Marine Le Pen : "Si la France retrouve une monnaie nationale, elle ne sera pas la seule à le faire"
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Et bienvenue à tous dans l'émission politique de France Info, une demi-heure ensemble comme tous les matins avec vous Jean-Michel Apathy, bonjour, avec Gilles Bornstein et Guy Bierenbaum et notre invité ce matin est présidente du Front National.
Bonjour Marine Le Pen. La sortie de l'euro et la mesure phare de votre programme, c'est aussi celle qui suscite le plus d'inquiétudes, notamment chez les épargnants et les retraités, une inquiétude qu'explique de la manière suivante des spécialistes de l'économie que nous allons écouter.
Évidemment, on va appauvrir les Français. Pourquoi ? Parce qu'on va appauvrir leur patrimoine. On va évidemment toucher à leur épargne, à la valeur de leurs biens et par ailleurs on renchérira complètement la consommation. Retenons tous que 25% des produits consommés en France sont importés. Une baisse assez significative du franc entraînerait évidemment l'alourdissement de cette dette. Ce n'est pas compliqué à comprendre puisqu'on paierait avec une monnaie qui vaudrait moins d'argent. Les grandes entreprises ont une partie de leurs dettes en contrat étranger. Eh bien ces dettes qui ont été contractées à l'étranger ne pourront pas être converties en francs.
Et là, la dépréciation de l'euro coûterait très cher.
Est-ce que vous êtes parfois sensible à certains de ces arguments ? Est-ce que vous doutez parfois ?
Des experts. Les mêmes qui d'ailleurs, avant le Brexit, nous avaient expliqué que ça allait être un drame et que si les Britanniques votaient la sortie de l'Union Européenne, il y aurait une récession massive, des entreprises qui fuiraient, chômage en hausse. Et c'est exactement l'inverse qui s'est déroulé. Mais vous ne doutez jamais sur la sortie de l'euro ? Vous n'avez pas des doutes ? Quand j'entends, si vous voulez, un certain nombre d'arguments qui sont juste économiquement des mensonges absolus, non. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça me renforce dans l'idée que l'euro est une monnaie, en réalité, dont bénéficient beaucoup les multinationales et les banques.
Mais moi, je suis là pour défendre le peuple. Et je conçois d'ailleurs que les intérêts des banques et des multinationales puissent être contraires à l'intérêt du peuple. Mais moi, je veux être présidente de la République française pour défendre les intérêts du peuple. Et pas pour défendre les intérêts des multinationales et des banques. Vous voyez, quand par exemple j'entends dire une baisse significative du franc va entraîner, alors je relis, une baisse de l'épargne, de la valeur des biens, etc. Si le franc se dévalue, ça aura des conséquences sur l'épargne. D'abord, de combien le franc se dévaluerait-il ? Ça, c'est déjà la première question qu'elle ne répond pas.
Mais vous convenez qu'il se dévaluerait dans toutes les hypothèses ?
Bien sûr. Le FMI, il y a répondu. Entre 7 et 11%. Bon. Donc on ne peut pas dire que c'est une baisse significative. Quelle influence a-t-il sur l'épargne ? C'est pas mal, 10% de baisse. Non, mais d'accord. Quand vous êtes épargnant ? D'accord. Non, mais parfait. D'accord. Alors, l'euro a baissé de 25% dans les deux dernières années. Est-ce que votre patrimoine a baissé de 25% ? Est-ce que votre épargne a baissé de 25% ?
Mon pouvoir d'achat, en tout cas, a baissé si l'euro a baissé.
Ben, la preuve que non. Voilà. Non, c'est pas vrai. Non, ça n'est pas vrai. C'est indifférent. Ça n'est pas vrai. Et puis, on ne parle jamais, il ne parle jamais des éléments très positifs du retour à une monnaie nationale. Évidemment, les exportations, je vous signais quand même que notre déficit extérieur a battu un record au mois de janvier, 50 milliards d'euros. Mais c'est considérable. Pas le seul mois de janvier. Et c'est considérable. Pas le seul mois de janvier, 50 milliards d'euros. Non, mais d'accord. Mais en janvier, c'est le record. 50 milliards d'euros. Or, tout ça, ça a une influence sur l'économie de la France. Ça a une influence sur l'emploi, évidemment.
