Nicolas Dupont-Aignan présente son projet pour la santé
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Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 6:11OuverteRéponse directe
Alors Laurence, vous avez écouté Nicolas Dupont-Aignan et je suis sûre que sa proposition sur l'augmentation du numerus clausus vous a fait réagir
- 6:59RelanceRéponse directe
Mais l'augmentation du numerus clausus en tant que tel, je ne suis pas sûre que cela suffise
- 7:55RelanceRéponse directe
Bref, est-ce que vous pouvez préciser comment vous espérez, par l'augmentation du numerus clausus, mettre fin au désert médicaux qui mine les Français ?
- 10:18OuverteRéponse directe
parce que dans tout ce que vous dites, il y a le présupposé que les étudiants en médecine vont toujours être attirés par la médecine libérale
- 11:29OuverteRéponse directe
Alors abordons quand même la question financière
- 11:59RelanceRéponse directe
Alors la comptabilité, quand même... Ce n'est pas de la comptabilité. Vous annoncez un nom d'âme à 3%.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Invité politiqueFait
« la médecine progresse, nous avons une nouvelle frontière médicale avec le 21e siècle, des innovations exceptionnelles »
- 0:52Invité politiqueFait
« sous prétexte de bonne gestion, on a abouti au rationnement, à la pénurie, à l'inégalité »
- 1:26Invité politiqueFait
« On ne pourra pas d'un côté faire 15 milliards, j'entendais à l'instant, ou 20 milliards, comme M. Fillon, de réduction de dépenses dans ce domaine, et mieux soigner les Français »
- 2:08Invité politiquePromesse
« je propose de changer ce cadre général et de passer à 2,5 ou même 3% »
- 3:37Invité politiquePromesse
« Je propose de passer à 10 000 par an »
- 3:39Invité politiquePromesse
« Je propose d'exonérer complètement de charges sociales par une méthode incitative les médecins qui s'installent dans des déserts médicaux »
- 3:47Invité politiquePromesse
« Je propose de monter à 35 euros la consultation »
- 4:14Invité politiqueFait
« nous l'avons tous. Pourquoi ? Parce que c'est une évidence »
- 8:11Invité politiqueChiffre
« 25 % des nouveaux entrants qui sont des médecins étrangers »
- 8:32Invité politiqueChiffre
« 10 000, ce n'est pas un chiffre extravagant du tout »
- 12:05PrésentateurChiffre
« Vous annoncez un nom d'âme à 3%. Entre 2,5 et 3 »
- 12:35PrésentateurChiffre
« 5 milliards d'euros »
- 20:05Invité politiqueChiffre
« je veux lutter contre la grande fraude fiscale à la TVA qui nous coûte 20 milliards d'euros »
- 20:14Invité politiqueChiffre
« il est inacceptable qu'on dépense 1 milliard d'euros pour des clandestins »
- 22:31Invité politiqueFait
« un des candidats va augmenter la TVA et l'autre la CSG »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan66 %
- Présentateur18 %
- ?8 %
- Présentateur 28 %
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Bonjour,
bienvenue.
Je
vous laisse le pupitre pour 5 minutes, M. Dupont-Aignan, et ensuite vous serez interrogé par Laurent Spaz.
Merci de votre accueil, merci de votre invitation. Enfin, un débat de fond
à
60 jours de l'élection présidentielle. Avouez que
je
crois que c'est le bienvenu
tant
cette campagne se noie
dans
des polémiques.
Alors,
il y a deux paradoxes, je ne
vais
pas être trop long sur le constat, on a peu de temps. Deux grands paradoxes.
La
médecine progresse,
nous
avons
une
nouvelle frontière médicale avec le 21e siècle, des innovations exceptionnelles,
et
les Français sont chaque jour moins bien soignés.
Un
deuxième paradoxe, sous prétexte de bonne gestion,
on
a abouti au rationnement, à la pénurie, à l'inégalité.
Oui,
il
y a
un moment où il fallait serrer un peu les boulons
sur
le système de la sécurité sociale. Soit disant l'un des meilleurs systèmes du monde, oui, à une époque,
plus
maintenant.
Mais
on a été beaucoup trop loin,
et
on le paye très très cher. Très cher,
presque
la moitié du territoire français.
