Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 16 juillet 2021 17 min

Extension du pass sanitaire et possible mise en examen d'Éric Dupond-Moretti : le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Olivier Faure. Bonjour. Dans trois jours seulement sera présenté au Conseil des ministres le projet de loi sur l'extension du pass sanitaire. Et pas seulement, c'est aussi le texte qui prévoit la vaccination obligatoire pour les soignants par exemple. Il faut un consensus politique pour que ce texte soit rapidement validé par l'Assemblée et le Sénat. Est-ce que les socialistes vont voter ce texte ?

0:23
Olivier Faure

Écoutez, d'abord je vais vous dire d'où je parle. Je parle comme quelqu'un qui s'est fait vacciner à deux reprises. Tous mes enfants le sont, tous ceux qui ont plus de 12 ans en tout cas, ont été vaccinés, deux fois. Et donc je suis évidemment partisan de la vaccination massive parce qu'elle est à ce jour la seule protection connue pour toutes et tous. Nous vivons en société et nous avons besoin de nous protéger les uns et les autres. C'est ainsi que nous parviendrons à l'immunité collective. Donc c'est de là que je parle. Après, je vois aussi ce que le président a pu dire à plusieurs reprises. Il a d'abord dit qu'il considérait qu'il n'y avait pas de vaccination obligatoire.

Elle l'est devenue pour une partie des professionnels, notamment de santé. Je soutiens cette mesure parce que je crois aussi que quand on est au contact de personnes fragiles, la nécessité c'est de se vacciner pour ne pas être porteur du virus, pour ne pas être en situation de contaminer les autres. Il y a ensuite l'action du pass sanitaire. Je me rappelle aussi de ce que disait le chef de l'État. Et si on ne veut pas créer de la défiance, si on veut maintenir de la confiance, il faut parfois être fidèle à ce que l'on a dit. Et que disait le président de la République ? Il disait que pour les actes du quotidien, le pass sanitaire ne pourrait pas s'imposer.

Et donc il y a là un périmètre de contraintes qui me semble un peu large. Mais il n'y avait pas de Delta à l'époque, de variant Delta. Il n'y avait pas de variant Delta, c'est vrai. C'est ce qui a changé en fait. Mais le variant Delta, comme les variants indiens, comme l'ensemble des variants... C'est le variant indien, le variant Delta en l'occurrence. Le variant Alpha ou Britannique. Comme le variant Alpha britannique comme d'autres. La réalité c'est que, en fait, nous connaissons des variants qui évoluent au fur et à mesure. Et pour le moment, nous n'avons pas d'indication qui nous permettent de penser qu'il est plus dangereux ou qu'il va être plus mortel que les autres.

2:08
Présentateur

Le variant Delta est en tout cas beaucoup plus contagieux. 60% plus contagieux que le variant Alpha, qui lui-même était 50% plus contagieux que la souche d'origine.

2:15
Olivier Faure

Je vous ai dit d'où je parlais, c'est-à-dire que je suis à fond pour la vaccination. Simplement, je considère que pour les actes de la vie quotidienne, je pense par exemple au fait d'aller, d'accéder à un centre commercial. Je pense que là il y a un problème, il y a un sujet. On ne peut pas empêcher les gens de manger parce qu'ils ne sont pas vaccinés. Là il y a quelque chose qui ne colle pas. Voilà un exemple qui doit être corrigé, me semble-t-il, au Parlement.

2:37
Présentateur

Je précise qu'ils peuvent quand même aller au restaurant avec un test antigénique ou PCR négatif au supermarché également.

2:44
Olivier Faure

Vous imaginez qu'à chaque fois que vous faites vos courses, vous devez présenter un thème, etc. Alors qu'ils seront payants. Ils seront payants à l'automne. On voit très bien quelle est la volonté, c'est d'arriver à pousser progressivement les gens à la vaccination. C'est une incitation que je comprends parfaitement, mais il y a quand même quelques limites à fixer. Et je pense qu'on ne peut pas avoir un raisonnement qui finisse par être discriminatoire par rapport à des gens qui refusaient de se faire vacciner.

Je préférerais une approche qui soit une approche au contraire de pédagogique qui permette, comme en Allemagne par exemple avec Angela Merkel, qui explique aux uns et aux autres que la vaccination, c'est la seule façon de vivre ensemble et libre.

3:21
Invité

Vous trouvez, Olivier Faure, que nous tournons autour du pot, il faut aller vers la vaccination obligatoire, directe, pour tous ?

