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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 9 mai 2023 27 min

Réforme des retraites, sécheresse, pesticides... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Marc Fesneau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Marc Fénaud. Bonjour. Plusieurs centaines de manifestants d'ultra droite ont défilé samedi dernier à Paris, certains sous des cagoules avec des croix celtiques. Est-ce que vous comprenez que la préfecture a laissé faire ?

0:15
Marc Fesneau

La préfecture s'inscrit dans l'état de droit, comme sur toutes les manifestations. C'est une manifestation qui a été déclarée. Deuxièmement, c'est une manifestation qui n'avait pas donné lieu les années précédentes à des troubles à l'ordre public. Alors dire ça, ce n'est pas forcément satisfaisant. En même temps, on est dans l'état de droit puisqu'on sait très bien que toutes les décisions préfectorales, ça arrive d'ailleurs que les décisions d'interdiction préfectorale soient cassées, au motif qu'il n'y a pas de troubles manifestes à l'ordre public et troubles avérés ou potentiels à l'ordre public. Et donc, ça oblige à autoriser ces manifestations.

0:44
Présentateur

On peut manifester avec des cagoules aujourd'hui en France, mais pas avec des casseroles.

0:47
Marc Fesneau

Non, on peut manifester avec des cagoules, on peut manifester aussi d'ailleurs avec des casseroles puisqu'il y a des tas d'endroits où moi-même, je me déplace, où il y a des gens qui ont des casseroles. C'est le trouble à l'ordre public, ce n'est pas la nature de la manifestation. Après, il y a un deuxième sujet qui est la nature des messages qui sont véhiculés dans ce type de manifestation. On ne peut pas dire que le gouvernement là-dessus ne soit en retard de la main.

On a dissous un certain nombre de groupuscules d'extrême droite, je pense aux Zouaves de Paris, c'est comme ça qu'il s'appelle je crois, qui ont été dissous au motif qu'ils véhiculaient des théories néo-nazies ou d'extrême droite. Donc, il y a deux combats à mener. Un, il faut travailler dans le cadre de l'état de droit parce que c'est comme ça qu'on doit travailler quand on est sur des autorisations de manifester. et puis de combattre ces idées-là. Le cas échéant, quand elles sont à ce point véhicule de pensée terrible, de faire en sorte qu'on puisse dissoudre ces mouvements s'il y a lieu de les dissoudre. Est-ce qu'à force de taper sur l'ultra-gauche, vous avez oublié l'ultra-droite ?

Non, pas du tout. Je ne crois pas du tout. On a le droit d'être symétrique dans ce registre-là et de dire que les deux engendrent souvent les mêmes choses, c'est-à-dire de la violence, du rejet. Évite que dans ce pays, on puisse se parler. Et moi, j'ai toujours été tout à fait symétrique dans ces juifs. Je ne trie pas dans les extrêmes et je ne trie pas dans les violences. La violence est condamnable. L'appel à la violence est condamnable, que ce soit d'extrême droite ou d'extrême gauche. Ou d'ailleurs, d'ailleurs, au fond, ce n'est pas le sujet. Je pense que c'est la violence et ce qu'on dit qui comptent et pas ce qu'on est qui compte uniquement.

2:05
Invité

Marc Fédo, ça fait un an maintenant qu'Emmanuel Macron a été réélu à l'Élysée. Elisabeth Barne fêtera le même anniversaire la semaine prochaine à Matignon. Comme à l'école, vous mettriez quelle appréciation ? Très bien ? Bien ? Peut mieux faire ? Ou nul ?

2:17
Marc Fesneau

Non, pardon, on n'est pas à l'école. Ça me fait penser à l'école des fans même. À l'école des fans, il n'y avait que des gagnants. Il n'y avait que des gagnants et avec des bonnes notes. Parfois, il y avait des enfants qui étaient un peu distraits. On a essayé depuis un an de faire face à deux sujets qui sont un sujet d'un pays qui profondément est en tension sur un tas de sujets. On voit bien qu'on va parler d'autres sujets tout à l'heure. J'imagine qu'on a du mal à essayer de trouver une forme de compromis sur un certain nombre de sujets dans ce pays. Puis deux, un pays qui a traversé des crises gilets jaunes, des crises Covid et des crises ukrainiennes avec des éléments d'inflation.

Et la Première ministre, sous l'autorité du Président de la République, a déployé un certain nombre de mesures à la fois sur les questions d'inflation, à la fois sur les questions qui tiennent aux retraites puisque ça a occupé beaucoup l'automne et le printemps. Vous le savez aussi bien que moi, si c'était mieux que moi. Et donc, c'est plutôt dans ce registre-là qu'il faut regarder.

3:03
Invité

Vous dites que ce sont les problèmes extérieurs qui engendrent cette ambiance dans le pays.

3:09
Marc Fesneau

Les Français disent que c'est Emmanuel Macron. Non, je n'ai pas dit que c'était les problèmes extérieurs qui engendraient. Je dis qu'on nous sommes dans un pays qui est dans cet état de tension. On va parler d'agriculture. Je ne dis pas que c'est les problèmes extérieurs qui viennent créer ces tensions autour du sujet agricole. On a besoin dans ce pays d'essayer sur un certain nombre de sujets, de trouver des voies de compromis et d'essayer d'avancer. Et c'est ce qu'on a essayé de faire depuis un an. Je ne dis pas que les choses sont parfaites. Je n'ai jamais dit que les choses étaient parfaites. D'ailleurs, personne au gouvernement ne le dit comme ça.

