Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewJean-Luc Mélenchon· 23 mars 2022 66 min

Outre-mer : j'appelle à une loi d'urgence sociale

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et si, et si, cette fois c'était la bonne petite question qui trotte dans la tête de notre premier invité ce soir. Il est insoumis et il le revendique. Bonsoir Jean-Luc Mélenchon.

0:10
Jean-Luc Mélenchon

Bonsoir.

0:11
Présentateur

Vous avez au moins deux rêves. Pour la France, une sixième république. Et pour vous, d'abord, un second tour. Pour cela, un programme, 694 propositions. Alors je préfère vous prévenir tout de suite Jean-Luc Mélenchon, nous n'aurons évidemment pas le temps de tout détailler. Nous irons donc à l'essentiel avec, à mes côtés, pour vous interviewer Thierry Bellemont. Bonsoir. Bonsoir Valérie. Bonsoir à tous. Ici, nous faisons le pari de la démocratie participative. Et celle qui pose les questions, c'est la nouvelle génération. Neuf représentants de la jeunesse des Outre-mer en duplex de tous nos territoires. Regardez, ils sont là avec nous. Ils sont connectés. C'est parfait.

Mais durant une heure, chère nouvelle génération, vous allez pouvoir mettre le candidat de l'Union populaire face à vos réalités. L'avenir en commun, Jean-Luc Mélenchon, c'est le titre de votre programme. Il parle des institutions, il parle de la société, il parle des défis de ce 21e siècle. Et déjà, d'emblée, deux mots-clés pour les Outre-mer, l'égalité et l'autonomie. Je vais donc vous demander de préciser votre pensée. De quelle autonomie parlez-vous ? Pour qui ? Pour quand ?

1:24
Jean-Luc Mélenchon

Alors, commençons par l'égalité. C'est le but. Et en général, les responsables politiques des Outre-mer qui se sont battus pour la départementalisation et l'assimilation aux mêmes normes d'organisation administrative que l'Hexagone, avaient en vue l'égalité. C'est pour ça qu'ils voulaient être un département, une région, etc. Donc c'est ce fil conducteur de notre histoire sur des territoires qui ont été d'abord peuplées et organisées sur une inégalité fondamentale, celle qui partageait les maîtres et les esclaves.

Donc les sociétés des Outre-mer, pour l'essentiel, sont des sociétés qui se sont construites en opposition à l'inégalité, que ce soit sous la forme brutale et cruelle de l'esclavage, mais ensuite de toutes ses suites. Donc c'est ce fil conducteur qu'on doit tenir et accomplir. C'est le rêve français commun.

2:17
Présentateur

Et sur l'autonomie ?

2:19
Jean-Luc Mélenchon

Alors l'autonomie, c'est une question tarte à la crème, parce que quand un politique ne sait plus quoi faire avec la situation complètement dégradée des Outre-mer, plutôt que de s'interroger sur qu'est-ce qui a bien pu conduire à ça, on dit autonomie, autrement dit qu'ils se débrouillent entre eux, et on verra bien ce qu'on verra. Ceux qui ont agi le plus de cynisme dans ce domaine, c'est évidemment les macronistes, parce que quand la Guadeloupe a été à feu et à sang pour une raison qui n'avait strictement rien à voir avec l'organisation administrative, qui était la crise sanitaire, le ministre a fini par arriver et dire, on va faire l'autonomie.

Là-dessus il est reparti et plus personne n'en a entendu parler. Là il vient de recommencer la même chose avec la Corse, avec tous les territoires et départements d'Outre-mer en commun, d'être une situation insulaire, à l'exception de la Guyane, comme vous le savez aussi bien que moi.

3:09
Présentateur

Donc l'autonomie,

3:11
Jean-Luc Mélenchon

elle doit d'abord dépendre des objectifs qu'on se donne. Qu'est-ce qu'on veut faire ? On part de ça, et on voit ce qui doit être dans l'organisation administrative rectifié. Il faut faire attention à deux choses, le séparatisme, bon moi je ne suis pas partisan du séparatisme, de l'indépendance en quelque sorte, il y a des gens qui sont pour l'indépendance, c'est leur droit, mais ce n'est pas mon cas. Et puis l'autre, ça serait de dire, ils n'ont qu'à faire des lois et des règlements qui s'appliquent à eux, et puis nous, on s'en arrange autrement au niveau... Non, la loi doit rester, les libertés fondamentales, les droits sociaux fondamentaux doivent rester les mêmes. Il faut trouver le mix.

Alors je sais que le président de la Martinique, Serge Lestimi, le président de la Guyane, Gabriel Serville, sont déjà en contact entre eux, parce qu'ils me l'ont dit, avec Huguette Bello à La Réunion, et aussi avec Simeoni en Corse, et que ça discute entre eux de ce qui pourrait être des normes. Alors voilà, on en parlera. Ce n'est pas la peine qu'on joue à... Je termine en vous disant un petit mot, disons, de réconfort, en tout cas pour ceux de l'Hexagone. Ce n'est pas la peine de jouer à se faire peur pour rien. Les Outre-mer n'ont pas l'intention, qui se la pagaille, de s'en aller chacun de leur côté. Ce n'est pas l'idée qui domine.

Et puis, que voulez-vous, l'adaptation à des situations aussi spécifiques, ce n'est pas la fin de la France. Regardez, la Polynésie française vit sous l'article 74. Bon, elle n'est pas moins française pour autant. Je propose d'ailleurs qu'on en fasse autant en Corse. Alors c'est dire.

4:45
Présentateur

Et bien sûr, nous allons détailler, nous allons voir ce qu'il y a dans votre programme, quelles sont les réponses que vous apportez à ces problèmes spécifiques des Outre-mer. Vous venez d'en parler. Nous allons voir durant cette émission. Là, tout de suite, nous allons surtout vérifier si vous êtes connecté à nos territoires. Thierry Bellemont s'est posé la question. Et c'est une petite revue du web que nous vous proposons tout de suite. C'est la première séquence, Vos Outre-mer. Jean-Luc Mélenchon, vous vous êtes beaucoup déplacé dans les départements d'Outre-mer, Guyane, Martigny, Guadeloupe, et plus récemment à La Réunion. Seules les collectivités... Et la Nouvelle-Calédonie.

Oui, il y a longtemps. Il y a longtemps. Mais pour cette présidentielle, vous ne vous êtes pas déplacé. Ils vous attendent encore, les territoires du Pacifique. Ils vous attendaient en tout cas pour cette présidentielle. Mais c'est aux Antilles, on va parler des Antilles, que votre voyage a été le plus commenté sur les réseaux sociaux. Attendez,

5:39
Jean-Luc Mélenchon

parce que vous faites la remarque qu'il m'attendait, je n'y suis pas allé. Il se trouve qu'il y a 11 heures de décalage dans un cas, 12 dans l'autre. Ce qui veut dire plus d'une semaine en comptant le temps sur place et le temps au retour pour se réadapter. Dans une campagne qui a été raccourcie de 15 jours, ce n'était pas possible. Ils vous ont entendu. C'est au-delà de mes forces.

5:57
Présentateur

On va y revenir si vous voulez bien. Vous avez tiré en tout cas un reportage de votre voyage aux Antilles diffusé sur YouTube où l'on découvre les coulisses de vos déplacements. Vous faites l'unanimité, Jean-Luc Mélenchon, chez vos admirateurs jusqu'à provoquer de l'émotion chez certains. Benjamin, par exemple, il écrit « C'est les larmes aux yeux que j'ai regardées cette vidéo. » Les critiques, il y en a et elles fusent davantage sur Twitter. « Anatole dénonce votre voyage circonstancié de parrainage aux Antilles qui s'est traduit par des fake news, un bras d'honneur aux soignants, un encouragement aux antivax, aux sédicieux et aux bandes de délinquants qui dévalisaient la population.

» C'est ce qu'il dit. Il y va fort quand même, Anatole. Il faut dire que votre passage dans l'émission de France 2… Non, c'est normal de parler comme ça. C'est lui qui parle, c'est pas moi. La preuve, c'est que vous l'avez relevé. Ah oui, parce que c'est quand même… Bien sûr. Dans l'émission de France 2, Élysée 2022, votre passage a provoqué des réactions. Vous avez dû expliquer vos propos tenus en Guadeloupe où vous vous faisiez l'écho de deux cardiologues à savoir qu'à cause de la contamination chlordécone, la population a une crainte supplémentaire vis-à-vis du Covid. Une rumeur, vous a dit notre consoeur, vous vous en rappelez.

Il n'en fallait pas plus pour déchaîner les internautes comme Alexander qui vous accuse de ne pas vérifier vos informations. Sans en démordre, en tout cas, vous, Jean-Luc Mélenchon, vous répondez… Mais alors, c'est vrai ou pas ? Mais écoutez, vous allez… Vous n'en savez rien. Moi, je ne suis pas là pour prendre mon avis.

7:29
Jean-Luc Mélenchon

Vous savez quoi, la conclusion à en tirer ? C'est pourquoi il n'y a jamais eu d'études sur les conséquences du chlordécone sur la santé générale de la population par rapport à certaines infections générales. C'est ce que vous dites également, c'est que vous dénoncez l'absence d'études.

7:42
Présentateur

Effectivement, Jean-Luc Mélenchon, sans en démordre en tout cas, vous avez répondu que les Antilles se souviendront qu'on a mis 5 semaines pour leur amener des bouteilles d'oxygène et 48 heures pour leur envoyer les gendarmes. Une phrase reprise à foison sur les réseaux sociaux de quoi mettre davantage les antipasses dans votre poche. Mais Jean-Luc Mélenchon… Mais pas du tout, mais qu'est-ce que vous racontez ?

8:02
Jean-Luc Mélenchon

Ce sont les propos de M. Elidomota. Oui. Qu'est-ce que vous racontez ? Mettre les antivax dans ma poche. Je ne suis pas antivax. Qu'est-ce que vous dites là encore ? Qu'est-ce que vous essayez de faire ? Qu'est-ce que vous essayez de faire ?

