A quoi joue Marion Maréchal ? - Les questions SMS #cdanslair 01.06.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 44 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:08OuverteÉludée
Après Macron, pourquoi nos médias se sont-ils méta-antichés ?
- 0:13OuverteÉludée
Ce terme de méta-politique a quand même marqué les esprits à ce point de cette jeune femme hyper réactionnale.
- 1:12OuverteÉludée
Faire de la métapolitique sans visée politicienne, moi je trouve ça bizarre.
- 1:55OuverteÉludée
L'ICEP, ça c'est le nom de sa future école, sera-t-il donc une pépinière de cadres entièrement dévoués à la cause de Marion Maréchal ?
- 5:38OuverteRéponse directe
L'électorat de base d'extrême droite va-t-il suivre la métapolitique ?
- 6:11OuverteRéponse directe
Ne risque-t-elle pas de séduire une partie de la jeunesse ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33InvitéChiffre
« le taux de gens qui portent un jugement défavorable est quasiment stable à un niveau élevé, 65% »
- 0:42InvitéChiffre
« elle n'est qu'à 27% au mieux de jugements favorables dans notre dernière vague »
- 7:47InvitéFait
« elle ne veut pas une France black-blanc-burn, une France bleu-blanc-rouge »
- 7:51InvitéFait
« elle veut dérembourser en partie l'avortement »
Temps de parole
- Invité32 %
- Invité 223 %
- Présentateur16 %
- Invité 314 %
- Présentateur 28 %
- ?6 %
≈ 25 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Allez,
on va reparler de Marion Maréchal, qui était en effet le thème de cette émission. Après Macron, pourquoi nos médias se sont-ils méta-antichés ? Ce terme de méta-politique a quand même marqué les esprits à ce point de cette jeune femme hyper réactionnale. C'est vrai que pour l'instant, on a un phénomène médiatique, Brice Tinturier,
on
a pour l'instant très fort, la une de Libé il y
a
deux
jours. Encore une fois, il
y a
un phénomène médiatique qui est plus fort que le phénomène d'opinion. Dans l'opinion, il y a une progression de Marion Maréchal. Je constate quand même que le taux de gens qui portent un jugement défavorable est quasiment stable à un niveau élevé, 65%, si vous faites la moyenne, et qu'elle n'est qu'à 27% au mieux de jugements favorables dans notre dernière vague. Donc oui, c'est d'abord un événement médiatique, mais la cause politique qui fait que ce n'est pas une bulle ou quelque chose de superficiel, c'est encore une fois la double faiblesse d'aujourd'hui et de Marine Le Pen et de Laurent Wauquiez, qui créent l'événement médiatique parce que derrière il y
a
une réalité politique, et cette nécessité dans un nouveau paysage recomposé pour les droites de chercher autre chose que cet écartèlement entre Macron, Wauquiez et Le Pen.
Faire de la métapolitique sans visée politicienne, moi je trouve ça bizarre. J'attends de voir Olivier Faille.
On
voit bien que ce n'est pas clair forcément
pour l'opinion. Non, mais je pense que c'est quand même relativement clair pour eux. Moi, je me souviens, le jour où Marine Le Pen annonce son retrait de la politique, certains de ses proches me disent « on a vu ce qu'a fait Macron, on va essayer de reproduire ça pour la droite ». Donc ils ne disaient pas directement que c'était Marine Le Pen qui allait le faire, mais
voilà,
ils le pensaient très fort. Donc c'est évident qu'il y
a
des visées politiques. Après aussi, ses mêmes proches reconnaissent que 2022, c'est un peu tôt, qu
'elle
sera encore jeune, quant à une crédibilité, d'assises politiques, c'est un peu compliqué quand même de gagner un deuxième tour de présidentielle contre Emmanuel Macron, mais effectivement, il
y a
une visée politique qui est indubitable.
L'ICEP, ça c'est le nom de sa future école, l'Institut des sciences sociales et politiques, sera-t-il donc une pépinière de cadres entièrement dévoués à la cause de Marion Maréchal, le moment venu, maître Issouchara ? Je n'en sais rien, on me saura, on verra. On va apprendre quoi dans cette école ? On ne sait pas non plus.
Vous disiez, ça va être
la troisième division de
Sciences Po. Oui, pour
l'instant, il nous manque beaucoup d'éléments. Elle va présenter l'école officiellement le 22 juin, je crois. Donc on devrait en savoir un peu plus sur le corps électoral.
Il
y a une brochure qui existe avec un certain nombre d'enseignements.
