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interviewC dans l'air· 22 février 2026 64 min

Face à Trump, Macron dégaine la stratégie “Top Gun” - C dans l’air - 23.01.2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

-Quitoque, la box à cuisiner ... - A.Casse: Bonsoir.

Bienvenue. On a vécu une folle semaine où le sommet de Davos est devenu le centre du monde et le témoin de l'incroyable reculade de D.Trump.

Alors qu'il menaçait de nous écraser, il bat en retraite. Alors qu'il voulait le Groenland, il semble se contenter d'un accord encore assez flou. Que s'est-il vraiment passé?

Qu'est-ce qui l'a fait reculer? L'autre fait du jour, ce sont les Européens qui semblent avoir pris conscience de leur force collective. E.Macron, avec ses désormais iconiques lunettes d'aviateur, fait la une des journaux du monde entier.

Face à Trump, il dégaine la stratégie "Top Gun". On reçoit le général D.Trinquand.

Vous êtes ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU. Votre dernier livre s'intitule "D'un monde à l'autre". D.Seux, vous êtes éditorialiste aux "Echos" et sur France Inter.

Vous publiez ce livre. M.Bell, vous êtes journaliste correspondante à Paris pour CNN.

A.Toulouse, bonsoir. Vous êtes journaliste franco-américaine.

Je cite votre livre, "L'art de trumper". On va regarder le visage d'E.Macron qui fait la une de la presse internationale.

On a tellement eu l'habitude du french bashing qu'on est presque étonnés de voir toutes ces unes. Est-ce que ça vous étonne aussi, D.Seux? - D.Seux: S'est installée dans le monde entier, pas seulement dans notre regard de Français, une sorte de match.

E.Macron est devenu une sorte de punching-ball. Mais ce n'est pas forcément un punching-ball pour lui mettre la tête dans l'eau.

Un jeu s'est installé. Les lunettes y font peut-être quelque chose. Mais ça fait des mois, en réalité, que ça se passe.

E.Macron et l'Europe ont peut-être appris cette semaine à parler le Trump. Trump, c'est une langue étrangère pour nous, notamment aux yeux des Européens où on est modération, lenteur, face à un Trump hyperactif et autant dans l'action que dans le verbe.

Cette semaine, nous avons montré, peut-être, à vérifier, que nous avions inventé un mélange entre la force et la flatterie, à mi-chemin entre les 2. - A.Casse: Avec une répartition des rôles.

Il y a le good cop et le bad cop. - D.Seux: C'est un peu ça dont on peut parler ce soir.

On peut avoir une appréciation assez variée. Avec lui, tout change en 3 heures. Peut-être qu'à la sortie du plateau, nous aurons une autre situation internationale. - A.Casse: Ou pendant le plateau.

Il y a également ce clip généré par l'IA où on voit le duel entre D.Trump et E.Macron.

E.Macron est devenu T.Cruise dans "Top Gun".

Ce sont les images que vous voyez en ce moment. Bonsoir, S.Dridi.

Vous êtes juste devant la Maison-Blanche. Merci d'être avec nous. Vous êtes correspondante aux Etats-Unis pour LCI et France 24.

Quel écho a eu E.Macron aux Etats-Unis? - S.Dridi: Il y a eu beaucoup d'échos après sa prise de parole.

Ses propos ont été très repris dans les médias américains, notamment lorsqu'il a dit que l'Europe ne se laissera pas intimider. Il y a eu beaucoup de comparaisons parce que ça amusait, entre T.Cruise et E.Macron.

Le "Wall Street Journal" se demandait si avec ses lunettes, E.Macron voulait faire passer un message à D.Trump.

Beaucoup espèrent que c'est le cas. Cela se fond bien dans le théâtre politique qu'a été cette journée. Après avoir passé un an à flatter, cajoler D.Trump, des dirigeants européens définissent des limites et montrent que l'Europe veut défendre ses valeurs, peut se défendre.

Ca été très remarqué et apprécié. Ces derniers temps, on parlait plutôt des dirigeants européens qui flattaient D.Trump pour essayer d'obtenir quelque chose.

Certains disent que les dirigeants européens se rendent désormais compte qu'il y a une menace existentielle qui vise l'Europe. - A.Casse: Est-ce que Macron a fait du Trump? - M.Bell: Quand il est apparu sur cette scène avec ses lunettes, avec son discours... - A.Casse: Pour vous, c'est Terminator. - M.Bell: Ca correspond au ton combatif qu'il a pris.

Lui, M.Carné, F.Merz...

Pour la 1re fois, on entendait les dirigeants européens de façon beaucoup plus combative et agressive défendre un consensus qui n'avait jusque-là pas été bien défendu. Ils ont manifestement compris que la flatterie et le compromis ne fonctionnaient pas. Si la menace des tarifs était restée en place, ils étaient prêts à appliquer des contre-tarifs de manière beaucoup plus forte. "On vous mettra des contre-mesures." Ca a l'air de marcher.

Par rapport à quelqu'un qui fonctionne comme D.Trump, il vaut mieux rentrer dedans, être fort, que de courber l'échine. - A.Casse: Parler son langage marche.

On va regarder une partie du discours d'E.Macron qui est devenu viral. - A.Casse: Son "for sure" est devenu viral et impertinent.

Est-ce que ça peut devenir autre chose que du buzz? - Gal Général D.Trinquand: E.Macron se place dans la grande lignée de de Gaulle et de Chirac vis-à-vis des Etats-Unis.

Il se place comme celui qui peut résister. Nous étions très seuls en 2023, aux Nations unies. La différence par rapport à de Gaulle Et Chirac, c'est que c'est l'Europe et pas seulement la France.

Il place la France, mais on a l'impression que c'est un mouvement qui entraîne l'Europe au passage. Dans cette crise assez courte, il a su l'amener jusqu'à la sortie de crise. Il y avait un grand danger.

Au moment où monsieur Trump annonce qu'il ne va pas utiliser la force, qu'il y a un accord et tout va bien, le lendemain, il y a eu la réunion à Bruxelles. Le souffle aurait pu retomber. "Le problème est réglé, comme d'habitude.

Tout va bien." - A.Casse: Pour vous, ce n'est pas retombé? - Gal Général D.Trinquand: Il n'y a pas de décision prise, mais les Européens préparent encore leurs outils, restent unis et fermes.

C'est encore une plus grande victoire que d'arriver à faire reculer D.Trump. Il n'y a pas que la fermeté et l'unité européenne qui ont compté.

Il y a aussi l'état des Bourses. - A.Casse: C'est peut-être la menace sur les Bourses qui a été la plus forte et qui a fait reculer D.Trump.

Je voulais parler de ses lunettes de soleil. Elles font penser à une marque américaine mais c'est une marque française de luxe. Elles coûtent 659 euros.

Elles sont produites dans le Jura par une boîte rachetée par des Italiens. Ce modèle est pris d'assaut. Qu'est-ce que ça raconte? - A.Toulouse: Je suis sans doute une grande naïve, mais je vois les choses d'une façon très simple.

