Un possible gouvernement Castets sans LFI, programme économique du NFP, montée de l'antisémitisme ... le 8h30 d'Olivier Faure
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Bonjour Olivier Faure. Bonjour à vous. Emmanuel Macron termine aujourd'hui sa consultation des forces politiques avec toujours l'idée de trouver un Premier ministre. On attend une prise de parole du chef de l'État, peut-être ce soir, peut-être plus tard. Que se passe-t-il s'il exclut de nommer Lucie Casté à Matignon ?
Mais je crois avoir compris que jusqu'ici, ce qui posait difficulté au président de la République, c'est qu'il y avait la possibilité de ministres insoumis au gouvernement. Jean-Luc Mélenchon, ce week-end, a expliqué les choses. Il a dit « je suis prêt à un gouvernement où les insoumis soutiennent mais ne participent pas au gouvernement ». Et donc le prétexte qui, jusqu'ici, servait à refuser la nomination de Lucie Casté est levé. Et donc je ne vois pas d'obstacle désormais au fait que Lucie Casté soit nommée.
Mais vous l'avez vu, ça n'a pas changé grand-chose. Manifestément, la droite, le RN, le bloc présidentiel ne veulent pas non plus. Ils l'ont dit, tout le programme du nouveau gouvernement.
Mais au nom de quel droit divin il y aurait une possibilité pour des gens qui ont perdu les élections d'expliquer qui gouverne et qui ne gouverne pas ? Les Français ont voté. Et donc ce serait un précédent incroyable, désastreux, que d'expliquer que désormais, en fait, c'est le chef de l'État qui décide seul de qui doit gouverner. On sait que là on ne vote plus. Ce n'est plus la peine de voter. C'est ça la démocratie. Il y a, c'est quand même un motif qui devrait tous nous réunir, nous sommes des républicains. Nous avons même fait un front républicain. Et la tradition républicaine, c'est de nommer le parti qui est arrivé en tête d'une élection.
Il y a là une coalition qui est arrivée en tête, il faut la nommer. Et c'est à elle de faire la démonstration ensuite de sa capacité à trouver ou pas une majorité au Parlement pour voter des textes.
Mais quel sens ça aurait, Olivier Faure, de nommer Lucie Castet qui serait censurée immédiatement ? Mais qu'en savez-vous ? C'est ce qui est promis par à la fois la droite à la fois...
Mais je n'en sais rien. Mais chaque député, mais chaque parlementaire en son âme et conscience aura à choisir et à voter. Mais qu'est-ce qu'on veut ? Est-ce qu'on veut expliquer aux Français que désormais, en fait, il y a quelque chose, un espèce de droit caché qui permettrait de décider qu'une élection ne sert à rien ? Non, mais le cas est inédit en l'espèce. Mais le cas est inédit, il n'est pas inédit. Nous avons déjà eu des majorités relatives, nous avons eu déjà... Les plus que relatives. Oui, d'accord, mais enfin, qu'est-ce qui... Enfin, pardon, mais si ce n'est pas le NFP qui est nommé, quelle est la majorité moins relative que la nôtre qui serait appelée à gouverner ?
C'est celle qui a permis d'élire Yael Brunpivet à la présidence de l'Assemblée.
Mais je ne crois pas. Dans l'effet, c'est ça. Non, il y a eu un deal entre les Républicains et la Macronie au moment du vote du président de l'Assemblée, qui portait sur la présidence de l'Assemblée et, évidemment, sur le retour de balancier pour les Républicains avec Questur, vice-présidence, etc. Mais qu'est-ce qui s'est passé, y compris sur le vote du bureau de l'Assemblée ? Ils sont minoritaires. Yael Brunpivet est minoritaire au sein du bureau de l'Assemblée. Et donc, cette alliance de circonstances n'a pas vocation à se prolonger, puisque je crois avoir compris que les Républicains ne veulent participer à aucune coalition.
L'Assemblée ne sera que sur des alliances de circonstances et des coalitions de circonstances.
Mais en l'occurrence, ce que je vous dis, certainement qu'il y aura, vote après vote, des compromis à trouver, avec des gens systématiquement, évidemment. Et c'est la raison d'ailleurs pour laquelle c'est absurde d'entendre dire qu'il y aurait d'un seul coup la volonté d'imposer un programme. Non, la réalité, c'est que nous viendrons avec ce que les électeurs nous ont demandé de produire et de défendre. Et il y aura ensuite un débat au Parlement qui permettra de trouver des compromis, voire même parfois des consensus, pour pouvoir avancer et permettre au pays de connaître le meilleur.
