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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 21 juillet 2025 20 min

Budget 2026, loi Duplomb, suppression de deux jours fériés... Le 8h30 de Sandrine Rousseau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Sandrine Rousseau, la pétition contre la loi Duplon qui réintroduit un pesticide, l'acétamipride, vient de dépasser les 1 200 000 signatures. Vous êtes surprise par le nombre de citoyens qui réclament l'abrogation de cette loi ?

0:18
Sandrine Rousseau

Pas du tout, mais j'invite tous les citoyens qui n'ont pas encore signé à signer cette pétition, ce qui est très important que cette pétition monte le plus haut possible. Et non, je ne suis pas surprise parce qu'en fait, il y a une différence entre l'opinion publique, entre ce que ressentent les gens, entre ce que veulent les gens, et un entre-soi politique et de la FNSEA, de la ministre et de la FNSEA, du Sénat et de la FNSEA, qui n'est pas du tout en accord avec ce que désirent les personnes. Et donc, le succès de cette pétition ne m'étonne pas, mais en plus, je pense qu'elle n'est qu'au début. Cette pétition rencontre un franc succès, c'est quoi la suite ?

La suite, c'est un débat à l'Assemblée nationale, mais la suite, c'est aussi un appel au président de la République à ne pas promulguer la loi.

1:03
Présentateur

Parce que ce débat qui aura vraisemblablement lieu à l'Assemblée nationale, puisque c'est possible quand une pétition dépasse les 500 000 signatures, Yaël Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée, a prévenu, ce débat ne mènera pas à une abrogation, ce sera un débat sans vote. Donc à quoi ça sert ?

1:19
Sandrine Rousseau

Mais moi, je vous dis, c'est le début d'une lutte qui ne fait que commencer. Et le camp du NFP, la partie du NFP de l'hémicycle, du Nouveau Front Populaire, ne lâchera pas ce combat, ne lâchera pas l'abrogation de la loi Duplomb. Donc ça veut dire que lors des prochaines niches parlementaires, nous aurons comme texte, très probablement, chaque groupe du Nouveau Front Populaire aura comme texte Ah c'est ce que vous nous dites aujourd'hui, que les 4 groupes du NFP... Mais aussi là, je vous dis, on mènera la bataille contre ce texte, parce que ça n'est pas possible, parce qu'il y a la citamipride, mais il y a plein d'autres choses. Il y a l'augmentation de la taille des élevages sans contrôle.

Il y a le fait qu'on puisse déroger à l'ancès. C'est un décret qui... L'agent de sécurité sanitaire. Absolument, c'est un décret qui est sorti ces derniers jours. Il y a l'autorisation des méga-bassines au nom de l'intérêt général par dérogation. Il y a le fait qu'on ne sépare plus le conseil de la vente des pesticides. En fait, il y a énormément de choses. Aujourd'hui, c'est un enjeu de santé publique. Le nombre de cancers explose. Il y a des enfants, il y a des personnes de plus en plus jeunes qui ont des cancers.

2:28
Présentateur

Alors, les études scientifiques ne font pas forcément de lien, toutes les études, entre des cancers et l'utilisation de la citamiprine.

2:35
Sandrine Rousseau

Évidemment, il n'y a pas d'études. Il n'y a pas d'études. Les études montrent une évolution des cancers. Mais sans forcément les lier à l'utilisation de certains néonicotinoïdes. Là, il y a une étude qui s'appelle Pestirive, qui fournit des données pour la première fois entre exposition des enfants aux pesticides, des enfants qui vivent près des vignes aux pesticides, exposition des enfants et santé. Et en fait, aujourd'hui, cette étude n'est pas sortie, n'est pas publiée par le gouvernement. Il y a une étude qui est sortie sur l'acétamipride au Japon qui dit que sur 14 enfants qui ont été étudiés... 14 enfants, c'est un échantillon assez faible.

