Pass sanitaire, contrôle des demandeurs d'emploi, campagne présidentielle : le "8h30 franceinfo" de Gabriel Attal
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Bonjour Gabriel Attal. Ça y est, Emmanuel Macron est bien candidat ?
C'est ce que les oppositions nous répètent à chaque fois qu'il prend la parole. Pas vous. Ce qu'on a vu hier, c'est un président de la République qui nous a parlé de la crise sanitaire.
Un peu.
De la question du rappel vaccinal.
Un peu.
De la reprise économique. Beaucoup. Et puis des réformes qui sont menées dans le pays. Il a toujours dit qu'il réformerait jusqu'au dernier quart d'heure. Et ça vaut encore plus, alors même que notre pays a connu une crise historique, une crise sanitaire, une crise économique qui nécessite des réformes pour lui permettre de se relever et de rebondir. On voit des oppositions, à les écouter, on a l'impression qu'il faudrait passer du quinquennat au triennat. En fait, il n'y aurait que trois ans. Puis après, parce que l'élection présidentielle arrive, il faudrait s'arrêter d'agir.
Et moi, je vais vous dire, si le président ne s'était pas exprimé, vous entendriez les mêmes responsables de l'opposition aujourd'hui dans les médias qui diraient, mais attendez, il y a une nouvelle vague peut-être qui arrive de l'épidémie. On voit que ça flambe très fort autour de nous. Quid de la campagne de rappel ? Il faut que le président s'exprime.
Ce n'est pas le fait qu'il prenne la parole qui pose problème pour les oppositions. C'est le fait qu'il parle dix minutes de la crise sanitaire et qu'il profite du reste du temps, soit près de 15 minutes, 17 minutes, pour parler de son bilan et de son projet.
Le président a parlé de la situation de la France. Est-ce que vous pensez que les Français qui l'écoutaient, qui nous écoutent aujourd'hui, sont préoccupés de savoir ce qu'on fait pour la création d'emplois, ce qu'on fait pour arriver à la neutralité carbone en 2050, ce qui nécessite d'accroître nos capacités d'énergie ? La réponse pour moi, elle est oui, évidemment. C'est évidemment normal que le président de la République s'exprime sur tous ces sujets qui sont au cœur de la vie des Français, au cœur des inquiétudes d'un certain nombre de Français dans un contexte de crise historique.
Prenons un exemple, Gabriel Attal, si vous voulez bien, la réforme des retraites. Il nous dit qu'il n'y aura pas de réforme pendant ce quinquennat-là. En revanche, il faudra plus tard, sous-entendu, là c'est moi qui l'ajoute, après l'élection présidentielle, allonger le temps de travail des Français au-delà de 62 ans, fusionner les régimes publics et privés. Là, on est bien dans l'après-élection. C'est bien le candidat qui parle, il n'y a pas de doute là-dessus.
Vous savez qu'on a présenté une réforme des retraites en 2019, qui a été adoptée par l'Assemblée nationale en première lecture. On a dû la suspendre du fait de la crise sanitaire. Le 12 juillet dernier, le président s'est exprimé, il a dit que pour relancer cette réforme, il faudrait une relance de l'économie, une maîtrise de l'épidémie. Ce qu'il a rappelé hier, c'est que sur la maîtrise de l'épidémie, malheureusement, on n'y est pas, personne n'y est dans le monde, et on voit encore une fois autour de nous des dynamiques épidémiques très inquiétantes, notamment en Allemagne, on y reviendra peut-être, où il y a une explosion du taux d'incidence.
Et ce qu'il a rappelé donc, c'est qu'il faudrait une réforme, et sur ce point-là, j'entends assez peu de personnes contester ce point-là, et qu'évidemment que ça ferait partie des débats pour 2022. Mais je veux dire, c'est de la transparence, du bon sens et de la clarté. Moi, je pense que les Français, ils attendent aussi de la clarté, à la fois sur nos intentions...
Faire la réforme avant l'élection présidentielle, c'était risquer une réélection ?
Non, mais encore une fois, il a été très clair, le Président, pour relancer une réforme d'une telle ampleur. Il fallait arriver à une situation où l'épidémie était derrière nous. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Encore une fois, l'épidémie, elle continue à circuler partout dans le monde, et singulièrement en Europe, qui est redevenue l'épicentre de l'épidémie. C'était normal qu'il s'exprime sur ce sujet-là.
