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Interviewrtl-fr· 21 septembre 2026 11 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieTransports

Les pétroliers profitent-ils vraiment de la situation ?

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:07OuverteÉludée

    Que personne ne dit, c'est que depuis le début de cette situation, les marges de l'extraction et du raffinage du pétrole, elles ont été multipliées par 7,5.

  • 0:47OuverteÉludée

    Est-ce que les pétroliers ont touché le jackpot ? Est-ce que c'est de ce côté-là qu'il faut aller chercher des marges ?

  • 1:09OuverteRéponse directe

    Comment se compose le prix du litre de carburant ?

  • 5:35OuverteRéponse directe

    Est-ce que les pétroliers sont en train de toucher le jackpot ? C'est la question qu'on se pose. Est-ce qu'ils s'enrichissent sur notre dos ?

  • 6:40RelanceRéponse directe

    On vient d'entendre que c'était le raffinage qui avait proportionnellement le plus augmenté. C'est une activité que souvent, Total nous présente comme déficitaire.

  • 7:21OuverteRéponse directe

    Total a fait des gestes, des restournes plafonnées des prix dans ces stations. Est-ce qu'on sait combien ça lui coûte ? Est-ce que ce n'est pas de nature à équilibrer ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10PrésentateurChiffre
    « les marges de l'extraction et du raffinage du pétrole, elles ont été multipliées par 7,5 »
  • 0:14PrésentateurChiffre
    « les marges de l'extraction et du raffinage du pétrole, elles ont été multipliées par 7,5 »
  • 1:33InvitéChiffre
    « Sur un litre de diesel, ça représente à peu près 60 centimes ou on était plutôt inférieur à 40 centimes avant le conflit »
  • 2:51InvitéChiffre
    « 15% de volume en moins, c'est à peu près ce qu'on a depuis le début du conflit au Moyen-Orient »
  • 4:13InvitéChiffre
    « Ça représente, par exemple, pour le diesel, 25 centimes de plus entre février 2026 et septembre 2026 »
  • 6:47InvitéChiffre
    « Total a gagné 10 milliards d'euros en six mois après le blocage du détroit d'Hormuz »
  • 6:57InvitéChiffre
    « On estime que ses bénéfices cette année pourraient monter à 24 milliards d'euros »
  • 8:00InvitéChiffre
    « Juste pour la France, cette taxe sur les super profits, ça pourrait être 2 milliards d'euros juste sur Total »
  • 8:53Invité politiqueChiffre
    « Il y a 1,4 milliard d'aides depuis le début de cette crise »
  • 9:47Invité politiqueFait
    « l'État perdait aujourd'hui de l'argent »

Temps de parole

  • Invité37 %
  • Présentateur20 %
  • Invité 219 %
  • Jean-René Cazeneuve18 %
  • Présentateur 23 %
  • ?2 %

≈ 10,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Invité

Ce

0:07
Présentateur

que personne ne dit, c'est que depuis le début de cette situation, les marges de l'extraction et du raffinage du pétrole, elles ont été multipliées par 7,5. C'est-à-dire que depuis le début de l'année, vous n'avez pas la crise pour tout le monde. Vous avez des grandes entreprises multinationales du pétrole qui, elles, sont en train de faire un jackpot pendant que tout le monde est en train de galérer dans sa vie quotidienne.

0:29
Locuteur

C

0:29
Présentateur

'est Manuel Bompard, l'insoumis que vous venez d'entendre. Il était sur RTL ce matin. Effectivement, nouveau record dans vos stations-service, que ce soit le gazole, le sans-plomb. La crise dure, s'aggrave et le gouvernement se démène pour tenter de contenir la colère. Il fera des annonces demain après-midi. Mais à qui profite la crise ? Est-ce que les pétroliers ont touché le jackpot ? Est-ce que c'est de ce côté-là qu'il faut aller chercher des marges ? C'est la question de la preuve par trois. Alors d'abord, on va vous rappeler ce qu'il y a dans votre litre de carburant, de l'essence, des taxes, des marges. On va rentrer dans le détail avec vous, Grégory Carré. Bonsoir.

1:08
Invité

Bonsoir.

1:09
Présentateur

Vous êtes directeur de l'Observatoire de la consommation du FC Que Choisir. D'abord, comment se compose le prix du litre de carburant

1:16
Locuteur

? Alors,

1:17
Invité

on va décomposer. C'est comme une fusée.

