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Discours / meetingLa parole de Jean-Luc Mélenchon· 27 octobre 2026 103 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesÉducation & rechercheSolidarités & famille

Conférence de Jean-Luc Mélenchon à l'ESSEC

Source d'origine 4 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 49 %Attaque 40 %Défensif 11 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:29OuverteÉludée

    En 2021, vous écriviez dans votre blog que ramener la politique à des questions psychologiques vous a toujours insupporté.

  • 2:14OuverteÉludée

    Vous naissez à Tanger en 1951 au sein d'une famille de pieds noirs catholiques.

  • 8:55OuverteRéponse directe

    Vous disposez d'un droit de réponse à la présentation qui vient d'être faite.

  • 14:27OuverteRéponse directe

    Mercredi 14 octobre, vous avez présenté votre plan pour remettre de l'ordre dans les comptes publics.

  • 15:07RelanceRéponse directe

    Comment comptez-vous convaincre les membres de la BCE, notamment l'Allemagne ou les Pays-Bas ?

  • 17:24RelanceRéponse directe

    Pourquoi vouloir supprimer ces 600 milliards de dettes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 14:49InvitéChiffre
    « vous souhaitez annuler ou geler la part de notre dette qui est détenue par la BCE, qui représente environ 16,16% de la dette totale. »
  • 16:58InvitéChiffre
    « la dette rapportée au nombre d'années d'un titre moyen de dette, c'est à peine 12% de ce qui sera produit pendant les années considérées. »
  • 20:49InvitéFait
    « Moi, je les considère comme des nuisibles, qui par leur comportement aggravent la situation. »
  • 23:13InvitéFait
    « La Banque Centrale Européenne possède légalement des titres achetés sur le marché secondaire et c'est cela que je propose d'annuler. »
  • 24:05InvitéChiffre
    « Donc nous ne récupérons que 18%. Si nous annulons, nous annulons tout, c'est-à-dire 100%. »
  • 36:46InvitéChiffre
    « Ces gens sont en danger public. Ils sont passés à 50% du total de l'argent qui est prêté aux États. »
  • 38:45InvitéChiffre
    « Vous savez combien il y a de banques systémiques dans ce pays ? Six. »
  • 38:48InvitéChiffre
    « 3 600 milliards de dettes qui ne sont pas remboursées. »
  • 40:04InvitéChiffre
    « Si nous avons avec nous les Espagnols, si nous avons avec nous les Portugais, les Italiens, les Grecs, les Belges, c'est pas un contre tous, c'est 50% du PIB de l'Europe. »
  • 41:15InvitéFait
    « C'est la seule fois qu'on a fait le plan du plus grand plan d'embauche depuis la guerre. C'est la seule fois où tous les comptes sociaux ont été mis au vert. C'est le gouvernement de Lionel Jospin. »
  • 41:33InvitéFait
    « Ils ont appliqué une stratégie. Cette stratégie a consisté à endetter, à mort l'État, pour obliger à détruire l'État. »
  • 42:41InvitéFait
    « Le Premier ministre dit qu'on est ruiné. »
  • 49:35InvitéPromesse
    « Ils vont créer la TVA sociale. »
  • 50:36InvitéChiffre
    « Pile, poil, 82 milliards. »
  • 50:50InvitéChiffre
    « En cotisation constante depuis 1990, le déficit de l'ensemble des régimes que contient la sécurité sociale, c'est 0,2%. »
  • 51:46InvitéFait
    « Ils ne tombent pas plus malades que les autres ? Bien sûr que si, donc ça vous coûtera plus cher. »
  • 51:56InvitéFait
    « Vous aurez donc la malédiction du 19e siècle va revenir, c'est-à-dire les vieux pauvres. »
  • 1:08:39InvitéFait
    « Tirer dans la figure de quelqu'un n'est pas un geste adapté. »
  • 1:12:10PrésentateurFait
    « Vous voulez supprimer la BAC, me semble-t-il. »
  • 1:15:12InvitéFait
    « Regardez, Mélenchon a mis le feu partout et sinon, c'est les arabo-musulmans. »
  • 1:17:35InvitéFait
    « La France a été un modèle en temps, parce que nous avons eu un préfet de police qui est rentré dans l'histoire, le préfet Grimaud. »
  • 1:26:41InvitéChiffre
    « Il y a entre 6 et 11 millions d'armes qui circulent dans notre pays. »
  • 1:29:54InvitéFait
    « Le chef de l'État qui décide qu'on va passer 13 départements français en indépendance parce que la guerre a été gagnée à juste titre par le peuple algérien. »
  • 1:31:37InvitéFait
    « Le référendum d'initiative citoyenne et le référendum révocatoire sont les outils centraux emblématiques de la VIème République. »
  • 1:33:36InvitéFait
    « Je vous propose de diminuer les dépenses de santé, non pas en privant les gens de médicaments, mais en réduisant le champ de la maladie. »
  • 1:35:24InvitéChiffre
    « Au plus fort de la mobilisation, on avait plus de 1 000 lycées qui étaient concernés. »
  • 1:37:52InvitéFait
    « Ça met 10 ans à fabriquer un médecin. »
  • 1:40:47InvitéChiffre
    « 50%, vous entendez ? Pas dit souvent. La moitié d'une génération est dans ces branches. »
  • 1:41:22InvitéFait
    « on a réussi un truc, c'est abaisser les statistiques de la productivité en France. »

Temps de parole

  • Invité75 %
  • Présentateur7 %
  • ?6 %
  • Présentateur 24 %
  • Invité 24 %
  • Invité 34 %

≈ 52,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir et bienvenue à ce nouveau débat des mardis de l'ESSEC, organisé avec le concours du groupe financier Odo-BHF et du cabinet de conseil EY Partenon.

0:08
Locuteur

Nous

0:09
Présentateur

remercions également notre partenaire LCP qui diffuse ce débat sur sa chaîne YouTube.

0:14
Invité

Avant de commencer le débat, nous souhaitons rappeler que notre association est apolitique et que notre objectif à l'approche des présidentielles est de donner la parole à toutes les idées. Comme le disait Albert Camus, le dialogue est la seule arme contre le fanatisme.

0:27
Locuteur

Monsieur

0:28
Présentateur

Mélenchon,

0:29
Locuteur

en

0:29
Présentateur

2021, vous écriviez dans votre blog que ramener la politique à des questions psychologiques vous a toujours insupporté.

0:36
Locuteur

Qu

0:36
Invité

'à cela ne tienne, en tant que représentant de l'oligarchie économique que vous fustigez, nous n'avons plus grand chose à perdre. Alors, déjà bien installé dans nos fauteuils rouges, couleur qui n'est pas pour vous déplaire, écoutez notre esquisse freudienne de votre tempérament unique qui fascine autant qu'il agite la scène politique.

0:54
Locuteur

Vous

0:54
Présentateur

le savez, toute cure psychanalytique débute par l'exploration de la période archaïque.

0:59
Locuteur

Vous

1:00
Présentateur

naissez à Tangier, en 1951, au sein d'une famille de pieds noirs catholiques.

1:04
Invité

Pendant 11 ans, vous profitez

1:06
Locuteur

de l

1:06
Invité

'ardeur du soleil marocain jusqu'à ce que le divorce de vos parents ne vienne briser l'insouciance de votre jeune appareil psychique.

1:13
Présentateur

Arraché à cette ville-monde pour suivre votre mère, vous faites escale en Normandie avant de débarquer dans une ville jurassienne on ne peut plus charmante, l'on se saunit.

1:22
Locuteur

Loin

1:23
Invité

du simple détail biographique, ce déracinement a son importance car elle continue de vous hanter.

1:28
Locuteur

Votre

1:29
Invité

reprise du célèbre concept de créolisation,

1:32
Présentateur

cette idée selon laquelle la présence de différentes cultures en crée une nouvelle,

1:36
Invité

n'est en réalité que la sublimation politique d'un souvenir d'enfance refoulé.

1:41
Locuteur

En

1:41
Invité

somme, une tentative inconsciente de réinventer votre paradis cosmopolite de jadis.

1:46
Locuteur

Mais

1:47
Présentateur

revenons-en à votre adolescence. Face à ce triple choc, géographique, culturel et familial, votre appareil psychique réagit par un mécanisme classique de surcompensation intellectuelle. Oui, afin que votre moi retrouve une parfaite harmonie.

2:01
Invité

Non, ce n'est pas une phrase tirée d'un code de vie.

2:04
Locuteur

Vous

2:04
Présentateur

vous forgez une armure via la littérature, l'imaginaire hugolien et le verbe républicain.

2:09
Locuteur

Cette

2:10
Invité

assimilation culturelle s'opère d'abord au lycée Rouget de Lille.

2:13
Locuteur

Un

2:14
Présentateur

comble quand on sait qu'aujourd'hui, certains de vos camarades refusent d'entonner la Marseillaise.

2:18
Invité

Complété par une licence de lettres modernes et de philosophie à Besançon en 1972. Nous savons désormais d'où viennent votre plume et votre verbe sans égal.

2:28
Présentateur

Diplôme en poche, vous enchaînez les expériences. Ouvrier, pigiste, pion puis professeur, une fois le capaise décroché. Votre faculté à trouver du travail laisse croire que M. Macron avait raison et qu'il suffit de traverser la rue.

2:42
Locuteur

De

2:42
Invité

cette confrontation à la réalité n'est une sensibilité, mais surtout une envie d'enlighten, lead, change.

2:51
Locuteur

Si

2:51
Invité

bien que vous vous hissez à la tête de l'Union Générale des étudiants de Besançon.

2:55
Locuteur

Vos

2:56
Présentateur

capacités de management semblent indéniables, puisque votre liste s'impose lors des élections du CRUSS de 1975, avec 60% des suffrages.

3:05
Locuteur

Un

3:05
Invité

sommet électoral que vous chercherez toujours à réitérer.

3:10
Présentateur

Convaincu que la politique de l'eau tiède, ça fait de la vapeur mais ça ne fait pas tourner le moteur, vous aspirez au trotskisme et adhérez à l'organisation communiste internationale.

3:19
Locuteur

Vous

3:20
Présentateur

intériorisez alors un surmoi révolutionnaire, autoritaire et disciplinaire.

3:25
Locuteur

Cette

3:25
Invité

nouvelle norme doctrinale est si bien ancrée que votre vision géopolitique d'un monde bipolaire semble n'avoir pas changé.

3:32
Présentateur

En 1976, repéré par le parti socialiste, vous déménagez dans votre nouvelle maison mère.

3:38
Locuteur

Vous

3:38
Présentateur

y gravirez les échelons jusqu'à devenir, en 1986, le plus jeune sénateur de France.

3:44
Locuteur

De

3:44
Présentateur

votre passage au Luxembourg, on retiendra deux choses.

3:47
Locuteur

Le

3:48
Invité

contrat de partenariat civil, qui deviendra le PACS en 1999.

3:52
Locuteur

Et

3:52
Présentateur

votre vote contre l'intégration de la Banque de France dans le système européen.

3:56
Locuteur

D

3:56
Invité

'ailleurs, Bastien, j'ai reconté. M. Mélenchon était le seul des 75 socialistes à voter contre. C'est bien la preuve d'un courage exceptionnel.

4:03
Présentateur

Ou d'un besoin maladif d'exister.

4:06
Invité

Pendant 20 ans, le PS vous donne le sein avec un statut, une notoriété, et même sous Lionel Jospin, un poste de ministre délégué à l'enseignement professionnel.

4:16
Locuteur

On

4:16
Présentateur

sait désormais d'où vient votre engagement pour les lycéens.

4:19
Invité

Cependant, la fin des années 90 marque un tournant. Le père mythique François Mitterrand s'éteint, et Jospin devient Premier ministre, laissant le poste de premier secrétaire du parti orphelin.

4:29
Locuteur

Vous

4:30
Présentateur

bataillez pour l'occuper, mais c'est un autre François qui s'invite dans le lit de la maison mère lors du congrès de Brest.

4:36
Locuteur

Avant

4:37
Invité

même les élections, vous reconnaissez votre défaite, mais demandez à notre cher M. Hollande de vous créditer 15% des voix.

4:43
Locuteur

En

4:44
Invité

homme d'une fiabilité exemplaire, il vous en accordera très généreusement 8,81%.

4:50
Locuteur

Le

4:51
Présentateur

moi n'étant pas maître dans sa propre maison, vous multipliez les courants, mouvements et projets dissidents.

4:56
Invité

Socialisme et réflexion, nouvelle école socialiste, la gauche socialiste, nouveau monde, trait d'union, sans succès.

5:02
Locuteur

Ne

5:02
Présentateur

vous inquiétez pas, nous sommes bien placés pour savoir qu'il faut se planter quelques fois avant de scale up. Dans votre cas, il faut attendre 2008 pour réussir à couper le cordon avec la maison familiale en fondant le parti de gauche.

5:14
Invité

Attends deux minutes Bastien, tu connais les idées de ce parti toi

5:16
Locuteur

?

5:17
Présentateur

Bien sûr, c'est un parti de gauche radicale dont l'idéologie est l'éco-socialisme et la stratégie, le populisme de gauche.

5:24
Locuteur

Il

5:24
Présentateur

faut tout conflictualiser pour transformer un peuple révolté en peuple révolutionnaire.

5:28
Invité

C'est bien dit ça.

5:30
Présentateur

Eh bien c'est de notre invité, figure-toi. Et ça fonctionne, 11,10% à l'élection présidentielle de 2012, le meilleur score de la gauche radicale depuis 1981.

5:38
Invité

Jugeons les communistes réduits à la mort et le néant, vous dissolvez l'alliance en 2016 et fondez la France insoumise. Comme vous voulez un cap clair car on ne va pas refaire le PS, vous devenez un fils roi, régnant sans partage sur votre mouvement.

5:51
Locuteur

Ces

5:52
Présentateur

différents succès vous galvanisent et vous donnent un sentiment de toute puissance. Jusqu'à considérer que la République, c'est vous.

5:59
Locuteur

Si

5:59
Présentateur

nous savons que vous vouliez assimiler la perquisition du siège de LFI à une attaque contre la République, c'est selon nous avant tout révélateur d'une fusion entre le moi et l'idéal du moi.

6:09
Locuteur

De

6:09
Invité

manière plus générale, vos grandes déclarations, vos répliques piquantes et votre refus de la censure montrent que vous adoptez la posture inverse de votre idole. Là où Mitterrand incarnait la force tranquille, vous, vous préférez laisser votre ça régner en maître.

6:22
Locuteur

Si

6:23
Présentateur

le diagnostic s'arrêtait là, votre psychose serait assez classique pour un homme politique.

6:27
Locuteur

Mais

6:27
Invité

chez vous, on détecte un ressort plus profond, une envie d'occuper en permanence la conscience collective, presque comme une pulsion de maîtrise. C'est pourquoi, dès 2007, votre blog devient un véritable divan numérique sur lequel vous procédez à vos introspections.

6:42
Présentateur

Votre virtuosité médiatique atteint son paroxysme en 2017, avec l'essor de vos comptes YouTube et Instagram.

6:48
Invité

Un véritable précurseur des influenceurs avant même Jordan Bardella.

6:52
Locuteur

Mais

6:53
Présentateur

surtout avec l'utilisation des hologrammes lors de la campagne présidentielle, ce qui permet d'assouvrir votre fantasme d'ubiquité.

7:00
Locuteur

Vous

7:00
Invité

occupez également l'espace physique dans les manifestations pour la VIe République, la Révolution Fiscale ou plus récemment pour la suppression de Parcoursup.

7:08
Présentateur

Et puis, pour être bien certain de saturer toutes les librairies, vous rédigez pas moins de 23 livres.

7:13
Invité

Espérons que nos débatteurs les aient tous lus.

7:16
Présentateur

Malheureusement, tous ces stratagèmes d'omniprésence ne guérissent pas votre hantise du rejet.

7:20
Locuteur

Vous

7:21
Invité

qui avez commis le parricide contre la vieille gauche, vous connaissez trop bien le complexe d'Oedipe pour ne pas le redouter. Alors, dès qu'un fils politique émerge, un ruffin, un garideau ou un corbière, vous l'éliminez.

7:32
Locuteur

Comme

7:33
Présentateur

quoi, le RN n'est pas le seul à se méfier du grand remplacement.

7:38
Locuteur

Plus

7:38
Invité

inquiétant encore, la menace ne concerne pas seulement vos héritiers. C'est l'autre tout entier, dans sa différence la plus brute, qui déclenche chez vous une angoisse.

7:47
Présentateur

En particulier, vous avouez que vous ne pouvez pas survivre quand il n'y a que des blonds aux yeux bleus. C'est au-delà de vos forces.

7:53
Locuteur

Nous

7:53
Invité

mesurons donc l'épreuve que nous vous faisons subir.

7:58
Locuteur

Même

7:59
Présentateur

si nous venons de la pointer du doigt, votre paranoïa est parfois justifiée, au vu du nombre de médias qui se liguent contre vous.

8:05
Invité

Bon, Bastien, comment tu résumerais la psychanalyse de notre sujet ?

8:08
Locuteur

Je

8:09
Présentateur

dirais que si vous veniez à échouer une quatrième fois à l'élection présidentielle, ce ne serait pas la faute du système, mais plutôt celle de votre inconscient de jouissance de l'acte manqué.

8:18
Invité

Voilà, M. Mélenchon, notre séance touche à sa fin.

8:21
Locuteur

En

8:22
Présentateur

tant que simples étudiants d'école de commerce, nous ne prétendons pas avoir percé tous les mystères de votre inconscient. Non.

8:30
Locuteur

En

8:30
Présentateur

revanche,

8:31
Locuteur

ne

8:31
Présentateur

vous inquiétez pas, nous ne perdons pas le Nord, et nous vous environs donc la facture de la consultation une fois le débat achevé.

8:36
Invité

Chers invités et chers publics, nous vous souhaitons à tous un excellent débat.

8:50
Présentateur

Bonsoir, M. Mélenchon. Nous sommes ravis de vous recevoir au mardi de l'ESSEC. Merci d'avoir accepté notre invitation.

8:55
Locuteur

Comme

8:56
Présentateur

le veut la tradition, vous disposez d'un droit de réponse à la présentation qui vient d'être faite par Chloé et Bastien.

9:04
Invité

Bon, à l'instant, je disais, un droit est une liberté.

9:09
Locuteur

Je

9:09
Invité

pourrais donc décider de laisser vivre ce récit, sa vie. Nous verrons quelle sera sa durée. J'apprécie l'humour qui s'y trouve.

9:19
Locuteur

J

9:20
Invité

'ai la bouche pleine des répliques que je pourrais vous faire

9:22
Locuteur

dans

9:24
Invité

le même registre.

9:26
Locuteur

Mais

9:26
Invité

je laisse tomber. Je vous mets en garde contre, si vous me permettez, deux choses. La première,

9:31
Locuteur

c

9:32
Invité

'est de réduire l'analyse politique

9:33
Locuteur

à

9:34
Invité

la psychologie des personnages qui sont dans la politique.

9:38
Locuteur

Et

9:38
Invité

encore plus à improviser ce qui est censé être une science.

9:42
Locuteur

À

9:42
Invité

mes yeux, ça se discute.

9:44
Locuteur

Que

9:44
Invité

serait la psychanalyse

9:45
Locuteur

? Surtout

9:46
Invité

avec les instruments aussi rudimentaires que vous utilisez pour me décrire. Mais parce que psychologiser la politique, c'est la dépolitiser. Je le dis pas dans mon cas.

10:00
Locuteur

Ça

10:00
Invité

m'amuse. Mais je vais vous le dire à tous.

10:03
Locuteur

Les

10:04
Invité

personnages sont des personnages. Mais ils évoluent à l'intérieur d'un certain nombre d'événements, d'éléments qui les conditionnent.

10:13
Locuteur

Je

10:13
Invité

vais pas entrer dans le détail.

10:16
Locuteur

Des

10:16
Invité

choses qui m'ont ou amusé ou même piqué, hein. Je vais pas vous dire le contraire. Mais il me semble que votre récit, par sa méthode, est erronée. Puisque vous ne considérez qu'un aspect de la réalité. C'est comme si moi, je vous considérais uniquement d'après vos habits.

10:32
Locuteur

Et

10:32
Invité

deuxièmement, il est erroné politiquement.