Allez, l'épidémie, justement, l'une des annonces d'Emmanuel Macron hier soir, Gabriel Attal, c'est qu'à partir du 15 décembre, le pass sanitaire des plus de 65 ans, qui n'auront pas fait leur dose de rappel, la fameuse troisième dose pour la plupart d'entre eux, ce pass sanitaire sera désactivé. L'Académie de médecine, qui a été appelée à se prononcer il y a quelques jours sur cette question, a dit que ce serait une mesure de discrimination injustifiée. Vous n'avez pas tenu compte de son avis ?
D'abord, on se saisit des autorités de santé. Il y a également la Haute Autorité de Santé, qui est d'autres institutions médicales...
La Haute Autorité de Santé dit qu'elle n'a pas été saisie non plus sur cette question.
Il y a d'autres autorités de santé qui se sont saisies. Le comité vaccination, qui est présidé par M. Fischer, par exemple, on a saisi depuis le début de cette crise, s'agissant de la campagne de vaccination, qui nous a toujours remis des avis, et qui, sur ce point-là, était convergent avec les décisions que nous avons prises. Pourquoi est-ce qu'on parle de cette campagne de rappel ? C'est très important de le dire, parce que, grâce à la vaccination, on a érigé une muraille contre les formes graves du virus. On a 75% des Français qui sont complètement vaccinés. Il ne faut pas que cette muraille se fissure.
Se fissure, ça veut dire qu'au bout de 6 mois environ, selon les scientifiques, vous avez, notamment pour les personnes les plus fragiles, une immunité qui est conférée par le vaccin, qui diminue. Et donc, il faut que les personnes restent évidemment protégées contre les formes graves. D'où la nécessité de faire le rappel vaccinal.
Mais le 15 décembre, vous mettez tout le monde sur le même plan. La personne qui n'aura eu aucune dose de vaccin, celle qui refuse, par exemple, le vaccin, et celle qui aura eu ces deux doses, mais pas la troisième. C'est ce que dit l'Académie de médecine.
Le 15 décembre, ce qu'on dit, c'est que pour les personnes qui auront eu leur deuxième dose, leur schéma vaccinal complet depuis 6 mois et 5 semaines, le pass se désactivera s'ils ne font pas leur dose de rappel. Mais encore une fois, c'est, oui, une logique d'incitation.
6 mois et 5 semaines, ce sera ça, 6 mois et 5 semaines après la deuxième dose, le pass se coupe automatiquement.
Si vous avez plus de 65 ans, que vous avez réalisé votre deuxième dose il y a 6 mois, vous avez 5 semaines pour réaliser votre rappel, faute de quoi le pass sanitaire sera désactivé.
Pardon, c'est 5 semaines à partir d'aujourd'hui ou c'est 5 semaines à partir du...
C'est 5 semaines à partir des 6 mois qui suivent votre deuxième dose. Je vais essayer d'être très clair.
Donc concrètement, le 15 décembre, il peut y avoir de nombreuses personnes qui arrivent au bout de ces 6 mois et 5 semaines après leur deuxième ou leur première injection.
Absolument, c'est le 15 décembre que le pass sanitaire sera désactivé. Pour les personnes de plus de 65 ans qui ont réalisé leur deuxième dose, il y a plus de 6 mois et 5 semaines et qui n'ont pas fait leur rappel.
Est-ce qu'elles seront prévenues bien avant ? Parce qu'arriver au restaurant, elles se rendent compte que le pass sanitaire n'est plus actif sans savoir combien de temps s'est écoulé avant la dernière injection.
Si c'est le restaurant encore, on doit pouvoir s'en remettre. Si c'est pour un voyage, c'est un peu plus compliqué quand on arrive dans une gare ou un aéroport.
C'est précisément pour ça que c'était important que le président s'exprime et qu'il s'exprime à une heure de grande écoute. Moi, ce que je constate, c'est qu'autour de l'allocution du président, que ce soit un peu avant quand cette allocution avait été annoncée ou ensuite, vous avez de très nombreux Français qui ont pris rendez-vous pour leur rappel, quasiment un demi-million si on fait la somme. Voilà, on voit pourquoi c'était important que le président s'exprime et qu'il le fasse à un moment. Mais elles ne seront pas prévenues donc ? Si, bien sûr, vous avez des alertes qui vous rappellent que c'est important de faire le rappel. Par ailleurs, on mobilise aussi l'assurance maladie.
