Agenda parlementaire surchargé : les députés au bord du burn-out ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 39 %Attaque 28 %Défensif 33 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:08OuverteRéponse directe
Dans la presse ces derniers jours, une députée a fait son petit calcul : 297 heures de travail en octobre, 13 séances de nuit, 2 au-delà de minuit... C'est vrai que ça fait lourd, mais ce n'est pas tellement les heures qui sont contestées en ce moment par les députés, c'est plutôt le fonctionnement.
- 3:01OuverteRéponse directe
Combien d'heures en moyenne une ou un député travaille à l'Assemblée nationale, entre les commissions et les sessions parlementaires, sans parler du travail de terrain ? Et quelle est l'indemnité d'une ou d'un député ?
- 3:48OuverteRéponse directe
Donnez-nous une idée de ce que ça veut dire en termes d'heures, effectivement, le travail parlementaire sur une session, disons, moyenne.
- 5:05OuverteRéponse directe
Mais est-ce que vous avez le sentiment, M. Pencher, que c'est beaucoup plus qu'à une époque, quand vous étiez jeune député ? Il y a une vraie différence ?
- 5:37OuverteRéponse directe
Et vous diriez que quelle est la part de travail qui en pâtit pour vous ? Est-ce que c'est le travail en circonscription ? Est-ce que vous y allez moins ?
- 6:13OuverteRéponse directe
Anne Souhaitemont, j'ai vu que vous vouliez intervenir, je vous en prie. D'ailleurs, vous étiez à la réunion, vous avez peut-être des nouvelles de cette réunion qu'il y a eu hier autour de la présidente de l'Assemblée.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11PrésentateurChiffre
« 297 heures de travail en octobre, 13 séances de nuit, 2 au-delà de minuit, 198 heures de travail en hémicycle, 32 heures de train. »
- 4:22InvitéChiffre
« On commence à partir de 8h, 8h30 le matin à travers des petits déjeuners de travail. Et on termine à minuit et parfois, et de plus en plus souvent, plus tard, 1h du matin, 2h, voire 3h du matin. »
- 4:36InvitéChiffre
« On siégeait grosso modo à peu près 120 jours par an à l'Assemblée nationale lors des précédentes mandatures. Et on arrivait à peu près à 150 jours, à 150 jours par an. »
- 5:00InvitéChiffre
« On est obligé de compenser sur le terrain en étant encore beaucoup plus présent, ce qui fait qu'on se termine souvent à des 80 heures par semaine. »
- 10:05InvitéChiffre
« On est passé en trois mandatures de 75 000 amendements déposés à plus de 200 000. »
- 10:39InvitéFait
« On est le seul pays européen à fonctionner comme ça partout. Les textes qui arrivent, c'est des analyses d'impact par des organismes indépendants. »
- 11:06InvitéChiffre
« Moi, je rencontrais mes amis du Parlement européen hier. Le groupe ALE, 70 députés, 140 collaborateurs dans le groupe parlementaire. Moi, le groupe que je préside, 20 députés, on a 8 collaborateurs qui bossent autant que nous et qui sont en incapacité d'analyser réellement la portée de ce qu'on présente et de discuter avec le gouvernement. »
- 26:41InvitéChiffre
« J'ai à peu près 4006-4007 après impôts. Avant impôts, c'est un peu plus. »
- 27:45InvitéFait
« La France est dans la moyenne basse par rapport à nos petits camarades. »
- 28:30PrésentateurFait
« Parfois, quand vous avez vraiment des semaines qui sont énormes, vous êtes payé moins que le SMIC horaire. »
- 34:44InvitéFait
« je me sens pas super bien »
- 34:54InvitéFait
« la semaine de contrôle ce ne sont que des successions de monologues on contrôle rien »
- 35:18InvitéFait
« j'ai une grande confiance dans les communistes qui ont de l'expérience qui ont du métier »
- 35:34InvitéFait
« les live twitch en séance publique qui ne font que rajouter d'une référence à Hugo Bernalicis ça c'est des trucs par exemple ça ne doit pas exister c'est pas normal »
- 36:10InvitéFait
« il faut qu'on commence à balayer devant notre porte c'est-à-dire que c'est d'abord c'est à nous de nous réformer »
- 36:35InvitéFait
« non c'était le cas lors de la crise sanitaire je comprends pas pourquoi ça n'existe plus maintenant »
Temps de parole
- Invité30 %
- Présentateur22 %
- Invité 219 %
- Présentateur 213 %
- Auditeur4 %
- Présentateur 34 %
- Auditeur 24 %
- Auditeur 33 %
≈ 1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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France Inter, le 18-20, Fabienne Sintès. Dans la presse ces derniers jours, une députée a fait son petit calcul. 297 heures de travail en octobre, 13 séances de nuit, 2 au-delà de minuit, 198 heures de travail en hémicycle, 32 heures de train. C'est vrai que ça fait lourd, mais ce n'est pas tellement les heures qui sont contestées en ce moment par les députés, c'est plutôt le fonctionnement. Les chefs de file avaient d'ailleurs une réunion avec la présidente de l'Assemblée hier soir. De loin, tout ce qu'on voit, c'est un 49-3 dégainé tous les deux jours et des motions de ceintures inopérantes après. La réalité d'un travail de député, c'est quoi ?
Tout est différent depuis que la majorité est relative et que 10 groupes ont besoin d'afficher leur présence et de réclamer leur temps de parole, ce qui est bien normal. Alors, est-ce qu'il faut tout changer ? Qu'est-ce qu'il faut changer ? Est-ce qu'il faut laisser au moins une meilleure visibilité sur l'agenda ? Est-ce qu'il faut sanctuariser des jours en circonscription, d'autres dans l'hémicycle ou en commission ? L'Assemblée a un autre rôle dans cette législature. Est-ce qu'il va falloir donc retravailler son fonctionnement ? Est-ce que différemment, ça marchera mieux ? Quelles sont les règles du jeu qu'il faudrait changer ? C'est le téléphone sonne ce soir, soyez les bienvenus.
