elle a fait c'est qu'elle a ripoliné les immeubles »

Temps de parole

  • Clémentine Autain100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Clémentine Autain

depuis quelques jours je me réveille chaque matin en me demandant dans quel pays je suis tellement le débat public tourne désormais autour de discours fascisants d'un racisme décomplexé et de la spirale sécurité ce n'est pas la France ce n'est pas la France que de voir qu'après une semaine ou Naël a été tué par un policier c'est la cagnotte concoctée par Jean Messia un proche de Marion Maréchal-Le Pen et Éric Zemmour qui culmine à 1,6 millions d'euros ce qui est absolument énorme pour le policier et nous sommes dans un débat public préempté par Bardella et les siens lui qui a immédiatement pointé la responsabilité de l'immigration dans les émeutes que nous connaissons ou alors le discours d'une droite républicaine qui emboîte le poids parfois même encore plus fortement il n'y a qu'à voir les propos de Bruno Retailleau qui vont dans le sill de ce qu'on dit les syndicats un certain nombre de syndicats de policiers qui parlent de guerre amené contre des nuisibles et Bruno retaillod nous disons qu'il s'agit d'une régression vers les origines ethniques des ensommagés Éric Ciotti évidemment nous fait toute une série de propositions comme la suppression des allocations familiales pour les parents des jeunes délinquants bref on a vraiment un climat qui est un climat insupportable insupportable et qui est aussi alimenté par toute une série de fausses informations de fake news comme on dit je pense à Geoffroy roux de Béziers qui sur France Inter nous explique que en Seine-Saint-Denis le premier employeur ce sont les dealers et non pas le département ce qu'est la réalité c'est le département Seine-Saint-Denis qui est le premier employeur donc c'est à dire qu'on raconte n'importe quoi en qualifiant la situation en mettant des mots sur la situation qui ne correspondent pas la réalité et qui apporte des réponses qui vont nourrir une logique de guerre et non pas une logique de paix et c'est ça le problème majeur devant lequel nous sommes et aussi une permutation historique j'ai envie de dire des termes politiques puisque ça n'est plus l'extrême droite qui est hors champ républicain mais la France insoumise que même le gouvernement a commencé par Elisabeth borne on l'a vu aux questions d'actualité et bien c'est la France insoumise qui est pointée comme étant hors champs républicain ça fait 70 ans que normalement c'est l'extrême droite qui est hors champ républicain et tout le reste qui fait front face à l'extrême droite et là on a vu l'extrême droite dans l'hémicycle se lever avec la macronie pour applaudir l'idée d'Elisabeth borde que la France insoumise ne serait pas dans le corps républicain donc je pense que cette situation est tout à fait inédite et qu'il faut prendre la mesure en prendre la mesure ça ne date pas de la situation actuelle depuis la mort de Naël et des émeutes c'est antérieur on l'a vu déjà au moment du soulèvement de la terre où là aussi il s'agissait des éco fascistes c'est à dire que le fascisme devenait dans le camp de ceux qui défendent le progrès de ceux qui défendent les valeurs républicaines profondes parce que défendre la République c'est défendre la promesse de liberté d'égalité et de fraternité et quand on tire ce film on a là les pures des solutions qui pourraient permettre le calme qui pourrait permettre d'apaiser la situation c'est à dire en fait d'opposer à une logique de guerre la logique de paix et c'est pour ça que je suis très très inquiète c'est que à partir du moment où évidemment on a un changement d'énormes dans notre pays y compris porté au plus haut sommet de l'État le pire est potentiellement devant nous l'idée est de pacifier et pour pacifier il faut comprendre je pense que le temps normalement devrait être révolu à cette phrase de Manuel Valls qui disait comprendre c'est déjà excusé voilà ça c'est pas possible comprendre c'est se donner les moyens de résoudre en profondeur les problèmes et non pas de mettre la poussière sous le tapis c'est ça le sujet or comme le disait Martin Luther King les émeutes c'est le langage de ceux qui n'en n'ont pas et donc