On essaie d'avancer et d'armer le pays, au fond, face aux crises intérieures et face aux crises extérieures.

3:39
Invité

Et ça veut dire quoi ? Que les Français ne vous comprennent pas ?

3:41
Marc Fesneau

Non. Il ne faut jamais penser, quand quelque chose n'est pas compris, que c'est la faute de vos interlocuteurs. Il faut sans doute s'interroger soi-même sur qu'est-ce qu'on dit, comment on peut le dire. Sans doute que sur la question des retraites, si vous m'interrogez sur cette question-là, on a eu du mal à poser le débat qui était un débat, à mon avis, d'équilibre des comptes. Alors, je suis assez fasciné de dire que maintenant, j'entends même le corps dire que finalement, peut-être que les comptes n'étaient pas équilibrés. Enfin bref, on a du mal à documenter la réalité des choses. On aura du mal à avancer dans ce pays si on n'arrive pas à dire ce qu'est l'état des lieux du moment.

4:09
Présentateur

François Bayrou, votre patron, en quelque sorte, le patron du Modem, Marc Fénaud, disait sur ce plateau il y a quelques semaines, cette réforme n'est pas tout à fait la mienne. On aurait dû la faire différemment. On aurait dû notamment taxer les patrons via les cotisations patronales. C'est votre avis aussi ?

4:23
Marc Fesneau

Ce n'est pas tout à fait les échanges que j'ai eu avec François Bayrou. C'est ce qu'il a dit en public un semaine. J'essaie de répondre à votre question néanmoins. Il disait à juste titre, je crois, qu'on a eu du mal, ce que je répète, à dire ce qu'était l'état du déficit actuel et ce qu'on voulait faire au travers de cette réforme. Mais d'autres sources de financement. Mais il y avait sans doute d'autres sources de financement. Mais la source principale, on sait bien que c'est la mesure d'âge. D'ailleurs, ce n'est pas très original parce que ce sont des mesures qui sont prises dans tous les pays européens.

Alors, on peut toujours penser qu'en France, on est très différent des autres et très différent de gens qui sont à quelques centaines de kilomètres d'ici à Paris. Enfin, il me semble que ce n'est pas très original de ce point de vue-là. En revanche, on n'a pas réussi à dire ce qu'était l'enjeu d'équilibre. Et l'enjeu d'équilibre, il n'est pas pour l'équilibre comme une marotte. Il est un enjeu aussi de souveraineté. Quand vous n'êtes pas capable de payer ou d'assurer les pensions de retraite de vos concitoyens et que vous devez faire de la dette pour les payer, vous avez un enjeu de souveraineté.

Parce que quand vous êtes dans les mains de vos créanciers, vous avez un problème de souveraineté. Comme quand vous êtes dans les mains de votre banquier totalement.

5:17
Invité

En plus, alors ce n'est pas terminé sur la réforme des retraites. En plus des syndicats qui ne veulent pas lâcher l'affaire. Il y a aussi les députés du groupe indépendant Lyot qui ont déposé une proposition de loi visant à abroger le report de l'âge légal à 64 ans et mettre fin aussi à l'accélération de la durée de cotisation. Certains à droite, comme Aurélien Pradié, pourraient voter, disent vouloir voter cette proposition de loi comme la gauche. C'est une nouvelle inquiétude pour le gouvernement. Quelle sera l'attitude de la majorité ? Est-ce qu'il y aura de l'obstruction ?

5:46
Marc Fesneau

Je ne suis jamais inquiet du débat, j'ai été ministre des Relations avec le Parlement, je ne suis jamais inquiet du débat au Parlement. Enfin, je veux dire, on ne peut pas avoir peur des parlementaires. Ça veut dire qu'il n'y aura pas d'obstruction ? Attendez, ni nos concitoyens. Après, pardon, est-ce que la majorité a le droit de faire des amendements et de poser ses propres termes ? Vous avez eu, sur la réforme des retraites, 40 000 amendements. Je ne crois pas que ce soit le sujet de la majorité sur cette niche. Mais est-ce qu'on a le droit quand même, quand on est dans la majorité, de dire qu'on n'est pas d'accord et de poser des amendements ?

À partir de combien d'amendements on considérera que c'est une obstruction ? Enfin, je veux dire, on a le droit de poser des amendements.

6:14
Présentateur

Je vous pose la question différemment. Est-ce que vous souhaitez qu'on aille au vote sur cette proposition ?

6:19
Marc Fesneau

Mais je souhaite qu'on débatte, je ne sais pas si... Il y a un vote final ou est-ce que vous allez faire ce que vous avez reproché aux oppositions ? Excusez-moi, on a débattu quasiment trois semaines à l'Assemblée nationale. Là, vous pensez qu'on va régler cette... Enfin, soit c'est une question sérieuse et on considère qu'une journée, c'est peut-être un peu court. Mais allons-y. Ce n'est pas la première fois que dans une niche, je le répète comme ancien ministre des Relations avec le Parlement, on met des textes comme si c'était en une journée que les sujets pouvaient se trancher. Alors, j'entends plus que là... Pardon, il y a des articles dans la proposition de l'OA2.