Donc, moi, je veux bien tout ce qu'on veut. Mais l'euro, on nous l'avait vendu. Et les mêmes, d'ailleurs, qui viennent là nous expliquer qu'une monnaie nationale serait catastrophique, nous avaient vendu que l'arrivée de l'euro entraînerait. La hausse de l'emploi, la hausse du pouvoir d'achat, etc., qu'ont vu les Français. Ce qui valait un euro vaut aujourd'hui... Ce qui valait un franc vaut aujourd'hui un euro. Il y a eu une baisse massive, évidemment, du pouvoir d'achat. Il y a eu un chômage qui n'a cessé de monter. Et notre balance commerciale qui est systématiquement déficitaire depuis l'arrivée de l'euro. Bon. Est-ce qu'on peut refermer la parenthèse ou pas ?
Maintenant, on peut la refermer tranquillement par la discussion, par la négociation. Je pense qu'il y a beaucoup de pays, honnêtement, aujourd'hui, qui s'aperçoivent qu'on est au bout du chemin avec l'euro et que le peuple souffre trop pour pouvoir continuer dans cette voie.
Mais Marine Le Pen, pardonnez-moi. Juste une seconde. Vous parliez des multinationales et des banques, bien sûr. Mais les entreprises, les petites entreprises, les TPE, en fait, quand on est payé en francs désormais, mais qu'on rembourse en euros, est-ce qu'il ne risque pas d'y avoir... S'il y a une dépréciation de ce nouveau franc, il risque d'y avoir un problème au milieu, non ?
Non, parce que ce que je crois, et je pense que là, tout le monde le croit, et c'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, il y a une telle agitation, c'est qu'en réalité, si la France retrouve une monnaie nationale, elle ne sera pas la seule à le faire. D'abord parce que, si moi, je suis élu à la tête de l'État français et que je vais négocier avec l'Union européenne... Donc ça ne marche que si les autres suivent. Non, mais il n'y a d'abord beaucoup de pays qui en profiteront pour venir participer à cette négociation, parce que la Grèce est en train de mourir. Ils en sont à payer les salariés avec des tickets de consommation.
Mais ils ne veulent pas quitter l'euro.
Des tickets de rationnement. Ils sont en train de... Non, non, non, pardon, M. Abati, ils sont en train, à nouveau, de réfléchir à cette sortie de l'euro, parce qu'ils voient bien qu'ils sont dans la nasse et qu'il n'y a aucune porte qui s'ouvre devant eux. L'Italie souffre considérablement aussi. Bon, donc je pense que, très honnêtement, une force de pays européens se constituera pour aller devant l'Union européenne, pour réclamer des modifications substantielles, pas seulement sur la monnaie, d'ailleurs, mais aussi sur Schengen. Parce que vous voyez bien qu'il y a quand même beaucoup de peuples européens qui n'en peuvent plus de l'ouverture totale des frontières.
Ils en subissent évidemment les conséquences. Et puis, pardon, je termine là. Et puis, si la France revient à une monnaie nationale, je pense qu'il n'y aura plus d'euro. Donc, chaque pays retrouvera sa monnaie nationale. Et il y aura donc une évaluation de chaque monnaie, par rapport à sa valeur réelle, d'ailleurs. Parce qu'en réalité, l'euro est un mensonge. Gilles Manchon. Marine Le Pen, vous dites que les logements sociaux sont attribués majoritairement aux immigrés. Et Antoine Kremf, de la rédaction de France Info, s'est posé, s'est penché sur la question. On l'écoute et on en parlera après.
D'après ce que montre la dernière enquête de l'INSEE sur la question, les étrangers représentent un peu moins de 12% des locataires du secteur social en France. Chiffre de 2013. Si on ajoute les Français naturalisés, on arrive à 20% de logements sociaux qui sont occupés par des immigrés en France. L'écrasante majorité des logements sociaux sont donc occupés par des foyers français. C'est-à-dire, précisément, ceux que veut favoriser Marine Le Pen. Oui, eh bien, en réalité, ces statistiques, elles cachent une évidence. C'est que 12%, c'est au niveau national. Ce n'est pas la majorité, comme vous l'aviez dit.
