Aller au contenu
Tous les transcripts
Conférence de presseClémence Guetté· 12 mai 2025 70 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Nous allons battre l'extrême droite - Conférence à Milan.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Clémence GuettéFait
    « la Macronie en France qui a théorisé le fait d'aller chercher sur le terrain de l'extrême droite sous prétexte de lui piquer un électorat qu'elle n'arrive jamais à piquer »
  • 5:00Clémence GuettéFait
    « les médias sont détenus par des milliardaires qui ont un projet idéologique qui est convergent avec celui de l'extrême droite »
  • 6:00Clémence GuettéFait
    « En France, comme ici, les médias sont détenus par des milliardaires qui ont un projet idéologique qui est convergent avec celui de l'extrême droite »
  • 7:00Clémence GuettéFait
    « les députés d'extrême droite avec qui je siège à l'Assemblée nationale ne votent aucune des mesures qui permettraient de mettre un coup d'arrêt à l'inégalité de répartition des richesses »
  • 8:00Clémence GuettéChiffre
    « Ils ne votent pas le rétablissement de l'impôt sur les fortunes »
  • 11:00Clémence GuettéFait
    « le système médiaticoondagier qui crée un effet performatif de répétition »
  • 12:00Clémence GuettéFait
    « les instituts de sondage, de la même façon créent une réalité en professant la victoire à venir de l'extrême droite »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Donc nous sommes là ce soir pour rencontrer, pour écouter Clémence Geté, vice-présidente de l'Assemblée nationale française, directrice du programme de la France insoumise et cirectrice ou coprésidente du Think Tank, groupe de réflexion l'institut la boîti. Donc j'ai utilisé en effet cet anglicisme pour définir en effet ce groupe de réflexion. Et à côté d'elle, nous avons Pierro Ignazi, l'un des majeurs politologues en Italie qui a enseigné à l'université de Bologne pendant très longtemps et en vue en effet du contexte actuel, il est parmi les rechercheurs en effet à propos de l'accès en effet au pouvoir de la droite de l'extrême droite en Italie tel que le mouvement social italien et non seulement.

Je suis Guido Caldiron, journaliste, je travaille pour le journal Il manifesto et depuis plusieurs années, je m'occupe en effet de l'extrême droite. Je partirai en effet de ce point-là, non pas vraiment en effet de mon expérience mais d'un souvenir. Donc au lendemain du 25 avril, date de la libération de l'Italie du fascisme, j'aimerais bien parler du 25 avril 1994.

Quand le premier gouvernement Berlusconi a vu le jour, donc à l'époque, on avait on parlait d'une droite pluraliste en effet qui mettait en exergue les différences de la droite tout en offrant une proposition politique complète à 300 360° mais qui à la fin a démontré sa capacité d'hégémonie en Italie pendant très longtemps vu la situation actuelle. Pourquoi est-ce que je veux parter de cet élément ? parce que je crois en effet que ces 30 années ont façonné le contexte de la droite européenne.

La proposition que la France insoumise aujourd'hui souligne et met exerg et en effet, il y a également un livre tout à fait intéressant qui est disponible et qui s'appelle la récessible ascension une extrême droite publié par l'édition d'Amstar qui est également disponible ici si vous voulez l'acheter. Bon, ce livre soulligne un nouveau passage. Donc s'il y a 30 ans, on commençait à comprendre comment en effet la montée en pouvoir de la droite faisait partie d'une transformation économique et sociale plus vaste.

Et à l'époque, on parlait en effet de la saison du postfordisme. Donc un élément qui ne concernait pas seulement la situation, le scénario politique, mais comment les transformations sociales de production et économique se transformer en nouvelles, nouvelles forme de représentation. Et donc dans ce contexte-là, la longue histoire en effet du siècle dernier pouvait être euh redéfini.

Donc ce que la France en soumise dit aujourd'hui concerne en effet la fin de ce scénario, donc un horizon dans lequel la crise de la politique néolibérale voit l'extrême droite pas vraiment comme un une partie qui peut-être remplacée ou alors qui peut transformer le système mais qui est un véritable élément de cette transformation. Donc dans ce livre, on parle plusieurs fois du fait que l'antifascisme est tout d'abord l'adoption d'un programme radical, d'un programme de rupture et on soulligne également le fait que et si on fait référence au contexte international et on pense à monsieur Trump ou alors à ce que Peter dit parce qu'il se demande si la démocratie est un cœur compatible avec la liberté. Bon, de toute façon, dans le système politique du monde occidental, nous sommes confrontés une saison dans laquelle l'extrême droite n'est plus là pour défier l'hégémonie des forces politiques traditionnelles, mais semble être une composante politique et culturelle qui est à même de représenter cette raison sociale et contemporain.

Donc sans résumer en effet la position de la France insoumise, j'aimerais bien partir de cet élément tout d'abord avec CL Clémence Geté et ensuite avec Pierro Inatsi. Donc la question est quel est le scénario dans lequel on peut définir aujourd'hui l'antifascisme au sein de ce contexte ? En effet, plusieurs années se sont écoulées et nous avons compris qu'on ne parle pas d'un phénomène temporaire, mais bien d'un phénomène ou de plusieurs phénomènes qui peuvent s'enraciner en France et dans et en Europe en général.

Donc il y a 30 ans, on parlait du risque de la libéralisation des esprits. Peut-être que aujourd'hui les idées de la famille Le Pen sont au gouvernement et je veux pas dire qu'on a pas le besoin pour l'extrême droite d'arriver au gouvernement, mais il y a quelqu'un d'autre qui a déjà fait la majorité de ce travail dans cette direction. court.

Bonjour à toutes et tous. Je suis très honorée d'être là euh à la fondation Ftrinelli. Je les remercie énormément pour leur accueil.

Je suis déjà venue aujourd'hui visiter les archives, échanger avec le directeur, avec Spartaco que je remercie, avec toutes les équipes que je remercie. Euh et c'est un honneur de pouvoir avoir cette discussion euh avec vous euh ce soir sur euh en effet la montée de l'extrême droite, le livre que nous on a écrit qui s'appelle La Résistible ascension de l'extrême droite que je présente dans plusieurs villes européennes parce que il nous semble que on a à lutter euh contre une résignation aujourd'hui qui est collective parce que l'extrême droite s'organise dans une internationale fasciste réactionnaire à tout le moins en Europe mais aussi ça a été dit par dans l'introduction avec des financements américains et avec l'aide de Trump maintenant qu'il a accédé au pouvoir et il nous semble absolument essentiel au regard de ça de pouvoir nous construire une internationale progressiste antifasciste. Je n'ai pas besoin de laisser de temps à la traduction.

C'est fait simultanément. Oui oui, c'est bon. Euh et donc il nous semble si oui bien euh je ne parle pas italien, je suis désolée.

Euh et donc voilà, il nous semble indispensable de construire une internationale au regard de ça qui soit puissante et donc échangée sur euh nos nos réalités politiques aux uns et aux autres. ici Mélonie euh gouverne. Nous, on a Macron mais ça a été dit à l'instant, on préfère parler dans ce livre de processus d'extrême droitisation que simplement de l'extrême droitisation de la société.