Je vois le pauvre E.Macron se réveiller avec un oeil tout rouge et on lui dit qu'il faut éviter la lumière. Soit il a ses lunettes, ce qui n'est pas impossible, ou plus vraisemblablement, il va dire à un de ses collaborateurs d'aller lui en acheter.

Il n'a pas dit d'être déguisé en T.Cruise ou J.Biden.

Il lui a dit de prendre quelque chose de joli, de fabrication française et qu'elles soient bien opaques à cause des projecteurs. Cela dit, ça nous lance dans une autre galaxie. C'est un peu le show Trump, comment Trump a contaminé le reste du monde.

Mais ça a peut-être des débouchés. Je vois bien un monde où G.Meloni arriverait drapée de cachemire italien et tout le monde se précipiterait sur le cachemire italien.

Le Premier ministre norvégien distribuerait du saumon fumé...

C'est un peu l'écume des choses. - A.Casse: Je perçois une petite moquerie. - A.Toulouse: Elle est complètement là.

On en parlera tout à l'heure, mais je pense que tout autant que la fermeté d'E.Macron Et tout autant que les lunettes, il avait dû regarder les derniers sondages publiés dans le "New York Times" et l'effondrement des Bourses à New York. Ca a aussi dopé les dirigeants européens. - D.Seux: Les lunettes auraient été ridicules si le discours avait été mou, s'il n'y avait pas eu de cohérence entre "Top Gun" et un discours ferme. - A.Toulouse: Il faut porter des lunettes fortes. - A.Casse: Comme D.Seux. - D.Seux: La cohérence des 2... - A.Casse: Qu'est-ce qu'on sait de ce duel?

Pourquoi le duel entre l'Europe et les Etats-Unis est devenu celui entre E.Macron et D.Trump?

Qu'est-ce qu'on sait de leur relation? S.Dridi, vous avez posé une question au président américain à ce sujet.

Que vous a-t-il répondu? - S.Dridi: Je lui ai surtout demandé s'il allait possiblement répondre à l'invitation d'E.Macron de se rendre à Paris après Davos pour assister à une éventuelle réunion du G7 et pour un dîner également.

Il a tout de suite répondu "non". Il a fait une longue pause. On sentait qu'il avait encore une fois envie de titiller E.Macron.

Il m'a dit: "Il ne va pas rester encore très longtemps au pouvoir. Je parle à des gens actuellement aux affaires." Il n'a pas précisé qui.

à se moquer du président français. Ils ont une relation personnelle bonne. Un diplomate occidental me disait qu'ils s'appelaient énormément.

On l'a vu quand E.Macron a pris son téléphone à New York pour appeler D.Trump en marge des Nations unies.

Ils se parlent beaucoup. Le "New York Times" se demandait quel allait être l'état de leurs relations désormais. Ce sont 2 personnages qui aiment beaucoup parler et pour lesquels les relations internationales passent par les relations personnelles.

C'est très vrai avec D.Trump. D.Trump se comporte souvent comme un bully, expression pour décrire ceux qui font les gros durs dans les cours de récréation face aux plus faibles.

Mais il est assez influençable. Le "Wall Street Journal" disait que ce look et ses propos assez durs avaient peut-être fait en sorte que D.Trump respecte un peu plus E.Macron.

On verra ce qui se passera dans les prochaines séquences. Je pense que c'était assez habile de la part du président français. - A.Casse: Merci beaucoup.

Merci d'avoir été avec nous. C'est devenu personnel quand D.Trump a publié les messages privés que lui envoie E.Macron.

On en parlait avec G.Araud. Ca nous montre qu'il faut toujours commencer par flatter D.Trump avant de lui dire ses vérités.

Il lui disait: "Mon ami, nous sommes totalement alignés sur la Syrie. Nous pouvons faire de grandes choses en Iran..." Qu'est-ce que ça raconte de cette relation qu'ils ont? - M.Bell: Cette relation a été, comme beaucoup de relations entre les dirigeants européens, d'être dans la flatterie, dans une espèce de posture de dépendance et d'acceptation de tout ce qui peut venir d'en face.

Ce qui a changé à Davos, au-delà des lunettes d'E.Macron, et c'était frappant dans le discours du Premier ministre canadien, c'était l'idée qu'il fallait vivre maintenant dans la vérité. Il avait repris les paroles de l'opposant tchèque, V.Havel.

Il faut comprendre ce qui se passe, écouter les paroles du président. La menace pèse sur le monde libre. Les Etats-Unis ne sont plus un allié. - A.Casse: La rupture est devant nous.

On va écouter le Premier ministre canadien dans un instant. Qu'est-ce qui a mené au recul de D.Trump?

Le secrétaire général de l'Otan a-t-il calmé les ardeurs du président américain? Comment D.Trump recule-t-il vraiment sur le Groenland?

Est-il en train d'endormir les Européens? - Depuis quelques jours, les Américains ont une nouvelle coqueluche. Acclamations. - Vas-y, mec.

Fais-moi plaisir. - C'est E.Macron dans sa version "Top Gun".

Les détournements pleuvent sur les réseaux sociaux, comme ces images générées par IA où le président français défie son homologue américain dans les airs avec un poil d'insolence. Mercredi, un journal britannique titrait ceci...

Ou comment un petit problème à l'oeil devient une opportunité politique. Macron serait-il devenu le nouveau symbole de la résistance à Trump? Sur X, ce compte de démocrates américains a fait plus de 5 millions de vues en qualifiant le discours d'E.Macron de "réprimande la plus virulente à l'encontre de D.Trump jamais entendue". - E.Macron: Nous préférons le respect plutôt que les brutes.

Nous préférons la science au complotisme, l'Etat de droit plutôt que la brutalité. - Une offensive qui n'a pas manqué de faire réagir le principal intéressé. - D.Trump: J'ai vu E.Macron avec ses magnifiques lunettes de soleil.

Que s'est-il passé? Il faisait le dur? - Une réponse à la D.Trump.

E.Macron, lui, persiste et signe hier, à Bruxelles. - E.Macron: Je suis extrêmement calme et constant.

Nous sommes prévisibles. Cependant, on entend que la France soit respectée, que l'Europe soit respectée. nous nous exprimerons avec clarté. - E.Macron, chef de file d'une Europe qui se réveille.

A Davos, le principal opposant à D.Trump, le démocrate G.Newsom, était justement venu demander aux dirigeants mondiaux de s'insurger. - J'espère que ces gens se rendent compte à quel point ils ont l'air pathétiques sur la scène mondiale, en tout cas d'un point de vue américain.

C'est embarrassant. Trump est un T-Rex. Soit vous vous accouplez avec lui, soit il vous dévore.

C'est l'un ou l'autre. Les Européens pourraient être dévorés s'ils ne changent pas d'attitude. - Sourire moqueur lors des discours de D.Trump à Davos.