Oui, mais j'entends... Non mais, oui, très bien. Article 1, je supprime les impôts. Article 2, comment je les finance ? Enfin, je veux dire, on peut aussi faire un article... Il y a quand même une question de responsabilité quand on est parlementaire. Et donc, sur le texte, en l'occurrence de l'Iod, j'entends qu'ils reviennent de 64 à 62 et que 2, ils reviennent sur la touraine qui n'a pas été votée par ce gouvernement et par les socialistes. La touraine, c'est l'accélération, la durée de cotisation. Donc, vous estimez qu'une journée, c'est trop court ? C'est peut-être pas inintéressant dans un débat, même de 12 heures à l'Assemblée nationale.

Est-ce qu'ils sont capables, dans cette niche, de garantir les pensions de retraite sans augmenter les cotisations et sans baisser les pensions de retraite ? Je veux dire, ça mérite quand même un débat sérieux. Je sais qu'on est dans un monde médiatique, je ne parle pas ici en tant que tel, où il suffit de claquer des doigts pour essayer d'apporter des réponses. En tout cas, ce n'est pas ma façon, ce n'est pas notre façon de concevoir les choses. C'est un débat sérieux. Il y aura un débat. On a le droit, quand on est même dans la majorité, de poser des amendements et de dire qu'on n'est pas d'accord avec vous. Donc, ce n'est pas un vote ? On verra.

Ce n'est pas moi qui suis l'accélération des débats et la façon dont ils se déroulent.

7:45
Présentateur

Marc Fénaud, vous restez avec nous. Dans un instant, on va parler d'un sujet qui intéresse et qui inquiète une bonne partie des Français. C'est la sécheresse déjà en cours dans de nombreux départements. On parlera de la situation des agriculteurs également. Le fil info, tout d'abord, à 8h40 avec Maureen Suignard.

7:58
Invité

Discours devant des milliers de soldats sur la place Rouge à Moscou. Discours de Vladimir Poutine à l'occasion du traditionnel défilé pour célébrer la victoire contre l'Allemagne nazie. Mais cette année, le président russe doit faire avec les difficultés de son armée en Ukraine. Ce matin, Kiev affirme avoir intercepté une vingtaine de missiles de croisière russe. Augmenter de 25% les contrôles fiscaux sur les plus gros patrimoines. D'ici la fin du quinquennat, voici l'objectif du ministre des Comptes publics. Gabriel Attal présente aujourd'hui son plan pour lutter contre la fraude qui représente jusqu'à 100 milliards d'euros chaque année.

Ils sont sept anciens collaborateurs à dénoncer du harcèlement moral. L'ex-député La République En Marche, Laetitia Avia, est jugée à partir d'aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Paris. Les plaignants dénoncent des humiliations, des propos à caractère sexiste, homophobe, voire raciste. Au Canada, les flammes sont toujours là. 400 000 hectares de forêts brûlées en quelques jours seulement dans la province de l'Alberta. C'est six fois plus que tous les feux de forêt en France l'année dernière.

9:06
Présentateur

France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

9:11
Invité

Avec le ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, Marc Fainaut. Depuis l'été dernier, la sécheresse s'est installée dans le pays la plus sphère rare. Des dizaines de départements sont en alerte. A combien s'élèvent les pertes de récoltes ? Vous avez déjà fait un état des lieux ?

9:24
Marc Fesneau

Non, alors pardon d'être un peu pragmatique dans ce genre d'exercice. Vous ne pouvez connaître l'état des lieux de la perte de récolte que quand vous avez récolté. C'est un peu une évidence.

9:32
Invité

Il n'y a pas d'anticipation ?

9:34
Marc Fesneau

Vous ne faites pas de l'anticipation sur la biologie des plantes. Je veux dire, s'il n'y a plus d'eau du tout, on perd tout. S'il y a de l'eau et qui manifestement, qu'en particulier ce matin et depuis quelques semaines, il y a beaucoup de territoires en France où il pleut. Et il pleut de façon satisfaisante. Dans mon propre département, on a une pluviométrie qui est plutôt satisfaisante. J'étais l'autre jour dans une région où on me disait qu'il y a même un peu trop de pluviométrie. La météo n'est pas une science que nous maîtrisons. Et peut-être que c'est mieux ainsi d'ailleurs, sans doute que c'est mieux ainsi.

Ça ne veut pas dire qu'on va y revenir, qu'il n'y a pas des départements qui sont sous gros stress.

10:02
Invité

Justement, les Pyrénées-Orientales, où vous étiez en déplacement le week-end dernier, vous avez annoncé aux agriculteurs qu'une indemnisation leur allait être versée. À quelles conditions ?

