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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 15 mars 2021 30 min

Jean-Luc Mélenchon : "La vague numéro 4, ce sera une vague psy"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le président du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale, député LFI des Bouches-du-Rhône, questions et réactions amis auditeurs au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Jean-Luc Mélenchon, bonjour. Bonjour. Bonjour. Heureux de vous entendre à nouveau dans le 7-9 d'Inter. Vous publiez aux éditions du Seuil votre deuxième cahier de l'avenir en commun. Cahier de l'avenir en commun, ces cahiers sont des outils de construction de votre programme pour 2022. Vous appelez le public à s'en saisir et à participer au débat. Le premier cahier était consacré à la crise démocratique.

Le deuxième, c'est l'écologie et on va en parler dans un instant. Mais d'abord, revenons au 17 mars dernier, début du premier confinement de la France. Nous sommes un an presque jour pour jour après le début de cette crise planétaire, inédite, foudroyante. Deux millions de morts dans le monde, 90 000 en France. Quand vous repensez à cette année, Jean-Luc Mélenchon, cet événement vous semble-t-il relever du hasard tragique des épidémies ? Ou dit-il quelque chose d'autre ? Quelque chose sur nous, humains, sur la France, sur le monde ? Est-ce que vous retirez une leçon de l'année qui vient de s'écouler ?

1:18
Jean-Luc Mélenchon

Je ne crois pas qu'il y ait jamais eu d'épidémie par hasard. Elles sont toujours le résultat d'une situation et leur propagation est le signal, le symptôme d'un mode d'organisation de la société. Celles-ci, d'épidémies, comme celles qui viendront à l'avenir, car il y en aura dorénavant tout le temps et de plus en plus violentes, viennent de ce que l'on accepte, un mode particulier social qui conduit à baisser les coûts de production partout, et donc, par exemple, dans l'agriculture, à faire des élevages, comment on va dire, je ne veux pas utiliser le mot concentrationnaire, mais tout le monde comprend. Intensif.

Voilà, hyper intensif, où des millions d'animaux sont traités comme des objets, et donc, ils deviennent des foyers extraordinaires de propagation des virus. Ensuite, la globalisation fait que ça traverse le monde à toute vitesse. Donc, le point de départ de cette crise sanitaire et sociale, son mode de déroulement est social, l'épidémie se propage plus parmi les pauvres que parmi les populations les mieux protégées, etc. D'un bout à l'autre de la chaîne, nous avons des choix humains, et par conséquent, la suite des événements nous appartient, si nous y réfléchissons et si nous prenons le temps, par exemple, de décider que s'en est fini de ce type d'élevage.

Bon, vous savez qu'en France, on a eu il n'y a pas longtemps une loi qui est passée sur le bien-être animal, tous les amendements sur ce sujet ont été déclarés irrecevables par la majorité, et l'interdiction de l'élevage des visons qui, dorénavant, sont pointés comme un des vecteurs, on appelle ça, c'est un mot savant, mais qui est drôle, la zoonose, hein, on passe par les animaux pour eux. Eh bien, cette interdiction a été reportée de plusieurs nœuds. Alors, ça nous a permis de découvrir Mme Le Pen, parce qu'à cette occasion, elle est venue, pour une fois, voter ce truc-là, c'est-à-dire le report de la fin de l'élevage de visons, les visons méritant moins d'intérêt à ses yeux que les chats.

3:12
Invité

Alors, Jean-Luc Mélenchon, il y a des choix à prendre, il y a des décisions à prendre, dites-vous, sur l'avenir de la planète. Il y a des décisions politiques à prendre, aussi, de manière urgente, aujourd'hui, pour le gouvernement. Tous les voyants sont au rouge depuis quelques jours, notamment en Ile-de-France, où la situation est critique, avec une tension de réanimation de 98,9%. Vous avez entendu Bruno Ruiou, le directeur de crise de la PHP, il y a quelques minutes. Soutenez-vous la stratégie d'Emmanuel Macron, qui consiste à dire, chaque jour, sans reconfiner, est une victoire, ou est-ce que vous dites, ce matin, il faut s'arrêter, il faut prendre des mesures plus dures ?

3:45
Jean-Luc Mélenchon

Écoutez, tout ça est un tissu d'absurdité depuis le début. C'est-à-dire ? Regardez, lorsque l'épidémie a commencé, on a été confinés. Nous étions tous pris par surprise, et c'était la méthode qui s'imposait. Au fond, c'est une méthode du Moyen-Âge, on n'a rien inventé. Bon, aussitôt, nous avons été quelques-uns, en tout cas moi je l'ai été, à dire, maintenant, il faut planifier le déconfinement. Ah, mon Dieu, quel tireur dans le dos que ce Mélenchon ! Bon, on ne parle pas de ça. Ensuite, on déconfine, d'une manière extrêmement hasardeuse. Par exemple, on fait retourner les mômes à l'école pour dix jours. J'ai trouvé ça, c'était un symptôme du fait qu'on n'organisait rien.