qu'est-ce qui se trame derrière ça comment est-ce possible que des adolescents des jeunes de 12 13 14 ans se retrouvent dans la rue et incendie tout ce qu'il y a autour d'eux avec un sentiment de tristesse immense laissée auprès de la population moi je l'ai vu en allant à Sevran Villepinte étranglée tous les derniers jours qui ont précédé au moment des émeutes ce qui dominait c'était à la fois une compréhension des raisons de la révolte parce que il y en a marre des violences policières parce que il y en a marre d'être maltraité dans les quartiers populaires donc ces raisons-là on les voit et en même temps une grande grande tristesse de ce choix d'un mode d'expression qui est destructeur parce que la violence la violence est une impasse et elle ne peut pas apporter des solutions dans notre pays donc c'est au responsable politique au sommet de l'État de bien comprendre ce qui se passe et là on a un problème c'est qu'on a un gouvernement qui s'enfer dans la mise au pas sans prendre le temps de cette compréhension et qui affirme du mépris de la violence et du non-respect de l'État de droit lui-même puisque nous voyons que dans les comparutions immédiates c'est des peines qui sont totalement disproportionnées or comment comment faire respecter la logique l'État de droit les principes républicains quand l'État lui-même ne les respecte pas et là je prenais quelques exemples pour regarder sur les comparutions immédiates c'est assez effrayant ce qu'on peut y lire et ce que je l'ai retrouve dans mes notes elles sont là on a un homme de 58 ans qui a écopé de un enferme pour avoir ramasser des objets volés au sol trois heures après des pillages on a un étudiant malien à Aix qui a pris 10 mois de prison ferme pour avoir volé deux pantalons du goboss on voit bien que il y a quelque chose qui ne tourne évidemment pas rond et donc ça c'est la réponse au sommet de l'État aujourd'hui on en est pas très étonné parce que parce que c'est le registre dans lequel se retrouve la macronie depuis un moment et si des jeunes d'ailleurs prennent des expressions qui sont des expressions antidémocratiques au possible c'est aussi que tous les biais démocratiques ont été patiemment piétinés maltraités et d'ailleurs c'est très compliqué pour le gouvernement de faire la leçon de dire bah voilà comment il faudrait faire en démocratie quand on sait que dans notre pays manifester en nombre on n'est pas écouté quand des syndicats donnent leur point de vue il est piétiné sur les retraites même l'Assemblée nationale n'a pas pu voter et ensuite on se dit mais comment faire on n'est pas écouté là-haut et d'ailleurs beaucoup de jeunes disent là dans la séquence ben finalement ces images de feu c'est le seul moyen qu'on parle de nous c'est le seul moyen qu'on parle de nous et d'être entendu et là on arrive à un des coeur du problème cœur du problème sur les violences policières invisibilisées pendant tant de temps et d'ailleurs y compris à gauche en 2005 moi je me souviens poséide et Bouddha même la gauche était au mieux timide ne disait rien appeler à ce que tout ça cesse on comprend tout le monde appelle à ce que tout ça cesse mais uniquement sur le registre de la répression sans essayer de dire d'exprimer en fait le contenu de cette rage et les raisons de cette colère et donc comment trouver des solutions durables pour changer la situation ça c'est à mon avis le rôle de la gauche et à ce moment-là elle était aux abonnés absentes en 2005 dans un situation actuelle c'est mieux je pense que la gauche est davantage au rendez-vous au sens où elle essaie de dire que il y a des solutions au long cours à apporter et nous les avons nous les connaissons il faut une police républicaine et donc il faut une refonte de la police qui dysfonctionne aujourd'hui parce que il y a du racisme qui conduit à des comportements qui sont des comportements anti républicains parce qu'il y a des violences qui restent impunies qui n'est pas possible que l'IGPN continue d'agir comme elle le fait c'est à dire en fait tout simplement que la police contrôle la police ça c'est quelque chose qui peut pas fonctionner moi je j'ai en tête un jeune avec lequel je parlais samedi à Sevran qui me racontait que il avait été attrapé