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InterviewUgo Bernalicis· 5 octobre 2017 11 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiSécuritéÉconomie & entreprisesJustice

Interview d'Ugo Bernalicis sur RTL Matin, 4 octobre 2017

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse partielle

    Est-ce que, quand une entreprise est sauvée par un repreneur, les salariés ont raison de "foutre le bordel" ?

  • 1:00RelanceRéponse partielle

    Les anciens salariés ont-ils raison de fragiliser la reprise en réclamant des indemnités supplémentaires ?

  • 2:00RelanceRéponse directe

    Emmanuel Macron prend Goodyear en exemple, est-ce que ce n'est pas le risque ?

  • 3:00FerméeRéponse directe

    Vous assumez ce risque que la lutte aboutisse à la situation de Goodyear ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Il est cynique, Emmanuel Macron ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Que signifie votre formule "démocrature" ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Ugo BernalicisFait
    « Ce qui fout le bordel dans le pays, c'est la suppression des emplois aidés comme c'est fait là maintenant. »
  • 0:45Ugo BernalicisFait
    « Ce qui fout le bordel dans le pays, c'est la hausse de la CSG, ce qui fout le bordel dans le pays c'est diminuer des APL. »
  • 2:30Ugo BernalicisFait
    « Quand on rentre dans une lutte, on n'est jamais sûr de l'issue de cette lutte. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Vous regardez RTL 7h46 Elizabeth Martichoux, vous recevez aujourd'hui, Ugo Bernalicis, député la France Insoumise du département du Nord. Bonjour à vous, Ugo Bernalicis, c'est une première pour vous sur RTL. On est ravi de vous recevoir.

Vous avez 28 ans, vous êtes fonctionnaire, ancien cadre au ministère de l'intérieur, vous avez rejoint Jean-Luc Mélenchon, il y a huit ans quand il a fondé le parti de gauche et vous avez été élu dans nord donc député à l'assemblée où vous vous êtes vite fait remarquer, on y reviendra. Ugo Bernalicis, est-ce que, quand une entreprise est sauvée par un repreneur des salariés ont raison de foutre le bordel, si vous me passez l'expression? Ecoutez l'entreprise est effectivement reprise par un repreneur E.Martichoux: Mais au passage, on parle de GMS et évidemment on fait allusion à la phrase d' Emmanuel Macron.

U. B: Mais dans le même temps il y a des suppressions d'emplois . On peut dire que, certes il y a des emplois qui sont conservés mais aussi des emplois qui sont supprimés.

C'est ça le coeur de la bataille de GMS. Est-ce qu'ils ont raison de foutre le bordel, je sais pas, mais déjà je pense que l'expression pourrait être retournée contre son auteur. Moi ce que j'ai envie de dire à Emmanuel Macron .

E.Martichoux: Certains au lieu de foutre le bordel ferait mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là bas, c'est ce qu'a dit Emmanuel Macron, hier en Corrèze en parlant vraisemblablement de GMS. UB: Non, mais honnêtement ce qui fout le bordel dans le pays, c'est la suppression des emplois aidés comme c'est fait là maintenant.

Ce qui fout le bordel dans le pays, c'est la hausse de la CSG, ce qui fout le bordel dans le pays c'est diminuer des APL. Voilà ce qui fout le bordel dans le pays. E.

Martichoux: On reste juste sur le sujet, si vous voulez bien, les anciens salariés, je repose ma question, ont-ils raison de fragiliser la reprise en réclamant par exemple des indemnités supplémentaires? Pour l'Elysée, il y a là une forme d'irresponsabilité. UB: Oui je pense que, pour eux, tout est irresponsable à partir du moment où ça rentre pas dans leur cadre mais il faut bien comprendre qu'on en arrive là et il y a une reprise parce que les salariés se sont mis en lutte, parce qu'ils ont râlé sinon on n'en serait pas là ç'aurait été un fait divers comme un autre dans les journaux.

Une entreprise ferme une autre s'ouvre. Vous savez la fameuse destruction créatrice chère à Emmanuel Macron donc il faut jamais oublier que la lutte ça paye alors après la visiblement...

E. Martichoux: Emmanuel Macron prend toujours en exemple Goodyear qui a fini par fermer dans l'Oise alors que Dunlop ou Whirlpool où l'accord a été accepté, finalement l'entreprise existe toujours. C'est pas ça le risque?Cc'est pas la fermeture de l'entreprise?

UB:Ecoutez quand on rentre dans une lutte, on n'est jamais sûr de l'issue de cette lutte. Pas vraiment. Je vous le dis.

Là, on est en train de lutter contre les ordonnances sur la loi travail. On n'est jamais sûr de l'issue ce qu'on sait c'est que quand on ne se bat pas on se fait avoir. Clairement.

Et il n'y a aucune victoire au bout du chemin quand on ne rentre pas dans la lutte. E.Martichoux: Donc Vous assumez ce risque?

Vous assumez ce risque que la lutte finalement aboutisse à la situation de Goodyear? Ub: Mais la situation de Goodyear, en plus ce qui est dingue dans ce genre de situation, c'est que souvent les patrons sont condamnés plusieurs années après pour ce qu'ils ont fait et donc on voit bien qu'il y avait légitimité et raison d'agir de la part de la part des salariés donc tout ça est très cynique pour reprendre les mots encore une fois du président de la république. E.

