Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national - 15/11
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BFM Politique, comme chaque dimanche avec BFM Business et de Vichevrillon, le Parisien David Doucan. Bonjour à tous les deux. Marine Le Pen est notre invitée ce midi. Bonjour. Bienvenue dans BFM Politique. Je voudrais commencer avec une question d'actualité, des images qu'on a découvert hier et ce matin, dimanche jour de Metz. Un peu partout en France, des catholiques se rassemblent devant des églises. Ils se regroupent pour prier, regroupements qui sont évidemment interdits, illégaux, en raison de la crise sanitaire. Que faut-il faire sur les lieux de culte ? Est-ce qu'il faut les rouvrir selon vous ?
Oui. Ce débat a eu lieu d'ailleurs à l'Assemblée nationale et je participais de ceux qui considéraient que les lieux de culte devaient être ouverts pendant le confinement, qu'ils sont en général assez vastes pour permettre le respect des distances qui sont utiles pour éviter la propagation de la maladie et qu'il me paraît que l'exercice du culte est pour un grand nombre de nos compatriotes un soutien, et quelle que soit la religion d'ailleurs, un soutien important dans un moment qui est un moment de vive tension, qui est un moment de grande angoisse pour beaucoup. Et par conséquent, j'aurais préféré que le gouvernement cède sur ce sujet.
Est-ce que ces images que l'on voit pour vous, ce sont des prières de rue ?
Non, ce sont des manifestations revendicatrices. Enfin, je veux dire, il n'y a pas que les sans-papiers qui ont le droit de manifester en France, même pendant la période de confinement, semble-t-il. Donc, ce sont des manifestations pour revendiquer l'ouverture des lieux de culte.
Quand ce sont des musulmans, ce sont des prières de rue, et quand ce sont des chrétiens, ce n'en sont pas ? Je vous pose la question directement.
Oui, mais vous me la posez avec un biais, car vous savez très bien que les prières de rue, c'était une organisation toutes les semaines, hebdomadaire, tous les vendredis. Il y avait la prière du vendredi qui se déroulait dans la rue, de manière systématique, avec des blocages, où on empêchait les gens de passer, etc. Ce n'est pas du tout la même démarche. Vous voyez, il faut essayer d'être de bonne foi pour aborder ces sujets-là.
Alors, pour la première fois hier, depuis un moment, le nombre d'admissions en réanimation a très légèrement baissé en France. Nous sommes confinés, nous l'avons été, on a déconfiné, on a reconfiné, il faudra sans doute redéconfiner. Bref, expression qui a été appelée le stop and go, on confine, on déconfine. Comment on fait pour mettre fin à ce système, selon vous, Marine Le Pen ?
Je pense qu'en réalité, on est dans ce système parce qu'on a raté les différentes étapes qui ont été en partie réussies, d'ailleurs, dans d'autres pays, dont on aurait peut-être pu s'inspirer entre les deux vagues. Parce que qu'on puisse être pris par le temps lors de la première vague et commettre des erreurs, moi, je peux le concevoir. J'avais d'ailleurs, avant que la première vague se déclenche, émis toute une série de suggestions qui n'ont pas été retenues, ou en tout cas pas, à mon avis, assez vite. Notamment, la politique de test a été ratée. Les masques, souvenez-vous, n'étaient pas à disposition. Et surtout, pendant le confinement, on aurait dû tester les gens qui travaillaient.
Parce que l'intérêt, c'est que tout le monde était chez soi et que ceux qui, donc, étaient à l'extérieur, on devait être sûr à l'issue du confinement. Et on avait quand même plusieurs semaines devant nous.
Les tester dans le cadre des entreprises, au sein des entreprises ?
Oui, c'est nécessaire, oui. Tous ceux qui travaillaient devaient, à mon sens, être testés. Ce qui aurait permis, au moment où l'ensemble de la population sortait du confinement, qu'ils ne puissent pas attraper, évidemment, la Covid, puisqu'en réalité, la Covid ne circulait plus dans les gens qui travaillaient. Tout ça n'a pas été fait non plus. Donc, j'ai eu l'occasion de le dire, le confinement, c'est en réalité quand on a raté le reste.
Partout en Europe, vous avez vu les pays reconfinés, Marine Le Pen.
Oui, ce n'est pas tout à fait vrai. À chaque fois, si vous voulez, quand il y a une mesure qui est prise dans beaucoup de pays, la nôtre est plus dure. J'ai vu qu'il y avait, par exemple, toute une série de couvre-feux qui ont été mis en place en Allemagne, en Espagne. Mais c'était 22h, 23h. Nous, c'était 21h. C'est-à-dire que ça empêchait les restaurants...
Non, en Espagne, à Madrid, par exemple, il y a toute une partie de la capitale qui a été reconfinée avant nous.
Il y a des choix autres qui ont été faits. Par exemple, pour la fermeture des commerces, en Catalogne, par exemple, ce sont les petits commerces qui sont ouverts. Et ce sont les grandes surfaces de plus de 800 mètres carrés qui, elles, sont fermées.
On va y revenir. Juste avant, Marine Le Pen, bonjour d'abord. Est-ce que tout ce qui est restrictions, les restrictions sanitaires, c'est-à-dire les attestations, quand on sort, on est obligé de les avoir, que ce soit les jauges, est-ce que vous pensez que c'est encore inévitable ? Et quelque part, c'est pour pallier, peut-être, au manque de discipline des Français ? Parce que ça n'existe pas dans d'autres pays. Enfin, du moins, ça existe dans certains, mais pas dans d'autres. Oui, mais qui dit qu'il y a un manque de discipline des Français ? Qui a déclaré ça ? On a dit que c'était au lendemain de l'été.