Parce que quand on parle des personnes fragiles, il y a évidemment les personnes de plus de 65 ans. Mais vous avez aussi les personnes qui ont ce qu'on appelle une comorbidité. Alors quand on parle de comorbidité comme ça, c'est jamais très clair. Mais on parle des personnes qui ont une maladie qui les rend plus fragiles vis-à-vis de l'épidémie et des formes graves. Je pense aux personnes qui souffrent d'obésité, qui souffrent de maladies cardiovasculaires.
Pourrais-je vous confirmer, parce qu'Emmanuel Macron n'a pas été très clair sur ce point, qu'elles ne seront pas concernées par la suspension du pass sanitaire ?
Oui, je vous confirme. Pour quelles raisons ? Notamment pour des raisons juridiques et techniques. Des personnes qui souffrent d'obésité ou d'une maladie cardiovasculaire. Ce n'est pas inscrit dans le pass. Évidemment, le pass connaît votre âge, il ne connaît pas vos pathologies, etc. Mais je veux dire, c'est très important que ces personnes qui, encore une fois, sont plus fragiles vis-à-vis des formes graves que les autres, fassent leur rappel de vaccination.
La campagne de rappel pour les 50-64 ans débutera, elle, début décembre. À partir de quand ces personnes pourront prendre rendez-vous ?
Les personnes pourront se faire vacciner à partir de début décembre. On a là aussi saisi les autorités de santé pour confirmer ce point. et donc pourront prendre rendez-vous à ce moment-là ou un peu avant. En tout cas, il ne pourra pas y avoir d'injection avant le début du mois de décembre, avant le 1er décembre.
Et pour eux, le pass sanitaire aussi sera suspendu si elles ne font pas cette dose de rappel à l'horizon, je ne sais pas, moi, janvier, février ?
Alors, ça n'a pas été dit par le président hier. Ce que vous avez constaté, c'est qu'on parle des plus de 65 ans. Et je vais vous dire, on a toujours fonctionné d'abord sur la confiance et sur la responsabilité des Français. La campagne de rappel vaccinal pour les plus de 65 ans, elle a démarré à la fin de l'été. D'ailleurs, il y a, je crois, quasiment 70% des plus de 65 ans qui ont fait leur rappel aujourd'hui. Il faut évidemment qu'ils continuent à le faire. À un moment, on passe effectivement à un stade qui est davantage de l'incitation avec le pass sanitaire.
Donc, il y aurait une logique à ce qu'à un moment donné, ça soit le cas pour les autres publics auxquels le rappel vaccinal est ouvert. Mais ça n'a pas été décidé à ce stade. Donc, les 50-64 ans. Ça n'a pas été décidé à ce stade.
Le fil Info 8h41 avec Mélanie Dolonnet. Et on poursuit avec vous, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement dans un instant.
Une centaine de gendarmes restent mobilisés pour continuer les investigations alors que l'adolescente de 17 ans, disparue en Mayenne, a été retrouvée vivante hier soir en état de choc. Elle est entrée dans un kebab à une dizaine de kilomètres du lieu où elle était partie courir. La piste de l'enlèvement est privilégiée. L'opposition dénonce un discours de campagne après l'allocution d'Emmanuel Macron, construction de centrales nucléaires, renoncement à la réforme des retraites d'ici la présidentielle.
Le chef de l'État a aussi annoncé qu'une troisième dose serait nécessaire pour garder son pass sanitaire à partir du 15 décembre pour les plus de 65 ans vaccinés depuis six mois pour les plus jeunes retours du masque dans toutes les écoles élémentaires à partir de lundi. Il faut lever le pied aujourd'hui en Ile-de-France. Transpollution aux particules fines, la préfecture demande de réduire la vitesse de 20 km heure sur les grands axes. Aux États-Unis, la justice autorise la transmission de documents liés à l'intrusion de partisans de Donald Trump au Capitole et en particulier la liste des personnes qui ont appelé ou rendu visite ce jour-là à l'ancien président américain.
Il voulait à tout prix que cela reste secret. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Braquia, Marc Fauvel.
Toujours avec le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, est-ce que la troisième dose, la dose de rappel, va bientôt être obligatoire aussi pour les soignants ?