J'en reviens à ma première question, j'ai pas l'impression d'avoir eu une réponse. Que se passe-t-il ? Que faites-vous si Lucie Castenne n'est pas nommée à Matignon ? Est-ce que, par exemple, vous acceptez de rediscuter à nouveau avec Emmanuel Macron ou est-ce que c'est fini ?
Mais quelle est la coalition, je répète, quelle est la coalition qui a plus de voix, plus de siège que celle du nouveau Front populaire ? S'il n'est prouvé qu'il y a une coalition qui permet de rassembler plus largement que le Front populaire, alors effectivement, nous devrons nous plier, mais je n'en vois aucune.
Donc vous y allez ? Clairement, on entend, on comprend que le Président de la République pourrait refaire un round dans les prochaines heures, demain, de discussion, vous y allez ?
Mais je ne sais pas, nous en discuterons. Moi, je ne veux pas participer à une mise en scène où on nous laisse penser qu'il y a une vraie consultation et qu'en réalité, les dés sont pipés. Ça n'est pas possible. Moi, j'ai été avec Lucie Casté, avec l'ensemble des chefs de parti et président de groupe du nouveau Front populaire vendredi dernier à l'Elysée. Le chef de l'État avait même dit qu'il n'était même pas lui-même opposé à des ministres insoumis et qu'il considérait que nous étions toutes et tous légitimes à gouverner, mais qu'il savait que la question serait posée par d'autres et donc qu'il voulait savoir quelles étaient nos intentions. Bon, très bien.
Mais enfin, maintenant, il faudrait quand même qu'au-delà du fait de reconnaître que nous sommes la coalition arrivée en tête, on en tire des conclusions. On ne peut pas simplement dire « Ah ben oui, je reconnais qu'eux », mais enfin, on va continuer comme avant. Enfin, vous imaginez, les Français ont voté à trois reprises, élection européenne et élection législative deux tours, ils ont sanctionné ce pouvoir, et là, on nous explique que, évidemment, le président ne change pas, puisqu'il est élu pour cinq ans. La présidente de l'Assemblée est toujours macroniste, et maintenant, on voudrait aussi un macroniste à Matignon.
Mais comment voulez-vous que les Français comprennent, et comment voulez-vous qu'on attire à nouveau les gens vers les urnes, s'ils ont le sentiment que rien ne change jamais ? Et je dis, c'est même pire que cela. Nous avons constitué un front républicain. Si les gens ont le sentiment, et c'est la gauche, principalement, d'abord qui a appelé au front républicain, et ensuite, ce sont les électeurs de gauche qui ont principalement été les auteurs de ce front républicain au second tour.
Il y a aussi des élus à gauche qui doivent leur siège.
Bien sûr, mais principalement, vous le savez très bien, principalement, ce sont les électeurs de gauche qui ont fait cet effort-là, beaucoup moins vrai pour la droite, et je ne parle même pas des républicains qui n'ont même pas participé au front républicain, alors même qu'ils en ont bénéficié. Eh bien, ce que je dis, c'est que comment voulez-vous que demain, nous puissions nous convaincre qu'il faut aller voter contre l'extrême droite pour des gens qui, derrière, de toute façon, ne reconnaissent pas le résultat des élections ?
Olivier Faure, le nouveau infopopulaire a, arithmétiquement, c'est vrai, plus d'élus que les autres, mais c'est une majorité très, très, très, très relative. J'en conviens. Bon. Est-ce que vous êtes prêts à imaginer d'autres noms ? À gauche, notamment, un peu plus au centre, on va dire, si Emmanuel Macron nomme Bernard Cazeneuve. Vous censurez ?
Mais, écoutez, je crois avoir expliqué les choses clairement. Nous avons, aujourd'hui, une coalition qui est arrivée en tête. Pourquoi voulez-vous qu'on cherche ailleurs que dans cette coalition ? Cette coalition s'est mise d'accord sur un nom. Lucie Casté, qui a fait la preuve de sa solidité pendant tout l'été, et qui a montré qu'elle était, y compris apte et disposée aux compromis. Elle n'a pas dit, en fait, je ferai ce que je veux et je m'imposerai. Elle a dit, texte par texte, je discuterai avec l'ensemble des parlementaires. Je chercherai des consensus ou des compromis. Que peut-elle dire de plus, si ce n'est qu'elle respectera ce qu'est la démocratie parlementaire ?