Oui, sur 14 enfants, il y a 13 enfants qui ont de l'acétamipride dans le liquide qui entoure le cerveau. Il faut savoir que l'acétamipride, c'est un produit qui atteint le système nerveux central des insectes. Et donc, on le retrouve dans le système nerveux central des enfants. Enfin, je veux dire, on joue à quoi là, en fait ? On joue à quoi ? Au nom de quoi on fait ça ? Mais c'est hyper dangereux ce qu'on est en train de faire. Et en fait, aujourd'hui, il n'y a aucune étude systémique entre l'exposition aux pesticides... Donc, vous demandez davantage d'études. Mais il y a le registre des cancers qui a été adopté.

Mais aujourd'hui, les données de cancérologie ne sont pas étudiées et ne sont pas mises en lien avec l'exposition aux pesticides.

4:01
Présentateur

Sauf que, Sandrine Rousseau, 26 pays membres de l'Union Européenne utilisent l'acétamipride. C'est autorisé jusqu'en 2033. Il n'y a que la France qui l'avait interdit en 2018 et qui le réautorise aujourd'hui sous certaines conditions. Est-ce que la France peut avancer toute seule dans son coin ?

4:14
Sandrine Rousseau

Bien sûr que la France doit avancer toute seule dans son coin. Ce n'est pas parce que les autres pays font des erreurs que nous devons faire la même. Au contraire, nous devons nous enorgueillir du fait que la France fait de la qualité et non pas de la quantité, qu'on garantisse le revenu des agriculteurs et non pas la rentabilité de l'agro-business. Et en fait, la France doit être exemplaire. Et dans ces cas-là, on interdit l'importation des produits. C'est ce que j'allais vous demander. On interdit l'importation des produits contenant de l'acétamipride. Et en fait, on protège les agriculteurs de cette manière-là. Et évidemment qu'on indemnise quand il y a des infestations massives.

Et par ailleurs, on peut aussi développer la recherche sur les solutions alternatives naturelles et non pas chimiques. Parce que je rappelle une chose. Mais ça, ça peut prendre encore des années. Je rappelle une chose dont les gens doivent quand même avoir très conscience. C'est que les entreprises qui vendent les pesticides font des profits au moment où elles vendent les pesticides. Ce sont les mêmes qui vendent les produits contre le cancer et les médicaments contre le cancer qui refont des profits au moment où elles vendent les médicaments contre le cancer. Ce sont les mêmes. Enfin, je veux dire, dans quel monde on est, là ?

5:19
Présentateur

Sandrine Drousseau, je reviens sur la pétition qui rencontre un franc succès. Qu'est-ce qui est le plus légitime ? Une pétition avec plus d'un million de citoyens qui la signent ou les parlementaires qui ont, à une majorité, voté ce texte ?

5:32
Sandrine Rousseau

Je rappelle que le débat en première lecture n'a pas eu lieu à l'Assemblée nationale. Il y a eu une motion de rejet préalable, effectivement, pour faire face à la gauche qui avait déposé des milliers d'amendements. Et pour moi, cette loi du plomb et le succès de cette pétition dit toute la crise démocratique dans laquelle nous sommes. C'est-à-dire que ça montre à quel point il y a une différence entre des élus qui ne veulent pas respecter et entendre et protéger la population et de l'autre, une population qui se rebelle comme elle peut, qui montre son opinion comme elle peut. Et cette pétition est le moyen pour elle de montrer son désaccord avec cette loi.

Et son succès montre à quel point le désaccord est profond.

6:12
Présentateur

Faisons de la politique fiction, Sandrine Rousseau. Imaginons que demain, il y ait une pétition qui recueille plus d'un million de signatures, par exemple, pour réclamer le rétablissement de la peine de mort ou pour interdire l'IVG. Est-ce qu'une pétition qui réclamerait ceci serait plus légitime que des votes des parlementaires ?

6:30
Sandrine Rousseau

Mais on a un système de pétition qui permet au Parlement de s'emparer d'un débat. C'est ce que nous allons faire. La présidente de l'Assemblée nationale dit qu'elle va remettre, qu'elle est favorable à ce que ce débat ait lieu dans l'Assemblée nationale. Sans vote à la fin. Non mais c'est la première fois qu'il y a sans vote. Et c'est pour ça que je vous dis que de toute façon, même si le Conseil constitutionnel valide le texte, ce que je n'espère pas, même si le président de la République promulgue la loi, ce que je ne souhaite pas, derrière, il y aura pour nous la possibilité dans les niches parlementaires d'abroger cette loi.

