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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 3 février 2026 24 min

Budget, "CDI jeunes", "primaire ouverte"... Le "8h30 franceinfo" d'Amélie de Montchalin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info Bonjour Amélie Monchalin. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info.

0:07
Invité

Bonjour Paul. Bonjour mesdames, bonjour à tous.

0:09
Présentateur

Le budget 2026 a été adopté hier soir après un ultime 49-3 et le rejet de deux ultimes motions de censure. Un budget qui ne satisfait pas grand monde, même dans votre propre camp, ça grince. On écoute Gabriel Attal à votre place il y a quelques jours. Vous avez dit, c'est la fin du quinquennat.

0:27
Amélie de Montchalin

Non, parce que ce budget ne prépare rien. Ce budget... Vous l'avez dit ou pas ? Oui, je viens de dire que j'avais prononcé cette phrase. Moi, j'assume ce que je dis. Le principal mérite de ce budget, c'est d'avoir un budget. Maintenant, c'est vrai que ce budget ne prépare pas l'avenir. Il ne prépare pas grand-chose.

0:41
Présentateur

Amélie Monchalin, est-ce un budget pour rien ? Non, c'est un budget pour avoir de la stabilité. Et on a eu des débats très longs, parfois très frustrants pour beaucoup de participants politiques, parce que effectivement, ce n'est pas un budget qui est celui qui aurait été fait si nous avions eu, si certains même avaient eu, d'autres que nous, une majorité absolue. C'est son seul mérite, la stabilité, comme le dit Gabriel Attal ? Moi, je pense que, vous voyez, dans le monde qui est le nôtre, avec les pressions internationales, avec l'enjeu de la souveraineté européenne, avec cette année qu'on doit acter, qui est une année de transition politique.

Il y a eu des élections législatives en 2024 qui n'ont pas permis de dégager une majorité absolue. Il y aura une élection présidentielle en 2027. La question, c'est comment on s'occupe des Français aujourd'hui ? Et vous avez un certain nombre de partis de gouvernement, de droite, de gauche, qui sont des opposants politiques, qui iront de manière, évidemment, différente aux élections, qui se sont dit, et je pense que c'était à leur honneur, qu'il fallait que nous arrivions à faire, entre guillemets, tourner le pays en 2026.

Que les Français qui se sont réveillés le 1er janvier 2026, ils avaient des besoins en termes de logement, ils avaient des besoins en termes d'entreprise quand ils étaient petits patrons et qu'ils voulaient embaucher, investir, qu'ils avaient des besoins en tant que jeunes. Mais c'est pas ce que disent certains au sein de votre propre camp. Et donc, moi, j'assume de vous dire, ce budget, c'est pas celui qu'on a proposé. C'est même peut-être celui que personne n'aurait imaginé écrire.

1:57
Invité

Et vous avez passé physiquement 400 heures sur le même banc entre l'Assemblée et le Sénat. C'est un record sous la Ve République. Vous vous dites pas au fond de vous, quand même, tout ça pour ça, par rapport à votre ambition initiale ?

2:06
Présentateur

Moi, je dois vous dire que tout ça, pourquoi ? Pour déjà réduire le déficit. C'était pas gagné. Tout ça pour éviter des aventures qui auraient été très dangereuses pour l'économie. On a eu des débats, vous savez que la France Insoumise et le Rassemblement National, à un moment donné, ont voté main dans la main 34 milliards de hausses d'impôts qui auraient mis à plat l'économie française. Nous avons un budget qui permet de réduire le déficit moitié par des efforts en économie, moitié par une hausse modérée de la fiscalité. Les impôts en 2026 seront les mêmes qu'en 2025 pour les entreprises, pour les ménages. Il n'y a pas de changements qui doivent inquiéter nos concitoyens.

Et à la fin, si on regarde tout le budget de la Sécurité sociale et de l'État, on a moins d'impôts dans le PIB qu'en 2019 avant le Covid.

2:47
Invité

Est-ce que vous n'avez pas creusé la dette publique pour reprendre le modèle Marc Fénault qui résume le budget ? Nous avons fait ce que nous savons faire le mieux dans ce pays, de la dépense publique à l'aveugle.

