Macron divise, Mélenchon cherche l'union - Les questions SMS #cdanslair 25.08.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:37OuverteRéponse partielle
Comment interpréter la venue de deux députés LR à Marseille ?
- 3:52OuverteRéponse partielle
La réforme des retraites pourrait-elle être la dernière chance de Jean-Luc Mélenchon de mobiliser des centaines de milliers de personnes ?
- 5:12OuverteRéponse partielle
Comment Mélenchon peut-il espérer mobiliser sans les syndicats ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53InvitéFait
« Mélenchon n'a qu'un seul but, faire main basse sur toute la gauche. »
- 1:10InvitéFait
« le deuxième tour, ça sera Le Pen-Macron ou Wauquiez-Macron. »
- 3:29InvitéFait
« Il l'a fait aussi pour les étouffer, pour continuer d'affaiblir le parti communiste. »
- 4:27InvitéFait
« Le plus rageant pour Emmanuel Macron, c'est que c'est une réforme qui vise à ne faire aucune économie. »
- 4:53InvitéFait
« Donc le système ne marche plus. »
- 7:15InvitéChiffre
« Jean-Luc Mélenchon a fait 19% au premier tour et il a 17 députés. »
- 7:29InvitéFait
« Notre mode de scrutin fausse un peu cette perception entre les forces parlementaires et les forces réelles. »
Temps de parole
- Invité34 %
- Invité 225 %
- Invité 319 %
- Présentateur13 %
- Locuteur non identifié5 %
- ?4 %
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Mélenchon veut être le premier opposant à Macron, il lui faudra apprendre à être collectif. Ah ben on en parlait. Le petit, peut-il forcer sa nature, lui ?
Ça
dépend de
ce
qu'on entend par collectif. Ce que refuse Jean-Luc Mélenchon, c'est cette grammaire de l'union de la gauche, des négociations d'appareils, de la lutte des places, etc. Il veut se libérer de ce carcan. La stratégie populiste, effectivement, c'est de dire qu'on constitue un peuple, donc on joue collectif, mais on ne joue pas le collectif des organisations parce qu'aujourd'hui, effectivement, la gauche, c'est un peu une pétodière avec toutes ces luttes d'appareils. De ce collectif-là, de cette tradition de l'union de la gauche, il ne veut plus, très clairement. Donc c'est collectif derrière moi.
Et
avec l'hégémonie, très clairement, derrière lui, ça c'est sûr. Mélenchon n'a qu'un seul but, faire main basse sur toute la gauche. Non ? Point d'interrogation ? Je pense. Je pense qu'il sait que si, au premier tour de la présidentielle, il
y
a un candidat, la France insoumise lui-même, mais en face, un socialiste, peut-être un communiste, cette fois-ci, de l'extrême gauche, comme à chaque fois en France, eh bien, le deuxième tour, ça sera Le Pen-Macron ou Wauquiez-Macron. Et donc, il doit à tout prix, d'ici là, avoir tellement assis son hécémonie dans les sondages, dans les médias, dans la réalité, que les autres partis, finalement, viennent se rallier à lui. C'est loin d'être fait. C'est loin d'être fait. Mouette
Varniol ?
Oui,
4 ans, c'est long. Et puis, il va falloir qu'ils comprennent que l'histoire de la gauche, qu'ils le veuillent ou non, c'est qu'elle est diverse, c
'est
qu'elle a plusieurs sensibilités. Et il n'y arrivera pas tout seul.
Comment interpréter la venue de deux députés LR à Marseille ? C'est les sympathies parlementaires,
c
'est les travaux de parlementaires qui sont venus. Ça permet de faire un coup en disant qu'on est ouverts. Et en effet, je pense qu'ils ont été instrumentalisés. Alors, la droite n'a pas à s'en inquiéter, parce que ce ne
sont
pas des gens qui vont quitter les LR pour aller à la France Insoumise avec des bataillons de militants. Tandis que quand vous voyez Morel ou Wallot pour le Parti Socialiste aller à la France Insoumise, c'est un peu la dérive des continents.
Boris Wallot pourrait
quitter le PS
? Non, pas Boris Wallot. Pas Boris Wallot, mais c'est
quand même des
porosités.