Là-dessus, on a dit, il y aura une deuxième vague. Quelle horreur que dit le professeur Mélenchon ! J'ai été mis en cause par un sénateur, qui m'a beaucoup amusé, parce qu'il a dit que j'étais un professeur d'épidémie venu de la Havane. Parce qu'il fallait à tout prix mettre la Havane là-dedans, pour qu'on comprenne à quel point j'étais abominable. Pour résumer, ces gens-là n'ont rien prévu, à aucune étape, et sont incapables d'imaginer autre chose que des choses inhumaines. Car voyez-vous, tout à l'heure...

4:44
Invité

C'est quoi inhumaine, dites-nous ?

4:45
Jean-Luc Mélenchon

Eh bien, imaginez qu'on peut transbahuter des malades d'un endroit à l'autre du pays, comme s'ils n'avaient pas, comment appelle-t-on cette chose, une famille. Imaginez qu'on peut se passer de tout et rester enfermé. Ça, c'est une vision de technocrate. Ça ne comprend rien à ce qu'est l'être humain, qui est un être social, qui a besoin, et qui en a besoin, je vous annonce que la vague numéro 4, ce sera une vague psy. Parce que nous avons d'ores et déjà un embouteillement de ces problèmes dans les hôpitaux et les services spécialisés, avec des bouffées délirantes de plus en plus fréquentes, etc.

5:17
Invité

Mais c'est pour ça qu'Emmanuel Macron s'est basé sur ça, qu'Emmanuel Macron, pour l'instant, tient, il entend les médecins, celui qu'on a entendu juste avant. Pour l'instant, il n'y a pas de reconfinement.

5:25
Jean-Luc Mélenchon

Mettons en facteur commun, louer soit Emmanuel Macron, mais si on essaye de réfléchir...

5:30
Invité

Non, je pose la question sur la stratégie politique, là.

5:33
Jean-Luc Mélenchon

Ah pardon, excusez-moi, je n'avais pas compris que c'est une question, je croyais que c'est une affirmation. Non, je dis qu'il n'a rien prévu comme d'habitude, et que ce n'est pas sérieux. Nous avons besoin d'organiser des méthodes qui ne soient plus celles qui concourent à cette situation absurde d'être tous les jours menacée de confinement. Quelle méthode ? La société, par roulement, changer l'heure de démarrage au travail, démarrage au travail et retour à la maison, pour ne pas être tous en même temps sur les quais. Faire du roulement dans les milieux scolaires.

Et ceux qui ne sont pas dans le roulement au moment pédagogique sont dans des études surveillées, et là on recrute quelques milliers de jeunes gens de l'université pour aider les jeunes gens, les enfants qui sont là dans ces études surveillées. Je pourrais comme ça, par exemple, multiplier les exemples. Les salles de concert et autres, qu'il faut évidemment réouvrir, parce que nous avons besoin de culture comme de pain. De culture comme de pain. Eh bien, est-ce que vous avez entendu parler du fait que l'on ait, ou que ce soit, décidé d'installer des purificateurs d'air ? Savez-vous comment ça marche ?

C'est un rayon ultraviolet qui passe dans un tube, on aspire de l'air d'un côté, on le recrache de l'autre, et au milieu, les rayons ultraviolets détruisent jusqu'à 92% des microbes qui sont là. Bref, c'est pour vous dire qu'il existe plein de méthodes, mais qu'il faut réfléchir à autre chose que confiner ou déconfiner, ce qui est le seul horizon du pouvoir. Je trouve ça absurde, parce que la société va craquer, nous ne sommes pas faits pour être traités de cette façon.

6:54
Invité

Les hôpitaux vont craquer aussi. 400 morts par jour, ça rentre dans le champ des décisions, non ?

7:00
Jean-Luc Mélenchon

Vous avez tout à fait raison, et ça doit poser problème, car on doit se demander pourquoi il continue à diminuer le nombre de lits d'hôpitaux. Vous savez, il y a une première liste qui vient de paraître, c'est une situation, écoutez les bras vous entendent, vous dites, mais comment c'est possible ? On nous explique que tout ce bazar est dû au fait qu'il n'y a pas assez de lits de réanimation, on a tellement supprimé, et on continue à en supprimer. Ce n'est pas acceptable.

7:20
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, le professeur Rioux le disait tout à l'heure, la vaccination est cardinale dans cette phase-là de la crise. Il y a eu une accélération ces dix derniers jours, on en est à un peu plus de 5 millions de personnes vaccinées en France, mais il y a des retards de livraison. On apprend par exemple que AstraZeneca ne livrera que 25% des doses promises à la fin du premier trimestre. Que faire face à cette pénurie ?

7:45
Jean-Luc Mélenchon

Déjà, ne pas faire confiance aux incapables qui ont organisé cette situation.

7:50
Invité

C'est-à-dire l'Union Européenne ?

