Tenir Parole 01. Lutte ouvrière, NPA-R, Révolution permanente, hors-série présidentielle 2027
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« Nathalie Harto a fait 0,56 % en 2012, 0,64 en 2017, 0,56 en 2022. »
- 1:28Fait
« Lutte ouvrière considère que les moments électoraux ne sont pas l'essentiel et que ce qui compte se passe dans la rue. »
- 13:43Chiffre
« 2940000 ménages attendaient un logement social au 1er trimestre 2026 pour un taux d'attribution d'environ 9,4 %. »
- 18:05Chiffre
« 100000 logements vacants au dernier recensement complet, soit un peu plus de 8 % de notre parc national. »
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Le monde a mis des siècles à construire ses actifs, ses immeubles, [musique] ses forêts, son or, ses infrastructures, ses obligations. Des richesses colossales, réelles, tangibles mais verrouillées, inaccessible au plus grand nombre, totalement immobile. Aujourd'hui, tout cela est en train de changer. Les actifs réels entrent dans l'air numérique fractionnable, liquide, programmable, ouvert à tous. C'est la révolution des Real World Assets et c'est le sujet de ce podcast. Real Assets, comprendre la tokenisation du monde réel. Nous sommes le 3 mai
2027 au lendemain de l'élection et une candidature ouvrière et révolutionnaire a remporté l'élection présidentielle. Vous venez de sourire et vous avez raison puisque Nathalie Harto a fait 0,56 % en 2012, 0,64 en 2017, 0,56 en 2022. Anaskaib pour révolution permanente n'avait pas réuni ses 500 parrainages en 2022. Selma Malabib conduisait la NPA révolutionnaire aux européennes de 2024 qui a recueilli au final 0,15 % des suffrages. L'hypothèse est parfaitement donc invraisemblable et je vais pas faire semblant de du contraire. Ce qui rend l'exercice intéressant ici, c'est que ces trois organisations sont les premières à dire que la question est mal posée. Lutte ouvrière considère que les moments électoraux ne sont pas l'essentiel et que ce qui compte se passe dans la rue. révolution permanente présente explicitement sa candidature comme une tribune destinée à soutenir les mobilisations plutôt que comme une voie de conquête du pouvoir. Le NPA révolutionnaire
parle de porte-voie des luttes. Les trois soutiennent que rien d'essentiel ne s'obtient par le bulletin et que tout s'obtient par la grève, par le blocage de la production et l'auto-organisation. Alors, déroulons leur hypothèse plutôt que la mienne. Le scénario n'est pas celui d'un président qui gouverne par décret depuis l'Élysée, mais c'est celui d'une situation où le rapport de force a basculé, où un mandat existe pour appliquer le programme et où
le pouvoir s'appuie sur l'auto-organisation des travailleurs davantage que sur l'appareil d'état. C'est leur propre schéma. Il pose des problèmes techniques précis et ces problèmes n'ont pour la plupart jamais été traité. Une précision de méthode avant d'entrer, je vais parler pendant 30 minutes de technologie que ces trois organisations n'ont absolument jamais évoqué et qu'elles associeraient probablement à juste titre au capitalisme financier le plus spéculatif. Je ne vais pas leur vendre la crypto,
je vais examiner une revendication qui traverse leur tradition depuis 1938, à savoir l'ouverture des livres de compte et le contrôle des travailleurs sur l'économie et montrer qu'elle est aujourd'hui avant tout un problème d'infrastructure, d'information. Et je vais dire d'entrée ce que je ne dirai pas. Vous n'entendrez pas dans cet épisode un mot sur la réduction des effectifs de la fonction publique, sur la productivité administrative ou sur la simplification. Ce vocabulaire a servi depuis 20 ans à justifier des suppressions de poste et
la méfiance qu'il inspire dans ce camp politique est tout à fait fondé. Tout ce que je vais décrire suppose autant d'agents publics et même souvent davantage. Attaquons. Voyons ce que les programmes demandent. On a donc trois candidatures, trois organisations issues du trotskisme et des différences réelles qu'il serait pour ma part malhonnête d'aplatir. Donc commençons par lutte ouvrière. Je l'ai pris dans ce sens là tout à l'heure. Lutte ouvrière.