3:28
Olivier Faure

Je pense que si on veut maintenir un minimum de confiance dans le pays, si on ne veut pas que fracturer davantage ce pays qu'il ne l'est déjà, je pense qu'il faut avoir une attitude qui soit la plus pédagogique possible, arriver à faire la démonstration, et ce n'est pas si difficile à faire, que le vaccin est notre chance. Regardez ce qu'il s'est en Tunisie actuellement. Vous vous rendez compte qu'en ce moment, en Tunisie, on a des gens qui, après 60 ans, ne peuvent pas accéder à la réanimation. Ils cherchent des vaccins. Ils ont besoin d'avoir, en fait, les moyens que nous avons, dont nous disposons déjà. Ils nous envient tellement.

Et nous, nous sommes en France en train de dire que, bon, franchement, de peur de je ne sais quoi, qu'ils nous poussent un bras en plus, un œil supplémentaire. Je vois bien qu'on a toute une série de craintes qui sont parfaitement injustifiées. C'est un vaccin. Il ne s'agit pas d'un traitement qui serait... Ça fait 9 ans que les gens travaillent sur l'ARN messager. Ça fait 9 ans qu'en réalité, nous nous préparons à cette technologie. Et aujourd'hui, l'évidence, c'est que nous sommes des millions à travers le monde à avoir déjà reçu ce vaccin. Et personne n'en... Voilà, tout le monde va bien.

Donc, il faut arrêter de propager des rumeurs, des fake news qui, évidemment, créent des craintes qu'on peut considérer comme légitimes. Mais enfin, qui ne sont pas justifiées parce que la seule façon de s'en tirer, la seule façon de vivre libre, puisque c'est quand même ce que nous voulons, c'est de se vacciner massivement.

4:53
Présentateur

Et c'est, à vous entendre, c'est presque une part de responsabilité de la part d'Emmanuel Macron et de ce changement de pied sur le pass sanitaire qui a poussé une partie de la France dans la rue ce week-end. 20 000 personnes qui se sont opposées avant-hier à l'extension du pass sanitaire. Vous la comprenez, cette colère ? Et vous pensez qu'Emmanuel Macron a une responsabilité ?

5:14
Olivier Faure

Ce que j'observe, c'est qu'Emmanuel Macron, au début de la vaccination, était vraiment modérato. Il y avait Morissette qui était vacciné et on trouvait que c'était très bien, ça suffisait largement. Puis après, il y a eu une accélération, puis après, une décélération. Enfin, on ne comprend jamais exactement où est le chef de l'État.

5:31
Présentateur

Mais ça a joué dans la mobilisation des opposants. Ça joue forcément.

5:33
Olivier Faure

Ce qu'il faut dire de manière constante, et regardez ce qui s'est passé, nous n'avons eu aucune vraie campagne incitant à la vaccination. La seule campagne que je connais, c'est celle de l'ARS PACA, qui a fait une très belle campagne, qui montre justement quels sont les bienfaits de la vaccination et ce que ça permet la vaccination. Plutôt que d'arriver par la contrainte, j'aurais préféré qu'on arrive justement par la pédagogie, par l'encouragement et qu'on fasse en sorte que les Français acceptent et comprennent...

6:01
Présentateur

Mais on a encore le temps de la pédagogie, puisque le variant Delta, Jean-François Kéli disait, change la donne.

6:06
Olivier Faure

Le variant Delta change la donne, mais justement, il faut faire passer ce message qu'avec le variant Delta, nous risquons une quatrième vaille. Et donc qu'il y a là un danger collectif d'être à nouveau confiné, d'être à nouveau dans une situation où nous ne pourrons pas accéder à d'autres commerces que les commerces essentiels, que nous ne pourrons plus avoir les lieux de culture ouverts, etc. Donc nous avons intérêt les uns et les autres à se faire vacciner.

6:27
Invité

Mais vous dites quoi ? Tout ça manque de pédagogie. Regardez ces personnes qui ont crié dictature en levant le poing ou certains portaient même l'étoile jaune dans ces manifestations.

