Violette Spillebout, députée Renaissance du Nord | La politique et moi
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Elle fait partie des députés qui n'ont pas tardé à se faire un nom dans la nouvelle assemblée.
- 0:45OuverteRéponse directe
Vous avez pratiqué la danse classique avec l'espoir de devenir danseuse étoile.
- 1:30OuverteRéponse directe
On a l'impression que la voix off parle de vos propres ambitions politiques.
- 2:13OuverteRéponse directe
La danse à haut niveau peut forger une personnalité pour le reste de la vie. C'est votre cas ?
- 2:56OuverteRéponse directe
Qu'avez-vous appris auprès de Martine Aubry ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Fin 2013, vous êtes partie travailler à la SNCF, mais il était prévu que vous vous présentiez aux municipales. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:13Violette SpilleboutFait
« La danse, ça se pratique dans une équipe, dans une troupe. Donc ce travail collectif, cette harmonie qui doit être trouvée, je le retrouve dans ma vie professionnelle puis politique. »
- 2:56Violette SpilleboutFait
« J'ai beaucoup appris sur la conduite de la politique locale, pour une grande ville, donc à la fois la construction d'une vision et les sujets opérationnels, de crise. »
- 3:40Violette SpilleboutFait
« Des désaccords politiques sur les rythmes éducatifs. C'était l'époque des relations avec les parents d'élèves très tendues sur l'imposition du samedi matin. »
- 4:23Violette SpilleboutFait
« J'avais 40 ans, et souvent, à 40 ans, on fait le point, sur ce qui est important en termes d'engagement. »
- 5:06Violette SpilleboutFait
« J'ai eu un moment où je me disais que je ne remarcherai jamais normalement. »
- 5:49Violette SpilleboutFait
« Ca renverse un peu les relations familiales, professionnelles. »
- 6:33Violette SpilleboutFait
« L'engagement politique, il m'a titillée au moment où Emmanuel Macron s'est engagé et a proposé cette nouvelle offre qui faisait confiance à la société civile. »
- 7:18Violette SpilleboutFait
« On a construit le projet avec l'ensemble des associations, de la société civile, des commerçants, des infirmiers, des profs, des chefs d'entreprise qui avaient envie de changer le visage de Lille. »
- 8:01Violette SpilleboutFait
« Pendant la campagne municipale, on a vu des violences verbales, psychologiques, physiques. A mon local de campagne, des menaces de mort, de la diffamation... »
- 8:46Violette SpilleboutFait
« Je me suis présentée avec un vrai projet collectif. »
- 9:29Violette SpilleboutFait
« On peut promouvoir aujourd'hui une candidature pour avoir un maire de Lille qui porte une vision de la ville et de la métropole très ambitieuse. »
- 10:13Violette SpilleboutFait
« C'est important pour ma famille. C'est assez émouvant d'entendre le chant, plus que le mur, c'est ça qui a tourné sur les réseaux sociaux. »
- 10:57Violette SpilleboutFait
« Ces actions qui se veulent symboliques sont en réalité une vraie violence psychologique. »
- 11:43Violette SpilleboutFait
« C'est d'être convaincu tout le temps, partout. »
Temps de parole
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-Elle fait partie des députés qui n'ont pas tardé à se faire un nom dans la nouvelle assemblée. Une ascension rapide mais pas si surprenante quand on sait que mon invitée à fait ses armes aux côtés d'une ancienne ministre, aujourd'hui maire. Générique ... Bonjour. -Bonjour. -Vous avez pratiqué la danse classique avec l'espoir de devenir danseuse étoile. De cela, il reste une médaille du conservatoire de Lille, quelques photos, et un témoignage vidéo assez inattendu.
-La tête gonflée de projets, elle jubile... Musique intrigante persuadée que ses ambitions se réaliseront dans sa région. Ma région donne l'impulsion à mon ambition. Musique dynamique ... -Environnement. -Aménagement. -Financement. -Ordre de lancement. -Naturellement. -Recrutement. -Ajustements. -"Ma région donne l'impulsion à ma vocation." La musique s'interrompt. -On reconnaît bien le côté années 90. C'était un clip de promotion de la région Nord-Pas-de-Calais, tourné quand vous aviez 17 ans. -Oui, l'année du bac.
-C'est drôle parce qu'au début, dans cette vidéo, on a l'impression que la voix off qu'on entend parler parle de vos propres ambitions politiques pour la région, pour la ville de Lille. -Oui, c'est incroyable. Quand on se replonge il y a 30 ans, car j'ai une cinquantaine d'années, on voit cette ambition globale de notre région des Hauts-de-France, de Lille capitale régionale. Et je me retrouve depuis quelques années à porter un projet politique. J'imagine que c'était mon destin. Ca me correspond. -Vous avez pratiqué la danse à haut niveau. On dit souvent que c'est un enseignement très dur qui peut forger une personnalité pour le reste de sa vie.