Il
y a même des informations, d'ailleurs, dans les cours. Je vais peut-être m'inscrire, d'ailleurs.
Sur la désinformation ?
Désinformation, oui. L'idée,
c
'est de former des cadres pour l'entreprise, pour la politique et pour les médias.
Et aussi des stages d'agérisse. Des stages d
'agérissement également, ce qui est
assez... Oui, des stages d'agérissement, d'agérissement. C'est-à-dire, qu'est-ce que c'est que ça, d'agérissement ? C'est quelque chose
qu'on trouve beaucoup dans les groupuscules d'extrême-droite, action française, identitaire. Et ça marque vraiment l'école du saut de l'extrême-droite, ça, quelque chose comme ça. Vous voulez dire quelque chose, Brice ? Non, c'est qu'à une époque, les partis politiques, le parti communiste, avaient quasiment ces écoles de formation. Là, elles ne sont plus intégrées à un parti politique. Et Marion Maréchal n'a pas de parti politique aujourd'hui. Elle crée, elle fait l'inverse. Elle commence par créer l'école, mais le but est le même. Le but est de se forger des
alliés, des concepts. C'est un institut de formation
de militants pour la droite qu'elle imagine. C'est uniquement ça. Ce n
'est
pas une vraie école.
C
'est un institut, d'ailleurs, ça s'appelle l'institut de formation des milliers. Et donc, c'est un institut de formation. Ça a existé dans les années 60-70. C'est même comme ça que s
'est
reconstitué la droite dont on parle. L'institut de formation des sciences sociales et politiques.
C
'est quasiment le même nom à exister. Et c'était un recycleur de la droite radicale vers le centre droit pour former des cadres qui venaient de la droite radicale après notamment les années d'Algérie française pour les recycler et en faire des gens qui étaient accessibles dans, disons, l'administration ou les services secrets ou tout un tas de choses. Excusez-moi, je n
'ai
pas
compris
les cours d'agraison.
Je n'ai pas expliqué,
parce qu'en fait, c
'est
des cours d'agraissement physique. En fait, c'est des stages où ils vont en forêt, ils vont faire des transports physiques, des pompes, du combat, du kickboxing, plein de choses comme ça. C'est donc bien ce que
j'avais compris. Je n'ai pas su. Le Front National a formé
les
jeunes comme ça pendant des années. C'est l
'héritage des Camelots du Roi. Les Camelots du Roi qui allaient faire le coup de poing avec la canne et qui n'était pas un coup de poing simplement de pichenette. Qui finance cette école et qui paiera les professeurs ?
Ça
aussi,
c
'est
un mystère pour l
'instant.
C 'est un grand mystère. C
'est
5 000 euros, normalement, de
cotisation, de cotisation. 7 000 d'inscription,
je crois. C'est 7 000
d'inscription. Et apparemment,
il y a en Rhône-Alpes des réseaux anciens et dans le sud de la France, des réseaux anciens
qui sont
en train d'être réveillés pour pouvoir financer éventuellement. Et aussi des professeurs qui sont mis à disposition. On se rappelle quand même que Lyon 2, Lyon 3, il y
a
eu des professeurs, Golnisch, Pierre Vial et quelques autres. Il y avait là-bas des professeurs d'histoire très à droite, voire à l'extrême droite. Donc, il y a sans doute des professeurs disponibles dans ce coin-là. Et puis, sans doute des financements,
pour
le coup, étrangers. Et on se rappelle qu'elle est allée aux États-Unis. Et ce n
'est
pas tout à fait anodin qu'elle aille aux États-Unis et qu'elle reproduise quelque chose qui fait beaucoup penser aux Tea Party, finalement. Même elle, elle ressemble à une égérie des Tea Party américains. Et je pense qu'elle a séduit là-bas quelques financeurs américains, quelques millionnaires, milliardaires américains, qui se sont dit, tant qu'à aider l'Europe à être bien à droite, comme les réseaux, je dirais, protestants, financent tout un tas de choses depuis pas mal d'années, depuis les États-Unis à travers le monde, eh bien, elle peut tout à fait avoir trouvé des financements là-bas. Ça tente à trouver des financements plutôt chez Poutine, elle plutôt chez Trump et ses alliés.
–
L'électorat de base d'extrême droite va-t-il suivre la métapolitique ?