Emmanuel Morel, il peut en être tenté. Comme un jour, Benoît Hamon peut très bien revenir vers une tentative d
'aliance. C'est des
sympathies parlementaires, mais on se souvient des images de Christian Jacob lors du discours de Jean-Luc Mélenchon, lors du débat sur la motion
censure, qui
était un peu admiratif. Je pense que ce qu'a réussi quand même à faire Mélenchon cette année, c'est à se faire respecter. Aujourd'hui, effectivement, des députés en marche, des députés LR, des députés socialistes, constatent qu'effectivement, les députés de la France Insoumise font un bon travail, que finalement aussi, Jean-Luc Mélenchon parla à
l
'intelligence collective. Et ça, je pense, il a réussi à créer, au-delà de sa radicalité, cette forme de sympathie, voire même d'admiration. Je pense que ça montre ça aussi. C'est l'une des personnalités admirées à
l
'Assemblée nationale, qui force le respect en
tout cas. Par son
éloquence, qui est incontestable. Son talent d'orateur. Avec qui Mélenchon pourrait-il gouverner
?
Avec lui-même ou vous voyez quelqu'un à ses côtés ? S'il gouverne, c'est qu'il a gagné l'allée présidentielle et les législatives. Donc vous êtes obligés à ce moment-là de nouer des alliances avec des partis, ne serait-ce que pour avoir leur voix au second tour de la présidentielle et des législatives. Donc vous faites un gouvernement où vous allez chercher chez ses alliés des amis et des lieutenants. C'est exactement ce qu'a fait Mitterrand en 1981. Il a fait rentrer quatre ministres communistes au gouvernement. Dieu sait si au niveau international, c'était pas simple à assumer. Mais il l'a fait. Alors il l'a fait aussi pour les étouffer, pour continuer d'affaiblir le parti communiste.
Mais il l'a fait aussi parce qu'il avait eu besoin de cette alliance. Rappelez-vous que Mitterrand en 1974, il n
'y a
pas de candidat communiste. Il fait 43 au premier tour. Il est battu au second. En 1981, il y a un candidat communiste. Il fait donc beaucoup moins au premier tour. Mais il gagne au second. C'est là où Mélenchon devrait réfléchir à ce que c'est qu'une stratégie victorieuse d'union, c'est-à-dire d'addition, et pas forcément être le meilleur au premier tour et avoir tout le monde contre lui au second.
La
réforme des retraites pourrait-elle être la dernière chance de Jean-Luc Mélenchon de mobiliser des centaines de milliers de personnes ?
Est
-ce qu'il y a d'autres réformes qui pourraient être susceptibles
? L'assurance chômage
est aussi une réforme qui peut faire descendre des gens dans la rue et mobiliser des colères. Si vous apprenez demain aux chômeurs qu'ils vont être indemnisés moins et surtout moins longtemps, ils peuvent avoir envie d'aller frapper à la porte de Mélenchon.
Mais
les
retraites, quand
même, ça mobilise potentiellement beaucoup. Souvenez-vous, sous Nicolas Sarkozy, il y avait 2 millions de Français qui se mobilisaient lors de la réforme des retraites, qui n'est rien en termes de changement par rapport à ce que prépare probablement le gouvernement. Le plus rageant pour Emmanuel Macron, c'est que c'est une réforme
qui vise à ne faire aucune économie.
C
'est une réforme juste, on change le système.
Oui, quand même, ça le
pérennise.
S
'il ne s'agit pas de faire des économies financières tout de suite, on vous verse moins, mais c'est un système fait pour pérenniser dans le temps un nouveau système. On a un système qui a été bâti pour beaucoup d'actifs et peu de personnes âgées. En 70 ans, il y
a
plus en plus de personnes âgées parce qu'on meurt plus tard, tant mieux. Il y a moins en moins d'actifs parce qu'il y a le chômage et qu'on rentre au travail après de plus longues études. Donc le système ne marche plus. Donc ce changement systémique, il est quand même juste fait pour qu'il y ait encore des retraites dans 40 ans et qu'on ne soit pas tous obligés d'économiser pour nos vieux jours. Donc il sera forcément un peu moins généreux puisqu'il y a moins d'actifs pour financer des retraités de plus en plus nombreux.
Surtout moins redistributifs.
Il sera moins redistributifs.
Comment Mélenchon peut-il espérer mobiliser sans les syndicats
? Il
ne pourra pas.
Il
ne pourra pas mobiliser sans les syndicats.
Quelles étaient ses relations avec Philippe Partinez
de la CGT ?
Je pense que ça fait partie du bilan qu'il a tiré de cette année.