Très
cher en termes de délai de traitement, délai d'attente, notamment en matière d'IRM, etc.
Alors,
il
y
a un choix politique majeur à faire.
Et
moi, j'aimerais qu'on ne raconte pas n'importe quoi.
On
ne pourra pas d'un côté faire 15 milliards, j'entendais à l'instant, ou 20 milliards, comme M. Fillon,
de
réduction de dépenses dans ce domaine, et mieux soigner les Français. Ou alors, cela voudra dire que l'on transfère, comme depuis des années, des soins sur un système assurantionnel ou complémentaire.
Je
pense, très sincèrement, qu'un pays comme la France,
qui
fait face à un vieillissement considérable,
qui
doit saisir cette opportunité technologique absolument fondamentale de l'amélioration des soins de santé, ne peut pas rester à 2%, 1,75, dont d'âme. Et maintenant, on nous dit 2%. Moi, je propose, parce que je crois qu'il faut être franc dans la vie, je propose de changer ce cadre général et de passer à 2,5 ou même 3%.
Si
on ne le fait pas, on ment aux Français. Cela veut dire qu'on transférera sur les complémentaires ou les assurances et qu'on accroîtra les inégalités.
Cela
ne veut pas dire, bien sûr, de mal gérer le système. Cela ne veut pas dire, bien sûr, de ne pas faire de sélection. Vous parliez des médicaments. Cela ne veut pas dire, bien sûr, de ne pas avoir des efforts de rationalisation. Mais il faut se donner les moyens de saisir cette opportunité. Comment on finance ? Parce que je vous vois regarder bizarrement. Comment on finance ? Parce que je propose une autre politique économique. Et on ne peut pas dissocier la question de la protection sociale des retraites de la politique économique. S'il
n
'y a pas une politique économique de relance, de relocalisation, d'un million d'emplois comme je le propose, de protection, de rupture avec Bruxelles, nous n'y arriverons pas et nous resterons un pays qui s'enfonce dans le malthusianisme.
Alors,
quelles sont mes priorités
?
Elles sont très simples. À partir du moment où je relance légèrement, suffisamment la dépense de sécurité sociale, il faut bien évidemment cibler.
Premièrement,
assurer une médecine de proximité sur l'ensemble du territoire. Cela veut dire augmenter le numerus clausus.
Parce
que croire que parce qu'on limite le nombre de médecins,
on
va réduire la dépense de santé est tellement absurde, mais ça fait quand même 20 ans qu'on vit là-dessus. D'ailleurs, on fait venir des médecins de l'étranger alors qu'on empêche nos jeunes qui ont la vocation de devenir médecins. Je propose de passer à 10 000 par an.
Je
propose d'exonérer complètement de charges sociales par une méthode incitative les médecins qui s'installent dans des déserts médicaux.
Je
propose de monter à 35 euros la consultation. Parce qu'on ne pourra lutter contre le secteur 2 que si on a un vrai système de rémunération des médecins correct.
Sur
cette proximité avec ces mesures, on devrait pouvoir déjà remettre des médecins en zone rurale. Je propose un deuxième grand axe d'assurer l'égalité des Français. Alors je vois que tout le monde reprend ma proposition de rembourser à 100%. Mais nous l'avons tous. Pourquoi ? Parce que c'est une évidence. Et on voit tellement de personnes âgées ne pas se soigner, ne pas pouvoir porter des lunettes, ne pas pouvoir avoir des soins dentaires corrects parce qu
'il
n'y
a
pas de remboursement à 100% que c'est une évidence. Mais encore faut-il pouvoir le financer. Je le propose bien sûr dès le début.
Je
pense aussi qu'il faudra quand même réunir des états généraux de la santé pour envisager un régime de sécurité sociale unique à terme. Et ce qui se passe en Alsace-Moselle peut être très intéressant. Il ne s'agit pas d
'exclure
les complémentaires ou les assurances, mais il s'agit de mettre un coup d'arrêt à cette dérive, à ce maquis, à ce manque de transparence. Et je suis convaincu que c
'est
d'ailleurs l'intérêt du secteur mutualiste de faire la transparence sur ce qui se passe.