7:51
Jean-Luc Mélenchon

On commence par l'Union Européenne, mais d'abord posons-nous un problème. Comment se fait-il que le petit Cuba arrive à faire 5 vaccins, dont 3 sont en phase 3, c'est-à-dire de vérification de son efficacité, et que nous, la France, qui avons inventé l'idée même de vaccins, nous soyons incapables d'en produire un. Pourquoi ? Parce qu'on s'en est remis de manière dévote et aveuglée à une entreprise, Sanofi, qui était censée être une entreprise française, qui elle-même a détruit progressivement tous ses labos de recherche, et nous sommes donc tout nus sur le bord de la rivière glacée. Voilà où en sont ces pauvres Français.

8:25
Invité

Une fois qu'on a dit ça, qu'est-ce qu'on fait pour trouver des causes ?

8:27
Jean-Luc Mélenchon

Déjà, on commence par remettre des sous dans la recherche publique, on commence par reprendre en main et à réquisitionner ceux qui doivent l'être, pour les faire travailler correctement. Mais après cela, ce qu'il faut, c'est approvisionner en vaccins. Sommes-nous d'accord sur ce point ? Oui. Alors où sont les vaccins ? Il y en a, alors on sait, il y a M. Pfizer qui a des vaccins, il y a M. Moderna, voilà, tout ça, ils ont des vaccins. Ils n'en ont pas assez, nous attendons qu'ils veuillent bien nous en donner. Et donc ? Il y a donc d'autres pays qui en produisent. Il faut aller à toutes les portes sans faire de l'idéologie.

Il y a un vaccin russe qui, depuis le mois, le mois d'octobre et de novembre, est réputé par des Français, une commission d'enquête qui n'était pas mélenchoniste, qui est allée en Russie et qui a dit, ah ben ça marche à 90%.

9:07
Invité

Sauf qu'il n'y a toujours pas de mise, d'autorisation de mise sur le marché par l'agence européenne du médicament. Est-ce qu'on s'assoit sur cette autorisation et on les prend quand même, les vaccins russes ?

9:16
Jean-Luc Mélenchon

Moi, si j'étais le président de la République, c'est exactement ce que je ferais. De même que je ferais venir les vaccins cubains, de même que je ferais venir les vaccins chinois, parce que, alors qu'il y a des pays entiers qui se vaccinent avec les vaccins chinois. C'est pour vous dire que, il ne faut pas faire d'idéologie en matière sanitaire. On prend ce qu'il y a quand c'est avéré que ça marche. J'ai entendu la première fois me riposter sur les Russes, des bêtises, du genre, ah ben c'est parce qu'il est communiste, non, il n'y a plus de communistes en Russie depuis un moment. Non, et puis ça n'est pas idéologique.

Je dis qu'il faut s'adresser à eux et dire, est-ce que vous pouvez en fabriquer chez nous ? Ils nous ont proposé de le faire, le savez-vous, auditeurs de France Inter ? La Russie a proposé à la France d'agir en commun. Et les pouvoirs et les autorités françaises ont refusé. Ensuite, on m'a dit, ah mais ils n'ont pas déposé leur dossier.

10:03
Invité

Voilà, maintenant ils l'ont déposé,

10:05
Jean-Luc Mélenchon

l'autorité doit donner... Madame Salem, on s'en fout qu'ils l'aient déposé ou pas !

10:09
Invité

Mais M. Mélenchon, il y a des règles quand même, non ? Vous ne voulez pas que l'Agence Européenne du Médicament valide ou pas ?

10:15
Jean-Luc Mélenchon

Comme vous avez raison, il y a des règles qui nous permettent de mourir dans le respect des règles. Est-ce que nous ne savons pas depuis le mois d'octobre et novembre dernier que ce vaccin marche ? Alors, qu'est-ce que nous avons attendu pour aller dire aux Russes, s'il vous plaît ? Est-ce que vous pouvez en livrer ? Et nous examinons tout de suite de savoir si oui ou non ça marche. Il y a cinq vaccins cubains. Combien de temps on va mettre à aller demander ? Vous savez ce qui se passe avec Cuba ? J'ai vu l'ambassadeur de Cuba il y a deux jours. Je lui ai dit, est-ce que vous êtes en état d'en livrer ?

Il m'a dit, nous allons commencer par finir de vacciner tout le monde, ils sont 11 millions, d'ici au mois de juillet. Et il dit ensuite, nous livrerons les vaccins aux pays pauvres parce que vous autres, les pays riches, vous n'en donnez pas à ceux qui sont pauvres. Voilà où on en est. C'est de Cuba que nous recevons une leçon. Alors je sais que pour dire ça, ça va me valoir toutes sortes de commentaires sur le régime cubain, etc. Parce que le nôtre étant parfait, il est normal qu'on se moque de celui des autres, du régime politique.

11:06
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, quand vous voyez Israël, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, ces pays qui vaccinent désormais massivement, qui ont organisé leur campagne de vaccination de manière autonome, vous dites-vous que ça a été une erreur de passer par l'Union Européenne, de gérer cela à 27 ? Et que, peut-être, c'est la question que je vous pose, chaque pays de l'UE aurait été plus efficace en agissant pour son propre compte ?

