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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 17 juillet 2023 10 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleSantéInstitutions & élections

Aurélie Trouvé : "Le problème, c'est que ce gouvernement n'écoute rien de l'opposition"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:27OuverteRéponse directe

    Que lui répondez-vous ce matin ?

  • 0:49RelanceRéponse partielle

    On peut parler d'austérité quand on augmente le budget de l'éducation nationale ?

  • 1:37OuverteRéponse partielle

    Mais si on ne fait rien, on a une dette qui pourrait devenir le premier budget de l'État ?

  • 2:36OuverteRéponse directe

    La principale économie, si on regarde dans le détail, c'est la sortie du bouclier énergétique ?

  • 3:51FerméeRéponse directe

    La priorité, selon l'exécutif, c'est de préserver les classes moyennes. Gabriel Attal vous met au défi : proposez un budget alternatif.

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a besoin de cette parole présidentielle aujourd'hui ou vous n'en attendez rien ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29Invité politiqueFait
    « le gouvernement utilise la dette publique en disant « attention, c'est terrible » comme un prétexte et un faux prétexte en réalité »
  • 0:38Invité politiqueFait
    « pour imposer une cure d'austérité budgétaire drastique et qui va peser en particulier sur les revenus et sur les ménages les plus modestes »
  • 1:09Invité politiqueFait
    « un déremboursement des frais dentaires »
  • 1:30Invité politiqueChiffre
    « des cadeaux fiscaux maintenus, aux plus riches, aux multinationales, qui coûtent des milliards d'euros à l'État »
  • 1:52Invité politiqueChiffre
    « Cette dette a diminué. Elle était à 116%, elle est maintenant à 111% »
  • 2:05Invité politiqueFait
    « il y a une très forte inflation. Ce qui fait que ça diminue en fait la valeur de la dette »
  • 2:08Invité politiqueFait
    « la France emprunte encore à des taux d'intérêt réels négatifs »
  • 2:17Invité politiqueChiffre
    « la charge de la dette est toujours à peu près à 2% du PIB »
  • 3:25Invité politiqueChiffre
    « les salaires réels ont baissé l'année dernière de 2% »
  • 3:29Invité politiqueChiffre
    « la fortune des 500 premières, les 500 plus grandes fortunes de France, ont elles augmenté de 17%, 200 milliards d'euros à peu près »
  • 4:20Invité politiqueChiffre
    « nous avions voté à la majorité de l'Assemblée nationale par exemple, plus 12 milliards d'euros pour la rénovation énergétique des logements »
  • 4:40Invité politiqueFait
    « a une politique qui vient de décerner la Légion d'honneur au patron total ce week-end »
  • 5:22Invité politiqueChiffre
    « 700 bâtiments publics dégradés, 500 communes touchées »
  • 7:24Invité politiqueFait
    « En Seine-Saint-Denis, nous avons un taux de chômage, un taux de pauvreté bien plus important qu'ailleurs »

Temps de parole

  • Aurélie Trouvé73 %
  • Présentateur27 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Aurélie Trouvé, députée de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, chercheuse en économie. Vous venez de l'entendre, l'État va donc se serrer un peu la ceinture l'année prochaine. Fini clairement le quoi qu'il en coûte, à en croire Gabriel Attal. Un budget 2024 marqué pour la première fois, le disait Dominique, depuis une décennie, par une baisse des dépenses, 4 milliards d'euros. Pour l'exécutif, le désendettement est, je cite, une urgence nationale pour ne pas hypothéquer en particulier l'avenir des classes moyennes. Que lui répondez-vous ce matin ?

0:29
Aurélie Trouvé

Comme d'habitude, le gouvernement utilise la dette publique en disant « attention, c'est terrible » comme un prétexte et un faux prétexte en réalité pour imposer une cure d'austérité budgétaire drastique et qui va peser en particulier sur les revenus et sur les ménages les plus modestes. Il va y avoir des conséquences très concrètes pour les gens.

0:49
Présentateur

On peut parler d'austérité quand on augmente le budget de l'éducation nationale, de la planification écologique qui va recevoir des crédits bien plus importants.

0:57
Aurélie Trouvé

Bien sûr, quand on nous annonce une baisse des dépenses publiques relativement drastiques. Mais aussi, je le dis, c'est surtout que ça va peser sur les revenus et sur les ménages les plus modestes. Par exemple, un déremboursement des frais dentaires. Et ça peut vous paraître théorique. En réalité, c'est très pratique. Moi, je vois dans ma circonscription, il y a plein de gens qui aujourd'hui vivent avec une dent moins non remplacée, avec des dents bousillées, parce qu'ils ne peuvent se payer le dentiste. C'est ça les conséquences très concrètes. Alors qu'il y a des cadeaux fiscaux maintenus, aux plus riches, aux multinationales, qui coûtent des milliards d'euros à l'État.

1:37
Présentateur

Mais si on ne fait rien, on a une dette qui pourrait devenir le premier budget de l'État. Une dette à 111% du PIB. La France, quasiment le seul pays européen à ne pas ramener son déficit sous les 3% d'ici à 2026. C'est une fuite en avant.