8:11
Présentateur

Je ne vous comprends pas, monsieur.

8:13
Jean-Luc Mélenchon

Vous faites du journalisme ou de la propagande ?

8:15
Présentateur

Je vous pose une question maintenant, Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que vous n'alimentez pas d'une certaine manière cette défiance vis-à-vis de l'État bien plus forte aux Antilles qu'ailleurs ?

8:22
Jean-Luc Mélenchon

Voilà. Alors, c'est vous qui devez vous poser des questions de responsabilité morale. Parce que là, votre attitude soulève une question. Est-ce que ce que je dis consiste à être des alertes qui valent la peine d'être entendus, de se dire pourquoi cet homme dit-il ceci ou cela ? Ou bien est-ce que je dois faire l'objet de ce genre de numéros ? Vous vous mettez les venti-vax dans la poche ? Vous alertez les gens davantage ? La question est la suivante. Je me rends... Moi, je vous pose la question et vous vous répondez, Jean-Luc Mélenchon. Et je m'adresse aux gens qui s'y trouvent et ils me parlent. Je rencontre deux personnes qui vous valent largement. Ce sont des cardiologues.

Eux, ils ont fait des études. Et ils me disent... Ce sont deux femmes qui ont de l'expérience et me disent ici, nous avons ce problème. Je le présente comme tel. Je viens pour quoi faire ? Pour parler, pour échanger. J'essaye comme tout le monde de comprendre pourquoi les populations à cet endroit-là veulent moins être vaccinées qu'ailleurs. J'essaye de comprendre. J'ai entendu à la télévision nationale française une chaîne qui d'ailleurs a présenté des excuses. Je ne me souviens pas que vous ayez protesté. Qui disait que la population ne voulait pas se vacciner parce qu'elle croyait davantage au vaudou.

Moi, je n'ai jamais accepté les assertions injurieuses à l'égard des membres et de nos concitoyens. Donc, j'ai posé des questions. Je pense que je suis dans mon devoir d'homme politique. Et je vous pose la question à vous qui savez tout. Et je ne vous ai pas dit le contraire. Non, mais vous connaissez mieux que moi la situation, la preuve. Absolument. À votre avis, pourquoi les gens se vaccinent ? Voulaient-ils être moins vaccinés à la Guadeloupe ou à la Martinique ? C'était-il intelligent de supprimer 600 personnes dans le service général de santé à la Guadeloupe parce qu'ils ne voulaient pas être vaccinés ? Est-ce que c'était intelligent ? Dites-le, puisque vous le savez.

Est-ce que c'était intelligent ? Vous aurez d'autres questions, Jean-Luc Mélenchon. C'était stupide. C'était stupide, ça. Désorganiser le système de santé.

10:10
Présentateur

Nous n'occulterons pas le débat ce soir, bien évidemment. Mais je vais prendre deux petites secondes pour rappeler le principe de cette émission. C'est de mettre la jeunesse des Outre-mer face à vous, Jean-Luc Mélenchon. Elle va vous poser des questions par rapport à ces réalités du quotidien. Bien sûr, nous parlerons de chlordécone. Bien sûr, nous parlerons de la crise sanitaire et de la vaccination.

10:27
Jean-Luc Mélenchon

Moi, je réponds aux questions qui me sont posées. Et là, tout de suite. Monsieur, fait croire que je suis venu pour augmenter l'angoisse, mettre dans ma poche les antivacs. Vous verrez, Jean-Luc Mélenchon. Je dis, ben non, vous inventez, vous favorisez une situation conformément aux raisons pour lesquelles vous vous trouvez là.

10:42
Présentateur

Eh bien, écoutez, Jean-Luc Mélenchon, c'est un jeune qui vous parle de chlordécone. Ce soir, il s'appelle Kendrick. Il est étudiant. Il est martiniquais. Il est étudiant dans l'Hexagone. Et justement, Kendrick a une question à vous poser sans détour sur ce sujet. On l'écoute. Alors, je vous explique le principe parce que je vois depuis tout à l'heure que vous cherchez un petit peu. Nos jeunes apparaissent grâce à un dispositif informatique. Mais vous les regardez dans l'écran qui est juste en face de vous. C'est Kendrick qui va vous poser une question ce soir. C'est à vous, Kendrick.

11:08
Auditeur

Bonjour, monsieur Mélenchon. J'ai une question aujourd'hui pour vous. C'est comment donner réparation au peuple entier par rapport au chlordécone et que faire pour que cela ne se reproduise plus ?

11:23
Jean-Luc Mélenchon

C'est une question super brûlante parce que le scandale est absolu. Il n'y a aucune raison qu'on se soit trouvé dans une situation pareille puisque le chlordécone était interdit aux Etats-Unis depuis les années 70, qu'il a été maintenu en France en général jusqu'aux années 90 et le plus tard sur le territoire de la Guadeloupe et de la Martinique parce qu'il fallait écouler les stocks et une mentalité abominable. Tout est maintenant pollué. 90% d'entre vous ont ça dans leur sang si bien que maintenant, il paraît que quand on fait une prise de sang et qu'on trouve du chlordécone, on sait que c'est quelqu'un qui vient des Caraïbes. Alors, il y a deux choses à dire.

La première, c'est faire le diagnostic pour tout le monde et gratuitement. Et deuxièmement, prendre en charge les maladies gratuitement qui résultent de cette situation. Et troisièmement, il y a un projet général qui doit être déployé pour désintoxiquer les sols. Et quatrièmement, il y a une leçon à recevoir. Pour moi d'ailleurs, vous m'entendrez souvent dire ça, les drômes sont souvent une avant-garde et pas un ultra-périphérique. Ce qui s'est passé dans les drômes se passe en Hexagone. Mais ils ne le savent pas et ils ne veulent pas l'admettre. 90% des urines des Français contiennent du glyphosate. 99% des rivières du territoire de l'Hexagone sont pleines de pesticides.

Donc la leçon n'a pas été tirée. Mais les méthodes qui vont être déployées pour faire face à la situation aux Antilles devront être appliquées à l'Hexagone. C'est pourquoi dans cette affaire, nous avons cause commune.

12:59
Présentateur

Alors votre solution, justement, Jean-Luc Mélenchon, vous avez donné une multitude de chiffres. Effectivement, on l'a vu. 95% de la population de Guadeloupe contaminée, 92% en Martinique. Et ce poison, le chlordécone, qui est encore présent dans les sols et qui, selon les études les plus optimistes, pourrait mettre 50 ans avant de disparaître. La question de Kendrick, question brûlante, vous l'avez dit, c'était quel type de réparation ? Alors est-ce qu'avec vous, au pouvoir, on va indemniser tout le monde ou uniquement les maladies professionnelles, uniquement les agriculteurs, comme c'est le cas aujourd'hui ?

13:29
Jean-Luc Mélenchon

Je pensais avoir répondu, mais je recommence avec plaisir.

13:31
Présentateur

C'est important de le préciser. Est-ce qu'on indemnise tout le monde ?

13:33
Jean-Luc Mélenchon

Oui, oui, je précise ce que je viens déjà de préciser. Parce qu'il y a un prou. Donc, premièrement, il faut faire, avant de parler de quoi que ce soit, et même de réparation, il faut d'abord faire un diagnostic. Où en est-on ? C'est-à-dire, combien de gens sont atteints au sens de compromis dans leur santé ou dans leur santé en général. Donc, il faut un diagnostic général. Et il faut qu'il soit gratuit. Et pas qu'on le dise aux gens, débrouillez-vous tout seuls. Tous ceux qui sont malades doivent être soignés et ils doivent l'être également gratuitement. La question des réparations ne se pose pas d'une manière abstraite.

Elle ne peut se poser que d'une question concrète, sauf pour les irresponsables qui répondent n'importe quoi aux questions. Mais nous ne savons pas combien de gens, et c'est la raison pour laquelle, combien de gens sont affectés dans des proportions qui mettent ou leur santé ou leur vie en danger. C'est pourquoi les deux cardiologues de la Guadeloupe à propos desquels je viens de me faire moquer et qui m'ont dit que les gens qui avaient été contaminés au chlordécone ont une sensibilité, une fragilité particulière dans les maladies cardiaques. Je ne sais pas vous dire si c'est vrai ou pas. Je ne suis pas cardiologue et le journaliste non plus. Par conséquent, que faut-il faire ?

Des études pour savoir s'il y a un rapport entre le chlordécone et un certain nombre d'autres infections. En particulier dans le cas de la Covid-19, il n'y a eu aucune étude de faite pour voir s'il y avait un rapport entre les risques résultants de la chlordécone et la contamination possible et les conséquences du Covid-19. Car vous savez que personne n'est mort de la Covid-19. Les gens sont morts de la comorbidité. Or, en Martinique, en Guadeloupe et dans les autres drones, la comorbidité, c'est-à-dire les autres causes qui contribuent à la mort quand on a la Covid, sont extrêmement développées, plus qu'ailleurs. Diabote, le diabète et obésité. Dans les deux cas, pour cause de malbouche.

Aujourd'hui, dans l'Hexagone, ils sont dans la même situation. Mais ils ne le savent pas. Ils pensent que c'est des maladies exotiques. Que c'est là-bas dans les Antilles parce qu'ils aiment le sucre. Et autres sottises que l'on peut entendre régulièrement. En fait, personne ne vous a demandé votre avis pour savoir quelle dose de sucre vous voulez avoir dans ce que vous mangez. C'est directement le résultat du comportement de l'agroalimentaire. Voilà comment se posent sérieusement les problèmes. Et il y a une autre jeune

15:44
Présentateur

qui voudrait nous interpeller ce soir, M. Mélenchon. Nous allons prendre la direction de Wallis et Futuna. Retrouvez Naila Takata. Elle est professeure des écoles. Naila Takataï, elle voudrait vous interpeller justement sur le Covid, sur la crise sanitaire. Elle pose la question d'un retour à la normale. On écoute Naila Takataï.