C'est un processus qui part de l'extrême centre et en réalité de ce que de ce que Macron a mis en place aujourd'hui qui a permis totalement de dérouler le tapis rouge à l'extrême droite dans le pays et peut-être partir de ça pour la discussion de ce soir, c'est-à-dire les responsabilités. On présente à la fois la montée de l'extrême droite comme absolument inéluctable. on ne saurait rien faire pour lutter contre ça.

Et puis euh comme sans responsabilité, c'est-à-dire comme un processus quasi naturalisé, quasi automatique sur lequel là non plus on a'urait aucune prise. Et donc la première chose, c'est que il y a des responsables à la montée de l'extrême droite, en particulier l'extrême centre et le néolibéralisme acharné que l'extrême droite d'ailleurs a toujours accompagné. Nous Jean-Marie Le Pen en France était un très grand admirateur du régime de Pinoché. pour le côté autoritaire, mais aussi pour le côté laboratoire du capitalisme et du néolibéralisme.

Et il me semble que c'est un phénomène européen et on le voit jusqu'ici euh les députés d'extrême droite avec qui je siège à l'Assemblée nationale ne votent aucune des mesures qui permettraient de mettre un coup d'arrêt à l'inégalité de répartition des richesses. Ils ne votent pas le rétablissement de l'impôt sur les fortunes. Ils ont un programme extrêmement libéral pour les entreprises et tout particulièrement pour les grandes entreprises.

Donc la première chose, c'est cette réelle convergence à laquelle on assiste entre des forces qui à un moment donné établissaient ce que nous en France on a appelé un barrage républicain vis-à-vis de l'extrême droite. qui a complètement cédé et la Macronie en France qui a théorisé le fait d'aller chercher sur le terrain de l'extrême droite sous prétexte de lui piquer un électorat qu'elle n'arrive jamais à piquer mais tout en faisant grossir l'électorat réactionnaire et d'extrême droite et donc infiner en servant la soupe à l'extrême droite. On l'a vu, je me souviens de 2017 quand je suis arrivée à l'Assemblée nationale, il y avait h députés d'extrême droite.

C'est le début de Macron. Euh aujourd'hui, ils sont plus de 140 face à nous euh dans l'hémicycle. Ils prennent quasiment 1/3 de l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

Et c'est dire le barrage qu'a représenté Emmanuel Macron. Euh il a choisi ses terrains. Pour nous euh il y a il y a un consensus sur plusieurs sujets.

D'abord, la question austéritaire néolibérale du point de vue économique, je pourrais revenir là-dessus. Ensuite, du point de vue autoritaire, la façon dont les militants écologistes ont été réprimés quand il y a eu des mobilisation pour le climat, notamment ces dernières années en France où bien plus récemment les militants pour la paix à Gaza et en Palestine, ils ont été réprimés, les manifestations ont été interdites, des étudiants se sont fait virer de l'université. Il y a une très forte convergence entre l'extrême droite et la Macronie sur ce point.

Et puis euh 3è aspect, c'est un consensus raciste puisque quand la Macronie fait la loi Asie l'immigration par exemple, Marine Le Pen dit que c'est une victoire idéologique pour l'extrême droite et en réalité elle a raison, c'est une victoire idéologique pour l'extrême droite. un un triple consensus idéologique, donc une responsabilité très forte de la Macronie, une responsabilité très forte aussi politiquement de la social-démocratie et en l'occurrence en France de Hollande qui a fait beaucoup de mal à l'électorat populaire qui s'était mobilisé pour aller voter pour lui en 2012 et qui de trahison en renoncement, en désillusion a provoqué l'augmentation de l'abstention et donc de manière différentielle une hausse du vote à l'extrême droite. Et puis troisème responsabilité, le système médiaticoondagier qui crée un effet performatif de répétition.

Euh en France, comme ici, les médias sont détenus par des milliardaires qui ont un projet idéologique qui est convergent avec celui de l'extrême droite. Et les les instituts de sondage, de la même façon créent une réalité en professant la victoire à venir de l'extrême droite, y compris quand ça a été le cas en juillet dernier, quand c'est démenti dans les faits et qu'après une campagne, c'est le nouveau Front populaire qui est arrivé en tête. Donc en résumé, ce que je voulais dire c'est que euh à la fois on préfère parler d'extrême droitisation pour démontrer que c'est un processus, qu'il y a une dynamique, que c'est un mouvement et qui part en réalité du centre vers la gauche.

Et deuxième point la convergence idéologique très forte qui en tout cas en France se fait de plus en plus observable à chaque instant. Merci merci tout d'abord pour l'invitation donc ma position est légèrement différente par rapport à celle que madame Geté vient de nous présenter. Bien évidemment son intervention s'est concentré sur la situation en France.

Moi, je vais chercher à élargir mes observations à l'échelle européenne. Et en effet, j'aimerais bien chercher à comprendre l'origine de ce phénomène qui voit sa source en France vers la moitié des années 80. Donc vers la montée des années 80, il y a un phénomène, un nouveau phénomène en Europe qui prévoit la montée des mouvement d'extrême droite qui ne se connecte pas au fascisme.

En Italie, on avait un cœur le mouvement social qui a été incré au passé mais quand même un mouvement marginalisé. On sait que ce mouvement sera sauvé seulement par des événements non prévisibles tels que le cycle 1992- 94. Mais à cette époque-là, ce mouvement était assez nostalgique et euh ne faisait presque rien.

À la fin des années 80, euh le mouvement nfasiste n'était même pas présent. En effet là, je ne parle pas en effet des années 70, je parle de la de la seconde moitié des années 80. Donc dans ce scénario, il y a quelque chose de nouveau qui se présente.

Donc le Front National guidé par Jean-Marie Lpin Le Pen et il s'agit de quelque chose de complètement nouveau, de quelque chose d'efficace parce que il s'agit de quelque chose qui ne se relie pas à la tradition du fascisme. En effet, chez les militants, il y a des références à Abishi ou alors à la colonisation, à l'AS. Donc à ceux qui ne désiraient pas l'Algérie française, il y a également tout ça.

Mais le message est complètement nouveau et différent. Il s'agit donc d'un message qui se concentre sur deux problèmes. Tout d'abord, le fait que les partis politiques à l'échelle européenne, les partis au gouvernement et de l'opposition avait toujours négligé donc le dualisme entre sécurité et immigration.

Donc des thèmes très chers à euh certains euh certaines parties en effet de la population mais qui n'avaient pas été pris en considération par les parties de gauche. Donc des thèmes négligés mais des thèmes qui sont vus par qui sont qui sont vu comme importants par une partie de la population. Donc des thèmes qui vont devenir de plus en plus importants, mais parce que on a un autre facteur qui se présente, c'est-à-dire le facteur de du manque de réponse au problèmes des euh classes plus vulnérables.