1:19
Locuteur

Il

1:19
Invité

y a plusieurs étages. Alors, le premier étage, c'est le prix du pétrole. C'est le prix du brut et celui-là, effectivement, il a augmenté depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Sur un litre de diesel, ça représente à peu près 60 centimes ou on était plutôt inférieur à 40 centimes avant le conflit. C'est le premier étage. Alors, on n'est quand même pas sur du x7. On voit que c'est une hausse de l'ordre de 20 centimes. Alors, les gens vont me dire, je ne comprends pas parce qu'on est passé d'un euro 70 à quasiment 2,30

1:54
Locuteur

euros.

1:54
Invité

Je n'arrive pas à retomber sur mes petits. Le deuxième étage. Alors, pourquoi ça coûte plus cher ? Tout le monde l'a deviné. C'est qu'il y a une baisse des volumes de pétrole. Alors, beaucoup de pétrole vient du Moyen-Orient. Et pour compenser cette baisse, on est allé acheter des pétroles qui sont parfois un peu plus chers.

2:13
Locuteur

Pourquoi ils sont plus chers

2:14
Invité

? Pourquoi ils sont plus chers ? Alors, pourquoi ils sont plus chers ? Un, parce qu

2:18
Locuteur

'ils

2:18
Invité

sont un peu plus chers à extraire. Deux, parce qu'il faut les transporter un peu plus. Donc, le coût des transports décolle. Et puis, dans le coût des transports,

2:26
Locuteur

il

2:26
Invité

y a aussi les assurances. Parce que comme c'est un peu dangereux, il y

2:28
Locuteur

a

2:28
Invité

un peu des mines qui traînent partout. Les assureurs, eux, ont bien fait augmenter la facture. Donc, c'est une des raisons. Et puis, bien sûr, il y

2:35
Locuteur

a

2:35
Invité

aussi un peu de spéculation. C'est-à-dire qu'il y a des malins sur les marchés qui se disent, tiens, ça va devenir de plus en plus cher. Donc, je vais acheter des gros volumes de pétrole pour pouvoir les revendre un peu plus tard à un prix plus important. Parce qu'il faut savoir que 15% de volume en moins, c'est à peu près ce qu'on a depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Ça fait un baril qui est passé de 60 dollars à 100 dollars le baril.

2:56
Locuteur

Effectivement, au

2:57
Invité

passage, il y en a qui ont un peu profité sur les marchés financiers, même s'il y a quand même des raisons d'augmentation des coûts. Mais ça, c'est qu'une partie de votre facture de plein. Le deuxième étage, c'est le raffinage. Parce que ce pétrole, il

3:12
Locuteur

va

3:12
Invité

falloir le changer, le modifier, en faire du diesel ou en faire du supercarburant. Alors là, l'explication, elle est assez simple, assez unique. C'est qu'il y

3:23
Locuteur

a

3:23
Invité

une vraie baisse des volumes. Il faut savoir qu'entre le Moyen-Orient et la Russie, vous aviez quasiment la moitié du commerce mondial de diesel. Et donc là, on arrête d'acheter du diesel russe. Et puis,

3:37
Locuteur

il

3:37
Invité

y a même les Ukrainiens, pour se défendre, ont quand même un peu touché les infrastructures. Et puis, le Moyen-Orient, on l'a entendu aussi. Les infrastructures ont été touchées. Et puis surtout, il n'y

3:47
Locuteur

a

3:47
Invité

plus beaucoup de superpétroliers à sortir. Donc là, on a une forte baisse des volumes. Même en Asie, parce que l'Asie est raffinée, mais achetée quand même du pétrole du Moyen-Orient. Donc là, on a une baisse.

3:59
Locuteur

Et donc, le

3:59
Présentateur

raffinage

4:00
Locuteur

est plus cher parce qu

4:00
Présentateur

'il y

4:00
Locuteur

a

4:00
Présentateur

moins de volume

4:01
Locuteur

?

4:02
Invité

Oui, c'est vraiment parce que là, il y a moins de volume. C'est quasiment l'explication principale. Et c'est là qu'on a la grande partie de l'explication de la hausse de notre facture. Ça représente, par exemple, pour le diesel, 25 centimes de plus entre février 2026 et septembre 2026. Donc là, vous avez l'explication principale.

4:23
Présentateur

C'est plus prononcé sur le raffinage que sur le brut lui-même, en fait.

