Oui l'immigration est une CHANCE pour la France 🇫🇷
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« sur les 6 millions d'étrangers que compte notre pays, seul 0,3 % d'entre eux sont en prison. »
- 9:10Invité politiqueChiffre
« près d'une personne sur trois a au moins un grands-parent qui était étranger. »
- 19:13Invité politiqueFait
« la régularisation pour ceux qui ont un portefeuille à la place du cœur mais c'est aussi beaucoup d'argent qui va rentrer dans les caisses de l'État »
- 21:09Invité politiquePromesse
« nous régulariserons aussi les travailleurs sans papier et les étudiants et les parents de ceux qui sont en étude sur le territoire de la République française »
Temps de parole
- Antoine Léaument100 %
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Je veux d'abord remercier l'Institut la Boessie pour l'organisation de cette conférence de ce colloc. Remerci en particulier Zepbay Bay sans qui il y aurait pas ce colloque du tout. Remercier les équipes bénévoles qui mettent en œuvre cette réunion d'aujourd'hui et qui nous permettent de nous réunir. Je veux dire vraiment merci parce que je trouve que l'immigration est un sujet qui est pas forcément assez traité à gauche et surtout pas assez positivement. sans doute par crainte de centraliser un thème dont on considère qu'il pourrait être d'extrême droite.
Alors ça pouvait avoir du sens avant quand il y avait pas des médias bolorisés qui centralisaient en permanence les thèmes de l'extrême droite. Mais en fait éviter un sujet n'est jamais une bonne idée parce que ça donnerait l'impression qu'on est gêné, qu'on a un problème avec ça. Et là où Bruno Rotaillo lance sa campagne présidentielle en disant que l'immigration n'est pas une chance pour la France, et bien ici nous affirmons l'inverse.
Nous affirmons que l'immigration est non seulement une chance pour la France, mais que la France ne serait pas la France s'il n'y avait pas eu des générations d'immigrés et de descendants d'immigrés pour la bâtir de leurs mains, de leur cœur, de leurs esprits.
L'extrême l'extrême droite a privatisé le débat sur l'immigration et comme l'explique Félicien Fori dans son livre des électeurs ordinaires, la stratégie de l'extrême droite consiste à relier tout problème à la question migratoire et à multiplier les allégations racistes qui ne visent pas seulement les immigrés, mais bien aussi les descendants d'immigrés qui n'ont à leurs yeux ni la bonne couleur de peau, ni la bonne religion, ni la bonne origine. L'insécurité, c'est la photo aux immigrées. Le chômage c'est la faute aux immigrés. La dette, c'est la faute aux immigrés qui et qui parce qu'il profiterait des aides sociales paraît-il. Alors, on peut continuer longtemps les exemples.
Selon l'extrême droite, tous les problèmes seraient dus à l'immigration quand nous pensons-nous que tous les problèmes sont dus en réalité au capitalisme, y compris d'ailleurs le fait que certaines personnes euh soient contraintes de quitter leur pays. Aussi, faut-il dire les choses de manière simple et claire, l'extrême droite raconte n'importe quoi sur l'immigration et on ne combat pas l'extrême droite en évitant les sujets qu'elle centralise, mais au contraire en la combattant pied à pied. Autrement dit, on ne combattra pas l'extrême droite sans combattre le racisme.
Et je voudrais faire le lien d'ailleurs avec ce que tu disais tout à l'heure puisque ce racisme est en réalité un dénit de francité pour un certain nombre de personnes et notamment pour les personnes qui subissent les contrôles au faciè avec des gens qui ont pourtant le drapeau tricolore sur l'épaule et qui sont censés défendre la loi mais qui au final sont ceux qui l'enfraignent dans ce type de situation. Pour faire œuvre utile, il faut donc démonter les mensonges de l'extrême droite sur l'immigration parce que l'extrême droite dresse un portrait en négatif de l'immigration. Il faut donc faire la lumière pour essayer de faire l'inverse.