Non, mais qui a déclaré ça ? Moi, je tiens exactement l'inverse. Moi, je tiens que les Français ont été remarquables. Ils ont été d'une obéissance absolument totale. Ils n'ont absolument rien à se reprocher. Pendant le premier confinement, le respect du confinement a probablement été le plus total en France par rapport à d'autres pays. Donc, qui, à un moment donné, s'est dit « Les Français, par définition, ne vont pas respecter ce qu'on leur demande et par conséquent, on va multiplier des attestations. » Donc, objectivement, on se rend compte qu'en réalité, elles sont assez peu utiles. Parce qu'on peut en remplir cinq, en avoir douze dans les poches, avec des horaires différents.
Enfin, on voit tous les gens qui témoignent de cela. Et ce n'est pas véritablement utile. Je pense qu'il y a une relation, si vous voulez, de traitement de nos élites dirigeantes infantilisant les Français qui participent d'ailleurs de la crise probablement de confiance qui existe entre le peuple aujourd'hui et ses dirigeants.
Alors, justement, vous êtes candidate à l'élection présidentielle. Donc, si vous étiez aujourd'hui aux affaires, si vous étiez en responsabilité, comment aborderiez-vous la question de Noël ? Dans un peu plus d'un mois, ce sont les fêtes de Noël. Est-ce que l'État doit prendre des mesures ? Est-ce qu'il faut dire à nos concitoyens « Vous ne vous rassemblez pas à plus de temps à Noël » dans nos foyers ? » Quelle serait votre vision là-dessus et votre action ?
Alors, d'abord, j'aurais préféré être au pouvoir en décembre dernier. Vous voyez, parce que dès décembre, j'aurais pris toute une série de décisions qui probablement nous auraient évité d'être le pire pays en Europe, le pays où il y a le plus de cas. Dans les chiffres, ce n'est pas complètement vrai, vous le savez. Écoutez, moi, j'ai obtenu des chiffres, là. La France, c'est 19% de cas de toute l'Europe. Je crois que c'est 17% de la mortalité de toute l'Europe. Or, nous représentons 9% de la population. Donc, ce qui est sûr, c'est que par rapport à la moyenne européenne, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on a assez peu de leçons à donner aux autres. Mais alors, soyons concrets.
Mais maintenant, vous me dites, est-ce que demain matin, je suis élue présidente ? Qu'est-ce que vous faites vis-à-vis de Noël ? Je laisse les Français fêter Noël en famille. Sans restriction. Je ré-ouvre dès aujourd'hui les petits commerces. Parce que les petits commerces, ils ont fait de très lourds efforts d'organisation, des très lourds efforts financiers, d'ailleurs, pour pouvoir respecter les protocoles sanitaires. Il y a une étude scientifique américaine qui provient de l'université de Stanford, qui n'est quand même pas connue pour ses études de piètre qualité. C'est plutôt de bon niveau, Stanford. Et qui, sur 100 millions de personnes, a fait une étude.
Et qui a conclu que le risque de contamination dans les petits commerces était très faible. Si, évidemment, on respecte les règles de sécurité, ce qu'ont fait d'ailleurs tous les commerçants. Encore une fois, en Catalogne, ils n'ont pas fermé les petits commerces.
Si je vous écoute avec attention, et j'aime à penser que c'est le cas, si on laisse les Français fêter Noël normalement, aller à l'église, dans les mosquées, si on les laisse aller dans les commerces, bref, c'est la vie normale, en fait, que vous proposez. Quelles mesures est-ce que vous proposez concrètement qui puissent endiguer cette pandémie, tout en permettant aux Français de vivre ?
Alors, je mets à part le Lancet Gate, dont vous avez entendu parler, mais en règle générale, la revue Lancet est assez sérieuse. La revue Lancet a fait une étude sur 131 pays, qui indique que les trois mesures qui ont été les plus efficaces pour lutter contre la propagation de la Covid, ça a été le télétravail, qu'on a mis beaucoup de temps à mettre en place. Après tout, on aurait pu continuer le télétravail et faire des fortes citations à destination des entreprises.
C'est la fermeture des écoles, et si je pense que les écoles, avec les petits, doivent rester ouvertes, il me semblait que les collégiens, au moins à partir du moment où ils ont l'âge de se gérer eux-mêmes et de pouvoir travailler par visio, et les lycéens auraient dû être fermés.
C'était le conseil du conseil scientifique.
Il me semble, parfait, vous voyez, comme quoi on peut arriver à être d'accord de temps en temps avec le conseil scientifique, et puis l'interdiction des grands rassemblements, du type, bon, concert, je ne sais pas, manifestation importante de toute nature. Et donc, je crois qu'il faut se fonder sur les éléments scientifiques que nous avons, et il me semble que ça n'est pas le cas. Mais surtout, ce qui me semble, parce que j'ai regardé de très près tout ça, c'est que, d'abord, entre la première et la deuxième vague, il n'y a eu aucun plan qui a été fait. Déjà, avant la première vague, il y aurait dû y avoir un plan pandémie.
Il y a un plan pandémie grippale qui existe, c'est-à-dire que quand la grippe se déclenche, eh bien, on met en place un plan qui fait 75 pages, qui est très sérieux. Là, il n'y a pas eu de plan pour une pandémie du type Covid. Et entre la première et la deuxième vague, il n'y en a pas eu non plus. On s'est dit, après la première vague, ils vont en faire un. Précisément parce qu'il y a le risque, quand même, d'une seconde vague. En mai, moi, je demande, par question écrite au ministre, est-ce que vous pourriez me dire qu'est-ce que vous avez prévu en cas de seconde vague ? Réponse, rien. Il n'y a rien qui avait été prévu.
Et on s'est retrouvé dans une situation, et je passe votre contrôle, où le jour même de l'intervention d'Emmanuel Macron à 20h, annonçant le reconfinement, eh bien, le matin même, il ne savait pas quels étaient les commerces qui devaient ouvrir et quels étaient les commerces qui devaient fermer. Et le ministre, c'est de se tourner...