Le
troisième grand axe de ma politique, c'est d'assurer la qualité de la prévention, car il y a
un
domaine immense d'amélioration et de productivité en décelant plus tôt les maladies. Et je pense à la médecine scolaire qui est la grande abandonnée de tous les gouvernements. C'est un désastre la manière dont on a abandonné la médecine scolaire aujourd'hui. Et je crois que ce doit être une priorité absolue. Enfin, quatrième grand axe, puisque je vois que j'ai dépassé 12 secondes mon temps de parole pour ces 5 minutes, je crois qu'il faut faire de la dépendance et du handicap
de
grandes causes nationales, car là aussi, nous n'anticipons pas les mutations, notamment sur la dépendance de la société française. Et cela peut d'ailleurs être une source d'économie, puisqu'il est inacceptable que tant de personnes âgées soient dans nos hôpitaux à des prix de journée considérables, alors que si nous avions un système de maisons publiques de dépendance, nous économiserions de l'argent et nous offririons un peu de chaleur à nos anciens.
Merci
beaucoup Nicolas Dupont-Aignan.
Je
vous laisse rejoindre
la
table pendant que Laurence Parizeau, présidente du Conseil scientifique de la Fondapol, nous rejoint.
Bonjour
Laurence. Installez-vous. Alors Laurence, vous avez écouté Nicolas Dupont-Aignan et je suis sûre que sa proposition sur l'augmentation du numerus clausus vous a fait réagir, parce que
quand
on a préparé cette matinée, vous me disiez que vous n'étiez pas convaincu par la pertinence de cette augmentation du numerus clausus.
En
tout cas, je m'interroge, et donc je vous interroge, monsieur le député, sur cette question.
Vous
avez raison de souligner,
le
candidat précédent l'a fait également, sur l'enjeu de la médecine de proximité. C'est probablement le signe, ce qui se passe aujourd'hui, d'une
dérive
en termes d'égalité d'accès aux soins que nous observons.
Mais
l'augmentation du numerus clausus en tant que tel, je ne suis pas sûre que cela suffise. D'abord, il a bougé ces dernières années, il a été augmenté.
Et
puis, surtout, est-ce que cela veut dire qu'avec cette augmentation, vous allez aussi toucher à la liberté d'installation pour orienter les candidats médecins dans les véritables déserts médicaux ? Et au fond, je me demande
si,
quand on aborde la question du désert médical, le vrai sujet n'est pas le désert économique de ces territoires.
Et
par conséquent, est-ce que tout ceci doit être géré au niveau national et central ou être confié
au
niveau plus local, régional, ou même à un niveau plus modeste des collectivités territoriales
?
Bref, est
-ce
que vous pouvez préciser comment vous espérez, par l'augmentation du numerus clausus, mettre fin au désert médicaux qui mine les Français
?
D'abord, sur le numerus clausus, 10 000, c'est le minimum. Je vous rappelle qu'il
y a
25 % des nouveaux entrants qui sont des médecins étrangers.
Je
trouve absolument révoltant que des jeunes
qui
ont la vocation d'être médecins soient obligés d'aller en Roumanie
pour
revenir comme médecins en France.
Et
j'estime que la moindre des choses,
c
'est que la France assure son renouvellement médical. Donc, premier point, 10 000, ce n'est pas un chiffre extravagant du tout. Je propose ensuite que l'on restreigne l'accès des médecins étrangers à mesure que les médecins français pourront arriver. Car je crois que le rôle d'un médecin, c'est de soigner dans son propre pays. Deuxième point, il faut des mesures très fortes d'incitation.
Il
ne
s
'agit pas, je ne veux pas mettre une obligation. En revanche, supprimer, par exemple, toute charge sociale pendant 5 ans ou 10 ans pour les médecins qui s'installeront dans un désert médical, je crois que c'est une forte incitation pour des jeunes médecins. J'ajoute, parce que je n
'ai
pas tout dit là, et vous pouvez retrouver sur mon site internet, NDA 2017, vous pourrez retrouver des mesures très précises. Les maisons médicales, qu'il faut quand même aussi un peu réglementer, parce que chaque commune, chaque communauté veut une maison médicale. Si on ne fait pas ça, mais on sera dans une situation dramatique, on l'est déjà. Même dans ma ville, à 20 km de Paris, on ne trouve plus de médecin. On attend un an pour un ophtalmo. Un an. Donc, moi, j'accuse gravement ceux qui
nous
ont prédécesseurs d'avoir complètement cassé la médecine de ville. Et vous ne pouvez pas comprendre l'échec de l'hôpital aujourd'hui si
on
ne traite pas d'abord la médecine de ville.