10:10
Marc Fesneau

C'est dans le cadre de la réforme de l'assurance récolte. Et heureusement qu'on a fait ça, qui était sans doute dans une forme d'impasse. Il y a la solidarité assurantielle qui va jouer, pour ceux qui sont assurés. Puis par ailleurs, la solidarité nationale qui viendra couvrir une partie des pertes que pourraient rencontrer les arboriculteurs, les viticulteurs, les maraîchers. On est plutôt sur ce type de culture dans ce département-là. L'idée, c'est de dire qu'on sera à leur côté, comme on l'a été d'ailleurs sur la grêle, sur le gel et sur la sécheresse l'été passé.

Après, on a un sujet qui est bien plus terrible dans un département comme celui-là, parce que ce n'est pas simplement la perte de récolte qu'on a.

10:41
Présentateur

C'est parfois la perte des arbres fruitiers. On a entendu des arboriculteurs dire que certains doivent jeter la récolte en cours aujourd'hui. Si un arboriculteur perd ses arbres sous l'effet de la sécheresse, est-ce qu'on les replante ? Est-ce qu'on l'aide à les replanter ? Ou est-ce qu'on dit qu'il faut passer à autre chose parce que la sécheresse va se répéter année après ?

11:02
Marc Fesneau

Ce que vous posez comme débat est un vrai débat, la vérité. D'abord, c'est une perte pour fond, donc ça peut être indemnisé. La question, c'est est-ce qu'on arrive à construire un modèle qui permet de maintenir de l'arboriculture ? Et l'idée, c'est à mon avis, oui, sauf qu'il faudra se poser la question. Que y ait des pertes pour récolte, ce n'est pas malheureusement une nouveauté dans le monde agricole. C'est l'histoire du monde agricole que d'avoir eu des aléas climatiques. Mais quand on est sur quelque chose qui touche la plante elle-même, mais si on ne peut pas planter d'arbres fruitiers, si on ne peut pas planter de vignes, je ne sais pas ce qu'on plante en fait, M. Fouvelte.

C'est ça la difficulté. Donc on a besoin d'avoir un système qui soit économe en eau globalement. Et honnêtement, la vigne, je visitais une exploitation dans l'Aude, il est tombé 90 millimètres depuis un an. 90 millimètres, la pluviométrie normale dans un pays comme le nôtre, entre 500 et 600 millimètres. La vigne était encore là. Mais s'il ne pleut pas du tout, elle va disparaître. Et si je n'ai pas ça, en fait, il n'y aura plus aucune végétation.

Donc on a besoin d'assurer dans ce genre de département, peut-être d'un minimum de filets qui permettent non pas de garantir tous les ans qu'on produit, mais de garantir au moins qu'on puisse permettre le maintien d'un certain nombre de productions.

12:07
Invité

Mais ça veut dire qu'il y a des cultures prioritaires en termes d'eau, en termes de fonds ?

12:13
Marc Fesneau

Il faut qu'on pense notre système dans chaque territoire avec ce que sera le potentiel de pluie qui va tomber. Et est-ce que les productions qu'on a sont adaptées à la pluviométrie ?

12:24
Présentateur

Ça veut dire qu'il y a des agriculteurs à qui on va dire dans les semaines qui viennent plus d'eau du tout ? Tant pis, la priorité aujourd'hui, c'est l'usage domestique.

12:30
Marc Fesneau

Non, alors ce qu'on a essayé de construire dans les Pyrénées-Orientales et ce qu'annoncera le préfet qui continue à ses consultations, et j'aurais vraiment salué le travail à fond à des professionnels avec la préfecture pour essayer de trouver un point d'équilibre, c'est qu'est-ce qu'on essaie de maintenir comme filet minimum d'eau pour faire en sorte qu'il y ait un minimum de production ? Parce qu'on est sur des productions, c'est des fruits et des légumes, c'est de l'arboriculture, enfin bref, c'est des productions qui nous servent.

Pour la France, globalement, qu'est-ce qui fait en sorte qu'on préserve ce qu'on peut préserver au minimum et qu'on préserve aussi le potentiel de production pour pas que des arbres disparaissent ? Parce que sinon, c'est ça la difficulté. Mais c'est vrai que c'est une équation extrêmement compliquée de penser. On est déjà en agriculture méditerranée et dans ces territoires. Le sujet n'est pas de savoir si on a des cultures qui sont très consommatrices d'eau. Elles sont très peu consommatrices d'eau, déjà, ces cultures-là. Mais comment on fait en sorte de rendre le système encore plus résilient ? Est-ce que c'est des variétés qui sont plus résistantes ?

Est-ce que c'est un accès minimum à l'eau pour permettre que l'outil de production soit maintenu ?

13:24
Invité

Pêcheresse, est-ce qu'on va prioriser les agriculteurs et créer des interdictions pour les particuliers ?

13:30
Marc Fesneau

Non, mais vous voyez bien que la batterie de mesures qu'on prend, c'est des mesures... Alors, personne ne comprendrait qu'on dise aucune interdiction pour personne sauf pour les agriculteurs. Donc, c'est bien un effort collectif qu'on doit faire. Mais vous voyez bien que la priorité, c'est l'alimentation en eau potable. Et déclinant à partir de l'alimentation en eau potable, qu'est-ce qu'on fait sur le remplissage des piscines ? Qu'est-ce qu'on fait sur l'arrosage des fleurs et des jardins ? C'est peut-être moins prioritaire que l'agriculture. Enfin, quand je dis c'est peut-être, je suis certain que c'est moins prioritaire que l'agriculture.

