Guerre de l'eau : la France bientôt à sec ? | Clémence Guetté
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Chers auditeurs du Média, vous aimez nous écouter ? Vous êtes la garantie de notre liberté et de notre indépendance et nous avons besoin de vous pour continuer. Devenez sociaux et abonnez-vous sur lemédiatv.fr.
Entre lutte contre les méga-bassines et sécheresse historique, la question de l'eau est en train de s'imposer dans le débat public européen et français alors qu'Indiens et Pakistanais se battent eux depuis des décennies autour du fleuve frontière Indus ou encore Égyptiens et Soudanais avec le Nil duquel des dizaines de millions d'habitants de ce pays en question dépendent pour leur approvisionnement en eau potable qui déclinent inexorablement à mesure de l'explosion démographique et du dérèglement climatique.
Chez eux, comme ailleurs dans les pays dits du Sud, la guerre de l'eau est engagée de longue date nourrissant jusqu'au conflit militaire sur le terrain géopolitique nous laissant dans l'illusion confortable que nous serions nous au nord au-dessus de ces problèmes comme éternellement réservés au tiers-monde. Sombre erreur. La situation des nappes phréatiques de France hexagonale est alarmante. Comme vous le voyez sur cette image, des régions entières en jaune, orange et rouge couvrant plus des deux tiers du territoire voient les niveaux des nappes se situer de modérément bas à très bas. L'inquiétude est totale et les alertes scientifiques s'accumulent.
Mais alors, y a-t-il des solutions pour éviter le pire, voire corriger durablement les choses ? À l'heure où l'eau est toujours plus considérée dans le monde comme une denrée commerciale et où celles et ceux qui luttent pour en faire un bien commun sont toujours plus réprimés, je reçois aujourd'hui une membre d'un mouvement politique qui avait décidé d'axer sa dernière grande campagne politique sur ce sujet. Il s'agit de la députée du Val-de-Marne, Clémence Guettet. Bonjour Clémence Guettet. Bonjour. Comment ça va ?
Eh bien ça va, c'est mouvementé comme d'habitude mais ça va.
C'est très bien, alors déjà bienvenue sur ce plateau. Je rappelle que vous êtes députée du Val-de-Marne, LFI NUPES, c'est important de le préciser. C'est votre premier mandat, vous êtes élue l'année dernière.
Eh oui, c'est mon premier mandat. On a fêté les un an de mandat. Tout récemment. Voilà, tout récemment.
Effectivement. Et avant cela, vous étiez coordonnatrice du programme L'Avenir en Commun, portée à la présidentielle par Jean-Luc Mélenchon qui a réuni 7,7 millions de voix au premier tour de l'élection. Alors, nous venons dans l'intro de voir un court extrait en illustration du meeting de Jean-Luc Mélenchon justement en réalité augmentée qui lançait alors la campagne de votre parti. C'était le 10 avril 2021. Et aujourd'hui, Mélenchon lui-même dit que c'était un raté. Pourquoi ?
Non, c'est sur la technologie. Alors, on avait fait...
Ah, il dit que c'est aussi un raté d'avoir imposé le sujet de l'eau.
De ne pas avoir réussi à l'imposer. Oui, en réalité, c'est sur l'usage de la technologie réalité augmentée où on avait fait les hologrammes avant qu'elle avait été un grand, grand succès populaire. Et là, on avait justement voulu tirer la sonnette d'alarme sur la question de l'eau avec un truc un peu original. Bon, ça n'avait pas autant attiré l'attention qu'on aurait voulu. Et en réalité, vous avez raison de dire que c'était sur le fond du sujet qu'on voulait alerter. Aujourd'hui, on s'en saisit. En tout cas, il y a un mouvement de masse populaire qui s'en saisit. Donc, les gouvernants viennent de nous sortir un plan haut. Donc, M. Macron vient de présenter un plan haut.
Mais c'est vrai que, compte tenu de la gravité de la situation, l'enjeu n'a pas été pris suffisamment au sérieux.
Mais comment vous l'expliquez ? Parce que vous avez réussi avec les hologrammes, etc. Mais ça, pourquoi ça n'a pas pris ?
Je ne sais pas. Je pense que sur les questions écologiques, sur la question du changement climatique, il y a peut-être quelque chose de l'intangible. Et je pense que ce qui, aujourd'hui, nous amène à prendre conscience collectivement de la question de l'eau, c'est justement le fait qu'il y a des communes où, concrètement, il faut amener des camions parce qu'il n'y a plus d'eau potable.
C'est bien palpable.
Voilà, ça devient palpable. Le problème avec toutes ces questions-là, c'est que si on attend que ça devienne palpable, généralement, c'est que c'est trop tard. Donc, c'est pour ça que ça fait des années que Jean-Luc Mélenchon en parle. En réalité, il en parlait déjà dans la campagne de 2017. Mais c'est vrai qu'il a été quand même... Son attachement pour les questions de la mer et de l'eau font que je pense qu'il a été le premier à en parler.
Alors, ce qui a relancé tout cela, voire lancé véritablement, vous le direz à l'instant, c'est le côté palpable des choses. Et d'ailleurs, la lutte des opposants face aux méga-bassines. Alors, bien sûr, il y avait aussi l'été dernier et les restrictions, dont vous en parlez à l'instant, pour les particuliers, mais pas pour les industries, pas pour les golfs. On se souvient aussi à ce moment-là qu'il faisait débat, mais pas autant que les méga-bassines. On voit que le sujet a plus... Et les violences aussi qu'on a pu observer à Saint-Solene. Comment vous analysez le fait que c'est là que le sujet s'est imposé dans les médias mainstream ?
Je pense qu'il y a autour des méga-bassines déjà un collectif qui est extrêmement structuré, extrêmement puissant, qui est aussi en lien avec tout un réseau européen et international sur la question de l'eau, qui fait que les choses ont réussi à prendre localement avec des actions originales. Cette lutte-là, contre les méga-bassines, on y est présent depuis plusieurs années. Moi, je viens, j'ai grandi dans les Deux-Sèvres, donc je suis particulièrement sensible à la destruction, en réalité, de l'écosystème local. C'est le marais Poitvin. On vit autour de l'eau, de son cycle, du respect de son cycle.