Donc là, on peut avoir plusieurs plaintes parce que l'inefficacité des partis de gauche qui à la fin des années 90 sont gouvern en effet 14 des 15 pays de l'Union européenne, il y a quand même un manque de réponse. Il y a juste eu des réponses théoriques qui n'ont pas avéré à un grand succès. On peut penser à Anthony Guidens par exemple.

Donc le nouveau centre devenait les partis de confession des années 50 et il avait l'idée ou alors la perception du fait que un nouveau type de parti socialiste social démocratique pouvait remplir cet espace dans les différentes sociétés. Donc une illusion qui a euh débouché sur la la catastrophe parce que à nouveau il y avait un manque de fournir de réponses adéquates à des compesantes sociales de plus en plus en difficulté et cela a dégradé le statut social de façon continue, une dégradation qui s'est empirée au fil des années. Si les classes les plus vulnérables n'arrivent pas à recevoir de réponses de la part de ceux qui de façon directe et automatique devaient être leur interlocuteur, donc les parties de gauche.

Alors ces classes s'adressent ailleurs. Est-ce qu'elles peuvent s'adresser au parti conservateurs ? Est-ce qu'elles peuvent s'adresser au parti modéré conservateurs de toujours ?

Non, il y a eu une alternative différente. Voilà. Donc l'importance des partis d'extrême droite qui se sont avérés efficaces parce qu'ils ont été capables de répondre de façon absolument démagogique, irréelle.

Nous le savons, cela a toujours été le cas. Cela a toujours représenté une composante de l'extrême gauche en France comme en Italie. Comme le disait déjà Giovanni Sartori, la politique ne fait que de promesses.

On peut tout promettre. Mais à la fin, on devra jamais réaliser ces promesses. Donc les classes les plus vulnérables n'ont pas eu la possibilité d'obtenir d'autres types de réponses, sauf le fait de ne pas aller voter.

Nous savons que aujourd'hui les personnes qui ne votent pas, ce sont des personnes qui n'ont pas suffisamment de ressources économiques et culturelles. En effet, le ce sont les données qui sont présentées par des statistiques à l'échelle européenne parce que d'après eux, il n'y a personne capable de répondre à leurs questions. On peut avoir également d'autres euh d'autres problèmes, d'autres situations.

Donc le fait qu'il y a un manque de réponse aux exigences de ces personnes. Si on fait référence aux recherches menées en Europe, la question classique que l'on pose aux citoyens quand on parle de politique est-ce que les partis sont à même de répondre à vos exigences ? Et aujourd'hui, 80 % des interviewers disent que non.

Donc, il a un manque des euh de de volonté ou de capacité des partis de répondre aux nécessité des gens. et la présidence de monsieur Hollande. Bien évidemment, il y a eu des cas de des épisodes de terrorisme qui ont impiré la situation encore plus.

Mais il a eu également la décision par exemple de nommer Emmanuel Vals en tant que premier ministre qui était modéré et qui représentait minorité au sein du Parti socialiste. Mais en tout cas, il a été nommé comme comme chef du gouvernement et il s'est avéré incapable de gérer la situation en France. Donc les difficultés de l'extrême droite ne représente pas seulement un facteur de droitation comme madame Gueté vient de le dire.

Donc le passage vers la droite de compente plus modérée parce que en effet il y a eu comme une illusion dévastatrice de la part des partis conservateurs concernant le fait de pouvoir offrir de réponses qui pouvaient être accepté par ceux qui votaient l'extrême droite. et nous l'avons déjà répété plusieurs fois que nous ne voulons pas des des copies, nous désirons l'original. Et donc tout d'abord la responsabilité des forces modérées, des parties modérés.

Bien évidemment, on peut aller contre monsieur monsieur Macron. Moi, j'ai des visions légèrement différentes, mais peut-être qu'on peut parler de cela après. Donc d'un côté il y a eu l'ouverture des forces modérées et conservatrices par rapport aux positions présentées par l'extrême droite et de l'autre côté il a eu l'incapacité de l'extrême gauche de fournir de réponses satisfaisantes aux composantes sociales même donc aux électeurs. pour entrer un petit peu plus dans le détail de la situation italienne, il y a un grand travail mené par un groupe de chercheurs.

Un grand travail qui a été réalisé en effet au fil des dernières années à propos de la recherche électorale a examiné 12 ou 13 villes métropolitaines en Italie. Ils se sont concentrés pas vraiment sur les quartiers mais sur les différents sièges euh d'élection. Ils ont monitoré, contrôlé, analysé le comportement électoral à partir de la fin des années 90 jus jusqu'aux élections de l'année pas de c'était pas 2022 mais c'était les élections précédentes.

Bon, on peut voir donc là je ne parle pas d'un sondage là je parle de vote. que la géographie électorale et bien évidemment les Français sont des des experts de ce point de vue mais la géographie électorale est toujours une science sûre et fiable. Donc cela nous montre que les zones rouges de ces villes sont représentées par les banlieux où il y a donc le pourcentage le plus élevé de personnes plus vulnérables ou alors des situations de dégradation et la gauche avait une hégémonie donc dans les banlieux.

Tout cela a évolué au fil du temps mais très rapidement jusqu'à l'année 2018 parce que en 2018 il y a eu un renversement une un changement complet. [Musique] Donc à l'époque, il y avait les deux partis de droite Frat d'Italia et Leg et le parti Movimento 5 Stelle qui se sont affirmés dans les banlieux tandis que la gauche était plus votée dans les quartiers les plus aisés. Donc maintenant, on doit euh se poser la question à propos de comment est-ce qu'on peut regagner les électeurs qui ont viré à droite parce que en France mais également en en Allemagne aujourd'hui, on voit que les partis ouvriers ont plus de consensus de la part des personnes les plus vulnérables.

J'ai quelques petites choses à à répondre, à compléter. Peut-être je pense que la la situation notamment la plus récente entre la France et l'Italie est quand même extrêmement contrastée et qu'il faut il faut le préciser. Il y a eu en Espagne, en France, en Italie tout un moment qui était celui du sort pas Passo qui était celui en fait d'un rapport de force interne à la gauche entre la gauche d'accompagnement, la gauche social-démocrate pour le dire très rapidement et la gauche de rupture ou la gauche radicale.

Ce mouvement, il s'est mené de façon un peu un peu symétrique, en tout cas à peu près à la même époque. Et la différence majeure entre l'Italie et la France, c'est que on pourrait considérer avec une grande humilité et sans doute de façon temporaire, mais qu'en tout cas en France, la gauche radicale a réussi le sort passau là où la situation complètement inverse s'est produite en Italie. Je rappelle quand même que 2022, les élections présidentielles françaises, donc 10 ans après la la Hollandie, c'est 1,67 % pour la social-démocratie. 22 % pour la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Je dis ça parce que factuellement les scores ne sont pas comparables et qu'en réalité là on touche tout de suite à une question très stratégique qui est un débat interne à gauche sur justement quel horizon on propose aux gens, quelle crédibilité on y accorde, quelle importance pour les promesses électorales et et donc quelle confiance on peut inspirer au final dans la population française. Moi, je suis une responsable politique. J'ai 34 ans, donc c'est aussi très générationnel sans doute ce que je dis là.