Martichoux: Il est cynique? UB: oui, il est cynique. Moi, au début, quand il a dit cyniques, fainéants et extremistes je pensais qu'il parlait du Medef et du CAC 40.

Je me suis pas sympa quand même de sa part. Après, j'ai compris que finalement, ça nous était adressé. Mais honnêtement, oui c'est cynique, et puis accompagné de son ministre Darmanin que moi je qualifierais de bourrin.

Oui oui, bourrin parce que quand vous diminuez comme ça de 5 euros les APL. Il y a même des voix dans les députés d'En Marche qui se sont élevées contre ça. A quoi ça sert de faire des économies de bouts de chandelle comme ça et dans le même temps de faire la réforme de l'ISF.

E. Martichoux: Mais " bourrin" ça veut dire quoi? ça veut dire qu il le fait sans discernement.

E. Martichoux: C'est insultant, Bourrin Si je vous dis, vous êtes un bourrin, M. Bernalicis, Vous allez me dire mais Mme Marichoux...

UB: Mais c'est sûr que ce n'est pas une expression qui fait plaisir. ça je vous l'accorde et je suis pas là en train d'essayer de plaire au ministre Darmanin Darmanin clairement. C'est plutôt le contraire mais c'est ce qui est dans l'esprit des gens.

C'est à dire que quand vous avez un emploi aidé et qu'on vous annonce durant l'été que dans deux mois c'est fini alors que vous saviez que tout était dans le vert et que vous étiez reparti au moins pour un an. Un an de salaire qui tombe pour vous occuper de votre famille pour payer vos traites si vous avez un prêt en cours. Voilà ça c'est du cynisme ça c'est de la violence E.

Martichoux: Donc pour revenir juste à ce qui s'est passé et à ce qui se passe à GM&S Vous, vous êtes favorable à ce que les salariés continuent leur mouvement de voilà, de tentatives de blocage...

UB: Après, j'ai regardé les images moi qui suis du ministère de l'intérieur, j'ai regardé ça avec un oeil assez particulier. On dit voilà, l'altercation, ça a été chaud sur place. Enfin bon les crs n'avaient quand même pas mis les casques.

En général quand c'est chaud, on met les casques, on y va on sort on sort les matraques là ce n'est pas le cas ils sont à visage découvert, ça a chahuté certes. Mais comme comme sur beaucoup de mobilisation il faut essayer d'éviter d'en rajouter. Justement je pense qu'il faut entendre justement cette colère des salariés qui est légitime encore une fois.

E. Martichoux: Elle est légitime, Emmanuel Macron, ils revendiquaient leur place sur la forme mais enfin vous venez de traiter Darmanin de bourrin donc c'est pas vous qui allez peut-être le contester. Il revendique le parler vrai, il revendique ce langage extrêmement direct à la limite d'une voilà de...

UB: Mais au moins c'est honnête je préfère ça à des "et en même temps", des emphases, où on sait pas trop bien ce qu'il dit. Voilà c'est une forme d'honnêteté du coup on est sûr qu'on n'est pas d'accord avec lui. E.Martichoux: Vous avez parlé de démocrature dans le débat sur la sécurité à l'assemblée nationale puisque vous avez souvent pris position Vous étiez un des intervenants de la France Insoumise.

Mais ça veut dire quoi votre formule? Derrière la démocratie, aujourd'hui il y a un risque de quoi ? UB: En réalité, c'est la fusion du mot démocratie et dictature en disant: Voilà, on est dans l'apparence de la démocratie, il y a des élections c'est comme d'habitude mais on est en train d'introduire dans cette démocratie des mesures qu'on retrouve dans des régimes autoritaires C'est pas que moi qui le dit.

E.Martichoux: Il y a un droit de manifester absolument souverain, il y a une liberté d'expression. UB: Il nous a été contesté ce droit...

E.Martichoux: C'est quand même un peu plus démocratique que dictatorial. UB: oui, mais attendez moi je vous rappelle le rapport d'Amnesty international qui n'a été contesté par personne, pas même par le ministre de l'intérieur, sur les plus de 160 manifestations qui ont été interdites sous l'état d'urgence.

Je dis bien interdites donc des interdictions de manifester il y en a eu. Non, non mais je parle sérieusement. Quand vous avez les rapporteurs de l'ONU sur la question des droits de l'homme qui épingle la France sur la loi qu'on vient de voter voilà c'est pas des France insoumise les rapporteurs de l'ONU.

E. Martichoux: Il fallait sortir de l'état d'urgence. UB: Ah oui, il fallait sortir de l'état d'urgence c'est ce qu'on a toujours défendu c'est pour ça que je me suis opposé à la 6ème prorogation de l'état d'urgence et que dans la continuité, je me suis opposé à cette loi puisque E.

Martichoux: Pour 45 % des français, c'est un sondage atlantico de fin août, l'état d'urgence devait être maintenu pour 33% il devait être renforcé pour 22% seulement il devait être supprimé.Le peuple n'a pas toujours raison? UB: Moi j'ai jamais renoncé à convaincre.