Le téléphone sonne. 0145 24 7000. Le premier, Jean-François, c'est vous. Bonsoir et bienvenue. Oui, bonsoir. C'est Jean-François de Saint-Martin-des-Holmes, dans la cinquième circonscription du Puy-de-Dôme. Eh bien, très bien. Allez-y, Jean-François. Je voulais d'abord dire bravo et merci à France Inter d'exister. Eh bien, c'est déjà ça. Avant ma question, j'aurais juste une petite réflexion très courte, si vous le permettez. Fabien, ça ne va pas durer très longtemps. Donc, le thème de l'émission ce soir, c'est la fatigue de nos députés. Mais nos députés sont élus et ils ont choisi d'être élus pour travailler au service du bien commun.
Donc, je pense que poser la question comme ça de la fatigue des députés, ça risque encore une fois peut-être d'alimenter l'antiparlementarisme. Sauf si on nous écoute correctement, mais on ne sait jamais, Jean-François. Je ne parle pas pour vous. Donc, cette question met également tout le monde dans le même panier. Alors que sur le terrain, la réalité est différente. Moi, si je prends l'exemple des députés de mon département, le Puy-de-Dôme, et particulièrement celui de la cinquième circonscription. Alors, je ne sais pas si je peux citer le nom de mon député. J'aimerais bien que vous alliez à votre question, surtout Jean-François, en fait, si ça ne vous en est pas. C'est M. André Chassaigne.
D'accord. Donc, tous ces députés, ils sont présents sur le terrain. Ils prennent leur mission à cœur et à bras-le-corps. Et comme beaucoup d'autres partout dans les circonscriptions. Et ils font vivre la démocratie parlementariste. Donc, pour modérer un peu mon propos, je pense qu'il serait quand même intéressant aussi de comparer les conditions de travail et le nombre d'or travaillé avec celui d'un petit artisan ou d'une infirmière ou d'une caissière de supermarché. Donc, j'en arrive à ma question. Combien d'or en moyenne une ou un député travaille à l'Assemblée nationale, entre les commissions et les sessions parlementaires, sans parler du travail de terrain, évidemment.
Et quelle est l'indemnité d'une ou d'un député ? Merci beaucoup, France Inter. A bientôt. Et merci, Jean-François. A bientôt aussi. Pour répondre à votre question, Jean-François, il y a toutes celles qui viendront derrière. Je vous présente les invités qui sont autour de cette table. C'est Bertrand Pencher qui est là. Bonsoir.
Bonsoir.
C'est vous, le député de service. Vous êtes président du groupe parlementaire Liberté, Indépendant, Outre-mer et Territoire, le groupe Liot. Je voudrais tout de suite préciser que ce n'est pas votre groupe qui nous intéresse aujourd'hui. C'est votre expérience de parlementaire. Et l'expérience, vous l'avez, puisque vous êtes élue depuis 2007. Anne Souhaitemont est également ici. Bonsoir. Bonsoir. Journaliste au service politique de la rédaction de France Inter. Et puis on attend Trissacatriné. Je sais qu'elle nous entend probablement dans son taxi, qu'elle est en train de courir et qu'elle n'est pas très loin la fondatrice du projet Arquedri, qui est un média consacré à la vie parlementaire.
Bertrand Pencher, vous allez l'entendre plus d'une fois, je pense, ce soir au téléphone. Sonne. Après tout, les heures, les artisans en font aussi. Alors, c'est vrai, je vous lirai quelques mails tout à l'heure. Alors, donnez-nous une idée de ce que ça veut dire en termes d'heures, effectivement, le travail parlementaire sur une session, disons, moyenne.
Disons que quand on est là, on commence tôt et on finit très tard. On commence à partir de 8h, 8h30 le matin à travers des petits déjeuners de travail. Et on termine à minuit et parfois, et de plus en plus souvent, plus tard, 1h du matin, 2h, voire 3h du matin. Et ça, c'est le travail quand nous sommes ici, à Paris, à l'Assemblée nationale, dans un cadre où il y a de plus en plus de jours où nous siégeons à l'Assemblée nationale, puisque on siégeait grosso modo à peu près 120 jours par an à l'Assemblée nationale lors des précédentes mandatures. Et on arrivait à peu près à 150 jours, à 150 jours par an. Donc, on siège plus souvent ici à l'Assemblée nationale, de plus en plus tard.
Et évidemment, quand nous retournons dans nos circonscriptions, Jean-François parle d'André Chassaigne, qui est un de mes amis, même s'il est au Parti communiste, on ne siège pas dans le même groupe. On est obligé de compenser sur le terrain en étant encore beaucoup plus présent, ce qui fait qu'on se termine souvent à des 80 heures par semaine.
Mais est-ce que vous avez le sentiment, M. Pencher, que c'est beaucoup plus qu'à une époque, quand vous étiez jeune député ? Il y a une vraie différence ?
Oui, beaucoup, beaucoup, beaucoup plus. On siège beaucoup plus, pratiquement, quasiment systématiquement, très souvent le vendredi. On siège le samedi. On siège parfois même le dimanche. Théoriquement, il y a une règle pour nous interdire, nous empêcher de travailler après minuit. Et bien, très souvent, les séances se prolongent jusqu'à 2-3 heures du matin.
Et vous diriez que quelle est la part de travail qui en pâtit pour vous ? Est-ce que c'est le travail en circonscription ? Est-ce que vous y allez moins ?
Évidemment, le travail en circonscription. Moi, j'ai fait le marché de ma deuxième ville de ma circonscription à Commercy lundi matin. C'est important pour moi de rencontrer les habitants dans les cafés, un peu partout. Et gens m'ont dit, mais Bertrand, on ne te voit plus depuis ta réélection. Et je dis, oui, c'est vraiment dommage parce que si je ne suis pas présent sur le terrain, je fais mal mon travail parce que je ne vous entends pas. Et ce n'est pas en étant à Paris, souvent dans notre bocal, en contact uniquement avec des hauts fonctionnaires et des technocrates, qu'on fait bien notre travail. Ce n'est pas possible. Tout ça, ce n'est pas possible.
