Mélenchon : nouveau patron à gauche ? Les questions SMS #cdanslair 09-01-2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:02OuverteRéponse partielle
Quel candidat à la primaire du Parti Socialiste, Jean-Luc Mélenchon, aimerait-il voir gagner ?
- 0:48OuverteRéponse partielle
Que propose Mélenchon pour renforcer la sécurité dans notre pays ?
- 1:29OuverteRéponse directe
La direction du PC est-elle vraiment satisfaite de soutenir Mélenchon ?
- 2:30OuverteRéponse partielle
Mélenchon président, mais avec quelle équipe pour gouverner ?
- 3:35OuverteRéponse directe
Jean-Luc Mélenchon parle-t-il d'immigration dans son programme ?
- 3:55OuverteÉludée
Jean-Luc Mélenchon contre Marine Le Pen au deuxième tour de la présidentielle. Qui serait le vainqueur ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:14Invité politiqueFait
« D'abord, s'il avait lui-même été candidat à la primaire, il aurait peut-être fait un tabac, il aurait peut-être accroché un second tour »
- 0:19Invité politiqueFait
« Valls sortant de la primaire, obligé d'aller un peu vers sa gauche, donc se dévalsifiant un petit peu, comme il fait depuis quelques temps »
- 0:53Invité politiqueFait
« Parce qu'il veut absolument que Hollande soit sauvée des eaux et puisse se présenter. »
- 1:06Invité politiqueFait
« Sur l'armée, par exemple, il a des propos assez flous. Il veut faire un service militaire, il veut repenser notre diplomatie pour qu'on sorte de l'OTAN et qu'on récupère des moyens. »
- 1:32InvitéFait
« Bien sûr ! C'est une blague, évidemment, parce qu'on sait qu'ils n'en ont pas voulu, ils ont tout fait pour que ce ne soit pas lui. »
- 2:22Invité politiqueFait
« Alors il dit qu'il en manquait 4, mais qu'il en voulait 600 pour être... »
- 4:30InvitéFait
« Il a été dans un conseil général en Essonne, il a été député, sénateur, secrétaire d'État à l'enseignement technique. »
- 5:09Invité politiqueChiffre
« Il est plus âgé, il est né en 51. »
- 6:20Invité politiqueFait
« La sincérité, une foi républicaine et laïque, mais insoupçonnable, incontestable »
- 7:32InvitéFait
« En tout cas, par exemple, sur le programme de Hamon, il y a toute une série de thématiques sur lesquelles ils sont très proches, programmatiquement en parlant. »
- 7:52Invité politiqueFait
« Ils sont très proches, mais Hamon, Montebourg préféreront ne pas aider Mélenchon, le laisser terminer son aventure et rester au PS pour prendre le PS après l'échec qu'ils souhaiteront de Manuel Valls. »
Temps de parole
- Jean-Luc Mélenchon33 %
- Invité19 %
- Présentateur18 %
- Invité 217 %
- Invité 314 %
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Avec une première question intéressante. Quel candidat à la primaire du Parti Socialiste, Jean-Luc Mélenchon, aimerait-il voir gagner ?
D'abord, s'il avait lui-même été candidat à la primaire, il aurait peut-être fait un tabac, il aurait peut-être accroché un second tour, alors que Macron, à mon avis, aurait été écrabouillé dans une primaire. Sinon, je pense qu'évidemment, pour lui, c'est Valls, l'idéal. Valls sortant de la primaire, obligé d'aller un peu vers sa gauche, donc se dévalsifiant un petit peu, comme il fait depuis quelques temps, et puis confronté à la rivalité avec Macron. Donc pendant ce temps-là, l'espace à gauche peut s'ouvrir. Ça serait bon pour Mélenchon, je pense.
Voilà, plus Valls qui serait celui qui devrait assumer l'héritage et le bilan du quinquennat. Avec une partie des socialistes qui partiraient chez Mélenchon, parce qu'ils n'ont pas fait les frondeurs les uns les autres, non ? Les socialistes, peut-être pas les cadres, mais les électeurs sûrement.
Dans le discours fondateur de la France insoumise, donc on est en octobre, Mélenchon tape sur Macron. Pourquoi ? Parce qu'il veut absolument que Hollande soit sauvée des eaux et puisse se présenter. Pour pouvoir, lui et Mélenchon, affronter le responsable principal du quinquennat. Pas de chance, ça n'a pas marché.
Allez, que propose Mélenchon pour renforcer la sécurité dans notre pays ?
Sur l'armée, par exemple, il a des propos assez flous. Il veut faire un service militaire, il veut repenser notre diplomatie pour qu'on sorte de l'OTAN et qu'on récupère des moyens. Mais on sent bien que sur le régalien, autant sur la Constitution, il pense une citoyenne en République, sur le régalien, justice, police, armée, il n'est quand même pas très fort.