C'est ce qu'on a toujours fait pendant la campagne présidentielle et je ne renonce pas à convaincre sur le sujet. La grosse difficulté, c'est que pendant des mois, on a expliqué aux françaises et aux français que l'état d'urgence était efficace, que c'était nécessaire, que c'était proportionné que c'était utile. Et dans ce domaine là surtout dans le domaine de la lutte contre le terrorisme on a tous envie de bien faire.

Je veux dire, on n'a pas spontanément envie de se dire : ah bah non, c'est pas ce qu'il faut faire c'est pas bien on a envie de se dire on a envie d'être protégée parce que c'est des atrocités qui sont commises et donc les arguments d'autorité dans ce domaine là ils valent encore plus que dans d'autres domaines et donc les gens croit sur parole ce qu'on leur raconte en la matière. Sauf que quand on creuse, quand on voit les spécialistes du droit, les avocats, les magistrats, le syndicat de la magistrature, fo magistrats, usm, l'onu la ligue des droits de l'homme, le défenseur des droits quand même qui est un ancien ministre et qui n'est pas quelqu'un de de gauche ni insoumis, qui s'élève contre ce texte qui a des mots très durs en disant que ça va être un poison dans la cohésion sociale ce texte. Bon il faut entendre ces choses là.

E.Martichoux: Pour revenir à votre thème, à votre terme de démocrature, Emmanuel macron il ne prend personne en traître il applique son programme,il a été élu pour ça.On ne peut pas dire qu'il fait des coups de force.

UB: Mais nous non plus on prend personne en traître on continue de défendre notre programme et être opposé à Emmanuel Macron comme on l'était pendant l'élection présidentielle on va pas nous opposer, nous reprocher de nous opposer alors qu' effectivement on est dans notre rôle. Mais en plus sur le terrorisme, pour finir là-dessus on a fait des propositions, dans ce débat. Quand même sur Lafarge, ils étaient où les députés dans marche Il est où le gouvernement sur ce sujet pour durcir les sanctions E.

Martichoux: vous parlez de l'entreprise. UB: l'entreprise Lafarge. exactement qui a collaboré avec avec DAECH sur la question du Qatar et de l'Arabie saoudite c'est Emmanuel Macron lui-même fin août qui pointait du doigt ces deux pays disant qu'ils finançaient directement ou indirectement le terrorisme.

E.Martichoux: je voudrais évoquer avec vous les leurs proches qui vous est fait notamment par manuel valls qui mâche pas ses mots il était sur rtl mardi d'ailleurs il évoque votre conception de la laïcité à france insoumise et l'a taclé très sévèrement notamment le refus de votre collègue Danielle Obono de ne pas reconnaître la radicalisation d'un chauffeur du bus qui voulait pas conduire un bus avait après qu'une femme l'a fait. Pour lui c'est de la complicité avec l'islam avec un islam politique vous comprenez son point de vue.

UB: Non non je pense que monsieur valls, il a, je pense, peur de voir son élection invalidée et il est déjà en train de préparer le coup d'après E. Martichoux: C'est pas une réponse sur le fond UB: C'est pas une réponse sur le fond mais je vais vous répondre sur le fond. Je vous dis juste sur la forme voilà parce que Manuel Valls il n'a pas du tout participé au débat par exemple en commission des lois attendait vie la question il n'a pas du tout participé aux débats en commission des lois sur ce texte.

E.Martichoux: Dans l'hémicycle il est souvent intervenu. UB: oui oui pour nous insulter, il est souvent intervenu pour nous insulter.

Vous pouvez le préciser. Il a employé le terme d' islamo-gauchisme alors qu'on est ni islamiste ni gauchiste. E.

Martichoux: Il y a quand même toujours ce soupçon d'ambiguïté , on le retrouve dans les déclarations de Zoé Desbureaux ancienne suppléante de François Ruffin qui approuve qu'on traite de martyr le terroriste de marseille il ya comme ça une petite musique qu'on retrouveici et la. UB: Bien, vous ne ferez pas dire aux députés de la france insoumise qu'il n'y a pas un problème avec un islamisme politique le salafisme jihadiste en l'occurrence pour dire les mots particulièrement. Il y a un problème avec ça après est-ce que le chauffeur de bus s'est radicalisée etc tous les experts dans le domaine ont un problème avec les termes de radicalisation déradicalisations.

EM: vous aussi vous avez un problème pour le pour le dire. UB:J'ai pas de problème pour le dire c'est une question scientifique d' analyse et quelle est la réponse qu'on y apporte? Pour moi la réponse, c'est la République.

EM:il est pas radicalisé le chauffeur de bus? UB: bah, sans doute, j'en sais rien bon d'accord mais en tout cas antisémite oui ni non c'est une question plus subtile que ça nous dit, Ugo Bernalicis. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur rtl ce qui fout le bordel dans le pays c'est la politique économique des manuels macron nous a dit entre autres ugo bernalicis merci infiniment à l'année à l'autre l'entretien est à retourner comme chaque jour sur le site rtl.fr