Anne Souhaitement, j'ai vu que vous vouliez intervenir, je vous en prie. D'ailleurs, vous étiez à la réunion, vous avez peut-être des nouvelles de cette réunion qu'il y a eu hier autour de la présidente de l'Assemblée. Moi, j'aimerais bien savoir... Alors, c'était mardi matin. Mardi, pardon, mardi matin, autant pour moi. Oui, hier matin. Moi, j'aimerais bien savoir si, effectivement, on acte le fait qu'il faut changer le fonctionnement ou si c'est juste, je vais le dire comme ça, conjoncturel. Non, alors, je crois que Bertrand Ponchet le sait, et vous y étiez d'ailleurs, j'imagine, à cette réunion.
Il est question à la fois de revoir le rythme, mais surtout l'organisation du travail parlementaire. Donc, rien n'a encore été décidé. On est encore sur des pistes qui sont évoquées, mais par exemple, la sanctuarisation du vendredi en circonscription, c'est ce que vous disiez. Ça, c'est manifestement une piste assez importante pour le rythme. Et puis ensuite, il y a la manière de travailler aussi, peut-être légiférer plus en commission quand on sait que certaines lois peuvent passer très facilement. Ça, ce sont des pistes qui sont évoquées.
Moi, ce que je voulais dire, c'est que sur le côté circonscription important, c'est vrai que tous les députés le disent, les députés qui ont beaucoup d'expérience, mais aussi les jeunes députés qui, en fait, veulent se faire connaître dans leur circonscription, être au contact du terrain, ils le disent tous. Et par exemple, sur la crise des carburants, il y en a beaucoup qui nous disaient qu'on n'a pas été beaucoup en circonscription parce qu'on a beaucoup travaillé. Donc, pas à la pompe à essence, c'est ça que ça veut dire. Pas à la pompe à essence.
On aurait sans doute peut-être mieux vu, en tout cas vu plus vite, si on n'avait plus été en circonscription et qu'on avait pu faire remonter l'information. Trissa Catherine, et bonsoir. Bonsoir. Je vous avais annoncé, tout va bien, vous n'êtes pas en retard du tout. Vous pouvez enlever votre manteau, même, je vous en prie. On va probablement y revenir, mais moi, j'aimerais votre oeil extérieur là-dessus. Au fond, ce que ça dit, ce grand nombre d'heures et cette difficulté en ce moment, c'est que plus ça va, plus on considère que le député est là pour faire les lois à Paris et que le rôle d'élu local a complètement disparu du mandat.
Est-ce qu'à un moment, il ne faudra pas se mettre à acter en se disant quand on est député, on n'est plus un élu local, en fait ?
Alors, si on acte que le député n'est plus un élu local, il faut changer le mode de scrutin.
Je suis d'accord avec vous, je ne dis pas qu'on en est là, mais dans les faits, c'est ça que ça veut dire, en fait, désormais.
Je ne suis pas partisane du fait de passer son temps à Paris. Déjà parce que les députés sont aussi des êtres humains, que parfois même ils ont des familles. Et la famille ne vit pas à Paris. Ils ont de la chance.
Mais c'est intéressant ce que vous dites, parce que ce n'était pas le cas. Il y a eu une période où l'Assemblée avait un peu tous la même tête, très mal, plutôt d'un certain âge. C'est terminé, il y a beaucoup de choses qui ont bougé plus jeunes, donc des enfants plus jeunes, des femmes, donc aussi des enfants plus jeunes, etc. Ça compte ?
Ça compte et puis surtout, sous la 15e législature, les députés de La République En Marche, surtout eux, ont fait l'objet du qualificatif de hors-sol. Ah non, non, ceux-là, pour le coup, représentaient un peu plus, on va dire, l'ensemble des Français. Parce que déjà, ils étaient plus jeunes, parce que l'Assemblée s'était féminisée, que certaines ont eu des enfants en cours de mandat, y compris ces messieurs qui sont devenus parents en cours de mandat. Donc ça, ça représentait déjà un peu plus. Mais la grande hypocrisie qu'on a sur le député, c'est qu'on considère que c'est une fonction et pas un métier.
Parce que dans n'importe quel autre métier, faire 70 heures de travail par semaine, ce ne serait pas forcément bien vu, acceptable. Mais comme député, ce n'est pas un métier, on considère que c'est normal.
Bertrand Porchet, je vais répéter ma question, parce que l'idée, ce n'est pas de se dire que le mandat de député ne doit plus être local. Ce que je veux dire, c'est que dans les faits et dans le mode d'organisation aujourd'hui, on a l'impression que c'est un paramètre qu'on a oublié, en fait, désormais.
C'est une vraie catastrophe. On vit une crise démocratique et nos concitoyens ont besoin de nous voir. Et pour nous voir, il faut vraiment que nous soyons sur le terrain. Ce qui signifie qu'il faut que l'on soit un peu moins souvent à Paris. Et quand on est à Paris, qu'on se concentre sur l'essentiel. On est passé en trois mandatures de 75 000 amendements déposés à plus de 200 000. C'est-à-dire modification de la loi. On passe notre temps à répéter les mêmes trucs. C'est lié au fait qu'on a supprimé le cumul des mandats. Et donc, très bien, je ne remets pas en cause ce supprisant de cumul des mandats. Et donc, naturellement, on est moins présent sur le territoire.
On nous en demande de plus en plus avec des projets de loi qui nous arrivent toujours au dernier moment. Des projets de loi qui ne sont jamais anticipés par des analyses d'impact. C'est quand même extraordinaire. On est le seul pays européen à fonctionner comme ça partout. Les textes qui arrivent, c'est des analyses d'impact par des organismes indépendants. Avec de la concertation, il n'y a pas d'analyse d'impact. Les textes arrivent au dernier moment. C'est dans la précipitation. Et on réagit dans la précipitation. Et donc, il nous faut du temps. Il nous faut aussi beaucoup plus de moyens en termes de personnel. Je vais vous donner un exemple.
Moi, je rencontrais mes amis du Parlement européen hier. Le groupe ALE, 70 députés, 140 collaborateurs dans le groupe parlementaire. Moi, le groupe que je préside, 20 députés, on a 8 collaborateurs qui bossent autant que nous et qui sont en incapacité d'analyser réellement la portée de ce qu'on présente et de discuter avec le gouvernement. Si on veut faire du bon travail, il faut du temps. Il faut des moyens. Et il faut, à l'intérieur aussi, une meilleure organisation. à n'en parler tout à l'heure. Moi, je ne comprends toujours pas pourquoi il n'y a pas de délégation de vote. Moi, j'ai des parlementaires d'outre-mer. Ils ne sont pas là. Comment vous voulez ?