Là aussi, vous avez vu qu'il n'y a pas eu d'annonce en ce sens. Encore une fois, les soignants font partie des publics auxquels le rappel s'adresse. Ils peuvent le faire. C'est-à-dire important qu'ils le fassent. Ils sont exposés à des personnes qui sont fragiles, ils les soignent. Et puis, ils peuvent eux-mêmes être exposés à la Covid.
Les soignants, peu importe leur âge, doivent faire une dose de rappel le plus vite possible ?
En tout cas, le rappel leur a été ouvert. Olivier Véran l'avait annoncé. Évidemment, on encourage ceux pour qui le rappel est ouvert à le faire.
À l'école, Gabriel Attal, vous souhaitiez que les chefs d'établissement, c'est-à-dire au collège et au lycée, puissent avoir accès au statut vaccinal des adolescents. Ce ne sera pas le cas. Le Conseil constitutionnel a censuré hier cette mesure. Est-ce que vous allez la rétablir sous une autre forme ? Ou est-ce que vous dites, on a entendu ce que disent les sages, on ne le fera pas ?
Non, la mesure a été censurée. Maintenant, je veux rappeler pourquoi est-ce qu'on avait proposé cette mesure au Parlement et pourquoi d'ailleurs le Parlement l'avait adoptée. Parce qu'on expérimente actuellement dans un certain nombre d'établissements un nouveau modèle de gestion de l'épidémie avec le souhait, quand il y a un cas positif, de ne pas fermer toute la classe. Et donc d'avoir la possibilité que la classe se poursuive avec les élèves vaccinés. Ce qui nécessite de savoir les élèves qui sont vaccinés. Parce que sinon, c'est du déclaratif. Et donc, évidemment, en termes sanitaires, il y a moins de certitude.
Donc, ça remet en cause cette nouvelle règle ?
Je ne dis pas ça. L'expérimentation, elle se poursuit. Mais au moment de la question de la généralisation, évidemment que le fait que les chefs d'établissement ne pourront pas connaître la liste des élèves qui sont vaccinés, évidemment que la question se posera.
Gabriel Attal, un mot de la prolongation du pass sanitaire jusqu'à l'été prochain qui en inquiète certains dans l'opposition. Et surtout, Éric Zemmour, qui ne se dit pas encore officiellement candidat à l'élection présidentielle. Mais il craint qu'il faille un pass sanitaire pour aller voter en avril prochain. Il dit que vous préparez une entourloupe aux Français. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Sur ce point, j'étais très clair. J'ai été interrogé à plusieurs reprises sur ce sujet. Non, il n'y aura pas de pass sanitaire demandé pour aller voter. Je pense d'ailleurs que ça ne serait même pas constitutionnel. Les choses là-dessus, encore une fois, j'ai eu la question trois ou quatre fois. À chaque fois, je le dis, je le redis. Je comprends que la question puisse être posée. Je comprends que des gens se posent la question. Et donc, je vous redis le plus clairement possible. Non. Et encore une fois, ce qui a été prolongé, ce n'est pas le pass sanitaire jusqu'en juillet prochain. C'est la possibilité d'y recourir.
Dès qu'on pourra s'en débarrasser, qu'on pourra alléger les mesures, évidemment qu'on le fera. Et on l'a fait à chaque fois depuis le début de cette épidémie, depuis le début de cette crise il y a 18 mois. À chaque fois qu'on pouvait alléger des mesures, qu'on pouvait se débarrasser d'un certain nombre de contraintes, on le faisait. Maintenant, il faut être responsable. Moi, je veux redire que le pass sanitaire, c'est ce qui nous permet quand même aujourd'hui en France d'avoir un taux de couverture vaccinale, un nombre de personnes vaccinées quasiment inégalé ailleurs en Europe. Regardez ce qui se passe en Allemagne.
Vous avez une augmentation du taux d'incidence qui est extrêmement forte, qui est particulièrement inquiétant dans un certain nombre de régions. Il se trouve en plus que ce sont des régions où le taux de couverture vaccinale est extrêmement faible. Certaines régions, on parle de 57-58% de personnes complètement protégées. En France, on est à 75%. Donc, c'est une chance que d'avoir ce taux de couverture vaccinale et on le doit notamment au pass sanitaire. Donc, je rappelle que dans la vie quotidienne des Français, quand même, aujourd'hui, il s'est installé comme un outil assez simple à utiliser.