Non, mais, excusez-moi, mais dans des quartiers en tension, c'est-à-dire les quartiers ou les villes où précisément la demande de logement social est la plus importante. Oui, les chiffres ne sont pas les mêmes. Il est évident que dans toutes les communes, il y a des logements sociaux. Il est sûr qu'il y a toute une série de territoires dans la ruralité où la pression migratoire est beaucoup moins importante que dans les grandes villes et où, par conséquent, très certainement, il y a une très large majorité de Français qui en profitent.
Mais dans les grandes villes, dans les grandes villes, dans les villes moyennes, là où précisément la pression, la demande de logements sociaux est très importante,
eh bien, il y a...
Vous comprenez que votre formule était approximative. Ce n'est pas la majorité.
Est-ce que vous avez un exemple d'une ville où il y aurait plus d'attribution de logements sociaux aux étrangers qu'aux Français ? Est-ce que ça existe ?
Vous savez ce que je vous conseille ? Puisque vous êtes une journaliste sûrement un peu de terrain aussi, pas seulement de plateau. Bon, vous allez dans le logement social qui est juste derrière vous, là. D'accord ? Et vous allez vous taper aux portes et vous demander aux gens. Parce qu'à un moment donné, ce qui se dit sur les plateaux, vous savez, c'est la différence. Attendez, je pense que vous avez une vision, c'est ce que j'appelle l'immigration au balcon. Vous voyez, vous analysez des choses de loin, etc. Non, non, attendez.
Non, non, mais dans la réalité des choses, il est évident qu'elles soient d'ailleurs très récentes ou qu'elles soient un petit peu plus anciennes, incontestablement le logement social, et c'est une raison d'ailleurs de critères en réalité, et bien être attribuées massivement à ceux qui arrivent sur notre territoire. Le problème, c'est qu'il y a un million et demi de foyers français qui attendent un logement social. Et encore une fois, moi, clairement, j'assume tout à fait que la priorité soit donnée en France, dans l'accès aux logements sociaux, aux Français.
Merci beaucoup. Il est 8h41, on doit s'interrompre pour une minute. Voici Victor Maté, rapidement, pour l'essentiel.
43 ans après le procès de l'attentat du Drugstore, Publicis à Paris s'ouvre aujourd'hui. Deux morts et 34 blessés en septembre 1974. Sur le banc des accusés, le célèbre terroriste Carlos déjà condamné deux fois à la perpétuité. La retraite à 65 ans, la suppression des 35 heures, le détail du calendrier des réformes de François Fillon, entretien dans les échos et conférences de presse dans la matinée. Le candidat de la droite réagit aussi aux infos du JDD sur des cadeaux de vêtements pour près de 50 000 euros. Avec cette simple formule, et alors ? A la SNCF, ils étaient attendus depuis deux semaines.
Les tarifs des nouvelles lignes à grande vitesse résultat dès cet été 6 euros supplémentaires pour un Paris-Rennes, 10 pour un Paris-Bordeaux. Et puis, plus de 650 enfants tués en Syrie l'an dernier. C'est 20% de plus qu'en 2015, d'après l'UNICEF. Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance pointe l'augmentation des cas de meurtres et de mutilations dans le pays.
C'est Marine Le Pen qui est avec nous dans l'émission politique sur France Info jusqu'à 9h. Question Jean-Michel Apathy.
Vous avez fait Marine Le Pen d'Emmanuel Macron votre principal adversaire. Une caricature des Républicains. On le représentait en fin de semaine en banquier des années 30. François Fillon, ça n'est excusé. Quant à Gilbert Collard, qui est secrétaire général de votre mouvement Bleu Marine, il a livré sur LCI vendredi cette comparaison audacieuse. On écoute Gilbert Collard. Écoutez, si on est maintenant dans une époque où on fait confiance aux banquiers,
tout est possible. On peut aussi confier à un pensionnat de jeune fille, à un violeur.
Faire confiance à un banquier. C'est une tare d'avoir été banquier dans sa vie ? C'est une tare d'avoir été banquier dans sa vie ?
Non, ce n'est pas une tare d'avoir été banquier. Ce qui est problématique, c'est lorsque vous avez été banquier et que vous arrivez, en pantouflant d'ailleurs, dans...
