Nathalie Arthaud au grand débat de la présidentielle
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 1:13RelanceRéponse partielle
Nathalie Arthaud, vous voulez que les grands moyens de production, les usines et les banques appartiennent à la société par confiscation, par rachat. Et est-ce que concrètement, cela va donner de l'emploi aux 5,5 millions de chômeurs ?
- 3:10OuverteRéponse directe
Vous ne voulez aucune rivalité entre les travailleurs de tous les pays, vous voulez l'ouverture des frontières, mais comment est-ce que vous protégez les travailleurs français ?
- 6:09OuverteRéponse directe
Est-ce que le retour des djihadistes vous inquiète ? On estime qu'ils sont plusieurs centaines encore sur le sol irakien et syrien. Et qu'est-ce que vous proposez pour protéger les Français du terrorisme ?
- 8:34OuverteRéponse directe
Un citoyen qui tient des propos racistes, homophobes ou antisémites est sanctionné par la loi. Est-ce qu'être un élu pourrait être une circonstance aggravante ? Et est-ce que vous envisageriez une mesure dans ce domaine ?
- 12:00RelanceRéponse directe
Vous êtes contre le référendum d'initiative populaire, c'est peut-être étonnant.
- 17:47OuverteRéponse directe
Comment rassembleriez-vous les Français ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:33Locuteur 3Chiffre
« la BNP Paribas, elle a fait 7,7 milliards de bénéfices, elle supprime près de 700 emplois. »
- 2:00Locuteur 3Chiffre
« J'ai fait le calcul pour la BNP Paribas, c'est 0,3% de leurs profits. »
- 2:46Locuteur 3Fait
« il manque des bras dans tous ces secteurs, dans les crèches, dans les maisons de retraite. »
- 5:54Locuteur 3Fait
« le SMIC, on n'arrive pas à vivre. »
- 6:06Locuteur 3Promesse
« un minimum de 1800 euros »
- 12:12Locuteur 3Chiffre
« Il y a 6 millions de femmes et d'hommes qui n'ont pas d'emploi et sans doute plus dans le pays. »
- 15:33Locuteur 3Chiffre
« le pacte de responsabilité. 41 milliards donnés, effectivement, à fonds perdus, comme ça, au grand patronat. »
- 15:45Locuteur 3Chiffre
« Ces 41 milliards, c'est un million d'emplois. »
- 16:43Locuteur 3Chiffre
« la fortune de Mme Bettencourt est passée de 33 milliards à 36 milliards. »
- 16:48Locuteur 3Chiffre
« Celle de Bernard Arnault de 31 milliards à 38,5 milliards. »
- 16:52Locuteur 3Chiffre
« M. Dassault, 13 milliards à 15, presque, il frôle les 15 milliards. »
- 17:30Locuteur 3Chiffre
« les 10 premières, elles contrôlent la moitié du budget de la sécurité sociale. »
Temps de parole
- Locuteur 394 %
- Locuteur 14 %
- Locuteur 22 %
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Nathalie Arthaud, qui êtes-vous ? Bonsoir, je veux faire entendre le camp des travailleurs, les intérêts des ouvriers, des employés, des caissières, des femmes de ménage, des cheminots. Et j'inclue évidemment les chômeurs, qui sont des travailleurs condamnés à l'inactivité. J'inclue les retraités. Je pense aussi aux travailleurs indépendants, aux artisans, aux commerçants, qui sont eux aussi étranglés par le grand capital. Et je voudrais dire qu'ensemble, nous produisons toutes les richesses. Y compris les super profits qui sont encaissés par une minorité, y compris les produits de luxe qui sont réservés aux plus riches.
Toutes les progrès, toutes les prouesses techniques, les progrès de la médecine, des transports, c'est nous. Nous sommes indispensables à la bonne marge de la société. Alors oui, nos intérêts sont mille fois plus légitimes que ceux de la minorité capitaliste qui prospère en attaquant nos emplois, nos salaires, nos conditions de travail et de vie. Dans cette élection, j'appelle le monde du travail à affirmer tout simplement leurs revendications, leurs besoins vitaux, élémentaires. Avoir un emploi, un salaire correct, un minimum de 1800 euros, aussi pouvoir se faire soigner, se loger dignement et une retraite, une pension correcte.