Mais la bataille, encore une fois, c'est la première fois, et je le dis avec un peu de solennité, c'est la première fois qu'une opinion publique se lève aussi massivement sur les questions écologiques. Pour l'instant, les seuls qu'on entendait sur les questions écologiques, c'était tous ceux qui étaient climato-sceptiques, qui ne souhaitaient pas qu'il y ait de mesures sur le climat, qui ne souhaitaient pas qu'il y ait de mesures de précaution, qui mettaient notre santé dans une espèce de balance avec les enjeux économiques. Là, c'est la première fois qu'il y a une opinion publique écologique qui se montre.

Eh bien, je dis bravo et continuons, et faisons en sorte que cette pétition atteigne les 5 millions, pourquoi pas ?

7:43
Présentateur

Vous parlez de sujets économiques, Sandrine Rousseau, vous avez suscité la polémique il y a quelques jours, en disant à propos de la rentabilité des agriculteurs, « j'en ai rien à péter », je cite, « est-ce que vous maintenez ces propos ? »

7:54
Sandrine Rousseau

Non seulement je les maintiens, mais la rentabilité est un sujet d'agro-businessman, je le redis, c'est-à-dire c'est le sujet d'Arnaud Rousseau, et le revenu agricole, le revenu, c'est un sujet d'agriculteur. Et en fait, il ne faut pas confondre les deux, et quand on parle de rentabilité, on ne fait que parler du revenu de sociétés comme Avril, qui sont les sociétés possédées par Arnaud Rousseau. Il n'y a pas de mépris dans votre propos, d'insultes vis-à-vis des agriculteurs ? Au contraire, j'ai toujours soutenu toutes les lois permettant de véritablement améliorer le revenu des agriculteurs.

J'ai soutenu la loi présentée par Marie Pochon de notre groupe, votre collègue écologiste, lorsqu'elle a présenté une loi garantissant des prix minimum d'achat pour les agriculteurs. J'ai soutenu la proposition qui émanait des rangs de LFI sur les revenus garantis. Moi, je voudrais que dans le cadre de la politique, je voudrais que dans la politique... Vous parlez aussi d'argent sale, ça va très loin. Oui, quand on fait de la rentabilité pour de l'agro-industrie, et qu'on le fait au détriment de la santé des personnes, parce que l'acétamipride, ça pénètre l'eau, c'est présent dans l'eau, c'est même présent dans l'eau de pluie, dans les nuages.

C'est-à-dire qu'on en a retrouvé dans l'eau qui tombait du ciel de l'acétamipride. Donc, quand on joue avec la santé des gens comme ça, et quand on fait de la rentabilité au mépris de la santé des gens, alors oui, c'est de l'argent sale. Et je le repose, ça ne veut pas dire... Vous n'allez pas vous réconcilier avec les agriculteurs ce matin ? Ça ne veut pas dire... Au contraire, au contraire. Je dis aux agriculteurs, vous êtes victimes d'un système d'agrobusiness qui est darwiniste. Darwiniste. Ce que veut Arnaud Rousseau, c'est la fermeture des petites fermes, c'est la rentabilité, et tous ceux qui ne sont pas rentables, tous ceux qui ne vont pas assez vite...

La majorité des fermes en France sont de taille familiale. Elles sont en train de fermer 27 fermes par jour. 27 fermes, fermes par jour. Et aujourd'hui, on est dans une situation où, depuis 30 ans, le revenu des agriculteurs a diminué de 40%, alors même que les revenus des agro-industriels ont progressé de près de 70%. Enfin, on est dans un monde de fous. Dans un monde de fous. Donc, oui, pour le revenu des agriculteurs, oui, pour la protection des agriculteurs, non pour l'agro-business. Et ça, je tiendrai cette ligne, quoi qu'il arrive.

Et donc, la rentabilité qui est le leitmotiv de l'agro-business, je dis, je n'en ai rien à péter, parce que je préfère largement la santé des Français et Françaises, et je préfère largement la protection des petits agriculteurs et des agriculteurs qui respectent et les sols, et l'eau, et leurs bêtes quand ils sont éleveurs.