Le gouverneur de Californie a fait du président américain sa cible favorite. - Il n'y a rien de normal dans tout ça. Il est une espèce invasive en termes politiques. - Des phrases chocs pour combattre Trump à la manière Trump.

Le Premier ministre canadien, lui aussi, a le sens de la formule. - M.Carney: Les puissances moyennes doivent agir ensemble.

Quand on n'est pas à table, on est au menu. - A Davos, M.Carney évoque le nouvel ordre mondial sans jamais nommer Trump directement. - M.Carney: Le compromis ne fonctionne plus.

Nous vivons une rupture, pas une transition. - Réponse de l'Américain le lendemain. - D.Trump: Le Canada reçoit beaucoup de cadeaux de notre part.

Ils devraient être reconnaissants, mais ils ne le sont pas. J'ai regardé votre Premier ministre hier. Il n'était pas brillant. - Aussitôt, il publie sur son réseau social une lettre adressée au Premier ministre canadien pour le désinviter de son Conseil de la paix. - M.Carney: Le Canada ne vit pas grâce aux Etats-Unis.

Le Canada prospère parce que nous sommes canadiens. - Des leaders qui misent sur l'affrontement avec D.Trump pour plaire à leurs opinions publiques.

Les lunettes d'E.Macron ont permis à l'entreprise qui les produit de faire un bond de 56 % en Bourse en 3 jours. - A.Casse: Vous avez tous réagi quand on a vu le gouverneur de Californie nous faire la leçon.

Pourquoi? - D.Seux: On a envie de lui dire: "Mon cher ami, avec tout le respect qu'on vous doit, que les démocrates se réveillent." Lui est éveillé.

Mais le Parti démocrate...

Le Parti démocrate est totalement silencieux, absent depuis un an. - M.Bell: Toute la semaine, on l'a entendu se plaindre et donner des leçons de morale aux Européens.

C'est un sacré toupet. - A.Toulouse: Il sera peut-être élu en 2028, mais je ne mettrais pas mes 25 dollars dessus.

Ce qui est extraordinaire, c'est que ce ton, il l'a depuis la campagne de 2024. Il a dit qu'il fallait parler le langage de D.Trump.

C'était une pierre dans le jardin de K.Harris, qu'il trouvait beaucoup trop douce et trop polie. Son gros problème...

Il essaye de se donner une stature internationale. Comme les gens connaissent mieux la Californie que l'Arkansas, ça peut toujours marcher. Mais il a de gros problèmes chez lui.

La Californie est quand même un Etat...

C'est quelque chose qui ne parle pas au reste des Etats-Unis. Il a quelque chose à remonter, mais il est en train de se faire un nom en ce moment. Dans les primaires, il faut avoir un nom. - A.Casse: Il dit que D.Trump est un T-Rex et qu'on doit s'accoupler avec lui ou il nous dévorera. - A.Toulouse: Curieuse comparaison.

C'est simplement pour se faire entendre. La preuve, on en parle. - A.Casse: Il y a ceux qui ont choisi la force face à D.Trump et le secrétaire général de l'Otan, M.Rutte, qui est présenté comme étant assez flagorneur.

Ce message privé publié cette semaine où il dit à Trump: "T'inquiète pas, je vais faire ta promo dans les différents médias. Je vais te rendre hommage..." On comprend qu'il y a une sorte d'alliance entre les 2.

Regardez comment le président finlandais s'est moqué de M.Rutte alors qu'il était juste à côté. - Nous avons vu ce week-end que vous avez, avec votre homologue norvégien, envoyé un message à Trump appelant à une désescalade des tensions.

Il a répondu rapidement en disant qu'il ne pensait plus uniquement à la paix. Qui ou quoi peut apaiser les tensions? - Mark.

Rires. - Merci, Alex. - Quand tu veux pour répondre à celle-ci, Mark. - A.Casse: On sent tout l'embarras de M.Rutte.

Est-ce que vous pensez qu'il a offert une rampe de désescalade à Trump? - Gal Général D.Trinquand: Il ne préside rien.

Il est aux ordres d'une organisation. C'est l'organisation qui lui passe le message. - A.Casse: Qui s'appelle l'Otan. - Gal Général D.Trinquand: Exactement.

La réunion du soir de M.Rutte faisait suite à des déclarations du président Macron et d'autres le matin. "On est prêts à faire des exercices de l'Otan et à offrir une porte de sortie à monsieur Trump pour sortir par le haut." Ils voulaient régler le problème dans le cadre de l'Otan.

C'est le secrétaire général de l'Otan qui lui propose cette solution. Dans un tête-à-tête où, avec toutes les flagorneries dont est capable M.Rutte...

Il a peut-être caressé la blonde chevelure dans le bon sens. Il lui a fait la proposition, qui était la proposition des pays de l'Otan. Le problème de la sécurité des Etats-Unis au Groenland passe par une prise en compte globale avec l'Otan et avec des accords qui existent déjà, comme l'accord de 1951, qui va être changé. - A.Casse: Quel est ce nouvel accord?

Il est assez flou. - Gal Général D.Trinquand: Pour l'instant, on n'en sait rien. - M.Bell: Rien n'a été écrit. - Gal Général D.Trinquand: C'est le début de la discussion d'un accord.

On le repasse, non pas sur la souveraineté du Groenland et du Danemark... - A.Casse: D.Trump voulait la propriété du Groenland.

Il ne l'aura pas. - Gal Général D.Trinquand: On n'en parle plus.

Mais on va commencer des négociations dans lesquelles on dit: "Vous avez besoin, pour le Dôme d'or, de plus de bases radars. Il en faut 2 ou 3?" Les Européens vont assurer une certaine sécurité là-dedans.

Il y a déjà des bateaux et des avions européens. - A.Casse: Est-ce qu'on ne crie pas victoire trop vite?

Est-ce qu'on est sûrs que D.Trump va renoncer à la force? - Gal Général D.Trinquand: Oui.

Je le dis depuis le début. Il ne l'utilisera pas. On a vu la chute de la Bourse.

On a vu les sondages aux Etats-Unis. On passe à une autre crise, à l'Iran, à autre chose, pour qu'on ne parle pas de cette reculade américaine. Mais il ne peut plus revenir à l'utilisation de la force, qui serait décrédibilisée. - A.Casse: Qui a fait reculer D.Trump?

Question d'Alain... - A.Toulouse: Les deux. - D.Seux: Il faut peut-être rehausser un peu la cote de M.Rutte, dont on s'est beaucoup moqué.

Il y a la force Macron-Mertz, mais il y a aussi la flatterie. Jouer la flatterie peut marcher. Il lui a proposé une solution, résister, proposer une solution technique...

Il a proposé une porte de sortie. D.Trump l'a saisie.

Les taux d'intérêt américain sont remontés. Les Européens ont dit "cette fois-ci, c'est trop", et pas seulement les gouvernements mais l'ensemble des patronats, des entreprises. L'été dernier, les entreprises s'étaient un peu couchées.