Ce serait important qu'ils puissent nous donner une délégation pour qu'on puisse les représenter.
Est-ce qu'on pourrait expliquer la délégation de vote ? Par ailleurs, parce que les choses ont changé en 2018. Donc, je voudrais qu'on explique réellement comment ça se passe.
La délégation de vote, c'est quand on permet à un député de voter à sa place. Par exemple, ce qui se passe pour Adria Quintins, il y a une délégation de vote qui a été faite pour lui. Donc, c'est pour ça qu'il, par exemple... Pour les gens qui nous écoutent, ça s'appelle une procuration. En gros, voilà. C'est exactement ça. En fait, je vous rejoins... Pour un motif de maladie. Parce qu'en fait, justement, il n'y a pas beaucoup de motifs qui sont possibles. Oui, c'est un peu... Il faut bien lire entre les petites lignes. Je rejoins M. Pencher. Et on a un exemple qui est très récent. C'est avec le projet de loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur.
Alors, on a terminé l'analyse de ce texte. On était dans la nuit de vendredi à samedi. Il était 3h35. Bon. On a eu une flopée d'amendements. Et dont certains... Je suis navrée de le dire de cette façon-là, un petit peu triviales. Étaient profondément stupides. C'est-à-dire que je me suis retrouvée, en particulier sur l'article 4 de ce texte, avec des amendements. Il était manifeste que les personnes qui avaient amendé le texte n'avaient pas lu le texte. Parce qu'il y avait des mots qui n'étaient plus dedans. Donc déjà, il y a eu une course à l'échalote. Pourquoi il y a autant de dépôts d'amendements ? On va se dire la chose aussi très franchement entre nous.
Parce qu'il y a des statistiques qui sont faites et que pour beaucoup de gens, beaucoup d'amendements égale beaucoup de travail parlementaire. Mais un bon amendement, c'est pas en déposé 75. C'est en déposé 1 qui est voté.
C'est déjà pas mal. Et bien rédigé. On sait bien que les amendements, aujourd'hui, sont des manœuvres parlementaires, d'un côté comme de l'autre.
Oui, non, mais c'est un outil de guérilla. Je suis bien d'accord. Maintenant, je vous rejoins pareil. Alors, toujours article 4 du projet de loi ministère à l'Intérieur. Je veux lire l'étude d'impact, tout simplement parce que j'écrivais un article sur cet article 4. Je veux lire l'étude d'impact. Je veux lire l'analyse du Conseil d'État. Néant. Bon. Là, vous avez un exemple qui est très concret. Et pourquoi on s'attache à l'étude d'impact ? L'étude d'impact, c'est un mot un peu barbare, juste pour dire, on va prendre telle décision et voilà quelles vont être les conséquences pour les Français. Et dernier point, parce que ce truc-là m'exaspère, la procédure accélérée, il faut arrêter. Pitié.
Dites non, parce que c'est la conférence des présidents qui décide. Le gouvernement demande la procédure accélérée. Mais les députés ont le droit de la refuser.
Refusez-la, ça n'a plus de sens. Alors, on va venir expliquer aux gens ce que c'est que la procédure accélérée. Moi, je voudrais savoir, en termes de délégation, vous, par exemple, Bertrand Pencher, vous dites quoi ? Il en faudrait combien plus ? Parce que vous vous souvenez de l'image qui était la vôtre il y a quelques années, le vote à la clé, où on avait l'impression qu'on pouvait être quatre dans l'Assemblée nationale pour voter un texte à la majorité.
C'est ce qui se passe actuellement au Sénat. C'est-à-dire qu'au Sénat, comment un sénateur, par son vote, peut faire emporter le vote de tous les sénateurs qui sont absents.
Donc, pour ne pas être à cette extrémité, mais là, les délégations, c'est une, par député, c'est ça ?
Ecoutez, regardez comment ça fonctionne dans tous les parlements qui nous entourent. On ne peut pas être en séance, on ne peut pas être en commission, on ne peut pas auditionner. Moi, la loi sur les énergies renouvelables, j'ai fait des auditions indispensables, des grandes organisations professionnelles, des organisations environnementales. Quand je fais ces auditions, je ne suis pas en commission. Quand je suis en commission, je ne suis pas en séance et je ne suis pas sur le terrain pour écouter les gens. Donc, il faut comprendre qu'on n'est pas tous pour faire de la figuration et qu'on nous voit à la télé, le soir, dans des séances à l'Assemblée nationale. Il n'y a pas que ça.
Et c'est d'ailleurs l'intérêt de votre émission de l'expliquer.
Il faut peut-être expliquer aux gens comment ça se passe à l'Assemblée. C'est que, concrètement, vous avez parfois des lois qui sont débattues dans l'hémicycle à 21h30. Il y a encore un travail en commission. Ça veut dire que vous avez une cinquantaine de députés qui siègent parfois très, très loin, géographiquement, de l'hémicycle. Et vous avez, parce qu'ils reçoivent un petit texto en leur disant, il faut absolument venir parce que si vous n'êtes pas en séance, vous allez peut-être perdre le vote. Et donc, vous voyez des députés qui courent dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
Et parfois, je crois que c'est la commission de la Défense, mais vous me le direz mieux, qui est très, très, très, très, très loin du quartier. Et donc, vous avez des députés qui sont discriminés parce qu'ils sont à la commission de la Défense. C'est vrai que c'est sur les groupes Télégramme, effectivement, qu'on trouve ce genre de message et qu'après, ça cavale dans les couloirs. Je voudrais qu'on retourne...
Mais même pour nous, pour les journalistes, c'est un problème parce qu'il se passe plusieurs trucs en même temps et on ne peut pas les suivre.
Je voudrais qu'on retourne au standard. Guy est avec nous. Bonsoir, Guy.