16:04
Jean-Luc Mélenchon

Wallis, hein ?

16:05
Présentateur

Wallis et Futuna.

16:06
Jean-Luc Mélenchon

Bonjour.

16:06
Auditeur

Bonjour M. Mélenchon. Bonjour Valérie, Thierry. Bonjour M. Mélenchon. Alors ma question porte sur la santé, précisément sur la Covid-19 justement. Donc nous observons, oui, un allègement des protocoles sanitaires un peu partout dans le monde ces derniers mois. Et je voudrais faire le lien avec le mouvement de grève des enseignants métropole qui s'est fait il y a quelques mois. Personnellement, je m'interroge car même si Wallis et Futuna sont encore considérés comme Covid-free, on ne restera pas éternellement à l'abri d'un retour de ce virus. Alors ma question est la suivante.

Est-ce que ces allègements des protocoles signifieraient que nous allons devoir apprendre à vivre avec le virus et essayer de retrouver une vie normale ? Et notamment en milieu scolaire.

16:53
Jean-Luc Mélenchon

Alors, ce n'est pas qu'à Wallis pour le coup. Alors pardon, moi Wallis, je n'y suis pas encore allé. Les Wallisiens que je connais, je les ai connus à Nouméa. C'était des bons copains d'ailleurs.

17:07
Présentateur

Effectivement.

17:08
Jean-Luc Mélenchon

Il y a beaucoup de Wallisiens qui vivent en Nouvelle-Calédonie. Je ne suis jamais encore allé à Wallis. Alors évidemment, vous, la situation, elle est, bon, c'est une situation radicalement insulaire si j'ose dire. Donc vous êtes souvent à devoir vous débrouiller tout seul parce que c'est comme ça. Alors, d'abord, sur que doivent les prochaines pandémies ? Là, vous parlez juste, vous parlez d'or. Les pandémies seront dorénavant à répétition. Pourquoi ? Parce que la cause principale, c'est qu'on élimine les animaux sauvages de leur environnement. Ils se rapprochent des environnements humains ou plus exactement, l'environnement humain se rapproche d'eux.

Donc les animaux sauvages transmettent aux animaux concentrés, lesquels prennent les virus, les font muter et ça donne la zoonose. Donc, je ne vois pas pourquoi ça s'arrêterait vu que nulle part dans le monde, on a supprimé les élevages ultra-intensifs. Donc nous allons tous vivre avec la pandémie. Tous, tout le temps, nous vivrons avec des pandémies. En ce moment, dans l'Hexagone, nous en sommes à la... Et puis alors, ils n'apprennent rien en route, hein. Nous en sommes à la cinquième épidémie de grippe aviaire. Et tout le monde continue à croiser les doigts pour que le virus ne mute pas à l'être humain. Mais c'est quand même la cinquième fois.

18:18
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon.

18:19
Jean-Luc Mélenchon

Donc oui, il va falloir vivre avec ça en permanence. Mais on va leur apprendre à le faire. Vous verrez, ce n'est pas si compliqué que ça. Dans toutes sortes de territoires d'Afrique, les gens vivent avec l'habitude des virus qui les entourent. Dans mon enfance, au Maghreb aussi.

18:32
Présentateur

Comment est-ce que vous protégez les populations, Jean-Luc Mélenchon ? Effectivement, Naila l'a souligné, Wallis et Futuna est Covid-free. Mais en un an, puisque l'épidémie de Covid est apparue, il y a un an à Wallis, il y a eu 7 décès, 445 personnes contaminées. Mais actuellement, aucun cas. Elle a exprimé sa crainte, la crainte d'un rebond épidémique. Il y a un rebond, effectivement, déjà dans l'Hexagone et dans certains territoires d'Outre-mer. Comment est-ce que vous protégez les populations, Jean-Luc Mélenchon ?

18:57
Jean-Luc Mélenchon

D'abord, le rôle du président de la République n'est pas de protéger la population. C'est une vision que je récuse. Paternaliste, royaliste, impériale, qui n'est pas la mienne. Vous avez un rôle à jouer, quand même. Nous sommes tous des pauvres êtres humains et nous tâchons de trouver des solutions. Quelles sont les bonnes solutions ? Qu'est-ce que vous préconisez ? Avoir des centres de soins suffisants pour qu'il n'y ait pas de déserts médicaux. On est une industrie pharmaceutique active et nous pourrons couvrir tout le territoire sans avoir besoin d'aller mendier dans les autres pays des médicaments ou des moyens de se soigner, comme ce fut le cas pendant la Covid.

Équiper correctement tout le territoire et là où on ne peut pas, parce que soit c'est trop loin, soit parce que les circonstances aussi ne se prêtent pas, on organise la capacité de transférer aussitôt que quelqu'un est malade la personne à l'endroit où on peut la soigner. Je pense que par exemple, la population de Wallis et Futuna, c'est comme ça que ça se passe. Quand il y a un cas grave, on transfère parce que sur le champ, on n'a pas, et il y a d'autres endroits, on n'a pas tout simplement, parce qu'on n'a même pas les études. Pouvez-vous m'expliquer pourquoi il n'y a pas un cycle complet de médecine à la Réunion ou à la Martinique ou à la Guadeloupe ?

Pourquoi on ne peut pas faire Toubi d'un bout à l'autre sur place ? Voilà, des choses très concrètes. Moi, je suis pour une radicalité concrète. Quand on change les choses, on les change à fond et on les change concrètement.

20:15
Présentateur

Dans votre programme, il y a des choses très concrètes, effectivement, Jean-Luc Mélenchon, notamment le principe de 50% de recrutement locaux. Est-ce que ce principe, vous l'appliquez aux hôpitaux pour justement répondre à cette problématique, faire face ? Vous l'avez dénoncé lors de votre voyage aux Antilles. On a mis 5 mois pour envoyer des bouteilles d'oxygène. Donc, j'imagine que ça, avec vous, ça n'arrive plus. Ça, avec vous, des hôpitaux à saturation, ça n'arrive pas. Vous parlez d'évacuation sanitaire, on les a vues, elles ont été spectaculaires, elles ont coûté très cher. À un moment, on les a stoppées.

Donc, avec vous, élus, à l'Élysée, avec vous, au pouvoir, comment est-ce qu'on fait face ?

20:49
Jean-Luc Mélenchon

Pour ce qui est des évacuations, soyons clairs. Quel est le contraire de l'évacuation ? Laissez les gens sur place mourir. Vous me demandez si je vais laisser les gens... Je vous demande... Non mais, je ne dis pas que vous me trouvez à moi. Quelle est votre solution ? Je dis à ceux qui se posent la question, je leur réponds les yeux dans les yeux, dites-moi que vous laissez mourir les gens qui sont là-bas, même si c'est votre famille. Allons, soyons sérieux. Non. Et puis, nous sommes une seule nation. Donc, quelqu'un est malade à un endroit, on va le chercher, on le ramène. Quand on a un otage qui est pris, on va le chercher au bout du monde.

Donc, quelqu'un qui est malade, c'est quand même plus simple. Et les navettes aériennes sont suffisantes, et les moyens pour le faire sont suffisants. Donc, pas d'histoire. Quant aux 50%, c'est une situation qui est compliquée, parce que, moi, je comprends peut-être mieux que d'autres la douleur de l'immigration. Je suis moi-même un maghrébin au départ, et je suis parti du Maghreb fort jeune. Donc, je sais ce que ça coûte de quitter ses paysages, sa famille et le reste.

Et donc, il y a quelque chose qui est très choquant quand on va dans les drômes, c'est que les gens ont l'impression que les postes qui sont là, c'est des métropolitains, comme on dit, des métros, des oreilles, comme on veut, ça dépend du département qui les occupe. Et les gens disent, mais c'est pas normal, on saurait très bien le faire. En même temps, ils sont pas fous, ils comprennent bien qu'il faut que dans la fonction publique, il y ait un certain roulement, un déroulement de carrière. Donc, je pense que le 50%, c'est un bon compromis. On prend les gens sur place, mais attention, on les prend avec les mêmes exigences de qualification, mais ils sont tous d'accord.

Et je pense que le 50% en question, il doit être complété pour tout ce qui arrive aussi d'un temps de formation, notamment dans la magistrature. J'estime que c'est un peu, c'est un peu olé olé d'arriver comme ça dans une société qu'on ne connaît pas et de juger d'après des normes qui ne sont pas forcément compréhensibles à cet endroit-là. Donc, il faut s'entraîner de l'ambiance.

22:38
Présentateur

Une autre question de la jeunesse qui est avec nous ce soir. On parle toujours de la crise Covid, mais cette fois de ses conséquences économiques. La crise Covid, et oui, a fragilisé nos entreprises. Elle a une question pour vous à ce sujet ce soir. C'est Aurore Costa, consultante en stratégie en Guadeloupe. Bonsoir Aurore, nous vous écoutons. Bonsoir M. Mélenchon, bonsoir Valérie, Thierry. Merci M. Mélenchon d'avoir abordé le thème de la prévalence locale car c'est un sujet pour nous. Alors, vous annoncez dans votre programme un SMIC à 1 400 euros.

Or, les entreprises guadeloupéennes sont à plus de 80% des TPE qui ont énormément de difficultés de trésorerie suite à notre crise Covid et surtout la crise sociale qui a enfoncé le clou fin 2021 qui est importante pour nous en Guadeloupe. Nous sommes un petit marché, nos entreprises ne pourront pas augmenter leur prix de vente pour compenser cet os des charges salariales. Que prévoyez-vous comme allègement au niveau des charges fiscales et sociales des entreprises pour permettre cette augmentation du SMIC ?