Elles essayaient de rester copains avec les Etats-Unis. Cette fois-ci, il y a eu un communiqué de l'ensemble des patronats européens, français, allemand, italien, pour mettre un stop. Il y a eu une menace de taxer d'une centaine de milliards de dollars de marchandises américaines, 93 milliards pour être précis, et, surtout, l'utilisation du bazooka commercial, l'arme de coercition.

Elle n'a pas été actionnée. - A.Casse: Il y a eu la menace de vendre les titres du Trésor américain.

Est-ce que ce n'est pas la plus grosse menace, celle dont parle le moins? - D.Seux: On en a un peu parlé.

Il y a eu une sorte de fuite. L'économiste en chef de la Deutsche Bank a dit que les Européens ont quand même 7000 milliards de dollars d'actifs, d'actions ou d'obligations. Il a dit que s'ils vendaient petit à petit, ce ne serait pas bon pour l'économie américaine.

Les Danois ont commencé à en vendre 100 millions. Ce n'est rien, mais c'était un petit signal. Le secrétaire au Trésor américain a réagi et a dit: "Si les Européens font ça, ça va mal se passer." Après, D.Trump lui-même a dit: "Attention..." Il y a un ensemble de choses, la force et la flatterie.

Autre exemple de flatterie qui m'a frappé, c'était Zelensky. Quand il est monté à la tribune de Davos pour dire que les Européens sont vraiment nuls, mauvais, qu'ils ne l'aident pas, ça me semble être entre un truc de com pour faire plaisir à D.Trump. "On va dire que les Européens sont méchants.

Il va être content." - A.Casse: Tout le monde essaie de le manipuler. - D.Seux: C'est un enfant de 4 ans qui a le pouvoir nucléaire. - A.Casse: J'aimerais bien continuer ce raisonnement.

Est-ce qu'il y a vraiment un aspect psychologique qu'on n'ose pas aborder dans cette question qui serait central? - A.Toulouse: Il y a certainement ça, mais il y a aussi quelque chose qu'on a oublié: le Congrès.

Le Congrès aurait pu ne pas financer cette opération. Il semble qu'il avait l'intention de le faire, l'invasion. Ca fait 4 choses.

Ca fait la pression européenne, les sondages...

Est paru un sondage dans le "New York Times" très mauvais où on voit Trump en train de perdre les indépendants, ce qui est très grave pour les midterms. Vous avez la Bourse, l'économie et le Congrès. Ca fait un sacré panier garni.

Psychologiquement, Trump ne perd jamais. Il ne perd jamais, dans sa tête. Si vous et moi voyons que ça n'a pas marché...

Le cas le plus flagrant, c'est l'élection de 2020. Il n'a jamais reconnu qu'il l'avait perdue. A chaque fois que quelque chose marche mal, il arrive à l'habiller, pour lui et les autres, de façon à ce que ça aille bien.

Le général le disait tout à l'heure, l'Iran, c'est peut-être un envoi de bateaux pour détourner l'attention... - A.Casse: C'est un déploiement qui intrigue.

Question. - M.Bell: Ca fait un petit moment qu'on se les pose.

Il a fait une grande allocution le mardi avant de venir à Davos pour marquer les un an de sa prise de pouvoir. C'était 1 heure 45 complètement déjantée. Après, ça s'est reproduit à Davos, devant le monde entier.

Tout le monde a écouté. Mais ça fait un moment que la question se pose. Un décompte a été fait entre le 1er et le 20 janvier sur le nombre de mots qu'il utilisait pendant ses présentations publiques.

C'était 245 fois plus que la première année de son premier mandat, à la même période. Il parle et ça va dans tous les sens. Je voudrais revenir sur l'ampleur de sa reculade. 15 jours avant Davos, on n'a entendu parler que du Groenland.

En aucun cas il repartait sans le Groenland. Finalement, et ce n'est pas la 1re fois que les marchés le font reculer...

S.Bessent est un ancien de Wall Strett et comprend comment ça marche. La Bourse s'était effondrée de 800 points.

S.Bessent lui avait dit de faire marche arrière. Il lui a redit.

Donc il a reculé. Il repart avec un accord général, celui de 1951. C'est le même.

Ils n'ont rien écrit. Ils sont repartis avec l'accord qu'ils ont depuis toujours. Voilà l'étendue de sa reculade. - A.Casse: Est-ce qu'on est vraiment plus forts?

Il nous a montré une forme de faiblesse...

On ne sait pas ce qui l'a fait reculer. On parle de M.Rutte, des soldats européens au Groenland, du discours des Européens...

Les nationalistes européens étaient embarrassés. Peut-être que tous ces ingrédients ont joué. Mais quelles conséquences?

La prochaine fois qu'il va nous menacer, on va lui dire quoi? "Tu n'es pas capable"? - Gal Général D.Trinquand: Le discours du soir où il se retrouvait devant Fox News en disant qu'il avait une grande victoire...

Pour moi, la victoire européenne est là. Mais elle est surtout le lendemain. Les Européens se retrouvent et disent "on ne baisse pas les bras".

En clair, ils attendent le prochain coup et gardent tous leurs éléments prêts. C'est un élément important. Le soufflé aurait pu Retomber, comme on a connu pendant le premier mandat de Trump.

Après le premier mandat, tous les Européens ont dit: "Les démocrates sont arrivés. Tout va bien." 4 ans plus tard, on voit dans quelle situation ils se trouvent.

Cette unité est très difficile à maintenir. Là, ça a été sur une courte période. - A.Casse: Vous n'y croyez pas pour le long terme? - Gal Général D.Trinquand: C'est un combat permanent.

Les Allemands vont d'un seul coup dire que ça ne va pas, les Italiens, les Polonais qui vont branler dans le manche...

Je ne parle même pas des Hongrois. Ils ne comptent plus. C'est compliqué. - D.Seux: Il y a un élément anecdotique: sur les chaînes de télévision américaine, la bourse s'indique en bas à droite.

D.Trump est forcément sensible à la Bourse. Les Américains, ça n'a rien à voir avec l'Europe, et encore moins les Français.

Monsieur et madame Smith ont un portefeuille d'actions qui va payer leur retraite. C'est important que ça continue à monter, que ça ne baisse pas, en tout cas. Quand c'est en rouge, ce n'est pas bon.

Quand la Bourse baisse en France, ce n'est pas la catastrophe politique. Certains partis politiques sont contents quand la Bourse baisse. Ca fait appauvrir les riches, sans doute.

Aux Etats-Unis, ce n'est pas la même situation. Ca compte. Dans les 4 éléments que vous donniez tout à l'heure, les éléments économiques et boursiers un peu plus importants. - A.Casse: Il faut regarder les opinions.

Regardons aussi les opinions européennes. Un sondage est sorti aujourd'hui dans la revue "Le Grand Continent". Est-ce que vous pensez qu'une guerre déclenchée par les Etats-Unis contre l'Europe est possible? 21 % des Européens disent oui.