6:36
Olivier Faure

C'est absurde. Oui. Absurde. Là aussi, on a parlé d'Emmanuel Macron. Parlons aussi de celles et ceux qui, aujourd'hui, véhiculent ce type de discours. Comment peut-on comparer la vaccination à la Shoah, à l'Apartheid ? J'ai même lu des gens qui parlaient de viol. Enfin, c'est scandaleux de dire des choses pareilles, ne serait-ce que par égard pour les vraies victimes, celles de l'Apartheid, celles de la Shoah, les femmes violées. Comment peut-on arriver à de pareilles aberrations ? Parce que c'est à la fois outrancier, mais c'est aussi une façon de relativiser les vrais crimes, les vrais drames. Et donc, évidemment, c'est tout l'inverse.

La vaccination, ce n'est pas fait pour mettre les gens dans des camps et les faire mourir. C'est fait, au contraire, pour sauver des vies. Bon, c'est ça qu'il faut arriver à répéter.

7:29
Présentateur

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste. Vous restez avec nous. On jette juste un coup d'œil sur le fil. Info à 9h moins 20 avec Diane Ferschit. 81 morts. Le bilan qui reste provisoire ce matin des inondations en Allemagne après les très fortes intempéries, principalement dans la région du Rhinani-Palatina. La chancelière allemande Angela Merkel a prévenu qu'il faudra plusieurs jours pour voir l'étendue de la catastrophe. Des dizaines de personnes sont toujours portées disparues. Et en Belgique, ce sont au moins 12 personnes qui sont mortes dans ces intempéries. 96% des personnes contaminées dernièrement par le Covid avec des symptômes n'étaient pas totalement vaccinées.

Précision du ministre de la Santé, Olivier Véran. Alors que l'on compte en moyenne 5000 nouveaux cas par jour depuis une semaine. Et depuis les annonces d'Emmanuel Macron, c'est l'affluence dans les centres de vaccination. Une prise de conscience chez les Français qui hésitaient. Salut le chef de l'État. Après 9 mois de fermeture pour cause de crise sanitaire, la Tour Eiffel rouvre ses portes. Porte du masque obligatoire et jauge dans les ascenseurs. Précise sur France Info le directeur d'exploitation du site. Le pass sanitaire sera nécessaire pour visiter le monument à partir de mercredi prochain. 19e étape du Tour de France de Mourin, que s'allie bourne. Étape pour sprinter.

207 kilomètres à parcourir aujourd'hui. Et sauf surprise, à 3 jours de l'arrivée sur les Champs-Elysées, Tadeï Pogacar, toujours en jaune, devrait conserver son avance au général. France Info. Le 8.30 France Info. Laurent Sénéchal. Jean-François Aquiline.

8:57
Invité

Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti Socialiste. Emmanuel Macron poursuit son Tour de France aujourd'hui à Bagnard de Bigorse, à Florban, la campagne présidentielle. Anne Hidalgo a réuni ses soutiens à Villeurbanne. C'était lundi dernier. Vous y étiez, Olivier Faure, lancement officieux de sa candidature. Elle est votre candidate, au fait ?

9:16
Olivier Faure

Elle n'est pas encore candidate. Vous êtes sûr de ça ? Non, je ne suis pas sûr. Je vois bien qu'elle avance. Et je me félicite du fait que, progressivement, elle avance vers une candidature.

9:28
Invité

Elle avance vers une candidature ? Enfin, elle est candidate, puisqu'il y avait tous ses soutiens, il y a eu des discours, c'était explicite.

9:34
Olivier Faure

Il y a des femmes, des hommes engagés, notamment tous ces maires de France, qui soutiennent cette candidature, qui l'appellent à faire ce pas décisif vers une candidature à l'élection présidentielle.

9:45
Présentateur

Ça veut dire qu'il y aura Anne Hidalgo candidate à vous entendre, c'est quand même ce qui se profile. Quatre candidats pour l'instant à la primaire écologiste, quatre ou cinq. Il y a aussi la candidature de Jean-Luc Mélenchon. À gauche, pour l'instant, chacun est dans son couloir.

9:58
Olivier Faure

Comme vous dites, pour l'instant, chacun est dans son couloir. C'est pour l'instant que vous retenez. Ça veut dire que j'espère qu'à un moment, il y aura quand même une prise de conscience et qu'il y aura un rassemblement. Et ce que j'essaye d'expliquer aux uns et aux autres, c'est que moi, j'ai joué le jeu pendant trois ans, depuis que je suis premier secrétaire. J'ai toujours cherché à rassembler l'ensemble de la gauche, à expliquer qu'il faudrait, au moment venu, faire en sorte aussi de se rassembler, de se regrouper pour pouvoir trouver le moyen d'aller le plus sûrement possible vers la victoire. Et donc, comment est-ce qu'on fait le choix ?