4:28
Invité

Oui, c'est plus prononcé parce que du pétrole, vous en trouvez un peu partout sur la planète. Mais du diesel, il y en a beaucoup qui viennent et du Moyen-Orient et de la Russie. Et bien, pour les deux, il y a un petit peu des soucis pour obtenir du diesel de ces deux destinations, de ces deux provenances, pardon. Et dernier étage de la fusée, c'est tout ce que vous avez payé, effectivement, en taxes. Je passe sur la distribution. Les coûts de distribution, ils sont plutôt

4:55
Locuteur

plus

4:55
Invité

réduits. On l'a vu,

4:57
Locuteur

il

4:57
Invité

y a certains pétroliers qui ont un peu limité les augmentations, enfin, ont un peu limité les prix dans leurs stations. C'est celles d'ailleurs sur lesquelles vous les repérez bien. Il y

5:06
Locuteur

a

5:06
Invité

des files d'attente et souvent, il n

5:07
Locuteur

'y a

5:07
Invité

plus beaucoup d'essence à l'intérieur. Le dernier étage, c'est les taxes. Et les taxes, alors, elles ont un peu augmenté parce que quand le brut et quand le raffinage augmentent, vous payez une TVA là-dessus. Et bien, la TVA, c'est 20%. Donc, si ça augmente, l'État va aussi obtenir des niveaux de TVA un peu en hausse. Ça explique à peu près 10 centimes de hausse sur vos carburants.

5:33
Présentateur

Merci beaucoup pour toutes ces explications. Alors, est-ce que les pétroliers sont en train de toucher le jackpot ? C'est la question qu'on se pose. Est-ce qu'ils s'enrichissent sur notre dos ? Cécile Duflo, bonsoir. Vous êtes directrice de l'ONG Oxfam. Bonsoir. La hausse du brut, ça ne rapporte pas aux producteurs. Les pétroliers exploitent aussi des puits de pétrole

5:52
Locuteur

? Oui,

5:53
Invité

exactement. Ils exploitent, ils raffinent et à chaque fois, la marge est très significative. Ça se voit de façon évidente quand on voit la distribution de dividendes aux actionnaires qui a été absolument massive. Mais à la limite, on pourrait se dire, ils vendent du pétrole, ils gagnent beaucoup d'argent. Et voilà. Sauf qu'on sait très bien que c'est cette activité-là qui a été la cause la plus importante du dérèglement climatique avec des conséquences qui sont très coûteuses. Donc, il faut bien enrayer cette situation maintenant. Et c'est pour ça que de plus en plus de pays proposent une taxation plus importante des super profits des entreprises fossiles.

6:34
Présentateur

On vient d'entendre que c'était le raffinage qui avait proportionnellement le plus augmenté. C'est une activité que souvent, Total nous présente comme déficitaire. Ce n'est pas le

6:46
Invité

cas

6:46
Locuteur

?

6:47
Invité

En tout cas, Total a gagné 10 milliards d'euros en six mois après le blocage du détroit d'Hormuz. On estime que ses bénéfices cette année pourraient monter à 24 milliards d'euros. C'est bénéfice.

6:58
Locuteur

C

6:58
Invité

'est donc une fois payées toutes ses charges, y compris le pétrole avec son prix qui a augmenté. Donc, on voit bien qu'aujourd'hui, c'est une activité extrêmement rentable. Et pourtant, qui pèse sur le budget des ménages et qui a des conséquences très néfastes en matière de changement climatique. Donc là, on est au cœur de la difficulté. Et maintenant, il faut que les politiques soient courageux vis-à-vis des super profits et des géants du pétrole.

7:21
Présentateur

Total a fait des gestes, des restournes plafonnées des prix dans ces stations. Est-ce qu'on sait combien ça lui coûte ? Est-ce que ce n'est pas de nature à équilibrer

7:30
Locuteur

?

7:31
Invité

Justement, ça lui rapporte. Quand je vous ai dit que ses bénéfices seraient probablement de 24 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année, ça lui rapporte beaucoup. Parce que de fait, c'est une sorte de promotion presque qui est faite par tout le monde. Mais il

7:48
Locuteur

n

7:48
Invité

'y

7:48
Locuteur

a

7:48
Invité

pas besoin de se payer des pages de pubs. Et qui conduit les automobilistes à plutôt aller chez eux. Donc, ils perdent un peu en prix, mais ils augmentent en volume. Donc, on voit bien de toute façon qu'il faut mettre un terme à cette situation-là. D'autant qu'on a évalué ce que ça pouvait rapporter. Juste pour la France, cette taxe sur les super profits, ça pourrait être 2 milliards d'euros juste sur Total. Donc, il faut absolument agir. Et il y