Donc, on a besoin chacun de faire notre part de l'effort dans cette affaire-là.

13:59
Présentateur

Vous parlez des piscines dans les pyrénées orientales. Le gouvernement a annoncé l'interdiction de la vente des piscines hors sol, des piscines qu'on ajoute dans son jardin. Pourquoi les piscines hors sol, mais pas la construction des piscines enterrées ?

14:12
Marc Fesneau

Mais les piscines enterrées elles-mêmes, de toute façon, il y a une interdiction de remplissage. Sauf qu'il y a un contrôle qui est plus simple, d'ailleurs, sur des piscines, parce qu'il y a normalement, en bonne logique, une déclaration. Quand vous construisez une piscine, il y a une déclaration auprès de votre mère, puisque ça fait partie des éléments de la valeur d'un bien. Et donc, c'est plus facile à contrôler qu'une piscine hors sol. Pour tout le monde, la règle va être la même. Là, c'est pour ne pas en rajouter.

14:35
Présentateur

C'est-à-dire, l'interdiction du remplissage des piscines, ça va être la règle, sans doute, dans des dizaines de départements cet été.

14:40
Marc Fesneau

Dans un certain nombre de départements où on manque d'eau, oui, mais c'est une question de bon sens, me semble-t-il, oui.

14:43
Présentateur

Ça, vous commencez à prévenir les propriétaires en disant, pour l'été prochain, vous n'y couperiez pas.

14:47
Marc Fesneau

Ça ne paraît pas être une insulte faite aux gens que de dire, quand vous n'avez plus d'eau, quand vous avez 100 millimètres d'eau qui tombe sur un territoire, de dire, pardon, cette année, on a besoin de prioriser l'eau potable, on a besoin de prioriser des usages essentiels, on a besoin de prioriser, on ne l'a pas dit, mais dans les Pyrénées-Orientales, pour abreuver les animaux, c'est quand même plus prioritaire que de remplir une piscine, et ce n'est pas une violence qui est faite, c'est juste qu'il faut qu'on s'adapte.

15:08
Invité

Le fourrage, on va en montrer.

15:09
Marc Fesneau

Alors après, il faut qu'on, il me semble-t-il, il faut qu'on gère l'urgence, mais quand vous êtes responsable public, vous n'êtes pas simplement à commenter, ici, la sécheresse, là, il y a trop d'eau. Vous voyez, c'est parce qu'on va avoir des phénomènes climatiques atypiques, on a besoin de se projeter sur le moyen long terme. Comment on fait en sorte de réduire les fuites dans les réseaux d'eau ? Il y a un certain nombre d'endroits où on perd 50% de l'eau qui est consommée, donc c'est quand même, enfin, qui est prélevée, pardon. Donc c'est quand même important d'y travailler. Comment je fais, essaye de faire évoluer un modèle agricole ?

Mais l'évolution du modèle agricole, ça ne peut pas être la disparition de l'agriculture dans ces territoires-là, vous comprenez bien que c'est... Sinon, ça voudrait dire qu'on laisse progresser une forme de désert.

15:42
Invité

Marc Fénault, est-ce qu'avec la sécheresse, les Français doivent s'attendre à payer leurs fruits et légumes plus chers cet été ?

15:47
Marc Fesneau

Pas forcément à date. Franchement, on ne peut pas... J'essaie de ne pas d'ailleurs être dans le catastrophisme. Ce n'est pas ce que vous êtes, non plus, mais... Je pose la question, moi, juste. Non, mais c'est pour ça que je dis que vous ne l'êtes pas, donc je ne vous fais pas de grief. Je dis... Pour l'instant, il n'y a pas de hausse constatée. Pour l'instant, les hausses constatées sur les fruits et légumes ne sont pas liées à la question météorologique. Elles sont liées principalement à la question Ukraine, augmentation des charges, etc. Il y a un sujet qu'on ne voit pas, c'est que de l'autre côté de la frontière des Pyrénées-Orientales, il y a l'Espagne.

Et comme on n'est pas avec une très grosse sécheresse, pour le coup... Pour le coup, ils ont une grosse sécheresse avec un système d'eau qui commence à faire défaut pour le modèle qui avait été construit sans doute, en partie. Là, pour le coup... Et c'est là qu'on a besoin d'être souverains et de ne pas dépendre des autres, parce que 50% des fruits et légumes, ils viennent de l'extérieur de nos frontières. Et donc, quand il y a un problème dans un pays comme l'Espagne, qui est un éminent pays en termes de production de fruits et légumes, ça, ça peut avoir des conséquences à l'été.

16:36
Présentateur

Mais ça veut dire que les producteurs français pourraient tenter de tirer les prix vers le haut,

16:41
Marc Fesneau

l'Angers, Espagnols ou Marocains augmentent. Honnêtement, vous connaissez ça comme un. Si les producteurs français faisaient les prix, ils en seraient heureux. Mais je crois que dans les rapports... Alors, dans EGALIM, on fait en sorte d'inverser un peu le rapport de force. Mais c'est la loi de l'offre et de l'allemande et l'attention qui naît sur les marchés, elle vient plutôt de ceux qui viennent demander aux producteurs des choses, c'est-à-dire plutôt de la grande distribution. Mais je ne jette de grief à personne. Chacun joue son rôle et essaye d'anticiper des risques.