Et c'est des constructions qui sont absolument aberrantes parce qu'elles sont financées par de l'argent public. C'est 70% d'argent public pour 6% des agriculteurs locaux. Donc, en fait, quand on va là-bas, quand on discute, y compris avec les agriculteurs qui essayent d'avoir d'autres pratiques que l'agro-business, le maïs intensif, qui est destiné à l'export, ça met en danger aussi toute l'économie locale qui est beaucoup tournée. C'est une réalité autour de l'agriculture. Donc, en fait, du point de vue local, ça met en alerte tout le monde. Et puis après, il y a la question des différents usages.
En réalité, Christophe Béchut, le ministre de la Transition écologique, a résumé la chose en un mot. C'est que, dans le même temps, il a expliqué qu'on allait devoir interdire les piscines, notamment dans les Pyrénées-Orientales. Peut-être qu'on en reparlera parce que la situation du département est absolument catastrophique. Mais par contre, il a dit, les méga-bassines, tout va bien, on peut en construire. Alors que, je rentre peut-être un peu trop dans le détail, mais on sait que ça pompe directement dans les nappes phréatiques. Donc, vraiment, ça va créer des pénuries d'eau à l'échelle de territoire entier.
On en a parlé beaucoup dans les Deux-Sèvres et dans la Vienne, mais il y en a aussi des projets en Ile-de-France. Il y en a aussi à côté de Clermont-Ferrand. Donc, il y en a sur tout le territoire.
Le gouvernement s'en défend en disant qu'il va faire en sorte d'éviter l'évaporation, etc. Vous ne pensez pas que c'est impossible ?
Ce n'est pas possible, en fait. Tout simplement, moi, je suis allée voir, justement, avec Jean-Luc Mélenchon, une méga-bassine. C'est des hectares. C'est immense. Il faut vraiment imaginer. C'est assez choquant, visuellement, de bâches noires. Ça pompe dans les nappes phréatiques. C'est des kilomètres de tuyaux. On appelle ça la pieuvre autour. Donc, c'est des ramifications immenses dans les champs, etc. Et donc, c'est une bâche noire. Donc, de fait, il y a 20 % d'eau qui s'évapore et qui est perdue. Il y a des animaux morts, des algues. Enfin, la qualité de l'eau, en plus, elle est absolument terrible. Donc, c'est du gâchis. Aujourd'hui, on devrait tellement limiter nos prélèvements d'eau.
Faire ça avec un modèle, encore une fois, qui est destiné à une minorité, c'est quelque chose. C'est un projet d'un autre temps.
Et justement, en parlant des Megabassines, il y a cette actualité toute récente, cette dissolution du mouvement des soulevements de la Terre mercredi qui vient d'être officialisée. On l'attendait. C'est tombé. Comment vous réagissez à cela ?
En fait, justement, Gérald Darmanin avait agité cette menace au lendemain de la manifestation de Sainte-Solène où j'étais présente avec d'autres élus. Notre présence nous est d'ailleurs suffisamment reprochée, mais on était présents en soutien parce que cette question des Megabassines, je viens d'essayer de l'expliquer, pour nous, elle est importante, elle est la preuve d'un modèle qui ne fonctionne pas. Et donc, il avait dans la même audition d'ailleurs à l'Assemblée nationale expliqué que les soulèvements de la Terre allaient être dissous et fait des menaces sur la LDH.
On s'en rappelle parce que cette accumulation comme ça de menaces contre des entraves à la manifestation, il y avait eu des entraves aux journalistes, il y avait eu des entraves aux observateurs de la LDH et finalement, donc cette semaine, en effet, le coup près est tombé avec ce décret de dissolution d'un groupement de faits parce que c'est assez inédit dans la configuration, ce n'est pas une association classique, donc c'est un groupement de faits, des gens qui vont être empêchés de militer sur cette question. Ils vont devoir eux-mêmes
faire la liste des personnes.
Sauf qu'en fait, c'est beaucoup plus compliqué que ça. Quand on soutient ce type de mobilisation, on voit que c'est très mouvant. C'est 110 000 personnes qui ont dit se reconnaître dans les soulèvements de la Terre. Moi, je pense que c'est beaucoup plus qui participent à une manif ou à une autre sur une cause ou sur une autre. C'est 180 groupes locaux. Donc, la réalité, c'est qu'on ne peut pas par un décret de dissolution, par un décret administratif, arrêter la lutte et la mobilisation contre le changement climatique. Ça n'a pas de sens.
Ils peuvent définir qui sont les leaders, les leadeuses, je ne sais pas. Mais je veux dire,
ce sera autre chose. Ça prendra un autre nom et ce sera autre chose par la suite. A fortiori, parce que les jeunes générations sont extrêmement sensibles à cette question, y compris extrêmement sensibles, je crois, au mode d'activisme, c'est-à-dire la désobéissance civile, qui est en réalité un vieux modèle. Les faucheurs d'OGM, ce n'était pas autre chose que faire ça.
C'est vrai qu'il n'y a pas forcément quelque chose de nouveau.
Voilà, c'est toute la discussion entre l'égalité, légitimité, etc. Ça amène des débats intéressants, mais ce n'est pas nouveau dans les modes d'action, mais par l'ampleur que ça prend, je crois que c'est à écouter très sérieusement. C'est pour ça que nous, en tant que force politique, on accompagne ça, y compris parce qu'il n'y a aucune réponse politique. Enfin, je veux dire, il n'y a aucune mesure qui a été prise réellement pour la bifurcation écologique, sur la question de l'eau.
On va y revenir juste après, mais il y a quand même ce plan haut, on va en détail un peu quand même. Mais restons dans le domaine quand même des luttes, puisque l'actualité est quand même très riche. Le week-end dernier, c'était le Lyon-Turin. De nombreuses personnes, dont des écologistes, des syndicalistes, des insoumis aussi, on a vu, ont manifesté contre projet ferroviaire Lyon-Turin. Et on subit là aussi la répression policière. Votre présidente du groupe, Mathilde Panot, à l'Assemblée, elle y était présente aussi, pas à la seule. Comment ça s'est passé là-bas ?