10:35
Locuteur

Pour

10:35
Invité

deux raisons. La première, c'est qu'en 2008, je ne coupe pas un cordon ombilical. Je reste fidèle à une identité. Laquelle, c'est celle qui résulte du fait qu'en 2005, j'ai voté non. Au référendum qui constitutionnalisait

10:50
Locuteur

l

10:50
Invité

'ordolibéralisme sous lequel nous vivons depuis. Donc c'est un fait politique qui a déterminé un raisonnement politique qui s'est avéré juste.

10:58
Locuteur

À

10:58
Invité

savoir

10:59
Locuteur

que

11:00
Invité

quiconque adhérait à ce traité finirait par rencontrer une désapprobation massive

11:04
Locuteur

de

11:06
Invité

notre pays. Parce que la psychologie, pour le coup, collective, ou la culture collective de notre pays, n'est pas celle de l'Angleterre ou d'autres nations qui ont d'autres talents que le nôtre. Nous, nous sommes d'abord définis par le fait que nous nous sommes construits comme une nation et comme un peuple.

11:23
Locuteur

Comme

11:23
Invité

une invention politique

11:25
Locuteur

à

11:25
Invité

travers notre État.

11:26
Locuteur

Et

11:27
Invité

donc c'est une toute autre mentalité

11:29
Locuteur

que

11:30
Invité

celle qui est contenue par la logique de l'ordolibéralisme.

11:34
Locuteur

Par

11:34
Invité

conséquent, pour moi, il était certain que le parti auquel j'appartenais, qui avait appelé à voter oui,

11:39
Locuteur

et

11:40
Invité

qui avait durement combattu ce qui était pour le non, serait dorénavant lié à ce texte. Et ne produirait des programmes politiques qu'en accord avec l'ordolibéralisme, auquel je n'adhère pas, car ma philosophie de l'histoire est anticapitaliste.

11:55
Locuteur

Je

11:56
Invité

ne crois pas que le capitalisme soit la fin de l'histoire, et je crois que d'autres valeurs, d'autres principes peuvent animer l'histoire.

12:04
Locuteur

Voilà

12:04
Invité

pourquoi je me permets, avec la même audace que vous, à me juger d'après ma psychologie, ou supposait-elle, à vous dire, politiquement, ces deux aspects font de vous, intellectuellement, des libéraux.

12:19
Locuteur

Vous

12:20
Invité

n'êtes pas des collectivistes,

12:21
Locuteur

comme

12:22
Invité

moi, et bon, voilà, nous parlons d'un balcon différent. Voyons si en parlant l'un et l'autre, on éclaire la conscience de chacun. La plupart d'entre vous appartiennent, ou sont à un moment de leur vie,

12:36
Locuteur

où

12:36
Invité

vous aurez l'occasion, pardon, là je vous parle d'une manière un peu paternaliste, mais je m'en fous, vous êtes à un moment de votre vie où, indépendamment de votre appartenance sociale, un département de vos goûts, vous êtes dans un moment d'ouverture.

12:53
Locuteur

Vous

12:54
Invité

n'êtes pas enfermé par trop de routine, ni trop d'obligation.

12:57
Locuteur

Si

12:58
Invité

bien que notre rencontre

12:59
Locuteur

peut

13:00
Invité

avoir un intérêt. Non pas que je vous convainc d'autre chose que de ce à quoi vous avez l'intention de croire ou d'organiser votre pensée,

13:09
Locuteur

mais

13:10
Invité

d'imaginer qu'une autre pensée est possible,

13:12
Locuteur

et

13:13
Invité

qu'elle peut à son tour proposer des principes d'organisation au monde.

13:17
Locuteur

C

13:18
Invité

'est ce moment, en plus je sais que je perçois des choses,

13:22
Locuteur

parce

13:22
Invité

que, comme vous le savez, je suis malentendant, donc

13:25
Locuteur

je

13:25
Invité

perçois des tas de choses physiquement,

13:27
Locuteur

qui

13:28
Invité

ne se disent pas, qui se voient sur des visages. Je sais comment réagissent les élèves de vos écoles, c'est pas la première fois que je viens, à des personnages animés par une vision globale de l'histoire, qui peut vous paraître, à mes égards, étrange ou surprenante.

13:45
Locuteur

J

13:45
Invité

'ai même connu un type très intelligent qui m'a dit, vous êtes sûrement quelqu'un de très bien, M. Mélenchon, mais comment pouvez-vous croire à autant de bêtises

13:52
Locuteur

? Donc,

13:53
Invité

comme cet homme était très intelligent, ça m'a impressionné qu'il me dise ça, et je me suis dit, celui-là, il a un sacré coup de vieux.

14:00
Locuteur

Voilà.

14:01
Invité

Merci.

14:02
Locuteur

Merci

14:02
Locuteur 2

à vous. Notre échange...

14:09
Locuteur

Ah,

14:10
Invité

mais vous êtes sympa

14:10
Locuteur

! Notre

14:12
Présentateur

échange va s'organiser en trois grands temps. Le premier traitera de votre programme économique, le second sera consacré au sujet de l'ordre et du dialogue social, et dans un dernier temps, nous reviendrons sur les revendications lycéennes et les réponses que vous souhaitez y apporter.

14:27
Invité

Mercredi 14 octobre, vous avez présenté votre plan pour remettre de l'ordre dans les comptes publics. Vous y traitez notamment un des sujets centraux de cette présidentielle, la dette, qui atteint aujourd'hui 118% de notre PIB, que l'on refinance à des taux qui avoisinent 5%.

14:43
Locuteur

Votre

14:43
Invité

proposition est claire, vous souhaitez annuler ou geler la part de notre dette qui est détenue par la BCE, qui représente environ 16,16% de la dette totale.

14:53
Locuteur

Pour

14:54
Invité

être mise en oeuvre, cette mesure d'annulation de la dette devra être validée par une majorité au sein du Conseil des gouverneurs de la BCE, composé de 27 membres, dont un représentant, pour chacun des 21 pays de la zone euro.

15:07
Locuteur

Comment

15:07
Invité

est-ce que vous comptez convaincre ces membres, et notamment les représentants des pays comme l'Allemagne ou les Pays-Bas, qui sont des pays plutôt frugaux ?

15:19
Locuteur

Il

15:19
Invité

faut que je parle là ? Ou ça marche tout seul ? Ça marche tout seul, ok. Ah oui, c'est vrai, on a installé ça.

15:26
Locuteur

Bon,

15:27
Invité

déjà, merci d'avoir évité les cueils.

15:30
Locuteur

Vous

15:31
Invité

voulez annuler la dette, mettre la dette au feu

15:33
Locuteur

?

15:34
Invité

Lorsque j'ai introduit ce débat,

15:37
Locuteur

je

15:38
Invité

l'ai fait sciemment,

15:39
Locuteur

et

15:40
Invité

j'ai utilisé des images laissant à la disposition de mes adversaires, qui ne manqueraient pas de s'exprimer, comme c'est bien normal, le choix de l'image. J'ai dit, vous pouvez la crocher au plafond, la mettre à la cave, la mettre au frigo ou la foutre au feu. Et, immanquablement, est venu Mélenchon veut mettre la dette au feu, parce que le feu, ça va mieux avec quelqu'un comme moi, pour des gens qui respirent l'ordre, la loi, bref. Et, sans plus attendre, chacun s'est précipité à dire, Mélenchon veut annuler la dette, de mieux en mieux. Donc,

16:14
Locuteur

vous

16:15
Invité

allez, évidemment, frustrer le petit épargnant, de son épargne, de sa vie, etc. Tout le numéro doloriste, hein, doloriste du courant doloriste, à avoir de la douleur, qui, évidemment, tétanise la pensée, empêche que l'on réfléchisse.

16:33
Locuteur

Il

16:33
Invité

s'agit d'autre chose.

16:35
Locuteur

Notre

16:35
Invité

pays a 3 500, 3 600 milliards de dettes. Affolons-nous tous en cadence. C'est horrible, c'est monstrueux, c'est tout ça. Oui, bon, c'est encombrant.

16:48
Locuteur

Mais,

16:48
Invité

la dette rapportée au nombre d'années d'un titre moyen de dette, c'est à peine 12% de ce qui sera produit pendant les années considérées. Deuxièmement, la dette rapportée, ce qu'on fait pour n'importe qui, puisque, le plus souvent, on vient me dire, ah, ben, c'est comme dans un ménage. Non, justement, c'est pas un ménage, l'État. L'État choisit ses revenus. Mais, si on devait le rapporter, comme on le fait pour un ménage, on rapporte la dette aux actifs, à ce que possède le dit ménage, pour savoir s'il va être en État, le cas échéant de tout sacrifier à la Bernard Palissy, pour payer sa dette.

17:22
Présentateur

Et vous souhaitez l'annuler ou la geler, cette dette

17:24
Locuteur

? Parce

17:25
Présentateur

que vous avez dit qu'il y avait plusieurs images, le frigo, le feu, c'est une annulation, un gel que vous

17:30
Locuteur

souhaitez ? Alors, attendez, là, on va entrer au

17:31
Invité

niveau 2 de la technique, mais commençons par le niveau 1, qui est relativement le

17:35
Locuteur

mien. On a une dette importante, oui. Vous

17:37
Invité

allez voir. Donc, on dit, mais vous avez raison, la question se pose, parce qu

17:41
Locuteur

'il

17:41
Invité

y

17:41
Locuteur

a

17:41
Invité

une dispute à l'intérieur de ceux

17:42
Locuteur

qui

17:43
Invité

font un mauvais sort à cette dette. Donc, dans la dette rapportée aux actifs de la France, c'est rien. Les actifs de la France, ça doit être 6 fois le montant de la dette. Et ainsi de suite. Deuxièmement, la charge moyenne de la

18:00
Locuteur

dette... Oui,

18:03
Présentateur

mais on parle de flux aujourd'hui. La question, c'est le taux de refinancement de la dette future. Oui, c'est ça. Pas tant

18:09
Locuteur

le

18:09
Invité

stock. Parce

18:09
Locuteur

que vous, vous

18:10
Invité

prévoyez le taux auquel on va le payer, c'est ça

18:12
Locuteur

?

18:13
Présentateur

Moi, je pense aux jeunes générations qui vont devoir payer une dette. Oh,

18:16
Locuteur

mon Dieu, les pauvres.

18:17
Présentateur

Et je me dis, à quel

18:18
Locuteur

taux

18:19
Invité

vont-ils payer cette dette ? Ah, donc vous mettez maintenant un point d'interrogation. Il y

18:22
Locuteur

a

18:22
Invité

un instant, c'était une certitude.

18:24
Présentateur

Je me demande le taux auquel on

18:26
Locuteur

va le payer.

18:26
Présentateur

Très

18:26
Locuteur

bien, mais

18:26
Invité

je vais vous répondre à quel taux. Nous en sommes à des évaluations respectives. Vos prédécesseurs aux précédentes campagnes présidentielles, déjà, posaient cette question. Celles en 2022, celles en 2016, celles en 2012, je les ai faites. Donc je m'en souviens très bien.

18:44
Locuteur

Et

18:44
Invité

à l'époque, déjà, on jetait de grosses larmes. Savez-vous quel est le taux moyen

18:49
Locuteur

que

18:51
Invité

l'on paye sur le total de la dette

18:53
Locuteur

? Parce

18:54
Invité

qu'aujourd'hui,

18:54
Locuteur

on

18:55
Invité

parle comme si, demain matin, il faudrait rembourser la totalité de la dette au taux d'intérêt apocalyptique annoncé, qui sont de 5,

19:05
Locuteur

6, et

19:06
Présentateur

peut-être même 7. On a 300 milliards à emprunter par an sur les marchés financiers. Ok. Donc même si c'est une question de moyenne, à terme, si on emprunte chaque

19:15
Locuteur

année

19:15
Invité

plus cher.

19:15
Locuteur

Voilà,

19:15
Invité

c'est ça. Ne parlons pas de ce qui vient d'avoir lieu, parce que là, on a des certitudes. Tandis que parler du futur permet de confronter des scénarios absurdes, d'autant qu'on veut. Par exemple, je pourrais vous dire, nous emprunterons à 0%. Qui a raison ? Vous, moi, on n'en sait rien. Alors peut-être dites-nous comment... Alors

19:30
Locuteur

donc,

19:30
Invité

partons...

19:30
Locuteur

Les

19:30
Invité

membres du... Yes, partons de

19:32
Locuteur

l

19:32
Invité

'expérience. Partons de l'expérience. Non, mais sinon, ça devient... On va à vous, moi, je vais lire dans le fond de votre verre, le futur. Le futur, il part de ce que l'on a appris de l'expérience. Quel est le taux moyen, aujourd'hui, du total ? Car on ne va pas rembourser 3 600 milliards, là, demain matin.

19:51
Locuteur

On

19:51
Invité

va mettre plus de 5 ans, 6 ans, 7 ans, 8 ans. Le taux moyen, accrochez-vous bien, c'est même pas 2%.

19:59
Locuteur

C

19:59
Invité

'est un peu plus de 1%. Pourquoi ? Parce qu'on a connu une période qu'aucun de vos prédécesseurs ne m'avait annoncé dans les précédentes campagnes, où on a emprunté à un taux négatif. Donc pas d'affolement

20:09
Locuteur

? Pas

20:10
Invité

d'affolement

20:10
Locuteur

sur la dette ? Non,

20:11
Invité

attendez, bien sûr que non, il ne faut pas d'affolement. Je vais même vous dire une chose, je vais être plus précis. L'affolement, c'est l'arme de l'ennemi de la France.

20:18
Locuteur

D

20:19
Invité

'accord ? Donc on n'est pas en train de rigoler, là, entre nous.

20:22
Locuteur

Ce

20:22
Invité

n

20:22
Locuteur

'est

20:22
Invité

pas une plaisanterie, la dette de la France. Quand on a été Premier ministre et qu'on dit la France est en faillite, quand on s'appelle M. Bayrou et que pour faire peur à tout le monde et faire avaler un budget qui est une incohérence économique absolue, alors on dit nous allons,

20:37
Locuteur

nous

20:37
Invité

marchons à la faillite. Quand on s'appelle Mme Le Pen, qu'on est candidate à l'élection présidentielle, que tout le monde annonce qu'elle a gagné d'avance et qu'elle dit la France va au-devant d'une crise obligataire, il n'y a rien qui permet de dire ça. Donc moi, je les considère comme des nuisibles, qui par leur comportement aggravent la situation. Je vais vous dire comment. Mais

20:56
Présentateur

s'il n

20:56
Locuteur

'y

20:56
Présentateur

a pas d'affolement, pourquoi vouloir à tout prix supprimer ces 600 milliards de dettes

20:59
Locuteur

?

20:59
Invité

Bien sûr, vous allez voir pourquoi. Parce qu'il y

21:02
Locuteur

a

21:02
Invité

une charge sur une dette.

21:03
Locuteur

Vous

21:03
Invité

en avez entendu parler, bien. Et moi, je dois faire deux choses. Un,

21:08
Locuteur

nous

21:09
Invité

protéger, c'est-à-dire si je peux alléger la charge, tant mieux. Deux, si je peux vous rassurer, encore mieux. Trois,

21:18
Locuteur

si

21:18
Invité

j'arrive politiquement à marquer le point

21:21
Locuteur

de

21:21
Invité

dire la Banque Centrale Européenne reconnaît que l'argent que nous devons à la Banque Centrale Européenne, c'est de l'argent que nous devons à nous-mêmes.

21:30
Locuteur

Et

21:31
Invité

que par conséquent, je l'oblige à intervenir, comme elle l'a déjà fait en 2015, en achetant des titres de dette d'État. Et comme elle a déjà

21:39
Locuteur 2

fait face... Sur un marché secondaire ? Pardon ? Sur un marché secondaire ? Voilà. Ah, donc ce n

21:43
Locuteur

'est

21:43
Locuteur 2

pas une annulation au bilan de la Banque ? Non, non, non,

21:45
Locuteur

attendez,

21:46
Invité

attendez. Elle l'a fait. Parce que d'habitude, la question que vous avez prévue à la suite, c'est de dire, ça n'est pas légal à cause du traité de fonctionnement de

21:54
Locuteur

l'Union.

21:54
Invité

Vous avez privé. Bien sûr. Article 13, je la connais, tout le monde me l'a fait. C'est toujours la même. Or, la Banque Centrale l'a fait sur le marché secondaire. De quoi je vous parle en ce moment ? La dette que détient la Banque Centrale Européenne, c

22:07
Locuteur

'est

22:07
Invité

de la dette qu'elle a achetée sur le marché secondaire. Il n'y a rien dans les textes européens qui disent « Voilà ce que la Banque Centrale a le droit de faire ou de ne pas faire avec ce qu'elle a dans son bilan. » Il n

22:16
Locuteur

'y

22:16
Invité

a rien. Donc si elle veut, elle le fait.

22:18
Présentateur

Il faut convaincre les partenaires.

22:19
Locuteur

Les

22:19
Locuteur 2

partenaires européens. Vous allez vite,

22:21
Locuteur

hein.

22:21
Locuteur 2

Tout

22:21
Locuteur

est fait. On revient à notre première question.

22:23
Locuteur 2

Prenez le temps de savourer ce

22:24
Invité

que je viens de vous dire. Prenez le temps. Prenez le temps de déguster.

22:29
Locuteur

D

22:30
Invité

'accord ? Parce que

22:31
Locuteur

vous

22:32
Invité

voyez qu'on n'est déjà plus en train de parler de la même chose. On n'est plus en train de parler de la dette catastrophique. Vite, pourrons-nous cacher dans notre bunker ? On est en train de se dire comment Mélenchon va s'y prendre pour convaincre les Allemands, convaincre les Allemands, notre modèle, la gestion sérieuse d'un État qui est en ruine et qui va emprunter l'année qui arrive plus que tous les autres pays européens. D'accord ? Non, mais on commence par s'en rappeler. Par conséquent, figurez-vous qu'il y a donc une institution européenne. Comme vous le savez, les institutions sont des constructions provisoires. Par exemple, nous ne vivons plus sous l'Empire ni sous l'Ancien Régime.

Nous vivons en République avec une sécurité sociale, concept inimaginable, il y a un siècle. Donc, venons au moment.

23:13
Locuteur

La

23:13
Invité

Banque Centrale Européenne

23:15
Locuteur

possède

23:16
Invité

légalement des titres achetés sur le marché secondaire et c'est cela que je propose d'annuler. Car nous avons une charge qui résulte de la possession de ces titres. Virgule, attention, voici une objection. Oui, mais M. Mélenchon, comme cet argent remonte à la Banque Centrale, alors nous récupérons nos sous. Erreur, jeunes gens.

23:36
Locuteur

Pas

23:36
Invité

vous, parce que ce n'est pas à vous que je m'adresse. Je m'adresse aux gros malins qui écrivent dans le journal Le Monde et le reste. Il s'explique que nous allons nous priver du nos sous. Ou pire, il

23:43
Locuteur

y

23:43
Invité

a l'opinion. Je vous recommande ce journal. C'est un journal qui vit des aides publiques et qui est 100% libéral. Donc ce journal dit, oui, mais nous allons nous priver. Mensonge,

23:54
Locuteur

l

23:55
Invité

'ensemble des recettes de la Banque Centrale sont partagées dans le bilan avec tous les composants, c'est-à-dire tous les membres de l'Union. Et nous ne possédons que 18%.

24:05
Locuteur

Donc

24:05
Invité

nous ne récupérons que 18%. Si nous annulons, nous annulons tout, c'est-à-dire 100%.

24:10
Locuteur

Vous

24:11
Invité

voyez que dans l'affaire, on y gagne. Donc,

24:13
Locuteur

c

24:14
Invité

'est un rapport politique. Je dis à la Banque Centrale Européenne, nous annulons quelque chose qui ne va coûter zéro à votre bilan. Zéro, ça ne changera rien. C'est de l'argent qu'on se doit à nous-mêmes.

24:27
Locuteur

Vous

24:27
Invité

avez deux possibilités. La foutre au feu, j'entre dans votre sujet,

24:32
Locuteur

ou

24:33
Invité

la mettre au congélo.

24:37
Locuteur

Je

24:37
Invité

suis disponible.

24:39
Locuteur

C

24:39
Invité

'est-à-dire que si vous voulez la mettre au congélo plutôt que la mettre au feu, ah, ça se discute.

24:44
Locuteur

Je

24:45
Invité

peux l'entendre du moment que je ne paye pas.

24:46
Locuteur

Si

24:47
Présentateur

les Allemands ne veulent ni l'un, ni l'autre, ni le congélo,

24:50
Invité

ni

24:50
Locuteur

le feu.