11:30
Jean-Luc Mélenchon

Non, d'abord, commençons par regarder comment ont agi les autres. La Grande-Bretagne est comparable à la France. Israël est remarquable, parce que c'est un tout petit pays et qui a réussi à la fois à se doter de vaccins et à organiser la planification de la vaccination de la population. Donc, puisqu'ils savent le faire, ayons la modestie de leur dire comment vous faites, puisque nous, nous n'avons plus rien. Nous sommes obligés d'aller demander à l'entreprise McKinsey de venir organiser le désordre dans notre pays. Donc, non, l'Europe aurait pu, encore une fois, la coopération internationale est vitale dans ce genre d'affaires. L'Europe, l'Union Européenne, auraient pu se mettre d'accord.

Par exemple, ils auraient pu dire, voilà ce qu'est un confinement. Ensuite, voilà comment on déconfine. Ensuite, voilà quels médicaments nous allons faire venir. Là, nous parlons des vaccins, mais nous ne parlons à aucun moment des traitements. Or, c'est important. Si nous ne voulons pas que les gens qui sont très malades finissent en réanimation, il faut les traiter avant. Qu'est-ce qu'on a à dire sur le sujet ? Rien. Tout ça, je suis très déçu de voir qu'un pays comme le nôtre, qui avait fait un peu une spécialisation de l'action rationnelle, se comporte d'une manière aussi irrationnelle. Je crois que nous sommes capables de faire beaucoup mieux.

12:37
Invité

Jean-Luc Mélenchon avait beaucoup de questions, et notamment, vous vouliez parler d'écologie ce matin, puisque vous présentez ce nouveau cahier, on va y aller. Juste, vous avez été vacciné ?

12:44
Jean-Luc Mélenchon

Non, pas encore. Alors, mon médecin de famille m'a proposé de l'être, et on regarde, je veux prendre la place de personne, je ne veux pas passer avant les autres. Bon, mon âge fait que normalement, on aurait déjà dû me vacciner dix fois, mais vous voyez qu'il y a des privilèges de l'âge. Mais comme je crache le feu, peut-être suis-je un peu irresponsable, mais je ne veux pas prendre la place de quelqu'un d'autre. C'est quelque chose qui me pose problème quand il y a pénurie de vaccins. Vous savez, c'est moral, ça n'a rien de sanitaire ce que je suis en train de vous dire. Caroline Fiat, députée insoumise de Meurthe-et-Moselle, est retournée faire l'aide soignante.

On lui a dit sur tous les tons, ce n'est pas bien, c'est une folie, tu t'exposes. Mais voyez-vous, on est fait comme ça, on ne se refait pas.

13:27
Présentateur

Alors, venons-en à l'écologie et à ce cahier programmatique sorti la semaine dernière aux éditions du Seuil. On va venir au cœur de vos propositions, mais un mot du contexte dans lequel sort ce livre, et donc sur le bilan écologique de quatre années du quinquennat Macron. Il a fait sa conversion écologique sur le tard, et il le reconnaît. Il a fermé Notre-Dame-des-Landes, Fessenheim, Europa-City, 30 milliards pour la transition écologique dans le plan de relance. Bilan d'étape, après quatre ans, comment jugez-vous ces différentes mesures ?

14:06
Jean-Luc Mélenchon

Alors, d'abord, disons que tout le monde est devenu écologiste, et que ce n'est plus la propriété remarquable dans le passé d'un parti, parce qu'ils ont été les lanceurs d'alerte quand il fallait. Tout le monde est écologiste, mais toute la discussion, c'est alors comment ? Parce que ça ne sert à rien, nous aimons tous les oiseaux, l'air pur et le pur.

14:26
Invité

Même Marine Le Pen.

14:28
Jean-Luc Mélenchon

Même Mme Le Pen, qui ne fait rien, le reste du temps, il faut quand même le dire, c'est quand même l'escroquerie E majuscule. Elle se confie à un type qui a une vision quasi-ethniciste de l'écologie, et pour le reste, elle a voté, alors j'en profite pour faire le bilan de M. Macron.

14:43
Invité

Oui, voilà ce que j'allais dire.

14:44
Jean-Luc Mélenchon

Mais ça va ensemble. Quand Macron a proposé qu'on réautorise les néonicotinoïdes, eh bien elle a voté pour, c'est une mesure anti-écologique de base, ça fait mourir les insectes pollinisateurs. Lorsqu'ils ont décidé de rallonger le délai du glyphosate, eh bien elle n'était pas là pour voter contre, nous nous y étions.

15:03
Invité

Son bilan, le bilan d'Emmanuel Macron, des 4 ans, parce que vous citez effectivement les renoncements. Nicolas a cité la fermeture de Fessenheim, de Notre-Dame-des-Landes, d'Europa-Cities. C'est quoi ? Il est mitigé le bilan ?