C'est intéressant de regarder que les Français sont en train de se préparer à cette menace. Qu'en est-il aux Etats-Unis? - A.Toulouse: Les Français sont pessimistes.

Aux Etats-Unis, ils se rendent compte qu'on est en train d'abandonner un allié traditionnel et que ce n'est pas bon. Si vous allez sur l'affaire du Groenland, vous voyez bien que dans tous les partis, même chez les républicains, il y a une majorité de gens qui ne veulent pas faire la guerre au Groenland. Pourquoi on irait faire la guerre au Groenland?

Il y en a eu assez comme ça. Même d'acheter le Groenland, les gens ne sont pas d'accord. Ce sont des choses qui ne se font pas.

Il y a eu des achats d'autres territoires, comme la Floride et l'Alaska, mais ça s'est fait poliment. On n'a pas dit: "Vous ne voulez pas le vendre? On le prend quand même." La manière abrupte de Trump est vraiment en train de faire prendre conscience, à part la base qui le suivrait jusqu'au fin fond du Groenland, que ce n'est pas une façon de traiter ses amis et que si on traite ses amis comme ça, on n'aura pas d'amis.

On finira tout seul et très déprimé. - M.Bell: Après le Venezuela et les menaces sur le Groenland, il y a la question de souveraineté.

On peut penser ce qu'on veut de l'administration Trump, de Maga, avoir ses propres avis politiques, mais à partir du moment où le pays le plus puissant du monde...

Quand on se rend compte que le concept de souveraineté n'a plus d'importance, ça inquiète tout le monde. - A.Casse: Cette semaine aura eu le mérite d'éclaircir les positions des uns et des autres.

Ceux qu'on présente comme des alliés traditionnels de Trump en Europe étaient bien embarrassés, comme G.Meloni, qui n'a toujours pas dit si elle rejoignait le Conseil de la paix de D.Trump.

Le Hongrois V.Orban a fait profil bas. - Ce mardi, au Parlement européen, alors que D.Trump menace d'envahir le Groenland, une prise de parole n'est pas passée inaperçue. - J.Bardella: Lorsqu'un président américain menace ouvertement un Etat européen, lorsqu'il combine une pression territoriale assumée avec un chantage commercial explicite, ce n'est pas simplement un partenaire qui s'exprime.

C'est un rapport de force qui s'impose. - Des propos très vite raillés par ses opposants politiques. - V.Hayer: Je voudrais poser une question à monsieur Bardella.

Je vous entends, vos discours sur le Groenland. Ca va, vous êtes à l'aise? Vous êtes à l'aise de tenir ce discours aujourd'hui alors que vous avez été, avec votre groupe, l'un des premiers supporters de D.Trump? - Car le RN n'a jamais caché une certaine proximité avec le président américain.

Peu après sa réélection en 2024, M.Le Pen défendait une relation privilégiée avec lui. - M.Le Pen: On est peut-être les mieux placés en France pour pouvoir parler à l'administration de D.Trump.

Nous savons ce qui les motive. C'est une forme de patriotisme, la défense des intérêts américains. Quand on est soi-même patriote et qu'on veut défendre les intérêts de la France, on peut très bien comprendre ce que la personne en face de vous a dans la tête. - En décembre dernier, le duo Bardella-Le Pen posait aux côtés de l'ambassadeur américain à Paris.

Une idylle franco-américaine. Quand M.Le Pen est condamnée à une peine d'inéligibilité en mars dernier, D.Trump s'insurge. ...

Même combat et même pensée politique. Lorsque le président américain attaque l'Europe dans son document de stratégie nationale, critiquant l'effacement civilisationnel du continent, J.Bardella, interrogé sur la BBC, partage le constat de D.Trump. - J.Bardella: Il est vrai que l'immigration massive et le laxisme de nos dirigeants au cours des 30 dernières années en matière de politique migratoire perturbe aujourd'hui l'équilibre des pouvoirs des sociétés européennes, occidentales, en particulier la société française. - Mais les ambitions expansionnistes de D.Trump embarrassent le RN alors que plus de 1 Français sur 2 a une très mauvaise opinion du président américain.

Un malaise partagé par d'autres nationalistes européens. En Italie, G.Meloni joue les équilibristes.

Si elle qualifie d'erreur la menace américaine de nouveaux droits de douane, elle prend ses distances avec l'envoi de soldats européens au Groenland. - G.Meloni: Il me semble que du point de vue américain, le message venu de cette rive de l'Atlantique n'était pas clair et qu'il y avait un risque que les initiatives de certains pays européens soient interprétées comme antiaméricaines.

Ce n'était pas l'intention. - En 2025 déjà, elle avait fait l'intermédiaire entre les Etats-Unis et l'Europe, alors en pleine guerre commerciale. - J.D.Vance: Je suis ravi d'être en présence D'une amie chère, dans un lieu magnifique, entouré de personnes formidables.

Merci de m'accueillir. - Mais d'autres personnes en Europe assument plus facilement leur lien avec D.Trump.

C'est le cas de V.Orban, qui avait justifié la capture de Maduro. - V.Orban: Ce que je trouve important pour la Hongrie à cet égard, c'est qu'avec le Venezuela, les Etats-Unis sont désormais capables de contrôler de 40 à 50 % des réserves de pétrole mondiales. - Hier, la Hongrie était l'un des derniers pays européens à rejoindre le Conseil de la paix voulu par D.Trump.

V.Orban espère un soutien américain lors des élections législatives prévues dans moins d'un mois. Le président américain pourrait faire le déplacement en Hongrie. - A.Casse: On apprend à l'instant que G.Meloni fait savoir qu'elle espère que D.Trump aura le prix Nobel de la paix.

On la sent dans une situation inconfortable. D'un côté, elle essaie de montrer à D.Trump qu'elle le soutient encore, mais quand il menace d'augmenter les droits de douane, elle dit que c'est une erreur. - D.Seux: Jusqu'à maintenant, elle a été assez claire sur l'Ukraine.

Elle a été en soutien de l'Ukraine contre V.Poutine, alors que les extrêmes droites sont partagées entre V.Poutine et D.Trump, mais sont hostiles à l'Europe.

Là, elle est restée discrète. On ne l'a pas entendue s'exprimer sur l'affaire du Groenland, pas vraiment... - A.Casse: Elle a dit que le déploiement militaire au Groenland pouvait être mal compris.

Une façon de dire "je comprends la colère de D.Trump". - D.Seux: Elle n'a pas non plus donné sa réponse pour participer au Conseil de la paix.

C'est très frappant. Il y a un Européen, et il est peu probable qu'il y en aura d'autres. L'Allemagne n'a pas répondu, mais je ne vois pas l'Allemagne aller là-dedans.

D'ailleurs la photo est impressionnante. Ce n'est pas un concours de démocratie, pour dire les choses de cette manière... - A.Casse: C'est le club des dictatures? - D.Seux: Non, l'Argentine n'est pas une dictature.