–
Je crois en tous les cas que les électeurs qui souhaitent une droite plus à droite que les LR, cherchent une voie qui leur permettrait un jour d'obtenir le pouvoir. Ils n'ont pas renoncé, bien évidemment, à cette question-là. Ils ont vu l'échec de Marine Le Pen, ils observent aujourd'hui ce qu'essaye de faire Marion Maréchal, et oui, je pense qu'il y a un intérêt, malgré tout, pour qui et comment, demain, pourra faire gagner leurs idées.
– Ne
risque-t-elle pas de séduire une partie de la jeunesse
? – Ah,
28 ans…
– Marine
Le Pen, elle les séduit déjà. Front National,
il
y
a
déjà, dans les meetings, on voit beaucoup, beaucoup de jeunes. Et hier soir, pour le coup, j'ai vu aussi beaucoup de jeunes, mais c'était des jeunes assez différents.
C
'était beaucoup plus type BCBG, là où chez Marine Le Pen, au Front National, c'est beaucoup plus populaire.
–
Mais il n'y a pas de différence dans les enquêtes, au niveau des 18-25 ans, entre ce que draine Marine Le Pen et ce que draine Marion Maréchal. Elle n'en capte pas davantage du fait de sa propre jeunesse. – Ce
sont les 68
ans qui résistent. – Mais si elle faisait un parti, elle n'aurait sans doute pas la même, je dirais, le même militant de base dans son parti. C'est ça la différence. Donc elle ne fait pas de parti, parce qu'elle sait qu'elle n'aurait qu'une partie de ce qui fait le Front National aujourd'hui. On le disait tout à l'heure, pour l'instant, elle ne reprend qu'une partie de ce que Marine Le Pen avait réussi, ces dernières années, à coaliser. Et notamment avec ces nouveaux électorats, les jeunes, les femmes, les homosexuels, les gens de confession juive, les gens de confession musulmane, qui arrivent au Front National par… Ce n
'est
pas des dizaines de milliers de personnes qui viennent au Front National, mais dans le vote Front National, on voit comment ces votes-là se sont développés ces dernières années assez fortement. – Mais son objectif à terme, je pense, c'est d'aller capter du côté des sympathisants et l'ère actuelle d'une partie de cet électorat.
– Et
donc plutôt la vraie droite, la droite bourgeoise, traditionnelle, conservatrice, voire réactionnaire, et
pas celle de Marine.
– Marion est-elle vraiment plus extrémiste que Marine
? Qu
'est-ce que vous diriez ?
–
Elle est
plus à droite,
et elle est entourée de gens qui sont plus extrémistes que les gens qui entourent Marine.
– Elle a
eu des déclarations très dures sur « elle ne
veut
pas une France black-blanc-burn, une France bleu-blanc-rouge », sur l'avortement, elle veut dérembourser en partie l'avortement, que sa tante n'a pas.
–
Et oui, beaucoup plus conservatrice sur les questions sociétales,
sur les questions de mœurs,
oui.
– Le
retour de Marion Maréchal en politique ne risque-t-elle pas de dynamiter le Rassemblement national, donc le nouveau FN ? Est-ce qu
'il
y
a
un risque ? – C'est exactement là-dessus
qu
'ils sont tous les deux. Les deux stratégies sont, et c'est pour ça que Marine fait ce qu'elle fait avec Dupont-Aignan, essayer de dynamiter ce que fait Marion Maréchal, en espérant soit ses complémentaires, l'une fait son institut et l'autre fait son parti, et elles réussissent à être complémentaires, soit elles se dynamitent l'une l'autre parce que la logique est à peu près la même pour pouvoir gagner dans le cadre de cette fameuse répartition du champ politique. Il n
'y a
pas de place pour tout le monde non plus.
– Mais c'est toujours Marine Le Pen qui tient la boutique. – Exactement. – Avec tout ce que ça implique, notamment sur le plan des finances et de la base militante et des gens pour coller les affiches.
C
'est ça aussi la politique.
–
Et il y a un congrès en 2021, un an de la présidentielle
2022. – La dernière question. Au fait, Marion Maréchal a-t-elle toujours sa carte au FN
? –
Alors ce qu'on sait,
c
'est qu'elle n'a pas pris part au vote pour valider ou ne pas valider le changement de nom. Est-ce qu
'elle
a toujours sa carte ? Je n'en sais rien.
–
Merci beaucoup à tous les quatre. Merci d'avoir participé à cette émission. Merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C'est dans l'air. Dans un instant, Anne-Elisabeth Lemoyne pour C'est à vous. Ce soir, la redif est à 23h15. Très bonne soirée sur France 5.
–
Sous
-titrage ST' 501