Je vais commencer par le plus indispensable et je vais me concentrer sur ça parce que pour le reste, je crois que ça a été beaucoup traité dans la journée. Donc je vais parler des questions de sécurité, des liens entre immigration et insécurité. Il n'existe pas. C'est assez simple. Toutes les enquêtes scientifiques sur le sujet le montrent. Il y a une enquête du CPI qui est rattachée au Premier ministre, le centre d'études et prospectives et d'information internationale qui dit tout simplement que lorsqu'on les différents biisamment la pauvreté sont éliminées, les études concluent unanimement à l'absence d'impact de l'immigration sur la délinquence. Alors d'où vient l'idée inverse ?
Parce qu'on peut se demander, c'est un peu bizarre, il y a une enquête de la CNCDH d'il y a 6 ans qui disait que 52 % des Français pensaient que la première cause de l'insécurité, c'était l'immigration. C'est faux. Donc d'où ça vient ? et ben ça vient des médias et notamment il y a eu une enquête qui a été faite en Allemagne et qui a montré que un journal a décidé d'un seul coup de donner l'origine de toutes les personnes qui avaient commis des actes criminels et délictuels.
Et d'un seul coup il y avait beaucoup d'allemands et donc les gens se sont mis à diminuer la crainte de l'immigration mais à augmenter leur crainte de l'insécurité puisque d'un seul coup ils avaient l'impression que c'était leurs voisins qui pouvaient être responsable de ça. Et ça, on a constaté quand même une baisse de 40 points de de l'inquiétude vis-à-vis de l'immigration en l'espace de 2 ans. À partir du moment où le journal a décidé de faire ça et de changer de ligne éditoriale. Alors dans notre pays, l'extrême droite concentre son tir sur quatre lettres au QTF, obligation de quitter le territoire français.
Quatre lettres qui ont le double avantage de déshumaniser immédiatement ceux qui en sont frappés puisque l'extrême droite dit pas les personnes sous OQTF, elle dit les OQTF. et de donner l'impression qu'un crime pourrait être évité si jamais ces donc obligations de quitter le territoire français étaient euh était euh exécuté. Peu importe que euh 96 % des personnes sous OQTF n'aient jamais commis le moindre crime, peu importe d'ailleurs que ce soit parfois même l'administration qui fabrique des personnes sous OQUTF en allant pas assez vite pour donner les papiers, tout ça n'intéresse pas euh l'extrême droite.
Or, nous produisons nous-mêmes euh des personnes sous OQTF sans produire pour entendes. Et j'ai un dernier chiffre à vous donner euh sur ce sujet-là, c'est que sur les 6 millions d'étrangers que compte notre pays, seul 0,3 % d'entre eux sont en prison. ce qui laisse 99,7 % euh d'entre eux qui n'y sont pas et qui mènent une vie aussi tranquille que possible, faite de rêve, faite de déception, fait de difficultés diverses et variées. Ils appellent le plombier quand il y a une fuite d'eau. Euh ils hurlent quand ils se cognent le pied sur la table basse et ils pèent quand ils ont oublié leur clés à la maison comme n'importe quel français.
Mais l'extrême droite nous dit que penser de cette manière-là, c'est penser de travers parce que il y aura une surreprésentation des étrangers dans les prisons. OK ? Bah, on peut regarder les chiffres et en réalité quand on regarde les chiffres, on s'aperçoit de quoi ? Bah, qu'il y a une surreprésentation des contrôles des personnes étrangères, que une fois que les personnes sont contrôlées, bah il y a une une des peines qui sont plus souvent des peines de prison ferme et que ces peines de prison ferme sont par ailleurs en moyenne 22 jours plus longues que pour les nationaux.
Donc oui, il y a une surreprésentation, mais peut-être que ça vient du fait que une partie de notre système est raciste dans euh la gestion du de la criminalité. Et cette criminalisation des immigrés, elle trouve son aboutissement euh vous en avez parlé dans le système des centres de rétention administrative, les Cras qui sont finalement des petites Bastilles réservées aux étrangers puisque on peut là y enfermer des étrangers sur lettre de cachet. C'est l'administration, donc le pouvoir exécutif qui décide d'enfermer des étrangers pendant 90 jours. Et puis aujourd'hui, il y a des gens qui proposent 210 jours. Il y a même un député macroniste qui a proposé 540 jours d'enfermement sans procès.
