Eric Coquerel : "Les pyromanes font mine d'éteindre l'incendie"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:24RelanceÉludée
Vous y voyez une tactique indécente du PS. Qu'y a-t-il d'indécent quand le PS veut faire barrage au Front National dont on annonce déjà le triomphe, notamment en région Nord-Pas-de-Calais-Picardie ?
- 1:29OuverteRéponse directe
Pour vous, le PS cède à la panique, comme le titre Le Figaro ce matin ?
- 2:04OuverteRéponse directe
Alexis Tsipras a gagné les élections législatives hier en Grèce. Est-ce que lui, il va pouvoir les tenir, ses promesses ? Est-ce que ce n'est pas la pire chose qui lui soit arrivée ?
- 3:07OuverteRéponse directe
Mais est-ce que cette victoire de Tsipras hier soir est de nature à vous rapprocher d'Alexis Tsipras, dont vous reprochez toujours la signature de l'accord économique imposé par Bruxelles ?
- 4:13OuverteRéponse directe
Vous vous sentez ce matin toujours plus proche d'Unité Populaire que de Syriza ?
- 4:43OuverteRéponse directe
Est-ce que la victoire de Tsipras hier soir peut relancer les dynamiques européennes des gauches radicales ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Invité politiqueFait
« Il est quand même étonnant qu'en gros, le pyromane fasse mine d'éteindre l'incendie. »
- 0:53Invité politiqueFait
« Vous avez François Hollande qui fait une politique de droite qui rend impossible l'unité à gauche. »
- 1:11Invité politiqueFait
« Nous, on pense qu'il y a un référendum qu'il faudrait faire, mais la Constitution ne le permet pas. »
- 1:17Invité politiqueFait
« Hollande ne tient pas ses promesses. »
- 2:12Invité politiqueFait
« Si Alexis Tsipras respecte le mémorandum, comme il s'y est engagé, il ne pourra tenir aucune promesse. »
- 2:19Invité politiqueFait
« C'est un mémorandum qui impose plus d'austérité, qui privatise à tout va, qui met la Grèce sous tutelle. »
- 2:24Invité politiqueFait
« Exactement l'inverse du programme de Syriza de janvier. »
- 2:31Invité politiqueFait
« La nouvelle démocratie est battue, c'est le parti de la corruption, de la finance. »
- 3:37Invité politiqueFait
« on continue à considérer pour l'instant que c'est notre gauche »
- 3:43Invité politiqueFait
« C'est là où Tsipras va se révéler. Soit, quelque part, il est devenu ce que Hollande dit, c'est-à-dire qu'il est devenu finalement partisan d'une politique sociale libérale »
- 4:51Invité politiquePromesse
« Et nous, c'est pour ça qu'on propose un sommet internationaliste du plan B en novembre »
- 4:56Invité politiqueFait
« réfléchir à ce qui a manqué à Tsipras pour s'opposer à la Troïka. »
- 5:00Invité politiqueFait
« C'est que quand vous avez l'intransigeance de Merkel et des pays satellites autour d'elle et la complicité de Hollande, eh bien, il faut un plan B. »
Temps de parole
- Éric Coquerel75 %
- Présentateur20 %
- Présentateur 25 %
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France Inter, Catherine Boulet, Éric Delvaux, le 5-7. Et votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est Éric Coquerel, coordinateur politique du Parti de Gauche. Bonjour Éric Coquerel. Bonjour. Avant de commenter la victoire de Tsipras en Grèce, un mot d'abord de politique française à trois mois des régionales. Le PS tente de rassembler tous les partis de gauche et ça devrait faire l'objet d'une consultation du peuple de gauche à la mi-octobre. Vous y voyez une tactique indécente du PS. Qu'y a-t-il d'indécent quand le PS veut faire barrage au Front National dont on annonce déjà le triomphe, notamment en région Nord-Pas-de-Calais-Picardie ?
Écoutez, on ne serait pas justement dans une situation aussi dramatique socialement et politiquement comme vous venez de la décrire. Ça serait juste risible. Mais le problème, c'est qu'aujourd'hui, beaucoup de nos concitoyens sont désorientés. C'est le genre de proposition qui les désoriente encore plus. Il est quand même étonnant qu'en gros, le pyromane fasse mine d'éteindre l'incendie. Vous avez François Hollande qui fait une politique de droite qui rend impossible l'unité à gauche. C'est ça la responsabilité. Donc, en appeler comme ça un référendum qui laisserait penser que sur la seule base de la lutte contre le FN, on peut se réunir, c'est, je vous dis, semer la désorientation.
Nous, on pense qu'il y a un référendum qu'il faudrait faire, mais la Constitution ne le permet pas. C'est le référendum révocatoire quand quelqu'un ne tient pas ses promesses. Hollande ne tient pas ses promesses. Et comme le référendum révocatoire n'existe pas, la meilleure chose pour la gauche, c'est de se servir du premier tour des régionales pour justement sanctionner cette politique avec les listes que nous allons proposer. Pour vous, le PS cède à la panique, comme le titre Le Figaro ce matin ? Je ne sais pas si Cambadélis, ce n'est pas tellement le genre d'individu ou le genre de responsable politique qui panique. Non, simplement, il essaye d'utiliser un truc.