Nathalie Arthaud, vous voulez que les grands moyens de production, les usines et les banques appartiennent à la société par confiscation, par rachat. Et est-ce que concrètement, cela va donner de l'emploi aux 5,5 millions de chômeurs ? Il faut commencer par le début.
Moi, comme Philippe Poutou, oui, je pense qu'il faut arrêter l'hémorragie parce que là, on est en train de discuter de comment on recrée des emplois. Mais vous savez quand même que la BNP Paribas, elle a fait 7,7 milliards de bénéfices, elle supprime près de 700 emplois. PSA, Renault, Sanofi, pareil, ils ont explosé leurs profits, ils suppriment des emplois. C'est pareil pour Orange, pour SFR. Alors écoutez, si vraiment on veut combattre le chômage, mais qu'on commence par ça, qu'on commence par leur imposer qu'ils maintiennent les emplois. Qu'est-ce que ça leur coûterait ? Rien, une bagatelle. J'ai fait le calcul pour la BNP Paribas, c'est 0,3% de leurs profits.
Alors oui, il faut commencer par ça, par les contraints à maintenir les emplois, si on veut être sérieux. Mais quand j'entends tous les autres, ils nous expliquent, voilà, c'est des plans sur la comète, mais qu'on commence déjà par interdire les licenciements. Et oui, il faut répartir le travail entre tous. C'est complètement dingue de voir aujourd'hui des gens qui sont surmenés, qui n'en peuvent plus, des cadences infernales. On rajoute le temps de transport, c'est des journées délirantes où les gens sont KO quand on est au boulot. Donc il faut soulager ceux qui sont au travail et oui, créer des emplois à côté.
Et après, j'entends, il y a des gisements invisibles, il faut créer des emplois ici, là. Mais attendez, il y a trop d'infirmières d'aides-soignantes dans les hôpitaux, il y a trop d'enseignants dans les écoles, il y a trop de conducteurs de trains, mais pas du tout, il faut embaucher dans tous ces services qui sont utiles à la population. On le sait tous, il manque des bras dans tous ces secteurs, dans les crèches, dans les maisons de retraite.
Nous parlerons des services publics tout à l'heure.
Voilà, il y a effectivement les moyens de créer des emplois, mais ça veut dire, oui, avoir une volonté, et la volonté non pas de faire des cadeaux au patronat, mais la volonté de prendre sur les profits qui existent aujourd'hui dans la société.
Vous ne voulez aucune rivalité entre les travailleurs de tous les pays, vous voulez l'ouverture des frontières, mais comment est-ce que vous protégez les travailleurs français ? D'abord, je tiens à dire que ces discours sur l'Europe,
c'est vraiment de la diversion, parce que dans les entreprises, ce n'est pas l'Europe qui force le grand patronat à aggraver l'exploitation, à augmenter les cadences, à augmenter le temps de travail, à imposer le travail intérimaire, la sous-traitance, donc des salariés de plus en plus flexibles. Ce n'est pas l'Europe qui pousse les grands groupes à écraser les petites entreprises qu'ils étranglent. Non, ça c'est un choix politique pour effectivement faire plus de profits, avoir plus de dividendes à verser aux grands actionnaires, c'est ça la réalité. Alors moi, quand j'entends, Madame Le Pen, c'est quand même, vous avez la primeur de ce point de vue-là, la spécialiste effectivement, M.
Dupont-Aignan, M. Asselineau, expliquaient que c'est l'Europe qui est la source de tous les maux, eh bien je dis que c'est tromper les travailleurs. Et pendant ce temps, oui, le grand patronat se frotte les mains, parce que lui, en toute impunité, eh bien il peut écraser la condition ouvrière. Aujourd'hui, dans toutes les entreprises, il y a des négociations sur les salaires. À Renault, Carlos Ghosn a prévu déjà de donner 30% de plus aux actionnaires. Vous savez à combien on doit les ouvriers de Renault ? 0,6% d'augmentation. Vous allez me dire que c'est l'Europe encore ? Oui, sans doute. Vous allez me dire que c'est l'Europe. Mais ce n'est pas vrai.