Il y a eu un traumatisme en France qui est le nom de 2005, la Constitution européenne qui n'a pas été respectée. Et le second, ce sont les allé les années Hollande avec la casse des services publics, la casse du code du travail, Vals premier ministre, Macron ministre de l'économie, la déchéance de nationalité, les LOL Comerie et tout ça. Les électeurs de gauche n'avaient n'avaient pas voté pour.

Je vais le dire très simplement, quand les les électeurs de gauche votent à gauche, ils attendent une politique de gauche, ils ont attendu "Mon adversaire, c'est la finance" et ils ont eu euh absolument l'inverse. Donc, il y a une déception très profonde qui s'est enracinée à ce moment-là qui explique aussi euh les les excellents scores de la France insoumise après, mais pas seulement, je dirais, il y a quand même euh une progression de l'opinion qui peut nous faire peut-être sortir un peu de la résignation. euh les travaux de Vincent Tibéri que vous connaissez sans doute qui a montré dans son dernier ouvrage notamment que s'il y a une droitisation extrême droitisation par le haut, c'est-à-dire institutionnelle, par les élites, par le discours ambiant, par le cadrage idéologique médiatique, il y a quand même un espoir très profond dans l'opinion, dans ce que dans ce que même si l'opinion publique n'existe pas, mais dans ce que pensent les gens euh et notamment les jeunes générations qui sont plus progressistes, plus antiracistes, plus féministes et cetera et donc des idées générales qui doivent être plus favorables à notre camp au sens large si jamais ça se traduisait mécaniquement.

La seconde chose que je voulais dire et d'ailleurs ça se ça se traduit dans des sondages bon qui valent ce qu' valent mais je me souviens d'un sondage de l'ADEM quiit les gens sur la croyance qu'il place dans le système capitaliste pour nous sortir de la situation de la crise climatique. 70 % des gens étaient absolument désillusionnés. le nombre de personnes en France qui se disent que le système démocratique ne convient pas, qu'il faudrait passer à une 6e République, c'est plus là aussi plus de 60 % entre 60 et 70 %.

Donc en réalité, il y a un très fort désir de rupture. Et puis il y a une dernière chose aussi sur la la sociologie électorale que vous évoquiez euh de modification quand même, c'est qu'il y a l'effondrement euh électoral du Parti communiste français, notamment dans les banlieux rouges euh par rapport à la situation italienne. une progression très forte de la France insoumise, un vote à l'extrême droite qui en France est très fort dans des zones rurale nord-est de la France, sud de la France très fortement aussi, mais pour sur des ressorts de mobilisation un peu différents, des dynamiques de désindustrialisation dans le nord et l'est de la France, un très fort partout un très fort déterminant du racisme et notamment Féliicien Fé l'a montré dans son enquête de terrain qu'il a fait sur le sud de la France.

France euh et donc une progression électorale de l'extrême droite très importante dans ces dans ces endroits-là. Mais euh pour ce qui est par exemple du milieu de la CSP ouvrier, catégorie socio-professionnelle ouvrier, même si elle s'est largement réduite en pourcentage dans la population française, on est aujourd'hui à peu près à 3/3 1/3 extrême droite 1/3 pour la gauche radicale et un tiers pour l'abstention. Et c'est là que je vous rejoins, c'est que euh nous on a théorisé ce qu'on a appelé le 4e bloc, c'est-à-dire la société française aujourd'hui.

En tout cas, ce qui est reflété à l'Assemblée nationale, c'est un bloc centre, un bloc de gauche très large et un bloc de droite extrême droite très large. Et puis il y a la proportion équivalente de gens qui aujourd'hui sont abstentionnistes et je crois que c'est notre principal défi électoral, c'est pour gagner, il faut 50 + 1 %. Qui est-ce qu'on va chercher en priorité ?

Notre décision stratégique à la France insoumise et en ça elle est différente des celle des socio-démocrates en France, c'est d'aller chercher les gens qui sont dégoûtés par la politique, qui n'y croient plus, qui ont arrêté de voter pour des raisons ou pour d'autres et de les convaincre notamment à travers les propositions, à travers le programme que leurs intérêts matériels d'existence peuvent fondamentalement changer si jamais ils se rendent dans les urnes que leur voix vaut une autre voix et que donc il y a espoir à avoir dans la politique électorale. C'était pour dire certains points de divergence et de convergence juste par rapport à l'intervention précédente. Merci.

Tout d'abord, je dois vous dire en effet que euh au début en effet de la rencontre, nous n'avons pas dit que cette rencontre fait partie d'un cycle qui s'appelle move on, la voix des mouvements, la force des luttes. qu'un mouvement pardon un cycle organisé par la fondation Feltrinelli pour entrer plus dans les détails dans les thèmes d'actualité pour analyser la pensée, les mouvements sociaux et les luttes menées sur les terrains. Un cycle tout à fait important qui est en cours et qui va se terminer vers la fin de l'année qui peut-être va continuer l'année prochaine aussi pour parler de plusieurs thèmes.

Donc l'économie, les logements, le féminisme. Donc un calendrier tout à fait intéressant et normalement nous avons deux rencontres par mois. Donc au sein du cycle mouvant, nous avons également la rencontre d'aujourd'hui.

Bon je j'aimerais bien revenir à ce que madame Gueté était en train de dire. Donc elle a anticipé ma question suivante. Donc euh nous avons défini les transformations de l'extrême droite et le poids politique, le nouveau poids politique de l'extrême droite dans le monde occidental.

Ma question était comment est-ce qu'on peut lutter contre cela ? Mais vous avez déjà partiellement répondu à ma question. Donc il a l'identification de la part de la France insoumise d'un bloc populaire. ce 4e bloc de la société française, donc toutes les personnes qui ont décidé de ne plus voter et comme nous avons déjà défini le raison pour l'avenir là, j'aimerais bien entrer un petit peu plus dans les détails à propos d'un thème notamment qui est lié au succès de l'extrême droite.

Donc monsieur Niatti l'avait mentionné auparavant, donc les anciennes banlieux rouges en France comme en Italie bien évidemment avec des des différences en France entre le sud et la zone industrialisée du nord-ouest donc avec des spécificités mais ce que je trouve intéressant est le fait que en Italie au fil des 30 dernières années l'un des thèmes à propos du débat pour lutter contre La montée de l'extrême droite concerne le retour de la gauche dans les banlieux. Donc le retour de la gauche au sein de couches sociales qui auparavant étaiit peuplé par les ouvriers des usines qui petit à petit sont devenus de nouveaux sujets sociaux. Aujourd'hui, on pourrait les identifier également avec les migrants et je pense que cela représente de quelque chose important pour la France insoumise.

