Sécheresse en Vendée : "La moitié de nos stocks de fourrage a déjà été consommée", alerte la Coordination rurale
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:26OuverteRéponse directe
Ça vous fait du bien ?
- 1:11OuverteRéponse directe
Vous avez remis des animaux en pâture à l'extérieur avec le retour d'un peu d'herbe. Ça repousse un peu quand même ?
- 1:40RelanceRéponse directe
Mais justement, vous avez été obligé de puiser dans vos réserves de fourrage cet été à cause de la sécheresse
- 2:34OuverteRéponse directe
Mais ça veut dire que vous êtes inquiets pour passer l'hiver
- 3:02FerméeRéponse directe
On peut avoir une idée, par exemple, une tonne de fourrage, ça coûtait combien avant ? Ça coûtait combien aujourd'hui ?
- 3:48OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut dire un mot quand même de vos collègues céréaliers qui, eux aussi, ont tenté de semer même en septembre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:54Invité politiqueChiffre
« Et on a commencé, on a le moitié des stocks des maïs en silage a été consommé. »
- 2:37Invité politiqueFait
« On est extrêmement inquiets. »
- 2:46Invité politiqueFait
« Il va falloir qu'on en achète. »
- 2:48Invité politiqueChiffre
« Mais la problématique, c'est que le prix des fourrages a doublé. Et voire même triplé pour certaines choses. »
- 3:07Invité politiqueChiffre
« Alors, on était sur 150 euros la tonne. Aujourd'hui, on est plutôt sur du 300, 400 euros la tonne. »
- 3:59Invité politiqueFait
« C'est qu'ils ont fait une très mauvaise récolte, voire n'ont rien récolté. »
- 4:14Invité politiqueFait
« Et puis, finalement, n'a pas récolté parce que le prix de la machine dépasse le prix de ce qu'il va récolter en tournesol. »
- 4:33Invité politiqueFait
« Et aujourd'hui, payer la semence, c'est hors de prix. »
Temps de parole
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- Présentateur29 %
- ?3 %
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À
8h moins le quart sur ICI Loire Océan, Natacha Guillemet, éleveuse à Vouvans dans le sud de la Vendée et présidente de la Coordination Rurale des Pays de la Loire.
C
'est votre invitée Nicolas Creusel. Bonjour Natacha Guillemet. Bonjour. Et merci d'être avec nous en direct sur ICI Loire Océan. On a énormément parlé de la sécheresse
et
des vagues de chaleur de l'été. L'été s'est prolongé d'ailleurs tard dans la saison depuis une semaine. On est bien entré dans l'automne avec de l'humidité et de la pluie. Ça vous fait du bien ?
Ça
fait énormément de bien et du coup on a pu commencer à semer les couverts pour l'année prochaine. Pour produire à manger à nos vaches pour l'année suivante encore.
Vous voyez donc on
anticipe. Avoir de l'avance avec j'imagine aussi le métaille pour apporter des protéines dans l'alimentation des animaux. Replanter des cultures aussi.
On est en train, la semaine prochaine, même cette semaine on va commencer le blé. Parce que le blé se sème maintenant pour l'année prochaine aussi. Donc on commence à prévoir. On est plutôt en agriculture, la cigale et la fourmi. On est plutôt dans cette mouvance.
Et vous avez remis des animaux en pâture à l'extérieur avec le retour d'un peu d'herbe. Ça repousse un peu quand même ?
Voilà,
on a remis quelques animaux dans des prairies qui commencent à repousser doucement. Alors c'est pas non plus nirvana, mais ça permet de pousser un peu plus loin la rentrée des animaux. Puisque l'hiver on rentre nos animaux bien au chaud pour pouvoir aussi qu'ils puissent avoir, enfin véler, avoir leurs petits veaux.
Mais
justement, vous avez été obligé de puiser dans vos réserves de fourrage cet été à cause de la sécheresse
?
Oui, tout à fait. En fait, on a rentré, même nos génisses, on les a rentrés dans les bâtiments. Parce que finalement, dans les prairies, il n
'y
avait plus rien. Et on a commencé, on a le moitié des stocks des maïs en silage a été consommé.
La
moitié des
maintenant,
là ?