Nathalie présente se présente pour la 4e fois. Désignation votée en Congrès et annoncée en décembre 2025. Le parti revendique 8000 adhérents et s'est présenté dans 250 villes au municipal de 2026. Son corpus programmatique est volontairement bref. On a 13 mesures sourcées sur quatre thèmes selon les recensements publics. Les axes tiennent en peu de mots, à savoir l'augmentation générale des salaires indexés sur le prix, l'interdiction des licenciements, le contrôle des travailleurs sur les entreprises et l'expropriation des banques. Cette brièveté est je pense hein assumée. Lut ouvrière refuse la logique du catalogue du gouvernement et présente une candidature de témoignage de classe. Révolution permanente a lancé la candidature d'Anaskazib qui est un cheminot et syndicaliste Sudraille à la fête de l'humanité les 12 et 13 septembre dernier. Là très récemment. C'est le programme le plus détaillé des toit des des trois, excusez-moi, qui est
sorti et aussi fatalement le plus récent. On y trouve le SMIC à 2000 € indexés sur les prix, la semaine de 28h pour répartir le temps de travail, la retraite à 60 ans et 55 pour les métiers pénibles sans conditions d'annuité. L'interdiction des licenciements et des suppressions de poste vient ensuite un bloc consacré à l'éclatement du salariat avec la fin de la sous-traitance. Le contrat a duré indéterminé pour tous, l'embauche des précaires, des intérimères et des contractuels et le principe d'un même salaire pour un même travail. Puis l'expropriation sans indemnité ni rachat. des secteurs stratégiques de l'énergie à la santé placé sous contrôle des travailleurs si ajoute la socialisation du travail domestique, la régularisation des travailleurs sans papier un volet d'abrayation de lois sécuritaire et un axe antimilitariste et anti-impérialiste que je mentionne pour l'exactitude du tableau sans y revenir pour autant faute de prise technique. Je dirais
le NPA révolutionnaire a désigné Selma Labib qui a 30 ans. Elle est conductrice de bus en binôme avec euh Gaë Kir, Gaë au masculin qui est donc postier et syndicaliste. Les axes annoncés portent sur les salaires, les retraites et le chômage, sur les services publics d'éducation, de santé et de logement et sur l'opposition aux subventions patronales. La candidate est engagée dans le conflit née de l'ouverture à la concurrence dans les transports où un réseau de ligne de bus est attribué par l'eau à des opérateurs distant. Et retenez ce détail parce que
nous allons y revenir et parce qu'il contient en miniature tout le problème que cet épisode traite. Donc on a trois propositions honnêtes pour finir. Ces trois organisations ne s'entendent néanmoins pas. Le NPA révolutionnaire a proposé une campagne commune derrière Nathalie Artau. Donc bah lutte ouvrière a refusé. Révolution permanente rejette par principe les primaires et les alliances. Deuxième précision, aucune des trois ne traite le logement de façon développée dans ces documents de campagne, ce qui est notable pour des organisation dont l'électorat est le plus mal logé du pays en règle générale.
3è précision, la bataille des 500 parrainages et pour au moins deux d'entre elles une question qui reste aujourd'hui ouverte et elle la présente elle-même comme le premier obstacle. Voyons maintenant le verou, le contrôle des travailleurs sur l'économie et la revendication commune aux trois programmes, vous l'avez bien entendu, je pense. Et c'est aussi la seule qui les distingue vraiment de la gauche de gouvernement. Or, elle se heurte depuis un siècle au même mur et ce mur n'est pas un mur idéologique.
On contrôle pas ce qu'on ne voit pas. Le programme de transition rédigé en 1938 l'avait parfaitement identifié. Il place l'abolition du secret commercial comme condition préalable du contrôle ouvrier pour une raison simple, à savoir qu'un comité d'entreprise qui ignore les comptes réels, les flux entre filiales et les prix de session interne ne contrôle absolument rien du tout. Il assiste à des décisions qu'on lui présente comme inéluctables. 88 ans plus tard, la situation s'est aggravée
et pour une raison technique qui n'avait pas été anticipée. En 1938, l'usine et l'entreprise coïncidait à peu près. Aujourd'hui, l'usine est un site où travaille côte à côte des salariés de sep employeurs différents. Le réseau de bus qui évoque Selma Malabib illustre exactement cela. Un service public découpé en l'eau attribué à des opérateurs distincts avec des conditions de travail qui divergent d'un lot à l'autre pour le même métier sur la même ligne. Reprenez maintenant la revendication de révolution permanente. Un même salaire pour un même travail.