Ça, c'est dans l'ADN de n'importe quel patron. Il sait très bien que son argent, eh bien il le fait effectivement contre les travailleurs. Donc moi, dans cette élection, je dis au monde du travail, ne marchez pas dans tout ça. Et surtout dans cette division qui fait qu'on se dresse les uns contre les autres. Mais même les travailleurs détachés, je n'aime pas cette façon de discuter. Ce n'est pas le travailleur détaché qui essaye de gagner son pain. Nous aussi, si on ne trouve pas de boulot, qu'est-ce qu'il faut qu'on fasse ? Il faut qu'on bouge. Donc il ne faut pas se laisser opposer les uns aux autres.
Et il faut effectivement s'adresser à ceux qui dominent aujourd'hui et qui tiennent nos vies entre les mains. Merci. Alors, sur le Frexit qui est évoqué, là ? Mais c'est de la diversion, voilà. Dans les entreprises, qui décide d'embaucher, de licencier ? Qui décide du niveau des salaires ? Qui ? C'est le grand patronat. Alors moi, je veux bien qu'on passe trois quarts d'heure à discuter de l'Union européenne. Mais il y a une dictature de la classe capitaliste aujourd'hui sur l'économie. Mais que proposez-vous ? Et ce que je tiens à dire, c'est que vous discutez euro, franc, mais quand on est mal payé, que ce soit en franc ou en euro, eh bien on reste mal payé.
Donc moi, et je le dis, vous discutez de l'euro, vous opposez l'euro au franc, y compris vous, Mme Le Pen, parce que vous ne voulez pas vous engager sur des augmentations de salaires, de vraies augmentations de salaires, parce qu'il faut des augmentations de salaires, il faut des augmentations des pensions de retraite. Les salaires, ils ont pris du retard, beaucoup de retard. Aujourd'hui, le SMIC, on n'arrive pas à vivre. Alors, voilà, on nous enfume là, avec l'Union Européenne, le véritable pouvoir, il est auprès du grand patronat. Moi, je dis aux travailleurs, il va falloir qu'on se batte, nous, pour aller les arracher de nos augmentations de salaires. J'ai une proposition.
Pour arracher ce minimum
de 1 800 euros par mois. Est-ce que le retour des djihadistes vous inquiète ? On estime qu'ils sont plusieurs centaines encore sur le sol irakien et syrien. Et qu'est-ce que vous proposez pour protéger les Français du terrorisme ?
Déjà, je commencerai par dire ce que je ne ferai pas. Et ce que je ne ferai pas, c'est me saisir de chaque attentat, de chaque drame, pour faire des amalgames entre les terroristes, les migrants, les immigrés et les musulmans. Ce que vous faites en permanence, Mme Le Pen et M. Fillon, ça, je ne ferai pas. Parce que ça, c'est justement creuser un fossé dans la population. Et c'est exactement aller dans le sens, d'ailleurs, de ce que recherchent les terroristes. Parce que ces terroristes ont une politique, effectivement, c'est de pousser les uns ou les autres dans une communauté, de les enfermer comme cela. Et c'est exactement la politique. Vous répondez exactement de la même façon.
Donc je dénonce absolument ça que je trouve, voilà, qui me révolte à chaque fois. Et puis, ce que je ne ferai pas aussi, c'est bien sûr continuer avec ces interventions aux quatre coins du monde qui sont des interventions impérialistes. Est-ce qu'il y a un ouvrier, un chômeur, qui a intérêt à ce que la France aille faire la guerre au Moyen-Orient, en Irak, au Mali ? Non, il n'y en a pas un seul. Il y a des grands groupes, oui, des grands groupes capitalistes français qui ont intérêt parce que c'est leur influence, en réalité, qui est discutée dans toutes ces négociations, dans ces tractations, dans ces coalitions. Donc moi, je le dénonce et je dénonce toutes les manœuvres qui vont avec.
