"Nous vivons la plus grande catastrophe agricole depuis 1945", affirme Delphine Batho
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:42OuverteRéponse directe
Pourtant, l'écologie ne semble toujours pas être la préoccupation politique numéro 1. Comment l'expliquez-vous ?
- 2:11OuverteRéponse directe
Vous attendez quoi du gouvernement de Sébastien Lecornu comme décision concrète et immédiate ?
- 3:37OuverteRéponse partielle
Pensez-vous que la décroissance qui fait partie de votre projet de campagne va suffire à calmer les agriculteurs ?
- 6:34OuverteRéponse directe
Vous dites que votre candidature doit sauver l'écologie. De quoi exactement ?
- 9:32OuverteRéponse directe
Est-ce que cela assouplit votre position quant au retenu d'eau et notamment les mégabassines ?
- 11:43OuverteRéponse directe
Dites-moi ce que vous aimeriez trouver dans le budget 2027 pour ne pas vous y opposer.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:11Delphine BateauFait
« Actuellement en France la plus grande catastrophe agricole de l'histoire de notre pays depuis 1945. »
- 2:53Delphine BateauChiffre
« On a besoin d'une aide immédiate à la trésorerie des agricultrices et des agriculteurs qui va selon les cas de figure entre 5000 et 20000 €. »
- 4:21Delphine BateauChiffre
« La quantité de denrées alimentaires importée dans notre pays a été multipliée par 2 au cours des dernières années. »
- 9:32Delphine BateauChiffre
« 75 % de la surface en prairie a été détruite depuis 1950. »
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RCF Notred-redame, l'interview politique Nathanaë de Rinxan. Il est 7h38, Nathanael de Rinxan, vous recevez ce matin Delphine Bateau, présidente de génération écologie et candidate à l'élection présidentielle. Delphine Bateau qui a freedonné tout à l'heure la chanson de Jean-Jacques Goldman mais n'a pas chanté sur Séindion. Ah, j'aurais pu, je la connais par cœur aussi. Vous reviendrez pour ça. Euh, bonjour Delphine Bateau. Alors, nous sortons de l'été le plus chaud, hein, jamais mesuré en France, he 53 jours de de vague de chaleur avec un bilan humain très lourd et des conséquences sur notre économie que nous commençons à mesurer de manière beaucoup plus précise.
On a entendu tout à l'heure dans le journal la détresse des bêtes raviers. Pourtant, l'écologie ne semble toujours pas être la préoccupation politique numéro 1. Comment l'expliquez-vous ? Je fais pas le même constat. Actuellement, je me déplace partout en France pour rencontrer beaucoup d'associations, de citoyennes, de citoyens, de chefs d'entreprise, de maires en particulier dans les territoires ruraux. Et ce que je constate, c'est qu'il y a une conscience très aigue du basculement historique qu'on est en train de vivre. Notre société, notre civilisation, notre économie s'est développé en France et en Europe parce que notre territoire bénéficiait d'un climat tempéré.
Ce climat tempéré, il est en train de disparaître et les gens ont très bien compris que l'été 2026, le traumatisme de l'été 2026 est malheureusement quelque chose qui va devenir la norme et et même et même pire. Donc en fait, il y a le besoin de réponse nouvelles à cette situation. Et donc moi, je ressens plutôt un décalage assez sidérant quand j'entends un certain nombre d'actualité ou de débat. justement les préoccupations des Français aujourd'hui on va davantage parler de pouvoir d'achat de sécurité mais c'est la même chose.
C'est la même chose ce qui se passe sur le plan des carburants, ce qui se passe sur le plan de l'inflation sur les fruits, sur les légumes, sur l'alimentation, on a par exemple actuellement en France la plus grande catastrophe agricole de l'histoire de notre pays depuis 1945. On est dans une urgence absolue qui, je le dis ne peut pas attendre mai 2027. Là, ce qui est en jeu dans les jours et les semaines qui viennent, c'est de sauver notre agriculture. Et sauver notre agriculture, faut bien que tout le monde comprenne que c'est une question de sécurité alimentaire dans notre pays. Là, par exemple, vous attendez quoi du gouvernement de Sébastien Lecnu comme décision concrète et immédiate ?
qui que le gouvernement arrête de faire comme si on était dans un épisode de crise agricole normal. J'étais encore hier euh dans une exploitation euh euh en Alsace qui euh produit du houblon bio euh où on me disait que les pertes sont de 30 à 50 %. Euh et c'est ça dans toutes les productions et dans quasiment tous les territoires de France. Donc euh pour l'instant, ce qui a été annoncé par la ministre de l'agriculture, c'est pas du tout à la hauteur et on a besoin d'une aide immédiate à la trésorerie des agricultrices et des agriculteurs qui va selon les cas de figure entre 5000 et 20000 €. Donc on est très loin agricol insuffisant.