Il a remboursé.
Hein ? Oui, mais ce n'est pas le problème de rembourser. Le problème, c'est que voilà des hauts fonctionnaires qui vont dans le privé puis qui reviennent à des postes qui sont des postes où on peut les suspecter de conflits d'intérêts. C'est-à-dire de faire bénéficier des intérêts privés au lieu de défendre l'intérêt général. Et je suis désolé, mais il n'y a beaucoup à dire sur M. Macron. Certes, aucun journaliste ne le dira, parce que manifestement, ils sont tous hypnotisés par le personnage. Mais il n'en demeure pas moins que les conditions d'Alstom, les conditions de vente de SFR à M. Drahi, les conditions de vente de Technip, tout cela pose des véritables...
Quand il était ministre des Finances ? Oui, mais pose des véritables questions. Qu'est-ce que vous voulez dire, Marie ? Donc c'est ça le problème, si vous voulez. Ces ministres sont-ils là pour défendre l'intérêt général, l'intérêt des Français, l'intérêt national, de dire quelque chose qui est considéré presque comme un gros mot, ou est-ce qu'ils sont là pour défendre des intérêts particuliers ?
Est-ce qu'on peut vous faire préciser votre pensée, la préciser ? Est-ce que vous voulez dire qu'il a fait des mauvais choix par idéologie ou par copinage, ou est-ce que vous suggérez qu'il y a des formes de corruption qui ont existé lors des dossiers que vous avez cités ?
Non, je pense qu'il y a des formes de copinage, mais surtout une manière de voir les choses, c'est-à-dire que les intérêts privés sont plus importants que l'intérêt national. Mais d'ailleurs, le dernier exemple en date, pardon, est tellement révélateur. Jean-Jacques Mourad, son conseiller de santé, lui suggère ce qu'il fait d'annoncer le remboursement des médicaments contre l'hypertension artérielle. Il le fait, donc il promet le remboursement intégral de cela. Et comme par hasard, il se trouve que M. Mourad est un des plus grands lobbyistes du laboratoire Servier, qui lui-même a quasiment le monopole sur ces médicaments de lutte contre l'hypertension. Moi, c'est ça qui m'inquiète.
C'est cela que je voudrais dire aux Français. Attention, parce que vous avez là des candidats qui ne sont pas là pour vous défendre, mais qui vont profiter de leur place pour pouvoir permettre à des grands intérêts privés, à la grande finance de mettre la main sur notre pays et, en quelque sorte, d'y faire des affaires, évidemment, à votre détriment. Tout ça est extrêmement inquiétant. Et on retrouve à peu près les mêmes problématiques autour de M. Fillon, avec M. Ladrette de la Charrière, bien sûr, avec M. Decastre, bien sûr.
On précise quand même que M. Mourad a démissionné et que tout ce qui a été fait sur l'hypertension va être revu. C'est juste pour une précision, puisque ça a été précisé par le candidat lui-même.
D'accord, donc ils ont été pris la main dans le pot de confiture et pris la main dans le pot de confiture. Ils disent, bon, on n'en fera plus et on est censé les croire sur parole. Est-ce que vous allez débattre ? On a cru comprendre que vous alliez débattre, que vous aviez envie de débattre avec M. Macron. Oui, évidemment, moi je veux débattre avec tous ceux qui le souhaitent. Il y a déjà un certain nombre de débats qui sont organisés. On m'a proposé un débat avec M. Macron. Il faut voir les conditions dans lesquelles celui-ci se déroule,
sur quelle antenne celui-ci se déroule. C'est ça. C'est Jean-Jacques Bourdin qui vous l'a proposé d'abord, je crois.
Oui, oui, mais je n'irai pas sur BFM Macron. BFM Macron. BF Macron, on l'appelle. Je n'irai pas sur BF Macron pour aller discuter avec M. Macron. Vous allez bien sur France Info alors ? Oui, enfin... Sur France 2 ? Oui, enfin, je vais avoir du mal. Vous n'avez que l'embarras du choix. Non, mais justement, je n'ai pas l'embarras du choix, je vais avoir beaucoup de mal, parce qu'il se trouve que M. Macron a, avec toute une série de dirigeants de groupes de presse, que ce soit France Télévisions, que ce soit Radio France, que ce soit le groupe de M.