15:15
Jean-Luc Mélenchon

Non, il traite l'écologie comme il traite toutes les autres questions. Il pense que c'est une question, voyez-vous, alors il la traite un peu spécifiquement à part. Il ne comprend pas que c'est un tout. Et c'est pourquoi le cœur du débat entre écologistes est sur cette affaire. Est-ce qu'on accompagne ou est-ce qu'on est en rupture ? Si on est en rupture, il faut être sérieux. C'est-à-dire qu'il faut planifier. On ne peut pas réorganiser la production, la consommation, les machines, les matériaux, sans se donner de la visibilité, de la prévision. Et c'est la thèse centrale de notre écologie de rupture.

15:47
Invité

Et par exemple, une des planifications, puisqu'on a lu votre fascicule, une des propositions fortes, c'est que vous souhaitez une énergie 100% renouvelable. Ça c'est une rupture, puisque ce n'est pas moitié, c'est 100% renouvelable. Sauf que Jean-Luc Mélenchon, vous ne dites pas quand, à quel horizon, que vous ne fixez pas d'actes, parce que tout le monde peut dire qu'on est pour le 100% renouvelable, mais il faut donner un horizon. Par exemple, là le gouvernement, l'engagement, c'est de réduire la part du nucléaire de 75 à 50% d'ici 2035. Vous vous iriez beaucoup plus vite ?

16:12
Jean-Luc Mélenchon

Oui. Alors, vous voyez déjà, prenons cet exemple, il ne veut rien dire. Pourquoi ? Parce que si vous augmentez la consommation d'énergie, et celle-ci ne recule pas, si vous n'avez pas une mécanique de sobriété, dire que vous ferez 50% dans 10 ans, si les 50% représentent une progression de 25% du nucléaire, vous n'avez rien gagné dans l'affaire. Aujourd'hui, par exemple, tout le monde vous parle du véhicule électrique, n'est-ce pas ? Bon, qui va produire cette électricité ? Pour un million de véhicules électriques de plus, il faut une centrale nucléaire de plus. Donc, vous voyez, c'est pourquoi je parle de planification.

Je dis, j'affirme, ceux qui ont mis en place le nucléaire ont cru bien faire, et je pense qu'ils ont fait du mieux qu'ils pouvaient, ça nous a rendu bien servistes. Maintenant, nous savons tous que c'est extrêmement dangereux. Je n'aime pas jouer l'affolement, mais nous sommes le seul pays au monde qui a une centrale nucléaire en amont du fleuve qui dessert la capitale. Nos centrales nucléaires sont concentrées dans des régions où il y a une industrie chimique et autres extrêmement importante. Un accident et c'est fini. Or, nous allons à l'accident pour plein de raisons. Les conditions dans lesquelles le nucléaire est entretenu, etc. Donc, je dis, on renouvelle tout.

Vous, vous me prenez sur la date. Je pense que sur la date, je vous surprendrai parce que je ne vais pas fixer un objectif. Alors, je reprends à peu près le scénario Négawatt. Donc, ça m'amène normalement à 2030. Mais moi, je trouve que c'est trop long, tout ça. C'est trop long.

17:35
Invité

2030 pour 100% renouvelable ?

17:37
Jean-Luc Mélenchon

Écoutez, il faut aller plus vite. José, vous voyez vos yeux qui s'agrandissent. Mais non, mais comment on fait ? Voilà, c'est bien la question. Nous avons le savoir-faire dans notre pays. Nous pouvons utiliser le thermique. Nous pouvons utiliser l'hydrolien. C'est un grand mot, hydrolien. Alors, on parle de la centrale du Râd Blanchard et tout le monde dit, oh là là, mon Dieu, il n'y a qu'un courant qui soit de cette forme. Non ! La France a été couverte de moulins tout le XVIIe, XVIIIe, XIXe siècle. On a arrêté avec ces moulins le jour où on a pu les remplacer par des centrales thermiques.

Bon, donc, nous pouvons avoir toutes ces installations plus tout ce qui relève de la sobriété, donc la diminution de la quantité d'énergie que nous consommons. Et nous avons les jeunes ingénieurs, femmes et hommes, capables de se lancer dans cet immense travail. Là, vous prenez l'exemple du nucléaire et vous avez raison, parce que c'est le plus délicat à traiter. Mais il y a le reste. Si nous voulons, prenons un autre exemple que vous n'avez pas l'air de ressentir, je comprends pourquoi. La plastification, vous avez du plastique maintenant partout, jusque dans la neige, parce qu'il retombe avec l'eau, le cycle de l'eau est d'un seul tenant.

C'est pourquoi j'en profite pour vous dire qu'à partir du 22 mars, journée mondiale de l'eau, sous l'autorité d'un ensemble d'organisations politiques et de syndicats et d'associations, nous allons lancer une votation citoyenne pour que l'eau soit un bien commun de l'humanité.

18:59
Invité

Mais j'entends bien votre objectif, Jean-Luc Mélenchon, mais dire ce matin qu'à horizon 2030, c'est-à-dire dans 9 ans, on va passer de 75% de nucléaire dans la production d'électricité à zéro, ce n'est pas réalisable. C'est un repieux.