Elle est absolument limpide sur le papier. sur un chantier ou dans un entrepôt, elle suppose de comparer les rémunérations de personnes qui n'ont ni le même employeur, ni la même convention collective, ni le même bulletin de paix et dont les contrats sont couverts par le secret des affaires. Personne aujourd'hui ne pourrait établir cette comparaison, ni les syndicats, ni l'inspection du travail, ni même les salariés eux-mêmes. les mêmes problèmes pour l'interdiction des licenciements. Interdire suppose de constater et constater suppose de savoir qui décide. Quand la décision remonte une chaîne de
filiale dont la tête se trouve dans un autre pays, il n'existe pas de destinataire identifiable pour l'interdiction. Même problème enfin pour l'expropriation. Exproprier une entreprise exige de savoir ce qu'elle possède. Ouais. Et à travers quelle structure ? Un plan de nationalisation [raclement de gorge] sans cartographie préalable des participations produit un périmètre troué et le patrimoine s'évapore par les trous pendant qu'on rédige le décret. Le verrou est donc un verrou d'information et
c'est précisément la catégorie de problèmes que les registres partagés traitent bien. Voyons maintenant la partie logement et plus précisément qui possède réellement l'immeuble parce que nous arrivons sur un terrain là que je connais bien sûr, vous le savez maintenant et il faut commencer par un constat plutôt désagréable pour cet épisode. Le logement, c'est le point faible des trois programmes. Il figure dans une dans une énumération de services publics chez NPA révolutionnaire et reste largement implicite chez les deux autres. C'est d'autant plus frappant d'ailleurs que les chiffres du mal logement décrivent exactement leur base sociale.
2940000 ménages attendaient un logement social au 1er trimestre 2026 pour un taux d'attribution d'environ 9,4 %. Donc on a plus de 93000 ménages reconnus prioritaires au titre du droit du logement opposable qui attendent un relogement dont plus de 85000 au-delà du délai légal, soit environ 590000 personnes vivent hébergé aujourd'hui chez des proches sans bail et sans statue. Et bien voici ce qu'une infrastructure de registre change dans cette matière en gardant pour Bussol la question du contrôle. Et c'est certainement le point le plus important de tout cet épisode et il est parfaitement documenté. La France a ouvert au public à partir de 2021 son registre des bénéficiaires effectifs, c'est-à-dire la liste des personnes physiques qui contrôlent réellement les sociétés. Le 22 novembre 2022, la Cour de justice de l'Union européenne dans les affaires jointes C3720 et C60120 a jugé que cet accès général du public portait une atteinte grave aux articles 7 et 8 de la charte des droits fondamentaux. L'accès public a été fermé
le 31 juillet 2024. La loi du 30 avril 2025 puis le décret du 24 avril 2026 ont organisé le nouveau régime où seules les personnes justifiant d'un intérêt légitime peuvent consulter sur formulaire adressé à l'INPI avec 12 jours pour statuer. Traduisons un petit peu la chose. Une amicale de locataire qui veut établir que le propriétaire de son immeuble insalubre détient également 11 autres immeubles dans la même commune doit donc désormais déposer un dossier et attendre une autorisation. Un délégué syndical qui cherche à savoir quelle société de tête contrôle son donneur
d'ordre est exactement dans la même situation. Et pourtant, la cour n'a pas tort. Publier la liste nominative des propriétaires de France avec leurs adresses et leur dates de naissance est une atteinte réelle à la vie privée, y compris celle de petits propriétaires qui n'ont rien de marchant de sommeil. C'est exactement le conflit que la preuve sans divulgation résout. La technique permet de répondre à une question sans livrer le fichier. Le registre pour établir publiquement qu'une même personne physique contrôle les 12 sociétés propriétaires des 12 immeubles frappés d'un arrêté d'insalubrité dans le département sans révéler son nom tant qu'aucune autorité
n'a décidé de lever. Le lien devient alors public. L'identité reste protégée. Le chiffre agrégé. devient oppos dans le débat et l'anonymat tombe au terme d'une procédure plutôt que par une publication de masse. Pour un mouvement dont la revendication centrale est de rendre visible ce que la propriété dissimule, et bien je pense que c'est un outil qui vaut mieux qu'un fichier ouvert parce qu'il survit totalement au contentieux. Le procédé euh classique du marchand de sommeil consiste à dissoudre la société civile