Je veux dire, les restaurateurs le disent, les gestionnaires de théâtre, de cinéma le disent, les Français le disent. Ça ne veut pas dire qu'il faut s'y habituer et se dire qu'on va le garder ad vitam aeternam. Ça veut dire que c'est malheureusement une contrainte, mais qui est quand même nettement moins forte que de devoir fermer des établissements, mettre en place un couvre-feu ou un confinement. C'est ce qui nous permet d'éviter aussi de reprendre ces mesures dont les Français ne veulent plus.
Justement, en parlant du pass sanitaire et du masque, le masque à nouveau obligatoire dans toutes les écoles de France. À partir de lundi, il y avait une quarantaine de départements où les petits pouvaient s'en passer encore. Mais il y a une règle qui change en fonction des départements. C'est sur l'usage du masque pour les adultes cette fois-ci lorsqu'on présente le pass sanitaire. Il y a des départements, par exemple, où lorsqu'on va au restaurant et qu'on présente le pass sanitaire, on peut enlever le masque tout le temps. Il y en a d'autres où il faut le garder.
Est-ce qu'il ne faudrait pas là aussi une règle qui serait la même partout, c'est-à-dire, si vous me passez l'expression, ceinture et bretelle, masque et pass sanitaire ?
J'entends la question que vous posez. Et quelle est la réponse ? Effectivement, il y avait à la fin juillet une décision qui avait été prise de donner la possibilité dans les établissements où le pass sanitaire est demandé de tomber masque.
Je vous pose la question parce que je pense que la plupart des auditeurs et des téléspectateurs, et moi-même, pour s'être posé la question hier soir avec Salia en préparant cette interview, personne ne sait aujourd'hui quelle est la règle.
Non, mais j'entends tout à fait ce que vous dites. Il n'y a pas eu de décision nouvelle en ce sens, mais je le retiens. Et probablement que dans les prochains jours, on pourra clarifier les choses. Ne nous mettez pas sur le dos si vous durciez la règle. Non, mais j'entends parfaitement qu'il y ait, au moins pour rappeler la règle, j'entends parfaitement qu'il y ait des incompréhensions sur le sujet.
Gabriel Attal, hier, Emmanuel Macron a regretté que trop d'offres d'emploi restaient dépourvues, alors qu'on compte 3 millions de chômeurs dans le pays, jusqu'à 6 même. Il a alors rappelé que les demandeurs d'emploi qui ne démontreront pas une recherche active seront suspendus. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il va y avoir plus de contrôle ?
D'abord, le Président, il a rappelé que depuis le début de ce quinquennat, on a une boussole, c'est le travail. Faire en sorte que les Français puissent travailler et vivre dignement de leur travail. Ce qui nous a amené à prendre des mesures pour revaloriser le travail, notamment la hausse de la prime d'activité au niveau du SMIC, avec la défiscalisation des heures supplémentaires, avec l'exonération des cotisations. Oui, mais c'est important de le rappeler. Pour une personne qui est au SMIC, c'est l'équivalent d'un 13e mois et d'un quasi 14e mois, grâce à toutes ces mesures de pouvoir d'achat, de rémunération du travail qui ont été prises.
Et favoriser le travail, effectivement, c'est aussi inciter à la reprise d'activité. D'où la réforme de l'assurance chômage qui se met en œuvre. Il y a une première étape qui a été mise en œuvre au 1er octobre. Il y a une nouvelle étape qui va s'appliquer à partir du 1er décembre. Et effectivement, ce qu'a annoncé le président de la République hier, c'est que nous allions accroître les contrôles pour garantir qu'il y a bien des recherches actives d'emploi, notamment dans les secteurs en tension, c'est-à-dire les secteurs où il y a beaucoup d'emplois non pourvus, où les chefs d'entreprise vous disent qu'ils ont du mal à recruter.
Ça vaut pour la restauration, le BTP, certains services, l'industrie aussi. Vous voyez aujourd'hui des chefs d'entreprise qui vous disent « je n'arrive pas à recruter, j'ai des emplois disponibles, je n'arrive pas à recruter, ça me freine d'ailleurs dans la reprise d'activité ». Oui, absolument. Ça veut dire qu'on va augmenter les contrôles. Alors pour être très clair, on avait déjà augmenté les contrôles. Ils ont été quasiment triplés depuis 2017. On a augmenté pour ça les moyens de Pôle emploi et on va continuer à les augmenter. C'est-à-dire que dans les 6 prochains mois, les contrôles vont augmenter d'environ 25%. Il y aura 25% de contrôles en plus par les services de Pôle emploi.