Parce qu'il y a la vision sanitaire et la vision économique, Marine Le Pen, vous le savez aussi bien que nous.
Mais ça se prévoit à l'avance. Ça se prévoit à l'avance. Si on ferme pour des raisons sanitaires, si vous voulez, ça veut donc dire qu'il faut qu'on évalue le risque sanitaire à fermer tel commerce ou à fermer tel autre. Le matin même de l'intervention, le ministre réclame la France Industrie de se tourner vers les différentes filières en disant qu'est-ce qu'on ferme, qu'est-ce qu'on ne ferme pas, je vais avoir une réponse à 11h30. Excusez-moi, mais il y a quand même un problème.
Alors ce qui peut vraiment changer la donne dans les semaines et les mois, plutôt dans les mois qui viennent, c'est l'arrivée d'un vaccin. Le laboratoire Pfizer dit être en capacité de fournir un vaccin efficace à 90%. Le Premier ministre est inquiet. Jean Castex a dit qu'il s'inquiétait de savoir si nos concitoyens allaient se faire vacciner, puisque la moitié d'entre nous dit ne pas vouloir se faire vacciner. Mais je vous pose la question, Marine Le Pen, si un vaccin est disponible, est-ce que vous direz publiquement à nos concitoyens qu'il est d'utilité publique de se faire vacciner ou pas ?
Moi, je dirais à nos concitoyens qu'ils sont des citoyens libres et que par conséquent, c'est à eux, en leur fort intérieur, de décider s'ils souhaitent se vacciner ou s'ils ne souhaitent pas se vacciner. Et vous, en liberté, est-ce que vous vous pourriez vacciner ? Je vais d'abord attendre de voir ce qu'il en est de ce vaccin, parce que ni vous, ni moi n'en savons rien. Madame Le Pen, c'est étonnant, donc je vais voir.
Oui, s'il devait être rendu disponible, c'est que les autorités sanitaires l'auraient validé. En France, en tout cas, on a une autorité de santé. Donc, on imagine un vaccin qui serait disponible.
Mais encore une fois, si ce vaccin est sûr, moi, en ce qui me concerne, je me vaccinerais, mais je ne forcerais personne à se vacciner. Parce que je considère qu'on est en liberté. Mais je voulais également vous dire sur cette seconde vague du Covid. Moi, il y a quand même quelque chose qui me frappe. Il y a un ancien directeur de la gendarmerie qui a été chargé par Édouard Philippe de rendre un rapport, un rétexte, un retour d'expérience, comme on dit dans ce domaine, sur ce qui s'est passé pendant la première vague. Il a rendu son rapport. Ce rapport est secret. Ni vous, ni moi n'avons connaissance de ce rapport. Alors, vous, ça pose un problème de la liberté d'informer.
Et moi, je suis député, ça me pose un problème constitutionnel. Parce que je rappelle quand même que l'action du gouvernement est censée être soumise au contrôle du Parlement.
Les commissions d'enquête ne peuvent pas y avoir accès ?
Personne n'y a accès.
La demande a-t-elle été faite ? De la part des commissions d'enquête ?
Bien sûr. Évidemment que chacun cherche à obtenir ce rapport secret. Est-ce qu'il est normal, dans une grande démocratie transparente, qu'un rapport qui a été réclamé par le Premier ministre ne puisse pas être transmis à la représentation nationale ? Voilà. Ça fait partie des différentes choses, encore une fois, qui contribuent à la crise de confiance qui existe aujourd'hui entre nos élites dirigeantes et le peuple.
Edwige ?
Sur la question des vaccins, est-ce que là, pour une fois, vous dites que l'Europe, l'Union européenne, a un peu changé de braquet ? C'est-à-dire qu'il y a une commande au niveau européen de 300 millions de vaccins. Ce qui fait que l'Europe va obtenir des vaccins et qui permettra aux Français, notamment, de se faire vacciner. Est-ce que, de ce point de vue-là, vous dites, un, ça marche, et surtout, comment s'assurer que les Français, s'ils ont envie de se faire vacciner, le fassent ? Écoutez, moi, ce grand contrat gigantesque
qui a été signé par l'Union européenne, je vais vous dire, il m'inquiète. Pourquoi ? Parce qu'il existe une clause dans ce contrat qui indique que s'il y a des effets néfastes ou des effets, comment dire, nocifs de ce vaccin. L'Union européenne s'engage à ne pas aller devant la justice contre le fabricant du vaccin. C'est, à ma connaissance, tout à fait inusité, ce type de clause. Je trouve que... Alors, soit c'est une condition qui a été posée par le laboratoire, et c'est une condition, à mon avis, une clause léonine, comme on dit en droit, c'est-à-dire illégale et accessoirement immorale. Mais sur le fait que l'Europe est réussie à négocier ensemble.
Et je trouve que c'est une perte un peu... C'est quand même une perte... Enfin, c'est quand même une faible responsabilité de la part de l'Union européenne que de s'être engagée de cette sorte. Je note aussi qu'ils ont également acheté énormément de doses, me semble-t-il, de Remdesivisir, le même produit qui, aujourd'hui, est considéré comme nocif dans le traitement de la Covid. Donc, moi, je pense toujours qu'on fait mieux que les autres. Je pense toujours que le gouvernement d'un pays souverain, libre et indépendant fait toujours mieux pour le bien-être de ses habitantes, que j'espère qu'il fait mieux qu'une énorme structure. Mais on peut négocier avec un certain nombre d'autres pays.
Mais là, on ne négocie pas avec un certain nombre d'autres pays. Et c'est quelqu'un qui négocie pour nous.
Vous parlez de la défiance des Français vis-à-vis de ceux qui les gouvernent. Est-ce que vous avez vu le film documentaire Hold Up ? Tout le monde parle de ce film depuis quelques jours, 2h50, d'un film qui est qualifié par certains de complotiste, qui énonce un certain nombre de faits. La plupart ont été contredits par des cellules d'enquête, par les faits eux-mêmes. Quel regard est-ce que vous portez sur ce film documentaire et sur cette mouvance dite complotiste qui semble prendre de l'emploi ?