Effectivement, moi, je n'y étais pas. On avait une délégation, il y avait quatre députés insoumis, dont Mathilde Panot, qui étaient présents sur place. C'est une lutte qu'on suit historiquement, parce qu'on a Jean-François Coulombe et Gabriel Amard, notamment, qui sont très actifs sur cette question, avec Elisa Martin, c'est la dernière. Et donc, visiblement, c'était en termes de dispositifs de maintien de l'ordre.
D'ailleurs, moi, j'avais déposé une demande de commission d'enquête sur ce qui s'était passé à Sainte-Sauline, parce que je pense qu'on a un problème d'envoyer des gendarmes et des policiers aussi nombreux dans ce type de configuration où, de fait, ils se sentent bloqués parce que derrière eux, il y a un trou de quelques hectares. En l'occurrence, c'était la méga-bassine. Ce sont des dispositifs qui sont dangereux et pour les gendarmes et les policiers et pour les manifestants. Ils ne permettent pas de mouvement, ils ne permettent pas de désescalade. Et de fait, sur le Lyon-sur-Rhin, visiblement, c'était la même chose.
Donc, il y a clairement une réponse extrêmement répressive qui est organisée, qui sont gazées massivement, indistinctement. Et voilà. Bon, après, c'était quand même important d'y être. Pourquoi ? Parce qu'en fait,
c'est une question, de loin, on a quand même... Les gens qui regardent de loin la question. Lyon-sur-Rhin, c'était un projet de ferroviaire qui met des camions sur du fret. Oui, ça paraît bien. Bah oui ! En plus, ça l'est, mettre des camions plutôt que sur la route. On est favorable. On est favorable, évidemment. On peut le comprendre. Mais pourquoi alors ? Pourquoi vous y opposez ? Et puis, comme c'est notre fil rouge, là, l'eau. C'est quoi le rapport avec l'eau ?
Alors, le rapport avec l'eau, bon, évidemment, on est favorable...
Pourquoi on n'est pas favorable ?
On est favorable au fret en général. Nous, on l'a dit, c'était évidemment une de nos propositions dans le programme. Parce qu'aujourd'hui, le fret représente beaucoup moins qu'avant en proportion du trafic de marchandises. Parce que c'est un mode plus écologique. Mais il a été méthodiquement détruit. C'est-à-dire que là encore, du fait des directives européennes, le fret SNCF est attaqué. Il y a deux fois moins de cheminots qui sont capables de faire du fret. Il y a moins d'infrastructures, etc. Donc nous, on est pour remettre massivement du fret. Pourquoi pas là ? Enfin, si, là aussi d'ailleurs. Mais pourquoi pas avec ce projet-là en particulier ?
Parce que c'est un projet qui, du point de vue environnemental, est extrêmement destructeur. C'est... Je donne quelques chiffres. C'est 1500 hectares autour de terres qui sont artificialisées. C'est des tunnels énormes qui sont creusés dans le massif alpin qui représentent, en excavation de déchets de pierres, c'est l'équivalent de six pyramides de Kéops. Donc, je ne sais pas si on imagine les volumes, c'est absolument monumental. Mais c'est un tunnel, c'est normal. Et ensuite, on perce dans la montagne et de fait, il y a beaucoup de sources dans la montagne, il y a beaucoup d'eau. Donc, c'est là qu'on y revient à la question de l'eau. Ça crée...
Enfin, l'eau sort du coup, mais de manière absolument anormale. Son trafic normal est interrompu, entre guillemets. Et autour, on a déjà constaté qu'avec les percements qui ont été faits, je rappelle qu'il va y avoir 260 kilomètres de tunnels pour l'instant. il y a déjà une vingtaine de sources qui ont été taries autour. Donc, six communes qui ont vu leur source d'eau se tarir. Donc, en fait, ça va complètement déséquilibrer tout le massif, toutes les communes qui sont à côté. C'est pour ça qu'en l'occurrence, on y est opposé. Et par ailleurs, il existe une ligne qu'il faudrait rénover.
Qui a été en partie.
Mais qui est, je crois, c'est 30% moins utilisée qu'elle l'était avant. Donc, en fait, c'est absurde. Elle est sous-utilisée. On pourrait la rénover, faire en sorte qu'elle puisse passer plus de trafic. Ça coûterait beaucoup moins cher parce qu'en plus, cette affaire du Lyon-Turin, c'est 30 milliards d'euros. Qui est, pour donner un équivalent, ce qu'on proposait, ce qu'on avait chiffré dans le programme sur la question du train, 30 milliards, on pouvait faire. Le maintien de guichets physiques dans les gares, la réouverture de plein de petites lignes du quotidien et leur amélioration, la baisse des billets et plus de trains sur ces lignes.
Donc, c'est dire ce qu'on pourrait faire avec cet argent.
Même s'il n'est pas pensé que par la France de tout ceci.
Donc, on pense que le projet n'a pas de sens. Et par ailleurs, moi, je suis persuadée que c'est vraiment un projet d'un autre temps qui a été pensé, imaginé dans les années 80-90 et qu'aujourd'hui, avec tous les impacts qu'on connaît, avec le coût environnemental et le coût économique, je pense vraiment qu'il faut savoir y renoncer et dire on va faire autre chose et on va améliorer l'existant.
Alors là, du coup, on parle d'un sujet qui est global. L'eau s'inscrit dans un débat écologique, social, évidemment, c'est le lien. Alors, ce qui était rare il n'y a encore pas si longtemps que cela, tant à devenir de plus en plus régulier, la sécheresse, évidemment, même en hiver, on l'a vu, les méga-feux en été, les conséquences, c'est une conséquence directe du réchauffement, réchauffement en conséquence directe, lui, du dérèglement du climat qui lui, je fais, j'enfonce des bébés ouverts, mais les activités humaines, on connaît la chanson.
Alors, nous sommes ici à Paris, plus précisément à Montreuil, mais en région parisienne et selon une étude publiée en avril que vous avez sans doute vu passer, la capitale française est particulièrement exposée au risque de forte chaleur et serait donc la plus meurtrière d'Europe pendant les périodes caniculaires. C'est énorme.