Il y a des élections démocratiques, donc je n'emploierais pas cette formule. La majorité ne va pas vers la démocratie. - Gal Général D.Trinquand: D.Trump a invité tout le monde, y compris V.Poutine.

Le sujet de ce conseil...

Vous voyez, c'est bleu, derrière, comme l'ONU. Sauf qu'au lieu d'avoir une colombe à la Picasso, il y a des armoiries américaines. Ca vous place tout de suite les choses.

On critique l'ONU à cause du manque de décision du Conseil de sécurité. Il y a 5 permanents avec chacun un droit de veto. Là, il n'y a qu'un seul droit de veto.

Il a simplifié le problème. Tout est à sa botte. Le problème, c'est le dérapage de ce sujet de Gaza à la gestion du monde.

Beaucoup de gens qui sont autour, on ne les voit pas là, mais il y a beaucoup de pays arabes, l'Indonésie aussi, des pays musulmans, qui sont obligés d'y aller. Quand on s'occupe de Gaza, ils doivent être présents, donc ils s'obligent à y aller. L'Indonésie a dit qu'elle enverrait des soldats.

Donc ils sont obligés d'être présents. Le problème, ce serait d'élargir ce sujet à autre chose que Gaza. Même si, même pour Gaza, je ne vois pas la réussite pour demain...

La base, ce sont des soldats qui se déploient pour désarmer le Hamas, qui refuse d'être désarmé. Ce n'est pas du maintien de la paix, c'est de l'imposition de la paix. Et il y a un grand absent là-dedans, c'est Israël.

B.Nétanyahou a dit qu'il "réfléchissait au sujet". Donc on met en place quelque chose qui doit servir de modèle, mais le modèle sur Gaza déjà ne fonctionne pas.

L'élargir à l'ensemble...

Il a pris des précautions oratoires. Il a dit qu'il ferait ça encore avec l'ONU. Il n'y a personne de l'ONU présent.

Pour moi, s'il faut payer 1 milliard de dollars pour rentrer dedans, c'est un peu une arnaque. Je ne crois pas que ça aboutisse à une réussite, ni sur Gaza, ni sur la gestion des affaires du monde. - A.Casse: Question. - M.Bell: Je pense qu'elle a joué un rôle assez intéressant, pas tout à fait en trahissant l'Europe mais pas tout à fait en laissant de côté son alliance avec D.Trump, ou ses positions qui y ressemblent pas mal.

Elle a joué un jeu entre les 2, assez fidèle à sa place dans l'Europe, en fait. Cette nouvelle question qui se pose pour les partis populistes en Europe, c'est: comment se positionner maintenant? On sait qu'ils bénéficient du soutien de Maga, des velléités des Maga d'exporter leur idéologie et leur soutien aux partis européens.

Avec cette nouvelle posture des Etats-Unis, sur cette question de la souveraineté qui a choqué tout le monde, comment vont-ils...

On a vu pour le RN, ce n'est pas simple de gérer ce soutien. Est-ce qu'ils en veulent vraiment? - A.Casse: Ca devient de plus en plus compliqué d'être un soutien affiché de D.Trump en Europe? - D.Seux: Bien sûr.

Le RN nous dit qu'ils sont patriotes, mais en réalité, ils sont alignés sur Moscou, Washington...

Ils doivent d'urgence sortir de ce piège. Pour ce faire, ils doivent se dire que, pour résister à ces dinosaures carnivores qui nous attaquent, ils devraient être européens. Or, eux, ils veulent vider l'Europe de sa substance.

Ils sont antieuropéens. Ils sont donc eux-mêmes tombés dans un piège. - A.Casse: Là, le discours de J.Bardella était très clair. - D.Seux: Tout comme celui de M.Le Pen était très clair sur le Venezuela.

C'était parfait du point de vue international. Mais c'est un peu contradictoire car on change de position très souvent... - A.Casse: Aux Etats-Unis, il est beaucoup question du Groenland, mais aussi de la police de l'immigration de D.Trump.

Dernièrement, cette photo a surgi, assez émouvante. Elle choque l'Amérique. Un petit garçon de 5 ans rentrait de l'école.

Il aurait été emmené dans un centre de rétention au Texas par l'ICE. Ca a choqué les Américains. On le voit avec un petit bonnet bleu, avec des oreilles de lapin.

Il est désemparé. On voit son visage de petit enfant, cerné par des hommes en noir. Ca a pris une telle ampleur aux Etats-Unis que le vice-président J.D.Vance s'est rendu sur place pour faire baisser la température, selon son expression... - A.Toulouse: C'est vrai que ce problème d'immigration, qui est un gros problème politique car il y a presque 14 millions de personnes en situation irrégulière...

Et il y en a autant qui attendent d'être régularisées, qui ont suivi la loi. Mais le côté faible, c'est les enfants. Qui peut regarder des enfants séparés de leurs parents, enfermés loin de leur famille, des familles détruites...

C'est vrai que cette émotion, dans toutes les images de guerre, c'est ce qui fend le coeur. On est tous les parents de cet enfant. Ca joue beaucoup sur l'émotion.

Mais derrière, il y a le problème réel, qui est extrêmement complexe et qui ne se réglera pas à travers des images, hélas. - A.Casse: A quel point ça peut nuire à l'image de D.Trump chez lui et à l'étranger? - M.Bell: Je pense que ces images de l'ICE, qui s'impose avec toujours plus de force et de moyens...

On sait maintenant qu'ils peuvent entrer chez les gens sans mandat, ce qui pose problème d'un point de vue légal. L'enquête en cours sur la femme qui a été tuée il y a une quinzaine de jours, avec toutes sortes d'images qui montrent qu'elle n'était pas en position offensive par rapport à l'officier de l'ICE à ce moment-là, et les émeutes qui ont suivi...

Toutes les autorités locales ont été enlevées de cette enquête. L'équivalent de la ministre de l'Intérieur et le vice-président se sont précipités pour expliquer que cette femme était en tort. Il y a un décalage entre les images que voient les Américains sur ces agents masqués de l'ICE, avec de plus en plus de pouvoir, qui vont contrôler des gens au faciès dans les rues des Etats-Unis...

C'est considéré par beaucoup d'Américains comme étant non-américain. Des gens se font contrôler parce qu'ils pourraient être des migrants. Encore une fois, C'est une force fédérale...

C'est une force fédérale... - A.Casse: Est-ce que c'est la fin du rêve américain?

L'Amérique est en train de changer. Est-ce que vous entendez de plus en plus de témoignages? - M.Bell: Oui, les gens sont très inquiets.

Il y a ce décalage qui se crée entre la façon dont vivent les gens dans leur quartier, virulente, déshumanisante, par rapport aux gens qu'ils voient autour d'eux. L'ICE peut se comporter comme elle se comporte dans la rue en ayant parfois des conséquences fatales. On voit ce glissement dans les sondages du président Trump et ce sont des images très choquantes qui en font partie. - A.Casse: On se pose toujours la question entre la politique intérieure et la politique extérieure.