C
'est-à-dire que ses velléités de préemption du mouvement social ont échoué et un peu ces ordres donnés aux syndicats, vous savez, sur les dates de mobilisation, n'ont pas du tout fonctionné et ont un petit peu handicapé le mouvement social au début, même si à la fin, et là il a changé un peu de stratégie là-dessus, il a compris qu'il fallait que chacun ait son agenda, ce qui n'empêchait pas, et sa parole propre, ce qui n'empêchait pas de se réunir dans la rue. Et là, je pense que c'est effectivement ce qui va se passer sur les retraites parce que c'est effectivement la mère des batailles, parce que symboliquement, elle touche, c'est un symbole du modèle social français qui touche
à
la redistribution et qui effectivement touche à tout l'ensemble de la société.
Mais attention,
là, on va rentrer quand même avec les européennes en mai prochain, bon, c'est un peu loin encore, dans des cycles électoraux qui vont aussi se suivre. Là,
on
était dans une... Les mouvements sociaux ont été d'autant plus importants qu'il n'y avait pas d'élection. Donc le baromètre de l'opinion, c'est quand même les élections intermédiaires. Or, il va y avoir des élections intermédiaires très importantes. Il y a beaucoup d'élections intermédiaires en France, les élections municipales, les élections régionales, les élections départementales, des élections absolument essentielles pour l'union de la gauche, pour la structuration d'En Marche, la structuration de la France insoumise dans les territoires. Donc je pense aussi que dans cette première année, le tempo a été donné par les mouvements sociaux.
On va rentrer dans des formats, des séquences peut-être plus classiques et électorales où du coup la question du politique, la question du pouvoir politique, la question des alliances va peut-être reprendre plus de place qu'auparavant.
Et puis la première année, je veux dire, Macron a tiré dans tous les sens, il a choisi la stratégie militaire du tableau de bombe pour ne pas refonctionner, parce qu'elle a neutralisé l'opposition, ça va quand même être plus dur de
maintenir ce rythme à la deuxième année. Il le sait d'ailleurs,
puisqu'il discute avec les syndicats Macron, notamment avec la CFDT. Comment la France insoumise pourrait-elle devenir la première force d'opposition du pays avec une poignée de députés
?
Oui, Jean-Luc Mélenchon a fait 19% au premier tour et il a 17 députés. Marine Le Pen avait deux députés sous le quinquennat Hollande, elle a gagné les élections européennes, elle est arrivée au second tour la présidentielle. Donc notre mode de scrutin fausse un peu cette perception entre les forces parlementaires et les forces réelles. Maintenant, le vrai problème de Mélenchon, c'est qu'il a très très peu de conseillers municipaux, de maires, de conseillers départementaux, régionaux.
C'est là où débaucher les ailes gauches du PS, en leur disant, écoutez, venez avec nous, parce que si on se divise, si vous restez avec votre boutique brinque-ballante, ça va être tout pour Macron, ça peut fonctionner. Il y
a
des gens qui peuvent être tentés de faire un bloc mélenchoniste, aux municipales notamment, mais c'est loin d'être fait. Mais en 77, aux municipales, la gauche a été reconstruite déjà sur ce qu'elle est gagné en 81. Donc c'est dans les municipales qu'on verra vraiment si le nouvel alchimiste... Le PS pourrait apporter à Jean-Luc Mélenchon cet ancrage territorial.
La
gauche du PS. La gauche du PS. Corbière ou Ruffin pourrait-il être tenté de disputer son rôle de chef à Mélenchon ? Est-ce qu'il y
a
un petit peu d'égo là ? Ruffin va
y aller.
C'est un rebelle. Mais
pas à court terme. C'est un
insoumis.
Mais Corbière non. Corbière, sûrement pas à court terme.
Au
contraire, il est plutôt dans l'espérance de l'héritage, de l'incarnation de l'héritage. Et il sera en concurrence avec d'autres, avec Atenas, avec d'autres.
Mais Ruffin peut être le is no good de la France insoumise et tenter sa chance. Entre Ruffin et Jean-Luc Mélenchon, il y
a
une petite compétition. Ah oui, il y a de temps en temps des tensions. Pas la même philosophie politique, mais on ne
peut
pas dire non plus que ce soit la grande tension, il
ne faut
pas exagérer.
Eh
bien voilà, c'est la fin de cette émission. Merci d'y avoir participé. Merci de l'avoir suivie. Elle sera rediffusée ce soir à 23h20. Et lundi, vous retrouverez Caroline Roux pour un nouveau C'est dans l'air. Merci de votre fidélité et bon dimanche. Merci
d'avoir regardé cette vidéo !