En milieu urbain, la présence de matériaux qui enferment la chaleur, le manque de végétation pour contrer les rayonnements solaires ainsi que la concentration des activités humaines favorisent la création de ces bulles de chaleur. Lors de la canicule de l'été 2003, le phénomène d'îlot de chaleur urbain a provoqué une différence de température de 10 degrés entre les zones les plus chaudes de Paris-Intrémeros et les zones plus fraîches comme la forêt de Fontainebleau ou le parc du Vexin. Sur les canicules de ces dernières années, l'îlot de chaleur urbain a provoqué une différence de température de l'ordre de 5 à 8 degrés.
Vous qui êtes élu de la région parisienne, on peut se demander quels sont les plans prévus par les autorités actuellement pour éviter les pires cet été et les étés prochains ?
Pas grand-chose, malheureusement. Le plan eau, il est très incantatoire. Pour revenir sur le sujet d'aujourd'hui, le sujet posé là dans la question, on connaît maintenant extrêmement bien cette accélération d'événements climatiques extrêmes, donc sécheresse, inondation.
Particulièrement à Paris, j'insiste. Particulièrement à Paris, mais en réalité,
dans le monde. Évidemment. Voilà. la question de la sécheresse, elle va toucher de plus en plus de gens. Il y aura trois quarts de la population mondiale en 2050 qui connaîtra au moins un mois de pénurie d'eau totale dans l'année. Je ne sais pas si on se rend... C'est absolument énorme. Et le problème, c'est que les centres urbains sont beaucoup moins résilients que d'autres endroits vis-à-vis de la chaleur parce que les ensembles n'ont pas été construits dans ce but-là. Mais le gouvernement ne souhaite rien faire à ce niveau-là. Par exemple, pendant le projet de loi sur les énergies renouvelables, on avait proposé pour les villes des solutions.
On avait proposé de peindre les toitures en blanc pour qu'il fasse moins chaud, de remettre des espaces verts partout. Pas plus tard que ce matin, en hémicycle, j'ai proposé que les jardins ouvriers, les îlots de fraîcheur, tout ce qui reste de petits espaces naturels puisse être exemptés d'artificialisation. Ça a été refusé. Donc, en fait, le moindre...
L'action d'après, ça va être sur le plan haut. Justement, il y a un discours qui, si on écoute le discours officiel du gouvernement, sinon, on va vers ça. On va vers plus d'îlots de fraîcheur, plus d'actions. On vous répond. Donc, qu'est-ce qui...
Je ne sais pas. Je pense qu'il y a une dissonance... Ils ont toujours un problème, les macronistes et les néolibéraux en général, avec la contrainte, la notion de contrainte. Ça doit venir des acteurs, le privé nous sauvera, le technosolutionnisme, etc. Et puis, ils n'ont aucun prisme sur qui va en souffrir en premier du changement climatique. Les gens des quartiers populaires. Typiquement, je sais que dans ma circonscription, vu comment est conçu l'habitat, c'est déjà le cas, c'est des passoires thermiques, les gens ont très froid en hiver, très chaud en été et vont continuer de subir ça.
Donc, il n'y a pas d'inflexion ni dans la politique de rénovation urbaine ni dans l'aménagement du territoire de manière significative. Ce serait mentir que de dire l'inverse. Donc, on est dans cette situation. Il faudrait faire beaucoup, il faudrait le faire rapidement. Mais je veux dire, typiquement, les milliards qu'on avait votés dans le dernier PLF sur la rénovation thermique, s'ils ont été annulés d'un 49-3, c'est bien parce qu'il n'y a aucune volonté d'agir à ce niveau-là. Alors,
plan O, justement, en mars dernier, il était attendu en janvier, de mémoire, il est arrivé en mars. Le plan O du gouvernement présenté par Macron, alors toute une série de mesures, il y en a. Le gouvernement fait des choses, manifestement, comme par exemple un plan de sobriété sur l'eau, ici à l'été, la mise en place d'un échoat de l'eau, la réutilisation jusqu'à 10% des eaux usées, mais aussi les 180 millions d'euros par an pour résorber les fuites. Et ça, ça m'a fait penser à quelque chose dans votre programme, c'était ici une mesure de l'avenir en commun, lutter contre le gaspillage en réparant la distribution, enfin le réseau de distribution.
Est-ce que sur ce terrain-là, au moins, vous travaillez avec le gouvernement ?
C'est des petits pas. Le problème, bon, il y a un problème général, c'est que ça ne s'accompagne jamais de moyens humains dans leur cas. Par exemple, nous, on demande des moyens humains pour l'OFB, pour les agences de l'eau, pour l'ONF, on viendra peut-être au feu de forêt après, mais à chaque fois, dès qu'il s'agit d'emplois, donc de gens derrière pour appliquer ces mesures qui peuvent aller dans le bon sens, il n'y a pas. Voilà, ça nous est refusé, PLF après PLF, donc le gros problème, c'est les moyens humains. Ensuite, c'est l'ampleur des chantiers.
En effet, nous, on avait un plan de rénovation de toutes les canalisations, à commencer par les territoires d'outre-mer, parce que c'est absolument désastreux là-bas, à Mayotte tout particulièrement, mais dans les autres territoires ultramarins également, on a une déperdition d'eau qui est catastrophique. Donc, en fait, ça, c'est des milliards à mettre sur la table. Dire, on va faire 10%, généralement, il fiquent des objectifs, il ne les respecte pas, et quand les objectifs eux-mêmes ne sont pas assez ambitieux, il y a un moment où ça ne va pas assez vite.
Là, 180 millions par an, c'est quand même pas rien. Est-ce que ce n'est pas suffisant ? Non, ce n'est pas suffisant. Ce n'est rien,
ce n'est pas assez. Non, ce n'est vraiment pas assez par rapport à l'ampleur du chantier. Ce serait des milliards à mettre sur la table sur cette question. Et puis après, donc là, ils adressent l'enjeu de la sobriété. De manière assez paradoxale, par exemple, tout à l'heure, on parlait des mégabassines, 25% de l'eau qui est consommée dans le pays l'est par les maïciculteurs. Donc, ceux qui produisent le maïs, destinés encore une fois à l'exportation pour en avoir des animaux qui ensuite seront réimportés. Bref, ça n'a aucun sens.