2:54
Présentateur

Je n'ai aucun doute, je suis ministre des comptes publics. J'ai passé des mois, depuis un an, à dire à quel point revenir à un déficit autour ou sous 3%. C'est quand même un objectif qui n'est pas un objectif comptable, c'est un objectif de puissance, de souveraineté. On est tellement loin, on a plus de 5 là. Oui, mais moi je suis arrivé dans un bâtiment à Bercy il y a plus d'un an. Le déficit constaté à ce moment-là, c'était 5,8%. On a eu un débat, un compromis en janvier 2025. Ça a permis d'avoir un budget pour 2025. Bilan, on a eu 0,9% de croissance plus que tous les autres pays européens. Bilan, on a réduit à 5,4% de déficit. Et j'insiste sur ce point.

On a aussi, on voit aujourd'hui, beaucoup de doutes de certains qui vous disent, ah voilà, il y a écrit 5%, mais ils ne le feront jamais. Le déficit 2025, en attendant juste à Méditer-Montchalin, il sera à combien ? Avec les informations dont je dispose, nous avions dit 5,4%. Nous avons tout à fait aujourd'hui la capacité de faire 5,4%. Il est possible peut-être que certaines bonnes nouvelles en fin d'année amènent à ce que ce soit un petit peu meilleur. On verra. Et c'est-à-dire ? Moi je suis sur les arrondis. Est-ce que c'est 5,3 ? Est-ce que c'est 5,4 ? On est sur ce niveau-là. C'est beaucoup trop.

4:00
Invité

Vous tabliez que les recettes nettes de l'État pourraient être de 311 milliards en 2025. C'est bien cela.

4:04
Présentateur

On a annoncé des chiffres. À la fin, pour ceux qui nous écoutent, qu'est-ce qu'il faut qu'ils entendent ? À montrer que quoi qu'il arrive, on devait tenir nos objectifs, pas parce qu'on est des comptables obsédés, mais parce qu'à la fin, c'est une question de confiance avec nos concitoyens qui payent des impôts, qu'ils soient entreprises ou ménages. Cette méthode, elle fonctionne. Et elle doit pouvoir recréer une forme de confiance. Oui, un jour, il faut qu'on soit à 3% de déficit ou moins. Un jour, c'est quoi ? C'est 2029 ? Ça doit être au plus tard 2029. Vraiment, c'est réaliste ? Bien sûr que c'est réaliste.

Aujourd'hui, on fait 0,4 points de réduction quand nous n'avons ni majorité ni consensus politique, et nous le constatons, sur des budgets de compromis. En 2027, j'espère qu'émergera une capacité à gouverner de manière plus claire, une coalition où certains imaginent une majorité absolue. Moi, je ne suis pas sûr qu'elle existe, mais à minima, une coalition pour travailler efficacement. Et donc, il faudra continuer. Qu'est-ce que je veux dire derrière ? Avant qu'on passe à autre chose, justement, et qu'on parle du fond de ce budget, vous allez nous dire pourquoi vous le défendez. Vous nous dites que peut-être que les chiffres soient un peu meilleurs que prévus pour 2025.

En termes de milliards, ça rapporterait combien ? La différence, c'est entre 3 et 5 milliards. Donc, vous voyez, la dépense publique, et ça peut d'ailleurs effrayer certains de nos concitoyens, c'est 1 700 milliards d'euros. 400 milliards pour les retraites, 350 milliards pour la santé. La défense, vous voyez, c'est 60 milliards. Donc, si on compare, on met à peu près 60 milliards pour la défense, on met plus de 600 milliards d'euros pour notre sécurité sociale et notre politique sociale. Donc, que les gens comprennent un peu les ampleurs.

à la fin de l'année, vous voyez, quand on fait les comptes, les plus et les moins, qu'on ait un écart de 2, 3, 4 milliards sur 1 700 milliards, ça ne veut pas dire qu'on s'est trompé. Ça veut simplement dire que dans un pays comme le nôtre, il y a effectivement des choses qu'à la fin, il faut arrêter les comptes et on l'arrêtera. De toute façon, l'INSEE le fera au mois de mars. Vous dites vous-même, le chiffre des retraites. Gabriel Atta disait que ce budget ne prépare pas l'avenir. Dans ce budget, rien sur les retraités. Finalement, ils sont épargnés. Pas de gel des pensions, pas de suppression de l'abattement de 10%. Est-ce que ça prépare l'avenir ? Est-ce que c'est réaliste ?