8:07
Locuteur

a

8:07
Invité

beaucoup de pays dans le monde qui commencent à y penser. L'Italie, l'Allemagne, l'Espagne, le Portugal, l'Autriche, même l'Australie. Les choses sont en train de bouger parce que tout le monde voit bien qu'on est quand même dans une situation impossible. Et notamment après l'été qu'on vient de vivre. Merci beaucoup,

8:22
Présentateur

Cécile Duflo. Et alors, l'État qui tente d'aider les gros rouleurs, ceux qui n'ont pas le choix, a-t-il plus de marge de manœuvre qu'il ne le dit ? Est-ce qu'il s'enrichit avec la hausse des carburants ? On va demander à Jean-René Cazeneuve, député ensemble pour la République du Gers et membre de la Commission des Finances. Bonsoir.

8:38
Jean-René Cazeneuve

Bonsoir.

8:39
Présentateur

Alors, on a vu à quel point le carburant est taxé. Est-ce qu'on a une idée de ce que la hausse du carburant à la pompe a rapporté à l'État depuis le mois de mars grâce aux taxes, la TVA et l'assise, l'ancienne TICPE ?

8:53
Jean-René Cazeneuve

Oui. Alors, ce n

8:54
Locuteur

'est

8:54
Jean-René Cazeneuve

pas parce que c'est un drame pour les Français, cette hausse des prix de l'essence, que c'est une bonne affaire pour l'État. Je crois qu'on est plutôt dans une situation perdant-perdant. Votre invité l'a dit, il y a effectivement plus de recettes sur la TVA, mais il y a une baisse de la consommation qui fait baisser les recettes. Il y a 1,4 milliard d'aides depuis le début de cette crise. Et puis, il y a tout l'impact aujourd'hui sur la croissance de notre pays, les recettes fiscales par ailleurs. Donc, non, c'est une

9:27
Locuteur

très

9:28
Jean-René Cazeneuve

mauvaise nouvelle et une très mauvaise affaire pour l'État. Ça ne veut pas dire pour autant que l'État ne doit rien faire. Mais il faut surtout se sortir de cette idée simpliste que l'État, aujourd'hui, gagnerait de l'argent grâce à cette crise. Il y a eu d'ailleurs un exercice de transparence de la part du ministre du Budget qui a monté, chiffre à l'appui, que l'État perdait aujourd'hui de l'argent.

9:49
Présentateur

Et si l'État bloquait les prix, ce serait une manière de récupérer de façon autoritaire le jackpot des compagnies pétrolières

9:54
Locuteur

? On

9:55
Présentateur

a parlé de 24 milliards pour le total.

9:57
Jean-René Cazeneuve

Non, parce que si on bloque les prix, les compagnies pétrolières vont envoyer le pétrole sur des pays sur lesquels il n'est pas bloqué. Donc, ça ne marche pas comme ça.

10:05
Locuteur

Ils vont arrêter d'alimenter les stations françaises.

10:07
Jean-René Cazeneuve

Non, mais

10:07
Locuteur

oui,

10:09
Jean-René Cazeneuve

si vous avez un pays où vous vendez votre pétrole beaucoup plus cher, c'est ce que vous ferez, c'est ce que tout le monde ferait. Donc, aujourd'hui, on a le choix entre soit taxer les énergéticiens et ça se discute. D'ailleurs, on l'a fait en 2022. Il y

10:22
Locuteur

a

10:22
Jean-René Cazeneuve

eu pendant deux années de suite une taxe sur les super profits des énergéticiens ou faire en sorte que le prix à la pompe soit moins cher. Et je pense qu'aujourd'hui, c'est plutôt la bonne solution. Plutôt que d'avoir une taxe qui va rentrer l'année d'après dans les caisses de l'État et qui va être répercutée je ne sais comment, demander à ce que tout de suite, total, je pense qu'il baisse aujourd'hui son prix de l'ordre de 20 centimes par litre. C'est à peu près l'ordre de grandeur. Je pense que c'est un effet plus direct pour le pouvoir d'achat des Français.

Pour autant, nous sommes beaucoup à demander aujourd'hui au gouvernement de bouger, d'élargir, de prolonger les aides qu'il apporte à nos concitoyens.

10:59
Présentateur

Les réponses demain à 17h. Merci beaucoup. Merci à vous trois. C'était la preuve par trois.

11:04
Locuteur

C'était la

11:04
Présentateur

preuve

11:04
Locuteur

par

11:04
Présentateur

trois.