Bally Bagayoko, la nouvelle victoire de l’insoumis contre le PS
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Non mais il va falloir qu'on parle de Bali Bagayoko, il faut quand même le dire, c'est quelqu'un en politique. Non parce que réussir à rendre une élection municipale un temps soit peu sexy, c'est déjà pas gagné. Mais alors réussir à créer de l'attention, voire même de l'engouement autour d'une élection à la présidence d'une intercommunalité, alors là on change carrément de catégorie. Il faudrait quand même songer à lui filer la Légion d'honneur à celui-ci. Il la mériterait quand même plus que Depardieu si vous voulez mon avis. On mérite tous plus la Légion d'honneur que Depardieu. C'est pas faux, c'est pas faux.
Bonjour et bienvenue dans le récap, nous sommes le mercredi 22 avril et hier soir le maire LHI de Saint-Denis, Bali Bagayoko, a remporté une nouvelle victoire politique en décrochant la présidence de Pleine Commune, l'une des plus importantes intercommunalités de la région parisienne. 46 voix pour lui contre 32 pour Karim Bouamran, le maire socialiste de Saint-Ouen, avec qui le bras de fer a été âpre. Et en toile de fond, c'est évidemment le classico de la gauche qui s'est joué, PS contre LFI, les fameuses gauches irréconciliables, et ce, jusqu'au niveau local. Alors la bataille a été aussi courte qu'un temps sans Seine-Saint-Denis.
L'insoumis est le premier à s'être positionné pour briguer la présidence de l'Intercom, il y a environ trois semaines. Le socialiste, qui lui manœuvrait depuis un petit moment déjà, a finalement tenté le tir de barrage en se déclarant officiellement la veille du scrutin, la présidence de Pleine Commune ainsi que son exécutif requièrent une gouvernance qui soit le fruit d'un compromis partagé, écrivait donc Karim Bouamran dans son communiqué d'annonce. Autant de langue de bois dans une phrase si simple, ça cache souvent quelque chose, si vous voulez mon expertise. Et en l'occurrence, c'est l'habituel guerre des gauches.
Alors vous connaissez déjà la chanson, le PS veut se donner l'image du compromis, de la rondeur, des accords dans les désaccords. Alors on nous l'a assez rabâché pendant le budget, rappelez-vous. Et en face, LFI, ce serait le genre de secte radical qui fait peur. Voilà, c'est un peu l'image qu'on en donne. C'est d'ailleurs la suite du communiqué de Karim Bouamran qui poursuit avec une attaque pour le moins frontale contre Bali Bagayoko et la France insoumise en général.
Pour lui, cette candidature du maire de Saint-Denis serait, je cite, « une volonté de faire de pleine commune une base arrière pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2027 au détriment des administrés ». Alors on ne sait pas, il doit craindre que Bagayoko y mette des affiches de méluche sur tous les camions poubelles pendant la campagne, on ne sait pas trop. Mais en tout cas, voilà, il plaide pour qu'il y ait un consensus autour de la désignation du président.
Mais visiblement, une élection et un vote, c'était pas suffisamment consensuel pour le socialiste qui termine son communiqué en dénonçant la confiscation de la présidence au seul service du projet politique de la France insoumise qui menacerait l'équilibre nécessaire pour une gouvernance de compromis. Que la candidature du maire de Saint-Denis ne s'inscrit pas dans une dynamique de compromis et puis il finit vraiment cette fois en agitant la menace à peine voilée de retirer sa commune de Saint-Ouen de l'intercommunalité en précisant bien qu'elle est le premier contributeur financier de pleine commune avec effectivement ses plus de 25 millions d'euros apportés au budget collectif en 2025.
Et voilà, il termine en disant qu'il ne souhaite évidemment pas que l'interco sombre dans une crise politique et financière parce qu'il est responsable, lui, qu'il est dispo pour trouver une candidature qui fasse l'unanimité auprès de tous les maires, donc les neufs de l'interco. Une candidature, vous l'avez compris, de compromis. Mais voilà, au cas où, si ça dépanne, il propose quand même la sienne de candidature de compromis et dont on comprend qu'elle ne serait au service évidemment d'aucune officine politique en vue de 2027. J'aurais craché.
Celui qui dit « je suis candidat aujourd'hui », il est complètement à côté de ses pompes. Mais vraiment complètement.
Mais vous ne dites pas « je ne suis pas candidat ».