Il y a deux choses. Il y a eu un budget de la sécurité sociale très protecteur pour les retraités. Un certain nombre de propositions que le gouvernement a pu faire, notamment sur la revalorisation des retraites, n'ont pas été suivies. Le choix qu'on a fait et le compromis qui s'est dégagé dans le budget de l'État et des collectivités, c'est que nous avons fait résolument un choix pour la jeunesse. Considérant qu'on ne pouvait pas avoir dans notre pays, et c'est un débat On ne peut pas dire à un moment donné qu'on ne protège que les retraités ou qu'on fait tout payer par ceux qui travaillent. Ça ne peut pas marcher parce que dans ce cas-là, c'est la société qui se divise.

Et vous voyez, de ces près de 400 heures que j'ai passées au Parlement, moi, j'en retiens une chose. Et c'est un sujet sur lequel je veux travailler personnellement dans les prochains mois. Les Français qui travaillent, les gens qui ont en gros mon âge, ma génération, la vôtre, les gens qui ont entre 25 et 55 ans, qui portent le pays, qui ont des enfants, qui s'inquiètent aussi pour leurs parents, qui payent beaucoup d'impôts, à un moment donné, quelle est la solution économique, personnelle, fiscale, sociale, qu'on redonne à notre génération ? Comment ceux qui portent le pays aujourd'hui croient encore que notre pays a un avenir ? Et moi, je souhaite relancer des débats.

Ça ne veut pas dire des propositions de loi, ça ne veut pas dire tout de suite. Mais c'est-à-dire comment on peut refaire société autour de l'idée que si ceux qui travaillent ne s'y retrouvent pas, eh bien, notre pays n'a pas d'avenir, évidemment, solide devant lui. Pour revenir au budget, dites, est-ce que je défends le budget ? D'abord, je défends qu'il y a eu compromis. Je défends que les objectifs qui ont été fixés ont été tenus. Et je défends surtout la vérité de ce qu'il y a dedans. Par exemple, il n'y a pas un euro pour tous les étudiants. Marc Fénaud, qui est le patron des députés Modem, lui-même dit c'est absurde, on ne distingue pas selon les revenus de ses étudiants.

À un moment donné, vous avez une réalité. Les étudiants qui vont dans les restaurants universitaires sont plutôt ceux qui sont d'origine très modeste ou de classe moyenne. Les étudiants qui ont plus de moyens, en fait, ils vont souvent ailleurs qu'au restaurant universitaire pour déjeuner. Deuxième chose, il y a une précarité étudiante effective. Troisième chose, ça coûte 40 millions d'euros. Par rapport au budget de l'État, c'est un effort qu'on peut se dire qu'on peut faire. Mais j'en reviens à une chose parce que sur les repas 1 euro et beaucoup d'autres sujets... Attendez,

8:13
Invité

juste sur les repas 1 euro, j'insiste parce que la présidente du CRUS met en garde contre le risque déceptif en disant qu'il y aura énormément de monde qui vont venir forcément parce que ça coûte moins cher et que vous n'avez pas les moyens financiers d'accueillir tous les étudiants. C'est important, ça.

8:24
Présentateur

On va mettre les moyens, on va faire les choses de manière organisée, évidemment. Mais si à un moment donné, on fait compromis, il faut qu'on soit de bonne foi. Je pense que ce que les Français ont vu depuis le début, c'est que Sébastien Lecornu, moi-même, tous les membres du gouvernement, on est de bonne foi. Compromis avec les socialistes. On n'est pas candidat à la présidentielle, on est là pour s'occuper du pays et on est là pour s'occuper quand on vote quelque chose que ça fonctionne. Mais vous voyez, le cœur de ce qui se discute actuellement dans le débat public, c'est au fond de savoir si on est d'accord ou pas d'accord avec ce qu'il y a dans le budget.