Donc le travail dans les banlieux. Qu'est-ce que cela signifie aujourd'hui d'être présent dans les banlieux de la France, d'être parmi les partis les plus votés ? Et est-ce qu'on peut est-ce qu'on a la possibilité de créer une forme de participation dans ces zones dans les banlieux et non seulement obtenir des éléments négatifs ou alors en sensation d'être abandonné et qui est témoigné par le manque de vote.

Les banlieux françaises au-delà d'une définition générale comme les territoires perdus de la République qui n'est pas forcément réel aujourd'hui représente un lieu où il faut s'interroger à propos de la politique. Donc au fil des années, il y a eu des présences sociales mais il faut remonter dans le temps pour trouver des formes de autoorganisation. Là je me souviens de la marche de beurre au fil des années 80. donc des formes de citoyenneté, de participation, de demande, pas vraiment de représentation mais de citoyenneté, d'agir en son propre nom qui était souvent loin de la politique.

Je sais pas si cela est valable aujourd'hui en cœur à travers les expériences mentionnées par madame Geté, mais je pense qu'il s'agit d'un thème tout à fait important. Donc dans ce cas-là, oui, on parle de la France mais cela peut-être un scénario valable également pour l'Italie. Euh d'abord dire que il y a toujours eu de la solidarité, de la participation citoyenne dans les banlieux et il y en a évidemment encore aujourd'hui. enfin, je veux dire euh il y a des associations, il y a des conseils de quartier dans lesquels les gens sont extrêmement engagés, il y a des formes culturelles qui sont très développées et donc il y a aussi je pense une première chose qui est l'importance de ne pas avoir un regard surplombant euh comme si c'était des endroits dont on parlait depuis l'extérieur, c'est-à-dire que les gens sont actifs, il y a des formes de solidarité extrêmement développé, d'ailleurs similairire à des endroits ruraux où ben le don contre don agit beaucoup, les gens se connaissent et cetera.

Donc je dirais que ça c'est la première chose, c'est de de ne pas regarder observer cette réalité de loin ou avec un regard sur plombant. La deuxième chose, c'est que le Parti communiste français a été ancré dans les banlieux en France pendant 40 ans et que donc ça ça a laissé aussi énormément de traces. Évidemment visibles les noms des rues mais aussi des institutions, les bibliothèques, les MJC, les maisons de quartier.

Il y a énormément de lieux qui par les municipalités communistes existent aujourd'hui et sur lesquels on peut prendre appui pour militer. En réalité bien plus que dans des quartiers bourgeois ou des lieux collectifs existent très souvent moins. Euh la première chose c'est que ces ces territoires donc s'ils ont été abandonnés l'ont été par l'État.

Et c'est je pense queil faut quand même le nommer, ça a été des politiques publiques euh de d'abandon notamment en matière de service public. Et aujourd'hui, nous on essaie toujours dans le discours euh de créer du commun et d'unifier le la Creuse, c'est un département rural français, a le même taux en terme de désert médical, donc d'absence de médecin que la scène Saint-Denis, c'est-à-dire le territoire le plus urbain de l'Île-de-France. Et ces réalités là, elles sont vécues différemment parce que dans un endroit, faut prendre la voiture, dans l'autre, il y a encore un peu de transport en commun, même si c'est très mal desservi.

Donc il y a des réalités notamment de mobilité qui sont différentes mais en réalité des des un rapport au service public qui est extrêmement similaire et je pense que en terme de projet politique, c'est quand même au cœur d'une autre évidemment. Et puis après, si euh on s'y est implanté de manière aussi forte électoralement, je pense que euh c'est il faut en parler davantage, c'est sur la base d'un antiracisme conséquent et c'est la différence entre la France insoumise par exemple et en France la social-démocratie qui a accompagné ce que nous on estimait des politiques racistes et y compris quand on a fait la nouvelle union populaire écologique et sociale en 2022 Puis le nouveau Front populaire en 2024, le Parti socialiste a fait aussi son bilan de la déchéance de nationalité, de vals, de ses outrance et cetera. Mais euh euh l'antiracisme en lien avec des collectifs, des quartiers populaires est un point d'appui indispensable parce que et je fais le lien avec ce qui nous occupe ce soir, c'est-à-dire la lutte contre l'extrême droite, la lutte contre l'extrême droite et son racisme n'est pas une question morale, c'est une question de lutte des classes.

En réalité, le racisme c'est un un poison diviseur au sein des classes populaires pour établir un clivage horizontal entre les classes populaires, les diviser, les empêcher de se révolter contre l'ordre économique dominant pour mieux invisibiliser un clivage qui serait un clivage vertical du bas vers le haut des classes populaires, des modestes, de ceux qui n'ont pas grand-chose contre ceux et celles qui s'accaparent l'essentiel des richesses dans le pays. Et c'est ça la dynamique de du racisme pour l'extrême droite, c'est de dire "Concentrez-vous sur votre voisin, les peurs, l'insécurité et cetera." Donc les personnes racisées.

En France, les musulmans puisque l'islamophobie est une forme de racisme extrêmement puissante, utilisée puissamment par l'extrême droite en France. Donc les musulmans, les immigrés, les étrangers et cetera et cetera dans une logique de division, dans une logique de peur du déclassement aussi. C'est-à-dire, j'ai pas grand-chose et j'ai peur de perdre le peu que j'ai dans cette compétition impitoyable qui est celle du néolibéralisme.

Et c'est ça le projet euh que propose l'extrême droite et à laquelle auquel pardon adhère un certain nombre de personnes qui votent à l'extrême droite. C'était la dernière chose que je voulais dire, c'était de ne pas infantiliser ni le vote à l'extrême droite ni le vote pour la gauche radicale. On n'est d'ailleurs pas l'extrême gauche.

Il existe une extrême gauche en France, c'est lutte ouvrière, le nouveau parti anticapitaliste, mais ça n'est pas la France insoumise. Et donc de ne pas infantiliser ces votes parce qu'il y a une véritable adhésion. Je pense que notamment les élections présidentielles en France, mais les dernières législatives l'ont été aussi, c'est des moments de politisation extrêmement forts où où les gens comprennent bien ce qui ce qui ce à quoi ils adhèrent en terme de projet de société. [Applaudissements] Bon, je dirais que madame Getté a déjà tout dit en effet, mais euh moi, j'ai une interprétation légèrement différente en ce qui concerne le fait de faire blocage face à cette vague noire qui monte en Europe, la chose la plus simple et là peut-être je suis en train de traduire quelque chose que madame Geta vient de vient de dire et le fait du d'utiliser la triade de la révolution française parce que si l'on insiste sur l'égalité, bon l'égalité correspond à l'égalité entre les hommes, les femmes, les êtres humains en général, l'égalité donc élimine tout type de classe de couche de hiérarchisation entre les personnes.

Les personnes naissent identiques comme on le disait déjà dans le passé. Et donc l'élément de l'égalité doit être souligné en tant que point fort. Une égalité où tout le monde est égal, où tout le monde ont les mêmes droits.