Et ces manœuvres, effectivement, en s'appuyant, y compris sur des dictatures infâmes, sur des bandes armées, eh bien, c'est exactement ce qui a été à l'origine des monstres qu'on a vus surgir. Et sur la question du retour des djihadistes
sur le sol français ? Daesh. Sur la question du retour des djihadistes sur le sol français, comment est-ce que vous vous y prenez ?
Écoutez, honnêtement, moi, cette société, je sais qu'elle est malade. Elle est malade jusqu'à... Voilà, elle est pourrie de l'intérieur. Alors moi, c'est la raison pour laquelle je veux la changer complètement. Je n'ai pas de solution pour gérer cette catastrophe. Moi, j'ai une solution, encore une fois, pour la changer. Et je crois que, pour la changer, il faut dénoncer ceux qui dominent aujourd'hui, ceux au nom de qui cette politique étrangère est menée, qui sont toujours les grands groupes capitalistes. Il faut toujours faire leur politique, c'est leurs intérêts. Et toute la société, le monde entier, en fait, aujourd'hui, encrève de cette politique impérialiste.
Nathalie Harteau, aujourd'hui, un citoyen qui tient des propos racistes, homophobes ou antisémites est sanctionné par la loi. Est-ce qu'être un élu pourrait être une circonstance aggravante ? Et est-ce que vous envisageriez une mesure dans ce domaine ?
Absolument. Et moi, je pense que, quand on est élu, on a plus de devoirs que les autres, plus de responsabilités. Et qu'on ne devrait pas avoir tous ces privilèges, ces passe-droits qui sont effectivement écœurants. Écœurants, d'autant plus, quand on entend toutes les leçons de morale, quand on entend toutes ces leçons de morale qui viennent d'en haut, quand on entend M. Fillon effectivement dénoncer les cheminots qui auraient des privilégiés, dénoncer l'assistanat, alors que lui-même s'accorde quand même des largesses, on va dire, pour être gentil. Donc tout ça, ce décalage-là, ce décalage, oui, ça choque. Oui, c'est insupportable.
Y compris, ces leçons de tolérance zéro, là, vous faites en permanence, c'est la tolérance zéro pour les jeunes, il ne faut rien accepter, etc. et vous, vous ne vous rendez pas effectivement à la convocation des juges. Eh bien, moi, je ne trouve pas ça normal. Vous savez, quand on est travailleur, quand on est ouvrier, quand on est au chômage, des comptes, on en rend tous les jours. On en rend tous les jours, même quand on est malade, quand on est en arrêt maladie, qu'on a parfois une maladie grave, eh bien, on est contrôlé à domicile et on vient voir si on est bien là, si on est bien malade, si on a bien...
Quand on est à Pôle emploi, qu'on ne peut pas se rendre à un rendez-vous, à une convocation, il faut donner les justificatifs, il faut s'expliquer. Quand on est au RSA, qu'on est une femme isolée, qu'on a une allocation, eh bien, là aussi, il y a des contrôleurs qui viennent et on en rend des comptes. Et vous voyez, quand on est dans une entreprise, la caissière, effectivement, qui récupère un bon d'achat, elle peut être licenciée pour ça, pour une... Mais pour bien moins que ça, vous avez avoué des erreurs, mais pour moins que ça, les gens sont mis à la porte, aujourd'hui, dans les entreprises. Donc ce décalage-là, évidemment, il est insupportable. Alors, bien sûr qu'il faudrait...
Moi, j'imagine que, oui, si les travailleurs se levaient, demandaient des comptes et étaient en mesure, y compris, de prendre, de changer complètement les institutions, l'État, eh bien, il ferait tout autrement. Et j'ai un modèle, d'ailleurs. La commune de Paris, la commune de Paris, elle avait choisi, c'était en 1871, quand le peuple avait effectivement, lui-même, construit son propre État, eh bien, il avait décidé, décidé que les élus soient révocables à tout moment et soient payés au salaire d'un ouvrier qualifié. Eh bien, oui, moi, je suis pour revenir absolument à ça, et y compris les fonctionnaires, les hauts fonctionnaires, et y compris... Alors, on en parle justement.