immobilière visée par une procédure et à reloger le bien dans une structure neuve. L'arrêté d'insalubrité poursuit un nom donc qui n'existe plus. Un registre foncier partagé attache la mesure à la parcelle et le bien porte son passif quel que soit le porteur. Aucune loi nouvelle n'est donc nécessaire. Seulement un registre où le lien entre le bien et la procédure ne se perd pas au changement de propriétaire. Quant au fait de pouvoir prouver la vacance et bien 100000 logements vacants au dernier recensement complet, soit un
peu plus de 8 % de notre parc national, et bien la réquisition figure dans la tradition de ces trois organisations et elle bute depuis toujours sur la preuve. Une attestation signée par le gestionnaire du réseau électrique établissant qu'une consommation est restée sous un seuil pendant 12 mois consécutifs constitue un commencement de preuve sans qu'aucune courbe de charge ne soit communiquée à quiconque. Le dispositif transforme un soupçon en fait contestable devant un juge. Quant au contrôle des locataires sur le bailleur, voici la version logement du
contrôle ouvrier et elle est tout à fait réalisable. Un locataire du parc social ne peut aujourd'hui ni vérifier le détail de ses charges, ni même suivre l'exécution du fond de travaux, ni savoir où en est le programme de rénovation de son immeuble. Il reçoit donc un décompte annuel qu'il n'a aucun moyen d'auditer. Un registre partagé entre le bailleur et l'amical de locataire rend chaque dépense vérifiable en continu. Chaque marché devient tout d'un coup consultable. Chaque retard est donc visible. Le bailleur ne perd aucun pouvoir de décision. Il perd la possibilité de présenter un
résultat sans montrer le chemin, ce qui est plutôt bien. Concernant la file d'attente, la Cour des comptes a relevé que la procédure d'attribution du logement social reste parfaitement illisible pour les ménages qui comprennent mal leur position dans la file et les raisons d'un refus. Cette opacité nourrit deux soupçons symétriques et également corrosifs. Celui du passe droit et celui de la discrimination. Une file dont chacun vérifie sa position sans accéder au dossier des autres ne crée pas un logement supplémentaire. Elle retire
au soupçon 120. Ce qui dans les quartiers n'est pas une petite affaire. On a maintenant trois chantiers devant nous. Le premier chantier est la chaîne de sous-traitance. Reprenons la revendication d'un même salaire pour un même travail et rendons-la opposable. Le principe est le suivant : toute entreprise intervenant sur un site produit une attestation vérifiable indiquant pour chaque poste de travail la qualification, le nombre d'heures et la rémunération horaire. Aucun nom, aucune donnée personnelle
n'est ici divulguée. Le registre du site agrège ses attestation et rend visible l'écart de rémunération entre deux personnes occupant le même poste pour deux employeurs différents. Et l'écart cesse alors d'être une conviction et devient un fait documenté, utilisable en négociation devant l'inspection du travail et devant le juge. La loi sur le devoir de vigilance de 2017 et la directive européenne sur le devoir de vigilance des entreprises fournissent déjà le fondement juridique d'une responsabilité du donneur d'ordre. Ce qui manque, ce n'est pas le droit mais c'est l'instrumentation.
Le même dispositif rend visible la cascade elle-même, c'est-à-dire le nombre de niveaux entre le donneur d'ordre et l'exécutant. Une entreprise qui doit publier qu'elle recourt à 5 niveaux de sous-traitance sur un chantier public perd un argument qu'elle ne récupérera pas. Notre deuxième chantier, c'est la caisse de grève et l'assemblée générale. Les trois organisations placent la grève au centre même de leur stratégie. On a deux problèmes pratiques qui limitent aujourd'hui les mouvements longs. Le premier est financier. Une caisse de grève qui collecte plusieurs centaines de milliers d'euros pose une question de confiance à l'intérieur même
du mouvement puisque les donateurs ne voient ni le solde ni la répartition. Une caisse dont chaque entrée et chaque versement sont vérifiables en temps réel avec des bénéficiaires identifiés par un numéro plutôt que par un nom lève l'objection sans exposer personne. La question n'est donc pas théorique. La suspicion sur la gestion des caisses, c'est un grand classique des campagnes de des campagnes de de dénigrement et une comptabilité auditable la désarme bien mieux qu'un communiqué. Le second problème réside dans la souveraineté des assemblées générales que révolution permanente mais au premier plan d'ailleurs de sa stratégie.