Il s'agit donc d'une des barrières pour l'extrême droite parce que l'extrême droite se concentre sur la priorité pour les Français, la priorité pour les Italiens, les priorités la priorité pour les riches au lieu des pauvres. Mais l'extrême droite est bien plus habile de ce point de vue parce que c'est ce que l'extrême droite fait. à travers les votes, mais il y a également le fait que l'extrême droite veut être acceptée veut être accepté par les classes dirigeantes que l'extrême droite est en train de conquérir maintenant, [Musique] dans un monde, c'est-à-dire au sein du parlement où en effet on peut mitiger ce que l'opinion publique va apprendre.

Donc l'opinion publique continue à se concentrer sur les éléments de différenciation, de hiérarchisation. Au-delà de l'égalité, il y a un deuxième élément. Bon, bien évidemment, il y a la liberté euh mais il y a également un autre élément qui se li à la fraternité, un élément qui a qui a été oublié mais qui représente l'autre côté de l'égalité.

Nous sommes égals, nous sommes frères et sœurs. Voilà donc ce que l'extrême droite n'arrive pas à accepter parce qu'une situation culturelle qui fait référence à l'autorité, il y a quelque chose qui est toujours au-delà de l'individu parce qu'on parle de l'état de la communauté, on parle de quelque chose qui va au-delà de l'individu. Tout cela représente une barrière idéologique et identitaire face à ces mouvements.

Et là, je vais m'arrêter. En effet, moi j'avais un autre sujet que je voulais traiter avec vous sur la base également de ce que monsieur Nii avait dit. Donc une question en effet, nous avons l'impression du fait que l'extrême droite au fil des années est partie du on va dire du laboratoire de Jean-Marie Le Pen.

Donc la définition d'un nouveau rapport au sein de la société sous l'égide du français. d'abord un une devise qui a été utilisée un petit peu partout et qui est arrivée par la suite en Italie également. Donc en Italie, on dit les Italiens d'abord.

Donc si l'extrême droite représente le moteur pour diviser une société pour la dominer. Alors mettre fin à l'élément par exemple de la fraternité et aux autres éléments mentionnés par monsieur et là je fais référence à la réalité française parce que je pense qu'il a des différences par rapport à l'Italie parce qu'on parle d'une société postcoloniale où l'immigration est un phénomène qui durent depuis longtemps sans parler des immigrés de 2e ou 3e génération, même si l'on ne sait pas exactement ce que cela signifie parce que tous les Français peuvent être considérés comme fils et filles d'une immigration à travers l'Europe et les continents. Donc ma question est comment est-ce qu'on peut lutter contre l'extrême droite tout un allant au-delà des de la fragmentation du contexte social des conflits qui arrivent de la Méditerranée tout un au-delà des grands questions des dernières décennies et là je vous donne un exemple juste pour s'entendre un petit peu mieux si l'enfer référence à la France, on a vu la création de forme symbolique donc d'un souvenir d'une indignation variable.

La France insemise à 1000 actions sera des éléments différents. En France, on voit depuis très longtemps à une confrontation entre ceux qui dénoncent l'antisémitisme et qui dénonc l'islamophobie. Vittime di AT B.

D'opposer la défense des victimes victimes de première ligue et de 2è ligue a été le jeu de l'extrême droite pour se rapprocher en effet au mainstream culturel pour suivre son parcours qui est né de l'antisémitisme et qui a viré par la suite et s'est redéfini en fonction d'une représentation différente par rapport par exemple la défense de l'État d'Israël, ce qui n'a rien à voir avec la présence de de cette religion en Europe. Mais je voulais juste comprendre tout cela parce que je pense qu'il s'agit d'un élément tout à fait délicat, tout à fait complexe pour la France. Donc, quelle est l'approche de la France insoumise ?

Comment est-ce qu'on peut aller au-delà de ces difficultés de ces divisions internes quand on a à voir avec une une une société où on a la tendance à utiliser les faits divers ou alors des crimes axés sur le racisme des attentats axés sur le racisme non pas pour fédérer la les citoyens la République mais pour utiliser tout cela pour se rapprocher à d'autres compesantes parce que avec le thème des bas en lieu, je pense que cela est un autre thème crucial pour l'antifascisme en France. Alors la question, je suis pas sûre d'avoir saisi exactement la question. Donc je vais donner des éléments de réponse et vous me direz si c'était à côté de la plaque ou pas.

Euh euh alors ce que je voulais dire d'abord, c'est que euh aujourd'hui on on estime euh à la France insoumise, le le mouvement que je représente, que la société française euh de 2025 n'a rien à voir avec la société française, même des années 70 dont on parlait au début de cet échange, qui a eu des changements anthropologiques absolument majeurs pour citer par exemple la question de la condition des femmes dans la société française. Euh, elles peuvent aujourd'hui évidemment voter, avoir un compte en banque, euh disposer libérement de leur corps, avorter et cetera. Ça n'était pas le cas dans les années 50 60.

De la même façon, l'immigration et ce que nous on appelle la créolisation a a fait son bout de chemin. C'est-à-dire que dans les années 70, c'était un français sur 10 qui avait un grand-parent étranger. Aujourd'hui, c'était un français sur qu donc grosso modo, tout le monde a un grand-parent étranger en France.

C'est une société euh euh où il y a eu différents différents différents types d'immigration au fur et à mesure des générations. Mais donc euh aujourd'hui ça concerne à peu près tout le monde. De la même façon euh la majorité des gens vivaient à la campagne, maintenant la majorité des gens vit en ville.

Enfin, il y a eu un bouleversement dans la façon de vivre les uns avec les autres. Et donc nous, on considère notamment que euh ce qui relie les gens aujourd'hui, c'est l'accès au réseau. C'est ce que nous on a appelé la théorie de l'air du peuple.

Ce qui nous fait peuple, c'est l'accès au réseau, c'est-à-dire l'énergie, la mobilité, comment on communique les uns avec les autres et que donc on revient en fait à la question des services publics. C'est comme ça qu'on peut cerner les préoccupations communes des uns et des autres. Euh ce qui est une certitude, c'est que euh le poison de la division, le poison raciste euh le cadrage idéologique de l'extrême droite et celui aujourd'hui des médias et notamment des chaînes d'information en continu que les les possédants, on a un gros problème de monopole financier sur les médias français, mais je sais que c'est le cas dans d'autres pays.

Les possédants assument pour ce qui est de Boloré par exemple être au service de l'idéologie d'extrême droite. C'est donc en effet, il y a un chapitre d'ailleurs dans le livre de Samuel Bouron qui traite de ça. Les faits divers sont analysés au prisme de l'extrême droite.

Il y a eu un féminicide d'une jeune femme qui s'appelait Philippine en France. On en a parlé pendant des semaines, notamment parce que l'extrême droite s'en est beaucoup emparée parce que la personne qui avait commis ce crime était sous le coût d'une OQTF, obligation de quitter le territoire français, donc d'origine étrangère. Sinon, l'extrême droite ne s'empare absolument jamais des féminicides, n'a rien à dire sur les violences faites aux femmes si ce n'est pour appliquer un cadrage raciste.