Et je comprends que ça puisse être compliqué parce qu'il y a eu beaucoup de versions. Mais vous avez aussi toute une partie de la classe politique, je pense au Rassemblement National et aux Insoumis en particulier, qui sont dans une forme de création d'une réalité alternative, de fake news. Je vous donne un exemple. Le Rassemblement National passe ses journées à dire les entreprises, les entrepreneurs vont payer plus d'impôts. C'est faux. Il n'y a pas de hausse de charge sur le travail dans ce budget. Il n'y a pas de hausse d'impôt pour les TPE. Il n'y a pas de hausse d'impôt pour les PME. Il n'y a pas de hausse d'impôt pour les artisans. Mais il y a une surtaxe sur les grandes entreprises.

Sur les grandes entreprises. Alors que vous avez promis que cette surtaxe ne serait pas prolongée. Je suis venue, même ici, vous dire, ce n'est pas le choix que je propose. Dans l'élément du compromis, la réalité sur les grandes entreprises, c'est qu'elles perdront en 2026 exactement le même impôt que ce qu'elles ont payé en 2025. Et il y a aussi une nouvelle taxe

9:33
Invité

sur les biens somptuaires logés dans les holdings patrimoniales. Et ensuite,

9:36
Présentateur

j'assume tout à fait que c'est vrai qu'on a créé deux impôts. La taxe sur les petits colis chinois, parce qu'on voit bien que c'est à la fois très dangereux et pour les consommateurs et pour l'économie. Et effectivement, j'assume aussi de vous dire que nous avons remis au carré un certain nombre de dispositifs qui créent de la suroptimisation fiscale.

9:53
Invité

Donc c'est taxé les yachts, les bijoux, les chevaux de course.

9:55
Présentateur

Et qu'on considère que le patrimoine personnel, comme on dit, les biens somptuaires du dirigeant d'entreprise n'ont pas à bénéficier de la fiscalité qui est favorable à son entreprise. Que d'un côté, il y a ce qui est professionnel, qu'on doit soutenir parce qu'on veut la croissance, on veut l'investissement, et de l'autre, il y a ce qui est personnel. Mais vous dites quand même que le Rassemblement national est que LFI ment. Moi, je dis qu'ils ont créé depuis 15 jours, déjà dans le débat, mais depuis 15 jours de manière très forte, une forme de fake news, de réalité alternative, en fait, à la fin, pour faire quoi ? Pour faire peur aux Français.

Vous avez des insoumis qui disent vos employeurs ne pourront plus prendre en charge votre passe navigo, votre forfait de transport en commun. Et ça, c'est pas vrai ? Fake news ! Nous avons maintenu jusqu'en 2030 l'exonération qui permet à l'employeur de prendre jusqu'à 75% du coût du transport en commun. Autre exemple, ils font peur à tous les étudiants, les APL vont être supprimés pour tous les étudiants à compter, là, si on les écoute, du mois de mars. Fake news ! Ce qu'on a mis dans le texte, c'est qu'effectivement, pour les étudiants étrangers, non-européens, non-boursiers, nous voulions faire évoluer les APL.

Par exemple, les étudiants américains, canadiens, japonais, nous, les Français, quand on va étudier dans ces pays, on n'a pas les APL, ça n'existe pas. Autre exemple de fake news, vous avez des insoumis qui disent la prime de Noël va être supprimée. Fake news !

11:07
Invité

Vous y avez réfléchi quand même.

11:09
Présentateur

D'accord, mais à un moment donné, il y a ce qui a été proposé, il y a eu les débats, et il y a ce qui est décidé et ce sur quoi le gouvernement s'engage. Pourquoi je vous parle de ça avec un peu de conviction ? Parce que, dans une démocratie, qu'on ait des désaccords, qu'on puisse dire qu'on est pour ou contre, c'est normal, c'est légitime, c'est sain. Maintenant, si dans une démocratie, dans le débat, vous avez des mensonges et que cohabitent des faits et des mensonges, les citoyens ne s'y retrouvent pas, vous créez de l'anxiété et en fait, vous créez le carburant de ce que cherchent le Rassemblement National et les Insoumis, c'est-à-dire la crise.

On voit bien ce que cherchent les Insoumis et le Rassemblement National, c'est de créer une situation tellement délétère, tellement anxiogène, tellement paralysé, tellement instable qu'on puisse se dire « Ah, le miracle arrive, heureusement, nous avons besoin d'eux. » Moi, je ne souhaite pas que dans notre démocratie, certains puissent se faire la cerise, gagner des élections en créant eux-mêmes des crises et de l'instabilité. C'est pour soi que ce budget qui crée la stabilité, c'est son premier mérite et je pense que c'est nécessaire à notre pays qu'à mon nom, on puisse avancer. Dans une démocratie, il y a aussi besoin de transparence.