23:41
Jean-Luc Mélenchon

Alors, bon, commençons par dire que les économies des Drômes ont été totalement déformées par le pari néolibéral. C'est-à-dire, on a fait comme si vous seriez en quelque sorte le déversoir des productions de l'Europe. Dans certains domaines, c'est même insupportable puisque ça s'appelle des marchés de dégagement. Tout ce qu'on n'arrive pas à vendre en Europe, allez hop, on le passe sur place. Évidemment, ça tue toute l'économie locale, notamment l'économie agricole. Donc, je voulais juste vous dire ces mots avant de répondre à la question ultra précise que vous me posez. Répondez à Aurore

24:18
Présentateur

et puis après, on parlera justement de coopération régionale.

24:20
Jean-Luc Mélenchon

On va parler là, à ce moment-là, de ça parce qu'il me semble que c'est le bon moment. Les objectifs sont la souveraineté alimentaire et le plus possible, la souveraineté, pas souveraineté, autonomie, on va dire, alimentaire, ça c'est vital. Si vous ne le faites pas, vous allez être dans une pagaille pas possible. Et puis après, vous êtes des très petites entreprises, c'est-à-dire le plus souvent des entreprises de service davantage que des entreprises de production, quoi qu'il y en ait. Et par conséquent, tous les territoires insulaires doivent être mis tous sous le même auspice d'une loi d'urgence sociale commune.

Parce qu'on ne peut pas régler vos situations comme on règle celle de l'Hexagone. Ça n'a strictement rien à voir d'être une petite entreprise de service en Guadeloupe ou en Martinique ou dans l'Hexagone avec un marché de 67 millions d'habitants.

25:10
Présentateur

Alors comment est-ce qu'on règle

25:11
Jean-Luc Mélenchon

le problème des entreprises ? Là, vous avez 400 000, 300 000 personnes maximum. Alors comment est-ce qu'on règle le problème ? Donc oui, il faudra prendre des mesures. Il y en a une au moins technique dans mon programme, c'est la caisse de péréquation pour payer les cotisations sociales de manière à ce que les entreprises qui n'ont aucun employé et qui font beaucoup de valeurs ajoutées ne restent pas à ne rien payer pendant que ceux qui emploient du monde prennent tout sur leur dos. Donc j'imaginais de faire une certaine répartition des cotisations sociales entre très grandes et très petites entreprises de manière à vous tirer la tête hors de l'eau.

25:42
Présentateur

Voilà donc pour cette réponse à votre question, Aurore, conseillère en stratégie. D'après vous, Aurore, est-ce que la coopération régionale pourrait booster l'essor des entreprises des Outre-mer ?

25:54
Jean-Luc Mélenchon

Très bien.

25:54
Présentateur

C'est sûr que si on passe d'un marché en Guadeloupe de 380 000 habitants à ne serait-ce qu'un marché plus caribéen déjà où on a presque 15 millions d'habitants, je pense que c'est important de valoriser ce qui peut être mis en place dans notre bassin caribéen. Après, coopération régionale entre... Ça dépend de ce que vous entendez, est-ce que c'est régional entre anti-francophones, Caraïbes, Gouadja-France ? Et c'est à Jean-Luc Mélenchon que nous allons poser la question. Qu'est-ce que vous entendez par coopération régionale puisque vous faites ce pari ? Coopération avec la CELAC pour les anti-francophones

26:30
Jean-Luc Mélenchon

On rappelle ce que c'est rapidement ?

26:31
Présentateur

On essaie, on essaie, Jean-Luc Mélenchon.

26:33
Jean-Luc Mélenchon

Ou bien les régions, les drômes sont perçues depuis Bruxelles comme ultra-périphériques. Et il y a une vision très européocentrée du monde à tout point de vue politique, culturel et le reste. Ils ne comprennent pas à quel point, en tout cas nous Français, il faut qu'on arrive à comprendre à quel point on est aux avant-postes en réalité. Et donc, localement, régionalement, vous avez raison de dire qu'il y a plusieurs échelles de régions, mais je le redis pour la milliardième fois, mais comme ça les gens l'entendent, la plus longue frontière terrestre de la France, c'est l'Oiapoc avec le Brésil, la plus longue frontière maritime, c'est avec l'Australie.

Alors c'est dire, il est temps de se réveiller un peu, c'est pas le Rhin, le centre du monde.

27:10
Présentateur

Vous me permettez une petite définition rapidement Jean-Luc Mélenchon ? La coopération régionale,

27:13
Jean-Luc Mélenchon

elle devrait avoir lieu avec les régions et les îles des Caraïbes, c'est-à-dire celles qui relèvent de Caricom essentiellement, et puis après nous avons la SELA, car dans les Caraïbes, il ne faut pas oublier, vous avez une partie du territoire sud-américain qui n'est pas loin de chez vous, je pense en particulier au Venezuela. Donc la culture hispanophone devait être développée dans les territoires et départements d'outre-mer et cette coopération évidemment.

27:37
Présentateur

La SELA, qu'est-ce que c'est Jean-Luc Mélenchon pour les ultramarins qui nous regardent, qui ne sont pas forcément des spécialistes de l'économie et de la coopération régionale ? La SELA, qu'est-ce que c'est rapidement ? Et qu'est-ce qu'on pourrait faire avec ce type de... avec la SELA, la communauté d'États latino-américains et caraïbes ?

27:53
Jean-Luc Mélenchon

Expliquez-nous ! Expliquez-nous ! Oui, mais sur quel type de marchandises ? Nous sommes déjà... Sur tous les types, les Français savent tout faire. Alors évidemment, à condition qu'on ait dans chacun de nos territoires une accumulation de qualifications dans tous les domaines. Moi, je suis très choqué de voir par exemple la Guyane sans un seul lycée Dubois ou sans lycée maritime et ainsi de suite.

28:17
Présentateur

Est-ce qu'on peut par exemple aller chercher le pétrole au Brésil ? On est dans un contexte, vous le savez, de crise économique...

28:22
Jean-Luc Mélenchon

Ah, le pétrole, bien sûr. Je me disais où vous voulez en venir. Le pétrole, non. C'est un exemple, il y en a d'autres. Je ne suis pas pour les forages de grands fonds. Je préfère le dire bien franchement, je l'ai déjà dit sur place. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a aujourd'hui aucun droit des grands fonds. Les Français qui, eux, sont intéressés à ça ont intérêt à ce qu'il y a un droit des grands fonds. Le droit, vous savez, le droit, c'est la civilisation. Où vous avez du droit, où vous faites ce que vous voulez, c'est le plus fort qu'à le dernier mot. Je pense que c'est extrêmement dangereux de s'amuser à faire des trous en grande profondeur puisqu'on ne sait pas les reboucher.

Je vous rappelle ce qui s'est passé dans le golfe du Mexique il n'y a pas si longtemps que ça. Donc pour ma part, je suis hostile à l'exploitation du gaz et du pétrole des grands fonds qui se trouvent dans la mer Caraïbe ou un peu plus haut par là-bas parce que c'est trop dangereux. Alors le jour où on saura, j'espère qu'on saura se passer de ça. Et puis vous avez peut-être moins besoin de pétrole que les autres et je recommande qu'on développe la capacité de domestiquer l'énergie marine puisqu'elle contient 66 fois ce dont nous avons besoin à terre. Donc ça va, il y a de quoi faire. Il faut faire preuve d'inventivité.

Comment comprenez-vous qu'il n'y ait pas de lycée professionnel ni d'IUT sur les énergies renouvelables en Martinique ? Pourquoi ? C'était un bataillon d'avant-garde la Martinique. C'est quelque chose

29:34
Présentateur

que vous allez développer. Il voudrait vous parler d'autonomie alimentaire Jean-Luc Mélenchon. Il s'appelle Steve Liu. Il est chef d'entreprise en Polynésie. Bonsoir Steve.

29:46
Auditeur

Yorana, M. Mélenchon, Yorana Thierry Valéry. Merci de recevoir aujourd'hui. Donc la Polynésie française rencontre énormément de problèmes d'approvisionnement du reste du monde. Donc cette situation engendre forcément une inflation des prix et vu notre énoignement nous ne sommes pas prioritaires. Donc est-il possible de bénéficier de dispositifs d'accompagnement afin de pouvoir maîtriser cette inflation des prix qui est forcément une répercussion sur le pouvoir d'achat des Polynésiens M. Mélenchon ?

30:13
Jean-Luc Mélenchon

Oui, d'abord les mesures de blocage de prix doivent s'appliquer partout. Bon, alors c'est déjà le cas vous savez je ne connais pas exactement le statut pour la Polynésie française mais je le connais pour la Réunion la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane là le préfet fixe les prix et à la Réunion ils ont eu une idée que je trouve assez intelligente qui a consisté à associer des citoyens à la détermination des produits qui sont sous contrôle. Je vous arrête tout de suite C'est un pansement

30:42
Présentateur

ça ne règle pas le problème de la vie chère

30:44
Jean-Luc Mélenchon

Vous n'avez qu'à l'enlever vous verrez ce que ça créera ça sera un problème pire encore Donc commençons il vaut mieux être réaliste et faire des choses qui sont efficaces les faire comme ça marche le blocage des prix c'est une chose

30:56
Présentateur

Le dernier bouclier qualité prix est sorti la semaine dernière les réunionnais en ont pris connaissance et ils ne s'en sont pas servis pour faire leur course concrètement

31:03
Jean-Luc Mélenchon

Bon, donc il n'y a qu'à enlever le contrôle des prix puisque vous le suggérez

31:06
Présentateur

Mais peut-être agir sur les marges

31:07
Jean-Luc Mélenchon

Donc je termine dans ma logique à moi si vous voulez bien il y a la vôtre et puis il y a la mienne et comme c'est moi qui suis candidat je pense que ça vaut la peine qu'on entende ce que je ferai Donc il y aura le blocage des prix et nous les contrôlerons d'autant plus près que dans toutes ces régions le monopole de l'importation aboutit à des abus absolument inouïs et qui sont rarement dénoncés Il est vrai que ceux qui ont l'argent ont souvent le pouvoir de donner des ordres Alors après il y a la souveraineté et là les aides s'il doit y en avoir elles doivent être appliquées à des choses concrètes Les objectifs que nous devons nous donner dans tous les territoires et départements d'outre-mer c'est l'autonomie alimentaire Si vous dépendez des approvisionnements comme c'est le cas aujourd'hui à 80% nous allons être dans une situation terrible au premier des règlements climatiques importants qui se produira J'ajoute que quand on étudie de plus près on s'aperçoit que la surface agricole nécessaire pour pourvoir à tout ce qui est importé en matière alimentaire pour prendre l'exemple de la Guadeloupe ou de la Martinique que je connais ce sont ces 2% des terres arables qui sont nécessaires donc c'est tout à fait à portée de main partout nous devons aller à l'autonomie alimentaire et ensuite vous verrez que le reste suivra parce que les productions locales je me suis assuré par exemple de la capacité qu'on a avec certains produits je pense à la canne, au roseau, etc.

au bambou à produire des centaines d'autres choses que l'hexagone produit dans des conditions effroyables en plastique, mono-usage c'est-à-dire que c'est un gâchis absolument extraordinaire tandis que les sociétés comme la vôtre sont plus entraînées au respect de la nature et du moins une mentalité du tout jetable

32:48
Présentateur

Vous faites un pari, Jean-Luc Mélenchon celui de la bifurcation écologique en deux mots il faut changer nos modes de production d'échange, de transport est-ce que les ultramarins vont aussi devoir changer leur mode d'alimentation ?