Ce que je vous dis, Anna, c'est que je jouerai un rôle important dans l'élection de 2027.
Bon, autant vous dire qu'après tout ça, les retrouvailles le jour J, le jour du vote, ont été un peu salées. Avant de procéder au scrutin, des prises de parole ont eu lieu, agrémentées tantôt d'applaudissements, tantôt de huées dans le public. Parce que oui, il y avait du public pour l'occasion. Notez tout de même l'exploit que de mobiliser autour d'une élection au sein d'une interco. J'en ai fait plusieurs. Et autant vous dire qu'il n'y avait pas grand monde. Mais comme quoi, c'est possible de faire renouer les citoyens avec la politique quand on s'y prend bien. C'est d'ailleurs ce qu'a souligné le maire LFI de la Courneuve, Alidiohara, dans son allocution.
Choisir un socialiste à la tête de notre PT serait également cautionné. Et je le dis sans tergiverser un bilan qui nous est quand même encore aujourd'hui excessivement, qui en tout cas a été excessivement brutal pour une grande partie de la population de notre pays. Ce serait donc cautionné également le bilan de M. Hollande. Et je le dis très clairement. Ce serait cautionné le bilan de M. Hollande, notamment comptable de la déchéance de nationalité, de la dérive sécuritaire de notre pays et de l'augmentation exponentielle du racisme dans notre pays et pour lequel je souhaite apporter une nouvelle fois mon soutien à Bali, Bakayoko et toutes les maires qui ont été victimes de ce fléau.
Aussi, pour toutes ces raisons, pour toutes ces raisons et en cohérence avec mes engagements auprès des Courneviennes et des Courneviens, je soutiens bien évidemment l'élection de Bali Bakayoko à la tête de notre PT pleine commune. Et bien évidemment, et j'en terminerai là, je le remercie car le temps d'une soirée, Bali, tu as réussi à démocratiser cet outil qui est pleine commune en réunissant des centaines de personnes. Et en cela, et juste pour cela, tu dois être le président de pleine commune, n'en déplaise à certains. Merci.
Et en plus de son collègue insoumis Ali Duhara, le maire de Saint-Denis a pu compter sur les soutiens actifs du maire de Stain, Azeddin Taïbi, du PCF, celui de Lille-Saint-Denis, Mohamed Gnabi, des écolos, ou encore celui d'Aubervilliers, Soufienne Karoumi, que le PS avait défendu au municipal pour la petite info. Voilà, alors Karim Bouhamran, lui, il a eu beau tout tenter pour empêcher l'insoumis d'accéder à la présidence, « Rien n'y a fait ».
Je suis prêt à retirer ma candidature. Monsieur Bagayoko, vous retirez la vôtre. Et que nous provoquions une réunion avec les huit maires pour décider d'une candidature de consensus.
Consensus a donc finalement été trouvé dans les urnes, puisque Bali Bagayoko a remporté assez largement la présidence de Pleine-Commune et Karim Bouhamran a continué, quant à lui, son laïus, mais cette fois sur X, clamant tout de même qu'il reconnaissait la victoire de Bali Bagayoko, en nuançant toutefois, je le cite, « L'élection d'un président de notre établissement public territorial requiert soit l'unanimité, soit elle est le fruit d'un consensus. La candidature de Bali Bagayoko n'était pas le fruit d'un consensus et ce n'est pas un résultat qui a fait l'unanimité.
Dans l'intérêt du territoire et de ses habitantes et de ses habitants, j'attends des garanties claires pour les 40% des élus qui se sont exprimés en faveur de ma candidature. Le mec ne lâche jamais l'affaire, c'est incroyable. » Alors, petite idée comme ça, il peut toujours retourner gérer l'ouverture chaotique du Master Poulet de Saint-Ouen, ça pourra l'occuper.
Alors, pour la petite histoire, parce que je sais que vous aimez bien les petites histoires, la chaîne de restauration dénonce un détournement de pouvoir au sein d'un Far West municipal, après que donc la municipalité se soit opposée, je cite, « sans aucune justification juridique », dit-elle, à l'ouverture d'un point de vente, prof de la mairie, justement. Master Poulet dénonce un abus de pouvoir qui est allé jusqu'à l'installation sauvage de blocs de béton devant l'entrée du magasin. Une décision jugée illégale par le tribunal administratif de Montreuil qui en a ordonné le retrait sous 48 heures. Comme quoi, les compromis, ça va, ça vient.