Alors d'abord, je suis frappé par l'hystérie qui a justifié ce documentaire. Une véritable hystérie. Je veux dire, entre ceux qui considèrent que c'est paroles d'évangile d'un côté et ceux qui veulent faire un autodafé qui menacent le créateur du film, de mort, de mort sociale, etc. Je trouve qu'il y a énormément d'excès. Je note d'ailleurs que certains découvrent qu'avec un reportage bien monté et en quelque sorte dans une direction bien précise, eh bien on peut faire croire à beaucoup de choses.
Moi je le sais très bien, comme présidente du Rassemblement national et anciennement du Front national, je peux vous dire que des documentaires comme ça, j'en ai vu plein, en général c'est envoyé spécial ou des choses comme ça, qui ont été faites contre mon mouvement, donc je sais très bien que ça peut exister.
Ce n'est pas du tout la même chose, Madame Le Pen. C'est exactement pareil. Ce n'est pas du tout la même chose.
Non, mais c'est exactement pareil. Ça veut dire qu'avec un film bien monté, avec un film bien monté, avec un film bien conçu, eh bien en réalité, vous pouvez arriver à une conclusion A ou à l'inverse, à une conclusion B.
Nos confrères d'envoyé spécial par exemple n'ont pas la volonté de démontrer quelque chose qui soit faux. Ils sont à la recherche d'une forme de vérité. Le pitch du film, Marine Le Pen, le pitch du film... Je ne crois pas.
Je vais le dire pour ceux de nos téléspectateurs qui ne l'auraient pas vue. Oui, mais tout le monde ne l'a pas vue. Le résumé, c'est qu'en gros, il y a une intelligentsia, il y a des puissants qui auraient décidé d'éradiquer une partie des pauvres, pour reprendre les expressions qui sont utilisées, à leur profit, donc les tuer en fait. Et avec évidemment la complicité des médias, avec la complicité des politiques.
Alors moi, en ce qui me concerne, je n'y crois pas du tout. Mais vous voyez, je suis un citoyen, une citoyenne éclairée. Et je pense que les Français sont des citoyens éclairés. Encore une fois, arrêtez de les prendre pour des idiots ou pour des enfants.
Vous parlez de qui ?
Chacun peut regarder ce documentaire et se faire son opinion. Moi, je veux dire, je suis tranquille. J'ai été extrêmement critique à l'égard du gouvernement sur la manière dont il a géré la crise. Je veux dire, entre la gestion des malades dans les EHPAD, la gestion de l'hydroxychloroquine, le fait que c'était une grippette, l'histoire des masques, l'histoire des tests, les capacités hospitalières, les frontières. J'ai vraiment été extrêmement critique sur la crise. Mais je ne crois pas, après avoir regardé ce documentaire, aux conclusions de ce documentaire. Et je pense que beaucoup de Français se feront leur propre opinion. Moi, si je commence à m'inquiéter, vous vous inspirez
à devenir président de la République, si demain vous êtes au pouvoir, le fait que ce type de thèse se développe au sein de la population ne vous inquièterait pas. Vous ne diriez pas aux membres de votre gouvernement que c'est un sujet dont il faut s'emparer, comme d'autres, et sur lequel il faut travailler ?
Mais monsieur, quand je serai présidente de la République, je serai présidente d'un grand pays. Un grand pays dont la liberté d'expression est une des valeurs fondamentales. Alors, vous me dites, il faut censurer. Non, non, pardon,
je ne vous dis pas ça, excusez-moi. Il y a des propos... C'est un peu ça, il y a l'inquisition, il y a la censure. Ah non, je suis désolé, je ne peux pas vous laisser dire ça. Lorsqu'une contre-vérité est dite, et vous le savez, vous êtes avocate, elle est condamnable et condamnée.
Non, mais monsieur, soit il y a une injure, soit il y a une diffamation, soit il y a une apologie de crime, soit il y a une provocation à la haine et à la discrimination. Et dans ces cas-là, on saisit le juge et c'est le juge qui détermine si un délit a été commis ou non. Sinon, ça s'appelle la liberté d'expression. Et je vous rappelle que la liberté d'expression, telle qu'elle est définie par la Cour européenne des droits de l'homme, c'est important comme débat, c'est précisément le droit d'émettre des opinions qui choquent, qui heurtent ou qui font peur à une partie de la population. C'est ça, la liberté d'expression.
La liberté d'expression ne consiste pas à ce que tout le monde soit d'accord. Or, moi, je considère que les dangers de la censure sont plus importants que les dangers de la liberté d'expression. Moi, quand je commence à voir, si vous voulez, que des tweets du président des États-Unis, pardon, mais ce serait n'importe quel autre d'ailleurs dirigeant du monde, je dirais la même chose, sont censurés, par exemple, par Twitter.
Vous savez pourquoi Marine Le Pen ? Parce qu'il exprime des opinions qui ne sont pas vérifiées dans les faits et qui concernent un scrutin en cours. Si vous étiez concerné, vous-même, vous demanderiez à ce que ces tweets soient supprimés. Mais ces sons, mais pas du tout. Mais pardon, excusez-moi, Marine Le Pen, je suis désolée. Si, au cours du prochain scrutin, je vous reçois sur ce plateau et nous évoquons le scrutin en cours, que se passera-t-il ?
Non, mais attendez, ça n'a rien à voir avec ce qui se passe aux États-Unis.
Mais bien sûr, vous dites, il est condamné, il est censuré parce qu'il n'a pas le droit de s'exprimer sur un scrutin en cours.
Non, ça n'a absolument rien à voir. Ah bon, M. Biden non plus, alors pourtant, il n'est pas coupé, lui.