Eh bien, on fait le choix en écoutant les Françaises et les Français. Et ce choix, ils l'ont fait aux municipales, aux départementales et aux régionales. Il y a une force émergente, incontestablement, l'écologie politique, mais il y a aussi une force motrice à gauche qui reste le Parti Socialiste.

10:46
Invité

Vous ne disiez pas ça il y a quelques mois, vous disiez que le PS, pour la première fois, pouvait se placer derrière un candidat d'écologie politique.

10:52
Olivier Faure

Absolument. Je disais qu'il faudrait, le moment venu, choisir la meilleure offre possible. Ça, c'est fini, ça. Mais pourquoi c'est fini ?

10:59
Invité

Non, question.

11:00
Olivier Faure

Mais parce que j'attendais de savoir ce qui se passerait, au moins des élections régionales et départementales. À partir du moment où, si on avait eu une situation complètement inverse, si nous avions perdu des régions, si les écologistes en avaient gagné, je vous aurais dit, écoutez, je suis obligé de me poser la question. Je devrais me... Sincèrement, je devrais dire, effectivement, est-ce qu'on veut gagner ou est-ce qu'on veut perdre ? Est-ce qu'on veut témoigner ou est-ce qu'on veut, au contraire, assumer les grandes transitions, les grandes transformations dont nous avons besoin ? Mais puisque nous en avons besoin, je vais avancer.

11:29
Présentateur

Auquel n'ont pas participé les deux tiers des électeurs. Et c'est là-dessus que vous tirez vos...

11:35
Olivier Faure

Mais à partir de quoi tirez-vous vos propres enseignements ? De sondages qui mobilisent 500 personnes ? Moi, je préfère me fier à ce que disent des millions de Françaises et de Français qui sont venus voter et qui ont fait un choix et qui l'ont dit clairement. Donc, il y a eu huit régions dans lesquelles il y avait, en opposition socialiste et écologiste, il y avait plus d'un million de voix supplémentaires pour les socialistes par rapport aux écologistes, et ce sont les seuls à avoir gagné. Donc, j'entends bien que ça ne suffira jamais à prouver à qui que ce soit, quoi que ce soit. Mais moi, ce que je vois, c'est qu'à un moment donné, il faut se donner la force d'avancer.

12:05
Invité

Vous êtes conscient, Olivier Faubrin, vous êtes conscient que si vous avez au hasard un Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon et un écologiste qui se présentent ou une à la présidentielle l'année prochaine, la gauche est disqualifiée, elle n'est pas au deuxième tour ?

12:17
Olivier Faure

C'est un risque, évidemment.

12:19
Invité

C'est plus qu'un risque, c'est une évidence.

12:20
Olivier Faure

C'est peut-être même une évidence, mais enfin, encore que rien ne soit jamais évident, dans l'élection présidentielle, on l'a vu à de multiples reprises.

12:26
Invité

Mais à quel moment les autres se couchent ? Pardonnez-moi l'expression.

12:29
Olivier Faure

Personne ne doit se coucher. L'idée, pour moi, c'est de construire une coalition, d'ailleurs un projet de gouvernement qui nous permet de nous lier pendant cinq ans. Qu'est-ce que j'entends depuis des mois, des années ? Tout le monde dit, Macron, c'est plus possible. Tout le monde dit, en fait, maintenant, il va falloir s'occuper de la transition écologique parce que nous avons dix ans pour éviter l'irréversible. Ce que j'entends, c'est que depuis la crise sanitaire, et même avant, on nous dit, il y a une urgence sociale qu'il faut relever. Si tout cela est urgent, vraiment, si tout le monde pense que ces enjeux-là dominent complètement la vie politique, alors il faudra se rassembler.

13:02
Invité

Dans l'est de la France, les intempéries, vous alliez répondre à tout ça ? L'urgence climatique ?

13:06
Olivier Faure

Évidemment, il faut y répondre. On ne peut pas dire que dans dix ans, il sera trop tard, et commencer par procrastiner en disant, bon, écoutez, cette fois-ci, on s'en fout, c'est pas grave, on verra bien la prochaine fois. Donc oui, il faut gagner dès à présent, oui, il faut s'engager résolument sur la voie de la transition écologique, de l'urgence sociale, même de l'urgence démocratique, mais ça suppose évidemment qu'à un moment, on se rassemble derrière l'offre qui paraît la plus à même de l'emporter à l'élection présidentielle.