Ce n'est pas son sujet, ce que disait tout à l'heure, Guylaine ? Oui, c'est ce que vous disiez tout à l'heure. Pour lui, la sécurité, c'est la sécurité de l'emploi, du pouvoir d'achat.
La direction du PC est-elle vraiment satisfaite de soutenir Mélenchon ? Bien sûr ! C'est une blague, évidemment, parce qu'on sait qu'ils n'en ont pas voulu, ils ont tout fait pour que ce ne soit pas lui. On ne les entend pas beaucoup. Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon ne peuvent plus se voir en peinture. Non, non, le Parti communiste, c'est l'histoire du loup et de la bergerie. Ils ont laissé rentrer Mélenchon en espérant que ça leur redonnerait des couleurs. Et puis la maison a pris feu et le loup est parti avec...
Et Mélenchon est un loup solitaire.
Oui, il est un loup solitaire, par ailleurs.
Il ne chasse pas en meute.
Et puis parce qu'il y a une tradition du Parti communiste chez certains élus qui est pour le dialogue, qui est pour le débat, qui est pour tendre la main aux socialistes, parce qu'ils savent que derrière, il faut quand même des transcriptions, il faut quand même des alliances municipales pour remporter les élections. Et les positions sectaires que pouvait avoir Jean-Luc Mélenchon il y a encore peu de temps, avec les anathèmes, et lui jamais, et tout ça, les effraient, eux, pour le coup, parce qu'ils se disent on est en train de vider la maison. On sait que c'était très utile pour Jean-Luc Mélenchon d'avoir les communistes avec... Mais il les a ses signatures.
Alors il dit qu'il en manquait 4, mais qu'il en voulait 600 pour être... Non, il les aura. Il y a 750 maires communistes, les militants ont tranché. Il aura ce soutien. Par ailleurs, un bon score de Mélenchon, ça permettra peut-être aux communistes de négocier pour leur circonscription en force avec le PS, et d'avoir un reste d'élan populaire si la France s'est donnée à Fillon pour sauver des élus.
Mélenchon président, mais avec quelle équipe pour gouverner ? Non, mais voilà, on en est très loin, mais c'est ce que je dis. C'est un des sujets. C'est que c'est quelqu'un qui est compliqué à vivre, qui est difficile, qui fait tout tout seul, qui est chef. Voilà, il n'a pas laissé beaucoup de place aux équipes du PC. Il est entouré d'aucune grande figure. On ne connaît pas aucun de ses porte-parole. Alors il a quelques économistes qui travaillent autour de lui. Il y a des gens intelligents. Mais je veux dire, il n'a pas créé d'équipe. Il n'a pas d'élus autour de lui.
C'est une question qu'on pourrait retourner à Emmanuel Macron ?
Il a un petit peu plus. Il a un staff un peu plus étoffé, notamment venant du privé. Il a quand même un certain nombre d'élus. Mais c'est un des problèmes de Macron aussi. Mais il a moins d'existence politique que n'en a Mélenchon. On se dit que depuis le temps qu'il est candidat, il aurait pu créer quand même une équipe, un chat de cabinet. Il a une garde à proche.
Jean-Luc Mélenchon parle-t-il d'immigration dans son programme ?
Il a été échaudé par la mésaventure du discours de Marseille quand même. Donc ce qu'il a dit pour l'instant de l'immigration, et plutôt des migrants, c'était des propos extrêmement durs, extrêmement sévères. Il veut protéger son électorat de couches populaires. Et comme toujours, les couches populaires sont rétives à une immigration parce que ça fait une sorte de concurrence à la baisse pour les conditions de travail.
Jean-Luc Mélenchon contre Marine Le Pen au deuxième tour de la présidentielle. Qui serait le vainqueur ? Ben dis donc bon courage Jean-Pourquet. Voilà, on ne va pas se lancer dans les pronostics. Maintenant, il faut déjà gagner la primaire de la gauche, la vraie primaire des gauches, qui sera le premier tour de la présidentielle pour Jean-Luc Mélenchon. C'est-à-dire coiffer au poteau Jean... C'est ça son sujet. C'est ça son sujet. Et au passage, complètement centrifugé le PS. Jean-Luc Mélenchon a-t-il la stature d'un homme d'État ? Mathieu Croissant-Dor. Si, on veut dire par là, est-ce qu'il a exercé des responsabilités telles qu'il ne serait pas surpris en arrivant ? Non.