Non, mais ils ne disent pas du tout les mêmes choses.
Non, non, mais je crois que vous vous trompez. Je pense encore une fois que la liberté d'expression est sacrée dans notre pays. Moi, je ne veux pas de censure, je ne veux pas d'inquisition. Je pense que quand, par exemple, ce documentaire est supprimé par la plateforme Dailymotion, je pense qu'en fait, c'est un effet strézende. C'est-à-dire que l'hystérie autour de ce documentaire a créé soit le souhait, soit l'obligation d'aller le regarder pour se faire sa propre opinion. Donc, c'est exactement l'effet inverse. Et puis... Marine Le Pen, on va marquer une pause, juste, s'il vous plaît, on va revenir dans un instant. Qui va censurer, monsieur, vous ?
Moi, je ne veux pas faire ça.
Non, mais je pose une question. Un conseil des sages ? Le conseil constitutionnel ? Le conseil scientifique ?
On ne parle pas de censure, on parle d'application de droit. Et vous l'avez dit, il faut saisir un juge.
Eh bien, voilà.
On revient dans un instant, Marine Le Pen, suite de BFM politique dans quelques secondes. A tout de suite. Suite de BFM politique en direct sur BFM TV, notre invitée est Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National, candidate à l'élection présidentielle et députée du Pas-de-Calais. Marine Le Pen, dans les colonnes de nos confrères du Parisien, représentées ici par David Ducan, ce matin, il y a une interview du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, dans le contexte d'attaques terroristes. Il affirme que le cas des étrangers radicalisés est géré au plus près, avec des expulsions d'ex possibles, un suivi constant. Le risque zéro n'existe pas.
Est-ce que vous le prenez à votre compte aussi, cette expression qu'on a beaucoup entendue ?
Non, mais M. Darmanin, moi je regarde ce qu'il a fait quand même. Il est allé faire la tournée des pays du Maghreb pour solliciter l'application du droit international, c'est-à-dire pour leur demander, notamment il est allé en Algérie, pour leur demander de reprendre leurs compatriotes, ce qui est juste l'application du droit international. Et d'ailleurs, il ne l'a pas obtenu. Et non seulement il ne l'a pas obtenu, mais en plus il se retrouve à déposer une gerbe sur le mausolée des combattants du FLN. Enfin je veux dire, si ça ce n'est pas un échec en termes de déplacement, je ne sais pas ce que c'est. Bon. Il y a des étrangers en situation légale. Il y a des étrangers en situation illégale.
D'accord ? Les uns, contrairement à ce qu'il dit, d'ailleurs, je ne sais pas pourquoi ils commettent cette faute. Peut-être parce que le terme expulsion frappe plus les esprits que la reconduite à la frontière, mais les illégaux ne sont pas expulsés, ils sont reconduits à la frontière. On appelle ça une obligation de quitter le territoire français. Le niveau d'exécution des OQTF, comme on appelle ça, c'est 12,5% en France. Je crois que c'est plus de 85% en Allemagne. Donc déjà, qu'il nous apporte des solutions pour qu'on applique déjà...
Lui, il dit que personne n'a fait autant, justement, sur les OQTF jusqu'à maintenant. Et ensuite, il précise qu'en gros, ceux qui peuvent être expulsés le sont. Ceux qui ne peuvent pas parce qu'ils sont malades le seront à l'issue de leur maladie. Ceux qui sont expulsables vers des pays en guerre ne peuvent pas l'être.
Non, mais personne n'a fait autant. Il faut qu'il arrête de nous raconter ça. Enfin, je veux dire, l'immense majorité des gens qui sont renvoyés à la frontière sont des gens qui viennent de l'Europe. En réalité, une minorité vient de l'extérieur de l'Europe parce que c'est plus facile d'aller les déposer à la frontière belge, leur rendre leur passeport pour qu'ils reviennent le lendemain. Mais surtout, il n'a jamais fait autant d'immigration. En fait, il n'y a jamais eu autant de gens qui sont entrés sur le territoire national. Donc, je crois qu'il ne faut pas qu'ils jouent avec les chips, M. Darmanin, parce que ce n'est pas vraiment à son avantage.
Et puis, il y a les étrangers qui sont en situation légale. Étrangers en situation légale, islamistes. Qu'est-ce qu'on en fait ? Eh bien, ceux-là, précisément, ils doivent faire l'objet d'une expulsion pour troubles graves à l'ordre public. Et dans ce domaine, eh bien, il y a très peu qui a été fait. Et moi, je me souviens encore les propos de M. Stéphanini dans un journal récemment qui dit que dans les années, me semble-t-il, 77, il y avait plus de 5000 expulsés par an et qu'on est tombé à moins de 300 par an. Et pourtant, on sait comment ça fonctionne.
Regardez, cet extrémiste danois qui était venu en France pour aller, avec l'objectif d'aller brûler un Coran en dessous de l'Arc de Triomphe. celui-là, en quelques heures, il a été attrapé, arrêté, expulsé. Donc, on sait faire. Alors, pourquoi est-ce qu'on ne le fait pas ? On ne le fait pas parce qu'on a mis en place entre Mitterrand et Sarkozy, il faut quand même le dire, les deux sont responsables, une myriade d'exceptions qui font qu'à chaque fois, on vous dit « Non, mais je ne peux pas, j'ai un enfant français, non, mais je ne peux pas, j'étais là avant 13 ans, non, mais je ne peux pas, je suis marié, non, mais je ne peux pas, je suis là depuis, je ne sais pas quoi.
» Et donc, en fait, on s'est lié complètement les mains et c'est là où je crois qu'il faut revoir la législation de fond en comble pour nous permettre de nous défendre.
Alors, en attendant de revoir la législation, vous parliez de...