Oui, la
moitié. Il ne nous reste que la moitié de ce qu'on a. Normalement, on ne les a pas rentrés, enfin on les commence juste à les rentrer. Et du coup, comme on les a rentrés fin juillet, on a commencé à rentrer les génisses, celles qui souffraient le plus. Et donc la moitié du stock a été consommé dans le maïs humide, plutôt dans l'ensilage. Et puis aussi dans notre foin, puisque finalement, on emmenait de foin dans les champs pour nourrir tous les animaux qui étaient dans les prairies. On nourrissait tout le monde. Donc la
moitié
du stock est partie.
Mais ça veut dire que vous êtes inquiets pour passer l'hiver
? On
est extrêmement inquiets. En fait, aujourd'hui, on prépare demain. Mais en fait, on n'est même pas capable de répondre à cet hiver où on va chercher des fourrages. Il va falloir qu'on en achète. Mais la problématique, c'est que le prix des fourrages a doublé. Et voire même triplé pour certaines choses. Et donc, c'est là où on se pose des questions de comment on va payer.
Justement,
je vous arrête sur le prix. On peut avoir une idée, par exemple, une tonne de fourrage, ça coûte combien avant ? Ça coûtait combien avant ? Ça coûte combien aujourd'hui ? Pour
qu
'on imagine ?
Alors, on était sur 150 euros la tonne. Aujourd'hui, on est plutôt sur du 300, 400 euros la tonne. Et encore, on tire. Et en fait, ce qu'on veut, c'est aussi avoir de la qualité. Et la problématique, c'est ce qui est à vendre. C'est aussi du foin de l'année dernière et encore de l'année dernière. Donc, chaque année, le fourrage qui a été stocké perd en qualité. Le côté gustatif aussi, nos vaches ont un goût et préfèrent avoir aussi du foin de qualité, enfin, qui sentent encore bon. Et là, on a aussi ce côté gustatif, qualitatif, qui nous manque.
Voilà. Et ça, c'est
un gros problème.
Alors,
vous êtes éleveuse, je le disais, vous à Vouvain, mais vous représentez la coordination rurale pour l'ensemble de la région. Vous êtes d'ailleurs responsable de la section viande au plan national dans votre syndicat. Est
-ce
qu'on peut dire un mot quand même de vos collègues céréaliers qui, eux aussi, ont tenté de semer même en septembre ?
Oui.
Alors, on a une problématique sur les céréaliers. C'est qu'ils ont fait une très mauvaise récolte, voire n'ont rien récolté. J'ai dans la tête un céréalier de Vendée qui, lui, a semé son tournesol une première fois. Finalement, vu la météo, ça n
'a
pas fonctionné, a ressemé une deuxième fois. Et puis, finalement, n'a pas récolté parce que le prix de la machine dépasse le prix de ce qu'il va récolter en tournesol.
La location
de la machine pour aller récolter, c'est ça ? Ça
serait plus cher.
C'est énorme. Et du coup, du fait qu'il n'a rien récolté, eh bien, il faut repayer la semence pour réensemencer maintenant. Et aujourd'hui, payer la semence, c'est hors de prix. Quand on est rémunéré, normalement, quand on fait une récolte et qu'on est rémunéré, il n
'y a
pas de problème, en fait. On peut continuer d'investir dans une machine, investir dans des semences parce que c'est de
l
'investissement, les semences qu'on met en terre. Eh bien, quand vous n'avez pas récolté et que même vous avez fait, même triple peine, puisque vous avez semé une première fois, une deuxième fois et que finalement, vous n'avez pas récolté, eh bien, en fait, vous n'avez pas de revenus, pas de quoi aussi investir dans ces semences, investir dans l'alimentation aussi. Pour monsieur et madame tout le monde, j'entendais votre reportage juste avant, eh bien, il faut savoir que les agriculteurs doivent aussi investir dans l'alimentation pour faire de l'alimentation.
On
n
'a
plus le temps, malheureusement. Je vous aurais bien demandé comment se porte la récolte de maugettes, mais là aussi, j'ai cru comprendre que c'était compliqué. Et ce qu'on retient de cet échange, Natacha Guillemet, c'est que ce n
'est
pas les quelques pluies depuis une semaine qui vont vous permettre de sauver ce que cet été de sécheresse vous a
détruit.
Merci à vous, en tout cas, d'être venue en direct ce matin, Natacha Guillemet, éleveuse à Vouvent, dans le sud de la Vendée et présidente de la coordination rurale des Pays de la Loire. Bon courage à vous et
à tous vos
collègues. Bonne journée. Merci beaucoup.