On en parle justement, puisque vous évoquez les institutions. Parce que c'est exactement là qu'on constate que la laïcité de Mme Le Pen, c'est en réalité... C'est... Voilà, c'est pour dénoncer l'islam, pour se mettre au travers des pratiques, d'autres pratiques religieuses. Voilà, c'est là qu'on voit qu'effectivement, c'est une façon d'avancer sur votre racisme, sur votre xénophobie, votre... C'est ça, c'est ça la réalité. Donc, la laïcité, ça sert de par avant, en réalité. Et par ailleurs, ce que je voudrais dire aussi, c'est que la Constitution, elle n'a jamais protégé les travailleurs, elle ne les a jamais... La Constitution n'a jamais protégé aucun ouvrier confronté à un licenciement.
Vous, vous êtes contre le référendum d'initiative populaire,
c'est peut-être étonnant.
Vous savez, dans la Constitution, il est inscrit le droit à un emploi. Il est inscrit le droit à un emploi dans notre Constitution. Combien... Il y a 6 millions de femmes et d'hommes qui n'ont pas d'emploi et sans doute plus dans le pays. Donc, ce n'est pas une Constitution qui changera cela. Et ce que je tiens aussi à dire, ce que je voulais rebondir sur l'idée de la révolution citoyenne et de la 6ème République, bon, mais ce n'est pas ça une révolution. Tout à l'heure, vous m'avez parlé de Marx. Bon, écoutez, non, le problème qui pèse sur nos têtes, c'est la dictature de cette classe capitaliste qui domine les grands groupes industriels et financiers.
Et je suis désolée, mais votre changement de numéro, de Constitution et de République n'y changera rien. On a pris l'exemple, vous avez pris l'exemple tout à l'heure du groupe Lafarge. Le groupe Lafarge a effectivement fait des affaires depuis un siècle. Il a fait des affaires sous la 3ème, la 4ème, la 5ème République. Il a construit le mur de l'Atlantique sous Pétain et Hitler. Et puis, on l'a tous appris, il a fait des affaires avec Daesh. Et puis là, il postulait pour construire le mur entre le Mexique et les Etats-Unis. Donc, on voit bien que ces grands groupes-là, ils ne vont pas être arrêtés par des changements de régime, de République ou de Constitution.
Il n'y a que leur coffre-fort, que leur dividende, que leur rapacité qui compte. Et moi, ce que je veux dire aux travailleurs, c'est que nos vies, elles dépendent justement de ces gens-là. On est confrontés à ce diktat qui fait que du jour au lendemain, on peut être licencié, on peut se retrouver avec... On va donner la parole à François Asselineau qui dit qu'il a du poignet. Et c'est cela qu'il faut changer. Je voudrais repartir quand même sur l'idée... Tout à l'heure, on discutait de comment redonner le pouvoir au peuple. Eh bien, regardez ce qui se passe en Guyane. Eh bien, je crois que la population elle a trouvé l'idée pour reprendre...
En tout cas, pour s'imposer, pour taper du poing sur la table justement. Parce que oui, ces luttes collectives, ces grèves, eh bien moi, je crois que c'est la meilleure arme finalement pour que les travailleurs fassent respecter leurs besoins. Là, en l'occurrence, en Guyane, oui. Ce qu'on voit, c'est que les services publics sont absents. C'est révoltant quand on voit effectivement qu'il y a Kourou à côté, que c'est cette base dont la France s'énorgueillit où il y a des dizaines, des centaines de millions à investir et puis qu'à quelques kilomètres de cela, il y a des femmes et des hommes qui sont sans électricité, sans eau, dont les enfants ne sont pas scolarisés.
Donc tout ça, c'est révoltant. Alors eux, ils ont effectivement, je crois, choisi la bonne voie. Ils ont choisi la voie du rapport de force de secouer effectivement l'État pour qu'il y ait un peu d'argent qui leur revienne. Moi, ce que j'espère, là, je veux affirmer évidemment ma solidarité, j'espère qu'ils vont maintenir ce bras de fer et surtout que dans cette mobilisation, les travailleurs, les plus pauvres, eh bien, ils se battront pour leurs intérêts, un emploi, évidemment, les augmentations de salaires et l'accès à tous ces services publics. parce que je ne vais pas redire tout ce qui a été dit là.