19:13
Jean-Luc Mélenchon

Pardon, c'est votre avis, Madame Salamé. Avez-vous un moyen de démontrer que ce soit parfaitement ?

19:18
Invité

Concrètement, on va passer de 75% à zéro en disant, on arrête toutes les centrales et on bascule sur les éoliens ou sur l'hydraulique ? C'est ce que vous dites ?

19:27
Jean-Luc Mélenchon

C'est concrètement possible ? Je dis que nous avons besoin d'une mobilisation générale de la population de ce pays, de son intelligence, de sa jeune génération, parce qu'il faut arrêter ce qui est en route. Il faut changer de mode de production, il faut le faire avec sérieux, dans la discipline et l'organisation. C'est pourquoi je suis certain qu'il faut le faire, parce que nous sommes en train, comprenez bien, la décennie qui vient, de toute façon, le changement climatique est irréversible. De toute façon, alors maintenant, nous atteignons des points de bascule. Vous avez vu ce qui s'est passé dans la vallée de la Roya. Nous aurons beaucoup à réparer.

Tout le sud de la France est exposé au fait que la mer Méditerranée s'évapore plus vite que les autres océans du monde, pour la raison que c'est quasiment un lac avec une ouverture de 13 kilomètres. Bon. Par conséquent, nous aurons des averses, des pluies de plus en plus violentes. Nous allons faire face à des événements climatiques extrêmes, dans lesquels tous les secteurs de la production vont être atteints. On a pu observer chez les autres ce que ça donne quand les pylônes tombent par terre. Alors vous croyez quoi ? Que nos chers centrales nucléaires et notre cher réseau, lui, il va passer à travers tout ça, il ne sera concerné par rien, il y a danger.

Alors Mme Salamé, peut-être qu'au bout d'un an de pouvoir, je serai obligé de vous dire, il me faut trois ans de plus parce qu'il n'y a pas moyen de faire. Mais en tout cas, j'aurais posé le fanal à l'endroit où il doit être. Il y a urgence. Et nous pouvons y arriver si nous mettons de l'intelligence en commun. Alors, voilà pourquoi j'insiste sur la planification. On m'a reproché des choses incroyables. J'ai vu M. Jadot dire que ça me rapprochait de Poutine. Je ne vois pas très bien ce que Poutine a à faire avec la planification écologique. Mais oui, nous avons besoin de planification. Je termine d'un mot. Je suis M. Jadot pour le goutte-à-goutte. Vous m'entendez ?

Le goutte-à-goutte, c'est-à-dire... C'est quoi le goutte-à-goutte ? Le goutte-à-goutte, c'est la commune. La commune est le lieu où l'on peut mettre en œuvre la planification avec le plus d'efficacité. Il n'a donc jamais été dans mon esprit d'organiser depuis Paris la planification. Mais ce qui est sûr, c'est que nous avons besoin de l'échelon national pour rapprocher tous ceux qui interviennent sur ce changement de grande ampleur.

21:33
Présentateur

Un militant écologiste au standard de France Inter. C'est Gilles. Bonjour, bienvenue.

21:39
Auditeur

Bonjour, bonjour France Inter. Bonjour aux auditeurs et bonjour à Jean-Luc Mélenchon. Bonjour. Je serai évidemment, en tant que militant écologiste, ravi, si le cas se présente, de poser un bulletin Jean-Luc Mélenchon au second tour de l'élection présidentielle. Toujours faut-il... Pardon, j'étais, excusez-moi, j'ai voulu préciser, j'étais candidat au législatif en 2017 à Paris, dans un secret sous Paris, pour EELV. Je serai ravi de voter Mélenchon au second tour. Encore faut-il le second tour y arriver. Il faut encore que la gauche et l'écologie arrivent à ce second tour. Or, M.

Mélenchon, Jean-Luc Mélenchon, est-il convaincu que refaire le jeu du cavalier seul et de l'homme providentiel va encore manger et le mettre en tête ? Il suffit à rallier les suffrages de ceux qui sont quand même très déçus d'une façon de dire « La VIème République, ça sera moi, mais tous derrière moi, et moi tout seul ». Personnellement, j'aurais beaucoup de mal à adhérer à ce sujet. Bien compris, bien compris. Je n'y aiderai pas plus cette année, malheureusement.

22:39
Présentateur

Merci Gilles pour cette question. Gilles est l'un des très nombreux auditeurs qui souhaite vous entendre sur ce thème,

22:48
Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon. Je commence d'abord par le fondamental. D'abord, merci d'annoncer que vous voterez volontiers et avec plaisir pour moi au deuxième tour. Ça me fait chaud au cœur.

22:59
Invité

Mais il a mis des conditions, il me semble.