24:51
Invité

Non, mais c'est d'accord, parce qu'à ce moment-là, on n'a qu'à demander à M. Schmoll, là, de diriger la France, puisque c'est lui qui décide. Moi, j'ai l'idée que c'est nous qui décidons pour nous. Mais attendez, là aussi, prenez le temps d'entendre ce que je vous dis avant de passer à la question rituelle habituelle. Parce que dans un instant, vous en êtes aux Pays-Bas et vous n'aurez plus rien à me dire. Donc prenez les étapes. Donc, première étape, je pose ce problème et je lui dis regardez bien maintenant ce que vous faites. Écoutez-moi, parce que vous pourrez comme ça resservir ça au suivant qui passera ici.

25:23
Locuteur

Que

25:24
Invité

se passe-t-il

25:24
Locuteur

? Supposons que

25:27
Invité

par mon irresponsabilité, le fait que ce que je propose ne peut même pas s'écouter parce que les Allemands ne veulent pas et que quand les Allemands veulent, un bon Français est au garde-à-boue, c'est ça ?

25:37
Locuteur

Pas

25:38
Présentateur

que les Allemands.

25:38
Locuteur

Il y a les Pays-Bas, l'Autriche. Les autres,

25:40
Invité

c'est la clientèle. Non, non, mais je connais tout ça. Là, je fais bref parce que vous-même...

25:46
Locuteur

Non,

25:46
Présentateur

mais c'est-à-dire qu'il

25:47
Locuteur

y

25:47
Présentateur

a des règles européennes. Vous en convenez ? Vous

25:49
Locuteur

en convenez, vous aussi ? Est-ce que vous en convenez ? J'en conviens.

25:51
Présentateur

Vous obériez

25:52
Invité

?

25:52
Présentateur

Vous

25:52
Locuteur

obéirez ? Oui ou non

25:54
Présentateur

? Est-ce qu'on peut annuler une dette si la BCE le refuse ? C'est simplement la question. Non, mais ça...

25:58
Locuteur

Vous dites qu'on

25:59
Présentateur

est maître du jeu.

26:00
Locuteur

Pas tellement, en réalité.

26:01
Présentateur

Quand une dette est détenue par la BCE, est-ce qu'on est vraiment maître du jeu ? Admettons. Je

26:06
Locuteur

prends...

26:07
Invité

Je fais le pari du fou.

26:08
Locuteur

D

26:08
Invité

'accord

26:09
Locuteur

? Je

26:10
Invité

vous dis, ouais, on est maître du jeu.

26:12
Locuteur

Vas

26:12
Invité

-y.

26:13
Locuteur

Prends

26:14
Invité

-moi de force du fric.

26:16
Locuteur

Comment

26:16
Invité

tu fais, BCE ? Ah oui, donc vous annulez unilatéralement cette dette. Non,

26:20
Locuteur

mais

26:20
Invité

attends.

26:21
Locuteur

C

26:21
Invité

'est vous qui venez de me le dire. C'est pas moi. Moi, je vous ai parlé d'autre chose. Et vous ne l'avez pas terminé. Mais je vais venir. Mais je veux vous prendre au piège des mots. dans lesquels vous, vous êtes enfermés. Pas moi.

26:32
Locuteur

Je

26:33
Invité

vous dis que si, supposons, on met la France en défaut.

26:41
Locuteur

D

26:41
Invité

'accord ? Puisque c'est ça qu'on nous soupçonne de vouloir faire.

26:45
Locuteur

Si

26:46
Invité

on met la France en défaut. Vous avez dit, il y a des lois, on les respectera. Les autres aussi. Vous êtes d'accord ? Très bien. En 2012, on a voté. On a adopté le mécanisme européen de stabilité financière. Si la France est en défaut. nation qui a 3500 milliards de dettes. Eh bien, les autres, vous vous les répartissez.

27:05
Locuteur

Parce

27:06
Invité

que la dette sera payée à cause du mécanisme européen de stabilité financière qui lie tous les pays de l'Union européenne. Si Tsipras avait dit, au lieu de dire, je vous paye, comme il l'a fait. S'il avait dit, eh bien, écoutez-moi, j'ai pas de sous. Et comme je suis 2%

27:21
Locuteur

de

27:22
Invité

l'économie européenne, je peux rien. Eh bien, les Français auraient payé 45 milliards.

27:28
Locuteur

Et

27:28
Invité

les Allemands, 65 milliards.

27:31
Locuteur

Par

27:31
Invité

conséquent, arrêtez de faire comme si nous étions les mauvais élèves de la classe et que les autres, nous dominant, de leur regard suprême, nous donneraient des ordres auxquels nous serions obligés d'obéir. J'envisage tous les cas devant vous. Ce n'est pas le cas que je souhaite.

27:46
Locuteur

Si

27:46
Invité

je m'adresse à l'Union européenne, je lui dirai,

27:49
Locuteur

vous

27:50
Invité

me permettez d'exposer ce que je dirai ? Évidemment. Des arguments de raison. Vous avez intérêt à ce que les taux d'intérêt baissent

28:00
Locuteur

pour

28:00
Invité

la part du fric qui arrive de l'extérieur. C'est votre intérêt à tous en Europe. Pourquoi

28:06
Locuteur

? Parce

28:07
Invité

qu'il y a 5 pays qui sont au-delà de la règle absurde des 100% de dettes. Et ce n

28:13
Locuteur

'est

28:13
Invité

pas des petits dépassements. 5 pays,

28:16
Locuteur

que

28:16
Invité

je ne me trompe pas dans l'ordre, la Grèce, l'Italie, l'Espagne, la France,

28:21
Locuteur

la

28:21
Invité

Belgique. 5 !

28:24
Locuteur

Et

28:25
Invité

ces 5 pays représentent 50% du PIB de l'Europe. Alors ne me dites pas que la Banque centrale et les Allemands s'en foutent. Parce que si vous faites trébucher les Français, vous faites trébucher tout le monde. Pourquoi ? Parce que, comme lorsqu'il y

28:40
Locuteur

a

28:40
Invité

eu la crise grecque,

28:41
Locuteur

qui,

28:41
Invité

je vous rappelle, a démarré à 110% du PIB de la Grèce. Ils ont dit, ah, 110, c'est trop.

28:47
Locuteur

Nous

28:47
Invité

sommes déjà plus loin, les 5 pays que je viens de dire. Non, l'Espagne a reculé, elle est passée sous 100%. J'ai oublié le 5e, peu importe. Mettons même que 4.

28:55
Locuteur

Mais

28:56
Invité

ça représente 50% du PIB de l'Europe. Si nous trébuchons, tout le monde trébuchera. Personne n'a intérêt à faire trébucher la France.

29:03
Locuteur

Dans

29:03
Invité

un rapport de force, vous avez deux possibilités. Vous êtes le plus fort et vous imposez.

29:09
Locuteur

Ou

29:09
Invité

vous êtes le moins fort, supposons qu'on soit. Et alors, tout le monde est mis dans la même sauce que vous. Voilà pourquoi je dis, ne croyez pas que la situation française soit une situation réservée aux Français. Elle concerne tous les pays de l'Union Européenne qui se trouvent pris dans cette situation. Et qui ont tous intérêt à une sortie. Quant à nos bons amis allemands, après avoir emprunté les 500 milliards qui s'apprêtent à emprunter pour déclencher leur économie d'armement en vue de la paix perpétuelle à laquelle ils visent et dont ils sont coutumiers, eh bien, figurez-vous qu'eux aussi ont intérêt à regarder de plus près ce que vont être les taux d'intérêt.

Si on met des taux d'intérêt à 6% pour les Français, il n

29:49
Locuteur

'y

29:49
Invité

aura pas beaucoup de temps avant qu'eux aussi se mettent à payer plus que ce qu'ils ont envie de payer. Par conséquent, ce que je vous demande d'entendre,

29:56
Locuteur

c

29:56
Invité

'est de cesser les raisonnements qui sont des purs mécanismes. Comme A, alors B, alors C, alors écoutez, même dans les sciences dures,

30:04
Locuteur

la

30:05
Invité

réalité est devenue probabiliste. Alors il n

30:07
Locuteur

'y

30:07
Invité

a que l'économie, cette foutaise de science

30:09
Locuteur

dans

30:10
Invité

laquelle la réalité serait enchaînée par des causes et des effets. Mais vous plaisantez, ça n'existe pas. Personne ne peut accepter la faillite de la France.

30:18
Locuteur

Et

30:19
Invité

je n

30:19
Locuteur

'ai

30:19
Invité

pas l'intention de la mettre en faillite. Je fais le contraire.

30:22
Locuteur

J

30:22
Invité

'essaye de trouver une solution rationnelle qui nous permet de quoi ? De faire baisser la charge et le niveau de la dette de manière à faire baisser. Si vous croyez,

30:32
Locuteur

vous

30:32
Invité

là, si vous croyez que c'est le marché

30:35
Locuteur

qui

30:36
Invité

domine et que le marché, c'est une règle pure et abstraite. Et

30:39
Présentateur

que se passe-t-il alors si on annule cette dette sur

30:42
Locuteur

les marchés, justement ?

30:43
Invité

Vous en avez déjà imaginé qu'on l'annule.

30:45
Présentateur

Ah oui, je vais dans le futur avec vous. Faisons une petite fiction. On annule cette dette. Que se passe-t-il sur les marchés financiers demain ?

30:52
Locuteur

Par

30:52
Présentateur

exemple au niveau des taux, selon vous. Comment réagissent-ils ?

30:55
Invité

Normalement, si c'est ce qu'on vous apprend à l'école,

30:57
Locuteur

que

30:58
Invité

nous sommes dans un marché pur et parfait, préoccupé seulement d'offres et de demandes, et n'intégrant aucune spéculation ni esprit de cupidité... L

31:09
Locuteur

'inverse de la

31:10
Présentateur

réalité, du coup.

31:10
Invité

Ah ? L'inverse de la réalité, du coup.

31:12
Locuteur

À

31:12
Invité

mon avis, oui. Le marché désigne une chose inconnue.

31:17
Locuteur

Le

31:17
Invité

troc, c'est un marché.

31:19
Locuteur

L

31:20
Invité

'échange monétaire, c'est un marché. Mais là, sur les

31:21
Présentateur

taux qui augmentent. Oui, oui.

31:23
Locuteur

Est-ce qu'ils

31:23
Présentateur

augmentent ?

31:24
Locuteur

Ou

31:24
Présentateur

d'ailleurs, c'est moi qui le

31:24
Locuteur

postule, mais augmentent-ils ?

31:26
Invité

J'ai vu que j'étais capable de vous amener à des conclusions plus positives qu'au départ. Là, vous en êtes à en annule. Bien. Que va-t-il se passer avec les marchés ? Normalement, si ce sont des marchés,

31:37
Locuteur

ils

31:37
Invité

voient la quantité de dette diminuée, ils voient la charge de la dette diminuée, et aussitôt, ils se disent « Oh, comme c'est merveilleux ! La charge ayant baissé, nous allons baisser nos taux !

31:47
Locuteur

»

31:48
Invité

Sauf qu

31:48
Locuteur

'il

31:48
Invité

s'est produit une ou deux choses, à laquelle vous n'êtes pas attentifs et qui ne figurent nulle part dans vos questions, car vous vivez dans le monde pur et parfait. Mais dans ce monde pur et parfait, premièrement, il y a une masse monétaire qui circule à l'intérieur d'une sphère, qui est tellement, comment dire, appétissante, goulayante, que le capital préfère se placer dans cette sphère plutôt que dans la production. Prenons un exemple bien concret et qui touche à ce que nous sommes en train de dire. Quand la Banque Centrale Européenne a racheté des titres de dette, primo, normalement, elle aurait dû déclencher de l'inflation. Où est l'inflation ?

Parlez-moi de l'inflation de l'année 2015-2018. Ah, non, il n

32:30
Locuteur

'y en

32:30
Invité

avait pas ! Et quand le président de la Commission Européenne a déclenché celui qui buvait sec, là, comment vous l'appelez, le Premier ministre du Luxembourg

32:40
Locuteur

?

32:40
Présentateur

Juncker ? Jean-Claude Juncker

32:42
Locuteur

?

32:42
Invité

Schmoll, voilà, on va dire comme ça. Donc celui-là, bon, quand il a fait des propositions aux banques, il a fait trois plans de relance.

32:49
Locuteur

Et

32:49
Invité

il a dit, je vous propose de l'argent si vous êtes capable d'en prêter à des gens pour construire des maisons. Résultat, wallou, personne n'aura pris son argent.

32:58
Locuteur

Et

32:59
Invité

à la fin, il a fini par dire, allez, bon, voilà, il y a des sous, 86 milliards par mois. 86 milliards par mois que la Banque Centrale Européenne, sous l'influence d'un homme qui avait la tête sur les épaules, qui voyait l'Europe commencer à s'enfoncer dans la stagflation, il a distribué ça aux banques privées.

33:16
Présentateur

Mais alors, donc

33:18
Locuteur

vous dites que les

33:18
Présentateur

taux vont diminuer. C'est ce que vous avez dit en début.

33:21
Locuteur

Normalement. S'il y a une annulation

33:21
Présentateur

de la dette, normalement. Mais alors, Nicolas Dufresne, l'économiste qui, selon Le Monde, vous a soufflé l'idée de l'annulation de cette dette, dit lui-même

33:28
Locuteur

qu'une

33:30
Présentateur

situation d'annulation unilatérale créerait une panique financière. Est-ce que vous êtes d

33:35
Locuteur

'accord avec lui ?

33:36
Invité

D'abord, Le Monde m'attribue des influences qui sont un peu présomptueuses. Car voyez-vous, je sais bien que cette année vient commencer avec ceux qui ont été pondus cette année, mais la question de la dette ne vient pas de surgir dans l'actualité.

33:50
Locuteur

Elle

33:51
Invité

existe parce qu'il y a eu le thème de la dette odieuse pour tous les pays de l'Amérique latine. Elle existe parce qu

33:56
Locuteur

'il

33:56
Invité

y

33:56
Locuteur

a

33:56
Invité

eu toute l'Afrique qui a été le cahier, le cahier de brouillon de cette politique pendant plus de 10 ans, qui a tout détruit. Ensuite, on est passé à l'Amérique latine et là, il y

34:04
Locuteur

a

34:04
Invité

eu une commission devant laquelle j'ai été appelé à témoigner de l'ONU sur un mandat de l'Équateur et de l'Afrique du Sud pour savoir comment on obligeait les entreprises à respecter leurs obligations. Et auparavant, l'Argentine avait déclenché une commission avec un mandat de l'ONU sur les dettes souveraines. Donc, pardon de dire à Nicolas qu'il n'a pas l'âge de m'avoir suggéré quelque chose qui était dans le débat public depuis déjà au moins 15 ans. Voilà. Ensuite, ce qu'il dit, il en assume la responsabilité. Si vous voulez en savoir davantage, invitez-le. Moi, je réponds pour moi. D'accord ? Et le monde peut m'attribuer les influences qu'il veut.

Moi, je sais aussi quelles influences subit le monde et je vois qu'elles sont très efficaces quand il court interroger le banquier allemand, mais qui ne vient pas me demander mon avis à moi. Parce que pour le monde, le banquier allemand est plus important qu'un compatriote qui pourrait être président de la République. Mais je suis habitué à l'atlantisme de ce journal. Par conséquent, si c'est à moi que vous vous adressez, je vous réponds. Normalement, les taux devraient descendre. Mais voilà pourquoi ça ne se produira pas quand même. Et pourquoi vous aurez une crise, non pas une crise obligataire, comme l'a dit stupidement Mme Le Pen,

35:10
Locuteur

qui

35:11
Invité

participe au complot général pour ruiner son propre pays. Il y aura une crise de la dette privée avant celle de la dette publique. Voilà ce qui va se passer.

Parce que les masses financières qui sont engagées aujourd'hui dans le fric qui est mis sur le numérique et qui est mis sur l'intelligence artificielle, qui a créé une compétition pour prêter entre ce qui est mis aux Etats-Unis sur l'intelligence artificielle, ce qui est mis aux Etats-Unis pour payer la dette publique, qui est supérieure à celle de la France, nettement supérieure à 40 000 milliards, et à un taux nettement supérieur à celui de la France, et y compris pour les taux d'intérêt, alors que les Etats-Unis d'Amérique disposent du pouvoir de battre monnaie, comme ils veulent, quand ils veulent, depuis le 15 août 1971. Attendez, ne me distrayez pas, c'est assez dur. Vous

35:57
Locuteur

savez,

35:58
Invité

moi je suis spécialiste de la poésie du 16e siècle, pas des taux d'intérêt, donc c'est laborieux pour moi. Alors, donc, ça, ça crée une compétition. L'origine de l'augmentation des taux, c'est ça. Plus un partenaire nouveau,

36:10
Locuteur

qui

36:11
Invité

est intervenu là-dedans, ce qu'on appelle les hedge funds, c'est-à-dire les fonds limites, c'est-à-dire les fonds pourris,

36:17
Locuteur

qui

36:18
Invité

ont un petit stock de valeurs garanties, mais en aucun cas au même niveau que les banques privées de nos pays. C'est BAL3, pour ceux qui savent de quoi je parle, qui est laborieusement suivi et pas respecté déjà aux Etats-Unis. Eux,

36:31
Locuteur

ils

36:31
Invité

ne sont astreints à aucune règle, ce qui signifie qu'ils sont en train,

36:36
Locuteur

évidemment,

36:37
Invité

d'engager de l'argent. Ils ont plus d'argent qu

36:39
Locuteur

'ils

36:39
Invité

n'en ont, puisque eux-mêmes en propre, puisque eux-mêmes peuvent emprunter, et donc ils peuvent jouer l'augmentation des taux. Ces gens sont en danger public. Ils sont passés à 50% du total de l'argent qui est prêté

36:53
Locuteur

aux

36:53
Invité

Etats. Autrement

36:55
Présentateur

dit, une part... Vous n

36:56
Locuteur

'allez

36:56
Présentateur

pas pouvoir les supprimer, donc leur action va, dans tous les cas, perdurer au moins un temps.

37:01
Invité

Mais est-ce que j'ai dit que j'allais les supprimer ?

37:03
Présentateur

Non, parce que du coup, les taux vont augmenter s'ils continuent d'agir, parce que vous dites qu'ils

37:06
Locuteur

poussent les taux à la hausse. Oui, mais vous n'avez pas

37:07
Invité

couté le début de la phrase, peut-être.

37:09
Locuteur

J'ai dit qu'il y aura une

37:10
Invité

crise de la dette privée avant... J'ai le droit de faire un pronostic.

37:13
Locuteur

Vous

37:13
Invité

en faites. Vous pensez que tout va aller bien, soit pour la France. C'est votre point de vue. Moi, je pense que ça va aller très mal pour beaucoup, avant que ce soit le tour de la France. Voilà. Voilà ce que je crois. Et je pense que les Hedge Fund peuvent se casser la figure, plus vite qu'ils ne le croient, à avoir pris des rites excessifs. Et figurez-vous

37:30
Locuteur

que

37:31
Invité

le cassage de gueule dans Hedge Fund, c'est une bonne nouvelle.

37:34
Locuteur

C

37:34
Invité

'est un créancier qui meurt.

37:36
Locuteur

Le

37:36
Invité

créancier qui meurt et qui n'a pas d'héritier. Adieu la dette qui part avec eux.

37:41
Locuteur

Je

37:41
Invité

suis content de vous faire sourire, parce que, enfin, on détend un peu la question. Arrêtez d'avoir peur d'être là, coincé, à vous dire, mon Dieu, je ne sais pas quoi faire, qu'est-ce qui va se passer ? Non, nous avons de la liberté. Nous sommes un grand pays. Nous avons beaucoup d'argent dans ce pays.

37:57
Locuteur

Et évidemment, tout dépend du usage qu'on en

37:58
Invité

fait. Vous parlez de liberté, mais l'interdiction de financer les États, c'est dans les traités européens. Donc, si vous décidez unilatéralement d'annuler ou de geler cette dette, est-ce que vous ne pensez pas que vous mettez à mal, en fait, l'ordre établi au sein de la zone euro, au

38:13
Locuteur

sein de l'Union européenne ? Vous

38:14
Invité

avez raison, mais qui va m'obliger à faire ça ?

38:16
Locuteur

Qui serait

38:17
Invité

assez irresponsable pour m'obliger à faire ça

38:19
Locuteur

?