En tout cas, en ce qui concerne la présidence de pleine commune, l'affaire est évidemment pliée, quoi qu'en pense l'édile de Saint-Ouen. C'est une nouvelle victoire de Bali Bagayoko, qui connaît une fulgurante ascension depuis son élection au premier tour des municipales le mois dernier. Premier maire LFI d'une ville de plus de 100 000 habitants, il est devenu une figure incontournable de la scène politique en un rien de temps. Preuve en est, il a d'ailleurs fait son entrée à la 22e place du tableau des personnalités de l'IFOP avec le score enviable de 36% d'opinion positive. Là où, par exemple, Marine Tourdelier score à 27% et Jean-Luc Mélenchon à 29%.
Emmanuel Macron, lui, est à la 32e place, 10 places en dessous, avec seulement 30% d'opinion positive. Alors, on sait que les sondages de popularité sont comme les autres. A prendre, évidemment, avec des pincettes. Pour autant, la percée de Bali Bagayoko sur la scène nationale en si peu de temps est vraiment notable. Alors bon, il faut dire malheureusement que le nouveau maire de Saint-Denis a bénéficié d'une médiatisation intense due en grande partie aux nombreuses attaques racistes qu'il a subies dès le premier jour. Nous en avons évidemment longuement rendu compte dans nos éditions aux médias.
Et je tenais quand même à vous repasser un extrait de la chronique de mon collègue Cyril Lemba à ce sujet. C'était dans notre émission du soir, toujours debout, du 18 mars dernier, à retrouver évidemment en intégralité sur la chaîne Le Média 24-7.
En France, aujourd'hui encore, quand vous êtes noir, arabe, racisé, non-blanc, héritier de l'immigration, je vois si c'est le terme que vous préférez, l'accès au pouvoir n'est pas neutre. Il est scruté, questionné, mis à l'épreuve. Réussir ne suffit pas. Il faut convaincre plus que les autres, prouver plus que les autres, en faire deux fois plus que les autres. Il faut sans cesse justifier sa place, justifier sa légitimité, justifier son existence dans des espaces où l'on ne vous attendait pas. Mais quelque chose est en train de changer, lentement mais profondément. Des nouveaux visages arrivent.
On n'avait jamais vu autant de listes citoyennes avec des noirs, des arabes, des racisés, des non-blancs, des héritiers de l'immigration. Choisissez le terme que vous préférez. Des trajectoires différentes émergent et avec elles, une autre représentation de la France voit le jour. Bali Bagayoko en est une illustration, pas parfaite, pas unique, mais symbolique. Et ce symbole dérange parce qu'il bouscule, parce qu'il oblige à regarder la réalité en face. Alors écoutons le nouveau maire de Saint-Denis, toujours au micro du Média.
Bien sûr parce qu'aujourd'hui nous sommes clairement ce que déteste en fait l'extrême droite. Des hommes et des femmes héritiers de l'immigration dans une ville qui est une ville-monde. Avec bien sûr un métissage extrêmement important des gens qui viennent d'Horizon Clubant Différent. Et qui aujourd'hui revendiquent de faire partie de la République. Et assument le fait d'être entre guillemets la France. Y compris la France nouvelle que l'on appelle de nos voeux. C'est-à-dire celle qui assume sa double appartenance. Héritière de l'immigration mais aussi pleinement français. Et c'est ça en fin de compte je veux dire qui dérange et c'est ça qui fait mal.
Et nous nous disons aux extrémistes y compris de droite ou voire même d'extrême droite. Qu'il va falloir vraiment qu'ils s'y habituent parce que c'est pas fini.
Alors derrière cette affaire de présidence d'intercommunalité plutôt anodine à première vue. C'est évidemment et on l'a dit toute la guerre des gauches qui s'exprime. Une guerre de lignes politiques mais aussi de stratégies et de rapports de force très concrets jusque dans les territoires. D'un côté il y a évidemment le parti socialiste qui continue de se revendiquer du compromis, du rassemblement, de la gestion apaisée. Une conception un peu surannée du pouvoir. En tout cas celle qui a dégoûté certains d'aller voter. Et en face avec la France insoumise c'était une autre gauche qui avance. Plus offensive, plus radicale aussi. Et qui se montre de plus en plus capable de gagner des scrutins.