Oui, bonsoir. On vous écoute, Guy. Voilà. J'ai été un petit peu, même beaucoup choqué par cette bronca des parlementaires. Je suis un ancien médecin généraliste pendant 50 ans. J'ai exercé. Je commençais à 7h le matin, finissais à 20h, 22h. Et quand il y avait un dimanche et un week-end de garde, ça faisait 15 jours. Eux, je savais ce que je faisais en signant le serment d'Hippocrate. Je devais soigner tout le monde, quelle que soit sa race, sa religion, etc., etc. Et à n'importe quelle heure. Eux, ces députés sont élus. J'ai bien compris. Et ils sont élus, donc ils se battent pour être élus. Ils font des... Je connais le problème. J'ai été élu, moi aussi, au niveau d'un conseil municipal.
Il faut tracter, il faut faire des textes, il faut faire tout ça pendant au moins un mois, deux mois. Alors, là, ils ne disent rien. Ils ne disent pas, ils ne prennent pas de fatigue. Et là, c'est un seul coup, parce qu'il y a des... Bon, je comprends très bien que ce qu'il y a... En fait, ce qui pâtisse, c'est la qualité du travail parlementaire à Bourbon. Tout, moi, je pense, devrait être fait au niveau des commissions, dans le calme feutré, si vous voulez, où ce ne sont pas des numéros de plaquettes, là. On ne voit pas les gens qui brandissent leur discours pour se faire... Bon, c'est les gens qui font leur travail et qui marchent. Le travail au niveau des parlementaires.
Après, c'est des intervenants, c'est normal. Mais il faut arrêter de faire trop d'amendements, peut-être régler ça, et puis peut-être faire des séances moins longues. Ceci dit, c'est pour réformer du grenier à la carte, c'est-à-dire du palais Bourbon dans les commissions, jusqu'en bas, pour arriver à faire vraiment du bon travail. Voilà, est-ce que c'est possible ?
Merci beaucoup pour votre intervention, Guy. Plus de commissions, Bertrand Planchet, même vote en commission. Qu'est-ce qu'on dit de ça ?
Oui, c'est très bien. Moi, je trouve que les propos de Guy sont justes. Il est sur un territoire. Moi, j'étais maire de Barleduc. Les présidents de départements, 80% des délibérations dans nos collectivités sont votées à l'unanimité. On n'a pas besoin, et on fait un consensus par le dialogue, en prenant du temps. Il n'y a pas de raison qu'on n'y arrive pas avec le Parlement. Simplement, on a été biberonné depuis la Ve République par un pouvoir exécutif qui est tout sauf exécutif, parce que c'est aussi un pouvoir législatif, un pouvoir qui fait tout, avec un Parlement qui avait quand même très très peu de pouvoir.
Donc nous, on a besoin de moyens pour fonctionner dans de meilleures conditions, de façon à faire voter moins de lois, mais des lois de meilleure qualité, à condition qu'on y prenne plus de temps. Et si on fait ça, eh bien, il y aura beaucoup moins d'agitation à travers des tas d'amendements, à travers des tas d'effets de tribune, qui finalement ne servent à rien. Donc il faut que le Parlement se réforme.
On a la chance d'avoir une absence de majorité absolue « Eh bien, tant mieux, on est obligés tous de discuter ensemble, on a besoin des moyens et du temps pour fonctionner, c'est notre travail à l'Assemblée nationale et des réformes qu'il faut faire, et on a besoin aussi que le pouvoir exécutif arrête de nous présenter des lois au dernier moment. » Moi, je vais vous donner un exemple qui m'a quand même vraiment frappé, la loi de sécurité sociale. Guy est un médecin, c'est la moitié du budget de l'État. Eh bien, on a eu le projet de loi de finance de la sécurité sociale, une journée et demie avant qu'il soit débattu en commission.
Comment voulez-vous qu'on comprenne ce texte de loi avec huit collaborateurs dans mon groupe, dont une seule collaboratrice qui s'occupe de deux commissions et qu'on fasse des amendements intelligents ? Tout ça, ce n'est pas possible. On a la démocratie qu'on mérite, la démocratie doit être réformée, et c'est l'opportunité de le faire maintenant.
M. Panché, vous avez évoqué effectivement désormais cette majorité qui n'est plus une majorité absolue et qui change tout. Je voudrais qu'on écoute la question de Mathieu et on reviendra là-dessus. Bonsoir Mathieu. Mathieu. Eh bien, on n'a pas Mathieu. Donc, ce n'est pas grave, on va y aller tout seul. Est-ce que... Bonsoir. Ah, Mathieu, on vous écoute.
Oui, effectivement, merci Fabien. Le pouvoir exécutif, aujourd'hui, décide, au travers de la République En Marche, puis renaissance, du calendrier de l'agenda de l'Assemblée nationale. Donc, en fin de compte, c'est eux qui donnent le rythme. C'est eux qui publient ou pas les documents. Ça s'est fait du très récemment pour la loi sur la production d'énergie renouvelable. Et tout ça, c'est très questionnant. Le simple fait qu'on aborde la ralou ce soir, ça remet en cause un peu la démocratie parce que qu'est-ce qu'on a, nous, à juger, citoyens, du pouvoir et du pouvoir de discussion de nos députés. Et vraiment, c'est terrible.
Et je rejoins la jeune femme qui est votre invitée qui parlait tout à l'heure sur la procédure accélérée. C'est une aberration. Elle a été condamnée par plusieurs instances internationales. Et pourtant, on est toujours dedans. On a 7,493. Franchement, où est-ce qu'on va ? Il y a quelques siècles, les gens se soulevaient contre ce genre de choses. Aujourd'hui, nous sommes tous engrossés, enbourgeoisés. Mais malheureusement, on ne se soulevera pas contre ça.
Merci, Mathieu, pour votre témoignage. Il y a une chose que je voudrais aborder avec vous. Anne Souhaitement, commençons par vous. Là, Mathieu nous dit effectivement que l'agenda est fixé par la majorité. Ce qui est une réalité. Moi, je voudrais savoir si tout a changé dans le fonctionnement depuis qu'on est en majorité relative. Et si la question derrière, ce n'est pas tout simplement on ne peut pas faire comme on le faisait avant désormais qu'il y a une majorité relative. Les choses sont très différentes. Il y a 10 groupes à l'Assemblée aujourd'hui. Je le disais à l'introduction. Chacun a besoin de s'exprimer, a le droit de le faire. Et ça change évidemment l'ensemble du fonctionnement.