1:50
Aurélie Trouvé

C'est un prétexte fallacieux, je l'ai dit. D'abord, cette dette a diminué. Elle était à 116%, elle est maintenant à 111%. Et je vais vous dire pourquoi. Parce que ce qu'oublie Gabriel, ce que fait exprès d'oublier Gabriel Attal et le gouvernement, c'est qu'en fait il y a une très forte inflation. Ce qui fait que ça diminue en fait la valeur de la dette. Ce qui fait qu'aujourd'hui d'ailleurs, la France emprunte encore à des taux d'intérêt réels négatifs. Donc c'est même plutôt avantageux en ce moment de s'endetter. D'ailleurs la charge de la dette est toujours à peu près à 2% du PIB.

Ce que je veux dire, c'est qu'en fait c'est un prétexte, cette dette publique, pour imposer une politique antisociale qui va peser sur les ménages des plus modèles. Mais la principale économie... Tout en servant toujours les intérêts des plus riches. Et d'ailleurs Emmanuel Macron n'a jamais été autant le président des ultra-riches.

2:36
Présentateur

La principale économie, si on regarde dans le détail, c'est finalement la sortie du bouclier énergétique, du bouclier tarifaire, progressivement en 2024. Ça c'était un dispositif temporaire pour protéger les conséquences de la guerre en Ukraine. Il faudrait le maintenir, ad vitam aeternam ?

2:50
Aurélie Trouvé

Justement, vous parlez du bouclier tarifaire. C'est un vrai problème qui disparaît, parce que dans le même temps, le gouvernement ne fait rien pour bloquer ce que nous proposons dans la France Insoumise depuis des mois et des mois, de bloquer les prix des produits de base, des produits alimentaires ou l'énergie. Et ce qui est terrible, c'est que cette cure d'austérité justement, elle va tomber sur des Français, des dizaines de millions de gens, qui subissent l'inflation et notamment l'inflation des produits de base, les produits alimentaires, l'énergie notamment. C'est ça qui est terrible.

Il faut savoir quand même que les salaires réels ont baissé l'année dernière de 2% quand la fortune des 500 premières, les 500 plus grandes fortunes de France, ont elles augmenté de 17%, 200 milliards d'euros à peu près. Donc on a en plus une explosion des inégalités sociales, des ménages aux revenus modestes qui trinquent de plus en plus face à l'inflation, un gouvernement qui va leur imposer une cure d'austérité budgétaire et des plus riches qui s'en sortent super bien.

3:51
Présentateur

La priorité, selon l'exécutif, c'est de préserver en tout cas les classes moyennes. Gabriel Attal vous met au défi. Si vous votez contre ce budget cet automne, proposez un budget alternatif. Voilà ce qu'il vous dit. On peut le chiffrer avec les services de Bercy. Vous dites Banco ?

4:07
Aurélie Trouvé

Banco, mais d'ailleurs chaque année nous proposons un budget alternatif. Nous l'avons fait d'ailleurs l'année dernière. Le problème c'est que ce gouvernement en plus, de toute façon il ne coûte rien de l'opposition. Il faut savoir quand même qu'en décembre dernier, nous avions voté à la majorité de l'Assemblée nationale par exemple, plus 12 milliards d'euros pour la rénovation énergétique des logements. La majorité de l'Assemblée nationale et des députés. Il y a eu un 49-3, le gouvernement s'y est opposé. Et après il va nous faire du greenwashing et nous parler des endettements verts. C'est irresponsable.

Ce gouvernement par ailleurs encourage des politiques climaticides, a fait rouvrir une centrale à charbon, a fait monter un port méthanier pour imposer du gaz de schiste, a une politique qui vient de décerner la Légion d'honneur au patron total ce week-end, et puis ensuite vient nous faire du greenwashing et l'utilise en plus pour imposer des coupes antisociales terribles qui vont poser sur les ménages modestes et les chômeurs.

5:00
Présentateur

On ne sait pas encore comment et quand, mais Emmanuel Macron devrait s'exprimer dans les jours à venir à l'issue des 100 jours qu'il s'était lui-même fixé pour apaiser le pays après la réforme des retraites. Depuis il y a eu aussi 5 jours d'émeute dans les quartiers. Est-ce qu'il y a besoin de cette parole présidentielle aujourd'hui ou vous n'en attendez rien ?

5:17
Aurélie Trouvé

Je vais revenir sur les révoltes urbaines, parce qu'il se trouve que je suis députée de Saint-Herny, donc j'ai bien vu d'ailleurs déjà à quel point ça a pesé et ça a dégradé notamment les petits commerces, 700 bâtiments publics dégradés, 500 communes touchées. Je dis déjà qu'il y a un problème, c'est que l'État pour l'instant n'annonce et ne met sur la table aucun euro public.

5:39
Présentateur

Alors il y a un projet de loi reconstruction en urgence qui arrive au Parlement cette semaine.