Et c'est bien cette déshumanisation qui permet ça puisque je leur ai dit en commission des lois mais vous proposez ça parce que vous savez très bien que vous n'irez jamais. Parce que si vous y alliez, si vous étiez menacé par le fait d'aller dans des centres de rétention administratif, jamais vous mettrez en place ce type de loi. Il faut donc combattre la déshumanisation des personnes immigrées. Et ça doit être le centre de notre activité et c'est ce que tu disais également parce que l'immigration n'est pas un phénomène idéologique, c'est un phénomène matériel comme vous l'avez très bien dit et il n'y a d'ailleurs ni submersion migratoire ni grand remplacement.
Je crois que vous en avez parlé beaucoup euh avec François Erand, donc je n'y reviens pas, mais euh je je j'avais écrit plusieurs choses sur ce sujet-là, donc je les mettrai peut-être à disposition. Je vais résumer d'une phrase pour dire que dans l'immense majorité des cas, les gens qui quittent leur pays le font pas par plaisir, que généralement il y a trois causes, c'est la guerre, la situation économique ou les questions climatiques.
Et que quand monsieur Bolloré vient nous faire une chaîne de télévision pour se plaindre de l'immigration, mais que par ailleurs, il a lui-même participé à l'appauvrissement de nombreux pays d'Afrique, et bien je crois que ces gens-là n'ont aucune leçon à nous faire sur le sujet. Je vais je vais pas revenir sur les chiffres, je vais simplement vous parler de l'origine de ces théories puisque'en général on me convoque pour donner des éléments historiques.
Et bien la théorie du grand remplacement est une théorie antisémite et une théorie qui a notamment été formulée par Drumon dans son livre La France juive qui est un des un des un des bestsellers de l'antisémitisme qui parle d'une conquête à propos des juifs qui parle d'une conquête d'une mise à la glèbe de toute une nation par une minorité infime mais cohésive et parle d'un envahissement silencieux progressif lent. Vous voyez que la thèse du grand remplacement, elle vient directement des penseurs antisémites.
Autre rappel, le mot français de papier vient aussi des antisémites et notamment de Drumon qui parlait dans son journal La Libre parole de français de papier timbré puisque'à l'époque, il fallait euh écrire, il fallait faire la demande de naturalisation sur un papier timbré, c'est-à-dire avec un timbre fiscal. Et bien figurez-vous que l'une des premières lois que mettra en place Pétin le 22 juillet 1940, ils arrivent au pouvoir le 10 juillet. Le 22 juillet, le premier truc qu'ils font, c'est une loi de dénaturalisation qui va toucher 15000 personnes dont 6000 juifs sur la base justement euh des éléments mis en place par des gens comme Drumon dans les années précédentes.
Et finalement, c'est toujours la même chose, toujours le même problème qu'à l'extrême droite avec l'identité française. Et nous, nous sommes toujours le même antidote qui vient opposer l'amour à leur haine. Et donc c'est le moment de dire ce que la France a tiré de l'immigration, ce que la France doit à l'immigration dans le sens ce qu'elle en a tiré mais aussi ce qu'il faut lui rendre pour être à la hauteur de son histoire républicaine. La France ne serait pas la France sans immigration et ceux qui prétendent le contraire sont tout simplement dans un dénid de réalité. Aujourd'hui, près d'une personne sur trois a au moins un grands-parent qui était étranger.
Et si on remonte aux générations précédentes et ben je pense que c'est à peu près tout le monde. Et en général je fais le test qui ici a au moins un ancêtre qui était portugais, polonais, belge, ce que vous voulez, allez-y, on peut faire le test. Voilà. Il y aurait pas grand monde si jamais euh on enlevait l'immigration. Et oui, la France s'est faite avec et par l'immigration. Et contrairement à ce qu'affirment les racistes, non, l'immigration ne se passait pas mieux avant.