Les agriculteurs de votre département ont d'ailleurs euh manifesté leur colère cette semaine. Euh pensez-vous que la décroissance qui qui fait partie de votre de votre projet de votre de votre campagne va suffire à calmer les agriculteurs si aujourd'hui vous deviez leur leur opposer quelque chose ou les ou les rassurer ? Attention, expliquez ce qui est la décroissance parce que alors la décroissance différenciée pour éviter des malentendus, c'est en fait le fait d'organiser notre sécurité climatique. Pas du tout.
C'est d'ailleurs on est en train de vivre actuellement une forme de stagnation et et de de situation économique qui est liée au fait qu'on ne prend pas au sérieux les limites physiques de la planète. Euh on le voit sur notre dépendance aux énergies fossiles. Donc pour y revenir, la décroissance différenciée, c'est quoi ? le fait d'organiser au niveau global de notre société la réduction de la consommation d'énergie et de matière première, donc de sortir de la surconsommation, du gaspillage de ressources, ça c'est une vision à long terme et de tourner notre société vers la dignité, vers le bien-être, vers la qualité de vie, vers la beauté.
Donc concrètement, si on prend l'exemple de l'agriculture, la décroissance, la logique c'est d'installer beaucoup de de nouvelles agricultrices et de agriculteurs, que notre nation redevienne autosuffisante en alimentation. Je veux expliquer quand même que le la quantité de denrées alimentaires importée dans notre pays a été multipliée par 2 au cours des dernières années. Notre pays qui a été façonné par son agriculture, la diversité de nos terroirs, de nos paysages est en train de perdre un élément essentiel de son identité. Ce qui est en cours dans la course à la croissance du PIB.
C'est une forme d'industrialisation de l'agriculture qui détruit l'emploi, qui détruit la nature, qui détruit la biodiversité. Moi, chez moi en deux sèvres, la courbe de la disparition des oiseaux et des insectes et la courbe de la perte du nombre d'exploitants agricoles, c'est exactement la même. C'est la même. Et l'agriculture, elle travaille avec la nature. Ce que je veux dire, c'est que vous vous avez une vision avec votre plan à long terme. C'est-à-dire que vous anticipez vous anticipez les agriculteurs aujourd'hui là, ce qui réclame, c'est c'est payer leur facture. Justement, je je porte une nouvelle écologie qui parle au présent. et qui parle de ce qu'il faut faire maintenant.
On n plus il y a 10 ans, 20 ans ou 30 ans où les enjeux écologiques étaient présenté comme une question de long terme. L'insécurité climatique, c'est maintenant les enfants qui étaient très mal à l'aise dans les écoles par 35°gr dans le département du dans le département du gare. C'est la semaine dernière. La catastrophe agricole, c'est maintenant. Des communes qui n'ont pas d'eau potable, c'est maintenant. Donc, il faut arrêter de considérer les enjeux écologiques comme un problème futur. C'est maintenant qu'on a les mégafeux, qu'on a les canicules extrêmes, qu'on risque d'avoir des inondations violentes et donc c'est maintenant qu'il faut agir de façon concrète.
Par exemple, il faut prendre un certain nombre de mesures immédiates pour qu'on nit pas dans les écoles au printemps et à l'été prochain les situations qu'on a connu cet été et encore [raclement de gorge] la semaine dernière. Il faut il faut se dépêcher. Vous êtes candidate à l'élection présidentielle. Vous dites que votre candidature doit sauver l'écologie. Sauver l'écologie de quoi ? De qui exactement ? De son effacement politique de de la gauche ou des écologistes qui travaillent non pas avec vous mais à côté de vous ?
Moi ce que je veux construire, c'est une écologie de gouvernement crédible qui euh euh entend gouverner la France et assumer toutes les responsabilité de l'État, y compris sur les enjeux régaliens. Marine n'est pas n'est pas crédible. Mais en fait aujourd'hui quand vous écoutez les responsables des vers, si vous cachez l'étiquette, vous avez l'impression que c'est un responsable du Parti socialiste ou de la France insoumise qui parle. Moi, je veux m'adresser à l'ensemble des Françaises et des Français et je veux parler d'espérance.
Je pense qu'il y a une attente profonde dans notre pays que la prochaine élection présidentielle soit une présidentielle féconde qui voit émerger des idées nouvelles, des forces nouvelles. Vous irez, vous irez quoi qu'il arrive jusqu'au bout. Je suis la seule candidature écologiste qui ira jusqu'au bout. les parrainages. J'appelle les les maires de France euh qui qui sont celles et ceux qui décide euh quelles idées doivent être présentes dans le débat démocratique de l'élection présidentielle.