Mais donc, par exemple, construire des mégabassines tout en sortant un plan haut en disant on va être sobre, il va falloir couper le robinet quand vous brossez les dents parce que vraiment, vous n'êtes pas raisonnable, dans les volumes dont on parle, il y a une absurdité totale. Ça, c'est pour la question de la quantité. Ensuite, ils n'adressent pas la question de la qualité de l'eau.
Par exemple, il y a tout un débat en ce moment qu'on essaie d'engager à l'Assemblée nationale, Gabriel Amard et d'autres de mes collègues sur la question des PFAS qui sont des polluants éternels où on a montré, en gros, des études ont montré qu'il y a des polluants extrêmement résistants dans la majorité de l'eau potable en France partout dans le pays. Rien n'est fait pour diminuer les sources de ces polluants éternels. Rien n'est fait vraiment, quand on écoute M. Fénaud se vanter d'avoir bien parlé des pesticides et qu'on allait en remettre partout, rien n'est fait pour adresser la question des pesticides. Donc, il y a aussi la question de la qualité de l'eau.
Si la ressource se raréfie et qu'en plus, celle qu'on a à disposition étant concentrée et rare est de mauvaise qualité, on a un double problème. Et sur ce deuxième enjeu, ils ne font strictement rien.
Mais là, ça nécessite, si je comprends bien, une transformation du modèle agricole français. C'est justement un des points, une des mesures de ce plan O, nommé comme cela, transformé. Et on a encore entendu M. Macron au sommet international qui a lieu aujourd'hui, on va en parler juste après et depuis hier, cette volonté, cette conscience sur cette question-là. Vous ne le croyez pas sincère ?
Non, je ne le crois pas sincère. On a l'habitude quand même, ils ont un symptôme orwellien permanent. On a commencé le mandat par un projet de loi pouvoir d'achat qui ne réglait pas le pouvoir d'achat des gens. Et ensuite, il y a eu le respect des principes de la République pour la loi sur le séparatisme. Ils nomment les choses. Peut-être que les termes vont à peu près. Ils ont d'ailleurs repris le terme de planification écologique. On s'en est au premier abord réjouis. Mais en fait, il n'y a pas d'action derrière qui va en concordance de ça. Donc, c'est des effets d'annonce. Mais mon diagnostic est sévère et je ne suis pas la seule.
Alors, justement, ce sommet international qui s'est ouvert hier soir, jeudi 22, hier soir, parce qu'on tourne aujourd'hui vendredi 23 à Paris. Alors, objectif, venir en aide aux pays défavorisés face aux changements climatiques et à la pauvreté. On y a notamment vu le président Lula, icône s'il en est chez vous, les Insoumis. Alors, ce mec, pour un nouveau pacte financier mondial qui doit, je cite ici, les mots, concilier le climat et le développement. Pour reprendre les termes de mon confrère Marc Fauvel sur France Info ce matin, le président était invité. On regarde un extrait.
Et l'objectif, ce n'est pas de faire en effet un sommet de plus. C'est d'abord, et ça a beaucoup de sens, de réunir des dirigeants venant de tous les continents. Parce que nous vivons un moment de fracture et de risque de fracture autour de la guerre en Ukraine et de l'agression russe et au fond d'une division du monde. On ne peut régler aucun de ces problèmes si le monde se divise. C'est le premier intérêt. Ici à Paris, la planète est là. Le premier ministre chinois, le président brésilien, le président sud-africain et beaucoup d'autres dirigeants, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Vietnam, les Etats-Unis, l'Europe. La deuxième chose, c'est que ce sont des actions très concrètes.
On a lancé, il y a deux ans à Paris, la réattribution des droits de tirage spéciaux du FMI vers les pays les plus pauvres, en particulier africains. On a dit, il faut qu'au moins 100 milliards d'euros soient réalloués. On l'annonce aujourd'hui. Pourquoi ? Parce qu'on a poussé tout le monde à tenir ses engagements et nous, Français, nous allons réallouer 40% de nos droits de tirage spéciaux. C'est du concret. On finalise aujourd'hui, Nick Stern et plusieurs collègues l'ont dit hier, les 100 milliards d'euros pour le climat du nord vers le sud, qui est un engagement qui date de 2015.
Et on lance en même temps un fonds pour la biodiversité et la préservation des forêts qui a vocation à atterrir à la COP. Et puis, il y a des choses très concrètes qui se font pendant ce sommet. La restructuration de la dette de la Zambie qui traînait depuis des années, nous l'avons conclu hier. Parce que précisément, la Chine est là et on avait besoin de la Chine pour le faire. Le Sénégal conclut son accord de transition climatique. Donc, c'est très concret,
c'est de la mobilisation. Vous avez suivi, vous avez entendu l'extrait à l'instant et vous avez suivi, j'imagine, les choses qui sont faites depuis hier et qui continuent aujourd'hui. Votre avis sur ce sommet voulu en plus
Il y a une certaine hypocrisie déjà parce qu'Emmanuel Macron convoque tout le monde. On se demande si ce sommet va servir à quelque chose parce que le bilan qui a été dressé, je pense notamment au rapport d'Oxfam sur les derniers engagements qui remontent à il y a quelques années, des transferts justement des pays du Nord vers les pays du Sud, il est désastreux. On n'a pas du tout tenu nos engagements. Il faudrait cette fois-ci aller trois ou quatre fois plus au-delà en termes de milliards transférés si on voulait tenir nos engagements. Et bon, j'espère, je trouve que c'est bien, je pense que le multilatéralisme est toujours une bonne chose et que les dirigeants discutent.
Toutefois, pour l'instant, on n'a pas été à la hauteur. Et ce qu'il y a derrière ce sommet, c'est une question de justice climatique qui n'est pas adressée pour l'instant parce que, pour le dire très très rapidement, évidemment, les pays du Nord ne respectent pas leurs objectifs en termes d'émissions de gaz à effet de serre. Ce sont les pays du Sud qui en pâtissent le plus. Et on essaie aujourd'hui de fixer des mesures très très contraignantes en termes de développement encore et toujours au Sud en s'en exonérant, en ne mettant aucune conditionnalité sur nous, nos industries, par exemple, critères sociaux ou environnementaux. Donc, il y a quand même une grande hypocrisie là-dedans.