Et c'est bien là que le bas blesse parce qu'on peut invoquer tant qu'on veut le consensus. Encore faut-il être en mesure de réellement le construire ou de le gagner. Il faut que la méthode séduise encore. Et en l'occurrence ce sont les urnes qui tranchent à la fin en Seine-Saint-Denis comme à l'échelle nationale. Et à ce jeu-là le parti socialiste donne de plus en plus le sentiment de courir derrière une époque révolue. A force de vouloir incarner l'équilibre, il finit par apparaître effacé, voire dépassé. Il peine à convaincre qu'il peut encore impulser. A force de parler de compromis, ne risque-t-on pas de se compromettre ? Certains ont déjà tranché la question.
Et on fait une petite pause avant de continuer avec le reste de l'actualité. Si vous aimez le récap, que vous avez envie qu'on discute ensemble, de connaître les coulisses de l'émission ou même de choisir et de proposer des sujets, je vous attends sur le canal de discussion Instagram. Le lien pour le rejoindre est dans la barre d'infos. Et d'ailleurs vous le savez, sans vous, pas de récap, mais pas de médias non plus. Depuis plus de 8 ans, notre chaîne télé tient bon en Indé, dans un paysage audiovisuel toujours plus concentré et réactionnaire. Chaque jour, nos plus de 25 travailleurs et travailleuses mènent courageusement la bataille de l'info.
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Suite aux publications de Mediapart dans lesquelles 8 femmes témoignent de VSS commises par Bruel, les témoignages de victimes s'enchaînent dans les médias. Trois plaintes ont également été déposées entre le 30 septembre 2024 et fin mars 2026 en France et en Belgique. Voyant que le chanteur continue de se produire dans ces circonstances, une cinquantaine d'artistes, de collectifs et d'associations féministes ont lancé une pétition pour demander l'annulation de sa tournée en France, en Belgique, au Canada et en Suisse. Parmi les signataires, on compte notamment la chanteuse Pomme, l'actrice Corinne Maciero ou encore l'association Nous Toutes.
De son côté, l'avocat de Patrick Bruel, Christophe Ingrin, déclare qu'il n'a jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel. Le chanteur affirme n'avoir jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou à un rapport sexuel. Près de 4 salariés LGBT sur 10 disent avoir été victimes de discrimination au travail. La dernière étude de l'Institut IFOP montre que l'environnement de travail est de plus en plus hostile pour les personnes homosexuelles, bisexuelles ou encore transgenres. En tout, 68% d'entre elles et eux disent avoir déjà entendu des insultes ou des expressions LGBT phobes au travail.
65% déclarent avoir déjà subi au moins une discrimination dans leur organisation et 44% au moins une forme d'agression ou de harcèlement LGBT phobes au cours de la dernière année. L'augmentation de ces discriminations est corrélée à l'augmentation de leur visibilité au sein de l'espace de travail. En effet, plus de 7 salariés LGBT sur 10 sont out, soit une progression de 19 points en 5 ans.
L'augmentation conjointe des indicateurs d'hostilité d'un côté et de la visibilité de l'autre traduit une forte crispation que l'on peut voir comme de la conséquence sociologique directe d'une meilleure visibilité des minorités, analyse François Croce, le directeur du pôle genre, sexualité et santé sexuelle de l'IFOP. Ces discriminations amènent aussi les salariés LGBT+, à ne pas se outer au travail. 81% d'entre eux, non visibles dans leur environnement professionnel, estiment que cette invisibilisation est positive pour leur bien-être au travail. Et on termine ce récap par l'actualité internationale.
Donald Trump a décidé in extremis de prolonger le cessez-le-feu en Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier. Le Pakistan, qui joue un rôle de médiateur, a salué cette nouvelle annoncée dans la nuit. Aucune date limite n'a en revanche été donnée. Lundi dernier, le président américain avait pourtant jugé hautement improbable la prolongation du cessez-le-feu. En attendant, le blocus des ports iraniens se poursuit, signale Trump. L'Iran affirme de son côté que le blocus naval américain n'a pas d'impact sur la distribution des denrées alimentaires à la population.
Pour l'ambassadeur iranien de l'Organisation des Nations Unies, l'Iran serait prêt à négocier uniquement si les Etats-Unis lèvent au préalable ce blocus. Selon l'AFP, le Liban devrait également demander une extension d'un mois de la trêve lors de la réunion prévue demain avec Israël à Washington. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du récap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur Youtube ou via email si vous nous regardez à la télé. Pour nous soutenir, et c'est important, n'oubliez pas de vous abonner aux médias ou de faire un don défiscalisable sur notre site internet.
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Bally Bagayoko