33:03
Jean-Luc Mélenchon

Eh bien par la force des choses parce que il faut bien se rendre compte de l'ampleur de l'affaire déjà il y a deux problèmes que nous tâcherons de régler aussi vite que possible c'est l'affaire de l'épidémie de diabète et d'obésité donc pas question de continuer à amener des produits qui contiennent plus de sucre qu'ailleurs bon voilà ça n'a l'air de rien c'est banal mais ça change tout dans la vie de tous les jours vos gamins vous savez bien comment c'est si ça leur plaît pas ils vont vous le dire bon bien il y a une prévalence au diabète dans nos territoires qui est effectivement importante bon ça existe après il y a tout le reste les drones comme l'hexagone tout le monde a pris l'habitude du jetable le rasoir jetable l'appareil photo jetable tout le monde fait ça et bien ça non ça c'est fini et puis il va falloir être plus sobre en utilisation d'énergie aussi longtemps qu'on n'est pas capable d'en produire davantage alors à mon avis ça ira plus vite pour les drones que pour l'hexagone parce que il y a la mer le trois quarts du temps tout autour et que dès qu'on va commencer vraiment à exploiter l'énergie marine il y aura peut-être trop mais là encore vous êtes en avance parce que la souffrière c'est un modèle Jean-Luc Mélenchon

34:05
Présentateur

je voudrais quand même revenir deux secondes sur la lutte contre la vie chère vous semblez tenir au bouclier qualité prix on l'a bien compris il y a aussi d'autres marges de manœuvre et justement peut-être agir sur les marges agir sur les monopoles est-ce que vous comptez le faire et comment ?

34:20
Jean-Luc Mélenchon

Les monopoles d'abord on les brise autant plus facilement qu'on les brise pacifiquement si vous produisez localement à prix acceptable ce qu'ils importent à prix inacceptable vous allez gagner donc ça c'est la première des choses la deuxième c'est que évidemment il va y avoir des négociations sur tous les prix mais ça c'est une solution qui est réservée au Drôme je n'ai pas l'intention de faire la même chose avec l'hexagone et il ne faut pas que les gens prennent peur parce que souvent on leur fait peur avec ça en France métropolitaine hexagonale jusqu'en 1986 tous les prix étaient censés être contrôlés en vérité ils ne l'étaient plus mais toutes les années 70 c'était en un bureau que tout se fixait tous les prix sur tous les sujets donc je pense que moi je préviens les monopoles où vous êtes raisonnable où vous vous comportez d'une manière raisonnable où je fixerai tous les prix pas moi évidemment c'est pas le président de la république qui va faire là donc j'invite tout le monde à être raisonnable et à respecter la population elle n'en peut plus et elle vient de traverser une énorme crise il n'est pas normal que pendant tout ce temps là ceux qui faisaient des fortunes continuent à le faire ça c'est pas normal et j'ajoute une chose ne comptez pas sur moi pour baisser les taxes pour rendre la chose plus supportable parce que non mais attendez baisser les taxes ça veut dire comprendre dans le trésor public de quoi alimenter le trésor privé alors ça zéro pour la question c'est le trésor privé qui réduira son trésor mais je pense que tout le monde est prêt à l'entendre il faut un peu de fermeté

35:53
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon trois minutes maintenant trois minutes pour répondre à une série de questions bien ciblées sur des thématiques d'outre-mer c'est l'interview express avec Thierry Bellemont et après il faudra aller un peu plus vite dans vos réponses parce qu'on aimerait entendre tous les jeunes qui sont avec nous en duplex merci c'est l'interview express Jean-Luc Mélenchon Parcoursup cette plateforme web destinée à recueillir et gérer les voeux et affectations des futurs étudiants êtes-vous pour ou contre ? contre contre pourriez-vous oui ou non instaurer partout une priorité à l'emploi local partout ?

36:35
Jean-Luc Mélenchon

partout non pour 50% des poches j'ai dit tout à l'heure mais seulement sur le territoire sur les territoires des drômes il n'en est pas question pour l'hexagone

36:43
Présentateur

oui ce concept existe déjà la priorité à l'emploi local en Nouvelle-Calédonie vous le savez probablement

36:50
Jean-Luc Mélenchon

êtes-vous pour ?

oui parce que j'ai fait tous les débats sur la Nouvelle-Calédonie depuis 1986 mais j'ai eu l'occasion de dire que la priorité locale je vous demande d'y réfléchir tous bien moi je vous parle en ami je ne cherche pas à flatter à séduire ou à je ne sais pas quoi si tous les postes de l'administration locale sont occupés par des gens du coin peu importe que ce soit à Plougastel ou à Nouméa vous vous retrouvez avec des gens que vous connaissez dont vous connaissez le père le grand-père l'arrière-grand-père et autant pour les grands-mères bon est-ce que vous avez envie de vivre en vase clos avec comme ça sous la surveillance les uns des autres donc je crois que le mouvement dans la fonction publique ça permet aussi comment dire une certaine aération et je crois que tout le monde le comprend

37:36
Présentateur

et à ne pas oublier les locaux évidemment êtes-vous pour ou contre Jean-Luc Mélenchon le déboulonnage des statuts controversés

37:43
Jean-Luc Mélenchon

ça dépend lesquels on l'a toujours fait en France maintenant c'est devenu une histoire bon moi j'ai dit écoutez la culture cancel ça a commencé avec la Bastille on l'a fichu par terre alors donc commencez pas à donner des leçons après il faut que les gens comprennent qu'il y a des statuts qui ne posaient aucun problème pendant un temps puis tout d'un coup on se dit mais quand même qu'est-ce que c'est que cette histoire alors qu'est-ce qu'il faut

38:04
Présentateur

oui ou non plus de pédagogie des histoires des outre-mer dans les écoles

38:08
Jean-Luc Mélenchon

tout à fait clairement oui et puis surtout qu'on enseigne quelque chose de fondamental les esclaves n'ont jamais été résignés et donc ils se sont toujours révoltés les sociétés esclavagistes n'ont jamais été des sociétés où les maîtres ont fait ce qu'ils voulaient j'ajoute la chose suivante puisque je parle de ça je sais qu'on parle souvent des statuts de Colbert alors on me dit ah ben Colbert ben oui Colbert oui si t'es blanc c'est pas un problème mais si tu es le descendant d'un esclave si c'est un problème parce que tu regardes la statue d'un gars qui a expliqué comment traiter les esclaves bon ben il faut le comprendre si on ne le comprend pas on se parle plus

38:45
Présentateur

la Nouvelle-Calédonie et la Poynésie doivent-elles oui ou non quitter le franc pacifique et passer à l'euro rapidement une réponse en 25 secondes

38:54
Jean-Luc Mélenchon

ben ça serait pas une bonne idée pour eux parce que ça ferait une monnaie drôlement forte peut-être beaucoup trop forte donc bon ils font bien comme ils veulent on leur posera la question je pense mais moi je serais réticent l'euro est une protection pour nous on le sait en même temps c'est un carcan mais quand vous êtes là-bas à la Polynésie française c'est plus un carcan qu'une protection merci beaucoup Jean-Luc Mélenchon pour vos réponses

39:19
Présentateur

c'est effectivement la fin de cette interview express allez nous allons regarder à nouveau en direction de la nouvelle génération ils sont les deux prochains à prendre la parole ce soir Damien à la Réunion et Tania Emzé que nous allons retrouver tout de suite à Mayotte bonsoir Tania vous voudriez nous parler de ce sentiment que vous semblez partager avec de nombreux maorais de quoi s'agit-il Tania ?

39:45
Auditeur

bonsoir M. Mélenchon bonsoir à tous actuellement les habitants de Mayotte se sont abandonnés par le gouvernement la population vit avec la crainte de l'insécurité qu'elle rencontre au quotidien et se sont mises de côté par l'immigration clandestine en effet ces fléaux ne cessent de prendre de l'ampleur que comptez-vous mettre en place pour que dans 10 ans les habitants de Mayotte n'aient plus ce sentiment d'abandon ?