On
ne pourra pas régler la question de l'hôpital public, son engorgement aux urgences, son fonctionnement si on ne traite pas la médecine de ville et qu
'on
ne restaure pas une vraie médecine de ville. Et pour ça, il faut investir massivement. C'est pourquoi aussi, il est très important de parler de l'augmentation du prix de la consultation et d'oser ce 35 euros. 2,5
milliards.
Il faut oser cela. Car si vous ne faites pas cela, vous aurez une médecine, pour le coup, bureaucratisée, hospitalière simplement, et pas la médecine de ville qui permet de freiner, de prévenir. Parce qu
'on
peut parler de prévention, mais ici, il
n'y a
plus de médecins de ville.
Oui,
parce que dans tout ce que vous dites, il y a
le
présupposé
que
les étudiants en médecine vont toujours être attirés par la médecine libérale. Vous savez qu'aujourd'hui, de plus en plus, ils veulent devenir salariés.
Eh
bien, justement, il faut réinciter à la médecine libérale. Pourquoi je veux supprimer le tiers payant
? Parce
que si le médecin est un bureaucrate dans son cabinet, si on ne favorise pas, par exemple, la prise en charge d'un système de secrétariat, et c'est pourquoi, d'ailleurs, il
y a
des médecins médicaux, c'est pour qu'il y
ait
un partage des tâches toujours plus lourdes, administratives,
vous
ne pouvez pas me reprocher de vouloir soigner ce que vous critiquez. Mais justement, il faut aérer le système, il faut redonner la vocation médicale en favorisant l'exercice de la médecine de ville.
Bien
sûr qu'il y a
beaucoup de médecins qui veulent être salariés, mais ils veulent être salariés pourquoi ? Est-ce qu'on a réfléchi
à
la raison pour laquelle ils veulent être salariés
? Il
y a une raison, quand même.
Laurence, on avance peut-être un petit peu
sur la question du financement.
Tout à fait, je ne vous
reproche
rien.
Je ne vous
reproche pas de me reprocher. Voilà,
je veux que vous alliez jusqu'au bout des
raisonnements,
parce qu'on sait très bien qu'en matière de santé, finalement, tout est une question de curseur.
Ah oui, mais
là, il y
a
vraiment plus qu'un problème de curseur.
Il y
a une voie mauvaise qui a été prise depuis plusieurs années au nom d'un malthusianisme gestionnaire comptable absurde qui coûte à la fin beaucoup plus cher à la société. Beaucoup plus cher à la société.
Alors
abordons quand même la question financière. Oui, fondamental.
Si
la comptabilité peut paraître absurde à un certain moment, vous annoncez...
Non,
mais la comptabilité qui fait faire plus de dépenses à la
fin.
Alors
la comptabilité, quand même... Ce n'est pas de la comptabilité. Vous annoncez un nom d'âme à 3%. Entre 2,5 et 3. Voilà. Vous avez évoqué le fait que la consultation passerait à 35 euros, ce qui est un bon absolument considérable par rapport à la situation actuelle.
Et
puis par ailleurs, dans votre programme, il
y
a beaucoup de choses très généreuses, mais qui coûtent cher. Oui.
Vous
avez, comme Emmanuel Macron d'ailleurs, annoncé 100% sur... Sur les
lunettes et le dentaire. Sur les
lunettes, sur le dentaire, sur l'auditif.
Oui, 5 milliards d'euros.
Voilà. Bref, comment vous financez
tout ça
?
Eh bien, par une autre politique économique que celle brillante qui a été menée par tous les gouvernements qui nous ont précédés.
Alors, comment crée-t-on de la richesse ?
On
crée de la richesse en incitant à produire en France, en baissant l'impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis dans notre pays, mais ce n
'est
pas le sujet du thème aujourd'hui, mais c'est très important. On crée de la richesse en se protégeant de la concurrence déloyale. On crée de
la
richesse en relançant l'économie française.