Est-ce que vous pouvez nous dire concrètement ce matin combien a coûté la loi spéciale aux Français ? Alors, je peux vous dire qu'aujourd'hui, elle n'a pas du tout coûté le prix de l'année dernière. 12 milliards d'euros. Pourquoi 12 milliards en 2025 ? Un, parce qu'il n'y avait pas de budget de la Sécurité sociale. Cette année, nous en avons un et vous savez que le seul fait d'avoir un budget de la Sécurité sociale nous a fait gagner près de 10 milliards d'euros d'économies ou en tout cas de non-dépenses qui sinon seraient devenues. Deuxième chose, l'année dernière, ça nous avait coûté très cher parce que la croissance économique avait calé. Et donc cette année ?

Cette année, pour l'instant, la croissance économique je le rappelle, ce qui est quand même inédit dans une république qui n'avait ni majorité absolue ni 49.3. Le coût, ça va être peut-être quelques milliards. C'est-à-dire 3, 4, 5, 6 ? En fait, on pourra faire les comptes après. Mais vous avez un ordre de grandeur ? Le principal coût, c'est le coût de l'incertitude. Est-ce que ça a pesé sur l'investissement des entreprises ? Est-ce que ça aura pesé sur la consommation des marges ? On le verra au mois de mars. Mais combien à peu près quand même ? Probablement quelques milliards d'euros, de croissance perdue, de recettes perdues.

En termes de gestion de l'État, aujourd'hui, on n'a pas de phénomène majeur comme on l'avait l'année dernière en 2025. Et c'est pour ça d'ailleurs que vous savez qu'on a beaucoup insisté avec le Premier ministre sur le caractère vital d'avoir un but de la sécurité sociale voté dans les temps, que ce soit pour les hôpitaux, les soignants, mais aussi pour les finances publiques. Et que, heureusement, en 2026, nous avons réussi ça. Ce qui, pour moi, est aussi une victoire de changement de culture politique. Nous avons réussi à faire travailler des gens qui ne sont pas d'accord, qui iront aux élections de manière, évidemment, séparée.

Mais quand vous avez des écologistes, des communistes qui sont abstenus pour laisser passer un budget de la sécurité sociale et que les soignants, les hôpitaux, les retraités, les structures qui accueillent des personnes en situation de handicap, les EHPAD, puissent avoir des budgets augmentés quand il y avait des besoins augmentés, je pense que c'est aussi... Mais ça ne résout pas le trou de la sécurité sociale. Au lieu d'avoir 20 milliards de déficit, on en aurait eu 30. Moi, je voulais qu'il y en ait moins, évidemment. Mais à un moment donné, il faut être réaliste.

soit on avance, on trouve un compromis et on donne un budget au pays, soit on constate les désaccords, le blocage, et à la fin, on fait gagner les extrêmes qui n'attendent que ça, se faire la cerise sur un pays paralysé.

14:17
Invité

Vous avez bien cette expression, se faire la cerise.

14:18
Présentateur

Oui, il faut bien imager ce qu'on dit.

14:22
Invité

Le 830 France Info, Agathe Lambret, Paul Larouturou.

14:27
Présentateur

Avec Amélie de Monchalin, ministre de l'Action et des Comptes Publics, on parle d'une suggestion du MEDEF, Paul.

14:32
Invité

Oui, Matignon a dit non, mais les patrons proposent un CDI jeune, d'un contrat à durée pas si indéterminé qui pourrait être rompu sans motif les premières années. Le porte-parole du MEDEF était au 20h de France de hier soir.

14:44
Locuteur non identifié

Oui, c'est un sujet sensible. On s'en empare, on en discute, on trouve des solutions. On continue de dire non, il ne faut pas y toucher. On ne fait rien du tout. Et ces 1,4 million jeunes vont un peu rester dans la situation qui est la leur.

14:58
Invité

Sujet sensible, dit le porte-parole du MEDEF. On pense évidemment au spectre du CPE. Pourquoi, madame la ministre de l'Action et des Comptes Publics, ça n'est pas une bonne idée selon vous pour relancer l'emploi des jeunes ?