Le PS est quand même un des appareils politiques les plus importants de ce pays et il fait mine de justement vouloir dépasser les appareils. Bon, tout ça ne tient pas. C'est uniquement au service d'une chose, de faire en sorte que François Hollande en 2017 se retrouve sur le seul critère de barrage au FN. Mais ça, ça ne suffit pas. On ne fait pas une politique là-dessus. Il faut proposer une alternative, c'est ce que nous allons essayer de faire, et arrêter les trucs politiciens.
Alexis Tsipras a gagné les élections législatives hier en Grèce. Est-ce que lui, il va pouvoir les tenir, ses promesses ? Est-ce que ce n'est pas la pire chose qui lui soit arrivée ?
C'est vrai que non. Si Alexis Tsipras respecte le mémorandum, comme il s'y est engagé, il ne pourra tenir aucune promesse. C'est un mémorandum qui impose plus d'austérité, qui privatise à tout va, qui met la Grèce sous tutelle. Exactement l'inverse du programme de Syriza de janvier. Donc Tsipras va se retrouver devant un choix. Nous, hier, on se satisfait d'une chose. La nouvelle démocratie est battue, c'est le parti de la corruption, de la finance. Et deuxième chose, la victoire de Syriza continue à traduire une envie de gauche, de gauche réelle. En Europe, on l'a vu avec Corbyn la semaine dernière. Là, c'est avec Syriza.
Mais maintenant, il va avoir un problème devant lui, et nous allons voir comment il résout. C'est que face au mémorandum et aux dégâts que ça va occasionner, soit c'est le nouveau PASOK, et en réalité, ça devient un parti de l'austérité, soit il redevient un gouvernement de résistance, nous, on veut y croire, mais de toute façon, il va y avoir des mobilisations, et il va falloir qu'il fasse son choix. Est-ce qu'il est avec son peuple, ou est-ce qu'il est contre lui ? Voilà ce qui sera le choix de cette élection grecque.
Mais est-ce que cette victoire de Tsipras hier soir est de nature à vous rapprocher d'Alexis Tsipras, dont vous reprochez toujours la signature de l'accord économique imposé par Bruxelles ?
Oui, on lui reproche. On reproche d'abord à Bruxelles et à Berlin de lui avoir imposé ce mémorandum, mais ensuite, on lui reproche parce qu'on pense que c'est une politique qui, non seulement, va échouer, mais va ruiner un peu plus la Grèce, et que ce n'est pas là-dessus qu'il a été élu. Maintenant, on n'a jamais coupé les ponts avec Tsipras, parce qu'on continue à considérer pour l'instant que c'est notre gauche, et qu'il est souhaitable, justement, qu'elle puisse peut-être revenir à ce qu'étaient ses fondements. C'est là où Tsipras va se révéler.
Soit, quelque part, il est devenu ce que Hollande dit, c'est-à-dire qu'il est devenu finalement partisan d'une politique sociale libérale, vous avez vu que Hollande le félicite, soit il redevient l'homme de janvier dernier, celui que nous avons soutenu. Mais en tout cas, nous, on sera du côté des mobilisations et contre le mémorandum dans les mois à venir.
Tsipras qui, au passage, s'est débarrassé de son aile gauche contestataire, Unité Populaire, la frange dissidente de Syriza. Vous vous sentez ce matin toujours plus proche d'Unité Populaire que de Syriza ?
On se sent proche du programme de Syriza de janvier, donc Unité Populaire le portait. Vous savez, en 2009, Syriza était à 4% des voix. Là, ils ratent de très peu l'entrée au Parlement après une campagne médiatique terrible, notamment contre Zoé Constantin Poulot, qui est une de leurs leaders. Je pense qu'Unité Populaire, on va en entendre parler dans les mois à venir, parce qu'encore une fois, il va y avoir des mobilisations très fortes et ils seront du côté des mobilisations contre le mémorandum. Est-ce que la victoire de Tsipras hier soir peut relancer les dynamiques européennes des gauches radicales ? Il faut essayer. Voilà, il faut essayer.
Et nous, c'est pour ça qu'on propose un sommet internationaliste du plan B en novembre, c'est-à-dire de rassembler toute l'autre gauche et de réfléchir à ce qui a manqué à Tsipras pour s'opposer à la Troïka. C'est que quand vous avez l'intransigeance de Merkel et des pays satellites autour d'elle et la complicité de Hollande, eh bien, il faut un plan B. L'Allemagne l'avait avec le Grexit.
Malheureusement, Tsipras ne l'avait pas. Merci. Éric Coquerel, donc, l'un des coordinateurs politiques du parti de gauche invité ce matin de France Inter. On continuera le débat, notamment à 8h20. Patrick Cohen recevra Martin Schulz, le président du Parlement européen.
Éric Coquerel