Elle n'a pas pris beaucoup de temps pour rencontrer les autres forces politiques du Parlement, par exemple, cet été. Elle aurait pu, pour essayer d'arriver à quelque chose de plus.
Elle a annoncé, vendredi dernier, qu'elle était disposée à rencontrer l'ensemble des présidents de groupes de toutes les formations politiques, à l'exception du RN. Donc, ça devrait quand même être assez clair pour tout le monde. L'objectif n'est pas de dire que nous pouvons imposer. Comment le pourrions-nous ? Nous n'avons qu'une majorité relative, mais nous avons une majorité relative. Donc, nous ne pouvons pas imposer, mais nous pouvons au moins faire en sorte que la base de la discussion, ce soit le programme du Front populaire. Nous ne pouvons pas accepter l'idée que, désormais, en fait, on ferait comme avant.
Le 8.30 France Info, Bérangère Bonte, Adrien Beck.
Avec Olivier Faure ce matin, premier secrétaire du PS, député de la 11e circonscription de Seine-et-Marne. Vous savez que le MEDEF fait sa rentrée aussi aujourd'hui. Les patrons n'aiment pas le brouillard. Leur patron, Patrick Martin, n'aime pas beaucoup non plus le programme du nouveau Front populaire, manifestement. Il a dit ce matin, chez nos confrères de France Inter, écoutez.
S'il y a plus d'impôts, si on charge la barque en annulant la réforme des retraites, en augmentant le SMIC à la seule charge des entreprises, etc., immanquablement, ça va impacter les décisions des entreprises. Il y aura moins d'argent dans les entreprises pour embaucher, il y aura moins d'argent pour investir et il y aura moins d'argent pour augmenter les salaires. Avec l'augmentation du SMIC, je peux vous dire que dans la restauration collective, la sécurité, la propreté, mais aussi le bâtiment, la grande distribution, ça ne sera pas économiquement supportable.
Olivier Faure, vous répondez quoi à cette inquiétude concernant le programme ? Puisqu'on vous dit que l'objet de Lucie Casté, c'est de trouver des consensus texte par test sur votre programme. Et vous répondez quoi plus globalement à leur inquiétude à ces patrons ?
D'abord, ce que dit Lucie Casté, c'est que non seulement nous ferons vivre la démocratie parlementaire, mais nous ferons vivre aussi la démocratie sociale. Ce qui veut dire que nous négocierons avec les syndicats, avec le patronat. Mais j'entends aussi ce que dit le patron du MEDEF, qui est dans la reprise de toute éternité de ce que dit le patronat. On ne peut jamais rien faire pour les salariés. Il nous dit qu'il ne faut pas priver les entreprises d'argent parce qu'on ne pourra pas compter les salaires. Mais précisément, c'est ce que nous voulons. Nous voulons augmenter les salaires. Parce qu'il faut se rendre compte de ces chiffres qui parlent d'eux-mêmes.
En quelques années, depuis 2017, le salaire horaire réel dans le secteur marchand, il a baissé de 4,8%. Pendant ce temps-là, les dividendes ont eux explosé, ont augmenté de 85%.
Pour vous, ça n'aura aucune conséquence sur l'emploi d'augmenter les salaires. Enfin, à un moment donné, les entreprises créent de la richesse pour augmenter les salaires.
Oui, bien sûr, je me souviens aussi d'un moment où, après le Covid, on avait parlé de ces salariés de la première ligne, ceux dont vient de parler Patrick Martin. Ces salariés dont on dit toujours qu'ils font tenir le pays debout. Mais quand est-ce qu'on leur rend la monnaie de leur pièce ? Quand est-ce qu'on fait en sorte que ces gens-là puissent vivre dignement ? Est-ce que vous avez essayé de vivre, vous, avec le SMIC ? Franchement, aujourd'hui, c'est impossible. Donc, il y a des problèmes qui sont devant nous.
Et il est logique qu'on cherche aujourd'hui à relancer aussi l'économie par la demande et non pas seulement avoir une politique de l'offre parce qu'on a aujourd'hui besoin d'une relance de type keynésienne. Et donc, moi, j'écoute les patrons aussi. Que disent les artisans, les petits patrons, etc. Ils disent, aujourd'hui, notre problème, c'est que nous n'avons plus, face à nous, des consommateurs qui sont solvables. Il n'y a plus d'argent. Allez sur les marchés, regardez ce qu'ils vous disent. Ils vous diront, le problème, c'est que les gens n'achètent plus parce qu'ils n'ont plus d'argent. Mais de quoi ont-ils besoin ? Ils ont besoin, à nouveau, que les gens consomment.