15:07
Présentateur

D'abord, il y a un combat collectif. C'est comment on a moins de jeunes qui, à l'âge de 20, 22 ans, se retrouvent sans formation, sans emploi, sans situation stable et sans perspective d'insertion professionnelle. C'est un fléau. Ça concerne beaucoup les jeunes hommes d'ailleurs, plus que les jeunes femmes. Et c'est un sujet qu'on doit prendre très activement. Il y en a 1,3, 1,4 millions. Depuis 2017, on a fait beaucoup. Vous savez, il y avait eu le plan 1 jeune, 1 solution. On a quand même réussi à multiplier l'apprentissage par plus de 2. On a presque 1 million de jeunes aujourd'hui qui se forment de manière aussi pratique pour apprendre un métier.

On voit bien qu'on doit aussi mieux ajuster les formations et les besoins du marché du travail et surtout professionnaliser les formations. Parce que si on a des jeunes sinon qui apprennent des choses théoriques, pour les entreprises quand elles les voient arriver, ils ne sont pas très embauchables. Mais depuis le Covid, on voit qu'il y a un problème avec l'emploi des jeunes. Ce qu'on voit, c'est que dans tous les pays occidentaux, un certain nombre de jeunes ne sont plus qualifiés par rapport aux besoins du marché du travail.

L'enjeu de l'intelligence artificielle, des nouvelles technologies montre qu'il nous faut, comme on dit, changer la carte des formations à la fois qui on forme, où on les forme et à quoi on les forme. Donc ça, ça reste une priorité du gouvernement. Ce qu'on pense avec mes collègues ministres et le Premier ministre, c'est qu'il ne nous semble pas que le sujet majeur, bloquant, ce soit le type de contrat.

Vous savez qu'avec les CDI aujourd'hui, vous pouvez avoir des ruptures conventionnelles, d'ailleurs parfois qui font l'objet d'abus, mais on voit bien qu'aujourd'hui, on n'a pas un manque, ce n'est pas ce qui nous ressort a priori, surtout pour les jeunes, ce serait un manque de flexibilité d'embauche. Ce qui nous manque, c'est...

16:39
Invité

Pourquoi demande ça, le MEDEF ?

16:40
Présentateur

Je dois vous dire que nous, ce qui est un peu étonnant, c'est que c'est une proposition qui vient un peu dans un moment où, oui, il nous faut une mobilisation générale sur l'emploi des jeunes. Il nous semble que ce n'est pas l'option qui est la plus efficace. En revanche, il nous semble que c'est très important de donner mandat aux partenaires sociaux, aux syndicats, aux patronats, de voir qu'est-ce qui peut être fait pour qu'effectivement, nous évitions d'avoir un chômage des jeunes en France... Trois fois plus élevé qu'en Allemagne. Exactement, j'allais vous dire qu'il est trois fois plus élevé qu'en Allemagne.

Et ça, ça doit quand même nous dire qu'il n'y a pas de recette magique chez les autres. Enfin, il y a peut-être des choses qu'on peut apprendre, qu'on peut importer. L'apprentissage était une des premières solutions. Nous, on a essayé depuis, vous voyez, aussi de soutenir les missions locales. On a remis d'ailleurs dans le budget des moyens pour accompagner les jeunes par un accompagnement très personnalisé. Il faut qu'on aille plus loin. Mais je ne pense pas que le sujet aujourd'hui soit le type de contrat. On voit bien que c'est beaucoup plus l'adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail.

Et donc, c'est plus un sujet aussi que porte, vous voyez, notre collègue Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur de la Recherche, adapté la carte des formations. Comment vous calmez la colère des patrons ? Parce que tout à l'heure, on l'a évoqué, ils sont furieux. Ils ont l'impression d'être les dindons de la farce, que tous les efforts pèsent sur eux. Moi, je veux redire, restons dans la réalité de ce qu'il y a dans le budget. Je crois que Michel-Edouard Leclerc était sur une autre chaîne ce matin. Il disait, entre ce qu'il y a dans le texte et ce qu'on dit qu'il y a dans le texte, il y a quand même un gouffre. J'en ai parlé assez longuement avec vous avant.