17:05
Présentateur

Il y a une mesure de la loi EGALIM qui est très régulièrement critiquée, notamment par Michel-Édouard Leclerc. C'est la mesure qui oblige les grandes surfaces à revendre 10% plus cher qu'elles ne les ont achetés les produits alimentaires. C'était à l'origine pour sauver les revenus, enfin garantir des revenus aux agriculteurs. Est-ce que par période de gros temps et d'inflation, comme on la connaît aujourd'hui avec une inflation alimentaire de plus de 15%, cette mesure pourrait être provisoirement mise de côté ?

17:29
Marc Fesneau

Alors d'abord, je vais dire par une forme de boutade, si Michel-Édouard Leclerc n'est pas favorable, il faut déjà se demander si du coup la mesure ne porte pas son intérêt.

17:37
Invité

Vous n'avez pas confiance en lui ?

17:39
Marc Fesneau

Non, mais nous n'avons pas le même type de combat. Le combat de Michel-Édouard Leclerc, c'est plus le prix est bas, mieux c'est. Sauf que plus le prix est bas, plus on fait disparaître les producteurs et plus on se retrouve dans la situation de perte de souveraineté sur les fruits et légumes, par exemple, sur le lait par ailleurs. Et on peut avoir un dialogue. Je n'ai pas envie de faire Michel-Édouard Leclerc un bouc émissaire, donc ça ne m'intéresse pas de la jouer comme ça, pour être très honnête avec vous. Mais en revanche, qu'on ait besoin de rémunération, c'est une chose importante. Mais par exemple, on ne pourrait pas passer à 5%,

18:05
Présentateur

ce qui permettait de réduire d'autant.

18:07
Marc Fesneau

Dès lors que la grande distribution commencerait à renier sur ses marges, il n'est pas démontré aujourd'hui que sur les marges de la grande distribution, en particulier sur les fruits et légumes où la marge est assez importante, il y a une marge importante. C'est plus les industriels.

18:19
Invité

Le rapport de Bercy, c'est plus les industriels.

18:21
Marc Fesneau

C'est les industriels qui ont pris la paume, souvent, qui ont réduit leur marge. C'est ce que dit le rapport de Bercy. Il dit que c'est plutôt... Donc l'effort maintenant, il est justement chez Michel-Édouard Leclerc et ses amis. Sur le bio, par exemple, on sait très bien qu'on marche beaucoup plus sur le bio dans la grande distribution que sur les produits conventionnels. Si on voulait aider le bio, on ferait moins de marge. On ferait la marge... Après tout, pourquoi il y a plus de marge sur le bio que sur le produit conventionnel ? Parce que les clients accepteraient plus qu'il y ait une marge plus importante.

Donc chacun doit faire sa part et la grande distribution peut faire la sienne aussi,

18:46
Présentateur

me semble-t-il. Marc Fénon, ministre de l'Agriculture, invité de France Info. Jusqu'à 9h, il est 8h51. Maureen Suignard pour le Fil Info.

18:53
Invité

Ce n'est vraiment pas une urgence, estime sur France Info ce matin le député du MoDem, Jean-Louis Bourlange. En cette journée de l'Europe, une proposition de loi du groupe Renaissance est examinée à l'Assemblée pour rendre obligatoire le drapeau européen sur les frontons des mairies, proposition rejetée par l'opposition et qui divise donc aussi au sein de la majorité. Les députés aussi amenaient à se prononcer sur cette résolution pour classer le groupe paramilitaire russe, Wagner, comme groupe terroriste, la Russie qui célèbre aujourd'hui la victoire face à l'Allemagne nazie. Défilé militaire alors que l'armée est en difficulté sur le terrain ukrainien.

La présidente de la Commission européenne est à Kiev en ce moment même pour apporter le soutien de l'Union à l'Ukraine. 300 nouveaux mots dans le dictionnaire. Le Larousse et le Robert s'enrichissent pour leur édition 2024. Être en PLS, crush, méga-bassine ou encore zone à faible émission. Et puis le choc du jour en football. Le Real Madrid reçoit Manchester City à 21h. Demi-finale allée de la Ligue des champions. À suivre sur France Info.

19:56
Présentateur

France Info. Le 8.30 France Info. Salia Braquia, Marc Fauvelle.

20:02
Invité

Avec le ministre de l'Agriculture, Marc Fénaud. Ces dernières semaines, vous vous êtes lancé dans un bras de fer contre l'ANSES, l'agence qui évalue les risques des pesticides et qui délivre ou pas les mises sur le marché. Qu'est-ce que vous lui reprochez ?