Nous, on a toujours été favorables à des cadres internationaux, notamment dans le cadre de l'ONU et de ces différentes agences ou de ces différents cadres-là. Donc, on les encourage, ça peut être une bonne chose. Après, il va falloir attendre de voir. Et je trouve que le bilan critique n'a pas vraiment été fait par celles et ceux qui en sont les premiers responsables et Macron en premier lieu.
Quand on parle de justice climatique, justement, il y a Mia Motelet, vous savez, la dirigeante d'un petit état insulaire des Caraïbes, qui a fait mouche au sommet. Hier, elle estime qu'il faut réformer le système financier international et demander des réparations financières aux pays dites du Nord, ceux qui sont riches et industrialisés et les plus pollueurs, évidemment, comme vous le dites à l'instant. J'imagine que ça, je viens de la citer, ça doit entrer en écho pas mal avec vos convictions.
Oui, bien sûr. Oui, bien sûr. Maintenant, il faut le faire.
Mais comment ? Parce que Macron dit aussi, il a dit dans cette interview-là que la France ne représente qu'un pour cent des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et qu'on est sur la bonne voie, on diminue d'année en année.
Oui, on ne va pas assez vite, il le sait très bien, on ne tient pas nos objectifs de réduction, il le sait très bien. Il faut aller plus vite, il faut cesser l'arrogance vis-à-vis de pays qui subissent nos choix politiques et notre développement, notamment industriel, depuis 60-70 ans. voilà, donc pour l'instant, ça n'est pas fait.
Alors revenons à l'élément central de notre, l'élément, ce n'est pas un mauvais jeu de mots, l'eau, de notre entretien. Alors, l'eau n'est pas un bien commun, c'est ainsi que s'ouvre le, je ne sais pas si vous l'avez lu, dans le monde diplôme ce mois, je le montre à l'écran. Excellent dossier. Oui, vraiment très bon, le dossier de ce mois que le monde diplomatique consacre à la question de l'eau et notamment celle du rôle de la puissance publique dans le financement et la gestion des infrastructures, c'est important.
Alors, ce qui nous amène tout naturellement à parler des régies, notamment en Ile-de-France ou un combat semaine de longue date pour une déprivatisation, un terme qui est de plus en plus à la mode. La NUPES s'apprête justement à lancer une campagne en Ile-de-France sur la question de la privatisation de l'eau, etc., mais aussi pour faire focus sur un nouveau projet que vous jugez inutile, l'OIBP, c'est quoi ?
Oui. Alors, déjà, en Ile-de-France, il y a quand même déjà des régies publiques. Notamment Paris. Oui, c'est un mouvement qui s'est amorcé depuis longtemps. Je crois que c'est un peu plus de 40% aujourd'hui de l'eau qui est gérée de manière publique. Par contre, il reste toujours deux opérateurs de l'eau historique, Veolia, Suez, pour ne pas les nommer, qui gèrent le restant de l'eau et qui pose plusieurs soucis cette gestion privée. C'est que nous, d'abord un souci démocratique, évidemment, si c'est privé, c'est soumis à des marges financières, rémunérer des actionnaires, etc., sans que nous, citoyens, consommateurs, nous ayons quoi que ce soit à dire, mais sur une ressource vitale.
Donc, c'est tout à fait particulier, du coup. Et puis, il se partage le gâteau et en l'occurrence, pour 4 millions d'habitants d'Île-de-France, c'est le Cédif qui gère l'eau et qui a un nouveau projet qui s'appelle en effet l'eau IBP, donc osmose inverse basse pression. Alors, ça fait hyper moderne. C'est de l'eau plus pure que pure. Sur trois usines pour plusieurs millions de franciliens. En fait, c'est de l'eau qui va être encore plus filtrée avec des membranes nouvelles technologies. Sauf que ça va nous coûter extrêmement cher. D'abord, il y a un coût de développement sur ces trois usines. Les membranes ont une durée de vie limitée, donc on peut penser que ça va être très cher.
Ils ont sous-estimé le coût énergétique parce qu'aujourd'hui, on a de l'inflation sur l'énergie très forte. Donc, ça va finir par nous coûter encore plus cher que prévu et ça se répercute directement sur les factures. Donc, c'est-à-dire les gens vont payer en Île-de-France l'eau plus chère qu'aujourd'hui. Le CDIF ou la coordination aux Îles-de-France ne disent pas exactement les mêmes chiffres donc je n'en cite pas mais ça peut vraiment augmenter. Ensuite, il y a un argument environnemental.
C'est que cette technologie-là, elle filtre et donc, il y a ce qu'on appelle un concentrat qui, en gros, tout ce qui ne va pas dans l'eau qui est prélevé et qui ensuite est rejeté dans la Seine qui peut largement dégrader la biodiversité dans les endroits où c'est rejeté, provoquer des déséquilibres dans la Seine. Pour tous les endroits où c'est un autre producteur d'eau, ça déséquilibre aussi ce qui arrive à eux dans leur tuyau, en gros, pour le dire simplement.
Donc, il y a un problème environnemental et puis, je reviens à mon premier sujet démocratique, c'est que nous ne l'avons pas choisi, que c'est imposé, qu'en ce moment, il y a un débat qui est organisé par la Commission nationale du débat public auquel j'invite les gens à participer, même si ça se termine le 20 juillet, mais à donner leur avis, c'est possible de donner son avis en ligne, etc. Il y a un problème d'information générale, je pense que beaucoup de gens ne savent pas que ce projet-là est en cours. C'est pour ça que vous tentez de lancer une campagne sur ce sujet ?
C'est pour ça qu'on essaye de lancer une campagne sur ce sujet parce que ça alimente notamment plein de gens qui ont des petits moyens, donc ça va être très concret dans leur existence. Ça n'est pas nécessaire en plus parce qu'il y a toute une campagne de communication sur le fait qu'il nous faudrait de l'eau plus pure que pure, mais aujourd'hui, l'eau, elle est buvable, à ce que je sache, elle n'est pas impropre à la consommation. Sinon, on devrait nous le dire et puis elle passe des tas de tests. Et vu que le réseau, en plus, est entièrement interconnecté, il faudra ensuite mettre ce type d'usine absolument partout. Donc voilà, le privé se gave sur notre dos.