Mais donc tout ça pour dire que l'extrême droite bénéficie du cadrage médiatique dominant que cette division aujourd'hui elle elle accourt sur nombre de plateaux et j'ai envie de dire y compris jusqu'au services public. qu'il y a des choses absolument intolérables qui sont dites et nous n'aurons jamais en tout cas pour l'inst pour l'instant nous n'avons pas les mêmes moyens financier et a priori on n'est pas prêt de les avoir. qui a aussi la façon de s'organiser, de diffuser euh ce notre vision de la société qui est de faire peuple ensemble, d'unir très largement.

Euh par exemple, je prends un exemple sur la santé. Sur la santé, on peut faire à la fois l'aide médicale d'État, l'AME qui est l'aide de la santé pour les personnes qui viennent d'arriver sur le sol français et à la fois le 100 % sécurité sociale pour tout le monde, c'est-à-dire la gratuité des soins est absolument essentielle. Si jamais on taxe Big Pharma.

Sur un exemple qui est celui de la santé, je vous montre que on peut effacer ce poison raciste si jamais on cherche à désigner un autre adversaire, un autre et demi politique euh imaginaire ou réel, en l'occurrence les ultra riches et montrer qu'en partageant, il y a il y a pas de sujet de concurrence entre les uns et les autres et notamment au sein des classes populaires et qu'on peut avoir un un récit et un vrai progrès possible pour toutes et tous. Alors, je sais pas si c'était exactement ça votre question. ou si j'ai répondu à côté, vous pouvez me dire hein.

Très à côté. Très à côté. Ah, c'est vrai.

Ben, j'ai mal compris. Alors, je suis désolé. Vous pouvez me redire ?

Peut-être je ne me suis pas expliqué. Donc, il y a juste un élément peut-être qui manque dans la réponse. Au fil des dernières décennies, la France a été témoin non seulement de la montée du racisme.

Judit a écrit un livre dans lequel il a investigué l'homicide systématique. On l'appelait arabicide et c'est un livre qui a été publié il y a 35 ans. À côté de cela, il y a eu d'autres phénomènes. que le jihadisme, le attentats jadistes, donc la violence présente dans les pays.

Euh donc une violence raciste qui peut-être comparée à celle de l'extrême droite, même si dans une situation différente, il y a eu des cas dramatiques d'antisémitisme également. Donc je crois que dans une société qui qui est bâtie sur la diversité et qui n'a jamais offert à tout le monde le même espace et qui ne s'est pas toujours inspiré de la triade de la révolution française. Cela peut représenter l'un des défis pour lutter contre la haine, la haine masqué, on pourrait dire, de l'extrême droite et ça monté vers le pouvoir et de même pour les forces qui sont alliées à l'extrême droite.

Aujourd'hui, on parle du ministère de l'identité qui avait été proposé par Sarzy il y a quelques années. Donc voilà le contexte. Donc à propos de cet aspect que je pense être assez complexe, assez difficile et je me rends compte que la question est vraiment complexe, non seulement d'un point de vue de formulation, mais en général, comment est-ce qu'on peut donc aller de l'avant dans ce contexte, dans ce scénario, comment est-ce qu'on peut recomposer, on va dire, la société et faire face à ces blessures parce que au fil des années Ces blessures ont intensifié la haine qui n'a pas seulement utilisé par le parti de madame Le Pen mais également par la conscience civile d'un pays.

Donc voilà en effet le but de de ma question. J'espère que c'est un petit peu plus clair maintenant. Donc peut-être je veux je je peux essayer à répondre maintenant.

Donc je crois que cette analyse peut-être tout à fait partagée en ce qui concerne les fractures, les divisions qui existent dans nos sociétés contemporaines et on a également une division qui concerne l'identité nationale. problème que nous avons vu avec des phénomènes de mondialisation économique d'un côté et de forte présence des des institutions de l'autre. Le problème de l'identité nationale est quelque chose qu'on a négligé au fil des dernières décennies.

Peut-être que la France représente une situation séparée, différente. Donc le problème de l'identité nationale remontait aux années 20, aux années 30 en Europe. Je parle de l'Europe en général, donc à cause de deux phénomènes, un phénomène économique et un phénomène politique et culturel.

Donc le la forte présence des nations. Donc tout cela a proposé un thème commun au sein des partis politiques, c'estàdire la question générale, qui sommes-nous ? On peut avoir plusieurs réponses.

La la réponse de l'Allemagne est le patriotisme. Comme le philosophe Abermas le disait, nous sommes une communauté qui s'identifie dans certains principes, des principes qui font partie de notre constitution. Donc une loi fondamentale pour les Allemands qui a une valeur très forte parce que elle marque la l'éloignement du mouvement naziste et de la période précédente.

Donc voilà, là on a déjà une réponse donc la réponse de l'identification de la communauté à travers des valeurs partagé. On pourrait dire que en France on a les valeurs de la République et donc là encore nous avons des éléments solides dont je parle paravant mais il y a également une autre réponse donc la réponse de la droite une réponse sur la base de laquelle nous sommes un peuple différent des autres. Nous sommes une nation ayant ses propres caractéristiques mais différentes des autres.

Et nous devons affirmer nos différences, nos peéculiarités, nos spécificités. Nous devons réaffirmer tout cela à tout prix et nous le faisons sans se concentrer sur les principes mais plutôt sur les intérêts. On le voit déjà aux États-Unis.

Donc tout d'abord les intérêts, les intérêts de qui ? Les intérêts de la nation. Est-ce que cela entre en collision avec les autres ?

Tant pis, on verra qui sera le gagnant. Donc voilà les deux versions, les deux interprétations. Et à partir de là, on a des divisions.

Des divisions mais qui naissent d'une question réelle, profonde, commune à chaque communauté. Donc l'identité de la communauté. Une question qui peut être résolue en virant vers la droite ou vers la gauche.

Si l' si on se concentre sur l'aspect identitaire, alors on aura une tendance de droite et la droite a été favorée par les partis conservateurs. Je pourrais démarrer une polémique avec madame Geté à propos de la macronie, mais je pense que ce n'est pas le cas parce que c'est quelque chose d'assez spécifique. Mais j'aimerais bien juste ajouter une chose.

On peut penser qu'on pourra avoir un mouvement très fort capable de donner la possibilité à la gauche radicale qui a des valeurs de de gauche, des valeurs d'égalité, de redistribution de l'état social, de droits individuels et tout ce que la gauche a fait dans l'après-guerre en Europe. ou alors et donc il y a une montée de ces valeurs ou alors on doit accepter un compromis avec des compesantes bourgeoises centristes qui doivent être ramenés vers la gauche non pas pour suivre ces positions ou alors les erreurs des des démocraties sociale des années 90 et 2000 mais pour accepter position de la gauche et donc là il faut élaborer une stratégie pour lutter contre l'ennemi. Et là, on parle de quelque chose qu'on a toujours fait quand il a eu un risque.