Est-ce que c'est ça aussi qu'il faut apprendre à faire de la part des députés ? Bertrand Pencher parlait de consensus tout à l'heure. On ne peut pas dire que depuis le début de mandature on ait beaucoup appris le consensus. Et peut-être que c'est là que ça pète. Je pense que c'est en train de venir. Je ne sais pas si vous êtes d'accord avec moi. Probablement pour ces raisons-là d'ailleurs. Parce que là, on a eu effectivement les 7 49.3. Le 7e est tombé il y a à peu près une heure, si je ne me trompe pas. C'était les textes budgétaires. Il y a un effet d'accumulation des 49.3. Mais il faut bien rappeler que ces textes sont en fait saucissonnés en différentes parties.
Donc ce n'est pas 7 lois qui sont passées par 49.3. Ce sont deux gros textes et ça nécessite beaucoup de 49.3. Mais parallèlement, par exemple, sur ce qu'on appelle la LOCMI, donc la loi de programmation du ministère de l'Intérieur, il y a eu du consensus. Là, sur une loi qui se prépare sur les énergies renouvelables, il y a aussi du consensus qui est en train de se créer. Et je reviens à ce qu'on disait tout à l'heure sur le travail en commission. Tous les députés le disent, notamment les nouveaux. En fait, ils ont découvert que le temps de l'hémicycle, c'est le temps un peu du passage télé. Donc là, on s'invective, c'est là qu'on dit qu'on n'est pas d'accord.
Le temps de la commission, ce sont des plus petites salles, on est moins, on est beaucoup plus proches physiquement. Et tous les députés disent, là, on arrive à se parler. Et finalement, cette nouvelle configuration, ça se voit aussi dans les commissions. Vous voyez quand même, alors, pas sur tout, et ça ne marche pas à chaque fois, et pas tous les groupes en même temps, c'est vrai. Mais il y a quand même une nouvelle habitude qui est en train d'être prise, j'ai l'impression. Après, on va voir si ça tient sur tous les textes et si ça s'améliore au fur et à mesure de la mandature. Mais il y a quand même un vrai changement.
Trissa Catherine, vous disiez tout à l'heure, vous aviez une proposition, une idée qui était encore plus révolutionnaire que celle de notre auditeur tout à l'heure.
Oui, parce que moi, je n'aime pas les demi-mesures. Et en plus, c'est un de mes sujets préférés, c'est ma marotte, ça. Quand est-ce qu'on donne une place aux suppléants ? Ah, vous n'êtes pas toute seule. Parce qu'en fait, je vous explique, et je vous donne un peu le contexte, parce que c'est très intéressant. J'ai un donateur régulier, puisque vous savez qu'Arcadie est un média qui n'est financé que par des donateurs privés. Et il me dit, la semaine dernière, il dit, mais je ne comprends pas. Aux législatives, on me demande de voter pour un binôme. Et pourquoi j'en vois qu'un seul ? Bon, là, j'ai eu un blanc, qui a duré quelques instants, mais c'est vrai qu'il a eu raison.
Parce que, par exemple, en début d'émission, on parlait justement du fait qu'il faut être en hémicycle, en commission, dans les médias, en circonscription. Qu'est-ce que j'ai oublié ? J'ai oublié un truc. Je ne sais plus. Activité internationale, parce que ça aussi, c'est un sujet. C'est plus mon délire à moi, mais voilà. Et là, on parle de délégation. Quand est-ce qu'on remet la question du suppléant sur la table ? Notamment, il y a eu l'affaire Catenance, mais par exemple, on a la grossesse de Mme Berger, de Mme Igné. On a eu des grossesses sous la 15e législature. Je pense à Mme Do, notamment, qui a eu des heureux événements pendant la législature.
On a aussi un sujet qui est un peu plus sensible. C'est les députés qui sont atteints de pathologies graves. Et où, bon, l'issue, on la connaît tous. On ne va pas se mentir. Est-ce que ce n'est pas le moment de réfléchir tous ensemble, tous les députés, pourquoi pas les sénateurs, s'ils veulent, on ne va pas les exclure, mais de donner un vrai statut au suppléant de manière à ce que, par exemple, il y en ait un à Paris et il y en ait un autre en circonscription, mais qui soit un peu, entre guillemets, interchangeable ?
Et vous n'êtes pas toute seule, Trissa Cateriné, parce que voici Yannick sur l'appli France Inter qui dit que ce serait quand même logique que le suppléant du député, puisqu'ils sont élus à deux, siège alternativement, par exemple, pour pouvoir réaliser des travaux différents. Ça pourrait même mieux féminiser la fonction puisque la plupart du temps, les suppléants sont des femmes.
Je suis vraiment heureux qu'on aborde cette question. Moi, je suis élu d'un département où j'ai 250 circonscriptions, 250 communes. J'ai à peu près une centaine d'invitations pour les cérémonies du 14 juillet, du 11 novembre. Est-ce que vous savez que ma suppléante n'a même pas le droit de remettre une gerbe à ma place ? Parce que c'est le prérogatif du ministère de l'Intérieur. Et ma suppléante, c'est complètement fou. Bon, elle ne dispose d'aucun moyen pour le faire. Je pense que c'est une très très bonne... Je pense que c'est vraiment une très très bonne idée. La présidente de l'Assemblée nationale que j'ai sollicité m'a expliqué qu'elle allait travailler sur ce sujet.
Je voulais dire également, pour répondre à Mathieu qui nous interrogeait tout à l'heure, la démocratie, c'est une matière vivante. On découvre cette importance des contre-pouvoirs et des moyens. C'est le moment de traiter le sujet. En 1974, c'est Valéry Giscard d'Estaing qui a autorisé à l'époque le Parlement, les parlementaires, à pouvoir disposer d'un collaborateur. C'est-à-dire qu'avant 1974, la Ve République, le général de Gaulle on convoquait les députés qui n'avaient même pas un collaborateur pour le faire. On découvre qu'on a besoin de moyens pour faire notre travail, non seulement pour voter de Benoît, mais aussi de contrôler l'action du gouvernement, ce qu'on ne fait jamais.