Ça a été un projet qui a été initié dans le 77 à Savigny-le-Temple, qui a été repoussé par les élus locaux. Il y avait notamment, c'était à côté de chez Olivier Faure qui avait participé à ce combat à l'époque. Le préfet n'avait pas délivré l'autorisation environnementale et donc là, ils se déplacent ailleurs et ils viennent notamment dans ma circonscription, à Choisy-le-Roi, mais dans trois usines. Voilà, c'est vraiment un projet qui me paraît là aussi inutile, qui me paraît coûteux et qui me paraît problématique en termes d'information des citoyennes et des citoyens pour une ressource qui est nécessaire à la vie.
Et comment vous allez faire après avoir mis en place, pour revenir à la première question, des moyens colossaux de communication, pour avoir finalement pas réussi à imposer le sujet et le débat sur l'eau et aujourd'hui, avec cette question, vous avez confiance de faire une campagne ?
Bon, on est militants politiques donc si à chaque fois qu'on pense que ça risque de se faire quand même, on baisse les bras, il y a beaucoup de sujets sur lesquels on ne pourrait pas faire grand-chose. Mais donc, oui, on va essayer. On a produit un tract avec la France Insoumise qui est disponible sur notre site. Moi, je vais déposer une proposition de résolution sur cette question avec mes camarades de la NUPES, l'Assemblée nationale. Oui, oui, oui. Donc voilà.
Il reste qui par exemple qui n'a pas encore signé ?
Oh là là, alors là, le travail de recensement. En tout cas, j'ai tous les groupes. Politiquement, on est d'accord sur cette question. Il n'y a aucun souci donc on va essayer d'informer toutes et tous ensemble. Il est vrai que c'est difficile mais je trouve qu'au moins sur cette question, on devrait avoir un débat systématique qui préside au choix. Et après avoir eu tous les éléments d'information, les gens devraient pouvoir décider. Et on voit que ça ne se passe évidemment pas comme ça et c'est regrettable.
Et justement, en parlant de la NUPES là où vous n'êtes pas les seuls, évidemment, il y a quand même quatre parties à l'intérieur. On sait que le parti communiste français historiquement est très actif sur cette question de l'eau, la régie de l'eau, localement. Aujourd'hui, unis dans la NUPES, tous ensemble, toutes ensemble, comment vous vous organisez sur cette chose-là très concrète de la lutte contre la prioritisation de l'eau ? Est-ce qu'ils vous apprennent des choses ? Est-ce que vous les suivez localement ?
Oui, parce qu'on a différents types d'expériences. Les communistes, par exemple, ou les socialistes peuvent avoir des expériences directes de passage à la régie publique dans des exécutifs locaux. Donc, c'est forcément extrêmement intéressant d'échanger. Je donnais l'exemple de la campagne à l'instant en Ile-de-France. On échange avec Olivier Faure puisque lui a réussi à repousser le projet chez lui. Donc, évidemment, il y a des échanges de pratiques et c'est un sujet sur lequel on est d'accord et sur lequel on pense pouvoir avancer ensemble mais comme sur beaucoup d'autres sujets.
Bien sûr, on le sait mais en même temps, on ne vous sait pas trop proche sur tout autant avec le PCF. Évidemment, on ne va pas faire cette petite chanson-là mais quand même, on a pu voir la communication à un brin en retard du PCF suite à la dissolution du mouvement les soins de la terre. Est-ce que ce sujet-là de l'eau peut vous réconcilier entre guillemets et vous, la NUPES et même la France Insoumise qui essayez de vous installer un peu plus entre deux élections localement, essayez d'exister aussi au plus proche des municipalités, etc. Est-ce que ce sujet-là peut être le terrain propice pour aller dans ce sens-là ?
Je pense qu'en effet, c'est un bon sujet. C'est-à-dire que sur le plan de la gestion publique et notamment locale, il peut y avoir beaucoup de liens déjà aujourd'hui et puis le mandat précédent, c'était déjà le cas parce qu'on avait quand même les 17 députés insoumis, notamment en Seine-Saint-Denis, il y avait déjà des liens sur cette question. Avec les écolos, on se retrouve quand même beaucoup en manif en ce moment, notamment toutes les manifestations autour de ces grands projets inutiles, le Lyon-Turin, Sainte-Sauline, et donc on continue de faire des choses ensemble, c'est une évidence. Après, je ne veux pas laisser entendre que ce serait un des seuls sujets.
Je suis bien placée pour savoir qu'on a un programme commun, qu'on a beaucoup travaillé, il y a 600 propositions et sur les sujets écolos, mais sur les sujets sociaux et sur l'urgence démocratique. Voilà, on est très convergents. Comment ça se passe
alors concrètement, parce que je vous ai sur le plateau, je vous pose la question, comment ça se passe concrètement avec les autres membres de la NUPES sur le terrain en fait, là où les choses se font avec les militants, les militantes d'autres parties ? J'ai entendu que vous essayez d'aller vers ça. Comment vous faites ? Comment ça se met en place ?
Alors, ça a des réalités très contrastées selon les endroits. C'est une évidence selon si on est ensemble ou dans l'opposition, par exemple, dans les exécutifs municipaux ou majorité opposition municipale. Évidemment, ça n'a pas la même réalité militante, politique que là où il y a un maire de droite et où on pousse ensemble. Voilà. Donc, ça, c'est variable. Après, je pense que moi, je me suis déplacée comme plein d'autres députés du groupe partout dans le pays. les militants essayent autant que faire se peut d'avoir des initiatives communes. Là, on vient de vivre une période de mouvement social extrêmement dense, extrêmement forte.
Bon, quand vous êtes notamment dans une petite ville ou dans votre quartier, vous recroisez toujours les mêmes personnes et en cela, la période de la réforme des retraites, contrairement d'ailleurs à ce qui a pu être dit dans des médias, a été une expérience militante de terrain très forte ensemble pour la NUPES. Avant, on avait fait une campagne électorale ensemble pour les législatives et cette fois-ci, c'était un mouvement social. Donc, ça a quelque chose aussi de très propulsif. On sait pourquoi on le fait.