C'est votre cas ? -Je le crois profondément. C'est la discipline, la rigueur et l'effort. Ca m'a beaucoup appris aussi pour le collectif. La danse, ça se pratique dans une équipe, dans une troupe. Donc ce travail collectif, cette harmonie qui doit être trouvée, je le retrouve dans ma vie professionnelle puis politique. -Vous avez fait vos débuts en politique un peu par hasard. Il y avait un poste à pourvoir au cabinet du maire de Lille de l'époque, Pierre Mauroy, en 1997. C'est à ses côtés, donc, que vous avez débuté. Mais c'est surtout avec Martine Aubry que vous avez fait votre apprentissage. Pendant 13 ans, vous avez été cheffe de cabinet puis directrice de cabinet
de la maire de Lille. Qu'avez-vous appris à ses côtés ? -J'ai beaucoup appris sur la conduite de la politique locale, pour une grande ville, donc à la fois la construction d'une vision et les sujets opérationnels, de crise. Quand on est maire d'une ville, on est à portée d'engueulade, à disposition permanente des concitoyens. J'ai gravi les échelons auprès de Martine Aubry en commençant de mon concours d'ingénieur territorial et en ayant occupé le poste de directrice de cabinet pendant son mandat jusqu'en 2014. Moi, ça m'a appris la gestion du quotidien d'une grande ville et de ses relations avec son territoire, son environnement. C'est beaucoup de bons souvenirs professionnels.
-Fin 2013, vous êtes partie travailler à la SNCF, mais il était prévu que vous vous présentiez aux municipales en tant qu'adjointe à l'Education. Sauf qu'en janvier 2014, coup de théâtre, vous lui dites non. Ca surprend tout le monde. Ca ressemble presque à un refus d'obstacle, au moment où elle vous a proposé de basculer en tant que femme politique. Qu'est-ce qui s'est passé ? -Pour moi, c'était une avancée, une décision courageuse dans ma vie. J'avais 40 ans, et souvent, à 40 ans, on fait le point, sur ce qui est important en termes d'engagement. Et j'avais beaucoup de sujets qui me heurtaient et qui progressivement, dans la maturité de ma compréhension de l'ensemble des enjeux
politiques, locaux et nationaux me posaient problème. Des désaccords politiques sur les rythmes éducatifs. C'était l'époque des relations avec les parents d'élèves très tendues sur l'imposition du samedi matin. Il y avait les sujets culturels, bien sûr, qui m'ont mobilisée, et la relation au commerce, à l'entreprenariat. On avait une défiance du maire de Lille de plus en plus prononcée envers les commerçants et artisans de la ville. Et tous ces sujets ont fait qu'au moment de m'engager ou pas dans cette liste municipale, j'ai choisi de rester à la SNCF et de me dissocier avec des sujets de valeurs qui posaient problème. -Vous avez poursuivi votre carrière à la SNCF
comme directrice des relations publiques. Et en 2016, en descendant les escaliers dans le métro, vous êtes gravement blessée au mollet. Ca a été une épreuve longue, difficile, je crois, pendant un peu plus d'un an et demi. Vous étiez en fauteuil roulant ou avec des béquilles. C'est une épreuve qui vous a changée ? -C'est une épreuve qui heureusement était temporaire. J'ai eu un moment où je me disais que je ne remarcherai jamais normalement. Mais ça m'a fait vivre ce que beaucoup de personnes en situation de handicap vivent, dépendre des autres, devoir organiser sa vie différemment dans les mobilités. -Ca a créé de la colère en vous ?
-Oui, on se sent impuissant, on peut pas décider soi-même. On a besoin de ses enfants, de son mari, pour le quotidien. Ca renverse un peu les relations familiales, professionnelles. A la SNCF aussi, ça a été difficile, même si j'avais des solidarités des collègues et que c'est une entreprise accompagnante quand on a une difficulté de santé. Ca m'a beaucoup appris sur le rapport au temps, le rapport aux gens, et j'ai été plus attentive aux autres. J'essaie de conserver ça même à la vitesse politique à laquelle on agit aujourd'hui. -Vous avez fini par vous en remettre et le 22 janvier 2018, vous êtes apparue au premier rang des voeux de l'opposition municipale à la maire de Lille, ceux de la droite. Vous entrez en politique
contre celle auprès de qui vous avez grandi. C'est une décision murie pendant votre convalescence ? Ca vous trottait dans la tête ? -L'engagement politique, il m'a titillée au moment où Emmanuel Macron s'est engagé et a proposé cette nouvelle offre qui faisait confiance à la société civile, qui déplaçait les clivages, et dans cet élan des présidentielles et législatives, j'étais convalescente, donc j'ai lu beaucoup, et tout ça m'a permis, effectivement, à un moment, avec les rencontres des Lillois qui m'ont accompagnée, d'oser proposer une offre politique nouvelle, celle de la majorité présidentielle, à Lille, pour les Lillois et pour la métropole lilloise.