38:19
Invité

Non, mais quid de vos relations avec les autres

38:21
Locuteur

États membres ? Non, non, non, non, non,

38:22
Invité

répondez à la question. Écoutez, la vie est faite de rapports de force. Vous avez l'âge de le savoir. Vous aussi. D'accord ? Ce n

38:29
Locuteur

'est

38:29
Invité

pas toujours des rapports de force très violents. Des fois, c'est des rapports de force plus nuancés, plus civilisés. Donc, qui va obliger les Français

38:37
Locuteur

à

38:38
Invité

se mettre à genoux ? En tout cas, moi. Qui va faire ça ?

38:40
Locuteur

En

38:41
Invité

prenant, lui, le risque de ficher une pagaille mondiale ? Vous savez combien il y

38:45
Locuteur

a

38:45
Invité

de banques systémiques dans ce pays ? Six. Vous représentez ce que ça représente ? 3 600 milliards de dettes qui ne sont pas remboursées ? Enfin, enfin, ça n'existe pas,

38:56
Locuteur

ce scénario. Vous pensez qu'à

38:56
Présentateur

1 contre 26, la France a le dessus ? Alors, voilà.

38:59
Invité

Ça recommence. Donc, 1 contre 26. Parce que vous, vous avez perdu d'avance. Je ne

39:03
Locuteur

sais

39:03
Invité

pas quelle carrière vous comptez faire, mais moi, je ne vous embauche pas.

39:07
Locuteur

Parce

39:07
Invité

qu'un mec qui démarre en pensant qu'il a perdu,

39:09
Locuteur

ce

39:09
Invité

n

39:09
Locuteur

'est

39:09
Invité

pas la peine, hein

39:10
Locuteur

? Vous

39:10
Invité

en

39:10
Locuteur

prenez un autre. Au moins,

39:12
Invité

vous laissez l'espoir qu'il se passe quelque chose. Donc, je ne serai pas 1 contre 26. D'abord, j'ai 5 alliés. Ils ont tous dépassé 100%.

39:21
Locuteur

Et

39:22
Invité

les nigauds qui croient à la science d'après laquelle 100% du PIB d'une année, calcul grotesque s'il en est, est ruineux pour le pays. Vous savez que cette thèse est l'invention de deux économistes qui ont été, malheureusement pour eux, démasqués par des stagiaires, qui ont refait les comptes et sont aperçus que ce qu'ils racontaient reposait sur des bases. Ça n'existe pas. La preuve, c'est que le nombre de pays qui ont plus de 100% d'endettement par rapport à leur PIB annuel

39:47
Locuteur

est

39:49
Invité

extrêmement nombreux et que ces gens ne sont pas en faillite. Tout dépend où est la dette, qui la possède et dans quelles conditions. Le but politique d'un gouvernement insoumis,

39:58
Locuteur

c

39:58
Invité

'est de faire échapper la France à la dictature des marchés financiers internationaux. Et nous avons donc tout un plan. Le début, ça consiste à convaincre nos partenaires. Si nous avons avec nous les Espagnols, si nous avons avec nous les Portugais, les Italiens, les Grecs, les Belges, c'est pas un contre tous, c'est 50% du PIB de l'Europe. Je vous rappelle que nous sommes la deuxième puissance économique du continent. La troisième, c'est les Espagnols. Non, la troisième, c'est les Italiens. La quatrième, c'est les Espagnols. Contrairement à ce que raconte Mme Merkel, nous ne sommes pas le club-maître de l'Europe.

40:35
Locuteur

C

40:35
Invité

'est nous qui produisons l'essentiel de la richesse du continent. Il ne

40:38
Locuteur

faut

40:38
Invité

jamais l'oublier. Parce que sinon, vous vous laissez intimider par un rapport de force qui n'existe pas. Quand cette femme a dit qu'elle n'allait pas payer la retraite des Portugais, d'abord,

40:47
Locuteur

elle

40:47
Invité

était insultante, et deuxièmement, racontait n'importe quoi, parce que personne ne paiera la dette des Portugais, à part les Portugais eux-mêmes. Donc, partez toujours de cette réalité. La France est forte. On peut faire des choses. Ce n

40:59
Locuteur

'est

40:59
Invité

pas moi qui ai créé 3600 milliards de dettes, s'il vous plaît. Vous voudrez bien vous rappeler que ce sont les personnages politiques que vous adulez de génération en génération qu'ont créé ce chaos. Ce n

41:10
Locuteur

'est

41:10
Invité

pas nous. Parce que la seule année où on a eu un gouvernement qui était un gouvernement de gauche, et pas assez à gauche, à mon avis, quoique j'en ai été membre, eh bien, c'est la seule fois qu'on a fait le plan du plus grand plan d'embauche depuis la guerre. C'est la seule fois où tous les comptes sociaux ont été mis au vert. C'est le gouvernement de Lionel Jospin. Ceux qui ont creusé la dette,

41:29
Locuteur

c

41:29
Invité

'est tous les autres. Et à cela, on ne demande pas de compte. Qu'est-ce qu'ils disaient, tout cela

41:32
Locuteur

? Moi,

41:33
Invité

je vais vous donner ma thèse historique. Ils ont appliqué une stratégie. Cette stratégie a consisté à endetter, à mort l'État, pour obliger à détruire l'État. Et espérer que le marché occupe la place que les services publics n'occuperont pas. C'est une stratégie exactement comme nous. Nous avons la stratégie exactement inverse. C'est-à-dire renforcer le poids de l'État et de sa décision dans le fonctionnement de l'économie parce que nous pensons que ce sera une conduite plus rationnelle que celle du marché. Surtout si vous êtes en France où l'esprit commerçant n

42:04
Locuteur

'est

42:04
Invité

pas si développé que ça. Bon, je crois que je vous ai à peu près tout dit sur le sujet.

42:08
Locuteur

C

42:09
Présentateur

'est

42:09
Locuteur

parfait. Si vous le permettez, on

42:10
Présentateur

va avancer sur une autre question économique.

42:12
Locuteur

Non,

42:12
Invité

mais là, tant que vous voulez, on peut continuer pendant une heure ou deux, ça ne me dérange pas. Mais je tiens à souligner devant vous, j'espère que d'autres m'entendront, dans ce que nous sommes en train de vivre, je n'enlève pas la responsabilité, ni de ceux qui ont créé la dette, et ce n

42:27
Locuteur

'est

42:27
Invité

pas nous, deuxièmement, de ceux qui passent leur temps à aller expliquer que la France est en faillite.

42:32
Locuteur

Parce

42:33
Invité

que ceux-là conspirent contre leur pays. Imaginez-vous, vous êtes en fonds de pension. Alors vous êtes là en train de préparer vos emprunts et tout, et alors arrive la case France.

42:41
Locuteur

Ah

42:41
Invité

ben non, là, le Premier ministre dit qu'on est ruiné. Pourquoi moi, qui suis le gars qui va prêter, je veux dire, non, non, ça va très bien en France, j'achète quand même. Ceux qui dénigrent leur pays nous mettent en difficulté, aggravent la difficulté. Je n'ai pas d'autre explication à l'écart qu'il y

42:57
Locuteur

a

42:57
Invité

entre les Allemands et nous. Et je vais vous poser une question, comme ça.

43:01
Locuteur

Est

43:01
Invité

-ce que vous croyez que le fait de prendre l'ascenseur a une conséquence sur la stabilité des mariages

43:09
Locuteur

? On

43:13
Locuteur 5

peut peut-être demander au public, je ne sais pas. Je ne

43:16
Locuteur

sais

43:16
Locuteur 5

pas ce que vous en pensez.

43:17
Invité

Je vous explique le pourquoi de la question. Supposez que vous vous mettiez devant la porte de l'ascenseur.

43:21
Locuteur

Les

43:22
Invité

gens descendent et vous dites, ça va, vous divorcez ? Non, non, non, non, non, oui, oui, oui, oui. Vous prenez le résultat et vous le rapportez à la population totale. Et vous vous apercevez que les gens qui sont descendus de l'ascenseur

43:33
Locuteur

ont

43:34
Invité

plus divorcé que les autres. Donc vous en concluez que l'ascenseur a un impact sur la vie des couples. D'accord ? C'est une coïncidence absurde.

43:42
Locuteur

Donc

43:43
Invité

la dernière fois que j'ai fait campagne présidentielle,

43:46
Locuteur

quand

43:46
Invité

j'ai annoncé ma candidature,

43:49
Locuteur

le

43:50
Invité

taux a diminué d'un demi-point entre l'Allemagne et la France. Donc si vous m'élisez, vous aurez une baisse mécanique si je tire comme vous des lois, des coïncidences occasionnelles qui se présentent.

44:02
Présentateur

Alors là où il n

44:02
Locuteur

'y

44:02
Présentateur

a peut-être pas coïncidence, c'est entre l'aggravation du déficit public et le poids croissant des dépenses sociales, notamment des retraites. Elle représente aujourd'hui près de 14% du PIB et la tendance démographique va accentuer cette pression.

44:15
Locuteur

Pour

44:15
Présentateur

résumer cette évolution en quelques chiffres, il y avait environ 4 cotisants pour un retraité dans les années 1960.

44:21
Locuteur

Il

44:22
Présentateur

n'y en a plus que 1,7 aujourd'hui et il y en aura environ 1,3 en 2070. Le désastre certain. Vous affichez comme objectif de mandat l'abaissement de l'âge légal de la retraite à 60 ans et de la durée de cotisation pour bénéficier d'une retraite à taux plein à 40 annuités.

44:39
Locuteur

Tous

44:39
Présentateur

nos voisins européens

44:40
Locuteur

soumis

44:42
Présentateur

à des contraintes

44:42
Locuteur

démographiques

44:43
Présentateur

comparables ont augmenté l'âge de départ à la retraite. Est-ce que vous avez la conviction que tous les autres pays européens se trompent

44:52
Locuteur

? Et

44:53
Présentateur

est-il vraiment réaliste de penser qu'on pourrait avoir raison une fois encore tout seul

44:57
Locuteur

? Alors

44:58
Invité

c'est un débat philosophique ou économique

45:01
Locuteur

? Parce

45:01
Invité

que le débat philosophique, peut-on avoir raison tout seul ? C'est une discussion de philosophie.

45:07
Locuteur

Allons sur l'économie. Non

45:08
Invité

mais attendez, il y

45:09
Locuteur

a

45:09
Invité

des points de vue. Vérité en-dessous des Pyrénées, mensonge au-delà. Bon bref, c'est une question philosophique. Si la question est de type économique, ce que font les autres est leur affaire. Pourquoi ? Parce que la question des retraites dépend d'une série de paramètres qui sont différents dans les États. C'est comme quand vous allez me réciter le catéchisme qui est, la France est celle qui prend le plus d'impôts, voilà, voilà, de toute l'Europe. Oui. Alors dedans vous avez mis les cotisations sociales qui ne sont pas des impôts et qui donnent droit à des prestations qui ne

45:38
Locuteur

sont

45:38
Invité

pas les mêmes suivant les pays. Donc ce sont, c'est le coup de l'ascenseur. C'est la statistique de l'ascenseur. Vous ne savez pas pourquoi les autres sont comme ça, mais vous en avez tiré une leçon. Ils ont forcément raison, puisqu'ils disent tous la même chose.

45:50
Locuteur

Le

45:50
Invité

jour où vous me dites ça,

45:52
Locuteur

vous

45:52
Invité

êtes en régression intellectuelle sur le principe initial des Lumières, qui a commencé à dire.

45:58
Locuteur

On

45:59
Invité

disait, mais tout le monde croit en Dieu, alors pourquoi pas vous ? Vous pensez que tous les autres se trompent ? Et la réponse était,

46:05
Locuteur

bah,

46:07
Invité

tu ne disais rien parce que sinon tu allais sur le bûcher. Et on n'en est pas loin. Quiconque n'admet pas que puisque les autres le font,

46:13
Locuteur

il

46:13
Invité

faut le faire soi-même, et bien ça place tout trouvé au bûcher. Voilà. C'est-à-dire, hein, M. Mélenchon, ce que vous dites n'est pas raisonnable. J'en viens maintenant aux retraites et aux chiffres bidons que vous venez d'évoquer.

46:23
Locuteur

Mais

46:23
Invité

oui, c'est des chiffres bidons. Sur

46:25
Locuteur

la

46:25
Invité

trajectoire démographique ? Mais vous êtes sur la théorie de l'ascenseur.

46:29
Présentateur

Alors expliquez-nous. Le rapport

46:30
Locuteur

entre cotisants et retraités n'a pas de sens. Bien sûr, le

46:32
Invité

régime fonctionne par répartition. D'accord ? Vous me dites, il

46:36
Locuteur

y a

46:36
Invité

moins de gens qui travaillent qu'autrefois.

46:39
Locuteur

Pourquoi ? C

46:40
Invité

'est l'ascenseur. Et il y a plus de retraités aussi. Mais pourquoi

46:42
Locuteur

? Il faut payer pour eux. Je vais vous

46:43
Invité

dire pourquoi. Il y a 36% de moins de gens qui travaillent par rapport à ceux qui ne travaillent pas. Mais ceux qui travaillent produisent 50% de plus dans le même logiciel de référence, c'est-à-dire les années 80. Autrement dit, la richesse produite est susceptible d'être partagée entre capital et travail, salaire direct, salaire indirect, est plus grande. Et par conséquent, le résultat peut être le même. Savez

47:06
Locuteur

-vous

47:06
Invité

qu'on n'a pas augmenté les cotisations depuis 1990 ?

47:09
Locuteur

À

47:09
Invité

terme, même si la productivité augmente, ça

47:12
Locuteur

ne

47:12
Invité

résout pas notre déséquilibre démographique. Mais

47:17
Locuteur

attendez, vous voulez régler les

47:18
Invité

déséquilibres démographiques ou assurer l'équilibre de la

47:20
Locuteur

retraite

47:21
Invité

? Non, mais c'est quelque chose à prendre en compte dans les retraites, dans la façon dont on dépense pour nos retraites. De mieux en mieux. Dans les dépenses, vous voulez les limiter

47:29
Locuteur

? Non,

47:30
Invité

je n

47:30
Locuteur

'ai

47:30
Invité

pas dit ça. Mais

47:31
Locuteur

est-ce que notre système est viable ?

47:33
Invité

Est-ce que notre système est viable ?

47:35
Locuteur

Oui, notre système est viable. Est-ce qu'on devrait, par exemple,

47:36
Invité

faire un système par répartition ou un système hybride par répartition et

47:40
Locuteur

par capitalisation

47:41
Invité

?

47:41
Locuteur

Voilà, oui,

47:41
Invité

mais celle-là, je la connais. D'abord, il est hybride, hein. Et puis après, il est de plus en plus hybride. Et puis à la fin, bon, il y a la retraite pour les pauvres et puis les autres qui peuvent se payer la leur. Et vous tous, à la première crise financière, quick, vous n'avez plus en rond. C'est ce qui s'est passé aux États-Unis pour les principales caisses de retraite par répartition. Alors, peut-être qu'à vous,

48:00
Locuteur

ça

48:00
Invité

fait ni chaud ni froid, mais quand on a l'idée qu'on va gouverner un pays, on ne peut pas intégrer l'hypothèse que les gens se soient fait dévaliser. Aux États-Unis, de cette manière, et à la fin de l'Union soviétique, avec une méthode à peu près comparable. Je viens à ce que vous me disiez. Je viens de vous dire. Même si la productivité du travail

48:16
Locuteur

est

48:17
Invité

coincée dans l'ensemble de l'univers occidental. Parce que tout à l'heure, on a passé le fait que l'augmentation des taux, c'est pour tout le monde. L'augmentation de la dette, c'est la terre entière. Ce n

48:28
Locuteur

'est

48:28
Invité

pas juste les Français insouciants et non-Allemands qui font la bringue toute l'année. Là, je viens sur la Sécu. Donc, si la productivité du travail, en effet, fait que la masse augmente moins vite qu'elle n'augmentait auparavant. Elle a néanmoins augmenté de 50%. 50%. Donc, un travailleur qui, comme vous le savez, ne reçoit pas en salaire 100% de la valeur qu'il a produite. Il n'en touche qu'une petite partie. Eh bien, la part qui pourrait être distribuée autrement entre le salaire indirect et les dividendes a augmenté. Par conséquent, si vous changez le niveau de la cotisation, vous maintenez le niveau de la performance. Il y a quand même des problèmes.

49:10
Locuteur

Pour

49:10
Invité

la petite entreprise, c'est plus difficile. Mais surtout, parce que les hommes politiques que vous admirez ont trouvé la combine pour prendre tout le monde à la gorge. À la dernière campagne présidentielle, je vous ai dit, ces gens ont l'intention

49:24
Locuteur

de

49:25
Invité

passer

49:25
Locuteur

un

49:26
Invité

total de 80 milliards

49:28
Locuteur

de

49:30
Invité

dépenses sociales sur le budget de l'État. Ils n'y arriveront pas sans augmenter la TVA. Et je vous ai dit, ils vont créer la TVA sociale. Je me suis fait traiter de mythomane, d'affoleur public, etc., par toutes les autorités telles que M. Le Maire, qui a quand même creusé un trou de 1 200 milliards et m'en reprochait 100, etc. Mais que s'est-il passé ? Ils ont décidé d'exonérer de cotisations sociales jusqu'au niveau 3 fois le SMIC. Qui paye cette exonération ?

49:58
Locuteur

C

49:59
Invité

'est le budget de l'État,

50:00
Locuteur

qui,

50:00
Invité

pour l'essentiel, c'est une part de la TVA qui passe là-dedans. Autrement dit, ils ont secrètement mis en place un régime de TVA dite sociale, c'est-à-dire pour payer les dépenses sociales. Elles sont dans le budget de l'État. Et maintenant, les voilà qui arrivent la bouche en cœur en disant, ah non, la dépense sociale, aucun système n'est aussi généreux que le nôtre. Mais de quoi il parle ? Qui est généreux ? Ce sont les travailleurs avec eux-mêmes. Car la sécurité sociale, c'est leur cotise. Et personne n'a demandé

50:26
Locuteur

que

50:27
Invité

les cotisations passent dans le budget de l'État. C'est-à-dire qu'elles soient payées par des impôts plutôt que par des cotisations. D'accord ? Donc, commencez pas à nous mettre sur le dos ce qu'on n'a pas voulu. Et savez-vous combien ça fait ? Pile, poil, 82 milliards. Il est impossible de remettre ces 82 milliards sur le dos des entreprises dans le pays. En tout cas, les petites tomberaient à gelou si je le faisais. Par conséquent, je ne vais pas m'y prendre de cette manière-là. Nous allons répartir

50:51
Locuteur

ce

50:52
Invité

reste à charge parce que, pour le reste, en cotisation constante depuis 1990, le déficit de l'ensemble des régimes que contient la sécurité sociale, c'est 0,2%. Et l'État qui est endetté

51:08
Locuteur

de

51:09
Invité

15% va ramener sa science pour dire ce que doit faire la sécurité sociale. La sécurité sociale est à l'équilibre. Et maintenant, si vous passez votre vie à faire autre chose que des comptes parce que vous êtes assez surprenants, vous pourriez me parler de la retraite à 60 ans, nous ne la ferons pas. Allez, 62, oh, c'est pas assez, 64. Et puis, comme dit M. Édouard Philippe, 67. Ah, mais bon, comme ça fait,

51:33
Locuteur

ça

51:33
Invité

s'entend mal, 67. Donc, il a reculé

51:35
Locuteur

à

51:36
Invité

65, mais en augmentant le nombre d'annuités pour avoir une retraite à taux plein. Alors, les grands esprits, là, qu'est-ce que vous faites avec des gens qui ont plus de 67 ans et qui sont au travail ? Ils ne tombent pas plus malades que les autres ? Bien sûr que si, donc ça vous coûtera plus cher. Deuxièmement, ils ne seront pas embauchés, donc ça vous coûtera plus cher en cotisation, en indemnisation. Et comme entre-temps vous avez réduit l'indemnisation, messieurs les grands génies, vous aurez donc la malédiction du 19e siècle va revenir, c'est-à-dire les vieux pauvres. Voilà ce qui va arriver.

Pas un d'entre eux ne dit quelle va être la conséquence de leur décision comptable si intelligente,

52:13
Locuteur

c

52:14
Invité

'est-à-dire des pauvres gens qui vont être miséreux, qui vont être sans salaire,

52:18
Locuteur

qui

52:18
Invité

vont être malades.