Il a été dans un conseil général en Essonne, il a été député, sénateur, secrétaire d'État à l'enseignement technique. Il n'a pas plus, pas moins que ses concurrents. Si on met de côté Emmanuel Valls ou François Fillon qui ont été Premier ministre. François Hollande est quand même arrivé à la tête de l'État sans avoir jamais été dans un gouvernement.
On a vu le reste de l'État. Dans un gouvernement de gauche très élargi, il récupérerait un ministère régalien. Je ne suis pas certain qu'il l'occuperait très mal. Pour être à la défense ou à la justice, il l'occuperait plutôt bien en stature. La République pour lui, c'est quelque chose de très important. Alors c'est peu probable qu'il y ait une sorte de gauche réunie qui arrive au pouvoir avec un Mélenchon qui maintenant est vieillissant. Ça va être le candidat le plus âgé de la présidentielle, à part peut-être Cheminade. Il est plus âgé, il est né en 51. Mais s'il y était, je pense qu'il pourrait occuper.
Homme d'État dans le sens où c'est quelqu'un de responsable et d'honnête. Et je pense qu'avec la sincérité, c'est quelque chose qu'on peut reconnaître à Jean-Luc Mélenchon.
En même temps, son discours est ambigu. Il faut le dire comme ça. C'est ambigu et il joue de ses ambiguïtés. Alors il dit, vous me faites dire ce que je n'ai pas dit. Avec l'astro, alors c'est mieux. Il a quand même soutenu l'action. Il a remercié la Russie et l'action de la Russie pour son action en Syrie. Justement, ça c'était en février dernier. Il est quand même beaucoup plus tourné vers les soviétiques que vers les américains.
Il a une fascination pour les leaders d'extraction populaire avec du vote, mais un peu populiste.
Il aime ça. Il y a un autre registre, un autre ressort, c'est l'acrimonie vis-à-vis de ce qu'il appelle les nord-américains. C'est-à-dire les nord-américains. C'est les latinos qui parlent, le nord-américain. Et donc voilà, en disant, si Poutine en est là aujourd'hui, c'est parce que les américains et tous leurs alliés l'ont cornerisé. Et donc il faut reprendre dialogue avec ce grand pays. Bon, une question très ouverte. Quelles sont les principales qualités de Jean-Luc Mélenchon ?
La sincérité, une foi républicaine et laïque, mais insoupçonnable, incontestable, alors qu'il y a tant de leaders qui composent avec en se disant, il y a telle ou telle communauté qu'il ne faut pas fâcher. De ce côté-là, il est vraiment intransigeant. Et puis cette ferveur, parce qu'il faut quand même mener ce combat depuis des années et des années, il faut y aller, avec parfois des bons succès d'estrade et puis parfois des moments où ça ne se passe pas bien. Quelque part, il est dans le paysage politique un produit très français.
C'est-à-dire que ça sent la Troisième République, ça sent le révolutionnaire, c'est quelque chose de très authentique, le trotskisme qui a fait partie de notre histoire. Et je pense que ce patrimoine-là, ce capital-là, il est touchant d'abord et il a une certaine valeur.
Il est très vintage, c'est assez amusant parce qu'on voit que le Parti Socialiste, à sa droite, il y a Emmanuel Macron qui est très new age, très... Nouvelle technologie, le nouveau monde. Nouvelle technologie, nouveau travail, nouveau monde. Et puis l'autre, on sent la Convention, la République, on se croirait presque au XVIIIe siècle, les grands débats. Zola, quand il parle de Zola, il est crédible. Il y a un côté, voilà.
Il y a une grande intelligence, il faut connaître ça, une grande culture et une forme de constance quand même. Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ne sont-ils pas bien plus proches de Jean-Luc Mélenchon que de Manuel Valls ? Jean-Pourquet. Alors, c'est à chacun de faire son opinion. En tout cas, par exemple, sur le programme de Hamon, il y a toute une série de thématiques sur lesquelles ils sont très proches, programmatiquement en parlant. Et c'est encore une fois le pari de Mélenchon de voir la victoire du camp réformiste au sein du PS et que tout cet électorat vienne à lui. Sur l'abrogation de la loi travail, il est proche de ce que dit Benoît Hamon, sur la nationalisation.
Ils sont très proches, mais Hamon, Montebourg préféreront ne pas aider Mélenchon, le laisser terminer son aventure et rester au PS pour prendre le PS après l'échec qu'ils souhaiteront de Manuel Valls.
Une alliance entre Mélenchon et le vainqueur de la primaire de la gauche est-elle envisageable ?
Deuxième tour face à Le Pen, oui, peut-être.
Oui, mais ça sera sans doute trop tard. Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h20. On se retrouve demain 17h50. Pour à nouveau, c'est dans l'air tout de suite. C'est à vous. Belle soirée sur France 5. C'est à vous.
Jean-Luc Mélenchon