Ça, c'est pas très bien, évidemment. Exactement l'inverse
de ce qu'ont fait tous nos gouvernements qui ont abouti à un pays à l'arrêt, 6 millions de chômeurs, un système de santé paralysé, des retraites amoindries. Et
je
peux vous assurer que sans partir dans le décor d'aventures, comment dire, pour le coup, excessives dans l'autre sens, de dépenses où on lâche tout, il y
a
un juste milieu à trouver qui se fait dans beaucoup de pays du monde. Et c'est comme ça qu'on financera notre système de retraite et notre système de santé. Vous,
allons un tout petit peu plus loin sur le lien entre santé et économie, si vous
permettez. Fondamental.
Il est fondamental. On sait aujourd'hui, vous avez très rapidement évoqué l'innovation, c'est dans votre programme que la thérapie génie va nous permettre d'aller très, très loin, y compris en matière de prévention.
Vous
savez qui est aujourd'hui un des plus gros investisseurs au monde en thérapie génie ? C'est Goldman Sachs. Goldman Sachs fait un funding, comme on dit, considérable auprès de différents laboratoires et équipes de chercheurs sur le sujet.
Ce
que je veux dire par là, c'est que pour aller très loin dans la recherche et l'innovation médicale et au service de notre système de soins, il ne faut surtout pas apparaître comme un pays fermé.
Ah, mais c'est toujours la vieille caricature. Si vous êtes satisfaites que ce soit Goldman Sachs qui investisse dans la santé pour se donner une bonne conscience de tous les drames qu'ils ont créés dans le monde, c'est votre choix. Moi, mon choix, c'est que j'estime que ce n
'est
pas avec un système de santé à l'arrêt, malthusien, qu'on arrivera à saisir les opportunités technologiques, d'innovation scientifique. Et tout mon projet politique, si vous le lisez attentivement, c'est au contraire de relancer une dynamique de croissance par l'investissement dans la science, par des partenariats privés publics. La lutte contre le cancer pourrait être un magnifique projet européen à deux ou trois pays comme on a fait Airbus. Est-ce qu'un jour, dans notre pays, parce que c'est ça l'enjeu, on peut venir devant vous, là, alors ça sera ceci, cela, mais si globalement, il n
'y a
pas une vision d'avenir, si on ne se dit pas qu'il faut investir des milliards d
'euros dans la recherche et dans la santé... On est d'accord. Attendez un
instant, je vais vous répondre. Je suis dans le département d'Evry.
Je
suis à quelques kilomètres d'Evry. On a un génopole extraordinaire. Extraordinaire. On a les savants les meilleurs du monde.
Pour
les innovations, ils s'en vont à l'extérieur. Ils s'en vont à
l
'extérieur aux Etats-Unis, pourquoi ? Parce que les banques françaises ne prêtent pas. Parce que l'Etat est malthusien. Parce qu'il n'y
a
aucune dynamique dans notre pays. Alors, moi, je veux bien qu
'on
continue avec la croissance zéro, 1%, 1,5, 1,7. Comment on va faire ? Pendant ce temps-là, vous avez la Chine qui, sur fonds publics, a investi des milliards dans la recherche et dans la génétique. Vous avez les Etats-Unis qui investissent des milliards avec des fonds publics. Donc, le problème de fonds, c'est la mentalité malthusienne d'une oligarchie qui nous gouverne depuis 20 ans et dont il faut se séparer, chère madame. Très bien. Donc, c'est l'Etat qui va tout
diriger,
y compris dans le monde de soins. Non, c'est l'Etat qui doit être
stratège.
L
'Etat n'a pas vocation à tout faire. L'Etat a vocation à créer une dynamique de croissance qui permet aux partenaires privés, aux partenaires étrangers de croire en la France et de se dire qu'il faut investir dans le pays. Et c'est pourquoi je propose une politique qui, à la fois, favorise l'innovation dans notre pays par des baisses très fortes de charges, mais uniquement, uniquement, sur ceux qui produisent dans notre pays. Et c'est ça, la grande différence. Et en matière de recherche scientifique et en matière de santé, nous avons
10
ans absolument extraordinaires devant nous. Est-ce qu'on va saisir ces 10 ans
ou
est-ce qu'on va, au contraire, continuer à radiner sur 500 millions, 1 million, 2 millions ?