20:15
Marc Fesneau

D'abord, je ne me suis pas lancé dans un bras de fer. Pardon de dire les choses. Et qu'est-ce que je lui reproche ? Rien. Je dis juste que qu'est-ce qui nous a amenés parfois en situation de difficulté pour l'agriculture française ? C'est que dans un espace européen, prendre des décisions comme si nous étions une île déserte. Mais ce n'est pas l'ANSES qui est en cause en ce registre.

20:31
Présentateur

Vous le mettez en cause.

20:32
Marc Fesneau

Attendez, attendez.

20:33
Présentateur

Vous dites, je ne me suis pas lancé dans un bras de fer. Vous avez déclaré au sujet de l'ANSES et devant la FNSEA, c'était lors de son congrès, je vous cite, je ne serai pas le ministre qui abandonnera des décisions stratégiques pour notre souveraineté alimentaire à la seule appréciation d'une agence qui, c'est moi qui l'ajoute, est aujourd'hui indépendante puisque ce n'est pas votre ministère.

20:51
Marc Fesneau

Elle n'est pas indépendante, pardon. Ce n'est pas une autorité indépendante. C'est une agence qui est sous tutelle du ministère de l'Agriculture, du ministère de la Santé, du ministère de la Trans... Et ce n'est pas une insulte que d'avoir une agence qui est sous tutelle ou co-tutelle. D'ailleurs, y compris sur un certain nombre de produits, c'est le ministère de l'Agriculture qui saisit l'ANSES et qui lui demande de faire une analyse de risque. Donc, en revanche, à chaque fois, c'est pondéré. Je vais vous donner deux exemples sur lesquels c'est pondéré. Sur la question de la grippe aviaire, l'ANSES produit un avis.

L'avis de l'ANSES, parfois, c'est de dire qu'il faut confiner l'ensemble des animaux. J'ai une demande, parfois, de la Confédération Paysanne qui me dit qu'il faut les laisser sortir des animaux dans les élevages les plus extensifs. Vous voyez bien qu'on pondère entre un avis et une réalité. Donc, c'est juste consultatif pour vous, c'est l'ANSES. Non, non. N'essayez pas de me faire dire ce que je n'ai pas dit. Je vois bien ce que vous voulez m'emmener. Non, ça n'est pas juste consultatif. Et vous ne m'avez jamais entendu dans aucune déclaration remettre en... Attendez. Laissez-moi finir. Je n'ai rien dit. Vous voyez d'autres lignées, comme disait l'autre.

Vous ne m'avez jamais vu remettre en cause l'avis de l'ANSES sur son fondement scientifique. Jamais. Jamais. Jamais vous m'avez entendu dire ce que c'est ça. Par exemple, sur le méthodaclore. S-méthodaclore, je vous donne. S-méthodaclore, on a une décision de l'ANSES.

21:54
Présentateur

S-méthodaclore, je rappelle, puissante herbicide qu'on retrouve notamment dans les eaux de millions de Français. Absolument. Le dérivé de l'ANSES rend un avis et vous dites que cet agil ne va pas.

22:02
Marc Fesneau

Jamais je n'ai dit que je remettais en cause l'avis de l'ANSES parce que je n'ai pas la compétence et ça n'est pas mon tempérament. Je dis juste, on a une décision qui vient et on sait qu'on a une décision devant nous qui est une décision européenne. On est dans le même espace et dans le même marché commun. Si c'est un produit qui pose des problèmes, j'espère, j'estime, je pense que ce n'est pas idiot que ça se passe dans l'espace européen parce que les produits européens ils traversent la frontière.

22:24
Présentateur

Vous dites à l'ANSES que ce n'est pas vos oignons. Non. C'est à l'Europe de vous occuper de ça ?

22:27
Marc Fesneau

Non, je dis juste qu'on aurait besoin sur ce type de sujet de mieux se coordonner. Et deuxième élément, je dis une deuxième chose, c'est quand on sait qu'on a un produit comme ça et c'est tout le sens du plan de la planification qui a été voulue par le Premier ministre et le Président de la République, on a des molécules, il y a la moitié des molécules aujourd'hui autorisées, on sait qu'elles vont repasser à la moulinette ou de l'ANSES ou de l'EFSA. Bref. Et c'est normal. On réévalue le risque parce que les données scientifiques sont nouvelles et permettent de le faire.

Est-ce qu'on peut aussi se mettre en mode de, on sait qu'il y a un risque que cette molécule disparaisse, comment on trouve les alternatives ? Pour ne pas se retrouver en situation d'impasse technique.

23:01
Invité

Mais quand on sait que dans le cas du S-métholaclore par exemple, on sait que 3,5 millions de Français n'ont pas eu accès à une eau potable.

23:09
Marc Fesneau

C'est pas, pardon.

23:10
Invité

J'en sais quelque chose. Mais si, ça a été contaminé pour des histoires de santé publique. C'est pas dans votre rôle de dire, OK, l'ANSES a raison, il faut arrêter ça.

23:17
Marc Fesneau

D'accord, très bien. Mais est-ce qu'on est là pour importer l'agriculture que nous ne voulons pas ? C'est-à-dire que si ça produit un effet qui est de la distorsion trop grave de concurrence aux frontières européennes, d'abord les produits rentreront avec ce produit-là, qu'est-ce qu'on a gagné ? Et deux, ça veut dire qu'on... Mais ce ne sera pas dans nos autres.