23:01
Jean-Luc Mélenchon

Il faut y arriver, a-t-il dit. Peut-être bien, mais prenons ce qui est bon et ne soyons pas comme ça à bouder nos plaisirs. Alors, commençons par le commencement. Je ne crois pas, d'abord je n'ai jamais cru être un homme providentiel, je ne crois pas que vous ayez d'autres candidats qui n'aient jamais dit sur une tribune devant plus de 100 000 personnes ne criaient pas mon nom, criaient des mots d'ordre qui aient du sens. On crie résistance et on crie avenir en commun. Je n'ai jamais cru être un homme providentiel et je n'y crois pas à la thèse de l'homme providentiel.

J'ai toujours dit, et maintenant je peux le dire encore plus, je ne veux pas être Jean-Luc Mélenchon, je veux être le programme l'avenir en commun. Et je suis d'abord un programme. Et c'est seulement le programme qui créera un enthousiasme. Parce que si vous croyez qu'il suffit de mettre nos chers sigles côte à côte, en faisant une jolie guirlande avec des filles, des tournesols, des faucilles et des marteaux.

23:53
Invité

Avec des filles ?

23:54
Jean-Luc Mélenchon

Filles. Filles. Filles, c'est le symbole de la France insoumise. Filles comme philo. C'est un philo. Le philo. La lettre grecque, phile.

24:04
Invité

J'avais entendu phile. Vous voyez,

24:07
Jean-Luc Mélenchon

il n'y a pas que moi qui suis trompé par le masque. Alors, donc, non, ça ne suffira pas. Nous devons entraîner, convaincre, donner un grand idéal. Alors, après, quand vous me dites que je crois à moi à l'homme providentiel, écoutez, cher ami de Europe Écologie Les Verts, disons que, comme c'est le matin, on va le dire avec le sourire, vous ne manquez pas de souffle. Parce que dans toutes les régions du pays, Les Verts, d'abord, en refuse la discussion nationale pour les régionales, et deux, dans toutes les régions, sans exception, la condition pour discuter... et Hauts-de-France. Pardon ? Une seconde, on va venir aux Hauts-de-France. C'est une belle guirlande.

Oui, mais attendez, laissez-moi finir, s'il vous plaît, parce qu'on pourrait perdre le sens de ce que je suis en train de dire. Je suis en train de dire que dans toutes les régions du pays, les Verts nous disent « Nous voulons bien faire une liste, mais c'est nous la tête de liste. » Alors, nous avons donc, en France métropolitaine, 13 Verts providentiels qui disent « Mettez-vous tous derrière moi.

» Et, vous avez une seule organisation, les Insoumis, qui dit « Eh bien oui, nous voulons bien, puisque les grandes questions qui nous séparent, c'est-à-dire l'Europe, c'est-à-dire la VIème République, c'est-à-dire la planification écologique, c'est-à-dire le partage des richesses, ne sont pas en cause dans les régionales, nous sommes d'accord, et nous voulons partout faire des listes d'union, et nous sommes d'accord pour ne pas avoir la tête de liste. Vous connaissez combien de parties qui font ça ? Il n'y en a qu'en seul, les Insoumis.

25:28
Invité

Allez, les Hauts-de-France.

25:29
Présentateur

Oui, avec une liste emmenée par la verte Karima Deli, soutenue par l'EPS, le PCF, les Verts et donc les Insoumis. Pourquoi est-ce qu'il est possible localement dans les Hauts-de-France en 2021, ne l'est pas nationalement en France en 2022 ? Mais d'abord, vous écrivez l'histoire.

25:47
Jean-Luc Mélenchon

Alors, quel est lieu, vous, M. Demorat ? Qu'est-ce que vous savez sur le sujet ? Tout est ouvert.

25:52
Invité

C'est-à-dire que c'est encore ouvert ?

25:53
Jean-Luc Mélenchon

Non, non, mais vous êtes... Écoutez-moi. D'abord, les Hauts-de-France, vous avez fait la liste. Oui ? Bon. Commençons par le commencement, cher ami. Mme Karima Deli avait mis comme condition qu'elle soit la tête de liste et nous, Insoumis, nous, Insoumis, nous sommes allés la voir et nous lui avons dit est-ce qu'on peut se mettre d'accord sur le programme ? On s'est mis d'accord sur le programme et on a dit c'est banco, on le fait. Là-dessus, les socialistes et les communistes ont décidé de se joindre à cet effort commun. Je ne sais pas pourquoi on me rend responsable de tout ça en disant que j'aurais fait tout ça pour éliminer M.

Roussel qui est un camarade et un ami qui a trois bandes de moi avec qui je n'ai aucun différent personnel. Donc, nous l'avons rendu possible. Pourquoi, s'il vous plaît ? Arrêtez de tout embrouiller. Pourquoi ? Ben, dites-nous... Alors ? Non, mais vous dites pourquoi, c'est pas possible. Ben, moi, ça... Pourquoi ? Parce que nous sommes d'accord sur le programme. Si nous sommes d'accord sur le programme pour l'élection présidentielle, nous sommes prêts à nous entendre avec tout le monde. Et donc, aujourd'hui,

26:50
Invité

vous n'êtes pas d'accord sur le programme avec Anne Hidalgo, avec Yannick Jadot ? Vous avez trop de points de dissension pour parler de fond.