Drahi, des amitiés qui font qu'on se pose la question de savoir si des débats se dérouleraient dans des conditions de neutralité qui sont pourtant exigées par la démocratie.
Elles le seront, parce que... Bien évidemment. Si des amitiés existent, ce que je ne sais pas, les amitiés ne vont pas jusqu'aux consignes. Mais si vous le savez. En tout cas, nous sommes libres pour poser nos questions. Et sur BFM, je signale qu'on s'est beaucoup moqué de BFM ces derniers mois, parce qu'ils recevraient trop Florian Philippot. Donc, vous voyez, le monde des médias... Il n'y a qu'un malheur, le monde des médias est plus compliqué qu'on ne le pense parfois.
Il n'y a qu'un malheur, si vous voulez, c'est que les chiffres sont là. Vous me parlez des chiffres, alors parlons-en. Moi, j'ai eu le quatrième temps d'antenne de manière globale. On a essayé de Mme Le Pen. Toutes radios et toutes télévisions... Non, non, non, non, non. Moi et mes soutiens, monsieur. Moi et mes soutiens. Parce qu'on a essayé de vous inviter. Nous invitons beaucoup. Non, mais monsieur, c'est la loi. Florian Philippot... Moi et mes soutiens. Nous avons eu le quatrième temps de parole. Le quatrième temps de parole. Ce n'est pas faute d'avoir essayé de vous inviter.
Alors que le mouvement que je préside a été premier dans les trois dernières élections que je suis régulièrement donné en tête dans les sondages. Donc voilà.
Il y a manifestement une volonté, encore une fois. Ça vous réussit pas mal, hein, de ne pas être invité.
Ce qui me réussit pas mal, c'est l'outrance des attaques dont je fais l'objet, monsieur Apathy, de la part des médias. Et l'évidente de poids, de mesures qui existent. Parce que les Français ne sont pas dupes, vous savez. Ils ont une bonne capacité de jugement. Et ils voient bien, lorsque M. Macron est interrogé sur TF1 avec une Anne-Laure Coudray qui le mange des yeux, en lui disant, mais monsieur, qu'est-ce que vous êtes bon en économie ? Qui le mange des yeux. Ah bah oui, non, mais c'était un truc absolument sexiste. Non, mais c'était hallucinant, je veux dire. Et vous qui êtes très bon en économie puisque vous avez été ministre de l'économie.
Non, mais quand on entend quelque chose comme ça, c'est pas exact, c'est pas comme ça que l'on a dit. Alors, il a été ministre de l'économie. Ça pourrait peut-être servir un certain nombre de personnes à lui demander, mais quels sont vos résultats en économie ? Parce que les résultats sont pitoyables en économie. Un autre candidat, c'est plein des médias. Il est quand même le responsable, non pas d'ailleurs de la seule période où il a été ministre, mais des 5 ans de François Hollande puisqu'avant, il était conseiller économie de François Hollande.
Donc la hausse des impôts et des taxes, le nombre de chômeurs du mandat de François Hollande, l'effondrement de l'agriculture, tout cela, il en est en partie responsable. Notre candidat, c'est plein des médias, François Fillon. Absolument. François Fillon et son histoire de costume ce week-end interroger sur Europe 1 ce matin. Il a dit qu'en gros, la question ne se posait pas. On l'écoute. Oui, oui, c'est tout à fait faux. Mais est-ce qu'on peut clarifier ? Qui est cet ami pour éteindre la polémique ? D'abord, je ne vais pas vous répondre sur ces sujets. C'est ma vie privée. Ça ne regarde personne. J'ai parfaitement le droit de me faire offrir un costume par un ami. Ce n'est pas interdit.
Ce n'est absolument pas interdit. La seule question qui se pose. Doit-il faire la lumière sur cette personne qui lui a offert pour une somme assez importante de costumes ? Bon, écoutez, ce qui est intéressant dans l'ensemble des affaires Fillon, c'est qu'en réalité, il s'avère que sa personnalité semble se dessiner et ce dessin est assez éloigné de l'image qu'il donnait de lui-même. Moi, dès le début de cette affaire, j'ai d'ailleurs dit le problème de M. Fillon, ce n'est pas la justice, ce n'est pas l'enquête, le problème de M. Fillon, c'est qu'il se révèle qu'il est un homme qui aime l'argent et que ça, c'est très différent, très éloigné de l'image austère qu'il voulait donner de lui-même.