Et il suffit de regarder par exemple ce qui s'est passé àegort en 1893 où il y a eu des massacres d'italien, de regarder ce qui s'est passé dans le nord où il y a eu des ratonades contre les Belges, de regarder la manière dont les juifs ont été persécutés dans notre pays pendant des siècles et des siècles alors que les mêmes viennent nous parler de civilisation judéo-chrétienne. He j'aimerais bien voir que comment les chrétiens ont traité les juifs pendant des années et comment l'église a traité les juifs pendant des années. Mais en gros et bien ce problème, la question du racisme, elle est centrale dans ce que fait l'extrême droite depuis toujours. Pourquoi ?
parce qu'elle a besoin d'un ennemi intérieur. Et c'est frappant de voir aujourd'hui comment des préjugés antisémites sont reportés en particulier sur les personnes musulmane. Il nous parle de judéo il nous parlait de judéo bolchévisme, aujourd'hui il parle d'islam gauchisme, il parlait du complot judéo maçonnique. Aujourd'hui, ils disent que il y a de l'entrisme musulman dans les loges maçonniques. Vous voyez qu'on est à peu près sur les mêmes idées. Mais au fond, ce que l'extrême droite n'a toujours pas digéré, c'est la fin de la colonisation.
Car la colonisation s'est construite sur une racisation et sur un racisme, c'est-à-dire sur une hiérarchisation des êtres humains entre des races basé sur la couleur de peau et au sommet de laquelle ceux qui ont inventé ce système se sont placés eux-mêmes, les blancs. On ne comprend pas cette histoire suprémaciste sans remonter plus longtemps dans le temps, sans analyser que le racisme qu'implique la colonisation, c'est la poursuite du système de hiérarchisation qui a conduit à l'esclavage, c'est-à-dire à la mise hors de la liberté d'une partie de l'humanité pour la seule raison qu'elle avait la peau noire. Et c'est ce système de hiérarchisation qu'on appelle le racisme.
Et c'est aussi la raison pour laquelle il ne peut exister de racisme antiblanc parce que c'est aussi stupide que dire qu'il existe du machisme antihomme. Et je fais ce détour historique. Je fais ce détour historique par l'esclavage, la colonisation et le racisme pour dresser en positif ce que ce quelle identité nationale à laquelle nous nous rattachons, nous français républicains, parce que il faut la regarder aussi au regard de l'immigration. C'est ce qu'a bien dit Jean-Luc Mélenchon dans son meeting à Crey qui était il y a quelques jours.
Il a dit "Choisissez votre camp non seulement dans le présent mais aussi dans le passé expliquant qu'entre le colonisateur français et le colonisé en lutte de libération nationale et bien il choisissait le sort de celui qui se bat pour la liberté plutôt que celui qui se bat pour la domination." Le racisme et l'impérialisme ne sont pas un à côté du système capitaliste, ils en sont le cœur. Trump en donne la mère démonstration aujourd'hui. L'impérialisme, stade suprême du capitalisme, disait Lenine. Marx s'explique à propos des de l'antagonisme entre ouvrier irlandais et ouvriers anglais.
Cet antagonisme est artificiellement entretenu et développé par la presse, le clerger et les revues satiriques brefes par tous les moyens dont disposent les classes dominantes. Cette antagonisme est le secret de l'impuissance de la classe ouvrière anglaise malgré son organisation. C'est le secret du maintien au pouvoir de la classe capitaliste et celle-ci en est parfaitement consciente. Et Céser enfin nous dit : "Il faudrait d'abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l'abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral.
Et c'est là le grand reproche que j'adresse au pseudohumanisme d'avoir trop longtemps raptissé les droits de l'homme, d'en avoir eu, d'en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partial et tout compte fait sortidement raciste. Au bout du capitalisme désireux de se survivre, il y a Hitler. Au bout de l'humanisme formel et du rencement philosophique, il y a Hitler. Le capitalisme c'est la c'est la négation de l'humanisme et il est la primauté de l'argent sur l'humain. Et on ne peut comprendre comment l'esclavage ou la colonisation ont été et sont encore possibles autrement que par ce prisme.