Et les gens dont on parle, ces gens qui sont au SMIC, vous pensez qu'ils économisent, qu'ils mettent ça dans un bas de laine ? Non, ils consomment parce qu'ils ont besoin, tout simplement, de se nourrir, de se vêtir, de se loger, de donner quelques loisirs à leurs enfants, de partir, parfois, en vacances. Et donc, tout cet argent-là, il est directement réinjecté. En revanche, que s'est-il passé avec ces cadeaux fiscaux faits aux plus riches depuis 7 ans ? Eh bien, même les experts du gouvernement de France Stratégie ont toujours expliqué la même chose. C'est que ça n'a eu aucun effet sur l'investissement, aucun effet réel sur l'économie.
Ça n'a servi qu'à une seule chose, enrichir les plus riches.
Donc, on peut imaginer qu'il y a quand même eu des emplois qui ont été créés. Voilà. Après, oui, il n'y a sans doute pas de grands soirs, mais en tout cas, un certain nombre de résultats sont passibles.
Il n'y a pas de lien entre la politique fiscale qui est menée et les résultats qui sont engagés. Quand il y a un marché, c'est quoi le problème d'une entreprise ? C'est de trouver des consommateurs, des gens qui vous achètent vos produits et de pouvoir faire en sorte que vous ayez des produits qui soient plutôt moins chers que la concurrence. C'est ça, en fait, qui permet derrière d'avoir, en fait, de récolter des bénéfices. Mais les bénéfices, on n'a jamais été aussi élevés. Regardez ce qui se passe pour les très grandes entreprises, pour le CAC 40, qui bat des records. Et je sais bien que le MEDEF a l'habitude de se protéger derrière, derrière les tout petits patrons.
Et donc, précisément, que dit le nouveau Front Populaire ? Il dit que pour ceux qui, les PME, les TPE, qui ont des problèmes et pour lesquels ce serait une difficulté d'augmenter le SMIC, elles seront accompagnées. Et on fera en sorte que ce soit neutre pour elles et qu'elles n'aient pas, en fait, à subir. Accompagnées, ça veut dire qu'elles seront subventionnées, elles obtiendront, en fait, la possibilité de ne pas subir la hausse de ces coûts salariaux. Subventionnées par qui ? Tout simplement parce que nous ferons en sorte que les plus gros... Une péréquation, en quelque sorte. Une péréquation entre les plus gros et les plus petits.
et que ceux qui font beaucoup d'argent puissent, à un moment, aider aussi ceux qui en font beaucoup moins. Pourquoi ? Parce que, notamment, ce sont aussi leurs sous-traitants qui leur permettent de vivre et que, pour l'instant, le modèle économique tel qu'il est construit fait qu'en général, les grandes entreprises s'appuient sur des sous-traitants qu'elles égorgent. Eh bien, il est temps de faire en sorte que ce ne soit plus le cas.
On a bien compris que les grosses entreprises, vous voulez les taxer. Or, ce n'est pas elles, ce n'est pas Total, ce n'est pas Sanofi qui crée des emplois en France. Ce sont justement les PME, les ETI.
C'est la raison pour laquelle nous voulons taxer les sous-traitants.
Mais c'est quoi ? C'est des baisses de charges, concrètement ? Quand vous dites subventionner.
C'est ça qu'ils attendent, les chefs d'entreprise, les petits chefs. Il y a plusieurs solutions qui sont possibles, qu'il faudra étudier avec le Parlement. Mais ça peut être des prêts. Ça peut être aussi, effectivement, une péréquation sur les cotisations, avec des sur-cotisations pour les uns et puis des baisses de cotisations pour les autres. Tout est imaginable. Et donc, nous avons là besoin de faire en sorte que, effectivement, nous distinguions entre ceux qui ont les moyens et ceux qui ne l'ont pas.
Mais la question qui va se poser aussi sera celle des finances publiques. Parce que là, vous parlez, par exemple, de cette péréquation. Alors, on entend qu'elle peut se financer par des grandes entreprises vers les plus petites. Il y a des dizaines de milliards d'économies à faire. C'est ce que dit, en tout cas, Bruno Le Maire. 25 milliards cette année. Lucie Casté dit, déjà, les 10 milliards prévus, nous ne les ferons pas. Vous ne faites pas du tout d'économies.