Par exemple, le terroriste tchétchène qui a décapité ce professeur Samuel Paty, eh bien lui, s'il n'avait pas été tué, s'il avait été incarcéré, eh bien à sa sortie, on n'aurait pas pu l'expulser parce qu'il était là en France, il était arrivé avant ses 13 ans, enfin, non, mais ce n'est pas possible. Alors justement,
vous parliez d'immigration, vous parliez aussi de Nicolas Sarkozy, il était l'invité de BFM TV vendredi avec Routel-Krieff et l'ancien président de la République a lancé une proposition, celle d'un moratoire sur l'immigration demandant à ce que la France fasse une pause sur un temps bref, a-t-il précisé, le temps de revoir justement les règles d'entrée sur le territoire. Que pensez-vous de cette prise de position de l'ancien chef de l'État ?
Qu'est-ce que je veux dire ? Ça me réjouit et ça me fait du mal. Ça me réjouit de voir qu'aujourd'hui tout le monde dit comme moi. Tout le monde dit comme le Rassemblement national, qu'on réclame ce moratoire depuis des années. Et ça me fait mal parce qu'il a été au pouvoir. Parce qu'il a été élu par des gens qui croyaient qu'il allait mettre en œuvre cette politique et qu'en réalité, il ne l'a pas mise en œuvre. Qu'en réalité, il n'y a jamais eu autant d'immigration quand il était au pouvoir que sous Nicolas Sarkozy, plus que sous M. Jospin.
C'est quand même malheureux de voir que ces gens-là, c'est quand ils ont quitté le pouvoir ou quand ils sont à la retraite, je ne parle pas que de lui, il y en a d'autres, que tout d'un coup, ils se mettent à dire des réalités, mais qui sont des réalités pour lesquelles il faut du courage pour les énoncer. Parce que nous, nous les avons énoncées, ces réalités. Nous avons été pour le moins maltraités quand même depuis 20 ou 30 ans à cause de cela. On nous a traités un peu de tous les noms, de xénophobes, on nous a suspectés de racisme, j'en passe et des meilleurs. Mais si nous avions été entendus, probablement le pays ne serait pas dans la situation dans laquelle il est aujourd'hui.
Alors, encore une fois, on me dit souvent mais est-ce que vous n'avez pas peur qu'on marche sur votre plate-bande ? Mais pas du tout, pas du tout. Moi, je suis ravie si toute une série de gens, de journalistes, de politiques, regardent la réalité en face et commencent à devenir lucides sur ce qu'il faut faire. Je m'en réjouis. Et ce que j'aimerais maintenant, c'est que ce soit mis en œuvre. Parce que je ne me réjouis pas du tout de voir la situation de mon pays s'aggraver de jour en jour. Pas du tout. Alors, Marine Le Pen,
je veux dire, pas du tout. Vous avez parlé tout à l'heure de la proposition de loi de Gérald Darmanin sur la sécurité globale. Justement, dans son article, je crois, 24, il dit qu'il faut mieux ne pas publier des vidéos, des images de policiers en action. Est-ce que vous dites que c'est plutôt une bonne idée, que ça protège les policiers ou au contraire, vous pensez que ça peut encourager les violences policières ? Quelle est votre position ? Non, je ne crois pas du tout. Sur le fait de non diffuser ces images.
Non, mais je ne crois pas du tout que ça puisse encourager les violences policières. D'autant que ce qui est réclamé, c'est de flouter en réalité les visages. Et encore une fois, cette interdiction ne porte que dans des images qui sont utilisées précisément pour attenter à l'intégrité physique ou psychique. Bon, c'est le tweet avec la photo d'un policier en disant, c'est lui, il habite là, sa femme travaille ici, etc. Ses enfants sont intelligents. Donc vous êtes favorables. C'est ça. Donc évidemment, je pense que tout ce qui peut contribuer à protéger nos policiers est une bonne chose. Vous votez cette loi.
Mais encore une fois, ça ne veut pas dire qu'aucune vidéo ne peut plus être prise des actions des policiers. Dans une société transparente, il faut le faire. Il faut juste qu'il ne soit pas reconnaissable. Et en revanche, s'il y a un délit qui est commis, eh bien j'en reviens toujours, excusez-moi, dans l'état de droit, j'y suis un peu attaché, mais on va devant un magistrat et pour le coup, on fournit la vidéo au soutien de sa plainte.
En bref, vous voterez donc en faveur de cette proposition de loi ? Non mais attendez,
dans une proposition de loi, il y a toute une série de mesures qui sont proposées. Il y en a qui vont dans le bon sens, on les vote, et il y en a qui vont dans le mauvais sens. Et on ne les vote pas.
Donc vous ferez... Moi, ce qui m'embête,
de manière générale, ce qui m'ennuie, si vous voulez, dans cette loi pour la sécurité globale, qui est très mal nommée d'ailleurs, décidément, parce que ce n'est pas du tout, ça ne concerne pas du tout la sécurité globale. Ce qui m'ennuie, c'est que... C'est toujours la même philosophie d'En Marche. Je ne sais pas ce qu'ils ont, il y a un problème avec eux, c'est que, en toutes circonstances, ils considèrent que pour pouvoir lutter contre un problème, il faut surveiller ou censurer l'intégralité du peuple français.
C'est exactement la loi Avia qui voulait censurer, enfin, soumettre à la censure des GAFA, des plateformes, l'ensemble des tweets de tous les Français pour pouvoir lutter contre les islamistes, eh bien là, c'est la même chose. On va avoir des drones, on va avoir de la reconnaissance faciale, donc tout le monde, en réalité, va être surveillé, alors qu'il suffirait déjà par commencer de surveiller ceux qui sont, et nous le savons, des dangers pour notre pays. Marine Le Pen, vous voudriez qu'on avance parmi les sujets
que je souhaiterais aborder,
David, l'actualité française met à l'étranger. Oui, avec ces informations qui nous sont venues en fin de semaine du Mali, l'opération Barkhane, 30 djihadistes ont été éliminés jeudi, avant cela, un chef militaire, Ba Agmoussa, a été aussi éliminé par nos soldats, par les soldats français engagés au Mali, ils sont plus de, ils sont 1600 en toute l'opération Barkhane. Cette opération extérieure, Madame Le Pen, pour vous, est-ce qu'elle doit durer ? Est-ce qu'elle, on le voit peut-être cette semaine, est efficace, au fond, dans la lutte contre les djihadistes dans la région ? Selon vous, est-ce qu'il faut rester au Mali indéfiniment ?