Est-ce que ça joue un rôle? Est-ce que D.Trump est confronté à des difficultés chez lui?

Est-ce pour cela qu'il s'est déchaîné contre nous cette semaine? - M.Bell: Ce qui est certain, c'est qu'on ne parle plus tellement des fichiers Epstein, pour l'instant. - D.Seux: Dans le Minnesota, il avait menacé il y a une dizaine de jours d'appliquer l'équivalent de l'article 16 français de la Constitution de 1958.

C'est une bascule incroyable! Est-ce que c'est arrivé aux Etats-Unis? Non. - M.Bell: C'est justement cette ancienne loi de temps de guerre qui est utilisée pour envoyer en Amérique latine...

Elle va passer devant la Cour suprême pour savoir à quel point elle est inconstitutionnelle. - A.Casse: Question.

D.Trump a-t-il renoncé aux droits de douane? Il n'a pas dit clairement s'il revenait sur sa menace d'augmenter de 200 % les taxes contre les vins et le champagne.

On est directement concernés. Quelles conséquences cette guerre commercial ...commerciale a-t-elle sur les entreprises françaises qui exportent aux Etats-Unis? - Dans cet atelier de l'Ain, la cadence est rythmée, colorée. - Ici, on est dans l'usine historique, le site de fabrication d'origine où on fabrique notamment la chaise bistro depuis des décennies. - Du mobilier de jardin exporté dans le monde entier, 10 % vers les Etats-Unis. - Voici un bon exemple.

C'est la table la plus vendue aux Etats-Unis. - Avec un nouveau prix depuis la mise en place des droits de douane à 15 %. - On avait un prix public autour de 300 dollars.

Aujourd'hui, c'est monté dans les 350-360. - Le directeur général de l'entreprise a le sentiment de naviguer à vue. Dernier rebondissement: le Parlement européen a décidé de suspendre la ratification de l'accord commercial signé en juillet dernier. - On ne nous donne pas le mode d'emploi.

Comme les règles changent un peu en permanence, on est obligés de s'adapter avec notre bon sens, sans avoir forcément de consignes. - Pour y voir plus clair dans ce brouillard, Baptiste est en contact permanent avec ses équipes outre-Atlantique, très inquiètes. - Il y a une petite montée de la frustration des Américains envers leur président. - Les Etats-Unis sont de toute façon un pays très pro-business.

Les choix politiques sont toujours tournés avec cette idée business. Et là, les milieux d'affaires, les entreprises voient bien que les décisions de Trump perturbent leur business. - A 300 km de là, dans ce vignoble de la Marne, Christine prend soin de ses hectares de vignes, héritage familial vieux de 10 générations. - C'est une parcelle de cépage meunier, vraiment spécifique de la Champagne. - Elle produit ici du champagne, un symbole de la gastronomie française, ciblé cette semaine encore par D.Trump avec menace de droits de douane de 200 %. - Ce n'est pas la 1re fois qu'il a ce genre de menaces.

Il l'avait déjà proférée il y a 10 mois maintenant...

Chaque jour, voire presque chaque heure, une nouvelle menace, et pas des moindres, pour notre métier. - Christine tente de garder le sourire, mais ses exportations vers les Etats-Unis, son plus gros client à l'étranger, ont été divisées par 6 en un an. - Sur les entrées de gamme, avant, on était à 55 voire 60 dollars maximum.

Maintenant, si on a 200 %...

Il n'y a plus grand-chose qui partira aux Etats-Unis. Ca a déjà été compliqué pour moi l'année dernière. Là, c'est comme un embargo. - Dans l'incertitude, elle recherche d'autres clients.

Elle espère surtout que l'UE se lancera dans un bras de fer avec D.Trump. - On a compris que c'était un président qui fonctionnait dans le rapport de force.

Même si nos institutions ne sont pas fondées de cette manière, à situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Donc, dans le même ton que celui dans lequel il nous parle. Une réponse forte et, je pense que si on n'avait pas cette réponse, on se sentirait abandonnés. - Une guerre commerciale qui inquiète les places boursières.

Les marchés dévissent à la moindre annonce de hausse de droits de douane de D.Trump. - A.Casse: Qu'est-ce qui vous marque dans ce reportage, général? - Gal Général D.Trinquand: Je le disais tout à l'heure, le problème des droits de douane et des accords entre les Etats-Unis et l'Europe qui ont été signés par U.von der Leyen dans le golf de monsieur Trump en Ecosse...

C'était déjà un signe! Ca a été la 1re réaction européenne et ça m'a beaucoup surpris. C'est le Parlement européen qui a décidé de geler les droits de douane, avant que le Conseil ne décide quoi que ce soit.

Donc ça a marqué une cohésion de l'Europe, du Parlement ou du Conseil. C'est un peu nouveau. Maintenant, le Conseil, à la fin de la réunion d'hier, a demandé de dégeler ce... - A.Casse: Parce qu'on est dans une période de détente? - Gal Général D.Trinquand: Oui, mais ça va contraindre un certain nombre de produits à appliquer des droits de douanes qui vont être compliqués. - A.Casse: C'est intéressant de voir cette vigneronne.

Elle aussi veut en découdre, maintenant. On durcit tous le ton. - D.Seux: C'est ce qui frappe, dans ce reportage.

Vous avez 2 chefs d'entreprise qui disent qu'il faut montrer les crocs, alors même qu'eux sont des victimes potentielles de ce qui se passe. On assiste, dans l'économie, à quelque chose dont on avait perdu l'habitude, c'est que la vie des entreprises est plus marquée que jamais par la géopolitique. C'est la politique qui a une influence sur la vie des entreprises.

Depuis 20 ans, et même depuis 1990, depuis la mondialisation, la politique mettait de l'huile dans les rouages. Elle a baissé les murs pour les entreprises, entre pays. Aujourd'hui, la géopolitique remonte les murs et ça devient plus difficile.

Quand on est chef d'entreprise, non seulement il faut regarder les coûts, les marchés, mais aussi ce que font V.Poutine et D.Trump.

C'est une nouvelle conception. - A.Casse: Est-ce que les patrons se rebiffent? - M.Bell: Avec justement cette inquiétude sur les Etats-Unis, sur le long terme.

Si ce n'est plus un allié commercial fiable, les entreprises vont trouver d'autres moyens de vendre ce qu'elles ont à vendre. Il y a aussi cette inquiétude du monde économique aux Etats-Unis, sur les attaques contre l'indépendance de la Fed. On parlait tout à l'heure de l'impact des fluctuations du marché sur D.Trump et ses décisions, mais il y a aussi au sein de la classe économique américaine beaucoup d'inquiétude par rapport à ça.

Il y a eu la réponse du principal opposant...

Il y a eu cette lettre, signée par tous les anciens chefs de la Fed encore en vie...