Non, ce qu'elle dit, c'est que nous allons, nous, trouver des ressources pour financer le budget de l'État. Et Bruno Le Maire, qui nous donne des leçons aujourd'hui, c'est l'homme du record d'endettement de la France. C'est, en 7 ans, 1000 milliards de dettes supplémentaires. Donc, comment peut-il lui-même encore oser donner la moindre leçon à qui que ce soit ? Et cette dette qui a augmenté, elle est liée à quoi ? Elle est liée précisément aussi à ces cadeaux fiscaux qui ont été réalisés. Quand on prive de ces recettes... Elle est aussi due au Covid, elle est aussi due au gilet jaune, elle est aussi due... Non, elle est essentiellement liée aux cadeaux.
Et vous savez très bien que la dette est en partie liée à la dette Covid, mais la dette Covid, c'est moins de la moitié. Et c'est, en réalité, une dette que les Français sont en train de rembourser eux-mêmes. Quand il a, par exemple, maintenu la CRDS qui devait déjà être totalement achevée. Eh bien, ce que je vois, c'est qu'ils font toujours la même chose. C'est-à-dire que ce sont les classes moyennes qui doivent supporter, en fait, le poids de la dette, pendant que, dans le même temps, celles et ceux qui sont les plus riches, qui ont les patrimoines les plus importants, les grandes entreprises, elles, se voient attribuer de nouveaux cadeaux. Et ça n'était même pas fini.
Parce que dans le programme législatif, qui était celui déposé par la coalition Ensemble, celle de la Macronie, ils avaient prévu encore de nouveaux cadeaux fiscaux pour la rentrée prochaine. Eh bien, c'est eux qui endettent l'État. C'est eux qui paupérisent l'État et qui font qu'aujourd'hui, nous sommes endettés.
Et ce matin, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, la condamnation est unanime sur tous les chiquets politiques après l'attaque contre la synagogue de la Grande Motte ce week-end. Comment expliquez-vous, Olivier Faure, que ces actes antisémites aient triplé depuis l'année dernière ? 887 faits recensés sur le premier semestre. Qui est responsable ?
Je ne sais pas qui est responsable. Ce que je sais, c'est que c'est absolument insupportable et que nos concitoyens juifs doivent ici s'en dire en sécurité. Et que nous ne pouvons pas importer sur notre sol le conflit qui oppose aujourd'hui le Hamas à Israël. Et nos concitoyens juifs n'ont rien à voir avec ce conflit. Ils ne sont pas aujourd'hui responsables de la politique de Netanyahou.
Si Lucie Casté s'installe à Matignon, que fait-elle ? Pour que ça ne s'installe pas en France ?
C'est ce que nous avons prévu dans le programme du Front Populaire. C'est de faire en sorte de créer, y compris des instruments d'éducation, de prévention, de faire en sorte que l'antisémitisme ne soit pas une idée parmi d'autres. Ce n'est pas une idée. C'est un délit. Et c'est un délit qui conduit malheureusement trop souvent au crime. Et la multiplication de ces faits d'antisémitisme devrait nous inquiéter toutes et tous parce qu'ils visent très directement des gens en fonction de ce qu'ils sont et non pas pour ce qu'ils font. Et c'est absolument insupportable. C'est ce que nous combattons depuis toujours, le racisme, l'antisémitisme.
Mais comment, de façon très concrète, quelle serait votre première action ? Alors, ce serait Lucie Casté à Matignon, mais quelle serait votre première action au gouvernement ?
Mais tout simplement de faire vivre dans la communauté nationale l'idée que personne n'est responsable de ce qui se passe aujourd'hui entre Israël et Hamas et faire en sorte d'avoir une politique équilibrée qui permette à chacun de comprendre qu'en France, nous avons une parole qui est simple, qui est claire, qui n'est pas celle d'un soutien inconditionnel au gouvernement de Netanyahou, mais qu'au contraire, nous visons à ce que nous puissions arriver à une solution qui conduise à un cessez-le-feu, à la libération des otages, à la fin de la colonisation et à l'instauration de deux États qui puissent vivre côte à côte.
Tant que ce conflit existera, il polluera l'atmosphère dans nos nombreux pays et pas seulement en France parce qu'aujourd'hui, on le sait bien, cette guerre-là a des conséquences dans l'ensemble du monde. Et donc, il faut que nous puissions être un acteur essentiel, un acteur de paix, un acteur qui permette d'aboutir à une solution négociée.