5:41
Aurélie Trouvé

Il n'y a pas d'euro public mis sur la table, donc ce sont les collectivités locales et les entreprises publiques qui vont trinquer. Mais surtout le plus grave, c'est que le gouvernement ne prend pas les enseignements de ce qui vient de se passer. Il faut comprendre les raisons de la colère pour pouvoir y répondre de manière durable. Et notamment quand je discute avec les élus locaux de ma circonscription, ceux qui travaillent dans les quartiers populaires, qu'est-ce qu'ils disent ? Qu'il faut enfin reconnaître le problème qu'il y a aujourd'hui avec les forces de l'ordre et la manière dont la police intervient dans les quartiers populaires.

Les Nations Unies le disent, il y a un problème profond de racisme et de discrimination au sein des forces de l'ordre. Tant que nous n'aurons pas vu ces raisons et répondu à ces raisons de la colère, y compris la misère sociale qu'il y a aussi dans ces quartiers populaires, le besoin de moyens dans les associations de quartiers, et bien il n'y aura pas de réponse durable.

6:33
Présentateur

Vous ne regrettez pas chez les insoumis pendant cette semaine de violence de ne pas avoir appelé clairement au calme ? Parce que vous le dites là, ce sont vos électeurs, vos administrés, les Français les plus défavorisés qui aujourd'hui subissent les conséquences de magasins qui ont brûlé, de locales associatifs qui sont partis enfumer, de voitures qui ont disparu.

6:49
Aurélie Trouvé

Nous appelons à la justice. Et nous le disons depuis le début. Depuis le début nous disons évidemment que nous ne sommes pas pour la violence. Certainement pas, ce n'est pas ça la réponse. Mais nous disons aussi qu'il faut comprendre les raisons de cette colère pour pouvoir y répondre de manière durable. Je l'ai dit, moi dans les quartiers de Seine-Saint-Denis, comme d'ailleurs dans beaucoup de quartiers populaires, qu'est-ce qui se passe ? Il y a un manque de moyens pour les écoles publiques. Il n'y a pas de remplacement, il n'y a pas d'infirmière, il n'y a pas d'assistant social, il n'y a pas de médecin scolaire. Voilà ce qui se passe.

Il y a un manque de moyens criants pour les associations qui jouent un rôle essentiel dans les quartiers populaires. En Seine-Saint-Denis, nous avons un taux de chômage, un taux de pauvreté bien plus important qu'ailleurs. Et bien les gens, et notamment les jeunes, se sentent trahis, se sentent abandonnés par l'État. Donc il est temps d'avoir une réelle politique de justice sociale, en particulier dans ces quartiers populaires.

7:39
Présentateur

Et c'est ce que vous dites aussi à l'Assemblée, vous achevez votre première année de député. Depuis un an, on a eu 17 motions de censure, 12 portées par la NUP ou LFI. Aucun vote favorable de votre parti à la quinzaine de grands projets de loi qui vous ont été soumis. Est-ce que cette stratégie de bataille acharnée vous a vraiment réussi ? Pour les retraites, ça n'a pas marché ?

7:57
Aurélie Trouvé

Alors je rappelle que pour les retraites, il y a eu des millions de gens dans la rue. Et ce qui s'est passé surtout, c'est un gouvernement... C'est plutôt le RN qui s'est imposé face à l'Assemblée nationale, qui a refusé tout vote dans l'hémicycle, qui a volé deux ans de retraite aux Françaises et aux Français, contre une très grande majorité de la population qui ne voulait pas de cette réforme, contre la totalité des syndicats de salariés. C'est ça qui s'est passé. Et donc oui, aujourd'hui, il est temps d'avoir une alternative à ce gouvernement.

8:25
Présentateur

Alors justement, l'avenir de la NUP dans tout ça, il n'y aura vraisemblablement pas de liste commune aux Européennes. Les écologistes viennent de désigner leur propre tête de liste Marie Toussaint. Est-ce que vous avez encore un espoir que la NUP puisse être sauvegardée ? Est-ce que la NUP a encore un avenir ? Même Jean-Luc Mélenchon ne semble plus y croire dans son dernier billet hier.

8:43
Aurélie Trouvé

Eh bien, nous resterons unitaires pour tout le monde dans la France insoumise. Parce que nous pensons que pour gouverner demain, il faut l'unité, il faut la NUPES. Donc nous nous y attachons, coûte que coûte. Mais ça veut dire quoi concrètement ? Et ça doit passer. Il y aura des accords électoraux, vous y croyez encore ? Nous continuons à dire qu'il faut des accords électoraux, évidemment, à toutes les élections. Mais qu'il faut aussi bien plus. Et nous l'avons, un programme qui fait aujourd'hui des centaines de mesures. Nous allons continuer à porter cela dans la France insoumise parce que les Français la veulent, cette unité.

D'ailleurs, une majorité de Français veulent l'unité, en tout cas de sympathisants de gauche, veulent l'unité aux prochaines élections européennes. Donc nous, nous allons répondre à ça dans la France insoumise pour une NUPES qui soit la plus forte possible. Parce que nous pensons que c'est la solution pour gouverner demain et nous y croyons.

9:28
Présentateur

Merci Aurélie Trouvé, députée à l'EFI de Seine-Saint-Denis et invitée d'Inter ce matin. Bonne journée à vous.

9:34
Aurélie Trouvé

Merci à vous.