Et je pense qu'en cela, il a, semble-t-il, en partie trompé les électeurs qui avaient été attirés, séduits par cette posture austère.
Est-ce que c'est une curiosité légitime ou malsaine de lui demander qui paye vos costumes ? Est-ce qu'on a envie d'un président de la République indépendant ou pas ?
C'est toute la question et de savoir si derrière cela, il n'y a pas, là encore, une forme de conflit d'intérêts. C'est-à-dire, est-ce que l'ancien président de Fitch, l'agence de notation dont il est le ministre de l'économie... Donc, c'est intéressant de savoir ça, parce qu'il faut savoir si les candidats sont libres de tout lien, de toute pression, de tout renvoi d'ascenseur. Je pense que c'est un élément, effectivement, essentiel du débat.
Donc, il est intéressant de connaître le nom de cette personne, d'après vous ?
Oui, si c'est un ami personnel, qui n'est d'ailleurs pas trop un ami, parce qu'il se prononce d'une manière assez étrange, il dit « François Fillon m'a demandé de lui acheter ». Alors, je ne sais pas, un cadeau, ce n'est pas comme ça normalement que ça se fait, mais enfin bon, il doit y avoir d'autres mœurs, je pense.
Marine Le Pen, vous restez avec nous, il est 8h50, Victor Maté, pour une minute.
La tenue d'un meeting pro-Erdogan hier à Metz, alors que les Pays-Bas, la Suisse ou encore l'Allemagne, ont refusé ces réunions organisées par le pouvoir turc. Réaction contrastée chez les candidats à la présidentielle. Benoît Hamon invoque la liberté d'expression, Emmanuel Macron critique les dérives du gouvernement turc. À droite et à l'extrême droite tombent beaucoup plus fermes. À deux jours de sa convocation chez les juges, François Fillon ne se fait pas trop d'illusions sur sa probable mise en examen. Un entretien aux Echos pour détailler également son calendrier de réforme et ses ambitions. Attention si vous devez faire escale ou bien partez pour Berlin.
Presque tous les vols devraient être annulés aujourd'hui. Un mouvement de grève qui a déjà bloqué vendredi des dizaines de milliers de voyageurs. Et puis le PSG qui gagne en Bretagne, victoire 2-1 à Lorient. Hier soir, le dernier du championnat. Au classement, les footballeurs parisiens restent à 3 points derrière Monaco. Mais on compte désormais 2 d'avance sur Nice.
Marine Le Pen est avec nous jusqu'à 9h sur France Info. Jean-Michel Apathy, question ?
Parmi la liste des parrainages qui vous sont favorables, Marine Le Pen figure celui de votre père, Jean-Marie Le Pen, qui explique que finalement il vous parraine à cause du virage...
Ça faisait longtemps que vous ne m'aviez pas parlé de Jean-Marie Le Pen. Monsieur Apathy, ça me manquait. Ça ne vous gênait pas. Non, non, mais je sais que vous aimez bien. Ça me fait plaisir de vous faire plaisir.
Oui, parce que je sais qu'une fois nous avons eu un accrochage tous les deux, mais c'était avant que vous excluiez votre père. Oui, effectivement, je m'en souviens. Donc, il explique son parrainage par le virage identitaire de votre campagne.
Oui, mais il veut faire...
Est-ce que vous êtes heureuse du soutien de votre père ?
Non, mais écoutez, il veut faire parler de lui. D'accord. Et ça marche, monsieur Apathy. Mais pourquoi ? C'est une question tabou ? Non, ce n'est pas tabou, mais au milieu des 600 parrainages que j'aurais obtenu...
Ce n'est pas anodin que votre père vous soutienne ? Vous l'avez exclu de votre parti ?
Ben oui, mais...
Ce n'est pas anodin qu'il vous soutienne ? Je ne peux pas vous expliquer. Vous en avez parlé avec lui ?