C'était un moment surprenant pour certains, mais qui était déjà bien mûr chez moi. -Alors avant de pouvoir vous présenter face à Martine Aubry aux municipales, vous avez dû vous imposer dans cotre camp. Il y avait la député LREM de l'époque, Valérie Petit, qui voulait aussi se présenter. Vous l'avez battu à l'investiture, puis à nouveau quand il a fallu briguer l'investiture aux législatives. Ces deux campagnes se sont déroulées dans un climat très tendu. Vous assumez une forme de dureté en politique ? -Non, je dirais plutôt que je subis une forme de dureté et de violence. Pendant la campagne municipale, on a vu des violences verbales, psychologiques, physiques.
A mon local de campagne, des menaces de mort, de la diffamation... -Comment vous expliquez autant de violence contre vous ? -C'est ce que beaucoup d'élus rencontrent aujourd'hui. On est dans un territoire qui était très tenu par un système. C'est les baronnies dans les grandes villes françaises. Et on apporte, avec la majorité présidentielle, une nouvelle offre, et tout ça, ça dérange. Donc quand on dérange, on doit se battre un peu... -Il y a quand même un côté dur, chez vous. Se présenter... Vous vous êtes présentée aux municipales face à Martine Aubrey, vous avez perdu avec plus de 20 % au second tour. C'est quand même dur de se présenter face à celle qui vous a fait grandir,
qui vous a introduit ? Vous comprenez qu'elle se soit sentie trahie ? -Je ne suis jamais présentée pour être contre. Je me suis présentée avec un vrai projet collectif. On a construit le projet avec l'ensemble des associations, de la société civile, des commerçants, des infirmiers, des profs, des chefs d'entreprise qui avaient envie de changer le visage de Lille. -Ce n'est pas tuer la mère ? On dit "tuer le père" en psychologie. -C'est porter ma ville. Je suis Lilloise depuis toute petite. J'y ai fait l'école, le conservatoire. On peut promouvoir aujourd'hui une candidature pour avoir un maire de Lille qui porte une vision de la ville et de la métropole très ambitieuse,
avec une vraie vision municipale et nationale pour notre ville. -Vous faites pas de cadeaux en politique. Mais la politique vous fait pas de cadeaux non plus. Il y a eu ces incidents aux municipales lors de vos réunions. Pendant la réforme des retraites, une fois élue députée, des manifestants se sont présentés devant votre domicile avec des banderoles, des parpaings et du ciment. -TOUT LE MONDE DETESTE LES SPILLEBOUT ET TOUT LE MONDE DETESTE LES SPILLEBOUT -Alors ces manifestants qu'on voit, ils ont muré la porte d'entrée de votre domicile, et il y a ces chants : "Tout le monde déteste les Spillebout."
Comment vous avez vécu ce moment ? -Je vais rectifier le chant. On l'a réécouté avec la police : "Tout le monde déteste Violette Spillebout." -Effectivement, c'est pas évident quand on l'entend. -C'est important pour ma famille. C'est assez émouvant d'entendre le chant, plus que le mur, c'est ça qui a tourné sur les réseaux sociaux. C'est ça qui a beaucoup heurté ma famille, qui rentre dans l'intime, dans le jugement personnel, alors que l'engagement politique, c'est celui de Violette Spillebout. -Une de vos filles était présente dans la maison. -Elle n'a rien demandé. Elle avait un examen du bac l'après-midi. Ces actions qui se veulent symboliques sont en réalité une vraie violence psychologique.
On n'est pas dans la violence physique, là. Ce que j'ai vécu, c'est extrêmement fort pour ma famille, et je crois que c'est vraiment ce genre d'actes, revendiqués ou non dénoncés par des syndicats, comme la CGT à Lille... J'ai écrit à Sophie Binet et elle ne m'a pas répondu, pour dénoncer cet acte. C'est le symbole qu'on a dépassé une borne, celle du domicile et de la sphère privée des élus. Je porte beaucoup de propositions, avec mes collègues députés, pour apporter des solutions à la protection et à la sécurité des élus de de leur famille. -On va passer au quiz, un moment un peu plus léger. Il s'agit de compléter des phrases que je vais commencer. Le plus dur, quand on est porte-parole...
-C'est d'être convaincu tout le temps, partout. -D'être convaincu de la parole que vous devez porter ? -Oui, parfois, on a des doutes ou on n'est pas d'accord, et on doit être loyal. C'est un exercice que j'espère faire avec beaucoup d'authenticité. -Vous êtes porte-parole de Renaissance à l'Assemblée. Pour les prochaines municipales à Lille, je... -Si tout va bien, je serai candidate à la mairie de Lille. Ce n'est pas une annonce officielle mais c'est un projet que je porte avec le collectif Faire Respirer Lille autour de moi. -Quand les gens me comparent à Bree Van De Kamp... Vous connaissez ? -Oui, je connais. -Dans "Desperate Housewives".
-C'est souvent un qualificatif physique, donc je le prends bien, mais elle a mauvais caractère. -Et sa personnalité ? -Le sujet, c'est l'engagement politique, pas être acteur de cinéma. -Merci d'être venu dans l'émission. -Merci. SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA Générique ...
Violette Spillebout