10:28
Présentateur

Sandrine Rousseau, passons au budget. François Bayrou a présenté la semaine dernière ses grandes orientations pour 2026 afin de dégager près de 44 milliards d'économies. La question de la suppression de deux jours fériés cristallise les débats.

10:41
Sandrine Rousseau

C'est une ligne rouge pour vous ? Non, mais ils ont présenté ça, ces deux jours fériés qui sont, à mon avis, des espèces de... Comment je peux dire ça ? De fagnons sur lesquels, pour énerver tout le monde... Alors déjà, deux jours fériés travaillés en plus, il faut bien comprendre que c'est un impôt sur les classes moyennes et laborieuses, c'est-à-dire sur les personnes qui travaillent et sur les personnes qui travaillent le plus. Donc, en premier lieu, c'est un impôt sur les personnes qui n'ont pas les moyens.

11:11
Présentateur

La ministre du budget dit que ça pourrait être mieux rémunéré de travailler ces deux jours fériés.

11:15
Sandrine Rousseau

Non, mais en fait, c'est un impôt sur la vie. C'est un impôt sur la vie. Encore une fois, ce gouvernement n'en a rien à faire de la qualité de vie des Français et Françaises. C'est pour ça qu'il diminue de deux ans le temps de retraite. C'est pour ça qu'ils veulent supprimer deux jours fériés. Donc, ça, c'est un impôt. C'est la première chose. Mais pour moi, c'est surtout quelque chose qu'ils mettent dans le débat public pour, après, lâcher un des deux jours en disant, regardez, on est Grand Prince, on va lâcher le 8 mai, par exemple. Vous pensez que c'est de la tactique politique

11:42
Présentateur

pour en surpasser les 40 milliards. Est-ce qu'il y a possibilité de trouver un accord, par exemple, avec les écologistes, si on ne supprime pas deux jours fériés, mais qu'on répartit dans l'année 14 heures de travail supplémentaires pour les Français ? Non, mais on est à un moment où il faut travailler moins. Vous, vous considérez qu'il faut travailler moins, qu'il n'y a pas de problème de production, d'activité en France ?

12:05
Sandrine Rousseau

On est dans un moment de bascule possible vers un effondrement. Enfin, il faut bien comprendre, on est dans un effondrement social, on est en train de vivre un effondrement démocratique et on est en train de basculer dans un effondrement climatique. Et nous, ce que l'on fait, c'est produire plus, produire plus, produire plus, produire plus. Mais en fait, c'est exactement l'inverse de ce que la rationalité nous invite à faire. Et donc, la rationalité, si nous sommes en... C'est de travailler moins. C'est de travailler moins, c'est de ralentir, c'est de faire mieux les choses en agriculture comme dans le reste des activités. Faire en sorte que nous nous préservions, que nous nous protégions.

Elle est là, en fait, la rupture du système économique que nous devons faire. Et au contraire, nous avons un gouvernement qui s'est enfermé dans l'idée que seule la croissance allait nous sauver. La croissance ne sauve personne aujourd'hui, à part les discours politiques.

12:57
Présentateur

Sandrine Rousseau, on continue à parler du budget dans un instant, mais pour le moment, à 7h46, c'est l'heure du Fin Info avec Maureen Suignard. Une unité de CRS a passé la nuit à Béziers. Elle restera tant qu'il le faudra. Sur le préfet de Lérault, il dénonce un guet-apens qui s'est produit dans la nuit de samedi à dimanche. Des forces de l'ordre ont reçu des mortiers d'artifice. Un événement qui arrive après une série d'interpellations ces derniers jours dans le milieu du trafic de drogue. Une perte nette de plus de 2 milliards d'euros pour Stellantis. C'est seulement pour le premier trimestre 2025.

Le constructeur automobile, né de la fusion entre Peugeot Citroën et Fiat Chrysler, met en avant l'impact des coûts de production plus élevés et les premiers effets des nouveaux droits de douanes américains. Un mort de blessé la nuit dernière. Nouvelle attaque russe sur la capitale ukrainienne. Le ministre français des Affaires étrangères est en Ukraine aujourd'hui. Jean-Noël Barraud espère encore pouvoir convaincre la Russie de s'y nier un cessez-le-feu. Une journée de repos qui va faire du bien aux coureurs. Pas d'étape aujourd'hui pour le Tour de France. Demain, la 16e étape partira de Montpellier direction le Mont-Ventoux.