Ce n'est pas un problème de plaisir ou pas plaisir. C'est qu'on va y passer 5 minutes et que c'est exactement l'objectif qui est le sien. Non, non, après 5 minutes. Oh ben non, ben voilà. Vous voyez, on n'a pas même pas une minute. Voilà. En plus, la politique, le journal du dimanche rapporte que vous auriez dîné avec Nicolas Dupont-Aignan. Alors, c'est très simple. Est-ce que c'est vrai ou faux ? Non, mais d'abord, c'est faux. Mais excusez-moi, mais vous trouvez que c'est une question politique ? Oui, parce que ça peut préfigurer une alliance politique. C'est-à-dire que moi, vous me posez une question sur les retraites, sur la fiscalité, sur l'immigration, sur l'incurité, sur le terrorisme.
Ça, c'est politique. Ça, honnêtement, c'est de la rumeur. Vous n'avez pas... Vous adorez ça, je sais. Que vous confirmez ou pas ? Honnêtement, est-ce que les Français vont aller voter en se disant « Je vais voter parce que j'ai appris que Marine Le Pen a ou n'a pas dîné avec M. Dupont-Aignan. » Moi, je pense qu'ils iront voter en disant « Je vais voter parce que je voudrais savoir qui est capable de préserver ma retraite, qui est capable de préserver mon épargne, qui est capable d'assurer la sécurité de mes enfants, qui est capable de lutter résolument contre le terrorisme. » On perd du temps. C'est vous qui perdez du temps. Il est déjà 53. Non, non, non.
Qu'un candidat dîne avec un autre, ce n'est pas une information audine. Donc, on vous demande si vous ne voulez pas répondre, vous ne voulez pas répondre. On passe une autre question.
Mais moi, j'aimerais bien savoir avec qui vous dînez, vous, M. Apatis.
Je n'ai pas dîné avec de candidats à l'élection présidentielle, lui. Je n'ai pas dîné avec de candidats à l'élection présidentielle. Et vous ? Et d'autres ? Et vous ? Et d'autres ou pas ? D'autres non plus. Mais jamais. Ne m'invitez pas à dîner, je me suis désolée. Ce n'est pas le problème du... Non, pas pour être désobligeant, mais par principe. Et vous, avez-vous dîné avec un candidat à l'élection présidentielle ?
Non, non, je n'ai pas dîné avec un candidat à l'élection présidentielle.
Très bien. Deux diplomates, l'ambassadeur de France au Japon et l'ambassadeur de France.
Oui.
On peut poser la question ?
Oui, oui, non, mais je vous en prie, allez-y.
D'accord. On dit qu'il ne servirait plus l'État si vous en preniez la tête. Et vous-même, vous avez eu vis-à-vis des fonctionnaires, c'était à Nantes il y a quelque temps, 15 jours, des propos assez menaçants. On vous écoute.
Je veux dire publiquement, ici, aux fonctionnaires, à qui un personnel politique aux abois demande d'utiliser les pouvoirs d'État pour surveiller les opposants ou organiser à leur encontre des persécutions, des coups tordus ou des cabales d'État, de se garder, de participer à de telles dérives. Car elles sont totalement illégales. Et vous trouvez que c'est menaçant, vous, de rappeler la loi ? Ce propos a été reçu comme une menace, oui. Non, non, pas du tout, monsieur. Je peux vous dire que l'immense majorité des fonctionnaires ne se sont pas du tout sentis visés par ces propos. Je parle là de fonctionnaires, encore une fois, qui, à la demande de pouvoir politique, agiraient illégalement.
Est-ce que le fait pour un candidat à la présidentielle de réclamer que la loi soit respectée est aujourd'hui, dans notre pays, considérée comme une menace ? Alors, ça veut dire qu'on est dans une totale inversion des valeurs.
Vous avez noté des comportements illégaux de fonctionnaires ?
Monsieur Apathy, ouvrez le journal le matin, et vous verrez l'intégralité des procès-verbaux d'enquête ou d'instruction qui s'y retrouvent. Ce n'est pas une violation de la loi, ça ? Ça fait 40 ans que ça dure. Ça s'appelle une violation du secret de l'instruction. Elle n'est pas forcément le fait des fonctionnaires, madame. Moi, je suis désolé, vous trouvez normal ? Madame Le Pen, non. Quand des avocats ont accès au dossier, ce n'est pas fonctionnaire. Non, non, non, non. Vous êtes avocate ? Vous êtes avocate ? Non, non, non. Pendant les enquêtes, les avocats n'ont pas accès au dossier. Alors, la vraie question, c'est les 19 procès-verbaux qui sont retrouvés de M. Fillon dans le JDD.