40:12
Jean-Luc Mélenchon

je suis intervenu si vous avez regardé à plusieurs reprises à la tribune de l'Assemblée nationale à propos de Mayotte et j'ai souvent parlé dans les mêmes termes que certains de vos élus qui ne sont pas du tout de mon bord mais avec qui j'entretiens une relation amicale la situation de Mayotte est hors du commun la forme et le niveau de l'immigration des comores vers Mayotte est un phénomène absolument intenable par Mayotte et par conséquent nous devons avoir des mesures notamment de discussion avec les autorités comoriennes parce qu'on ne peut pas continuer comme ça c'est pas qu'on ne veut pas c'est pas qu'on soit fermé souvent ce sont des familles mais on ne peut plus c'est aussi simple que ça à comprendre mais les discussions ont déjà été menées et ça continue il y a pour répondre à la situation de Mayotte un grand cahier général qui a été mis au point par tous les maorais de tous les points de vue politique il coûte 2 milliards je m'engage vous m'entendez je m'engage à ce que ce programme soit planifié et appliqué et c'est le vôtre c'est pas le mien je suis certain que pour ce qui concerne Mayotte vous êtes plus malin que moi pour savoir quoi faire

41:19
Présentateur

Tania je voudrais revenir vers vous vous posiez une question tout à l'heure sur l'insécurité concrètement de quoi avez-vous besoin en urgence vous attendez une réponse peut-être concernant des déploiements peut-être de forces de l'ordre de quel type de police une police de proximité d'éducateurs sur le terrain qu'est-ce que vous attendez Tania

41:38
Auditeur

de police de renfort comment je vais dire ça moi je suis éducatrice et on n'est pas suffisant sur le territoire de Mayotte pour accompagner ces jeunes qui sont dans la délégance pour la police aussi on en a besoin je vous donne un exemple il y a des jeunes qui vont à l'école et il y en a qui reviennent et il y en a qui ne reviennent pas pourquoi ils ne reviennent pas parce qu'il y a eu des conflits entre jeunes et ce conflit emmène à ce qu'il y ait des meurtres et des fois on n'a pas de suite on ne retrouve pas les personnes qui ont fait ces actes-là et au final d'où l'abandon et moi en tant que mahoraise je n'ose même plus sortir aller à la plage pour moi aller à la plage je dois réfléchir à comment accéder est-ce que je peux laisser mes affaires là sans qu'on me vole est-ce que je peux sortir avec mon petit frère et ma petite soeur sans qu'on nous agresse est-ce que je peux sortir le soir en fait il y a tout un questionnement avant de sortir on est obligé de rentrer dans les réseaux pour regarder si à Compagnie ça va exploser dans le sud de Mayotte ou on doit faire le détour parce que l'autre côté ça a été bloqué donc on ne peut pas passer par l'autre côté en fait on ne vit plus

42:53
Présentateur

c'est un véritable cri du coeur que vous poussez ce soir Tania la criminalité a augmenté de 25% en 2021 je connais bien

43:00
Jean-Luc Mélenchon

cette situation nous avons à Mayotte entre 5 et 7000 m'a-t-on dit jeunes gens isolés qui sont des mineurs sans famille accueillis par rien ni personne donc la première des choses c'est de s'occuper de ça et d'y mettre le monde qu'il faut parce que on prendra le monde par le bout qu'on veut des gamins isolés sans famille sans repères moraux et familiaux ils ne peuvent pas se construire normalement autrement que dans la violence parce qu'ils sont tous en compétition les uns avec les autres qui plus est la crise de l'eau à Mayotte comme à La Réunion exacerbe les tensions entre une partie de la population donc il faut le renfort qu'il faut mais il ne faut pas se tromper d'endroit ce n'est pas seulement de la police dont on a besoin ce dont on a besoin c'est d'éducateurs c'est d'enseignants supplémentaires peut-être je sais on m'a dit on n'arrête pas de construire des collèges et bien qu'est-ce qu'on va faire on va encore en construire mais pauvres qu'est-ce qu'on peut faire d'autre que d'essayer de faire face mais en tout cas déjà le point de départ c'est tarir la source donc discuter avec les Comoriens pour qu'on arrête ça parce que nous Français on ne sait pas le traiter et on vit à la fin comme vous dites et moi je suis d'accord pour dire que ce n'est pas supportable Jean-Luc Mélenchon

44:07
Présentateur

nommait les choses qu'on arrête ça qu'on arrête quoi cette immigration devenue hors de contrôle et on l'arrête comment

44:13
Jean-Luc Mélenchon

que les Comores nous disent pourquoi les gens partent-ils ça ne doit pas être si difficile à savoir que ça pourquoi ils partent ou bien parce qu'ils sont trop pauvres ou bien parce qu'ils ne peuvent pas se soigner sur la Comore qu'est-ce qu'il faut de quoi a-t-on besoin une fois on a mis à Anjou des moyens sur l'île d'Anjou on a mis des moyens sanitaires ailleurs est-ce qu'il faut faire autrement on veut bien prendre notre part mais on ne veut plus subir la situation

44:34
Présentateur

la coopération est votre réponse

44:37
Jean-Luc Mélenchon

à l'immigration la coopération puis peut-être on va devoir aussi des fois élever la voix parce que c'est pas normal il n'y a pas que nous qui devons faire des efforts dans la région nous ne sommes pas les Français comme ça qui ont fait subir tout et n'importe quoi ce que vous décrit Madame comme vide tous les jours je vous garantis que c'est la vérité elle n'exagère pas c'est comme ça que sont les gens alors ça va quoi ras-le-bol à la fin et c'est pour ça que nous que nous prenons ces et nous on en fera un parce qu'on doit en faire quand elle dit on est abandonné on ne peut pas dire le contraire qu'est-ce que c'est 2 milliards dans le budget de l'État rien du tout enfin rien du tout si c'est quand même une somme mais c'est pas si difficile que ça à débloquer pour tout bien organiser et à Mayotte ils ont une bonne culture de ça ils ont toujours eu la meilleure DDE du coin la meilleure organisation ils savent le faire

45:23
Présentateur

Mayotte est effectivement une terre de défis on parle souvent des problèmes de Mayotte mais Mayotte est une terre de défis avec de belles opportunités c'est important de le souligner nous prenons les jeunes pour témoins ce soir effectivement Jean-Luc Mélenchon et c'est un autre jeune de l'océan Indien que nous allons retrouver à présent il s'appelle Damien Waraud et il est apprenti sur l'île de la Réunion il faudrait justement vous parler d'apprentissage bonsoir Damien Waraud

45:45
Auditeur

vous pouvez lui poser la question alors on a souvent considéré la voie de l'apprentissage comme une voie de garage ces dernières années il y a eu beaucoup de réformes sur la voie de l'apprentissage ce qui a permis de signer plus de 718 000 nouveaux contrats c'est beaucoup mais il faudrait que ces contrats mènent à des emplois durables les abus des entreprises sur ces contrats faussent les chiffres de l'emploi si vous êtes élu pour le prochain quinquennat que proposeriez-vous pour garantir l'insertion professionnelle des apprentis ?

46:41
Jean-Luc Mélenchon

alors d'abord sur le mot garantir on ne pourra jamais rien garantir à personne s'il n'y a pas un niveau d'emploi suffisant pour qu'il y ait un niveau d'emploi suffisant il faut qu'il y ait une organisation locale de la production et de la distribution suffisante il faut donc qu'il y ait des socles à ça qu'en quelque sorte quelque chose qui mette en haute le reste c'est pourquoi j'ai parlé d'autonomie alimentaire parce que si vous avez l'autonomie alimentaire derrière il vous faut l'usine pour traiter les produits la machine à faire les bocaux la machine à faire les cabins je connais tout ça par coeur donc vous voyez comment quand vous avez un secteur qui se développe sert de volant d'entraînement au reste maintenant je viens alors c'est vrai aussi par exemple pour l'énergie de la mer les gens ils me voient dans l'eau avec des rames en train de faire je ne sais pas quoi ils ne comprennent pas que c'est des machines qu'on va mettre et si on met des machines il faut des ouvriers spécialisés il faut donc être capable de produire les pièces des machines et leur rénovation donc là aussi l'énergie de la mer entraînera le reste de l'économie locale maintenant sur l'apprentissage lui-même je suis d'accord avec vous pour dire que ça a complètement faussé les chiffres parce que voyez vous 718 000 jeunes inscrits comme apprentis égale sortie du marché du chômage parce que l'apprentissage est un contrat de travail ce n'est pas un statut scolaire donc c'est très malin et puis on donne aux entreprises entre 5000 et 8000 euros alors je vous donne ma version j'ai rien contre l'apprentissage il y en a à qui s'appeler mais ce que moi je promets c'est de mettre partout des lycées professionnels l'équivalent du lycée professionnel ça sera des centres polytechniques et tous les élèves qui seront là vous m'entendez tous auront chacun une bourse de 1000 euros par mois pour qu'ils ne fassent que ça étudier et je rétablirai le bac professionnel en 4 ans car nous avons besoin d'une masse de bacheliers professionnels pour assurer le niveau d'une économie moderne voilà ma façon de voir les choses quant aux apprentis il est clair que comme ça sera moins intéressant d'être apprenti que d'être au lycée professionnel y compris dans l'apprentissage parce que vous savez qu'il y a un apprentissage dans les lycées professionnels je suis à peu près sûr de gagner la partie à la fin

48:44
Présentateur

nous allons prendre la direction de Saint-Pierre-et-Miquelon Jean-Luc Mélenchon où nous retrouvons Enora Cheigne elle voudrait vous parler d'environnement et d'un problème là encore un défi majeur la gestion des déchets on vous écoute Enora Bonjour Monsieur Mélenchon

49:02
Auditeur

Donc oui je vais vous interpeller sur le sujet des déchets à Saint-Pierre et à Miquelon les déchetteries sont à ciel ouvert et très proche de la mer et c'est d'autant plus problématique parce que le brûlage des déchets non recyclables est encore pratiqué ou encore lors des périodes de grand vent où certains déchets s'envolent hors de la déchetterie donc tout ça ça implique autant des questions de gestion des déchets d'impact sur l'environnement que de santé publique donc ma question est comment est-ce que les outre-mer peuvent-elles être mieux soutenues pour gérer leurs déchets qui ont parfois plus de risques de finir dans l'océan étant majoritairement des îles ?