Moi, je veux rassurer nos chefs d'entreprise. D'abord, je voulais remercier. Parce qu'en 2025, dans un monde où il y avait de l'instabilité, où il y avait les droits de douane de Trump, où il y avait d'abord une année aussi en 2025 qui a commencé sans budget. À la fin, ce sont les entreprises qui ont investi, qui ont embauché, qui ont fait qu'on a 0,9% de croissance en 2025. Ce n'est pas le gouvernement qui décrète la croissance, ce sont les entreprises qui la créent avec leurs salariés, avec les Français. Et ça, c'est une bonne nouvelle. Et c'est comme ça que vous les remerciez ?

Et la manière de les remercier, et peut-être que je vais le dire avec des mots très sincères, nous avons fait un choix de stabilité. C'est vrai qu'il n'y a pas de baisse de charge que certains auraient voulu et que j'aurais pu, moi, vouloir accompagner sur un certain nombre de points, notamment les impôts de production. J'aurais voulu, effectivement, on les a même proposés dans le texte initial du gouvernement, de les baisser.

18:49
Invité

Mais vous avez fait un compromis avec les socialistes. Donc vous l'avez retiré.

18:51
Présentateur

Non, il y a eu un compromis avec, en fait, les forces centrales qui ont dit, nous, ce qu'on veut, c'est zéro changement sur les charges, sur le travail, et du coup, zéro changement sur les impôts de production et stabilité fiscale. Je le redis, 99,9% des entreprises n'auront aucun changement d'impôt. Les plus grandes paieront en 2026 comme en 2025. Et il y aura même des entreprises qui paieront moins d'impôts. C'est les entreprises de taille intermédiaire, industrielle, parce qu'il nous a semblé qu'elles étaient le cœur de notre pays et donc elles ne sont plus soumises à la surtaxe de l'impôt sur la société. Après, avec les patrons, qu'est-ce qu'on fait ? Mais on fait bloc.

Là, vous voyez, il y a eu un très grand changement.

19:25
Invité

Pardon, je vous interromps parce qu'il faut qu'on avance, je suis confié, les 54, excusez-moi de vous interromper.

19:28
Présentateur

La préférence européenne au niveau européen, ça, c'est un combat que la France a mené, ça fait 20 ans. Hier, c'est devenu une proposition de la Commission européenne. Vous voyez, c'est comme ça qu'on va aussi faire bloc, avancer, conquérir des marchés, trouver la croissance et ça, ça doit pouvoir nous réunir.

19:41
Invité

On en parlait avec Agathe tout à l'heure, on vous a diffusé le son de Gabriel Attal qui considère que votre budget ne prépare rien. Vous n'arrivez pas à vous accorder entre alliés sur le budget. Bon, là, vous y êtes arrivé laborieusement. Est-ce que vous arriverez à un moment à vous accorder sur un candidat pour 2027 ?

19:54
Présentateur

Moi, là-dessus, je vais vous le dire aussi avec beaucoup de sincérité. Soit on considère que, vous voyez, l'union des droites est déjà faite, que Jordan Bardella, Marine Le Pen et tous ses amis, Eric Ciotti et les autres, ont déjà le pouvoir et on laisse tout le reste du champ politique se diviser. Chacun part tout seul aux élections, fait 10%, a raison tout seul et n'aura rien offert en fait au pays comme solution. Soit on considère que tous ceux qui ne prennent pas cette union des droites comme une fatalité ou comme un résultat déjà donné se rassemblent. Donc vous dites une alliance du centre à la droite. Vous voulez, par exemple, une grande primaire avec des LR ?

Moi, je dis primaire ouverte. Avec des LR ?

20:32
Invité

Jusqu'où ?

20:32
Présentateur

Primaire ouverte. Avec Bruno Retailleau, par exemple ? C'est ceux, à mon avis, qui considèrent que l'union des droites n'est pas possible.

20:38
Invité

Donc pas Sarah Knafo, par exemple.

20:39
Présentateur

Ceux qui considèrent qu'on peut s'allier au RN pour gouverner, c'est leur histoire, c'est leur affaire. Ce n'est pas la mienne. C'est le cas de Bruno Retailleau ? Je ne sais pas ce que dit Bruno Retailleau sur le sujet.