Olivier Faure, pardon. Est-ce que vous n'avez pas votre part de responsabilité ? C'est notamment ce que disent vos opposants à droite et à l'extrême droite. Par exemple, en semblant prendre vos distances avec certaines déclarations des Insoumis, la sortie de Thomas Porte sur les athlètes israéliennes, vous dites votre agacement et vous n'allez jamais au bout clairement d'une rupture éventuelle. Est-ce que ça, ça n'a pas créé, ça ne crée pas, cette tergiversation-là ne crée pas un contexte favorable à ce qui se passe ?
Mais je ne vois pas en quoi ça créerait un contexte. Enfin, quand on est dans une coalition, on ne partage pas forcément l'intégralité. On vous a entendu,
on vous a lu sur Twitter dire non, ce n'est pas possible.
Quand l'on de la gauche existait sous François Mitterrand, vous aviez des positions prises par le Parti communiste qui n'était pas celle du Parti socialiste. Et ça ne choquait personne, ça ne gênait personne. On n'est pas choquant des accords. Mais y compris sur ces questions-là. Enfin, franchement, ça n'est pas nouveau. Et c'est pas... Et je ne partage pas votre avis selon lequel, en fait, on aurait aujourd'hui nous-mêmes couvert une quelconque forme d'antisémitisme. Il n'y a pas d'antisémitisme dans la France insoumise ? Mais il y a des gens qui peut-être parfois flirtent avec les lignes.
Et à chaque fois, nous sommes là pour rappeler à l'ordre celles et ceux qui éventuellement pourraient passer la ligne. Mais le fait de critiquer aujourd'hui la politique israélienne, ça n'est pas de l'antisémitisme. Et donc, il faut aussi ne pas confondre volontairement et maintenant taire toute forme de contestation au nom du fait que ce serait antisémite. Ce n'est pas antisémite que de dire que Netanyahou dirige un gouvernement suprémaciste qui est un gouvernement raciste, un gouvernement qui aujourd'hui mène une guerre dont l'ONU et dont la justice internationale a dit qu'elle présentait un risque génocidaire. Ça devrait quand même nous faire tous réfléchir.
Si on vous pose la question, Olivier Faure ? On ne peut pas accepter cette idée qu'aujourd'hui, on a ce qu'on a appelé une prison à ciel ouvert qui est maintenant en fait une enclave dans laquelle on a des gens qui sont affamés, qui sont bombardés en permanence et dont l'ONU nous dit que pour l'essentiel, les victimes sont des femmes et des enfants. Est-ce que ça ne devrait pas nous révolter toutes et tous ? Moi, je veux bien qu'on se révolte toujours sur les déclarations de tel ou tel, mais enfin, le vrai sujet, quel est-il ? Le vrai sujet, c'est qu'il y a une guerre aujourd'hui et qu'elle est tout simplement en fait horrible et que le risque, c'est l'escalade aussi.
On le voit bien avec ce qui se passe aujourd'hui avec le Liban, avec l'Iran, etc. Donc, est-ce qu'on peut ne pas toujours prendre les sujets par le tout petit bout de la lorgnette ? Olivier Faure, c'est pas le petit bout de la lorgnette, pardon,
mais on a bien vu ce week-end à quel point Jean-Luc Mélenchon est central dans le débat à gauche.
Mais vous donnez de l'importance systématiquement à des déclarations de députés, alors même que vous saviez très bien que le vrai sujet n'est pas celui-là. Et donc, moi, ce que j'aimerais, c'est qu'on remette d'une certaine façon l'église au milieu du village et qu'on fasse en sorte de traiter les vrais sujets. Moi, je veux bien tout ce qu'on veut, mais ce que je vois, c'est que quand même, dans l'élection législative, les antisémites, les racistes, ils étaient où ? On voudrait les blanchir pour pouvoir mieux diaboliser la France insoumise.
Je ne suis pas un insoumis, mais je ne veux pas non plus qu'à travers cette façon de procéder, on diabolise toute la gauche et que maintenant, on nous explique que nous soyons par contagion parce que tel ou tel aurait des déclarations. Il faudrait que nous soyons tous à l'élection.
C'est avec au sein même du PS. Ça crée énormément de débats pour ne pas dire plus.
Mais il y a toujours eu des débats au PS et c'est très bien comme ça. Le PS n'est pas mort,
comme le dit Aurélien Bélanger.
Et c'est un parti démocratique dans lequel le débat vit et c'est tant mieux.
Merci Olivier Faure d'avoir été l'invité du 8.30 France Info ce matin. Merci Bérangère Bonte et à demain.
Olivier Faure