49:37
Jean-Luc Mélenchon

Bon écoutez je n'ai pas réfléchi à cette question sur le cas de Saint-Pierre et Miquelon vous êtes 6 000 si mes souvenirs sont bons donc on travaille à petite échelle ce n'est pas le bout du monde d'arriver à trouver des solutions parce que je vous garantis que j'en ai vu moi des déchetteries j'ai été voir ça de près je sais ce que ça veut dire comme ressources humaines c'est extraordinaire 2 yo comme capacité de récupération et 3 yo comme prise de conscience pour tout le monde donc moi ce que je vous garantis je ne connais pas exactement la réponse c'est que je vous promets d'y mettre mon nez pour être absolument certain que vous serez en état de le faire de toute façon dans l'hexagone c'est pareil ils ont le même problème ne croyez pas que parce que vous avez du vent et de la mer c'est un cas particulier c'est la même chose ici vous allez du côté de Marseille il y a des sacs en plastique de tous les côtés il y a des bouteilles partout ils ont des verres 600 tonnes par an dans la mer Méditerranée j'en suis écœuré donc là où vous mettez le doigt sur la vraie question c'est que la question des déchets maintenant il va falloir que les français se collent dans le crâne que c'est une question numéro 1 notamment parce qu'elle a un impact sur la question numéro 1 1 1 c'est l'eau si vous laissez tout être pourri vous n'aurez plus d'eau voilà c'est aussi simple à comprendre que ça donc c'est bien d'avoir posé la question et la réponse j'espère qu'elle vous plaît en tout cas si je suis élu j'arrive

50:50
Présentateur

une petite question et de mettre à l'oeil dans les déchets Jean-Luc Mélenchon sur le traitement des eaux usées c'est un gros problème le traitement des eaux usées dans nos outre-mer ça pollue notre écosystème est-ce que c'est une urgence pour vous ?

51:02
Jean-Luc Mélenchon

c'est plus une urgence c'est au point je me demande par quelle bouche je vais attraper cette affaire parce que prenons l'exemple des coupures d'eau à la Guadeloupe c'est la catastrophe un jour il y a l'eau le lendemain il n'y a pas bon ça ne peut plus durer les gens ne peuvent plus d'abord il y a une mesure d'urgence moi j'ai dit on commence par respecter les gens on ne leur dit pas il faut vous laver les mains trois fois par jour etc il n'y a pas d'eau ou bien vous devez faire ci et ça il n'y a pas d'eau donc l'approvisionnement de fortune on va dire dans les citernes et les bouteilles d'eau le plan hors sec eau doit être appliqué à la Guadeloupe il faut respecter les gens c'est quand même pas difficile à comprendre pour un pouvoir public expliquez-moi voir qui avait la difficulté à transporter de l'eau ça serait de l'uranium je ne vous dis pas mais c'est de l'eau primo, segundo refaire tous les réseaux alors quand j'y suis allé pardon je vais parler familièrement on m'a pris la tête et je me suis fait dénuer au cerveau à écouter combien de gens devaient intervenir pour régler le problème à ce rythme là vous n'êtes pas prêt de voir de l'eau donc je pense qu'il va falloir qu'on ait une décision un décret d'urgence vous voyez comme quand il y a une situation de catastrophe naturelle et on va mobiliser des moyens parce qu'on ne vient pas me raconter que c'est un problème de creuser des tranchées et d'y mettre des tuyaux parce que les tuyaux on les a Saint-Gobain c'est les fabriquer et pour ce qui est de creuser des tranchées on a les instruments donc moi je dis comme les Guadeloupéens il y en a marre quoi assez il y en a marre

52:21
Présentateur

ça veut dire qu'il faut mettre les moyens pour pouvoir régler définitivement ce problème Jean-Luc Mélenchon

52:25
Jean-Luc Mélenchon

mais évidemment il faut voir comment ils doivent le régler dans l'hexagone ils n'ont toujours rien compris ils installent des stations d'épuration qui sont trop petites maintenant ils tombent des nuées d'eau et tout d'un coup tout déborde et c'est comme si on n'avait rien fait donc il faut y mettre les moyens et encore une fois que ceux qui font de l'économie réfléchissent concrètement ça coûte moins cher d'installer de l'eau et d'avoir des bassins de décantation que de tout laisser en l'état et d'avoir tout qui est pollué ça coûte moins cher il faudra arriver à faire comprendre ça aux technocrates

52:55
Présentateur

Une question cruciale pour nos Outre-mer d'autant plus que le jour de mars c'est la journée mondiale de l'eau

52:58
Jean-Luc Mélenchon

Mais les gens ne vont pas voir aujourd'hui c'est la journée de l'eau ils ne vont pas aller voir l'eau de mer quand même

53:02
Présentateur

Alors après le défi environnemental la lutte contre la fracture numérique et c'est avec Stéphanie Désir sans emploi à Cayenne en Guyane que nous en parlons Bonsoir Stéphanie Bonsoir M. Mélenchon Bonsoir à tous Bonsoir Alors je me présente Désir Stéphanie je viens de la Guyane actuellement en recherche d'emploi j'ai entamé aussi une formation en ligne malheureusement je rencontre quelques difficultés notamment la connexion internet du coup ma question est pourquoi sur notre territoire on a toujours des problèmes de connexion en sachant qu'on a une vie spatiale sur le territoire et comment les jeunes des communes un peu plus éloignées peuvent-ils réussir avec cet outil défaillant ?

53:51
Jean-Luc Mélenchon

Vous avez raison ce n'est pas normal ce n'est pas compréhensible ce n'est pas admissible il n'y a rien d'autre à en dire qu'il faut faire face à ça et franchement bon je suis prêt à entendre tous les arguments du monde qu'on voudra mais qu'on ne vienne pas me dire que c'est difficile d'assurer une garantie de couverture au territoire de la Guyane quand il a fallu aller poser en plein dans la forêt un poteau pour installer la télévision on a réussi à le faire alors donc on doit être capable de faire ça d'autant que les communications satellitaires maintenant rendent tout ça possible moi ce qui m'inquiète pour vous autres à la Guyane c'est qu'on fasse un peu trop genre quand il y a un problème il n'y a qu'à voir avec l'internet résultat vous n'avez plus de journaux imprimés et ici à l'Hexagone ils ne savent pas qu'il y a un département français qui est grand comme le Portugal d'accord et où il n'y a pas un seul journal imprimé quand vous étiez 40 000 il y en avait 3 et maintenant que vous êtes 400 000 il y en a 0 il faut aller sur internet donc raison de plus que vous dites pour que les gens comprennent bien et qu'ils m'écoutent que ça veut dire que ceux qui n'ont pas accès à internet ils n'ont accès à rien ils ne savent rien ils sont coupés de tout le monde

54:56
Présentateur

et la Guyane c'est une peur spatiale c'est ça qui est le plus choquant alors on a le 3ème sport spatial du monde à côté et quand vous serez président Jean-Luc Méchon si vous êtes président vous allez changer les choses évidemment en Guyane

55:08
Jean-Luc Mélenchon

sur ça bien sûr on va aller si chaud partout autant qu'il faut c'est pas très compliqué quand c'est très compliqué il vaut mieux le dire aux gens tout à l'heure je vous ai dit moi j'ai la tête comme ça avec l'histoire de l'eau à la Guadeloupe bon maintenant on creuse des trous on met des tuyaux on arrête de parler bon ça va prendre un petit peu de temps mais faire ça la couverture totale du territoire en internet non ça ne demande pas

55:29
Présentateur

à propos de couverture justement couverture du territoire je vous montre un graphique qui concerne donc l'équipement et l'accès au très haut débit vous le voyez Saint-Thierry-Miquelon est plutôt à la pointe là-dessus avec 100% d'accès au très haut débit ensuite vous le voyez la moyenne dans l'hexagone c'est 68% et puis nous allons voir comment ça se passe en Guyane en Guyane on retombe à 31% et à Mayotte 18% Stéphanie Désir pour cet accès à internet qui semble défaillant combien est-ce que vous payez par mois ?

alors par mois 54 euros voilà donc non seulement le système n'est pas optimal mais en plus c'est assez onéreux avec vous au pouvoir aujourd'hui de Mélenchon à quand l'égalité numérique et l'égalité sur les prix ?

56:12
Jean-Luc Mélenchon

vraiment je suis capable de prendre des mesures très énergiques si on fait payer 54 euros un truc qui ne marche pas on paiera zéro et je dirais au fournisseur vous choisissez ou vous installez tout et ça marche vous n'avez plus droit à rien je mets quelqu'un d'autre parce qu'il ne faut pas se laisser intimider quand c'est un salarié on sait lui dire tu ne fais pas ton travail on va prendre quelqu'un d'autre donc un fournisseur qui ne fait pas son travail on peut en trouver un autre qu'on ne vienne pas me dire qu'Orange n'est pas capable d'équiper tout le territoire il y a vous comprenez comme ces lois qui se débrouillent et ils ne vous craignent pas assez s'ils vous craignaient davantage ils feraient plus attention à vous

56:48
Présentateur

mais ça qu'est-ce que ça veut dire

56:50
Jean-Luc Mélenchon

c'est scandaleux ce qu'on vient de voir je pense qu'on est tous indignés pour quelle raison 18% de haut débit à Mayotte pour quelle raison qu'est-ce qu'il y a à Mayotte qui empêche les ondes de se propager rien du tout donc c'est bien qu'on méprige la population on s'en fiche on lui dit bon ben tu veux avoir ça ben tiens paye 54 euros pour avoir un truc qui ne marche pas c'est scandaleux

57:09
Présentateur

Myria qui vit dans l'hexagone Myria Céleste jeune guadeloupéenne installée donc à ici les Moulineaux où vous êtes chargée de mission vous êtes la dernière à prendre la parole ce soir Myria et vous voulez poser une question à Jean-Luc Mélenchon sur la place des ultramarins dans les administrations on vous écoute oui