52:19
Locuteur

Et

52:20
Invité

moi, je vous dis, je ne monte pas dans un avion piloté par un mec de 70 ans, c'est clair ? Donc je ne prends pas de billet d'avion, quand j'achète le billet d'avion, je dis, je volage du pilote. Je volage du pilote. Si je monte dans le train, je volage du chauffeur. Si je fais, je volage. Parce que, bien sûr qu'une personne âgée

52:35
Locuteur

va

52:36
Invité

être, comme vous le voyez, dans des conditions physiques beaucoup plus difficiles que la moyenne. Donc tout ça est irresponsable. Nous sommes en charge, non pas de comptes, nous sommes en charge d'un peuple.

52:47
Locuteur

Et

52:48
Invité

le peuple, c'est composé d'êtres

52:49
Locuteur

humains.

52:50
Présentateur

Et le peuple est composé de personnes âgées et de personnes plus jeunes. Pour prendre un exemple très concret, dans le budget d'éducation nationale, sur 90 milliards, il y a 28,5 milliards qui vont aux pensions de ces agents, soit près d'un tiers. Donc un retour à la retraite à 60 ans, alors on dirait encore cette charge. Est-ce que vous considérez que chaque euro qui est dépensé

53:09
Locuteur

pour

53:10
Présentateur

ces retraités

53:11
Locuteur

est

53:12
Présentateur

un euro qui n'est pas dépensé pour les jeunes

53:13
Locuteur

? Non. Est

53:16
Invité

-ce que les jeunes vivent sans les autres

53:17
Locuteur

?

53:17
Invité

Vous êtes qui, vous

53:18
Locuteur

?

53:18
Invité

Vos profs, ils ont votre âge

53:20
Locuteur

? Qu

53:21
Invité

'est-ce qu'on a à faire de ces gens

53:22
Locuteur

? Pourquoi

53:23
Invité

payer leur retraite ? Où sont vos profs ? Levez la main que je vous vois. À quoi bon vous payer des retraites

53:27
Locuteur

? Vous

53:28
Invité

ne voyez pas que vous êtes des parasites ? Vous empêchez ce jeune homme de vivre et de

53:32
Locuteur

s'épanouir.

53:32
Présentateur

Sans être des parasites, il y a un stock monétaire qui est...

53:36
Invité

C'est votre père que vous comptez faire travailler jusqu'à 70 ans

53:38
Locuteur

? Il y a un

53:39
Présentateur

stock monétaire

53:41
Locuteur

qui est limité. Non, non, non, le stock monétaire, ça n'existe pas. Il y a un argent qui est limité. On la

53:44
Locuteur 2

loue, soit aux jeunes, soit aux vieux. On choisit. Non plus. Donc on

53:48
Locuteur

ne choisit pas. Rien de tout

53:48
Locuteur 2

ça n'est vrai.

53:49
Locuteur

Donc on a autant d'argent qu'on veut. Vous faites

53:51
Locuteur 2

des phrases là. Non,

53:52
Locuteur

mais c'est une vraie question. Quelles

53:53
Présentateur

sont

53:54
Locuteur

vos priorités ? Est-ce que vous

53:55
Invité

dites à votre père, tu iras au boulot jusqu'à 70 ans ? Est-ce que c'est ça que vous lui dites

53:59
Locuteur

?

53:59
Invité

Je

53:59
Locuteur

vous interroge sur vos

54:00
Invité

priorités. Non, mais...

54:03
Locuteur

Est-ce que c'est la jeunesse ? Je vais vous expliquer un truc. Pour faire un gosse, il faut être

54:05
Invité

deux. D'accord ? Donc s'il n

54:07
Locuteur

'y a

54:07
Invité

pas de deux, il n

54:08
Locuteur

'y a

54:08
Invité

pas de gosse. Et une fois qu'il

54:09
Locuteur

y a

54:09
Invité

le gosse, pour l'éduquer, il vaut mieux être deux. Peu importe de quel sexe. D'accord ? Jeune homme, les gens n'existent pas. Les jeunes d'un côté... Et puis après, il y a les grands. Vous bouffez davantage qu'un autre, vous. Grand comme vous êtes. Je suis très fin quand même. Ah, ben peut-être fin, mais vous bouffez. Et vous êtes en pleine crise de croissance, ça se voit. Bon. Donc ça va, quoi. Ça suffit de trier les gens. Ne triez pas les gens. Parce que nous ne sommes pas triables. Nous sommes obligés de vivre ensemble. Moi, je trouve que c'est plutôt bien. Mais je veux quand même aller dans votre question. Je veux quand même vous répondre.

54:39
Locuteur

Les

54:39
Invité

gens dont nous parlons ont travaillé, ont signé un contrat avec l'État. Ils sont fonctionnaires et c'est l'État qui paye leur retraite. Mais alors l'État peut s'organiser

54:48
Locuteur

pour

54:49
Invité

que ces retraites pourraient être en État de payer ces retraites. Comment a-t-il fait ? Comment s'est-il organisé ? C'est peut-être ça qu'il faut critiquer. Et je vous redis.

54:57
Locuteur

Ma

54:58
Invité

mère était un sty.

54:59
Locuteur

D

54:59
Invité

'accord ? Elle est partie à l'époque où on partait à 60 ans.

55:02
Locuteur

Alors

55:02
Invité

elle est allée faire des heures d'orables pour apprendre aux petits les langues étrangères. Parce qu

55:08
Locuteur

'il

55:08
Invité

se trouvait qu'elle en parlait. Et ils l'ont pris pour faire ça.

55:11
Locuteur

Mais

55:11
Invité

elle l'a fait librement. Seulement quelques heures par semaine. Ma mère n'était plus en État d'être toute la semaine au travail, au-delà de 60 ans, dans les classes qui étaient les siennes.

55:20
Locuteur

Elle

55:20
Invité

faisait maternelle et puis les deux premières années. Vous voyez ? C'est-à-dire là, bon, je ne sais pas si vous avez déjà mis les pieds une fois dans un CP. Moi, je l

55:29
Locuteur

'ai

55:29
Invité

fait quand j'étais journaliste. J'y ai tenu une demi-journée. Ils sautent, ils pontent, ils crient. Ils sont tout le temps en train de faire quelque chose.

55:35
Locuteur

Vous

55:35
Invité

devez tout guetter en même temps. C'est épuisant. Mais bon, il y a des gens qui savent le faire avec plus d'attention qu'un apprenti journaliste comme je l'étais.

55:44
Locuteur

Donc,

55:44
Invité

arrêtez de trier les gens. On a besoin de tout le monde. Et quand vous parlez des retraités, je vous ai parlé de leur maladie,

55:50
Locuteur

de

55:50
Invité

leurs inconvénients, mais je peux vous parler de leur vie. Vous savez ce qu'ils font, les retraités ? À votre avis, qu'est-ce qu'ils font ? Ils s'attachent sur une chaise et ils ne bougent plus ?

55:57
Locuteur

Non,

55:57
Présentateur

vous avez raison. Ils aident énormément, les associations, notamment.

55:59
Invité

Ils vont faire des associations. Ils vont être maires ou mairesse du bled, que c'est que des corvées. Et ils le font. Parce que, quand on me dit, j'entends ces pédants

56:09
Locuteur

dire,

56:10
Invité

il va falloir travailler plus longtemps, évidemment, ils n'ont pas idée, parce qu

56:14
Locuteur

'ils

56:14
Invité

sont entourés de domestiques. Tout le monde travaille, tout le temps, sans arrêt, sans pause, tout le temps, tout le temps, tout le temps. Le travail domestique, le travail libre, gratuit, que l'on fait. Donc, il ne faut pas confondre travailler et travail salarié. Quand vous êtes dans le travail, vous êtes, en principe, dans une activité que vous avez choisie. Les femmes le savent bien, qu'elles choisissent librement de faire 80% des travaux domestiques. Mais si elles ne le faisaient pas, le capitalisme ne pourrait pas se reproduire. Voilà des règles de base. Donc, sachons comment la vie de la société s'organise.

Chaque fois que vous couperez à un endroit, vous vous retrouverez avec un problème. Si vous voulez maintenir les gens pour tenir vos fichus comptes en ordre, que je suis capable de vous rétablir sans répandre autant de souffrance que vous vous apprêtez à le faire, vous aurez le désordre ailleurs. C'est comme ça. La règle est, tout ce qui est gagné en cohérence à un endroit est perdu à un autre. Je vais vous donner un exemple qui est très frappant de ça. Ceux qui ont imaginé

57:11
Locuteur

la

57:12
Invité

production à flux tendu. Ça, ça vous dit quelque chose, c'est dans vos études de sciences économiques. Bon. Donc, le flux tendu, qu'est-ce que ça a donné

57:20
Locuteur

? Ça

57:21
Invité

veut dire des gens qui doivent être disponibles tout le temps, n'importe quand, pour produire. Ceux-là, ils détestent, pas les ouvriers, hein, les tauliers détestent les lois sociales qui limitent leur liberté de faire travailler les gens nuit et jour. Bon. Voilà. Et puis après quoi ? Vous voyez la conséquence pour tous les autres. C'est des milliers de camions et des milliers de personnes qui sortent eux-mêmes hors de bureau parce que la vie doit être mise en cohérence. Si tout le monde sort et rentre à n'importe quelle heure, il n'y a plus ni vie de famille, ni vie commerciale, ni rien de possible. Vous voyez que l'ordre,

57:52
Locuteur

l

57:53
Invité

'ordre public social est un ordre. Vous ne pouvez pas le démonter à un endroit en vous disant la loi de la nature qui est le marché va s'appliquer et l'équilibre va jaillir merveilleusement. Il ne jaillira jamais que pour les uns et souvent contre les autres.

58:08
Locuteur

Donc, ne courez pas

58:08
Invité

devant.

58:09
Locuteur

Pour

58:09
Invité

ne pas démonter l'ordre des mardis, on va passer au petit jeu des mardis de l'ESSEC. Ah, vous avez déjà parté à la fin, là ?

58:15
Locuteur

Non, c'est pas la fin. Il n'y avait pas un chapitre

58:16
Invité

sur les flics dans votre truc ? Si,

58:18
Locuteur

après. Ah, ça vient juste après. Après, ne vous inquiétez

58:19
Invité

pas. Donc, c'est deux questions avec trois réponses et après, vous choisissez celle que vous préférez.

58:28
Locuteur

Donc,

58:28
Présentateur

on vous demande d'abord quel est votre plus grand moment d'éloquence, selon les trois propositions.

58:34
Invité

Votre intervention à l'Assemblée nationale en faveur de la PMA lorsque vous déclarez qu'il n'y a pas de vérité biologique dans la filiation.

58:41
Locuteur

Ouais,

58:42
Présentateur

ouais, c'est bien ça. Votre intervention à la fête de l'UMA le 15 septembre

58:46
Locuteur

2023.

58:47
Invité

Vous avez bien compris la phrase.

58:49
Locuteur

Je

58:49
Invité

ne

58:50
Locuteur

suis

58:50
Invité

pas en train de vous dire qu'il n

58:51
Locuteur

'y a

58:51
Invité

pas de biologie dans la filiation.

58:52
Locuteur

Il n'y a pas de vérité

58:55
Invité

biologique

58:55
Locuteur

dans la

58:56
Invité

filiation.

58:56
Locuteur

La

58:56
Invité

paternité en France est déclarative.

58:58
Locuteur 5

Oui, et

58:59
Locuteur

donc...

59:00
Présentateur

Votre intervention à la fête de l'UMA le 15 septembre 2023, lorsqu'emportée par le public, vous lancez votre injonction, restez célèbre, abattez la citadelle, abattez ce système, faites mieux.

59:11
Locuteur

Ou

59:11
Invité

alors, votre intervention lors d'un meeting de la NUPES, lorsque vous affirmez que du jour au lendemain, vous ferez cesser l'enfer, que quelque chose dans l'air sera plus léger, que le soleil de cet été sera plus beau.

59:24
Locuteur

C

59:24
Invité

'est pas mal aussi, ça.

59:26
Locuteur

Non,

59:27
Invité

la phrase entière, elle est plus belle. Parce que, vous savez, je fais partie d'une génération et d'hommes politiques, et de gens, pour qui l'art de la parole est un art. D'accord

59:38
Locuteur

?

59:38
Invité

Donc, il doit beaucoup de travail. C'est-à-dire que je pense que je suis meilleur orateur qu'à 20 ans. Un peu moins véhément. Enfin, bon, c'est mon évaluation personnelle. Et puis, vous avez des moments... Vous savez pas comment c'est. C'est votre culture. Tout d'un coup, bon, il vous sort une phrase à laquelle vous n'auriez pas pu penser une demi-heure avant. Alors après, il

59:58
Locuteur

y

59:58
Invité

en a qu'on retient, mais vous y attendez pas. Moi, abattez la citadelle. L'ambiance était absolument un folle sous cette tente. Et, bon, les gens qui étaient là, comme moi, on était en train de tirer la moustache du tigre, si vous voyez ce que je veux dire. Donc, je le retiens pas comme un moment d'éloquence. Par contre, dans un débat,

1:00:19
Locuteur

où

1:00:20
Invité

vous affirmez que commence la fin du patriarcat avec la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes,

1:00:30
Locuteur

c

1:00:31
Invité

'est quand même un grand moment de l'histoire humaine.

1:00:34
Locuteur

C

1:00:34
Invité

'est... Bon. Donc, que tout d'un coup, vous vienne une phrase du genre à quelqu'un qui disait « Mais M. Mélenchon...

1:00:40
Locuteur

»

1:00:40
Invité

Il y a tous ceux qui défendaient la même thèse, hein. « Mais enfin, vous savez bien que

1:00:46
Locuteur

un

1:00:46
Invité

enfant, c'est un papa, une maman, et donc c'est l'ordre naturel des choses. » La réplique est

1:00:52
Locuteur

«

1:00:53
Invité

La vie des sociétés ne connaît pas d'ordre naturel. Elle connaît qu'un ordre culturel. Le paterfamilias a droit de vie et de mort sur sa femme et ses enfants dans la Rome antique.

1:01:04
Locuteur

Ce

1:01:04
Invité

sont d'autres conditions, et à chaque fois, les sociétés inventent des règles. C'est pourquoi j'ai dit « De ce point de vue, il n'y a pas d'ordre naturel. » Et deuxièmement, c'est un petit clin d'œil, aussi pour commencer à faire baisser un peu le ton, hein. C'est de dire « Il n

1:01:19
Locuteur

'y

1:01:19
Invité

a pas de vérité biologique dans la filiation.

1:01:23
Locuteur

»

1:01:24
Invité

Bon, alors, lequel je préfère des trois ? La citadelle, je le mets de côté parce que, bon, c'est devenu un slogan, mais en dépit de moi, je veux dire, c'est parce que les gens en avaient envie. Je crois que je préfère la phrase sur «

1:01:37
Locuteur

Il

1:01:38
Invité

n'y a pas de vérité biologique dans la filiation » parce que, voyez-vous, j'appartiens à une école philosophique de l'humanisme, traditionnelle, hein, dans laquelle l'être humain

1:01:50
Locuteur

est

1:01:51
Invité

son propre auteur. C'est extrêmement ambitieux et contraire à beaucoup de certitudes et même d'articles de foi. Et donc, l'idée que

1:01:58
Locuteur

nous

1:01:59
Invité

ayons repoussé aussi cette limite, j'en ai toujours la même émotion.

1:02:04
Locuteur

Alors,

1:02:05
Invité

quoi d'autre

1:02:05
Locuteur

?

1:02:05
Invité

Et dans la continuité, quel est votre moment médiatique préféré

1:02:08
Locuteur

? Est

1:02:09
Présentateur

-ce que c'est le « Moi ? »

1:02:10
Locuteur

Moi,

1:02:11
Présentateur

lors du clash avec Marine Le Pen en 2002, qui vous accusait de faire croire aux Français que l'intégralité des hommes politiques était malhonnête ?

1:02:18
Locuteur

Ou

1:02:18
Invité

alors, quand vous vous pruniez pour Louis XIV, en lançant « La République, c'est moi » lors de la perquisition du siège de l'FI

1:02:24
Locuteur

? Ou

1:02:25
Présentateur

encore le jour où vous avez remis le lait fraise à la mode en le sirotant avant le débat avec M. Zemmour

1:02:30
Locuteur

?

1:02:31
Invité

Non, mais à chaque fois, bon, il y a la vérité des mots parce qu'ils sont là, on les entend, on

1:02:36
Locuteur

peut

1:02:36
Invité

les réentendre quand on veut. Et puis, il

1:02:37
Locuteur

y

1:02:37
Invité

a les circonstances. Le coup du lait fraise, en réalité,

1:02:42
Locuteur

les

1:02:42
Invité

gens qui bossent avec moi, qui sont en même temps souvent des amis, voulaient à tout prix me faire découvrir le réseau social. Je crois que c'était TikTok, je ne

1:02:50
Locuteur

sais

1:02:50
Invité

pas lequel. Et moi, rien à faire. Ce jour-là, ça m'arrive, j'étais mal luné. Je ne

1:02:54
Locuteur

veux

1:02:54
Invité

rien savoir.

1:02:55
Locuteur

Et

1:02:55
Invité

alors, ils me disent « Non, mais tu comprends, ce n

1:02:57
Locuteur

'est

1:02:57
Invité

pas grave, tu vas te mettre comme ci, comme ça. Non, affichez-moi la paix. Arrive le serveur, qu'est-ce que vous voulez ? Un lait fraise, stupeur, autour de moi. Et c'est vrai, j'ai une tendresse pour le lait fraise. Alors, me voilà avec mon lait fraise, dans un acte de résistance absolue à l'idée qu'on allait me filmer, me faire dire quelque chose que je trouvais d'avance absurde. Et ce truc a eu un impact. Et j'adore l'humour, pas de votre génération, vous êtes déjà trop vieux, mais

1:03:23
Locuteur

la

1:03:24
Invité

génération qui a aux alentours de 20 ans et puis jusqu'à 15. parce qu'ils ont un humour, mais mordant, et puis alors, ils sont plus forts que vous, actuellement, parce que eux, s'ils m'avaient interrogé, ils n'auraient pas mis 20 questions sur les retraites, ils en auraient mis au moins une sur le changement climatique. Mais vous, ça ne vous intéresse pas, je comprends. Mais donc, vous n'êtes pas tout à fait dans votre époque, vous êtes un peu vieux, vous me rappelez certains sénateurs que j'ai connus et qui ne croient pas au changement climatique, qui pensent que ça n'existe pas, etc. Alors,

1:03:53
Locuteur

je

1:03:53
Invité

reviens à mon affaire. Le lait fraise, non, je le mets de côté. Qu'est-ce qu'il

1:03:57
Locuteur

y

1:03:57
Invité

a d'autre

1:03:57
Locuteur

?

1:03:58
Invité

Il y a Louis XIV. Ah non, écoutez pas vous, quoi. Louis XIV, il ne dit pas, c'est moi à la République, parce que lui, par définition, c'est le pouvoir absolu. Non, j'ai été menacé par un Pandore

1:04:08
Locuteur

qui

1:04:09
Invité

était là, qui avait un... Le gars,

1:04:12
Locuteur

c

1:04:12
Invité

'était... Après, j'ai découvert, c'était en partie... Il y a des gens qui aiment le heavy metal, ici. Bon, ben, lui, il en est... Ah oui, ah ben, ça commence bien.

1:04:19
Locuteur

Je

1:04:19
Invité

me préviens, je me méfie. Il paraît que c'est... Non, il y a toutes les tendances politiques dans le heavy metal. Mais enfin, lui, après, j'ai su qu'il jouait dans un orchestre quand même un peu raide de la nuque par rapport à moi.

1:04:32
Locuteur

Et

1:04:32
Invité

il avait son truc tricolore.

1:04:34
Locuteur

Et

1:04:35
Invité

je m'approche, j'avais auprès de moi un ami que j'ai connu jeune, quand on était vraiment un peu comme vous, quoi, à dire des trucs excessifs. Et il enlève ses lunettes et il dit « On touche pas, M. Mélenchon. » Alors, on avait envie de rire. Déjà, il faut que vous le sachiez. Intérieurement, on avait envie de rire parce que cette scène paraissait folle. Des flics en train de nous perquisitionner dans notre local, sans qu

1:04:56
Locuteur

'on

1:04:56
Invité

puisse entrer. Donc ça paraissait... Bon, bref.