Donc ça permet à chacun, non pas à moi, de décider qui doit être dedans ou pas, c'est à chacun de se poser en conscience et ce que l'objectif, c'est de savoir gouverner un pays par effectivement une logique de rassemblement qui va devoir perdurer puisqu'on voit bien ça veut dire que ce qu'on a fait sur le budget, savoir se mettre d'accord, se mettre d'accord sur les essentiels, choisir peut-être 4 ou 5 grandes réformes qu'on veut faire, considérer que celles-là on les fera à fond, ensemble, et que sur le reste, comme en Allemagne, les majorités se feront ou se défront. Et bien pour faire ça, je pense que primaire ouverte, c'est une bonne idée.

Deuxièmement, il va falloir qu'on se rassemble et troisièmement, je le dis avec des mots très crus, moi, les gens qui m'expliquent qu'ils ont raison tout seuls, qu'ils ont le programme Miracle et qu'ils vont savoir tout faire avec 10% du corps électoral et 10% des députés, c'est sympathique à écouter, ça ne marche pas. Ok, on vous entend, aucun candidat ne s'impose, petit message adressé. Et moi, j'entends que Gérard Garmanin dit des choses assez similaires, j'entends que Gérard Larcher appelle à ouvrir les débats. Amélie Monchalin, pardon, il faut qu'on avance, mais mettons-nous d'accord.

On vous entend, on a appris que Caroline Lang, la fille de Jack Lang, a entretenu des relations d'affaires avec le sulfureux Jeffrey Epstein, rien à voir avec les accusations de crimes sexuels, une société offshore en commun entre la fille de Jack Lang et le milliardaire. Allez-vous saisir la justice pour enquêter sur d'éventuelles irrégularités ? Trois choses à vous dire. Un, d'abord, une immense pensée pour les victimes de ce qui a été un trafic humain ignoble. Deux, il faut que la justice puisse faire son travail de manière sereine. Et donc, si la justice doit être saisie, elle le sera. Ce n'est pas la ministre des Comptes Publics qui saisit la justice.

Troisième élément, je dis juste qu'il faut toujours qu'on fasse attention dans notre système médiatique au poison du soupçon et de la rumeur et qu'on laisse les choses se faire sur la base de faits. Je crois que je vous en ai parlé sur des sujets qui n'avaient rien à voir avec cette affaire. Mais gardons un peu de méthode et surtout, rappelons d'où nous venons dans ce sujet. D'abord et avant tout, une pensée pour les victimes de ce qui a été un système ignoble et qui doit d'abord nous rappeler qu'on doit être extrêmement vigilant sur ces relations de pouvoir et ce qui, malheureusement, met des femmes en très grand danger.

22:57
Invité

8h58 sur France Info, l'heure de la question qui ? Aujourd'hui, la question qui fait le bilan. On apprend dans un portrait des échos que Gérald Darmanin vous a conseillé pour vos plus de 400 heures sur le banc du gouvernement de ne pas boire une goutte d'alcool pendant tout le budget que vous êtes surnommé Tchad GPT ou même Hermione Granger en référence à Harry Potter. Quel est votre meilleur souvenir pendant ce budget tumultueux ?

23:16
Présentateur

Mon meilleur souvenir, c'est le vote du budget de la sécurité sociale. Ça s'est fait à quelques voix, mais j'étais fière pour mon pays. Je me suis dit, là, on montre ce que la politique peut faire peut-être de meilleur. Peut-être le texte, au fond, c'est celui de personne. Mais à ce moment-là, je me suis dit, les Français quand même, à un moment donné, on a pensé à eux et j'étais heureuse d'avoir pu contribuer à un moment où les hommes et les femmes politiques élus par les Français avaient su créer une majorité.

Après, cette histoire sur l'alcool ou pas l'alcool, ça remonte aux années où j'étais une très jeune députée, où j'avais déjà, en tant que députée, mené des heures et des heures sur les budgets. Moi, je bois du thé vert et il paraît que ça rend calme et patient et je pense que notre politique, notre vie politique, elle a besoin de plus de calme, elle a besoin de plus d'écoute, elle a besoin de se rappeler pourquoi on est dans les responsabilités qui sont les nôtres et qu'on fasse honneur aux Français. Je pense que c'est ça qui doit nous guider. Ministre du budget qui carbure au thé vert. C'est ce qu'on a dans la question qui... Merci Paul. Merci Agathe, à demain.

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