J'en profite avant de retourner au standard, parce qu'on est en train de se faire engueuler. Il y avait une fin de question sur le premier auditeur qui parlait de votre rémunération. Et on est déjà en train de me dire est-ce que c'est un sujet de tabou ? Pourquoi n'en parlez-vous pas ? Pas du tout, c'est juste qu'on est passé sur autre chose. Est-ce qu'on peut parler d'argent,
toujours les élèves quand je vais dans des écoles ? C'est-à-dire, combien vous gagnez ? Et est-ce que vous avez des RTT ? J'ai à peu près 4006-4007 après impôts. Avant impôts, c'est un peu plus. Tout le monde dit « Waouh ! » Et quand je dis « Oui, mais c'est 80 heures de travail par semaine, donc il faut diviser plus les séances de nuit. » Et je vais vous expliquer ce que ça va donner. Les gens disent « Ah ! Ah ! Ah ! » Et Guy, posez une question tout à l'heure aux médecins. Je peux vous dire qu'il n'y a pratiquement plus de médecins qui vont à l'Assemblée nationale parce que les gens font très rapidement le calcul en se disant « Nous, on préfère garder notre boulot.
» Donc voilà, ce n'est pas tabou. Bon, on n'a pas... Ce n'est pas des sommes qui sont vraiment scandaleuses. Si on va avoir une démocratie de qualité, sinon on va revenir aux démocraties du XIXe siècle. C'est-à-dire que ceux qui ont des moyens pourront s'engager ou bien uniquement des retraités, pas des femmes et pas des jeunes. Et franchement, ce ne serait pas terrible.
On a un auditeur qui nous demande si vous êtes payant de reçu pendant les séances de nuit. Non !
Non, non, non ! Ça plaira à ma femme, mais non ! La France est dans la moyenne basse par rapport à nos petits camarades. Je me suis amusée à faire le calcul parce que j'avais que ça à faire à un moment donné. Donc j'ai pris tous les pays de l'Union Européenne et je me suis amusée à faire le calcul. Et nous, les Français, pour les députés, les sénateurs, en fait, on est dans la moyenne basse. C'est-à-dire que, par exemple, les Allemands, les Luxembourgeois... Alors les Bulgares, leur système de calcul, il est juste merveilleux. Je veux absolument le même. Vous seriez beaucoup mieux payé avec le système bulgaire, d'ailleurs.
Mais en fait, on est dans la moyenne basse et c'est vrai que ramener au nombre d'heures qui sont faites par les députés et par effet de bord aussi, parce que ça, je suis désolée, je vais vous vexer un tout petit peu, par les collaborateurs, les fonctionnaires et les journalistes parlementaires... C'est scandaleux. Clairement, si on veut gagner notre vie, il ne faut pas faire de la politique, il faut aller faire des frites. Et je crois qu'un député
avait fait le calcul. Parfois, quand vous avez vraiment des semaines qui sont énormes, vous êtes payé moins que le SMIC horaire. Oui, oui. Je l'avais fait.
Pensons à nos collaborateurs. Dans les ascenseurs à l'Assemblée nationale, il y a les conventions, les conventions sociales. Nos collaborateurs travaillent parfois autant que nous, parce que c'est toutes les séances de nuit. Ils sont embauchés aux 35 heures. C'est nous qui devons appliquer la loi. Je peux vous dire qu'on n'est pas modèle dans ce domaine. Il y a un syndicat qui a ralé hier sur Twitter en disant mais vous savez que la loi elle s'applique aussi là où on l'a fait. Oui, mais ce n'est pas nous en fait. Après, il y a des députés qui sont abusifs. Je sais que la majorité d'entre eux se tiennent bien. Anne Souhaitmont ?
Non, je voulais juste dire parce que c'est vrai que certains peuvent entendre que vous êtes payé un peu moins de 5000 euros net et que vous dites que ce n'est pas beaucoup mais la plupart des députés, tous les députés disent tous on est fatigué mais effectivement on sait qu'on a été élu pour travailler. Il faut quand même le dire et disent tous aussi que s'ils sont payés 4700 euros net c'est évidemment un très gros salaire. Enfin, je veux dire il ne faut pas non plus penser que tout le monde se plaint. Oui, non, exactement. Et dans, en préparant cette émission dans tout ce qu'on a pu lire sur l'éventuelle fatigue le dysfonctionnement, etc.
Je tiens à le dire personne ne dit et en plus on est mal payé. Enfin, je veux dire c'est vraiment pas quelque chose qui vient dans les discussions. C'est important de le dire aussi. Marie-Christine est avec nous. Bonsoir.
Oui, bonsoir. Alors donc, moi j'appelais pour revenir un petit peu sur ce que vous avez dit en début d'émission à savoir le nombre d'heures et vous venez d'en parler justement le nombre d'heures faites par les députés. Je suis épouse d'un député nouvellement élu et franchement, c'est juste infernal le rythme. C'est ahurissant. Le nombre d'heures, on a calculé, c'est entre 70 et 90 heures parce que lorsqu'ils sont à Paris, effectivement, ils ne se couchent jamais avant des heures indues de la nuit et quand ils arrivent le jeudi soir ou le vendredi matin en circo, c'est pour être à des rendez-vous qui n'en finissent jamais du vendredi, samedi et le dimanche.
Et en fait, les vies de famille sont complètement rongées. Voilà. Et donc, je rebondis aussi sur ce qui a été dit tout à l'heure par rapport aux suppléants. Déjà, on compte beaucoup sur les collaborateurs et vraiment, merci à eux pour tout le boulot qu'ils font. Mais les suppléants, effectivement, pourraient avoir un rôle qui permettrait aussi d'alléger la charge de travail des députés et puis leur permettre d'avoir une vie de famille. Je me demande, moi je suis épouse, mais je me demande comment font les députés femmes pour continuer à avoir une vie de famille parce qu'on sait bien que la femme est souvent celle qui s'occupe des enfants et de la maison.
Qui a la double journée. En effet, Anne Souhaitemont ? Je voulais juste vous raconter une petite anecdote dont m'a parlé une députée, donc c'est une femme la semaine dernière qui me disait, elle était déjà députée dans le mandat précédent et elle me disait qu'un soir, elle était rentrée chez elle, elle a deux enfants et que son petit qui avait alors un an et quelques a cessé de l'appeler maman et appelait maman sa maman. Donc la grand-mère tellement il ne voyait pas sa maman. Et pour le coup, je pense que tous se posent la question et non pas toutes parce que les hommes aussi, il y a beaucoup d'hommes jeunes là qui ont des enfants qui sont petits et vous le savez très bien.