Aussi quand les insoumis affirment l'humanisme comme le cœur de l'identité républicaine, ils affirment du même coup la nécessité de l'anticapitalisme. Qu'est-ce qu'être français au sens où nous l'entendons nous les insoumis ? C'est être républicain. Qu'est-ce qu'être républicain ? C'est d'abord faire s à un programme politique qui tient en trois mots : liberté, égalité, fraternité. Et c'est en comprendre toute la dimension car il n'y a de liberté, d'égalité ou de fraternité possible dès lors que s'applique un système de domination. Que celui-ci soit basé sur le genre, sur l'origine, la couleur de peau ou le niveau de richesse.
Être français pour nous, c'est donc se mettre du côté des dominés contre les dominants et y compris être capable de remettre en question ses propres situations de domination. C'est donc dans une exigence morale C'est donc pardon une exigence morale et l'affirmation dans le même temps de l'existence d'une humanité une et universelle. Et vous allez voir pourquoi je reviens aux questions d'immigration. Et voilà pourquoi distinguer notre identité nationale de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui affirme à son article 1er les hommes naissent et demeurent libres et égaux entre eux et bien est tout simplement impossible.
On ne dit pas les les Français, on dit les hommes, c'est-à-dire l'humanité. On reconnaît donc des droits à l'ensemble de l'humanité et donc également aux étrangers particulièrement quand ils se trouvent sur le sol de la République et qu'on peut faire quelque chose à la situation. Notre drapeau, notre rime, notre devise, notre déclaration des droits de l'homme et du citoyen, tout ça naît avec la rupture de 1789 qui débouche en 1792 sur la République. Et voici comment pour la première fois on définit non pas la nationalité mais la citoyenneté. Tout homme né domicilier en France âgé de 21 ans accompli.
Tout étranger tout étranger âgé de 21 ans accompli qui domiciliait en France depuis une année. Il vit de son travail ou acqu une propriété ou épouse une française ou adopte un enfant ou nourrit un vieillard. Tout étranger enfin qui sera jugé par le corps législatif avoir bien mérité de l'humanité est admis à l'exercice des droits de citoyen français. Bon, il y a un problème, c'est que la Constitution laissait la moitié de l'humanité de côté, les femmes. Mais vous voyez déjà, on a corrigé le tir depuis fort heureusement, mais vous voyez comment à l'époque il n'existe pas de nationalité en dehors de la citoyenneté elle-même. Il y a pas de distinction entre les deux.
Et citoyen de la République, toute personne qui au bout d'un an et bien ma foi a décidé de s'installer, d'y vivre et puis de faire partie de la nation. Et là, les révolutionnaires vont être confrontés à des questions très directes puisqu'il y a des personnes qui n'entrent pas dans ces cases-là à ce moment-là. Et où, en tout cas, il y a une histoire particulière, j'ai parlé des juifs notamment. Et bien par leur lutte, les juifs vont obtenir le droit de vote dès 1791. Et puis il y a la question centrale qui est laissée de côté dans la manière dont on apprend l'histoire, c'est l'esclavage.
Et pareil et bien l'esclavage va être aboli par ceux qui luttent que ceux qui sont placés en esclavage et qui vont lutter pour leur liberté. Et voici comment en 1794 et bien la République décide d'abolir sur l'ensemble de son territoire l'esclavage et de faire citoyen de la République tous ceux qui auparavant avaient été placés en esclavage. Et je veux ici affirmer une chose pour continuer ce fil de l'histoire, c'est que à chaque moment de son histoire, y compris dans ces moments de grandeur, la France avait à faire avec les étrangers et avec les immigrés et les étrangers ont participé à construire la grandeur de la France.
Je veux parler de Miranda à la bataille de Valmi qui était vénézuélien. Parler des étrangers naturalisés en 1848 pour s'être battue pour la République, pour avoir fait la révolution, parler du Hongrois qui était membre de l'exécutif de la commune, parler des 600000 soldats coloniaux en relais de force et des 500000 travailleurs étrangers venus faire tourner nos usines pendant la guerre de 141. parler des Allemands, des Italiens, des Espagnols, des Polonais, des Arméniens comme les Manouquan par exemple qui rejoignent la résistance dans les années 1940.