Je voulais vous dire d'ailleurs que nous allons déposer un amendement pour que la règle qui est proposée pour les policiers, pour la protection de leur identité, le soit aussi pour nos militaires et notamment nos militaires qui sont sur les terrains extérieurs. Oui, je pense que ce que nous faisons là-bas est utile. Mais c'est un coût considérable pour notre pays. Et encore une fois, je viens vous dire, je ne comprends pas pourquoi la France supporte la charge intégrale du financement de la sécurisation de l'Europe. Parce que c'est ça en réalité. Si on lutte là-bas contre les groupes armés terroristes, c'est pour éviter qu'ils arrivent sur le territoire européen.
Eh bien, l'Union européenne nous laisse l'intégralité de la charge financière de ces opérations alors que la France fait le sacrifice d'y envoyer ses fils. Voilà. Ça, c'est quelque chose que je n'arrive pas en l'occurrence à comprendre et je trouve que c'est une grande défaillance et une grande irresponsabilité de la part de l'Union européenne.
Vous feriez rentrer ces fils de France si vous étiez au pouvoir ou pas ? Non, non.
Je réclamerai quand une fois qu'à partir du moment où nous faisons ce sacrifice et où ce sont les nôtres qui se font tuer pour un certain nombre et qui se battent pour protéger l'ensemble des Européens, je réclamerai que l'Union européenne ou que les pays européens contribuent financièrement à cette lutte. Et puis, accessoirement, mais là, c'est vrai qu'Emmanuel Macron avait eu des propos qui ne sont pas contestables, accessoirement, je demanderai au gouvernement de ces pays que nous contribuons aussi à protéger d'arrêter de faire de la propagande contre la France. Ça arrive parfois aussi.
On va aller aux États-Unis, Marine Le Pen. Est-ce que vous persistez encore ce matin à dire que Joe Biden n'a pas gagné même s'il a remporté plus de 300 grands électeurs, qu'il a 5 millions de voix de plus que le président actuel Donald Trump ? Et surtout, est-ce qu'on n'est pas à la limite du déni de démocratie de la part de Donald Trump ? Mme Chevrillon, d'abord, le fait qu'il ait plus de voix
n'a absolument aucune influence. Vous le savez bien.
306 grands électeurs.
Oui, mais vous le savez, parce qu'en fait, vous pouvez faire 90% dans un État, mais si vous faites 50-50 dans l'autre, c'est là où un recours peut être intenté. Qu'est-ce qui s'est passé ? Donald Trump a intenté des recours électoraux qui sont entre les mains de la justice. Moi, je suis respectueuse de l'État de droit et par conséquent, j'attends que la justice se soit exprimée sur le résultat de l'analyse de ces recours avant moi-même de m'exprimer. Moi, je suis étonnée de cette forme d'hystérie qui a consisté à se précipiter en ne tenant pas compte de ces recours, premièrement, mais plus loin que ça. Comment dire ?
D'accuser ceux qui attendent que la justice rende sa décision, de les accuser de déni de démocratie. Excusez-moi, mais le président Donald Trump est quoi qu'il arrive, président jusqu'au 2 janvier. Absolument. Quoi qu'il arrive. Et même si Facebook décide... Le 20 janvier. Même si Facebook... Oui, le 20 janvier. Même si Facebook décide de supprimer le président des États-Unis sur son compte, ce qui, là encore, me paraît insensé, c'est comme ça. C'est la loi américaine. Donc moi, ce matin... La loi américaine, ce sont les médias qui disent, justement, qui proclament. Oui, mais ils proclament ce qu'ils veulent, si vous voulez. Non, mais ils proclament ce qu'ils veulent.
Mais on a le droit, nous, et un certain nombre d'autres, et un certain nombre de millions d'Américains ont le droit d'attendre que la justice s'exprime sur des recours où bien souvent, vous le savez, le différentiel de voix a été très faible.
Le seul recours qui a été retenu pour l'instant, c'est dans l'État de Pennsylvanie. C'est le seul qui subsiste. La Pennsylvanie qui compte pour 20 électeurs. Je ne vais pas rentrer
dans le détail avec vous des subtilités...
Ce n'est pas tant avec nous, mais c'est plutôt pour les gens qui nous regardent.
Oui, alors on ne va pas rentrer dans les subtilités de la législation américaine, mais en règle générale, les recours qui sont déposés comme ça en urgence et sont souvent rejetés sont un moyen en réalité de gagner du temps pour organiser d'autres recours devant d'autres juridictions. Donc voilà, encore une fois, ne rentrons pas dans le détail, mais je n'accepterai pas qu'on puisse me dire que je nie la démocratie quand au contraire, j'essaye de respecter le fonctionnement constitutionnel d'un état... Marine Le Pen,
revenons en France, s'il vous plaît, avec un sujet que vous connaissez par cœur. Il se passe dans votre circonscription à Béthune. Fermeture de l'usine Bridgestone, 863 personnes concernées, sans parler des emplois induits, évidemment, dans la ville, dans la région. Il y a à chaque fois qu'une usine ferme, une forme de détresse et des questionnements sur le pouvoir politique, qu'ils soient des gens qui sont au pouvoir ou des responsables politiques. Je vais reprendre un exemple pour que ce soit clair pour les téléspectateurs. Là aussi, vous connaissez le sujet par cœur.