Est-ce que là, ça n'est pas une violation de la loi ? Est-ce que tous les citoyens attachés à l'état de droit ne devraient pas en appeler au respect de la loi ? Il est quand même inouï que moi qui défends l'état de droit, je me fasse accuser, en réalité, de réclamer le respect de la loi. Je trouve ça fou, mais ça en dit long sur la déliquescence de l'esprit public dans notre pays.
Les fuites sur le secret de l'instruction sont quand même extrêmement anciennes.
Oui, mais il y a des tas de comportements, mais ceux qui sont anciens, c'est vrai. M. Mitterrand qui avait fait écouter massivement ses adversaires politiques, c'était scandaleux. Mais faut-il quand même transformer, encore une fois, cela en qualité ou en vertu ? Non, ça reste, encore une fois, des violations qui, en démocratie, sont inadmissibles. Il est toujours, encore une fois, bon de le rappeler. Mais ceux qui ne commettent pas d'illégalité, croyez-moi, ne se sont pas du tout sentis visés.
On s'interroge toujours parce qu'il s'agit d'élire une personne à la tête de l'État sur la personnalité de ceux qui souhaitent être président de la République. Libyanne Bob.
Ce d'autant que vous avez eu des propos assez intéressants il y a quelques minutes sur la personnalité de François Fillon en disant que c'était quelqu'un qui n'était pas finalement aussi austère qu'il en avait l'air. Alors, en 2015, Libération et le Monde nous avaient appris que vous aviez, que vous auriez, j'emploie le conditionnel, un autre compte Twitter que le vôtre sous le nom de, pardonnez-moi d'essayer de terminer une question, d'Anne Lalanne. Est-ce que vous pouvez, c'est inutile de soupir Mme Le Pen, c'est une question, on s'intéresse à votre personnalité comme vous l'avez dit.
La campagne présidentielle, l'avenir de la France, dépend de la manière dont cette campagne va se dérouler et dont l'information sur les projets des candidats vont arriver aux Français. L'information sur la personnalité des candidats, vous avez évoqué la personnalité de François Fillon, j'évoque la vôtre. Est-ce que ce compte une bonne fois pour toutes est à vous, oui ou non ? C'est facile de me dire non. Non, je l'ai déjà dit et honnêtement je vous trouve dérisoire, pardon, vraiment. Eh bien écoutez, vous avez le droit. Franchement, je veux dire, les costards, les comptes Twitter, il n'y a pas de sujet important ou pas ? La personnalité des candidats, c'est vous qui en avez parlé madame.
C'est dérisoire ? Vous considérez que c'est dérisoire quand ça vous concerne. Mais non mais, je voudrais qu'on parle de politique. Mais c'est de la politique madame. Non mais toutes les semaines, il va y avoir des révélations et toutes les semaines, on va en parler, etc. On fait avec ce qu'on a. C'est de la politique. Oui, c'est de la politique madame. Eh bien c'est la politique que vous vivez, vous. Parce qu'encore une fois, les Français, eux, ils n'attendent pas cela de vous et du service public que vous représentez. Le service public qu'ils payent avec leurs impôts. Ils attendent de l'information sur les projets des candidats. Vous considérez que ça n'est pas de l'information ?
Que pense un tel ou un tel de la retraite, de l'insécurité, du terrorisme, des jeunes, du logement ? D'accord, parce qu'on a deux questions sur l'intégralité de l'émission. C'est décevant.
Il faut venir plus souvent madame Le Pen.
C'est décevant pour moi, c'est décevant pour ceux qui nous écoutent.
Non, je ne suis pas sûr, parce que vous ne pouvez pas savoir ce que pense ceux qui nous écoutent. Vous ne pouvez pas tout savoir. Mais merci d'avoir accepté notre invitation. D'ailleurs, ok.
Et merci à tous et on se retrouve demain.
Marine Le Pen