Effectivement, c'est un grand problème et il y a plusieurs députés qui racontent aussi que leur conjoint a dû changer de travail pour pouvoir s'adapter au rythme de travail de l'élu. C'est quand même pas anodin. Mais alors, du coup, est-ce qu'on se dit que tout ça sur la table et depuis un bout de temps d'ailleurs existe et qu'il va bien falloir changer les choses ou est-ce que vous savez vous d'avance Bertrand Pencher qu'y compris malgré la réunion qui a pu avoir lieu hier, les choses ne vont absolument pas changer ni dans le rythme ni dans la manière de fonctionner surtout les commissions et le reste ?
Écoutez, moi je pense qu'on est au bout du bout d'un système et qu'on est face à un nouveau fonctionnement notamment du Parlement qui fait qu'on a besoin maintenant de tout le monde et il n'y a plus de majorité et donc cet état de crise que l'on vit c'est une formidable opportunité pour rééquilibrer les institutions pour nous donner des moyens de travailler et faire en sorte que le gouvernement, quand le gouvernement nous présente des projets de loi soient des projets de loi qui soient réellement anticipés avec des vraies analyses d'impact et vous verrez que si ça se passe comme ça on fera moins de lois des lois de meilleure qualité on travaillera beaucoup mieux on sera mieux sur le terrain et notre démocratie pourra se revivifier parce que tout ça ne peut plus fonctionner comme ça fonctionnait jusqu'à présent.
Tressa Catherine et encore une fois avec la hauteur de vue que vous avez vous diriez-vous que là-dessus consensus en fait ou qu'on regarde dans les groupes réflexion et blanc à l'antenne. Moi j'ai l'impression que du côté de l'ANUP on se dit attention à la réforme du travail parlementaire parce qu'il ne faudrait pas que ça bride les oppositions et les pouvoirs de l'opposition. Des députés communistes me disaient que par exemple la limitation du nombre d'amendements par député serait une énorme erreur parce que compte tenu de textes
voilà
mais en tout cas ça existe certains disent attention toute modification n'est pas bonne à prendre parce qu'on veut pouvoir défendre nos amendements dire que les textes sont mauvais sans être
irresponsapolitique. Pardonnez-moi en même temps je suis très frappé je suis sur le terrain en permanence de la vision de nos concitoyens sur tout ça nous disent mais vos parlotes c'est infernal on ne vous écoute plus
Ah bah ça c'est l'image en effet parce que voyez Camille sur l'appli qui dit bonjour à mon avis si les députés arrêtaient les pratiques délétères les invectives les disputes de cours de récré l'obstruction etc ils économiseraient
beaucoup d'énergie.
Si je peux me permettre de dire un truc un peu désagréable aussi parce que je ne fais pas qu'être gentil en fait alors moi je suis désolée mais moi il y a un moment en hémicycle que je déteste en dehors des QAG les QAG j'ai arrêté de les mettre j'en peux plus des discussions générales c'est horrible alors vous êtes dix groupes et chacun a besoin et chacun a besoin de raconter ce qu'il a bouffé le midi je suis désolée de le dire comme ça c'est à dire qu'il y a des textes où on passe plus de temps en DG discussion générale excusez-moi qu'à analyser le texte donc moi personnellement moi j'en peux plus je me sens pas super bien je sais je vais vous dire un exemple pardonnez-moi la semaine de contrôle je sais la semaine de contrôle ce ne sont que des successions de monologues on contrôle rien on pose une question on a une réponse une semaine par mois
alors on parlait de l'ANUP mais voilà ça revient à ce que disait Anne pardonnez-moi sur l'existence de chacun et à un moment il faut que chacun chacun des des groupes puisse exister
ouais non mais entre vouloir exister et comment dire et trop exister il y a peut-être une juste mesure parce que du côté de l'ANUP bon il y en a certains qui disent oui attention machin alors autant moi j'ai une grande confiance dans les communistes qui ont de l'expérience qui ont du métier qui voilà autant par exemple les live twitch en séance publique qui ne font que rajouter d'une référence à Hugo Bernalicis ça c'est des trucs par exemple ça ne doit pas exister c'est pas normal avant de vouloir changer les règles il y a peut-être aussi une question de discipline personnelle
oui et il y a des députés qui disent moi je m'autocontrôle en ne m'autorisant qu'un seul amendement par article
non mais en fait il y a trop de sketch c'est-à-dire que là on en est au stade où en fait ils ne font qu'alimenter leur chaîne YouTube leur compte Twitch leur compte Twitter leur machin leur truc leur bidule bah oui mais ça ça ne change pas le prix du pain pour les Français voilà
donc ça veut dire que changer le fonctionnement Bertrand Pencher mais vous changez vous-même à l'intérieur vous aussi
c'est ce que j'ai dit très clairement derrière le bureau de l'Assemblée Nationale en disant il faut qu'on commence à balayer devant notre porte c'est-à-dire que c'est d'abord c'est à nous de nous réformer et c'est parallèlement également au gouvernement de le faire
il nous reste 15 secondes on a cette question de Marc j'ai pas le temps de vous prendre à l'antenne Marc mais merci beaucoup d'être là et vous demandez pourquoi les députés ne pourraient pas faire du télétravail ils resteraient dans leur circonscription mais il y en a qui le demandent qui demandent à pouvoir faire des visios mais pour l'instant c'est impossible même pas pendant les commissions par exemple on peut pas faire de visios pendant les commissions
non c'était le cas lors de la crise sanitaire je comprends pas pourquoi ça n'existe plus maintenant par exemple pour les députés des dom-toms en hémicycle ce sera pas possible en hémicycle non mais en commission en commission oui ça s'est fait pendant la crise sanitaire ouais vous avez laissé les micros ouverts c'était à mourir de rire
voilà
écoutez là les micros sont ouverts enfin pas vous personnellement mais il y a des députés qui ont laissé des micros ouverts mais ils vont hélas se refermer maintenant
parce que l'heure tourne en tout cas on aura cette discussion à nouveau qui était passionnante merci à tous