Une assemblée générale souveraine fonctionne bien à 200 personnes dans un amphithéâtre. Elle fonctionne mal à 40 sites répartis sur le territoire où la coordination repose sur des comptes-rendus téléphoniques et où personne ne peut vérifier le décompte. Un système de vote vérifiable où chaque participant s'assure que sa voix a été comptée sans que son choix soit connu et bien permet d'organiser un scrutin intersite en à peine quelques heures et c'est un outil de coordination horizontal et il travaille contre les appareils syndicaux centralisés plutôt qu'en leur faveur.
Le troisème chantier, ce sont les livres de compte. C'est le chantier certainement le plus lourd et le plus conforme à la tradition. Une entreprise au-dessus d'un certain seuil publie sur un registre partagé un jeu restreint et vérifiable de données à savoir le chiffre d'affaires par filiale, les flux financiers entre entités du groupe, la masse salariale par catégorie, les dividendes versées et les aides publiques reçues par la stratégie, par les brevets, par les fichiers clients. les grandes qui permettent de savoir où va l'argent. Deux effets ici. Le premier concerne
opposition aux subvention patronale que porte le NPA révolutionnaire où le rapprochement entre être perçu emploi supprimé et dividend versé devient là immédiat et public. Le second concerne l'expropriation puisqu'une une cartographie tenue en continu rend le périmètre d'une nationalisation calculable le jour où la décision est prise au lieu d'exiger 18 mois d'audit pendant lesquels les actifs se réorganisent. Un obstacle sérieux se dresse néanmoins ici. La directive européenne de 2016 sur le
secret des affaires transposé en droit français en 2018 protège précisément ces informations. Aucune technologie ne contourne un texte. Ce que je décris suppose une modification législative et c'est un combat politique classique. La technique ne fait qu'une chose là présentement. Elle rend la publication praticable le jour où la loi l'autorise au lieu de la laisser à l'état de principe inapplicable. Parlons maintenant un peu de du calendrier sur cette fin d'épisode. Nous sommes sur l'année 1,
le registre foncier partagé avec attachement des procédures au bien plutôt qu'au propriétaire et ouverture des liens de détention par preuve sans divulgation. C'est le chantier le plus simple juridiquement parce qu'il ne crée aucune donnée nouvelle et se contente de relier des sources publiques existantes. Parallèlement, les outils de caisse de grève et de vote intersite qui ne demandent aucune loi et peuvent être construits par les organisations elles-mêmes en quelques mois et pour un coût modeste. Sur l'année 2, l'attestation de poste sur les chantiers et cite à employeur multiples d'abord sur les marchés publics où la puissance publique peut l'imposer par le cahier des charges sans
passer par le parlement. Ouverture du registre des bailleurs sociaux aux amicales de locataire par convention plutôt que par la loi. Année 3, l'oracle de vacances adossé aux données des gestionnaires de réseau et le dispositif de constatation qui en découle. extension de l'attestation de poste au secteur privé, ce qui exige cette fois un véhicule législatif. Année 4, la publication des grandeurs financières des grands groupes qui supposent d'avoir modifié le régime du secret des affaires et probablement d'avoir affronté un contentieux constitutionnel et européen. C'est le point durat.