26:55
Jean-Luc Mélenchon

Mais, parlons de fond. Eh bien, dites-moi lesquels de dissension ?

26:58
Invité

Mais je ne sais pas, je vous pose la question. Non, c'est moi qui vous pose la question. Parce que vous dites... Ben, l'Europe par exemple... Écoutez, on ne cesse... L'Europe par exemple...

27:04
Jean-Luc Mélenchon

Écoutez, on ne cesse de me demander à moi ce qu'on ne demande jamais aux autres. Quels sont leurs points... Ah, vous avez tort,

27:09
Invité

on lui a posé la question.

27:10
Jean-Luc Mélenchon

Écoutez, quels sont leurs points de dissension avec moi qui le fait qu'ils ne supportent pas un seul instant d'imaginer que je sois en état de présider l'État et ce pays ? Qu'est-ce qui fait qu'ils ne peuvent pas ? Alors, ils vous répondent. Ce n'est pas dans un programme. Ils n'en ont pas. Ce n'est pas dans un texte. Il n'y en a pas. Moi, j'en ai un. Et j'ai un comparateur de programme pour montrer ce qui va avec les autres et ce qui ne va pas. Alors, vous me dites c'est l'Europe. Je suis d'accord avec vous.

27:33
Invité

Ben oui, c'est l'Europe.

27:33
Jean-Luc Mélenchon

Il y a un problème sur la construction européenne. Mais de grâce, évitons de nous faire des caricatures comme celles que nous faisons. J'ai entendu, il n'y a pas longtemps, Place Publique dire que j'avais une sorte d'appétence pour les pouvoirs forts. Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Depuis quand, moi qui soutiens, je me fais régulièrement peindre en poutinien. Alors, moi qui soutiens, le seul opposant qui est fait de la prison en Russie, qui est M. Sergei Udalsov, je ne sais pour quelle raison quand on arrive en France, me voilà repas en poutinien. Donc, ce n'est pas sérieux de leur part.

28:04
Invité

Il y a Navalny aussi, en opposant en prison aujourd'hui.

28:06
Jean-Luc Mélenchon

Oui, Sergei Udalsov, il ne vous a pas occupé une seule seconde sur cette antenne. Il est resté 4 ans et demi en prison.

28:12
Invité

Jean-Luc Mélenchon, une dernière question avant de vous libérer. Oui, oui. On est dans une année de commémoration historique. Pierre Nora disait à ce micro, commémorer le bicentenaire de la mort de Napoléon, c'est oui, commémorer les 150 ans de la commune, c'est non. Vous en pensez quoi, vous ?

28:25
Jean-Luc Mélenchon

Oui, c'est assez ridicule. C'est un point de vue très sectaire. Bon, Napoléon Bonaparte appartient à l'histoire de notre pays. Il est bon de l'étudier, d'avoir des colloques, d'en parler, mais de là, faire un modèle, pardon, non, ce n'est pas une bonne idée. C'est quand même l'homme qui a mis fin à la République. Bon, terminer le code civil dans un sens réactionnaire et rétablir l'esclavage. Mais, par ailleurs, c'est l'homme qui a défendu la patrie alors que nous étions continuellement envahis par nos voisins. Quant à la Commune de Paris, voyez-vous, comment peut-on en parler sans émotion ?

32 000 personnes fusillées pour s'être révoltées, c'est quelque chose de terrible et puis c'est le premier modèle d'auto-organisation populaire. Alors, ce n'était pas une révolution communiste comme certains voudraient le croire et je ne leur en veux pas de le croire. C'était une révolution citoyenne, c'est-à-dire le bon peuple s'appropriant son destin. Et voyez-vous, quelle émotion ce fut d'entendre parler de la Commune de Paris, Eurojava, personne ne nous y a parlé de Napoléon Ier.

29:21
Présentateur

Merci Jean-Luc Mélenchon. La planification écologique, c'est le titre du deuxième cahier de l'Avenir en Commun que publient les éditions du Seuil. Oui, alors, on les trouve

29:34
Jean-Luc Mélenchon

dans les relais, les librairies. Si on veut signer pour moi et parrainer ma candidature, on peut le faire en allant sur nous sommes pour. Vous en avez tout

29:43
Invité

des parrainages ? Vous en avez tout des parrainages ?

29:45
Jean-Luc Mélenchon

Alors, écoutez, c'est formidable parce que j'en suis à la moitié de la deuxième tranche, c'est-à-dire 225 000, je veux arriver à 300 000, je pense que si on arrive au mois de juin, on sera content. Voilà.

29:56
Invité

Nicolas Demorand va suffoquer au niveau du temps. On a tout explosé. Merci. Mais on espère quand même

30:01
Présentateur

vous revoir rapidement sur Inter. On va voir, on va voir, on va voir. Il est 9h moins 10. Merci, au revoir. Merci.

30:08
Invité

France Inter