57:33
Auditeur

bonjour à tous donc effectivement c'est un sujet qui a été un peu traité au cours du débat mais effectivement ma question c'était de savoir comment on pourrait donc agir pour favoriser l'accès à la haute fonction publique des ultramarins au sein des différentes institutions et au delà de la question des quotas qui a été abordée comment pourrait-on favoriser la diversité des profils et des compétences au sein de la fonction publique

58:00
Jean-Luc Mélenchon

bon ben déjà on est à peu près d'accord alors c'est bien parce que tout à l'heure j'ai évoqué la fonction publique sur place et puis j'ai dit il faut qu'il y en reste 50% qui tournent sur place mais ici aussi ici aussi il faut que ça tourne et vous savez les jeunes gens normalement dans la fonction publique pourvu que ça dure en tout cas avec moi non seulement ça durera mais ça sera rétabli ça marche à coup de concours et de méritocratie en principe on ne regarde pas qu'il y a les votre religion votre couleur de peau ni votre adresse et ça je trouve que ça a eu tendance à un petit peu reculer et je trouve qu'il y a une façon souvent de regarder les ultramarins comme si c'était des êtres exotiques bon qui ne seraient pas tout à fait bien au courant ou bien aux normes de fonctionnement je le vois en région parisienne qui est par sa composition de population certainement le premier territoire d'outre-mer il doit y avoir 300 ou 400 000 personnes originaires des outre-mer français donc si vous voulez si on était un peu malin et si on savait organiser les choses on ferait tourner tout le monde c'est à dire vous pourriez faire un petit début de carrière sur le territoire de l'hexagone pour ceux qui veulent retourner au pays parce que des fois les attaches se sont éloignées c'est seulement les grands-parents qui sont au pays les parents ils sont en île de France et les enfants maintenant à l'âge de prendre le boulot comme vous-même bon ben voilà alors il suffirait d'un peu de mobilité et d'un peu d'attention et d'un peu de bienveillance et un peu d'affection aussi ça c'est pas trop pour que les choses soient beaucoup plus fluides la vérité aujourd'hui c'est que les originaires des DOM et des TOM ont l'impression d'être regardés comme d'une catégorie à part et ça moi je dois dire que je le supporte pas après évidemment bon dans la fonction publique on a besoin de tout le monde si vous y êtes vous savez comme moi que vous n'êtes pas là parce que vous ne savez pas où aller ailleurs vous êtes là parce que vous avez choisi d'y être

59:59
Présentateur

on peut lui poser la question justement Myria Céleste vous êtes donc dans l'Hexagone vous avez choisi de travailler dans l'Hexagone parce que c'est là que vous avez trouvé du travail parce que travailler dans votre territoire d'origine la Guadeloupe c'était compliqué ou c'est un choix de vie un choix délibéré

1:00:14
Auditeur

c'est une question d'opportunité pour le moment j'ai fini mes études il y a quelques années et donc c'est en métropole que j'ai trouvé mon premier poste mais j'ai l'objectif de pouvoir retourner au pays très rapidement

1:00:29
Présentateur

faciliter le retour au pays c'est quelque chose aussi

1:00:33
Jean-Luc Mélenchon

moi je vous le souhaite on va essayer d'organiser ça pour que ça soit possible parce que vous savez après la vie c'est dur je vois plein de copains que j'avais qui venaient bon vous alors je ne sais pas si c'est la Guadeloupe ou la Martinique mais celui qui venait de la Corrèze ou celui qui venait de je ne sais pas où moi de la Bourgogne alors il débute sa vie puis il dit j'aimerais bien revenir dans le département puis ça ne se fait pas puis quand enfin il y a la retraite et qui retourne il n'y a plus personne il ne connait personne donc la vie c'est un processus qu'il faut tisser avec un peu de soin donc je vous souhaite vraiment d'y arriver aussi rapidement que possible mais moi je sais que je m'occuperai de ça de faire en sorte que ça tourne que vous puissiez tourner à temps pour que bon bah vous puissiez continuer à construire votre vie je ne sais pas si vos enfants si vous avez des enfants s'ils sont nés ici bon voilà et oui mais ça compte après tu ne t'en vas pas quand les petits veulent rester là parce que leurs copains sont là t'as plus de mal à repartir tout le monde sait ça

1:01:26
Présentateur

bon bah ça c'est un projet qui concerne Myria et que Myria nous ne lui poserons pas de questions là-dessus ce soir Jean-Luc Mélenchon

1:01:33
Jean-Luc Mélenchon

ça ne l'a pas fait sauter au plafond

1:01:35
Présentateur

non mais ça l'a fait sourire effectivement dans votre avenir en commun Jean-Luc Mélenchon un concept est mis en avant la créolisation inspirée du poète Martiniquet Édouard Glissant la créolisation c'est quand le mélange des cultures crée quelque chose de nouveau une nouvelle identité un nouvel esprit français pensez-vous Jean-Luc Mélenchon que la société française a vraiment envie de créolisation

1:02:01
Jean-Luc Mélenchon

c'est pas très important de toute façon ça se fait je vais vous en donner un exemple tout bête quand moi je suis né on avait un ancêtre sur dix un sur dix était étranger étranger je ne dis pas venant d'un homme ou d'un homme aujourd'hui c'est un sur quatre alors les gens peuvent toujours se raconter ce qu'ils veulent la France a bougé et la France a toujours bougé je trouve incroyable qu'on ait une discussion pareille nous français que vous soyez obligé

1:02:34
Présentateur

du coup de le mettre dans votre programme alors

1:02:35
Jean-Luc Mélenchon

mais j'ai rien besoin de faire attention je ne parle pas de métissage métissage c'est autre chose je parle de créolisation c'est la production d'une culture en commun et je me demande ce que les gens ont contre ça les sociétés qui ont inventé qui ont été obligées d'aller le plus loin c'est qui justement c'était les sociétés esclavagistes pourquoi parce que les gens ne parlaient même pas la même langue et certains candidats vont mettre en cause tout ça Jean-Luc Mélenchon si vous voulez rester des groupes humains il fallait qu'ils créent quelque chose de commun de la musique de la chanson que ce soit le tambour au gros cas la maloya tout ça c'est des créations qui ont été

1:03:10
Présentateur

certains candidats remettent en cause tout ça vous l'entendez aussi actuellement que cette culture qui se mélange comme vous dites c'est une menace

1:03:19
Jean-Luc Mélenchon

pour la culture française et bien il faut qu'ils comprennent que la culture française n'a jamais existé en dehors de ce mélange moi j'ai été à l'école comme beaucoup de ceux qui me critiquent et j'ai appris que nous étions des galos romains d'accord c'est le seul peuple d'Europe qui invente un mot pareil nulle part ailleurs les autres ne se sont appelés je ne sais quoi romains nous nous avons été d'entrée de jeu mélangés pour l'hexagone mes ancêtres y étaient pas ils étaient espagnols je ne vais même pas vous dire autre chose que la créolisation a avancé menace de quoi ?

de rien du tout c'est le contraire c'est l'aération ça progresse ça bouge on parle pas avec les mêmes mots qu'il y a 20 ans ou il y a 30 ans et pas les mêmes langues non plus la créolisation est l'avenir du monde et c'est magnifique ça les dérange pas d'avoir des mots d'anglais ça les dérange pas d'aller à une onglerie qui porte un nom en anglais et vous les langues régionales

1:04:05
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon ça vous dérange ? pardon ? les langues régionales ça vous dérange ? elles vous dérangent ? le contraire

1:04:10
Jean-Luc Mélenchon

les langues régionales il en faut plus les gamins parlent plusieurs langues plus ils apprennent à en parler d'autres vous n'avez pas toujours dit ça

1:04:16
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon pardon ? vous n'avez pas toujours dit ça

1:04:18
Jean-Luc Mélenchon

si

1:04:19
Présentateur

vous n'avez pas changé d'avis

1:04:20
Jean-Luc Mélenchon

sur les langues régionales ?

non non non non mes adversaires par contre je leur reconnais cette constance le même ragot la même rumeur me pourchasse depuis 30 ans Mélenchon est contre les langues régionales je n'ai jamais été contre parce que certains de vos proches Alexis Cordier notamment sur les bancs de l'Assemblée en ont parlé à l'école la langue française par une autre je suis partisan du fait que tous les petits français parlent français mais évidemment qui parlent une autre langue d'ailleurs ils n'ont pas besoin de ma permission pour le faire ça dépend de la langue qu'on parle à la maison mais au-delà de la langue qu'on parle à la maison car j'ai connu les générations d'immigrés qui mettaient leur point d'honneur à ce qu'on ne parle que français à la maison mais je crois à la valeur et dans nos outre-mer dans nos sociétés créoles c'était aussi le cas mais oui mais je crois à la valeur de l'apprentissage des langues régionales comme du plurilinguisme parce que les gamins apprennent à penser et à parler en plusieurs langues je n'ai jamais dit autre chose jamais mais je suis pourchassé par des gens à qui ça fait plaisir de me montrer comme un sauvage contre les langues en général il faut quand on fait de la politique être habitué il faut avoir le cuir assez épais pour supporter des critiques qui sont injustes moi c'est un peu difficile de me critiquer sur ce que je fais et dis vraiment alors est-ce que vous nous direz un mot de la fin mais je vais vous répondre d'un mot n'offense pas qui veut

1:05:38
Présentateur

en langue régionale un mot de la fin en langue régionale un créole peut-être

1:05:40
Jean-Luc Mélenchon

si vous voulez moi ça ne me dérange pas je ne la comprendrai pas hélas

1:05:43
Présentateur

je suis sûre que vous allez comprendre n'en prouver Jean-Luc Mélenchon à très bientôt c'est la fin de cette émission je voudrais avant tout remercier tous les jeunes qui étaient avec nous ce soir en duplex de nos territoires au revoir au revoir à tout Jean-Luc Mélenchon merci d'avoir répondu à nos questions merci d'avoir regardé cette émission

1:06:02
Locuteur

merci d'avoir regardé cette émission merci d'avoir regardé cette émission