Bridgestone à Amiens, Whirlpool, en 2017, au cœur de la campagne présidentielle, vous étiez sur place, Emmanuel Macron était sur place, il y avait 280 emplois, ça a été liquidé, repris, reliquidé, repris, et à la fin, tout le monde est sur le carreau. Est-ce que les politiques sont impuissants, complètement, vraiment, j'entends, face aux entreprises privées qui décident comme ça de se séparer de leurs salariés ?
Bon, d'abord, la situation de Whirlpool et la situation de Bridgestone est exactement la même. C'est-à-dire qu'en réalité, ce sont des boîtes qui décident de fermer des usines en France parce qu'elles en ont ouvertes en Europe de l'Est. Parce que c'était la réalité de Whirlpool, c'était en Pologne et pour Bridgestone, c'est exactement la même chose, Pologne et Hongrie. Bon, enfin, ils ont beaucoup investi dans leur usine en Pologne sachant qu'ils allaient fermer et donc ils n'ont pas investi dans leur usine française. Ça, c'est numéro un. Numéro deux, les politiques sont responsables de cette situation.
Ils sont responsables de cette situation parce qu'ils ont mis un certain nombre de filières face à une concurrence internationale déloyale massive. C'est le cas pour les pneus à bas coût puisque Bridgestone faisait des pneus de remplacement, donc des pneus à bas coût qui subit de plein fouet en fait, la concurrence chinoise. Les Américains ont réglé ce problème et pas sous Trump. Ils ont commencé à régler ce problème sous Obama, ce qui prouve que parfois on se fait des illusions. Ils ont réglé le problème en mettant des droits de douane considérables sur les pneus chinois importés pour préserver leur filière de fabrication de pneus. Nous, nous ne le faisons pas.
L'Union européenne se refuse à le faire et elle fait mieux que cela.
Ça évolue, ça bouge.
Non mais d'accord. Espérons, tant mieux. Si je peux y contribuer un peu, je m'en réjouis. Mais elle fait pire que ça. Elle finance nos concurrents. C'est-à-dire que l'Union européenne a versé à Bridgestone 24 millions d'euros pour la modernisation
de son usine en Pologne. Concrètement, Marine Le Pen, vous, demain, vous êtes au pouvoir. Il y a des gens qui vous regardent qui travaillent dans des usines. Comment est-ce que vous pouvez leur garantir que ça ne se produira plus ? Est-ce que c'est possible ?
Je pense que c'est parfaitement possible. Comment ? À partir du moment où on s'attaque à la concurrence internationale déloyale, par définition, les pneus fabriqués par Bridgestone vont devenir tout à fait évidemment vont avoir un avenir puisqu'ils seront compétitifs. C'est la rupture de compétitivité qui est à l'origine de cela. Donc, il faut évidemment agir. Mais il faut aussi que l'Union européenne arrête de jouer ainsi avec la vie de ses salariés. Ce qui se passe à Bridgestone est un drame humain que vous ne pouvez pas imaginer. Ce sont des centaines de familles qui se retrouvent sur le carreau. C'est effrayant.
Et ça fait longtemps d'ailleurs que l'on prévient de cette situation sans que les pouvoirs publics ne fassent rien. On a l'impression qu'ils attendent au dernier moment. Il y a aussi une autre chose Mme Chevronion qu'on peut faire. C'est organiser les filières. On peut organiser les filières. On peut se rapprocher des constructeurs automobiles. L'État a un rôle stratège qu'il doit endosser. Il peut se rapprocher des constructeurs automobiles, se rapprocher des fabricants de pneus
et voir comment est-ce qu'on sécurise ces filières. C'est un dévoilé en tous les cas d'un des objectifs du plan de relance tel qui a été défini par le gouvernement mais je ne vais pas me faire l'avocat du gouvernement. Vous avez raison. Je voudrais revenir sur une proposition que vous avez faite. Je cite la privatisation de manière coopérative de plusieurs grandes entreprises EDF, SNCF voire l'ONF les forêts françaises. Ça veut dire quoi exactement ? Ça veut dire quoi une privatisation coopérative ? Ça veut dire que ce sont
les français qui en sont propriétaires. Ça veut dire que moi ce que je veux mettre en place c'est un grand emprunt national de 350 milliards pour que l'état puisse à nouveau jouer son rôle d'état stratège pour que les français puissent devenir en réalité les propriétaires de ces grandes entreprises dont on voit que régulièrement elles sont dépecées et bien souvent il faut bien le dire très déficitaires avec la complicité de l'état et notamment la complicité
du président de la république Mais vous pensez que les français auront envie d'aller mettre leur argent leur intérêt dans ces privatisations coopératives ?
Oui je le pense parce que je pense que si on leur livre un taux d'intérêt qui est intéressant et moi j'avais envisagé 2% ce qui est quand même très supérieur au livret A vous admettrez et si la proposition est faite par un gouvernement en qui les français ont confiance parce que tout ça c'est une question de confiance vous l'admettrez avec moi
Mais quel est l'intérêt ?
Mais qui a intérêt ? Pourquoi il n'y aurait pas intérêt ? Pourquoi les français n'auraient pas intérêt à devenir propriétaires de leurs grandes entreprises ? Quelle est la richesse de leur territoire ? Qui permet le développement des territoires avec des TPE-PME avec un plan de démétropolisation avec un plan d'état pour pouvoir pousser des entreprises par l'incitation à aller dans des territoires qui sont aujourd'hui des territoires qui se désertifient ? Mais bien sûr que tout le monde a intérêt à ça
Merci Marie Le Pen d'avoir été l'invité de BFM Politique ce dimanche sur BFM TV Merci Edwige Merci David Je vous retrouve à 18h tout à l'heure pour BFM TV SD et là tout de suite Philippe Godin et Dominique Rizé au rendez-vous avec vous pour affaire suivante à tout à l'heure
Marine Le Pen