Ce sont les conseillers de Pôle emploi qui vont faire ces contrôles en plus ?
Oui, c'est pour ça qu'on a renforcé leurs effectifs.
25% de contrôles en plus dans les 6 mois ?
Dans les 6 prochains mois, absolument.
Vous avez une idée du nombre de chômeurs qui aujourd'hui ne cherchent pas de boulot ?
Non, ce que je peux vous dire, c'est que sur 100 contrôles qui sont réalisés aujourd'hui, il y a environ 14, c'est une moyenne, 14 personnes à qui on fait un message, un avertissement ou à qui on est amené à suspendre les allocations au moins pendant un certain temps pour qu'elles témoignent d'une recherche active d'emploi.
On suspend pendant combien de temps ?
C'est gradué, c'est je crois le premier avertissement, ça peut être un mois, ensuite ça peut être deux mois, quatre mois.
Est-ce que suspension, qu'on soit bien clair, c'est une radiation, donc il n'y a plus de revenus ?
Non, la suspension, ça veut dire que vous ne touchez pas vos allocations de chômage pendant une période donnée. Quand une fois, ça va de un mois à quatre mois, selon que vous en êtes, au premier avertissement, deuxième, troisième. Et puis ça peut aller à l'extrême jusqu'à la radiation. Dans ces cas-là, effectivement, vous êtes radié de pôle emploi.
L'autre annonce faite hier soir par le chef de l'État, Gabriel Attal, c'est que la France va relancer le nucléaire. Pour être honnête, on le sentait un tout petit peu au travers des derniers discours du chef de l'État et des différents ministres. Mais Emmanuel Macron n'a pas précisé de quel réacteur il s'agirait. Ce sera des EPR, c'est ce qu'il souhaite. Et est-ce que la décision sera irrévocable avant l'élection présidentielle ou est-ce qu'on ne fait qu'annoncer ça et on laisse ça aux futurs locataires de l'Élysée ?
Il aura l'occasion, le président, de s'exprimer dans les prochaines semaines sur ce sujet-là pour donner des précisions à la fois d'ordre technique, le type de réacteur et puis de calendrier. Mais vous dites, on l'avait senti venir. Pourquoi est-ce qu'on l'avait senti venir ?
Parce que le gouvernement le dit ces derniers mois.
Notamment parce qu'il y a un rapport très important qui a été remis ces dernières semaines par RTE, qu'on a commandé en 2019. Pourquoi ? Parce que 2019, c'est le moment où on a gravé dans la loi le fait qu'on voulait atteindre la neutralité carbone en 2050. Ce qui est très important. Les Français veulent lutter contre le réchauffement climatique. On veut lutter contre le réchauffement climatique. Donc on s'est fixé cet objectif d'atteindre la neutralité carbone en 2050.
Sauf que là, Gabriel Attal, Emmanuel Macron engage la France sur plusieurs électricités sur dizaines d'années.
Ça veut dire que la consommation d'électricité va augmenter. Ça veut dire qu'elle va nettement augmenter. C'est estimé d'ailleurs par les études de l'ordre de quasiment plus 35% d'ici à 2050. Parce qu'on électrifie les usages, parce qu'on va se chauffer davantage en utilisant l'électricité, parce qu'on va utiliser l'électricité pour notre mobilité.
Mais cette décision n'aurait pas pu attendre le débat de la présidentielle. Il le fait pour les retraites et pas pour l'énergie, pour le nucléaire ?
Ce que je vous dis, c'est que c'est un travail qui a été engagé depuis 2019. Mais ça ne lira pas les mains du prochain président ? Ce qu'annonce aujourd'hui Emmanuel Macron. Par définition, quand vous êtes président de la République, vous avez une majorité, vous pouvez prendre un certain nombre de décisions. Relancer un programme de nucléaire, par ailleurs, ça se fait sur un horizon de temps. Donc il ne se passera rien avant la présidentielle. Ce qui est important, c'est de lancer dès maintenant cette relance du programme nucléaire.
À condition d'être élu.