Donc cela a toujours été fait pour mettre de côté les ennemis de la [Applaudissements] démocratie. Bon, je suis toujours pas sûr d'avoir compris la question. Vous m'excuserez mais par contre je veux bien compléter les propos de mon voisin euh avec qui d'évidence nous sommes pas exactement d'accord stratégiquement.

Euh bon, la première chose c'est que nous on a quand même et peut-être c'était la question et peut-être toujours pas, mais euh on a quand même réfléchi à engager une bagarre symbolique de réappropriation euh de symboles avec la droite voire avec l'extrême droite. Je pense évidemment à la devise. Elle n'a jamais quitté la gauche, mais je pense aussi au drapeau qui à un moment donné ne figurait plus que dans les meetings d'extrême droite et que on a réintroduit dans les meetings de gauche radicale.

Je pense à tout un imaginaire que qu'on s'applique à réactiver en permanence en France, notamment celui de la Révolution française évidemment. Euh et puis euh l'imaginaire enfin les les valeurs, les principes de la République, ça a été expliqué tout à l'heure, liberté, égalité, fraternité, de l'incarner, de le mettre en mot le plus euh le plus quotidiennement possible pour euh pour montrer euh que cette question de la République a été complètement dévoyée en France, qui fait partie de l'arc républicain, qui n'en fait pas partie, où se situe le barrage républicain, la France insoumise est-elle plus dangereuse que l'extrême droite ? On assiste aujourd'hui à une grande confusion sous prétexte de ce débat sur l'identité nationale.

Très très clairement, on a été nous diabolisé au profit de la dédiabolisation de l'extrême droite. Euh ça c'est pour la situation française. Je pense qu'elle est différente de ce point de vue-là. en Italie, le système politique étant différent, euh l'imaginaire de la République n'étant pas du tout le même.

Enfin bref, je je pense que c'est ça parle pour le cas français, mais je suis pas sûre que ça parle pour le cas euh italien. Euh la deuxème chose, c'est que euh on arrive à à un moment où on parle stratégie et où la question stratégique se pose de façon quasiment symétrique du côté de la droite et du côté de la gauche. C'est-à-dire que le rapport de force à gauche en en France, mais comme ailleurs, euh a toujours reposé sur de quel côté on va chercher pour arriver à la victoire.

Depuis des années maintenant, moi je fais partie d'une génération à qui pour qui le chantage qui a été fait du second tour, du barrage républicain, du vote utile, du vote raisonnable pour que l'extrême droite n'arrive pas au pouvoir a été une option qui a été systématiquement choisie par des néolibéraux qui ensuite nous ont fait la misère une fois qu'ils ont été arrivés au pouvoir. Le dernier en date étant Emmanuel Macron. Et euh ce paris est un paris dangereux parce qu'il y a un moment où il aura ses limites, il atteindra ses limites et où finalement l'extrême droite l'emportera.

Et donc je pense qu'il faut absolument euh s'extraire de ce sentiment d'obligation qui va généralement avec des considérations stratégiques en faveur de l'Union et de l'Union à tout prix pour empêcher l'extrême droite coûte que coûte sur n'importe quel programme pour faire à peu près n'importe quoi. Ce qui nous nous a conduit à quand même durcir notre position et à expliquer que l'Union ne serait possible qu'à certaines conditions et que pour appliquer un certain programme politique. Parce que sinon en fait, au lieu d'enrayer le mouvement qu'on prétend enrayer, c'est-à-dire empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir, on met une pièce dans la machine pour la fois d'après.

Et en fait, on provoque de la désillusion, on provoque de la montée de l'abstention avec des gens qui sont déçus parce qu'ils pensaient avoir voté pour une coalition de gauche qui finalement amena politique de droite ou ou du centre. Et donc c'est la fois d'après l'extrême droite qui a pris qui a pris de l'essence dans sa machine et qui sera plus forte. Donc moi, je pense qu'au contraire euh il y a ce rapport de force qui se joue à gauche, il ne faut pas le nier, et que face au projet euh de l'extrême droite qui a absorbé peu à peu quand même la droite conservatrice qui elle aussi pour beaucoup de gens, il y a eu beaucoup de gens qui n'auraient jamais envisagé de voter à extrême droite, en tout cas en France et qui aujourd'hui le font. euh qu'il faut mettre en face un projet absolument radical et clair sur euh la question de l'antiracisme, sur la question du féminisme, sur la question écologique, sur la question démocratique et que passer sous silence des des sujets ou en tout cas faire le compromis social avant que la lutte n'ait eu lieu, euh cette cette tiédeur là à mon avis euh ne contribue qu'à qu'à faire monter l'extrême droite.

Et la seconde chose que je voulais dire, c'est que l'extrême droite est aussi dans une situation de contradiction parce que là aussi on a on a on est très fort pour pour se lamenter sur nos propres faiblesses, mais elle en a aussi quand même. L'extrême droite aujourd'hui en France, Marine Le Pen a été déclarée inéligible face à à un scandale de détournement de fonds publics. On parle de plus de 4 millions d'euros de de d'argent public qui a été détourné au Parlement européen.

Elle a été déclarée inéligible. Il y a un deux appels, mais en tout cas pour la présidentielle de 2027, vraisemblablement ça ne pourra pas être elle, ça serait Jordan Bardella. Ce qu'on constate qui est effrayant, c'est que dans les intentions de vote, il est à peu près donné dans les mêmes étiages qu'elle sans avoir fait campagne présidentielle et en étant jusque-là pas désigné.

Euh tout de même, il y a des différences idéologiques entre deux et de choix stratégiques, c'est-à-dire qu'elle a toujours été plus favorable euh à cette division au sein des classes populaires par le racisme et à aller chercher parmi les classes populaires un vote à l'extrême droite, ce qui a en une en un certain sens euh quand même fonctionné. Bardella si tentez qu'il ait une opinion mais en tout cas il est proche de gens dans le parti qui sont plutôt favorables à l'alliance des droites et donc à se tourner plutôt vers une bourgeoisie. conservatrice, réactionnaire, raciste.

Mais donc on parle de de d'électorats potentiels qui ont des intérêts de classe radicalement différent. Vous n'avez pas les mêmes intérêts de classe quand vous gagnez un SMIC ou un petit peu plus, que vous vivez difficilement, que vous avez votre petit logement mais que vous êtes pas sûr de le garder et cetera que quand vous êtes un bourgeois euh traditionnel, conservateur, possédant en tout cas du point de vue économique. Et ça, je pense que c'est une faiblesse pour la suite de l'extrême droite parce que son électorat n'est pas homogène et qu'à un moment donné, ces contradiction qui en effet sont très méconnues sur le terrain, c'est-à-dire que cette illusion de défense des classes populaires tient encore en partie mais qui n'est pas du tout le cas de ses votes à l'Assemblée nationale.

C'est pour ça que nous aussi on concentre beaucoup de nos efforts sur des opérations d'éducation populaire de masse pour démasquer ce que vote véritablement l'extrême droite et quels intérêts l'extrême droite défend au Parlement et au Parlement européen.