1:04:59
Locuteur

Et

1:05:00
Invité

il a son truc tricolore et il fait comme ça, en parlant.

1:05:03
Locuteur

D

1:05:03
Invité

'accord ?

1:05:04
Locuteur

Et

1:05:04
Invité

il me dit « Monsieur, je suis armé.

1:05:06
Locuteur

»

1:05:06
Invité

Alors là, oh, oh, faut pas me parler comme ça. Donc je me dis, à ce moment-là, je dis une vérité.

1:05:11
Locuteur

Moi,

1:05:12
Invité

je suis le tribant du peuple.

1:05:13
Locuteur

Je

1:05:14
Invité

suis le député. Je vis dans mon imaginaire à moi. Le député, c'est le tribant du peuple. La personne du tribant du peuple, dans l'Antiquité, est sacrée.

1:05:25
Locuteur

Si

1:05:26
Invité

jamais tu lui touches un cheveu, les dieux eux-mêmes viennent te punir.

1:05:29
Locuteur

C

1:05:29
Invité

'est ce qui est prévu. Voilà. Donc, je lui dis, quand il fait ça, la République, c'est moi.

1:05:35
Locuteur

Mais

1:05:35
Invité

pas au sens de le roi soleil qui dit « L'État, c'est moi », au sens de « Le peuple, sa représentation, c'est moi ». Bon. Comme toujours, je me suis fait prendre dans des trucs trop sophistiqués, j'en conviens. Tout le monde m

1:05:47
Locuteur

'a

1:05:47
Invité

entendu crier ça, et la scène n

1:05:49
Locuteur

'est

1:05:49
Invité

pas très flatteuse physiquement pour moi, donc je vais pas vous dire que c'est mon moment favori. Mais tout bien pesé, peut-être que rétrospectivement, avec un peu d'excès d'orgueil, je vais me vouer une certaine admiration pour avoir tenu tête à un type qui vous dit « Monsieur, je suis armé

1:06:07
Locuteur

». Vous

1:06:08
Invité

voyez ? Voilà. Donc,

1:06:09
Locuteur

je

1:06:09
Invité

choisis cette phrase, tout compte fait, plutôt que le lait fraise. Merci.

1:06:15
Locuteur

Je

1:06:15
Invité

vois qu'il y a quelques-uns qui comprennent ce qu'est l'audace des raisonnables, parce que la raison aurait préféré que je me tienne à carreau en ne disant rien et en laissant tous ces gens qui chèdent pagaille qu'ils ont mis dans le local. Mais bon, voilà, ça s'est passé comme ça. Et pour vous parler franchement, je n

1:06:34
Locuteur

'ai

1:06:34
Invité

pas de regrets.

1:06:35
Locuteur

Je

1:06:36
Invité

trouve qu'une histoire... Vous savez, il y a deux manières

1:06:39
Locuteur

de

1:06:39
Invité

se représenter. La vie n'a pas de sens. L'univers n'en a pas.

1:06:43
Locuteur

Il

1:06:43
Invité

n

1:06:43
Locuteur

'y

1:06:43
Invité

a rien d'autre que ce qu'on y met nous-mêmes. Alors, vous pouvez être Sisyphe de Camus, hein. Vous roulez une pierre. Et moi, j'ai trouvé que rouler une pierre ne m'intéressait pas. Je préfère le quichotisme. Le quichotisme,

1:06:55
Locuteur

c

1:06:55
Invité

'est affronter sur un cheval bancal un moulin à vent comme un dragon, escorté d'un copain monté sur un âne qui, lui, est un peu gros. Et vous combattez. Eh bien, c'est cette démesure de la représentation d'une vie humaine et de son sens qui m'intéresse.

1:07:12
Locuteur

Ça

1:07:12
Invité

me rend peut-être dangereux pour ceux qui veulent prêter de l'argent à la France.

1:07:17
Présentateur

Mais... Peut-être pour ceux qui veulent l'ordre. Et justement, c'est l'objet de notre deuxième partie. L'ordre ! L'ordre et le dialogue social. Alors, samedi 17 octobre a été un jour de grande mobilisation contre la vie chère et en soutien au mouvement étudiant, et plutôt lycéen, pardon, né il y a plusieurs semaines. Les violences subies par les manifestants et par la police, tout comme les dégâts matériels infligés aux petits commerces, ont choqué les Français. Face à la situation, vous avez dénoncé une grande incompétence du gouvernement. Le ministre de l'Intérieur a lui-même reconnu une perte de contrôle.

Quelles sont, selon vous, les bonnes méthodes d'action à employer, dans le cas précis, des événements du 17 octobre ? Ouf

1:07:53
Locuteur

! Bon,

1:07:54
Invité

d'abord, alors, commençons par le commencement.

1:07:57
Locuteur

Le

1:07:58
Invité

maintien de l'ordre est une très mauvaise expression.

1:08:02
Locuteur

De

1:08:02
Invité

quel ordre vous parlez

1:08:03
Locuteur

? Il

1:08:05
Invité

faut dire, si on veut à tout prix parler de maintien de l'ordre, on va dire le maintien de l'ordre public,

1:08:10
Locuteur

c

1:08:10
Invité

'est-à-dire la tranquillité, l'exercice des droits constitutionnels, pacifiquement manifestés, pacifiquement, et ainsi de suite. Bon. Donc, un, de quoi on parle ? De l'ordre public

1:08:23
Locuteur

et

1:08:23
Invité

de rien d'autre. Deuxièmement, l'ordre public, le maintien de l'ordre public est un métier.

1:08:30
Locuteur

Ce

1:08:30
Invité

n'est pas une affaire de gros bras et de petites cervelles.

1:08:33
Locuteur

C

1:08:34
Invité

'est une affaire de grosses cervelles avec des bras qui ont des gestes adaptés. Par exemple, tirer dans la figure de quelqu'un n'est pas un geste adapté. Tirer à bout portant sur un jeune et lui fracasser la mâchoire et toute sa dentition n'est pas un geste adapté. Ce n'est pas un geste professionnel, j'en passe, et beaucoup. Aujourd'hui, la liste de ceux qui ont été amputés, blessés, de toutes les manières possibles à la fin de ces événements est déjà très longue. Le nombre de jeunes gens

1:09:01
Locuteur

qui

1:09:02
Invité

sont passés en garde à vue sans aucune décision d'aucune sorte ni aucune démonstration de quelque culpabilité que ce soit est considérable.

1:09:10
Locuteur

Le

1:09:11
Invité

24 octobre, il y a plus de monde qui a été au trou que le 17.

1:09:14
Locuteur

Alors,

1:09:15
Invité

je vous dis tout ça pour bien rappeler dans quel ensemble nous vivons.

1:09:19
Locuteur

Quand

1:09:19
Invité

arrive le 17, je ne

1:09:22
Locuteur

vais

1:09:22
Invité

pas faire de paranoïa, d'accord, puisque tout à l'heure on m'a soupçonné de vivre d'après des... Je fais le contraire.

1:09:28
Locuteur

Je

1:09:28
Invité

fais le pari de croire

1:09:30
Locuteur

que

1:09:31
Invité

les gens qui prennent des décisions

1:09:33
Locuteur

le

1:09:33
Invité

font d'une manière professionnelle. Pas monter un traquenard comme ça, jamais de la vie. Pas provoquer des gens pour qu'il y ait des incidents. Enfin,

1:09:41
Locuteur

on

1:09:41
Invité

ne

1:09:41
Locuteur

va

1:09:41
Invité

pas être paranoïaque. Non, ils le font

1:09:44
Locuteur

comme

1:09:44
Invité

un métier, avec une conscience professionnelle.

1:09:47
Locuteur

Il

1:09:47
Invité

y a quand même un problème, ils ne valent pas un clou. Parce que le résultat, ça a été une pagaille gigantesque.

1:09:52
Locuteur

Et

1:09:53
Invité

qu'on a vu

1:09:54
Locuteur

que

1:09:55
Invité

les consignes avaient été sans doute très mal données. Quel était l'intérêt de courir après des manifestants plutôt que de protéger des façades et des commerces

1:10:02
Locuteur

? Quel

1:10:03
Invité

était l'intérêt de continuer à courir alors qu'il n'y avait plus de munitions d'après les conversations radio dont nous avons été informés.

1:10:12
Locuteur

Parce

1:10:12
Invité

qu'on sait beaucoup de choses.

1:10:13
Locuteur

Ça

1:10:14
Invité

a été mené en dépit du bon sens. Maintenant, ils disent on a sous-évalué. Comment ça, vous avez fait pour sous-évaluer

1:10:20
Locuteur

? Quand

1:10:21
Invité

le pape vient, vous évaluez qu'il faut 14 000 policiers à Paris. Quand il y a des manifestations annoncées dans toute la France, vous en mettez 10 000 pour toute la France. Alors, ni vous ni moi, nous sommes des professionnels de l'ordre. 60 000, non

1:10:33
Locuteur

?

1:10:33
Invité

60 000 policiers pour toute la France, non

1:10:35
Locuteur

? Ça,

1:10:36
Invité

c'était ce week-end. Le week-end

1:10:38
Locuteur

précédent... Non, ce week-end,

1:10:38
Invité

c'était 70 000.

1:10:39
Locuteur

Non,

1:10:40
Invité

le week-end dont on parle, 17 octobre...

1:10:42
Présentateur

Je crois qu'effectivement, le chiffre que vous donnez de 10 000 a été contesté par la suite dans les

1:10:46
Locuteur

médias.

1:10:46
Présentateur

Mais pour votre défense, il avait été d'abord publié par certains médias et donc vous l'avez repris. Mais

1:10:51
Locuteur

à postériori, on a vu qu'il y avait plus que 10 000 personnes. Vous

1:10:54
Invité

croyez quoi ? Qu'il n

1:10:55
Locuteur

'y a

1:10:55
Invité

pas de flics républicains, qu'il n

1:10:56
Locuteur

'y a

1:10:56
Invité

pas de LFI dans la police ? Mais rêvez, il y en a partout, des LFI. Alors, il y en a aussi dans la police. Et donc, qu'est-ce que vous croyez ? Qu'ils n'ont pas de langue, qu

1:11:04
Locuteur

'ils

1:11:04
Invité

n'ont pas d'yeux, qu'ils ne savent pas ce qu'ils font

1:11:05
Locuteur

? Et

1:11:06
Invité

vous croyez qu'ils ne parlent pas ? Mais si, ils nous parlent à nous ! Comme les fachos parlent aux flics fachos. Et ils ne

1:11:11
Locuteur

sont

1:11:11
Invité

plus nombreux. Pour l'instant, c'est nous qui sommes minoritaires. Donc, venez pas me raconter d'histoire. C'était, on soutient les revendications. Et compte tenu de la violence qu'on a vue se déchaîner, et je vais vous dire pourquoi, la violence. On a dit, on change complètement notre rôle. Notre rôle principal, c'est de protéger. C'est nos gamins. On est partis de cette idée-là. On a commencé à mettre des brassards,

1:11:38
Locuteur

à

1:11:38
Invité

aller... Et souvent, en bonne entente, avec les commissaires de police. Localement, quand arrivait un élu à LFI, souvent, c'est les jeunes qui appelaient pour dire, envoyez un élu, parce que ça va chauffer. Donc, nous venions parce qu'on nous demandait.

1:11:49
Locuteur

Mais

1:11:49
Invité

les gens qu'on a alignés ne sont pas des professionnels du maintien de l'ordre.

1:11:54
Locuteur

Quand

1:11:55
Invité

vous amenez la BAC

1:11:57
Locuteur

pour

1:11:57
Invité

maintenir l'ordre devant un lycée, vous provoquez le chaos. Et vous mettez en route des hommes et des femmes dont le métier est de faire du flagrant délit. C'est pas pareil de faire du flagrant délit et de maintenir la tranquillité.

1:12:09
Locuteur

Vous voulez

1:12:10
Présentateur

supprimer la BAC, me semble-t-il. Alors, c'est une unité qui est aussi utilisée en manifestation pour isoler les individus qui seraient violents. Si vous souhaitez la supprimer, qui se chargerait d'isoler les individus violents

1:12:21
Locuteur

?

1:12:21
Invité

Vous, par exemple, il me faut quelqu'un. Vous n'êtes pas libre ? Alors, moi, je n

1:12:24
Locuteur

'ai

1:12:24
Invité

pas de gros bras et pas

1:12:25
Locuteur

de gros cervelle non plus. C'est un gros

1:12:26
Invité

cerveau, quand même. En principe, si vous êtes là... Bon, soyons sérieux un instant. Ne piégez pas. Une discussion ne peut pas marcher comme ça, par esprit d'escalier. C'est, nous voulons maintenir l'ordre public. Tous. Personne, en tout cas pas moi. Je ne dis pas, ah, tout va mieux pour nous quand c'est le chaos. J'ai entendu des gens dire, ils veulent le chaos parce que ça l'arrange pour les élections. Mais vous me prenez pour qui ? Vous croyez que je ne sais pas dans quel pays je vis ? Quel âge vous pensez que j'ai

1:12:53
Locuteur

? J

1:12:54
Invité

'ai 75 ans. Vous croyez que je n

1:12:56
Locuteur

'ai

1:12:56
Invité

pas vu mai 68 ? Vous croyez que je n

1:12:58
Locuteur

'ai

1:12:58
Invité

pas vu le résultat électoral de mai 68 ?

1:13:01
Locuteur

Mai

1:13:01
Invité

68, nous, la gauche, on s'est pris la plus grosse tannée de toute la 5e République. Et pourtant, on avait eu 10 millions de travailleurs en grève.

1:13:09
Locuteur

Et

1:13:09
Invité

ce qui se passait dans les rues, il

1:13:10
Locuteur

ne

1:13:10
Invité

restait plus un arbre debout, plus une voiture debout,

1:13:13
Locuteur

plus

1:13:13
Invité

un pavé sur la route.

1:13:15
Locuteur

Vous

1:13:15
Invité

croyez que je ne le sais pas ? Donc je sais très bien

1:13:18
Locuteur

sur

1:13:18
Invité

quoi débouche le spectacle. Et pendant toute la semaine,

1:13:23
Locuteur

les

1:13:23
Invité

chaînes d'information en continu ont diffusé des propos racistes. Toute la semaine, ces messieurs-dames, les importants, qui ne sortent pas de leur bureau, étaient là devant des spectacles de flammes. Même quand on interviewait, ça n'avait aucun rapport. Il y avait des flammes derrière. pour que l'abruti moyen qui regarde en sirotant sa bière ou en chenouffant sa coke et qui voit ça,

1:13:45
Locuteur

il

1:13:45
Invité

voit les flammes et il voit Mélenchon. Tout ça est abject. Alors

1:13:48
Locuteur

quels sont les bonnes...

1:13:49
Invité

Attendez une seconde. Non, non, on ne passe pas vite là-dessus.

1:13:52
Locuteur

Non, je reviens sur la question principale. Les gens ont pris des

1:13:53
Invité

responsabilités politiques et ils ont armé le bras d'un fou. D'accord ? Il ne

1:13:57
Locuteur

faut

1:13:57
Invité

pas perdre ça de vue. Le type qui vient dans la rue pour tirer à la sortie de la mosquée et qui, heureusement, s'est trompé d'heure, dit qu'il veut venger les commerces brûlés. Donc, la psychédé... Alors, on dit aujourd'hui, il est dérangé. Déjà, il est dérangé à cause de ses opinions. Être raciste, ce n

1:14:11
Locuteur

'est

1:14:11
Invité

pas un signal d'équilibre mental. Mais celui-là, la folie, la folie du gars... Écoutez bien, mes amis,

1:14:22
Locuteur

la

1:14:22
Invité

folie ne se déploie pas... Le dérangement intellectuel, bien sûr que ça existe.

1:14:27
Locuteur

Mais

1:14:27
Invité

attention à ce qu'on est en train de dire, aussi. Tous les schizophrènes n'ont pas l'intention de tuer tout le monde. Celui-là, oui. S'il est schizophrène, j'en sais rien, je ne l'ai pas vu et puis je déteste les jugements psychiatriques portés par des gens comme ça qui voient ça de loin. Mais lui, il l'a dit. Qu'est-ce qu'il a fait ? Il a repris les images. Vous voyez, il y

1:14:44
Locuteur

a

1:14:44
Invité

des fous qui se prennent pour Napoléon.

1:14:46
Locuteur

Vous

1:14:47
Invité

savez la condition pour se prendre pour Napoléon

1:14:49
Locuteur

? C

1:14:50
Invité

'est d'en avoir entendu parler. Sinon, vous ne savez pas qui est Napoléon. Vous ne

1:14:54
Locuteur

l'avez

1:14:54
Invité

jamais rencontré. Vous ne savez pas de qui il s'agit. Le délire s'inscrit dans un réel culturel et d'image. Ce type

1:15:03
Locuteur

a

1:15:03
Invité

construit sa décision de passer à l'acte meurtrier. Il était raciste. Eh bien, il l'a pris dans un environnement et un contexte où tous les jours, on lui a dit « Regardez, Mélenchon a mis le feu partout et sinon, c'est les arabo-musulmans.

1:15:16
Locuteur

»

1:15:17
Invité

Donc,

1:15:17
Locuteur

chacun

1:15:18
Invité

d'entre nous doit assumer sa responsabilité. Si je me sentais une responsabilité pour avoir appelé au chaos, je pense que je l'assumerais. Je ne l'ai pas fait, j'ai fait le contraire, comme tous mes amis. Et samedi dernier, alors cette fois-là, 17 octobre, le préfet attend, le préfet, il n'y connaît rien, le préfet de police de Paris. C'est un collaborateur, M. Macron, c'est une créature de bureau qui s'occupe d'autre chose. L'ordre public, c'est un métier. Il n'y connaît rien. Il n'a aucune tradition dans les mouvements sociaux et populaires. Ça ne fait pas partie de son histoire. Vous avez des générations qui n'ont pas eu cette pratique pour des raisons sociales ou autres.

1:15:54
Locuteur

Il

1:15:55
Invité

n'y connaît rien. Donc, il attend jusqu'à la veille pour décider d'où on a le droit de partir. Ce qu'il ne sait pas, c'est que quand on a un lieu de départ, on fait partir les voitures, on envoie les services d'ordre 3, 4 heures avant, des fois, le matin même, pour surveiller tous les environs et faire en sorte qu'il n

1:16:11
Locuteur

'y ait

1:16:11
Invité

pas de poubelle qui traîne et ainsi de suite. Impossible de faire tout ça. Et à 11h30 du matin, 20 gugus provoquent la rangée

1:16:18
Locuteur

de

1:16:19
Invité

policiers qui se trouvent là et la bagarre commence à 11h30, à un bout de la place de la République. Personne n'a pu entrer. Si bien que, comme on ne pouvait plus entrer sur la place de la République, des dizaines de groupes se sont formés un peu partout. Nous ne sommes pas une armée.

1:16:32
Présentateur

Quelles sont les bonnes méthodes alors à

1:16:33
Locuteur

ce moment-là ? Nous ne sommes

1:16:33
Invité

pas... Attendez. Mais monsieur, je ne suis pas policier. Vous, vous avez l'air de l'être. Mais vous

1:16:38
Locuteur

serez peut-être

1:16:38
Présentateur

le chef de la police. Ah bon ? A venir. C'est-à

1:16:41
Locuteur

-dire,

1:16:41
Présentateur

vous serez le chef des armées, donc le chef de la gendarmerie. Donc, vous aurez... C'est ça. Et

1:16:46
Invité

j'irai personnellement avec un casque. Vous

1:16:48
Locuteur

aurez à répondre de maintien

1:16:49
Présentateur

de l'ordre.

1:16:50
Locuteur

Non, attendez. Je crois que vous mélangez un

1:16:51
Invité

peu tout là. Je suis candidat à la présidentielle. Pas être le chef de la police, ni préfet de police de Paris, ni gendarme. Donc, ne dites pas des bêtises pour disperser

1:17:01
Locuteur

un

1:17:01
Invité

fait politique majeur. Nous venons de vivre une page de l'histoire de France

1:17:05
Locuteur

et

1:17:06
Invité

qui ne se termine pas dans des conditions dramatiques. Ce jour-là, il s'est passé ça. Comment... Pourquoi vous passez dessus comme ça ? Pourquoi ça n'existe pas

1:17:13
Locuteur

?

1:17:14
Invité

Ça vous dérange ?