par les policiers pour avoir ricané alors que un autre jeune balançait un ballon dans la tête d'un policier ils l'ont rattrapé ils l'ont mis dans le fourgon il lui ont mis une la chaussure sur la tête il a eu 5 points de 5 points de suture et il a fait de la garde à vue qui est une une forme de garde à vue abusive si j'écoute ce qu'il me dit et que je le crois je lui dis mais pourquoi ne pas aller porter plainte et me dire bon allez porter plainte au commissariat de police et on voit bien que là il y a un problème donc il faut objectiver ces violences il faut changer la doctrine de la police qui aujourd'hui est dans une logique d'escalade et non pas dans une logique de désescalade de la violence et il faut en finir donc comme je le disais avec l'IGPN et former les policiers en conséquence de cette nouvelle doctrine quand on voit qu'en Allemagne où ils ont une toute autre doctrine il y a eu seulement un mort en disant alors que nous comme vous le savez on l'a beaucoup lu mais c'est 22 morts l'année dernière et depuis la loi de 2017 qu'il faut abolir évidemment abolir cette loi qui permet davantage de recourir à la mafeu dans le cas des refus d'obtempérer comme dans d'autres cas et en tout cas de recourir davantage à l'arme à feu il faut finir avec ça parce que c'est ce qui aboutit à cette utilisation et donc ce sont bien les donneurs d'ordre qui sont avant tout en cause et les lois qui sont les lois la sécurité qui s'empile et qui au lieu d'apaiser la situation la grave donc ça ne marche pas et je pense qu'on devrait regarder du côté de l'Allemagne pour s'inspirer un peu de comment il faudrait faire donc je viens sur sur les sources du problème c'est à dire qu'il faut les régler donc refont une police républicaine est proposée par l'ensemble d'ailleurs des forces de gauche aujourd'hui par la nupesse et ça c'est une voix qui est une voix de nature à apaiser comme le récépissé du contrôle au faciès voire même peut-être la suppression de ces contrôles d'identité à répétition parce que ils sont source aussi de tension entre la population et la police mais je crois que avec ses émeutes il faut aussi qu'on s'interroge sur la vie dans les quartiers populaires et sur l'échec de ce qu'on appelle les politiques de la ville il faut savoir qu'on accorde quatre fois moins de moyens au quartier dit politique de la ville et donc en fait depuis la mort de Zied et Bouna qui avait justement mis en avant ce problème dans les quartiers populaires en réalité on n'a pas agi on n'a pas agi correctement même le plan Borlo sous le précédent Emmanuel Macron il a été mis à la poubelle le rapport dit Cornu gentil qui était un rapport qui disait qu'en Seine-Saint-Denis ont dépensé moins d'argent pendant tous les autres départements indépendamment de la situation sociale de ses habitants pareil et ben il y a eu quelques petits rustines mais globalement il y a pas eu de changement structurel et donc il faut s'attaquer en profondeur à ces problèmes alors je sais que c'est difficile avec un président de la République qui est totalement hors sol qui semble avoir découvert les quartiers populaires en voyant le film Les Misérables de la Gilly il y a quelques années bon ça a été une séquence émotion une communication qui a dû durer 24 heures mais pour le reste il y a strictement rien et d'ailleurs pour mesurer à quel point il est dans une autre sphère dans un autre monde c'est qu'au deuxième jour des émeutes il était au concert d'Elton John ce qui est quand même assez sidérant pour un président de la République dans une situation pareille ou son pays est à feu et à sang mais donc pour arriver à porter des solutions c'est pas simplement investir comme on dit classiquement il faut investir dans les quartiers non c'est pas ça c'est-à-dire que la politique de l'enru ce qu'elle a fait c'est qu'elle a ripoliné les immeubles moi je trouve que c'est toujours mieux quand il y a un coup de peinture et que l'aire de jeux ressemble à quelque chose que quand c'est vraiment une situation de ou même physiquement l'espace et dévasté néanmoins ça change pas la situation des populations qui sont à l'intérieur et donc c'est sur ça qu'il faut qu'on arrive à peser c'est ça le cœur c'est pas investir