Il n'y a aucun pays au monde où un président a de l'influence sur les taux et où ça se passe bien. Ils essayaient de rappeler comment l'économie américaine fonctionne. - A.Casse: Mais Trump essaye de tout contrôler? - Gal Général D.Trinquand: Je reviens sur le durcissement.

Dans les sondages qu'on voit en France, il y a un durcissement. En France, on a été biberonnés par le général de Gaulle à l'indépendance et à l'autonomie depuis très longtemps. Ma question, c'est les autres Européens.

Pour l'instant, ils montrent cette cohésion et c'est un bon signe. Mais il y a un durcissement de l'ensemble car trop, c'est trop. - A.Casse: On passe à vos questions.

Question. - D.Seux: Il y a 2 E.Macron.

Il y a l'international, dont l'image globale est qu'il se démène dans tous les sens pour que les choses marchent, depuis toujours... - A.Casse: Mais il est à la fin de son mandat.

On sait qu'il ne se représentera pas et qu'il n'a rien à perdre. Est-ce que ça ne peut pas le rendre plus sympathique, de voir qu'il va jusqu'au bout? - D.Seux: C'est possible.

La séquence des 2 derniers jours est bonne pour lui, sans aucun doute. Mais ce n'est pas sûr que ça va remonter sa cote sur les sujets intérieurs. - A.Casse: Question. - A.Toulouse: Ce socle est déjà en train de s'effondrer.

Si on regarde les sondages, il perd le bloc le plus important dans une élection, celui des indépendants. Il y a eu un sondage dans le "New York Times", et ce qui était frappant, c'est qu'on voyait des doutes aussi de la part des gens qui ont voté pour Trump. Pas parce qu'ils étaient républicains ou encore moins Maga, mais parce qu'ils préféraient sa politique à celle des démocrates.

On voit nettement son socle s'effriter dans plusieurs domaines. Il a aussi perdu du poids chez les Latinos, dont l'électorat était monté. On sait qu'il dit que les sondages sont faux, complètement fabriqués, mais je pense que, quelque part, il commence à entendre ce message des Américains qui sont extrêmement déçus sur la situation économique.

Elle n'est pas si mauvaise que ça, mais il y a une mauvaise perception. On a l'impression qu'il n'y a pas de direction. Comme le disait M.Bell, cette incertitude économique que l'on voit en France face aux droits de douane, c'est la même chose aux Etats-Unis.

Les chefs d'entreprise ne savent pas combien vont coûter leurs matières premières ou s'ils vont exporter. Je crois l'avoir déjà dit, mais le sentiment qu'il y a aux Etats-Unis par dessus tout, c'est un sentiment d'incertitude. On a l'impression de marcher sur des sables mouvants.

A la veille d'une élection, c'est très dommageable, car les gens aiment savoir où ils vont. - A.Casse: Ca peut avoir quelles conséquences?

Ca peut influencer D.Trump et le faire changer de discours, par endroits? Ou bien ça peut le pousser à enjamber les midterms et à s'accrocher au pouvoir jusqu'au bout? - M.Bell: Un ancien stratège du Parti républicain se demandait s'il essayait de perdre les élections de mi-mandat, en fait...

Pour l'instant, il y a beaucoup de questions par rapport à sa stratégie et sans doute aussi par rapport à sa santé mentale...

Mais c'était frappant de voir cette semaine le monde entier regarder de près ce qui se passait autour de ce président, comment il s'exprimait et comment il a plié sur cette question. Son attention peut passer d'une question à l'autre, constamment. On s'y est fait presque malgré nous, aux Etats-Unis. - A.Casse: Il y a aussi cette photo qui a surgi aujourd'hui de la main de D.Trump...

Il a encore un bleu. On scrute chaque recoin de son corps pour essayer de voir un signe de maladie ou une explication... - A.Toulouse: Il s'automédique avec plus de 300 mg d'aspirine.

La dose conseillée, c'est 80 g. On se demande comment il n'est pas couvert de bleus! - A.Casse: Il l'est peut-être! - A.Toulouse: C'est une aberration médicale.

Il doit avoir des trous dans l'estomac. - D.Seux: Il faut quand même dire que le pronostic, c'est qu'il ne serait pas élu en 2016, réélu en 2024...

Donc un peu de prudence, quand même! Je le dis pour les archives de cette émission! - A.Casse: Question. - Gal Général D.Trinquand: Il y a 2 options.

Après le sale coup qu'il a fait aux Iraniens, quand il leur a dit que l'aide arrivait, que les moyens se mettaient en place, et puis tout s'est arrêté... - A.Casse: Un autre recul? - Gal Général D.Trinquand: Oui, chicken out, comme disent les Américains.

Là, il concentre les moyens. On sait qu'il n'est pas intervenu la 1re fois à la demande de ses alliés autour du golfe, qui n'était pas prêt à recevoir des missiles balistiques iraniens. Donc, il faut qu'on se prépare et on a besoin de concentrer les moyens pour se préparer. - A.Casse: Pour plus tard? - Gal Général D.Trinquand: Oui.

On met les moyens en place. La 2e option, c'est tout simplement de faire monter la pression auprès du gouvernement iranien pour obtenir ce qu'il veut, c'est-à-dire l'arrêt de l'enrichissement, du programme nucléaire...

Il y a 15 jours ou 3 semaines, j'étais en faveur d'une opération avec le Mossad, car il est très infiltré dans le système, pour casser le régime des mollahs avec, soit une neutralisation des Pasdaran, soit un rachat, comme on l'a fait ailleurs. Cette opération était possible et sera possible avec ces moyens. Mais ça dépendra...

Aujourd'hui, on dit que D.Trump demande des options. Dans l'armée, on présente des options au président en donnant 20 %, 30 %, 40 % de risque...

Lui, il en veut zéro mais c'est impossible. Va-t-il prendre un risque ou pas? - D.Seux: A-t-il renoncé sur le Groenland parce qu'il a une opération en préparation ailleurs?

Après avoir capturé Maduro, il veut peut-être capturer le pouvoir à Téhéran. Dans un élan narcissique, tout est possible! - M.Bell: Autre élément inquiétant par rapport à ce que disait Dominique, dans l'entretien qu'il a livré récemment, il a dit qu'il ne s'estimait plus retenu par le Congrès, par la Constitution ou par le droit international, mais seulement par sa propre moralité. - D.Seux: Par son propre jugement, disons! - A.Casse: Merci à tous les 4 d'avoir été nos invités.

Tout de suite, M.Bouhafsi pour "C à vous". - M.Bouhafsi: L'Europe s'est réveillée face à D.Trump.

E.Macron semble avoir fait plier le président américain. Quelles seront les conséquences sur notre économie en France?

On en parle avec F.Lenglet. Pour certains, c'est du folklore et pour d'autres, un fléau.

Le bizutage dans les écoles de commerce ou de médecine, un mot qui hante des milliers de parents en France. Vous entendrez un témoignage de colère de Daniel dont le fils est mort à 19 ans, après une soirée alcoolisée. Il cherche des réponses et des responsables pour enfin