année 5 consolidation et la seule chose qui compte vraiment sur 5 ans à savoir vérifier que ce qui a été construit sert encore à ceux pour qui ça a été construit. Le coût le coût le coût est faible au regard de ce dont on parle. Les briques foncières relèvent de l'interconnexion de base existante. Quelques dizaines de millions d'euros je pense au total sur un quinquena. Les outils d'organisation collective coûtent moins qu'une campagne d'affichage. En bref, le registre des années financières des grands groupes, c'est le poste lourd et
son coût serait négligeable comparé aux sommes qu'il rendrait visible. Le rendement se mesure mal en euro, ce qui est cohérent avec le propos. Il se mesure en asymétrie corrigée. Maintenant, les échecs et il y en a trois que j'ai pu lister. Le premier, c'est le retournement. Une infrastructure de traçabilité construite pour les travailleurs va se retourner contre eux sans changer une ligne de code, uniquement en changeant qui tient les clai. Un système qui documente les écarts de salaires documente aussi les
présences, les absences et les cadences. Révolution permanente décrit une classe ouvrière contrôlée au chronomètre plus que jamais. Et elle a raison. et je viens de passer 20 minutes à décrire des outils qui rendent le chronomètre beaucoup plus fin. La seule protection tient dans la gouvernance, c'est-à-dire dans le fait que le registre soit tenu par les intéressés, que son code soit public et que personne, je dis bien personne, ne puisse y ajouter un champ sans que tout le monde le voit. Si cette condition n'est pas remplie, il ne faut pas construire l'outil et je le dis sans réserve. Le deuxième est la fuite hors du périmètre. Une
obligation de transparence qui s'arrête à la frontière déplace l'activité plutôt qu'elle ne l'éclaire. Le sujet est européen il n'est rien. Voilà dans l'état actuel des choses tout du moins. Le troisème est le fétichisme de l'outil parce qu'un registre ne fait pas grève et il ne négocie pas. Il ne bloque rien non plus. Il ne construit aucun rapport de force mais il enregistre. Ces trois organisations soutiennent que rien ne s'obtient sans mobilisation et sur ce point précis, elles ont raison contre tous les vendeurs de solutions
et peut-être moins compris. Ce que l'outil change, c'est la qualité de l'information dont dispose un mouvement qui existe déjà. Là où il n'y a pas de mouvement, il ne produit rien. Je vais refermer cet épisode sur l'avertissement du début parce que je pense que c'est le meilleur moyen de prendre la chose. Rien de ce que j'ai décrit ne supprime un poste dans une administration. Une caisse qui verse automatiquement ce qu'elle doit a besoin d'autant d'agents simplement occupés à autre chose qu'à redemander
des pièces déjà fournies. Une inspection du travail équipée d'une cartographie des chaînes de sous-traitance a besoin de plus d'inspecteurs et pas de moins d'inspecteur parce qu'elle verra enfin ce qu'elle ne pouvait pas voir. Le discours de la simplification a servi trop souvent d'emballage à autre chose pour qu'on l'emploie ici sans y regarder. Et je termine sur ce qui me paraît l'ironie la plus intéressante de cet épisode, la revendication d'ouvrir les livres de compte à 100 ans. Elle a toujours échoué sur la même objection, à savoir qu'on ne peut pas tout publier sans détruire des vies
privées légitimes. C'est exactement ce qu'a jugé la Cour de justice en 2022. Il existe aujourd'hui une famille de technique qui permet de prouver un lien sans publier une identité. Et cette famille de technique est née dans l'univers que ce camp, non sans raison pour le plus détestable du capitalisme contemporain. Les outils n'ont pas d'opinion, ils ont des propriétaires. Si vous militez dans l'une de ces trois organisations, dans un syndicat, dans une amicale de locataire et que quelque chose ici vous a parutilable,
et bien écrivez-moi. écrivez aussi également dans les commentaires là où vous m'écoutez ou me regardez puisque c'est aussi sur YouTube, même si je ne suis pas physiquement sur l'image, mais utiliser les champs de commentaires aux endroits sous l'épisode et échanger avec moi, échangez entre vous, écrivez-moi par message, je vous répondrai avec très grand plaisir. Je ne vends rien dans ce podcast. Et franchement, je serais assez curieux de la conversation qui peut en ressortir parce que ces sujets aujourd'hui, je ne les ai pas entendu dans les campagnes
des gens cités, mais même je dirais plus largement. Voilà, je vous donne rendez-vous au prochain épisode. C'était David pour le podcast de Real Assets et nous allons continuer dans la gauche, mais cette fois-ci euh par révolutionnaire. Donc je vous dis à très vite au prochain épisode. Vous venez d'écouter Real Assets. Si cet épisode vous a appris quelque chose, partagez-le. Cette révolution mérite d'être comprise par le plus grand nombre. Retrouver tous les épisodes, les ressources et les références sur realassets.fr. À très bientôt.
Nathalie Arthaud