c'est faire vivre l'égalité et casser les ghettos de riches pour casser les ghettos de peau ça c'est la condition sinequanone or on sait qu'on a aujourd'hui des mers délinquants ils sont délinquants parce qu'ils ne respectent pas la loi et ses rues qui vise à 25% de logements social dans toutes les communes et ces mères on sait où ils sont ils sont en PACA ils sont en haut de scène et donc ceux qui continuent à construire du logement social et accueillir les populations les plus pauvres les plus défavorisées et bien ce sont toujours les mêmes et donc évidemment on concentre les difficultés on concentre la misère et on arrive à des situations qui sont des situations de tension et où ça ne tient pas ou l'école ne peut pas tenir sa promesse d'égalité enfin bon je vous passe tous les détails et vous voyez bien les conséquences enchaînent y compris de ville qui ont moins de personnes qui contribuent à l'impôt donc moins de moyens donc des villes dans lesquelles les populations sont plus pauvres mais avec des villes qui sont elles-mêmes plus pauvres et cet objectif de casser les ghettos de riches pour casser les ghettos de pauvres il est pas à horizon immense faut deux ans et demi pour construire un immeuble donc en fait on pourrait se dire que si on était volontariste en disant on est capable de changer la physionomie en fait de nos villes et de répondre véritablement aux enjeux de fond tels qui sont posés à condition que cette politique là s'accompagne du lutte contre les inégalités sociales parce que c'est pas simplement les inégalités entre les territoires qu'il faut résorber c'est les inégalités tout court c'est à dire que il faut pas simplement on va mettre un peu de riche avec des pots et puis le problème va être réglé c'est qu'il faut aussi réduire l'écart évidemment entre les riches et les pauvres et ça c'est les politiques sociales qui passent par la hausse des salaires et des minima sociaux qui passent par la taxation du capital qui passe par une réforme de la fiscalité bref je fais pas la liste mais il faut tenir les deux jambes de l'égalité sociale et territoriales et ça cet enjeu là pour l'instant il est mis de côté il est mis de côté parce que ce qui domine dans le débat c'est la stigmatisation des populations de ces quartiers qui sont vécues comme des barbares qui seraient en dehors de la République or c'est pas qu'on a des territoires perdus de la République c'est que la République a abandonné ces territoires et donc c'est à ça qu'il faut qu'on soit capable de répondre et donc c'est pour ça que je pense que ce qui est en train de se passer est édifiant puisqu'en réalité les propositions communes à la nupesse à tous les partenaires de la nups qui visent justement à avoir des réponses en termes de justice de de la police de lutte contre les inégalités sociales et toriales qui sont celles qui peuvent permettre non pas simplement que ça se calme là c'est à dire que en fait on envoie les chars on tire dans tous les sens on fait des peines exemplaires et donc ça se calme ça se calme mais ça n'a pas résolu les problèmes de fond qui font que les émeutes aujourd'hui sont plus importantes que celles de 2005 et que les formes d'expression sont de plus en plus du côté de la violence que du côté de la démocratie et pour y répondre il faut plus de démocratie et il faut plus de justice et dans le moment de confrontation et de tension extrême dans le pays avec ce dont je parlais au début c'est à dire de cette espèce d'ambiance fascisante je pense que une des urgences c'est pas de s'empailler à l'intérieur de la nupes sur calme pas calme qui sont les termes du débat de nos opposants politiques de nos adversaires politiques nous ne voulons pas de la violence nous voulons que la situation s'apaise les populations des quartiers populaires sont les premières à subir les dégradations donc évidemment il faut que ça cesse et c'est du côté des solutions que nous devons montrer notre union et faire front devant cette vague fascisante qui ne doit pas tout emporter et que nous devons impérativement impérativement contrer je pense que c'est possible parce que à la fois c'est dangereux la situation dans laquelle on est mais je n'oublie pas que après 1934 il y a eu 1936