Pogacar est toujours en jaune avec plus de 4 minutes d'avance sur Vinguegar. France Info Le 8.30 France Info Aurélie Herbemont Nous sommes toujours avec Sandrine Rousseau, députée Les Écologistes de Paris. Alors on parlait du budget, Sandrine Rousseau. Il y a peut-être quelque chose qui va vous faire plaisir dans ce projet de budget de François Bayrou. La mission écologie, développement, mobilité durable va être revalorisée de 600 millions d'euros en 2026. C'est un des rares périmètres à avoir ces crédits augmentés. Ça, ça vous rassure en tant qu'écologiste ?

14:36
Sandrine Rousseau

Non mais non mais non. Oui, très bien, on va avoir 600 millions de plus. Humaprim Renov qui a été diminuée, on a l'argent sur l'agriculture bio qui a été diminué, on a le zéro artificialisation nette qui a été revu, on a les ZFE qui ont été supprimés sans autre procès. En fait, oui, ils vont mettre quelque argent sur les mobilités, très bien. 600 millions d'euros en plus, quand on cherche à faire 44 milliards d'économies, vous ne pouvez pas considérer que c'est rien. Il faut mettre 60 milliards par an. C'est le rapport Pisani-Ferry qui dit ça. Le rapport Pisani-Ferry-Mafouze, qui n'est pas un rapport d'écologistes radicaux. On ne peut pas dire ça.

Il dit, là, et ça fait 2 ou 3 ans maintenant qu'il est sorti, il dit qu'il faut dépenser 60 milliards par an pour la transition écologique, sinon nous n'y arriverons pas. Et là, on se réjouit de 600 millions. Ce n'est pas 1% de la somme, en fait. Alors, il y a 10% de la somme, pardon.

15:30
Présentateur

Est-ce qu'il y a peut-être autre chose qui peut vous plaire dans ce budget ? François Bayrou a promis une contribution des plus fortunés. Est-ce que là-dessus, vous vous dites,

15:39
Sandrine Rousseau

il y a matière à négocier avec le gouvernement ? Eh bien, j'appelle à ce qu'il y ait la taxe Zuckman, qui est une taxe qui a été votée en première lecture à l'Assemblée nationale, qui touche 1 800 foyers en France. Qui n'a pas été votée au Sénat ? Oui, 1 800 foyers en France. Donc, je veux dire, c'est minime. C'est les 1 800 les plus riches. Et ça peut rapporter 20 milliards d'euros. Pourquoi on s'en prive, en fait ? Sauf que le gouvernement explique que ça taxe aussi l'outil de travail. Non, mais pourquoi on se prive de ça ? 2% ! 2%, ça ne supprime rien du tout. Rien du tout. Ça ne met rien du tout en danger. 2% sur 1 800 personnes. Pourquoi on s'en prive ?

16:14
Présentateur

Donc, pour vous, c'est la taxe Zuckman ou rien ? Il n'y a pas d'autre dispositif sur lequel vous seriez ouverts pour discuter avec le gouvernement ?

16:20
Sandrine Rousseau

Mais ils pensent à diminuer deux jours fériés et à faire travailler les Français et les Françaises deux jours de plus. Par contre, 2% sur les plus riches, ça, ce n'est pas possible. Enfin, encore une fois, moi, je veux bien tout entendre, mais le nouveau Front populaire, je le rappelle, est arrivé en tête aux élections. Alors, je sais, c'est...

16:38
Présentateur

Sans majorité.

16:39
Sandrine Rousseau

Sans majorité, d'accord, mais en tête quand même. Mais personne n'en a. Mais en tête quand même. Et on a l'impression d'avoir une espèce de bulldozer derrière, de, comment je peux dire ça, de mise sous, de mise en discipline du peuple. Mais ça va, quoi. Ça va, en fait, là, on a besoin d'un programme social. Je rappelle que l'Espagne, par exemple, a eu un programme social qui a augmenté les salaires, qui a amélioré les conditions de travail, réduit la précarité et qui a un taux de croissance, si ceux qui souhaitent la croissance l'appellent de leurs vœux, eh bien, qui a un taux de croissance bien supérieur au nôtre.