Parce qu'encore une fois, il faut que les Français puissent se chauffer, puissent allumer la lumière chez eux à horizon 2035 ou 2050. Aujourd'hui, la question se pose, je le dis. C'est pour ça d'ailleurs qu'on ne relance pas que le nucléaire. On veut aussi investir sur les énergies renouvelables. Parce que ça, pour le coup, ça se fait plus rapidement. Les énergies renouvelables, vous pouvez installer un mât d'éoliennes, vous pouvez installer une centrale photovoltaïque, vous pouvez installer l'hydroélectricité plus rapidement que de construire une centrale nucléaire. Il faut investir sur tout parce que notre consommation d'électricité va très fortement augmenter.
Et ceux qui vous expliquent qu'on pourrait faire sans le nucléaire, ou qu'on pourrait faire sans les énergies renouvelables, ils vous disent une chose, c'est que si on veut pouvoir continuer à se chauffer, à se déplacer, allumer la lumière dans les années qui viennent, il faudra soit relancer les centrales à charbon. On ne veut pas, on en sort du charbon en France, soit se chauffer à la bougie ou s'éclairer à la bougie. On n'en veut pas non plus. Et donc il faut augmenter nos capacités d'électricité. Ça passe par le nucléaire et ça passe par les énergies renouvelables.
Il est 8h52, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, est avec nous pour quelques minutes encore. On s'arrête le temps du Filinfo avec Mélanie Delonay.
100 000 rendez-vous pris sur Doctolib dans l'heure qui a suivi l'allocution d'Emmanuel Macron pour une troisième dose. Il faudra en passer par un rappel pour garder son pass sanitaire quand on a plus de 65 ans et qu'on est vacciné depuis 6 mois. Date butoir, le 15 décembre. La troisième dose va s'ouvrir aux plus de 50 ans début décembre. Et puis à l'école, les élèves du CP au CM2 vont devoir remettre leur masque lundi dans tous les départements, quel que soit le taux d'incidence. Elle est en état de choc. L'adolescente recherchée en Mayenne a été retrouvée vivante à une dizaine de kilomètres du lieu où elle avait disparu. Les enquêteurs privilégient la piste de l'enlèvement.
Au procès des attentats du 13 novembre 2015, François Hollande attendu à la barre. Ce midi, l'ancien président citait comme témoin par une association de victimes. Deux semaines après l'abandon d'un projet près de Nantes, la construction d'un entrepôt d'Amazon compromise au pied du pont du Gard pour préserver des espèces protégées. La justice annule des autorisations environnementales. France Info
Le 830 France Info Salia Braquia, Marc Fauvel Toujours avec le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, le gouvernement qui a prévu de taxer les mutuelles à hauteur de 500 millions d'euros dans le budget qui est examiné aujourd'hui. Est-ce que vous ne pensez pas tout simplement que si les mutuelles acceptent cette taxe, elles vont les répercuter sur les Français et leurs cotisations ?
Pour être très précis, sur les mutuelles, ce sont les sénateurs qui proposent une taxe dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, ce qui n'est pas l'intention du gouvernement. Il y a eu une taxation exceptionnelle sur les mutuelles en 2020. Pourquoi ? Parce qu'elles avaient fait énormément d'économies, puisque la Sécurité sociale a tout pris en charge s'agissant du Covid, et qu'elles ont eu moins de dépenses. Et là, les sénateurs, donc je le rappelle, c'est les LR, veulent une taxation exceptionnelle de 500 millions d'euros sur les mutuelles. On ne s'est pas engagé en cette voie. Pourquoi ? Précisément pour la raison que vous avez évoquée, parce qu'on voit bien que ça pourrait être...
Les mutuelles n'ont aucune raison de s'inquiéter aujourd'hui, ça ne sera pas repris par le gouvernement.
Non, ça a déjà été dit par le gouvernement, parce que ça pourrait être utilisé par certaines mutuelles pour dire qu'à ce moment-là, on va augmenter les cotisations et les tarifs pour nos assurés. Et ça, on n'en veut pas. Elles ont déjà annoncé des augmentations. Ce qu'on leur demande, c'est de ne pas procéder à ces augmentations, je le redis. Et donc, c'est pour ça qu'on ne s'est pas engagé dans cette voie.
Un mot sur une déclaration qui a fait la polémique cette semaine, celle d'Arnaud Montebourg, qui voulait donc frapper au portefeuille les pays qui ne voulaient pas récupérer leurs ressortissants qui faisaient l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Vous, au gouvernement, vous avez choisi plutôt de réduire les visas de 50% pour les pays, pour les personnes qui viennent du Maghreb. Est-ce que ça marche ?
