L'édito de Paul Sugy : «Édouard Philippe tente de faire oublier qu'il a été macroniste»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On accueille Paul Suji. Bonjour Paul. Bonjour.
Journaliste au Figaro. La politique avec vous tous les matins. Ce weekend Édouard Philippe a lancé sa campagne en grande pompe avec un meeting à l'Adidas Arena au nord de Paris.
Qu'est-ce que vous retenez de ce de ce premier grand meeting de campagne ? Paul Suji ? Bah peut-être d'abord Cedor Philippe est un candidat sérieux sur la forme comme sur le fond.
Alors certains ces derniers mois lui avaient reproché de trop attendre, de ne pas jeter ses forces trop vite dans la bataille, de laisser le point à ses adversaires. On a même du tout douté du fait qu'il en est en vie. Alors là, il y a aucun doute.
Edward Philippe en a envie, peut-être même si voit-il déjà un peu et surtout il s'est préparé. Alors sur la forme, il désigne habilement son adversaire. Non pas Gabriel ATL, ni même Bruno Rotaillot à qui il tendra la main en espérant plus tard leur alliment, ni même vraiment le Parti socialiste contre lequel il modère ses coups, mais bien le Rassemblement national.
Marine Le Pen avait dit que le principal ennemi c'était Édouard Philippe. Il lui rend coup pour coup. Il les accusent même d'être adepte d'un en même temps qui ne dit pas son nom en prenant pour le RN le libéralisme au sud et le socialisme au nord.
Du moins, c'est ce que dit Edard Philippe sur le fond des réformes, des réformes, des réformes en cascade. avalanche de réforme au fond. Vous pourrez chanter avec Jean-Jalques Goldman qui nous emmènera là-bas où tout est neuf et tout est sauvage, libre continent, sang grillage si va la France d'Edouard Philippe dans laquelle il promet une grande refonte du système scolaire, la plus grande dit-il depuis les lois de Luc Ferry euh de Jules Ferry pardon je mère en prenant une totale autonomie des chefs d'établissement et puis un slogan aussi qui fait mouche faire l'intérêt de nos enfants, ce qui suppose notamment de lâcher encore un peu du laisse sur les retraites et de proposer une nouvelle réforme.
J'ai l'impression que vous ne le croyez pas sincère, Paul. À la sincérité, tous les amants sont toujours fidèles au moment où il parlent. Mais Édouard Philippe, lui euh fait comme si le macronisme n'avait pas existé et qu'au fond 10 ans, de quasi immobilisme n'avait pas succédé à déjà ce qui était un vaste programme de réforme et de révolution en 2017.
Et il fait bien sûr comme s'il n'avait pas été la cheville ouvrière de ce macronisme, surtout dans ces premières années à l'époque où Emmanuel Macron avait une majorité absolue à l'Assemblée nationale et pouvait tout faire et pourtant à si peu fait. Laor Philippe veut un redressement français mais il ne nous donne pas d'indice sur la manière dont il va s'y prendre pour terrasser les forces du déclin, les frondes syndicales, les réflexes pavloviens de socialisme mental qui colonisent encore ce pays. Il tire aucun bilan sérieux en fait des raisons de l'échec du macronisme.
Pourquoi ce programme de réforme n'a pas abouti ? Et pire même, il reproduit les pires ficelles de la raison macroniste, notamment parce qu'il il évoque la maîtrise de l'immigration tout en prenant en même temps une intégration sans nous dire un mot sur les logiques identitaires séparatistes qui peuvent mettre en échec cette promesse d'intégration républicaine dans de nombreux quartiers où l'on vit selon l'expression de Gérard Colomb face- à face. Donc au fond, il y a dans le Philippis une forme d'irénisme.
On plane au-dessus des réalités et des crises sans toujours les nommer, sans toujours voir les blocages qui immobilisent le pays et sans nous dire comment on va les surmonter. Et ce faisant et bien le filisme menace de reproduire les mêmes échecs que le macronisme. Alors comment se fait-il qu'Edward Philippe a réussi jusqu'ici à faire oublier qu'il a été un artisan du macronisme ?
D'abord, il en parle jamais en espérant que les électeurs aient la mémoire courte. Ce en quoi il a pas forcément tort. Et puis il est avec François Berou, l'un des deux seuls prémistes d'Emmanuel Macron qui existait avant le président de la République.
Alors François Berou a coulé avec le présent même avant lui car il l'a épaulé au pire moment. Eddouard Philippe a su retirer ses bill du jeu au bon moment et surtout à faire porter sur le président de la République le poids de ses propres échecs ou en tout cas de ses propres erreurs. On se souvient par exemple des 80 km/h euh chose que l'on a peu reproché à Édouard Philippe et beaucoup reproché à Emmanuel Macron alors qu'il en était le principal artisan.
Donc il parit sur ça sur le fait de pouvoir mystifier à nouveau l'opinion publique en évoquant le moins possible ces liens avec le président de la République dans ses meetings et pour l'instant ça semble marcher. Paul Suji avec nous. Merci beaucoup.
Édouard Philippe