13:35
Présentateur

Olivier Faure, quelque chose d'inédit est en train de se préparer. Dans un quart d'heure seulement, un garde des Sceaux sera dans le bureau des juges de la Cour de justice de la République en vue de sa mise en examen. Éric Dupond-Moretti est soupçonné de conflits d'intérêts. Est-ce que s'il était mis en examen, il devrait démissionner selon vous ?

13:53
Olivier Faure

Je vous renvoie à ce que disait le président de la République il y a quelques années maintenant, quand il était candidat à l'élection présidentielle. Il disait, quand un ministre est mis en examen, il doit démissionner. C'est ce qu'il disait lui-même. Et d'ailleurs, c'est ce qu'il a appliqué. Vous avez déjà eu un garde des Sceaux dans ce quinquennat, François Béroux ?

14:16
Invité

Il n'était pas mis en examen, il y avait un soupçon de...

14:18
Olivier Faure

Il a été ensuite mis en examen. Il est parti juste avant, mais enfin, il a été mis en examen juste après. Et donc, la démonstration est encore plus forte. C'est-à-dire que même non mis en examen, parce qu'il y avait un risque de mise en examen, il avait été débarqué à l'époque avec Marial de Sarnaise, avec Sylvie Goulard, avec Richard Ferrand, qui étaient tous dans des conditions de délicatesse avec la justice.

14:41
Présentateur

Mais vous avez entendu la contre-attaque du clan Dupond-Moretti, qui est de dire que l'institution judiciaire, en l'occurrence, n'est pas tout à fait neutre dans cette affaire. C'est ce que disent les avocats d'Hérus Dupond-Moretti.

14:52
Olivier Faure

Moi, je me fie simplement à ce que disait le chef de l'État. Et ce que j'observe sur ce sujet-là, comme sur les retraites, comme sur le pass sanitaire, il y a Dr Manu et Mr Macron. Et donc, vous avez à chaque fois cette espèce de en même temps, qui d'ailleurs n'est pas un en même temps, mais qui est, en fait, je vous dis blanc et je fais noir. Et donc, c'est ça aussi qui crée la défiance. Vous aviez à l'instant parlé de ce scrutin qui a été marqué par une abstention aussi forte. Mais qu'est-ce que j'entends depuis ? Je parle avec les gens, 14h08 est l'occasion de parler avec beaucoup de monde, encore, donc, ces heures-ci. Et que me disent les gens ?

Ils me disent, mais pourquoi est-ce qu'on continuerait à aller voter, si de toute façon, ce que les uns et les autres disent n'est jamais respecté ni tenu ? Eh bien, si on veut que les Françaises et les Français s'intéressent à nouveau à la vie politique, si on veut que la défiance ne l'apporte pas, il faut tenir ses engagements.

15:42
Invité

Docteur Manu, Mister Macron, dites-vous, vous estimez qu'il y a un double discours aujourd'hui ?

15:47
Olivier Faure

Il y a un discours qui est variable selon les circonstances et selon les intérêts du chef de l'État. Donc, en fonction de ses intérêts, il a un discours qui peut varier du tout au tout et c'est ça qui rend les choses incompréhensibles. Si on n'a pas parlé des retraites, mais regardez, au moment de la campagne présidentielle, il dit 62 ans, on y reste, on n'y touchera pas. Après le grand débat, après donc la crise des gilets jaunes, il redit exactement la même chose. Il dit que ce serait même hypocrite que de vouloir aujourd'hui décaler l'âge légal de départ à la retraite parce que ce serait complètement fou de l'imposer à des gens qui, après 55 ans, ne trouvent plus de travail.

Et aujourd'hui, qu'est-ce qu'on apprend ? On apprend que finalement, si, il faudra faire cette réforme de la retraite et il faudra reculer l'âge légal de départ à la retraite. Comment voulez-vous que les Français aient encore envie de voter ? Comment voulez-vous qu'ils aient encore envie de respecter celles et ceux qui sont censés les représenter ?

16:42
Présentateur

Olivier Faure, merci beaucoup Premier secrétaire du Parti Socialiste, invité ce matin du 8.30 France Info. Bonne journée à vous.

Extension du pass sanitaire et possible mise en examen d'Éric Dupond-Moretti : le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure — Olivier Faure · Pourquijevote