17:12
Présentateur

François Bayrou n'a pas de majorité à l'Assemblée. C'est le cas depuis plus d'un an après la dissolution. Est-ce que vous souhaitez que les écologistes discutent avec le gouvernement à la rentrée sur le budget ? Comme ça avait été le cas, il y avait des discussions pour le budget, le premier budget Bayrou qui a été adopté en février. Est-ce que vous souhaitez que les écologistes parlent avec Amélie de Montchalin, Éric Lombard, ou ça ne sert à rien ?

17:37
Sandrine Rousseau

Moi, je suis allée à la discussion avec Éric Lombard la semaine dernière, mais de fait, il n'y a rien à discuter, en fait, dans la mesure où ils ne veulent rien entendre sur les recettes supplémentaires et que pour eux, tout est question de dépenses. C'est inadmissible, parce que dans les dépenses... On ne l'a pas dit tout à l'heure, mais c'est quand même important, dans les dépenses qui vont être coupées dans le budget de l'État, il y a le remboursement des affections longue durée, donc des personnes qui sont malades, qui ont des maladies de longue durée.

18:05
Présentateur

Pour les médicaments qui ne sont pas en lien avec cette affection de longue durée ? Non, mais je le précise pour nos auditeurs.

18:10
Sandrine Rousseau

Oui, mais en fait, une affection longue durée, il y a plein de pathologies et il y a plein de difficultés associées à cette affection longue durée, qui n'est pas directement l'affection longue durée. Et en fait, on réduit le remboursement de personnes quand, de l'autre côté, on aggrave les conditions de leur santé. Mais d'ailleurs, c'est dramatique.

18:29
Présentateur

Sur le cadre général, Sandrine Rousseau, est-ce que vous êtes d'accord avec le fait qu'il faille faire 44 milliards d'économies ? Non, pas du tout. Non, voilà, vous n'êtes pas d'accord déjà sur le diagnostic ?

18:37
Sandrine Rousseau

Non, parce que c'est juste un chiffre pour vous dire que si on n'avait pas fait depuis 2017 les baisses d'impôts que l'on a fait sur les plus riches, si on n'avait pas depuis 2017 diminué les cotisations comme on l'a fait, on serait à moins de 3% de déficit aujourd'hui. Donc pour vous, il n'y a pas besoin de chercher des milliards partout, ils sont là. Tous les économistes le disent. J'ai discuté hier avec Maxime Comte qui m'a donné des chiffres absolument incroyables. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les aides aux entreprises, par exemple, 211 milliards d'aides aux entreprises, on ne sait pas où elles vont. Il n'y a aucune transparence. Ça englobe tous les types d'aides.

Oui, mais 211 milliards par an. Il n'y a aucune transparence sur où vont ces aides aux entreprises. On a moins de transparence sur les aides aux entreprises en France qu'on en a aux Etats-Unis. C'est quand même incroyable.

19:21
Présentateur

Sandrine Rousseau, les Insoumis menacent d'une motion de censure dès la rentrée parlementaire de septembre, sans attendre qu'on soit dans le vif du sujet sur le budget. Est-ce que vous voterez cette censure dès septembre ?

19:31
Sandrine Rousseau

Je voterai cette censure et j'appelle le Parti Socialiste à le faire, à être en responsabilité. Là-dessus, je le dis aux copains et copines socialistes, là, en fait, vous avez essayé de négocier sur les retraites. On voit à quel point ça a été parfaitement balayé par le gouvernement et combien tout cela n'a été qu'une mascarade. Ne retombez pas dans le piège. Enfin, là, je le dis un peu solennellement. Ne retombez pas dans le piège et que le nouveau Front populaire soit uni pour censurer ce gouvernement qui ne fait que détruire, en fait, ce qui fait la valeur de la France, c'est-à-dire nos services publics, notre santé, notre solidarité et, finalement, notre système agricole.

20:07
Présentateur

On va se quitter sur cet appel, donc, à vos camarades socialistes. Merci, Sandrine Rousseau. Merci à vous.