Parler des Algériens, des Marocains, des Tunisiens, des Sénégalais qui participent au débarquement de Provence et qui permettent de libérer la France des nazis. Et d'ailleurs aujourd'hui, beaucoup sont les petits-enfants ou les enfants ou les arrières petits-enfants de ces combattants de la liberté et de ceux qui sont venus non seulement pour libérer la France, mais aussi pour la reconstruire après la guerre. Et il y a quelqu'un qui m'a dit un truc très juste une fois.
Il m'a dit "Quand les gens du RN parlent du droit du sang face au droits du sol, pourquoi ne parle-t-il que du sang qui coule dans les veines et pas de celui que nos anciens ont versé pour la France ?" Et bien moi, je suis d'accord avec cette personne et je trouve que c'est très beau parce que c'est une redéfinition du droit du sang que je trouve assez intéressante. Le sang versé et pas seulement le sang qui coule dans les veines. Et voilà. Et voilà. Euh voilà comment est la France telle que nous la concevons, telle que nous la pensons. Et quand nous parlons de Nouvelle-France, d'ailleurs, on ne parle pas seulement de la population telle qu'elle est aujourd'hui.
On parle aussi dans l'histoire des Nouvelles-Frances. La révolution contre l'ancien régime, la résistance contre les fascistes. Bref, à chaque étape, on peut choisir son camp. Et quel est le sens de la Nouvelle France que nous souhaitons voir arriver ? Et compte tenu de tout ce que je viens de dire, on peut réfléchir à ce que serait une politique d'immigration cohérente pour des gens qui veulent respecter des principes. Ce serait d'abord une politique qui évidemment lutte contre l'exil forcé qui est l'immigration. Donc ça veut dire remettre en cause les accords de libre échange par exemple. C'est une politique nécessairement anticapitaliste.
Ça veut dire remettre en cause l'exploitation néocoloniale d'un certain nombre de pays et d'un certain nombre d'entreprises. Et comme l'a justement dit Jean-Luc Mélenchon, chacun doit pouvoir travailler et vivre dans son pays si c'est ce qu'il souhaite et la France doit pouvoir y contribuer aussi en remettant en cause parfois ses propres intérêts. Et notre politique d'immigration, ce serait ensuite celle du respect des êtres humains. Et oui, et moi je suis totalement d'accord avec ce que tu as dit. En fait, le problème fondamental dans tout ça, c'est qu'on oublie que les gens sont des êtres humains. Et c'est ce que fait l'extrême droite en permanence.
Ils essaient de nous faire oublier que c'est des semblables. Ils essaient de faire en sorte de mettre une différence telle entre les étrangers et les Français pour qu'on les voit comme des gens différents. Mais c'est pas des gens différents, c'est des gens. Et justement c'est ça, c'est ce d'abord ce sur quoi il faut lutter. Alors ça veut comment on fait ça ? D'abord en France, on rétablit le titre de séjour de 10 ans comme étant la norme parce que tout ça évite des tracasseries administratives. Tout ça évite d'embolir par ailleurs l'administration française avec des bêtises. Alors aujourd'hui, ils ont inventé un système qui est complètement lunaire.
Ils font des récepissés automatiques de titres de séjour de 3 mois. C'est-à-dire qu'ils ont inventé un nouveau titre de séjour fake qui est le titre de le faux titre de séjour, le récepé qu'on donne tous les 3 mois pour que les gens soient dans la crainte et dans la peur. Oui, en fait rétablir le titre de séjour de 10 ans comme la norme, c'est à la fois simplifier les choses dans l'administration et en même temps, c'est assurer de la sécurité pour les gens qui du coup ne se retrouvent plus à devoir faire ses demandes régulières et ça supprime des tracas de la vie.
