Canicule : "Les élevages suffoquent, les cultures brûlent, la biodiversité recule" - Mélanie Thomin
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Merci Madame la Présidente, Madame la Ministre de l'Agriculture. Hier, des collègues ont évoqué dans cet hémicycle les conséquences dramatiques de la canicule sur l'agriculture. À mon tour, je veux apporter tout notre soutien aux éleveurs confrontés à une catastrophe d'un traumatisme inouï, particulièrement en Bretagne et dans le Finistère, où des centaines de milliers d'animaux sont morts, près de 6600 tonnes, sous l'effet de la chaleur.
Tous les modes de production sont sinistrés, les conventionnels, les plein air, en bio, en label rouge. Je veux aussi saluer les services de l'État mobilisés dans l'urgence qui font ce qu'ils peuvent avec les moyens dont ils disposent. Mais la réalité est là, les élevages suffoquent, les cultures brûlent, les vergers souffrent, les forêts, les landes s'embrasent, les océans se réchauffent, la biodiversité recule.
Les rendements agricoles s'annoncent critiques et derrière eux, ce sont des exploitations déjà fragilisées qui risquent de subir de nouvelles pertes économiques majeures. Nous ne sommes que le 1er juillet et alors que l'été vient à peine de démarrer, l'eau manque déjà. Les sols sont dans un état critique.
Cet épisode climatique n'est pas une parenthèse, il est appelé à se répéter. Depuis des années, les scientifiques nous alertent, c'est une réalité que chacun ressent désormais. Madame la Ministre, hier, vous avez concédé que lorsque des volailles meurent à plus de 40 degrés, la politique n'y peut rien.
Mais à quoi ? La gestion permanente des crises ne peut pas être la finalité de votre ministère. Votre gouvernement gère l'urgence, intervient toujours post-catastrophe, après les animaux morts, après les pertes de production, après les sinistres.
Il constate quand il faudrait planifier, il indemnise quand il faudrait adapter et supprime le fond vert aux collectivités. Je veux l'affirmer ici, votre projet de loi agricole ne répond en rien à l'urgence climatique. Pire, il entérine des régressions majeures sur l'élevage, alors qu'un vaste plan de modernisation des bâtiments est indispensable.
Sur l'eau, alors que la ressource se raréfie et et la sobriété devrait être la règle au service de tous les usagers. Madame la ministre, ma question est donc simple. Quand votre gouvernement passera-t-il du mode gestion de crise à une véritable politique pour anticiper le réchauffement ?
L'agriculture française a besoin de vision, pas de régression. Merci madame la députée.
Mélanie Thomin