Et il est à mes yeux inimaginable après l'été qu'on vient de vivre que les idées de la défense, du climat, d'une harmonie avec la nature, d'un nouvel équilibre du monde et de notre société ne soit pas défendu dans l'élection présidentielle. C'est ça l'enjeu. Les maires quand ils décident du parrainage de quelqu'un, ce n'est pas nécessairement un soutien politique, c'est pas nécessairement une approbation du programme. C'est le fait que démocratiquement ces idées doivent être présentées. Vous resterez quoi qu'il arrive, même si votre candidature, même si votre présence peut avoir un impact sur sur la suite de du scrutin.
Au premier tour de l'élection présidentielle, on ne peut pas proposer aux Françaises et aux Français un vote par défaut en leur disant de prendre un bulletin de vote avec des gants et en se bouchant le nez. Ce qui est le carburant de l'extrême droite dans notre pays, c'est la désespérance. Moi, je pense que la réponse c'est plus face à cette situation, une stratégie défensive, c'est de proposer un nouveau chemin, une nouvelle direction pour notre pays qui passe par le fait de prendre au sérieux les enjeux du vivant, les enjeux du climat, les enjeux de la nature et de notre qualité de vie dans un monde qui est aujourd'hui en surchauffe écologique.
On va parler du budget dans un instant, mais vous avez certainement entendu l'information importante de ce mois de septembre pour RCF Notredame, la présence de Christophe Barbier sur notre antenne et il avait justement une question à vous poser. Alors madame B, votre département des deux Sèvres comme beaucoup d'autres a été particulièrement frappé par la canicule et la sécheresse. Est-ce que cela assouplit votre position quant au retenu d'eau et notamment ce qu'on appelle les mégabassines ? Êtes-vous prêt à assouplir votre position vis-à-vis des agriculteurs ? Alors, j'ai l'impression Christophe Barbier ne connaît pas ma position. Euh alors, on va lui renvoyer votre livre si c'est le cas.
Voilà, le département des deux Sèvres, il y a 90 % du linéaire de qui a été détruit depuis 1950. 75 % de la surface en prairie a été détruite depuis 1950 alors que c'était un territoire éponge, c'était un territoire qui stockait l'eau naturellement. le linéaire de ce sont tout tous ces arbres tous ces arbustes qui séparent qui séparent en fait qui séparent les parcelles et qui permettent en fait de favoriser la recharge des nappes fréatiques. Donc on a besoin aujourd'hui d'un plan puissant d'adaptation au changement climatique qui passe d'abord par les solutions fondées sur la nature. Et ensuite moi, je suis pas opposé par principe au stockage.
Les agricultrices, les agriculteurs des deux sèv et les irigants le savent. Ce que je n'accepte pas, c'est qu'on mette des millions d'euros euh d'argent public dans des ouvrages de stockage pour des productions qui vont continuer de répandre des pesticides alors qu'on a une explosion du nombre de cancers dans notre pays, alors qu'on a des pertes massives des insectes, des oiseaux. Et donc mon point de vue, c'est qu'on ne peut discuter du stockage de l'eau d'abord quand étant très sobre utilisé parce que la priorité c'est l'eau potable et ensuite en le conditionnant au passage à l'agriculture biologique qui est la solution pour sortir des pesticides.
Très rapidement, dans 3 semaines, Sébastien Lecnu va présenter son budget pour 2027. Vous êtes député, hein. Je vais pas vous demander si vous allez le voter. On sait pas encore ce qu'il y a dedans. Euh, dites-moi ce que vous aimeriez y trouver pour ne pas vous y opposer. Moi, je souhaite une stabilité de notre pays. Donc, je ne suis pas favorable à ce que il y ait une nouvelle crise budgétaire. Donc vous allez a priori voter et faire confiance. Je je serais, je le sais d'avance pas d'accord avec ce budget mais je pense que c'est pas responsable à quelques mois d'une élection présidentielle euh de pousser le pays au bord du précipice.
Donc il y a une responsabilité qui est aussi celle du premier ministre et du gouvernement qui est de proposer un budget de stabilité, une certaine forme de continuité qui apporte des réponses immédiates aux agriculteurs, aux pompiers qui sont en grève. C'est quand même incroyable dans notre pays alors qu'on a un modèle de sécurité civile fondé sur le volontariat qu'on ne donne pas aux pompiers de France les moyens dont ils ont besoin. En tout cas, vous répondez favorablement à l'appel à la responsabilité lancée par le chef de gouver. Ça ça a toujours été ma position. Merci beaucoup Delphine Bateau, candidate génération écologie à la présidentielle.
Je rappelle juste le titre de votre livre que n'a visiblement pas lu Christian Barbier. On va lui envoyer la politique de la beauté. Une nouvelle écologie. C'est aux éditions de l'aube et merci à vous tous les deux Nathanel de Ring et Delphine Bateau dans la matine à l'CF Notre Dame.
[musique]