On avait l'horizon commun ensemble des 60 ans, donc avec des amendements défendus en commun et puis surtout cette opposition à la réforme avec, en plus des liens qui ont pu être tissés avec les gens qui sont dans les syndicats, les assos. Donc, voilà, je trouve qu'il y a quand même... Bon, là, sur la réforme des retraites, on n'a pas gagné. Cette séquence
vous a rassemblée et on a fait
des choses ensemble.
La prochaine, c'est les européennes. Est-ce qu'elles risquent de vous éloigner ?
C'est mal parti. C'est toute la question. C'est en effet pour l'instant compliqué. Moi, je ne désespère pas.
Je pense que... Il y a un candidat PCF. Comment ? Il y a un candidat PCF pour une ligne de ministre.
Non, il y a un chef de file PCF qui sera désigné le mois prochain.
Mais bon, ça va vers ça.
On verra. On verra. Franchement, on ne peut pas dire. si j'avais dû commenter quatre mois avant la création de la NUPES l'année dernière, je ne sais pas si j'aurais prédit qu'on rentrait ensemble.
Ce n'est pas la même chose, mais d'accord.
Donc voilà. Après, il y a des mouvements. Il y a des mouvements, y compris de pression amicale, mais de pression quand même. Par exemple, les jeunes tiennent un meeting à Alfortville ce week-end pour commencer à bosser sur des propositions ensemble. Sur le mot d'ordre, on n'a pas le temps d'attendre. Donc, il y a ce type de rassemblement qui s'opère tout de même. Je crois qu'il y a une très forte envie chez les électeurs qui ont pu voter pour la NUPES au moment des législatives qu'on reparte dans une configuration comme ça pour les européennes. Et je crois, sur le fond, surtout, que c'est un prétexte.
Ce serait un prétexte de dire que nos positions sont irréconciliables sur la question européenne. Ce n'est pas vrai. On vote 80% à l'identique au Parlement européen d'ores et déjà. On a une base de programme qui était dans le programme partagé de la NUPES. Et on ne peut pas dire qu'on ne sera pas ensemble en 2024, mais en 2027, pas de problème sur le fond. Les questions européennes, si on pense qu'elles ne ressurgissent pas en permanence dans un mandat présidentiel ou de Premier ministre, comme on a fait campagne il y a dix mois, c'est une erreur, je crois.
Et donc, je pense qu'on peut continuer à travailler ensemble en se respectant, y compris s'il doit y avoir des nuances sur les positions des uns et des autres qui sont explicitées, c'est possible. Donc nous, on travaille sur une proposition programmatique, comme d'autres, le Parti Socialiste par exemple, et puis il y aura des discussions sans doute au mois de juillet et sans doute au mois de septembre encore.
Et pour finir, revenons sur la question de l'eau pour le mot de la fin, c'est quand même, on l'a compris avec notre échange, mais on l'a compris aussi avec d'autres émissions que nous faisons ici aux médias, c'est la question de l'eau, ça intervient la démocratie et dans cette question intervient la façon dont on voit comment on produit, pourquoi on produit, etc.
Est-ce que au centre, j'allais dire au centre, par exemple au centre, mais dans la NUPES aujourd'hui, est-ce que vous avez toutes et tous plus ou moins le même cap de cette lecture de la société pour espérer peut-être, j'allais dire l'inversé parce qu'on a quand même du mal à voir comment mener ces combats-là dans un système économique capitaliste qui voit tout comme une marchandise, on le comprend ici.
Comment vous voyez, est-ce que les discussions avec le PS, avec le PC, avec les verts et puis vous, la LFI, ça va dans le même sens, en gros, pour pouvoir espérer en 2027 un programme, pourquoi pas commun, et faire changer cette société justement pour aller vers quelque chose où l'eau ne serait plus une marchandise ?
Évidemment, c'est un point d'accord qui est quand même central, l'anticapitalisme et surtout l'immixion du capitalisme dans la gestion d'un bien commun indispensable à la vie, je l'ai dit plusieurs fois, mais c'est quand même ça qui est dingue sur cette question de l'eau, c'est qu'on devrait penser que ça, au moins, ça reste en dehors de la sphère marchande, c'est réparti équitablement, tout le monde peut y avoir accès. Bon, entre nous, ça fait accord. ça fait accord avec, j'imagine, des nuances d'intérêt ou de façon de présenter le sujet. Ça fait faire, de défendre, les choses à la vue là, sur les fonds maternels.
Sans doute, et y compris dans les modalités d'action, dans qui vient aux manifestations, qui pense désobéissance civile. Peut-être qu'on n'est pas tous au même point, en tout cas, sur la lutte qui doit être centralement menée et sur ce que nous, on ferait, ça, pour le coup, on l'a déjà écrit. Donc, peut-être que ça évoluera dans les moutures suivantes, mais en tout cas, on avait déjà des propositions et on l'aurait fait. Donc, voilà, sur cette question de l'eau, je pense qu'on est prêts. Eux, les capitalistes, sont prêts, ils ont commencé. C'est une entreprise d'appropriation absolument terrifiante qui menace, voilà, qui menace la vie humaine pour les décennies à venir.
Donc, on doit être à la hauteur sur cette question comme sur d'autres.
Merci beaucoup, Clément Zgitté, d'avoir répondu à mes questions aujourd'hui. Je vous rappelle que vous êtes députée du Val-de-Marne et les filles Nupes. A bientôt.
A bientôt.
Quant à vous, chez vous, merci d'avoir suivi cet entretien d'actu que vous l'ayez apprécié ou non. Je vous invite à vous exprimer dans l'espace commentaire, toujours avec courtoisie, bien évidemment. Aussi, abonnez-vous aux médias, ici sur YouTube ou Dailymotion en activant la cloche des notifications et surtout sur lemédiatv.fr slash soutien. Des 5 euros par mois sans engagement, soutenez la première chaîne d'infos en continu. 24, 7 indépendantes et engagées du pays sur les questions sociales et environnementales. On l'a vu aujourd'hui, une fois encore, le média est indépendant des forces politiques et de celles de l'argent, donc dépendant de vous.
On compte donc encore une fois sur vous pour la saison 7 du Média qui débutera à la rentrée prochaine. Quant à moi, je vous remercie de votre attention et vous donne rendez-vous ici et sur le terrain. A très bientôt.
Sous-titrage ST' 501
Clémence Guetté