23:33
Invité

Ce ne sera pas dans nos nappes créatives.

23:34
Marc Fesneau

Et donc, c'est dans les nappes des autres et ce n'est pas grave, ça nous donne la bonne conscience.

23:37
Invité

Mais non, mais déjà, nous, on prend la bonne décision.

23:38
Marc Fesneau

Si on pousse la logique, ça veut dire qu'on accepte de faire faire du textile dans des conditions dégradées pour des êtres humains ailleurs. Mais ce n'est pas grave, nous, on est vertueux. Non, le mieux, c'est quand même que nous, on prenne les adaptations nécessaires et les transitions nécessaires. Jamais vous ne m'entendrez sur le terrain vis-à-vis du monde agricole de la facilité parce qu'il y a besoin de transition. Mais on a besoin de le faire en ordre européen. Ça ne remet pas en cause les décisions scientifiques de l'ANSES. Jamais je ne dis ça.

Je dis juste, est-ce qu'on ne peut pas essayer de regarder quelles sont les alternatives qu'on a devant nous et comment on fait en sorte de faire de la planification ? Quand on fait de l'automobile, de l'aérien, du logement, tout le monde comprend qu'il faille 5, 10, 15 ou 20 ans. Tout le monde. Sur les pesticides, c'est des années quand même. Non mais, je ne découvre pas le phénomène aujourd'hui. Les produits dits les plus à risque, 85% de diminution depuis 5 ans. Le bio en France, doublement des surfaces depuis 5 ans. On est le pays européen qui a le plus de surface en bio.

Alors, il faut arrêter quand même en permanence de dire de l'agriculture ce qu'elle n'est pas et essayer de dire le chemin qu'on a encore à faire sur les questions d'eau, sur les questions de pesticides. Et il faut travailler les alternatives. J'étais avec les députés européens hier soir du groupe Renew pour dire, avec Pascal Canfin, Jérémy Decerle, pour dire qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on trouve comme chemin pour se mettre dans la trajectoire de la réduction des produits phytosanitaires parce qu'il faut se mettre dans cette trajectoire-là.

24:50
Présentateur

Un dernier mot, Marc Fénaud, connaît très bien l'industrie agroalimentaire puisqu'elle était il y a quelques jours encore directrice de la communication de l'ANIA. C'est le lobby des intérêts de l'industrie de l'agroalimentaire. Est-ce que c'est gênant ? Non. Et si elle avait travaillé

25:10
Marc Fesneau

pour des gens qui faisaient du steak végétal ou du steak de biologie moléculaire, ça ne vous poserait pas de problème. Si c'était quelqu'un qui avait travaillé pour L214... Je vous poserais la même question, je crois. Non, je ne pense pas que vous me poseriez la même question. En tout cas, on n'aurait pas la même. Mais je crois que si.

25:22
Invité

Je crois que c'est un lobby comme un autre.

25:25
Marc Fesneau

Par ailleurs, l'industrie agroalimentaire, c'est des choses que vous-même, vous consommez tous les jours. Vous consommez des pâtes, vous consommez des bonbons. Est-ce que c'est des gens qui sont toxiques à la santé ?

25:32
Présentateur

Il n'y a pas l'ombre d'un conflit d'intérêts à l'horizon.

25:34
Marc Fesneau

Mais après, il y a une troisième borne. D'abord, un, est-ce qu'on prend des gens compétents ? Je peux aussi prendre des gens qui n'y connaissent rien. Un chanteur d'opérettes. Alors comme ça, il n'y aura pas de risque de conflit d'intérêts et on n'aura pas de procès en conflit d'intérêts. On a besoin de gens compétents. Et deuxième élément, il y a un truc, vous savez comment ça s'appelle ? Pour le coup, c'est une autorité indépendante, ça s'appelle la Haute Autorité de transparence de la vie publique. Sur chaque nomination dans un ministère, il n'y a pas beaucoup d'endroits dans le monde où ça se passe comme ça. Vous donne un avis, elle vous dit c'est compatible ou c'est pas compatible.

Donc je suis très heureux de l'avoir parmi nous.

26:03
Présentateur

Et là, la Haute Autorité a donné un feu vert complète.

26:05
Marc Fesneau

Elle a donné un feu vert avec la borne de qu'elle ne peut pas entrer en contact avec son précédent employeur. Mais c'est normal. C'est-à-dire celui qui est l'un de vos interlocuteurs aujourd'hui, Marc Fénaud. Pardon, M. Fauvel. Les conseillères en communication, elles ne vont pas être en charge du dossier d'industrie agroalimentaire. J'ai un autre conseiller qui travaille sur l'industrie agroalimentaire.

26:23
Présentateur

Les deux ne se parleront pas.

26:25
Marc Fesneau

M. Fauvel, vous voyez bien que... Je suis un peu de mauvaise foi. Là, vous êtes un tout petit... Vous l'avez dit vous-même. Merci, Marc Fénaud.

26:31
Présentateur

C'est bien, M. Fénaud. S'auto-juger, c'est pas mal. Ministre de l'Agriculture, M. Fénaud de France Info. Merci à vous. Très bonne journée à vous.