Encore une question, s'il
vous plaît.
Il
faut savoir sauter une étape, si je puis me permettre.
Je ne sais pas où vous en êtes, là, en termes de déficit, avec tout ce que vous venez de dire, mais passons à
un autre sujet. Excusez-moi, madame. Le
déficit, il sera réduit si vous avez de la croissance. C'est ce qu'a fait l'Angleterre de M. Cameron.
Mais vous n'aurez pas de croissance sans capitaux. Vous
n'aurez pas de
croissance sans capitaux. Tout à fait. Et ils n'ont
pas hésité, madame, à avoir 5 à 6 % de déficit et à réduire le chômage. Et le déficit, ça dépend à quoi il sert. Si le déficit, c'est pour faire de la systana, du fonctionnement, et laisser filer le système, très dangereux, vous avez totalement raison. Si c'est recréer une dynamique intelligente et être prudent, il ne
s
'agit pas de tout lâcher, ce que je veux, c'est qu'on remette la France sur une dynamique de croissance et qu'on investisse.
Et dans la santé,
c'est fondamental.
Alors, encore une question. Tout à l'heure, vous avez évoqué un projet d'État généraux de la santé. Oui. Et vous avez dit, parce qu'il est temps quand même de regarder ce qui se passe dans ce maquis. Oui. Et il
y
a une absence de transparence. Oui. Alors, je voudrais comprendre ce qui n'est pas clair,
si je puis dire, dans le
système de soins actuel.
Dans le système de soins actuel, et le sondage était très intéressant, il est
anxiogène
pour nos concitoyens. Pourquoi
? Parce
qu'en vérité, les gouvernements ont menti aux gens. Et pour pouvoir réduire, avoir une moindre augmentation de la dépense, ils ont transféré sur les complémentaires et sur l'assurantiel. Sans le dire. Et donc, il y
a
une sorte de maquis qui s'est forgé. Les gens voient arriver leur facture de mutuelle, ils les voient augmenter, ils ne comprennent pas pourquoi. On leur a dit, on va raser gratis avec une complémentaire universelle. Ça n'a pas marché complètement.
Il
faut, à un moment, remettre de l'ordre et éviter la gangrène de l'assurantiel privé dans le système de sécurité sociale. Oui aux complémentaires, transparentes. Oui
à
une part d'assurantiel pour vraiment
des
gens qui veulent se protéger en plus. Mais je tiens à un système de sécurité sociale unique et je ne veux pas le voir démembré. Et c'est pourquoi je suis radicalement hostile à ceux qui vous mentent en vous disant on va réduire de 20 milliards et tout va rester comme avant. Non, ils vont privatiser et progressivement le système. Et je crois que les Français, en tout cas moi je serai le candidat qui défend la sécurité sociale parce qu'en plus elle coûte moins cher en frais de gestion.
Je voudrais juste une précision, Nicolas Dupont-Aignan, avant qu'on se quitte, mais on a aussi l'interpellation de nos internautes, vous parlez de mettre sous condition le revenu minimum d'activité à travers notamment une sorte de journée de solidarité pour les bénéficiaires. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'ils doivent démontrer les bénéficiaires de ce revenu minimum qu'ils méritent
?
Oui. Quand on reçoit une allocation
de
la collectivité, j'estime qu'on doit donner un peu de temps à la collectivité.
Et
le RSA,
je
suis
maire d'une ville de banlieue, je connais bien. Vous savez
que la
France est l'un des
pays qui compte le plus d'associatifs, engagés,
au
service
de tous. Je
sais, mais
quand on dépense 10 milliards d'euros par le RSA et qu'il
y
a tant de fraudes,
et
qu'en même temps il y a des handicapés qui sont dans une situation sociale terrible, dans mon projet, j'estime, je suis gaulliste social, oui du social, mais du social avec des contreparties, avec du contrôle. Et notamment dans le financement, je veux lutter contre la grande fraude fiscale à la TVA qui nous coûte 20 milliards d'euros et la fraude sociale. Je veux supprimer l'AME.