Ensuite, concernant l'immigration dite illégale, je mets des guillemets, et bien d'abord, il faut dépénaliser euh le séjour irrégulier parce que c'est pas un crime d'être présent sur le territoire de la République française, surtout quand on a fuit la guerre, la misère, la pauvreté, le changement climatique et qu'on s'est retrouvé là parfois au péril de sa vie. Par ailleurs, nous régulariserons aussi les travailleurs sans papier et les étudiants et les parents de ceux qui sont en étude sur le territoire de la République française. Parce que la régularisation, c'est la sécurité pour tous, pour ceux qui sortent de la clandestinité mais aussi pour tous les autres.
Parce que contrairement à ce que disent les racistes, ce ne sont pas les immigrés qui profitent du système, c'est le système qui profite des immigrés et plus spécifiquement encore des personnes qui vivent dans la clandestinité avec des conditions de travail pénibles, dangereuses, des basalaires et comme je reviens pas dessus mais comme tu l'as très bien dit en fait la régularisation pour ceux qui ont un portefeuille à la place du cœur mais c'est aussi beaucoup d'argent qui va rentrer dans les caisses de l'État parce que d'un seul coup vous supprimez toute une partie du travail dissimulé et vous faites entrer dans les caisses de l'État et dans les caisses de la sécurité sociale toutes les cotisations que les patrons devraient verser et qu'il ne versent pas en exploitant les personnes qui sont en situation dite irrégulière.
Et enfin, une politique insoumise posera directement la question de l'accès à la nationalité française des personnes immigrées, c'est-à-dire à la citoyenneté française. Et là où certains cherchent à empêcher l'accès à la nationalité française, nous faciliterons au contraire ce passage à la nationalité et nous améliorerons aussi les capacités d'apprentissage de notre langue pour que ceux qui résident sur le territoire de la République puissent l'apprendre facilement. Pourquoi ? Parce qu'être républicain au sens historique du terme, c'est chercher l'élargissement systématique du droit de vote. C'est ce que nous proposons par exemple en proposant le droit de vote à 16 ans.
C'est ce que nous proposons en proposant l'inscription automatique sur les listes électorales pour éviter les phénomènes de non inscription ou de malinscription qui concernent 10 millions de personnes dans notre pays. Oui, nous voulons que le peuple des citoyens corresponde au peuple qui est présent sur le territoire de la République française et que donc les personnes qui sont étrangères mais qui souhaitent participer à la vie de notre pays puissent devenir française quand elles remplissent les conditions. Et nous voulons assouplir ces conditions pour faire en sorte que tous ceux qui sont là puissent décider collectivement de leur avenir.
Voilà, je crois avoir résumé aussi rapidement que ce que je pouvais faire parce que j'avais écrit beaucoup trop de choses et j'ai sabré. Donc j'espère que c'était quand même compréhensible ce que pouvait être une pensée insoumise sur l'immigration, c'est-à-dire une pensée matérialiste qui prend pour point de départ les faits et non les fantasmes. Une pensée humaniste qui prend pour centre de son action l'humain et l'humanité et une pensée républicaine qui fait de la devise liberté, égalité, fraternité un programme de gouvernement et de la citoyenneté une méthode d'action.
Et puisqu'on a commencé avec Stéphan Zweg, et bien je finirai avec Victor Hugo et un petit poème de 1855 et je vous le lis. Quoi ? J'ai dit une bêtise. Pardon. Bon, je vous lis mon petit poème de Victor Hugo. Étranger, que signifie ce mot ? Quoi ? Sur ce rocher, j'ai moins de droit que dans ce champ. Quoi ? J'ai passé ce fleuve. Ce sentiez cette barrière, cette ligne bleue ou rouge visible seulement sur vos cartes et les arbres, les fleurs, le soleil ne me connaissent plus. Quelle inepsie de prétendre que je suis moins homme sur un point de la terre que sur l'autre. Vous me dites, nous sommes chez nous et vous n'êtes pas chez vous. Où ? Ici.
Vous n'avez qu'à creuser une fausse et vous verrez que la terre m'y recevra tout aussi bien que vous.
Antoine Léaument