1:17:14
Présentateur

Ah non, ça nous intéresse

1:17:15
Locuteur

complètement.

1:17:15
Présentateur

C'est extrêmement intéressant ce que vous

1:17:16
Locuteur

dites. Alors...

1:17:17
Présentateur

On aimerait savoir... Alors, vous avez fait un constat très intéressant. Ah, merci. Et on aimerait savoir quelles sont vos intentions, vos bonnes méthodes d'action,

1:17:25
Locuteur

justement, pour éviter... Alors, déjà, quand on veut reprendre l'ordre

1:17:28
Invité

public, on envoie des professionnels de l'ordre public. La France a été un modèle en temps. Parce que nous avons eu un préfet de police qui est rentré dans l'histoire, le préfet Grimaud.

1:17:38
Locuteur

En

1:17:39
Invité

plein mai 68, vous vous imaginez la violence ?

1:17:41
Locuteur

J

1:17:42
Invité

'ai raconté dans une émission un truc que j'ai vu sur une photo. Rue M. le Prince, un poil en fonte au milieu de la rue. Ça veut dire que c'est quelqu'un qui l'avait balancé depuis les étages. Il faut vous imaginer ce qu'a dans la cervelle la personne qui jette un poil en fonte sur des gens qui sont dans la rue où ils ne voient rien. Donc, c'était une situation hyper tendue. Et le préfet Grimaud dit aux policiers, il dit, je suis moi de votre métier, je sais que c'est pénible ce que vous vivez, mais, mais, mais, et il dit, quelqu'un qui frappe un homme à terre, il parle d'un homme à terre, se déshonore et déshonore notre métier.

1:18:13
Locuteur

Les

1:18:13
Invité

chefs

1:18:14
Locuteur

diriger,

1:18:15
Invité

c'est assumer une responsabilité. Si les chefs ne chefent pas,

1:18:19
Locuteur

comme

1:18:19
Invité

disait Chirac,

1:18:20
Locuteur

si

1:18:21
Invité

celui qui dirige ne donne pas d'ordre ferme, ne, n'interdit pas certains comportements et n'encourage pas d'autres. La troupe, spontanément, c'est des hommes, vous le savez, la plupart du temps. Vous savez ce qui se passe dans le cerveau et dans le corps et dans le sang d'un homme quand la bagarre commence. Vous êtes certains d'une catastrophe. Il faut donc que le commandement soit extrêmement ferme et que les principes d'action soient nés variétures. Quand on reste, écoutez, franchement, regardez à l'INA, les événements de 1990. Il y

1:18:50
Locuteur

a

1:18:50
Invité

aussi eu des boutiques de pillés. C'est lamentable. Je veux vous dire pourquoi je trouve ça lamentable. Parce que l'attitude violente diminue la capacité de rassemblement dans la lutte. Si tout le monde peut venir en poussant le landau de son gamin, vous avez des masses de gens qui viennent. Comme ça s'est produit le samedi où nous avons assuré la police

1:19:11
Locuteur

de

1:19:11
Invité

la manifestation depuis la place d'Italie jusqu'à l'arrivée avec le servisor de la CGT. Le servisor de LFI et le servisor de la CGT. Pour nous, la bonne manif, tu viens avec tes mouflets. Et il ne se passe rien. Et du coup, tout le monde vient. Et donc, tout le monde affirme la puissance du peuple. Après, c'est une idéologie, vous allez me dire. Mais moi, je crois à ça. Le peuple souverain en toutes circonstances. Et il y

1:19:36
Locuteur

aura

1:19:36
Invité

d'ailleurs une traduction à une question que vous ne m'avez pas posée parce que ça ne vous intéresse pas. Les institutions, la démocratie, le climat, décidément, il n

1:19:42
Locuteur

'y

1:19:42
Invité

a qu

1:19:42
Locuteur

'un

1:19:42
Invité

truc qui vous intéresse, la retraite et la dette. C'est quand même curieux. Vous avez drôlement fait. Mais pour venir là sur le sujet, il faut confier le maintien de l'ordre public à des professionnels du maintien de l'ordre. Sur la base, de principes fermes et forts.

1:19:54
Locuteur

Et non

1:19:55
Invité

négociables. On ne jette pas, quand on est un policier, des grenades sur la foule depuis un toit. On ne tapasse pas un gamin à terre.

1:20:04
Locuteur

Parce

1:20:04
Invité

que c'est votre gosse peut-être. Et vous savez comment ça s'est réglé ?

1:20:08
Locuteur

Ça

1:20:08
Invité

s'est réglé. Qu'un paquet de ceux qui ont été réquisitionnés pour venir le 17 ou le 24, il dit « Ah ben non, je suis malade.

1:20:15
Locuteur

»

1:20:15
Invité

Parce que le gars, il n

1:20:16
Locuteur

'a

1:20:16
Invité

pas envie de le faire. Il n'a pas envie de faire ça. Parce qu'il sait que ce n

1:20:19
Locuteur

'est

1:20:19
Invité

pas bien et que ça va mal tourner. Donc, moi, je vous dis tout ça et samedi prochain, il y a à nouveau une manif.

1:20:25
Locuteur

J

1:20:25
Invité

'espère que le préfet va se décider un peu plus tôt que d'habitude. Samedi dernier, vous avez eu chaud tous

1:20:31
Locuteur

parce

1:20:31
Invité

qu'on a appris le soir que la manif était interdite place de la Bastille. Place de la Bastille, je ne

1:20:37
Locuteur

vais

1:20:37
Invité

pas discuter les emplacements, mais si nous n'étions pas intervenus, nous autres, ceux de la Cégette et nous, les LFI, pour passer la consigne,

1:20:46
Locuteur

on

1:20:47
Invité

se retrouve avec des gens dans toute la ville.

1:20:49
Locuteur

Donc, je

1:20:49
Invité

vous dis, pendant la nuit, on a fait ce qu'il fallait pour que des dizaines de milliers de gens soient informés par nos méthodes de travail. Mais ça ne peut pas durer. Moi, je ne suis pas chargé de la police dans ce pays et après, me faire traiter de tous les noms,

1:21:02
Locuteur

c

1:21:02
Invité

'est comme si j'avais moi-même pillé les boutiques.

1:21:05
Locuteur

Un

1:21:05
Invité

des programmes phares, une des mesures phares de votre programme, justement, c'est cette police de proximité que vous voulez réinstaurer. Elle a été mise en place sous le gouvernement Jospin puis après, elle a été abandonnée. Qu'est-ce qui vous fait croire que cette fois, elle fonctionnera ? Est-ce que vous proposez quelque chose de plus pour qu'elle soit pérenne

1:21:22
Locuteur

?

1:21:23
Invité

Ou...

1:21:24
Locuteur

Ben,

1:21:25
Invité

écoutez, bon, vous avez raison de poser la question de savoir si ce qu'on propose a une efficacité.

1:21:32
Locuteur

Bon,

1:21:32
Invité

ce que nous constatons, nous, c'est que ce qui a été fait dans le cadre depuis que... Sarkozy a fait un truc pas bien.

1:21:40
Locuteur

Il

1:21:41
Invité

a voulu flatter la troupe et il s'en va leur dire le rôle d'un policier, c'est pas être joué au foot avec les jeunes des quartiers. Je comprends ce qu'il veut dire, mais l'impact de telles paroles est terrible.

1:21:52
Locuteur

C

1:21:52
Invité

'est comme quand surgit un dirigeant politique et qui dit «

1:21:55
Locuteur

il

1:21:55
Invité

faut choisir son camp entre la police et ceux qui pillent les magasins ». Moi, je fais partie de ceux qui ne s'en connaissent ni dans les uns ni dans les autres. Je fais quoi ? Je suis obligé d'être dans un camp. Il faut faire attention. Je ne dis pas que j'ai pas moi-même commis d'erreur. Je ne suis pas en train de vous dire ça. Peut-être que j'y deviens plus attentif à mesure que le temps fait son effet sur moi aussi et que bon, je me dis attention. Bon, il faut faire attention. Dire ça, ça voulait dire un policier n'a pas de, comment dire, de... Il n

1:22:26
Locuteur

'y

1:22:26
Invité

a pas

1:22:26
Locuteur

de lien.

1:22:27
Invité

Il n

1:22:27
Locuteur

'a pas de

1:22:27
Invité

relation avec

1:22:28
Locuteur

les personnes. Il n'identifie

1:22:29
Invité

pas aux jeunes, surtout si le jeune fait des bêtises. Maintenant, il y a quand même des choses qu'on sait tous, même quand on fait du commerce et des sciences économiques. Tout à l'heure, vous êtes risqué à la psychanalyse, mais il y a aussi la sociologie et il y

1:22:42
Locuteur

a

1:22:42
Invité

des choses de cette nature. Mais ce qu'on sait, c'est qu'il est dans le programme génétique

1:22:46
Locuteur

d

1:22:47
Invité

'un adolescent de s'exposer au risque. C'est dans son programme. Les garçons d'une manière et les filles d'une autre.

1:22:53
Locuteur

Bon,

1:22:53
Invité

on le sait. Par conséquent, on ne doit pas s'attendre et on devrait s'inquiéter le jour où on ne verra que des jeunes gentils qui ferment leur bouche et qui sont au garde-à-vous dès qu'ils croisent en uniforme. Il y aura un problème. On devra se poser des questions. Sans entrer jusque-là. Donc,

1:23:08
Locuteur

pas

1:23:08
Invité

la police,

1:23:09
Locuteur

pas

1:23:10
Invité

la BAC

1:23:10
Locuteur

dans

1:23:11
Invité

les quartiers populaires. D'accord

1:23:12
Locuteur

? Je

1:23:13
Invité

ne veux pas dire trop de choses.

1:23:16
Locuteur

Mais

1:23:16
Invité

un pouvoir qui règne par la force.

1:23:19
Locuteur

Quand

1:23:19
Invité

la force n'est plus suffisante, arrive la combine.

1:23:24
Locuteur

Des

1:23:24
Invité

petits arrangements

1:23:25
Locuteur

pour

1:23:26
Invité

maintenir l'ordre ici et là-bas, on ne garde pas. Et ainsi de suite. Donc, la police de proximité, qu'est-ce que ça veut dire

1:23:32
Locuteur

? Vous

1:23:33
Invité

installez un poste.

1:23:36
Locuteur

Il

1:23:36
Invité

est au pied d'un immeuble dans un rez-de-chaussée. Ailleurs, c'est un commerce. vous avez ça. Les gars qui sont là et les femmes qui sont là, tout le monde les connaît. T'as parlé un jour. Et puis,

1:23:47
Locuteur

la

1:23:48
Invité

personne qui est là, c'est

1:23:48
Locuteur

pas

1:23:48
Invité

un robot.

1:23:49
Locuteur

C

1:23:49
Invité

'est quelqu'un qui a du savoir-faire.

1:23:52
Locuteur

Un

1:23:52
Invité

certain toucher de balle

1:23:54
Locuteur

va

1:23:54
Invité

parler. Avec elle, celle-là, elle a l'air un peu agitée. Je vais causer avec elle.

1:23:58
Locuteur

Bon,

1:23:58
Invité

ça va ma fille ? Blablabla. Et puis l'autre là, bon, t'as pas fini. Bon. Et voilà comment ça se passe. Des rapports humains se construisent.

1:24:06
Locuteur

Et des

1:24:07
Invité

rapports humains comme ceux que vous pouvez avoir, pardon, c'est un peu paternaliste que je raconte, mais un peu comme quand vous avez vos enfants à la maison. Bah, vous passez pas votre temps à leur dire fais pas ci, fais pas ça. Bon.

1:24:19
Locuteur

Tu

1:24:19
Invité

sais faire. Tu évalues le niveau de tension qui existe pour essayer de le faire baisser raisonnablement. La police de proximité, c'est celle qui va chercher les moyens de faire baisser la tension sans recourir à la force. Et qui va donner un modèle d'être. Parce que la police, aujourd'hui, est composée de jeunes gens qui viennent de toutes les catégories sociales du pays. Et figurez-vous qu'il vaut mieux être policier qu'instituteur.

1:24:46
Locuteur

Parce

1:24:47
Invité

que policier, vous commencez à 2300.

1:24:50
Locuteur

Sans

1:24:50
Invité

compter les heures supplémentaires à jeter des grenades depuis les toits sur la place de la République.

1:24:55
Locuteur

Le

1:24:55
Invité

prof, c'est 2200. Donc nous sommes un pays où on paye mieux un policier qu'un instituteur. Je n

1:25:03
Locuteur

'ai

1:25:03
Invité

pas de mépris pour les policiers.

1:25:04
Locuteur

Ils

1:25:04
Invité

doivent être payés correctement. Mais admettez qu'il y a là un écart qui est difficile à supporter.

1:25:09
Locuteur

Moi,

1:25:10
Invité

je vous ai dit on essaiera ça. Maintenant, ce que je ne veux pas vous cacher est que certains n'aillent pas rêver. Nous allons refonder la police de la cave au grenier.

1:25:19
Locuteur

Pour

1:25:20
Invité

une raison, c'est que la population maintenant a peur de la police.

1:25:24
Locuteur

même

1:25:24
Invité

si on vous dit le contraire.

1:25:26
Locuteur

A

1:25:26
Invité

peur.

1:25:27
Locuteur

Dans

1:25:27
Invité

un certain nombre d'endroits du pays. Et il faut donc reconstruire la confiance.

1:25:31
Locuteur

Il

1:25:31
Invité

faut que la police comprenne que les méthodes de travail vont changer et qu'on va donc sélectionner le personnel. Ça intéresse moins les histoires de flics. Il faut dire ce qu'il y

1:25:40
Locuteur

a.

1:25:41
Invité

Reparlons de la retraite.

1:25:42
Locuteur

Je crois qu'il y a une question de RER aussi. Si quelques personnes

1:25:45
Présentateur

partent, c'est parce qu

1:25:45
Locuteur

'il n'y a pas de RER ce soir jusqu'à très tard.

1:25:48
Invité

Merci pour l'encouragement au passage.

1:25:50
Locuteur

Je

1:25:51
Invité

ne

1:25:51
Locuteur

vous

1:25:51
Invité

dirai pas qui c'est parce qu'après, il va être...

1:25:53
Locuteur

Ça

1:25:53
Invité

y est,

1:25:54
Locuteur

il

1:25:54
Invité

y a toutes ces feuilles encore. Justement, pour revenir sur cette police de proximité, quels moyens est

1:26:00
Locuteur

-ce

1:26:00
Invité

que vous lui donnez dans les zones où justement la délinquance est de plus en plus organisée ? Est-ce que justement vous proposez la suppression de la BAC qui est en charge du flagrant délit, ce que vous disiez tout à l'heure ? Mais cette police de proximité,

1:26:15
Locuteur

elle

1:26:15
Invité

est... Enfin, concrètement, à quoi elle ressemblera ? Quels moyens l'aura face aux crimes organisés ? Bon, moi, je ne vais pas vous décrire ça parce que j'ai bien l'intention et j'ai sous la main un certain nombre de professionnels qui connaissent ça. Mais je ne vais quand même pas éluder votre question.

1:26:29
Locuteur

Vous

1:26:29
Invité

venez de dire vous-même qu'il y a des zones dans le pays, dans les quartiers riches où il se trafique beaucoup de drogue, dans les quartiers pauvres où il se trafique d'autres choses. Il y a aussi le trafic d'êtres humains, il y a aussi le trafic des armes, il y a entre 6 et 11 millions d'armes qui circulent dans notre pays.

1:26:44
Locuteur

Il

1:26:45
Invité

faut bien comprendre une chose. Ne mélangez pas incivilité et délinquance.

1:26:50
Locuteur

D

1:26:51
Invité

'accord

1:26:51
Locuteur

? Des

1:26:52
Invité

fois, l'incivilité est plus pénible que la délinquance, soit dit par parenthèse. Mais bon, la délinquance, elle s'organise de manière pyramidale.

1:26:59
Locuteur

si

1:27:00
Invité

vous volez, il faut des receleurs.

1:27:03
Locuteur

Si

1:27:04
Invité

vous avez des receleurs, etc., etc. Donc, la lutte contre la délinquance commence par la lutte contre la criminalité.

1:27:12
Locuteur

Il

1:27:12
Invité

faut lutter contre les trafiquants d'armes. Vous ne trouvez pas des armes au supermarché du coin.

1:27:17
Locuteur

Il

1:27:17
Invité

faut lutter pour détruire ça. Il faut lutter contre le trafic des êtres humains.

1:27:22
Locuteur

Il

1:27:22
Invité

faut lutter contre le trafic de drogue en partant du sommet

1:27:26
Locuteur

pour

1:27:26
Invité

aller sur la base. Et comment est-ce qu'on le fait, ça ?

1:27:29
Locuteur

Pardon

1:27:29
Invité

? Comment est-ce qu

1:27:30
Locuteur

'on

1:27:30
Invité

le fait ? Avec la police de proximité ou un autre organe policier que

1:27:34
Locuteur

vous... je vais vous

1:27:34
Invité

apprendre des choses qui vont vous bouleverser. Il existe déjà un truc qui s'appelle la police judiciaire, dont c'est le boulot. Mais le gouvernement a décidé que la police judiciaire était de trop et les a mis sous l'autorité du préfet et non plus du juge. Si bien que le préfet est en état de dire à vous qui menez une enquête sur moi écoutez, demain, là, il faut régler la circulation. J'exagère, mais à peine. C'est une erreur monstrueuse. La police judiciaire doit être préservée de manière distincte des autres corps de police et elle doit être renforcée. De même, d'ailleurs, qu'une autre police, celle qui lutte contre la fraude fiscale et ainsi de suite.

Mais là, nous sommes sur la délinquance puisque c'est elle apparemment qui a l'air de plus nous perturber. Moi, je suis plus perturbé par les 100 milliards de dollars que... d'euros que je me fais voler tous les ans dans mon pays. Mais la délinquance existe. Je ne

1:28:20
Locuteur

vais

1:28:20
Invité

pas vous dire que ça n'existe pas. On ne s'en occupe pas. Mais j'en ai ras-le-bol, pas de vous,

1:28:24
Locuteur

hein,

1:28:24
Invité

des scrogneugneux qui se la jouent. On va faire ci, on va faire là. Ça fait 10 ans que vous faites votre machin. Ça ne marque nulle part. Et vous osez encore venir me voir et me reprocher à moi d'être inefficace. J'étais maire adjoint à la jeunesse.

1:28:37
Locuteur

Donc

1:28:38
Invité

je peux vous parler de ce que c'est que des opérations dans les quartiers et dans les endroits où il y a des jeunes qui font un peu les cons. Un peu. Bon, ça va, vous êtes capables de supporter un peu. Et je sais comment on fait. À l'époque, aujourd'hui, je serais pu le faire, mais à l'époque, je savais comment faire. Ne croyez pas qu'on s'en soit sans moyens. Mais la lutte contre la grande criminalité, c'est d'autres moyens, voyez-vous. Et pour ça, ce n

1:28:59
Locuteur

'est

1:28:59
Invité

pas possible d'avoir des flics qui perdent deux tonnes de drogue. Ça,

1:29:03
Locuteur

ce

1:29:03
Invité

n

1:29:03
Locuteur

'est

1:29:03
Invité

pas possible. Ça ne s'en visage pas avec moi, président de la République, d'accord ?

1:29:07
Locuteur 2

Je

1:29:07
Locuteur

dis

1:29:07
Invité

ça que ceux qui entendent et se sentent visés se mouchent parce qu'en effet,

1:29:11
Locuteur

ils

1:29:11
Invité

sont morveux.

1:29:11
Présentateur

Pour y revenir sous un autre angle, la manifestation du 17 octobre et plus généralement le mouvement social dans lequel

1:29:18
Locuteur

elle

1:29:18
Présentateur

s'inscrit témoigne d'une réelle difficulté à avoir un dialogue social apaisé en France.