Ça a été mis en place il y a assez peu de temps.
Ça fait plus d'un mois.
Oui, un peu plus d'un mois.
Est-ce qu'ils ont repris leurs ressortissants ?
Je peux vous dire qu'en tout cas, il y a des discussions diplomatiques qui ont repris à très haut niveau et de manière très dense. Ah bon ? Parce que le président algérien dit qu'il ne décroche pas le téléphone quand Emmanuel Macron appelle. Je peux vous dire qu'il y a beaucoup d'échanges entre les ministres, que le Premier ministre lui-même a eu un certain nombre de ses homologues au téléphone encore récemment. C'est une mesure qui a été prise il y a un peu plus d'un mois. On a commencé à voir des résultats, notamment avec la Tunisie. On a des laissés-passés consulaires qui ont été délivrés, plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines qui ont été délivrés depuis cette annonce.
C'est vrai que ça reste compliqué avec l'Algérie que vous évoquiez, ainsi qu'avec le Maroc. Mais il y a un travail diplomatique qui se poursuit.
Emmanuel Macron appelle souvent le président algérien qui ne décroche pas. Il le dit même dans la presse, le président algérien.
Je ne vais pas commenter ces propos. Ce que je vous dis, c'est qu'il y a évidemment un dialogue et des échanges diplomatiques qui ont lieu. Et encore une fois, notre objectif, c'est quoi ? C'est tout simplement de faire respecter nos règles. On l'a toujours dit. On veut faire respecter nos règles migratoires. Ça veut dire quoi ? C'est-à-dire que des personnes qui ont vocation à être accueillies en France, notamment parce qu'elles sont persécutées dans leur pays, qu'elles bénéficient de l'asile, il faut qu'elles soient pleinement intégrées. C'est pour ça qu'on a augmenté le nombre d'heures de Français, etc.
Pour des personnes qui n'ont pas vocation à rester en France, il faut qu'elles soient expulsées, qu'elles soient reconduites dans leur pays d'origine. Et ça veut dire qu'il faut que les pays d'origine nous délivrent des laissés-passés consulaires, ce qui nous permet de les reconduire. Et c'est vrai que depuis la crise sanitaire, on a vu des blocages avec plusieurs pays, notamment les pays du Maghreb. Ce qui nous a amené d'abord à avoir des échanges diplomatiques avec eux pour leur demander de délivrer ces laissés-passés consulaires. Les échanges diplomatiques n'étaient pas suffisants.
Et donc on a pris cette mesure, effectivement, qui est une mesure difficile, mais qu'on assume de réduire les visas tant qu'il n'y aurait pas une coopération plus importante.
On a appris il y a quelques jours, Gabriel Attal, que l'ex-otage française Sophie Petronin avait fait le choix de retourner vivre au Mali, pas dans la zone où elle a été prise en otage, mais à un millier de kilomètres de là, dans une zone plus sûre, semble-t-il. Est-ce que vous le regrettez ? Et est-ce qu'elle bénéficie aujourd'hui d'une protection de la part de la France ?
J'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur ce sujet. J'ai dit qu'évidemment, on regrette ce choix, et que c'est un choix qui est irresponsable, mais à la fois pour elle. J'entends bien qu'elle n'est pas dans la région de Gao où elle avait été enlevée. Elle est quand même dans un pays qui connaît des grandes difficultés, d'insécurité importante, des groupes terroristes. Et puis c'est aussi cette insécurité pour nos soldats. Moi, je veux quand même rappeler que quand on a un de nos ressortissants qui est fait prisonnier à l'étranger, qui est otage, qui va le chercher ? C'est nos soldats.
On a, dans des opérations pour aller récupérer des otages, des soldats qui ont été tués en allant chercher des otages.
Elle est protégée aujourd'hui par les Français.
Je n'ai pas d'informations sur ce sujet-là. Et vous lui demandez de revenir ? Moi, je ne vais pas rentrer dans un dialogue par la presse avec Mme Petronin. J'ai eu à dire ce que j'ai dit. Je redis ce que j'ai dit. Je redis que c'est irresponsable. Elle fait ce qu'elle veut maintenant. Je redis que c'est irresponsable.
Merci à vous, Gabriel Attal. Bonne parole de gouvernement et bonne journée. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée La Bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr
Gabriel Attal