Qui est plutôt le fait de professionnels de santé que d'assurés.
Oui, aussi des deux. Et je veux aussi qu'on supprime l'AME car il est inacceptable qu'on dépense 1 milliard d'euros pour des clandestins. Je veux supprimer pendant 5 ans l'aide aux étrangers réguliers pour casser l'air
social. La suppression de l'AME, ce
n
'est
pas contradictoire
avec
la notion de
prévention ? Non, parce que je mets en place des dispensaires, mais où ce sera au cas par cas.
Et
je pense qu'il y a trop d'assistanats non contrôlés dans notre pays. Et je pense qu'il y
a
des milliards à récupérer sans pour autant porter atteinte à l'égalité sociale. Et je veux au contraire transférer ces milliards vers la situation du handicap et de la dépendance. Et
je pense,
je peux vous assurer qu'on peut redéployer de l'argent qui aujourd'hui s'évapore beaucoup.
Un mot tout de même sur cette question-là, mais on y reviendra
Je ne suis
pas, Madame Parizeau,
aussi
dépensier que vous pouviez le croire.
Un
mot
sur l
'AME,
si vous me permettez.
Je vous suggère de lire dans les mémoires de Philippe de Gaulle, il explique comment le général de Gaulle, au moment de la création de notre sécurité sociale, disait, bon, il faut aider les Français à comprendre comment ça marche, et après, on laissera tout au privé.
Je vous
conseille de lire cette page.
Madame Parizeau,
je
crois que c'est l'honneur de la France d'avoir une sécurité sociale et que l'enjeu,
c
'est de veiller à ce que chaque euro soit bien dépensé, d'arrêter les gaspillages, les privilèges, les abus de la cistana, mais de défendre une belle idée de la sécurité sociale et de ne pas lâcher au système d'assurance.
Il nous reste vraiment...
Même si c'est très utile de compléter.
Nicolas Dubon-Aignan, vraiment un mot sur cette question de l'AME, qui va revenir tout à l'heure dans les conversations. On a entendu, Emmanuel Macron, on vous a entendu, on entendra les candidats ce matin nous expliquer que la prévention, c'est important, qu'il n'y a pas de petits risques, qu'un petit risque peut dégénérer vers une pathologie plus lourde.
C
'est exactement la même chose qui se passe
quand
on arrête de traiter médicalement des clandestins qui
seraient
atteints de petites ou
de plus grosses infections. Je ne suis pas, bien
évidemment, je ne
suis
pas fou au style, c'est une évidence à un système de soins pour les clandestins. Je refuse, en revanche, qu'ils soient détournés comme un système de tickets automatique pour des soins. Et j'estime que nos compatriotes souffrent suffisamment, payent suffisamment d'impôts. Je regarde d'ailleurs qu'un des candidats va augmenter la TVA et l'autre la CSG. Eh bien,
ce
n
'est
pas mon souhait. Et je pense qu'il est inacceptable qu'il
y ait
un appel d'air migratoire lié à une générosité sociale qui n'est plus supportable pour nos concitoyens.
Ce
n
'est
pas l'objet de nos discussions ce matin.
Mais on pourrait
parler longtemps de
cet appel d'air migratoire lié à l'AIM. Je ne suis pas sûr que ce soit
déterminant dans le choix de ceux qui traversent la Méditerranée pour venir jusqu
'à l'AIM. Eh bien,
c'est mon choix et
je l'assume.
Une question d'Alain Flau. Mettrez-vous en place un ministère de la prévention si vous êtes élu ?
Ce n
'est
pas un ministère qui va faire la prévention. C'est un ministère de la santé qui aura comme priorité absolue la prévention et notamment avec toutes les innovations technologiques qui peuvent être très importantes pour aider chaque Français à anticiper et à mieux connaître son corps et à pouvoir déceler les premiers indices de maladie. Et je pense qu'il y a une révolution absolument extraordinaire devant nous et je voudrais que nous la saisissions avec une dynamique de croissance.
Merci beaucoup. Merci à tous les deux.
Merci
à vous.
Je vous laisse Laurence rejoindre à la salle. Monsieur Le Poignan.
Au
revoir. Au revoir.
Merci. Au revoir.
Au revoir.
Nicolas Dupont-Aignan