1:29:22
Locuteur

Ah

1:29:23
Présentateur

bon ? Vous avez endossé depuis plusieurs années un rôle de contestataire de l'ordre établi,

1:29:28
Locuteur

une

1:29:28
Présentateur

démission du président de la République et de rassembler,

1:29:30
Locuteur

y

1:29:31
Présentateur

compris ceux qui n'ont pas voté pour lui. Comment passe-t-on de chef d'opposition

1:29:35
Locuteur

à

1:29:35
Présentateur

président de tous les Français

1:29:37
Locuteur

? Ah,

1:29:37
Invité

le chef d'opposition, c'est un galon récemment acquis, il

1:29:39
Locuteur

a

1:29:39
Invité

fallu déblayer avant. Alors, bon, non, mais déjà, vous donnez une description du chef de l'État. Bon, nous sommes dans la Ve République, venez pas me raconter que le chef de l'État qui décide qu'on va passer 13 départements français en indépendance parce que la guerre a été gagnée à juste titre par le peuple algérien, c'est quelqu'un qui est là pour faire non, on est là, le système de la Ve République, c'est tranché. Et quand vous tranchez, vous êtes clivant. Par conséquent, votre travail n'est pas d'être le bon papa, c'est d'être qui va dire écoutez, voilà ce qui se passe, voilà ce qu'on va faire et voilà comment on va le faire.

Et comme c'est moi que vous avez chargé, voilà comment je vais le faire. C'est ça votre travail. Et vous soumettre aussi régulièrement que possible à l'approbation du peuple. Là, on a reçu un exemple, une fois dans notre histoire, trois fois pour ce qui est du retrait des lois, Chirac et Mitterrand,

1:30:34
Locuteur

et

1:30:34
Invité

une fois, un référendum sur un sujet,

1:30:38
Locuteur

bon,

1:30:38
Invité

la réorganisation du Sénat, franchement, bon, la réponse a été non, le général a démissionné le lendemain. Et c'était une figure de notre histoire nationale que je n

1:30:47
Locuteur

'ai

1:30:47
Invité

pas besoin de vous raconter. Donc, il faut accepter, déjà c'est le cadre, après moi je me propose de le changer.

1:30:54
Locuteur

Le

1:30:54
Invité

principe fondateur de la Ve République, c'est l'autorité d'un personnage central. Nous savons tous que nous avons besoin d'autorité.

1:31:02
Locuteur

Mais

1:31:02
Invité

nous savons autre chose, c'est que le déploiement de cette autorité peut devenir de l'autoritarisme. L'autoritarisme n'est pas la suite de l'autorité, c'est sa négation. C'est le moment où l'autorité n'est plus acceptée qu'il nous faut passer à des méthodes plus violentes d'autoritarisme. Bien, le sujet central

1:31:18
Locuteur

de

1:31:18
Invité

la VI République, c'est le peuple. Donc, il faut que le peuple

1:31:22
Locuteur

soit

1:31:22
Invité

appelé à tout moment

1:31:23
Locuteur

les

1:31:24
Invité

instruments de son intervention institutionnelle, légale, légitime. Il nous faut combiner la stabilité d'institution et le pouvoir populaire. C'est la raison pour laquelle le référendum d'initiative citoyenne et le référendum révocatoire sont les outils centraux emblématiques de la VIème République. Mais

1:31:44
Locuteur

ça

1:31:45
Invité

ne va pas être le référendum tous les jours, nous savons parfaitement bien. Il y a aussi tout le reste de l'institution qui doit être revu. Voilà pourquoi j'ai appelé ça la VIème République, parce que... Enfin, on a appelé, parce qu'on voit bien que le principe central n'est plus le même. Voilà comment le rôle de chef de l'État s'entend. Et il s'entend par le respect d'un programme. Si vous voulez jouer à la Hollande, la finance est mon ennemi et le lendemain...

1:32:13
Locuteur

Hein

1:32:13
Invité

? Non.

1:32:14
Locuteur

Donc,

1:32:14
Invité

vous avez pris un engagement, vous le tenez. Ça ne se passe pas comme prévu, vous consultez le peuple pour savoir j'ai bien fait, j'ai mal fait. Je vais faire ça, vous êtes d'accord ou pas ? Et puis le peuple dit il n

1:32:25
Locuteur

'y

1:32:25
Invité

a pas que toi qui comptes, nous,

1:32:27
Locuteur

on

1:32:27
Invité

fait une pétition parce qu'on t'a assez vu comme ça.

1:32:30
Locuteur

Et

1:32:30
Invité

on fait une pétition pour que tu t'en ailles.

1:32:32
Locuteur

Et

1:32:33
Invité

ça s'appelle le référendum révocatoire. C'est un référendum qui existe dans trois États des États-Unis,

1:32:38
Locuteur

qui

1:32:39
Invité

a existé au Venezuela, qui a existé... il y a un ou deux autres pays comme ça en Amérique latine qui l'avaient mis en place.

1:32:46
Locuteur

Et

1:32:46
Invité

moi, j'estime que ça vaut la peine que nous, les Français, on fasse cet essai de la forme de l'autorité. Alors, comme vous dites, moi j'ai été... Je ne vais pas faire... Écoutez, on me dit... Prenons un exemple, là.

1:33:01
Locuteur

On

1:33:01
Invité

me dit il faut quand même que tu arrondisses les angles pour le deuxième tour. Pourquoi je vais arrondir les angles ? De quoi ? Je défends un programme, je n'arrondirai rien du tout.

1:33:10
Locuteur

Mais

1:33:10
Invité

je vais dire aux gens, voilà pourquoi nous avons... Quelle que soit votre opinion politique, je vous prends tous les deux, je ne connais pas votre opinion, mais je suis sûr que, par exemple, quand on va parler du budget, puisque vous avez... Vous les comptes bien tenus, vous voulez faire des économies, n'est-ce pas ? J'ai déjà pris ce que j'ai compris. Donc, vous voulez faire des économies dans le social,

1:33:28
Locuteur

je

1:33:28
Invité

ne

1:33:29
Locuteur

sais

1:33:29
Invité

pas pourquoi, mais ça a l'air d'être notre marotte, et vous allez me dire, eh bien, faisons des économies. Moi, j'en ai à vous proposer.

1:33:35
Locuteur

Je

1:33:35
Invité

vous propose de diminuer les dépenses de santé, non pas en privant les gens de médicaments, mais en réduisant le champ de la maladie. Quelle que soit votre opinion, vous me direz oui. Vous n'allez pas me dire non. Vous n'allez pas me dire, écoute, on s'en fout, les gens sont responsables. J'ai entendu ça une fois. Quelqu'un qui disait, un fumeur ne peut pas devenir à ce qu'on lui paye la réparation de son cancer. C'est horrible, hein ? Mais on l'a entendu.

1:33:55
Locuteur

Donc, je

1:33:56
Invité

sais que vous allez me dire oui. Donc, nous avons, vous qui n'êtes pas anticapitaliste, et moi qui le suis, à un moment, et vous, un segment commun où on est d'accord. Vous dites, non, alors, les pesticides, vous allez arrêter avec ça, d'en mettre partout, parce qu'on voit le résultat.

1:34:11
Locuteur

Et

1:34:11
Invité

on sera d'opinion politique contraire, mais on aura la même perception de l'intérêt général humain. Ma ligne politique, c'est de dire, nous nous guidons d'après l'intérêt général humain. Ma conviction est que l'intérêt général humain s'oppose aux principes fondateurs du capitalisme, surtout de notre époque. Pas du capitalisme en général, celui qui entreprend et réussit parce qu'il a fait une trouvaille, la machine a cassé les noix automatiques, le frigo qui se remplit tout seul, bon, des choses remarquables et intéressantes pour la vie de la société humaine.

Mais je vous parle du capitalisme de notre époque, dominé par les hedge funds, dominé par des spéculateurs, des gens qui augmentent les taux d'intérêt pour tondre un peuple entier.

1:34:51
Locuteur

Mais

1:34:52
Invité

je suis sûr qu'on sera d'accord pour dire l'intérêt général. Après, on va découvrir qu'on n'a pas forcément toujours la même idée. Alors, peut-être qu

1:34:58
Locuteur

'on

1:34:58
Invité

sera d'accord sur la jeunesse, on

1:35:00
Locuteur

ne sait pas.

1:35:00
Invité

Alors ? On va maintenant s'intéresser au mouvement lycéen, leurs revendications et les réformes du système éducatif. Donc, pour résumer, tout a commencé mi-septembre au lycée Saint-Exupéry de Créteil où élèves et enseignants se sont mobilisés contre un manque criant de moyens.

1:35:18
Locuteur

En

1:35:19
Invité

quelques semaines, le mouvement s'est étendu à toute la France et au plus fort de la mobilisation, on avait plus de 1 000 lycées qui étaient concernés.

1:35:26
Locuteur

Une

1:35:27
Présentateur

des revendications des lycéens est la réduction des effectifs au sein des classes et le remplacement des professeurs absents. En réponse, vous dites vouloir créer 10 000 postes d'enseignants à la rentrée prochaine, mais vous l'écrivez vous-même dans votre budget. L'éducation nationale peine à recruter.

1:35:40
Locuteur

Le

1:35:41
Présentateur

déclassement subi par les enseignants depuis les années 90 permet de l'expliquer. Le pouvoir d'achat des enseignants a chuté. Les conditions de travail se sont dégradées et la reconnaissance fait défaut. Vous proposez d'augmenter de 10 % l'ensemble des fonctionnaires. Les professeurs sont donc concernés. Quelles autres mesures spécifiques proposez-vous pour rendre de nouveau attractif

1:35:58
Locuteur

le

1:35:59
Présentateur

métier d'enseignant

1:36:00
Locuteur

?

1:36:01
Invité

Déjà, bien payer les gens et les respecter, c'est pas mal. Mais je connais aussi la condition sociale de milliers de jeunes.

1:36:08
Locuteur

J

1:36:08
Invité

'y étais dedans. Moi, je me suis payé mes études. Donc, je sais ce que c'est et c'est pas commode. Et en plus, je militais. Bon, des fois, j'ai rendu des arbitrages.

1:36:19
Locuteur

Alors, bon. D

1:36:21
Invité

'abord, nous avons besoin de

1:36:22
Locuteur

profs parce

1:36:25
Invité

qu'on a détruit beaucoup de postes, par exemple, dans l'enseignement supérieur, de places à l'enseignement supérieur. 28 000.

1:36:34
Locuteur

On

1:36:34
Invité

n'a pas assez de professeurs parce que, c'est comme ça, vous avez vu, le ministre se retire sous sa tente et il revient à trouver 3 000 remplaçants.

1:36:44
Locuteur

Nous

1:36:45
Invité

savons tous qu'il y

1:36:46
Locuteur

a

1:36:46
Invité

un problème dans l'organisation

1:36:48
Locuteur

de

1:36:48
Invité

la carrière d'un enseignant. Tous les enseignants, à partir d'un certain âge, demandent à aller dans les mêmes départements. Et s'il n

1:36:56
Locuteur

'y

1:36:56
Invité

a pas de place dans ces départements, ils font partie du corps des remplaçants. C'est vous qui m'avez posé des questions techniques. Je vous fais une réponse technique.

1:37:03
Locuteur

Donc,

1:37:04
Invité

tout ça est à réorganiser. Mais nous avons une réponse immédiate. Et tournons pas autour du pot.

1:37:10
Locuteur

Quelle

1:37:10
Invité

est la règle ? Quel est le principe qu'on veut s'imposer

1:37:12
Locuteur

?

1:37:13
Invité

Ou bien on pense qu'il

1:37:14
Locuteur

n'y a

1:37:14
Invité

pas de place et on adapte le flux au nombre de places,

1:37:17
Locuteur

ou

1:37:18
Invité

bien on pense qu'il faut qu'il y

1:37:19
Locuteur

ait

1:37:19
Invité

autant de places qu'il faut parce qu'on a besoin de matières grises à haut niveau de qualification. Si la France recule

1:37:26
Locuteur

dans

1:37:27
Invité

l'art d'enseigner sa jeune génération, dans le nombre d'ingénieurs qu'elle pond chaque année, de profs qu'elle pond chaque année, nous serons définitivement rayés de la carte parce que nous n'avons pas un gramme de pétrole, pas un gramme de quoi que ce soit à part la matière grise. Donc vous avez deux logiques.

1:37:42
Locuteur

Et

1:37:43
Invité

dans la logique numéro 1 à laquelle moi je me rattache,

1:37:46
Locuteur

c

1:37:46
Invité

'est vivre la massification mais dans des conditions décentes. Comment faire là ? Prenons un exemple, des toubibs. Ça met 10 ans à fabriquer un médecin. Tu ne peux pas les sortir comme ça. Donc en ce moment, on en fait venir de

1:37:58
Locuteur

l

1:37:58
Invité

'extérieur.

1:37:59
Locuteur

Des

1:37:59
Invité

profs, on a la réserve. Où

1:38:02
Locuteur

?

1:38:03
Invité

Quand vous avez un jeune qui est en licence. Licence veut dire autorisation de quoi ? D'enseigner.

1:38:08
Locuteur

Vous

1:38:08
Invité

pouvez mettre à chaque prof

1:38:10
Locuteur

un

1:38:11
Invité

ou deux assistants d'enseignement qui ont une licence

1:38:14
Locuteur

qui

1:38:15
Invité

vont être payés différemment parce qu'eux-mêmes peut-être continuent leurs études pour passer en master ou pour continuer du temps d'études.

1:38:22
Locuteur

Vous

1:38:23
Invité

allez trouver un temps pour les former et pendant un an ou deux ans, ils vont être assistants. Donc le prof va changer sa méthode d'enseignement. Le cours ex cathédra va peut-être être changé dans la possibilité d'avoir deux sous-groupes. Et dans les lycées, vous faites comment

1:38:36
Locuteur

?

1:38:37
Invité

Pardon ? Dans les lycées. C'est ça dont je suis en train de vous parler. Du lycée.

1:38:40
Locuteur

Vous ne

1:38:41
Invité

parlez pas de l'enseignement supérieur, là ? Non, je parle des lycées. Donc ça serait des lycéens qui... des étudiants dans l'enseignement supérieur qui seraient assistants de professeurs ?

1:38:50
Locuteur

Voilà,

1:38:50
Invité

quelqu'un qui a sa licence et qui va entrer et qui a postulé pour passer en master.

1:38:55
Locuteur

Et

1:38:55
Invité

est-ce

1:38:56
Locuteur

que vous ciblez ces étudiants

1:38:58
Invité

ou pas ? Pardon ? Est-ce que vous ciblez ces étudiants ou c'est qui veut postule à ce poste d'assistant de... de professeur de lycée ? On choisira. On les fera passer devant des commissions. Tout ça, il n'y

1:39:10
Locuteur

a

1:39:10
Invité

rien de difficile à organiser. Et puis vous avez... Bon, je vous passe sur les contractuels parce que j'ai eu à gérer ça comme ministre. Donc je sais comment on fait. Mais oui, on passera et vous verrez que vous trouverez des jeunes qui auront envie de faire ça parce qu'ils savent que c'est un moment de leur vie qu'ils sont en train de préparer une chose. Et dans l'enseignement supérieur, pareil. Ça suffit le numerus clausus au master. Donc, qui va aller enseigner dans les masters ? Les doctorants. Il y en a 50 000 qui n'ont pas de revenus qui leur sont... Donc on a le monde pour le faire. Mais il faut choisir oui ou non, on élève le niveau d'éducation de notre peuple. Mon choix, c'est oui.

Alors, il y en a d'autres. Je ne

1:39:49
Locuteur

veux

1:39:49
Invité

pas leur prêter que des noires intentions

1:39:51
Locuteur

parce

1:39:51
Invité

que j'ai vu que M. Attal dit que moi, je suis contre la sélection pour la nullité, etc. Bon, là, épargnons-nous ce genre de caricature quand on parle les uns des autres, surtout quand c'est lui qui parle. Mais épargnons-nous ça. Non, nous voulons... Alors, parmi les autres, il y a ceux qui disent bon, écoute, on ne peut pas parce qu'on n

1:40:08
Locuteur

'a

1:40:08
Invité

pas les sous. Donc, il faut que ce soit un marché. Si tu n'as pas eu ton parcours sup, eh bien, tu as qu

1:40:16
Locuteur

'à

1:40:16
Invité

aller à l'université privée qui te prend. Et donc, on crée un marché qu'on ne raconte pas d'histoire. La pagaille a été organisée parce que je connais les décisions prises par des ministres dans le passé, dans le passé très profond. J'ai vu les textes de gens disant l'enseignement professionnel doit devenir entièrement privé.

1:40:37
Locuteur

Et

1:40:38
Invité

savez-vous combien il y a de jeunes gens

1:40:39
Locuteur

dans

1:40:40
Invité

une génération qui est dans l'enseignement professionnel, l'apprentissage ou la filière technologique

1:40:45
Locuteur

? 50%, vous

1:40:48
Invité

entendez ? Pas dit souvent. La moitié d'une génération est dans ces branches. Et par conséquent, ceux qui disaient ça se préparaient à passer tout ça dans le secteur privé. Moi, je fais l'inverse. J'organiserai une filière de l'enseignement professionnel, du CAP jusqu'à la licence professionnelle et sans doute la maîtrise professionnelle. C'est très facile à faire. Mais il ne

1:41:08
Locuteur

faut

1:41:08
Invité

pas commencer par mettre 800 000 jeunes dans l'apprentissage en fermant les yeux sur le fait que 25% s'en vont dans les 3 premiers mois.

1:41:16
Locuteur

Et

1:41:17
Invité

qu'avec cette invention absolument folle, on a réussi un truc, c'est abaisser les statistiques de la productivité en France. Tout se tient, je vous l'ai dit tout à l'heure. Cette filière va nous permettre

1:41:29
Locuteur

de

1:41:29
Invité

donner un accueil digne et qui permet de progresser. Quand vous faites un CAP, ne vous inquiétez pas, je vais m'arrêter. Si vous faites un CAP dans un lycée

1:41:39
Locuteur

où

1:41:40
Invité

il y a un BTS, c'est moins difficile de convaincre le jeune

1:41:45
Locuteur

qui

1:41:45
Invité

peut passer son bac professionnel. Ça lui paraît plus évident. Vous savez pourquoi ?

1:41:49
Locuteur

Parce

1:41:50
Invité

qu'à la pause, tout le monde est dehors en même temps. Celui qui est un CAP est le gars ou la fille qui est en bac pro et se dit bon ça je peux le faire. BTS ça va être plus dur. Donc l'expérience montre

1:42:01
Locuteur

que

1:42:01
Invité

l'ambition vient avec la possibilité de la concrétiser dans des conditions auxquelles toi tu penses comme jeune. Parce que figurez-vous que tous les milieux sociaux

1:42:10
Locuteur

n

1:42:11
Invité

'ont pas forcément le discours sur la portée d'une progression sociale possible.

1:42:17
Locuteur

Ça

1:42:17
Invité

n'existait pas dans ma famille.

1:42:19
Locuteur

Quand

1:42:19
Invité

j'ai eu le bac, personne n'avait eu le bac avant moi. Et quand on a dit qu'est-ce qu'on fait, personne n'en avait aucune idée. nous ne savions pas ce qu'on pouvait faire. Alors ceux qui avaient pas trop mal tourné à l'école, ils disaient je vais être prof parce que c'est ce que j'ai vu de mieux.

1:42:33
Locuteur

Et

1:42:33
Invité

on se coupait du reste. Voilà. Voilà ce que moi je veux changer. Je sais que je peux le faire. Et après vous verrez arriver ici des gens à ça va vous changer qui auront fait ce parcours-là,

1:42:43
Locuteur

qui

1:42:43
Invité

auront commencé un CAP et qu'on retrouvera dans les grandes écoles peut-être que je parle à tort parce qu'il y

1:42:48
Locuteur

en

1:42:48
Invité

a peut-être déjà dans cette salle qui ont fait ce parcours et je les en félicite.

1:42:53
Présentateur

Merci beaucoup M. Mélenchon d'être venu ce soir. 3 minutes 46

1:42:56
Invité

secondes de

1:42:56
Présentateur

trop. C'est parfait. Merci également à notre public d'être venu si nombreux.

1:43:02
Locuteur

Un

1:43:02
Présentateur

instant s'il vous plaît avant de quitter la salle. M. Mélenchon va quitter la salle. Je vous prie de bien vouloir rester à vos places et ensuite vous pourrez également la quitter. Qu'est-ce que je dois

1:43:11
Locuteur

faire

1:43:11
Présentateur

? Je crois qu'il faut qu

1:43:13
Locuteur

'on y aille.

1:43:14
Invité

Et là pourquoi ils sortent tout cela avec un uniforme ?

1:43:16
Locuteur

Eux

1:43:16
Présentateur

c'est des gens qui sont dans l'association qui vous

1:43:19
Locuteur

accueillent. Bon merci

1:43:20
Invité

à vous tous pour votre éducation.