Bien sûr qu'il faut embaucher dans les hôpitaux, bien sûr qu'il faut embaucher dans les écoles, dans les transports, qu'il faut créer des maisons de retraite, des crèches. Mais il y a une réalité aussi, c'est que l'État, il n'est pas suspendu en l'air. L'État, il suit une politique qui sert aujourd'hui les intérêts, effectivement, d'une classe sociale, la grande bourgeoisie, la classe capitaliste, qui encaisse, effectivement, beaucoup, beaucoup d'argent sur le quinquennat de Hollande. Eh bien, ça a été 41 milliards. On est arrivé à 41 milliards quand même, le pacte de responsabilité. 41 milliards donnés, effectivement, à fonds perdus, comme ça, au grand patronat.
Ces 41 milliards, c'est un million d'emplois. Un million d'emplois payés à 1 800 euros net avec cotisations sociales, parce que moi, je suis aussi pour payer les cotisations sociales, parce que c'est comme ça qu'on finance, effectivement, la retraite, la santé, etc. Eh bien, ce 1 million d'emplois, oui, il aurait dû aller pour tous ces services utiles à la population. Et comme j'avais beaucoup de retard, je prends mon temps. Quand j'entends dire... Les minuites passées, tout de même. Quand j'entends dire qu'on est en dette, etc., la dette, elle n'a pas été faite pour construire un seul hôpital, elle n'a pas été faite pour ouvrir des écoles, elle n'a pas été faite pour la population.
Elle a été faite, effectivement, par les banquiers. Et comme j'attendais que M. Fillon nous explique qu'on était en faillite et qu'il n'y avait plus d'argent et qu'on ne pouvait plus payer les services publics, j'ai repris le tableau de classement des fortunes publiées par Forbes en mars dernier. Je tiens quand même à vous, entre 2016 et 2017, en un an, la fortune de Mme Bettencourt est passée de 33 milliards à 36 milliards. Celle de Bernard Arnault de 31 milliards à 38,5 milliards. M. Dassault, 13 milliards à 15, presque, il frôle les 15 milliards.
Bénier, puisqu'on a beaucoup parlé des agriculteurs, mais en accusant toujours l'Europe, sans jamais accuser ceux qui ont le monopole sur la collecte du lait, l'empire Bénier, l'empire du fromager, alors lui, il est carrément passé de 4 milliards en 2013 à 10 milliards en 2017 et dans le même temps, comme par hasard, le prix payé aux producteurs de lait a, lui, diminué. Alors voilà une des raisons aussi de l'appauvrissement. Donc, tout ça pour dire que ces grandes fortunes, en un an, elles ont augmenté de 18%, de 18%, car elles seules, les 10 premières, elles contrôlent la moitié du budget de la sécurité sociale.
Vous avez rattrapé de l'argent pour effectivement embaucher et en plus, on a un problème de chômage, il paraît que tout le monde veut créer des emplois.
Eh bien, voilà ce qu'il faut faire. On va conclure. C'est l'heure de votre conclusion. Comment rassembleriez-vous les Français ? Je ne veux pas rassembler les Français.
Moi, je l'ai dit, il y a une classe capitaliste, il faut l'appeler comme cela, parce que parler de l'argent roi et de la finance, c'est gentil, mais il y a des hommes et des femmes en chair et en os qui contrôlent cet argent-là et qui s'en servent effectivement pour imposer une véritable dictature sur la vie de centaines de milliers de salariés, de femmes et d'hommes, de travailleuses et de travailleurs qui sont transformés en esclaves salariés. Et moi, je m'adresse aux travailleurs, à ces femmes et à ces hommes.
Et je leur dis que dans cette élection, on veut nous faire élire le prochain président qui va encore faire reculer les retraites, qui va encore aggraver les conditions de travail et de vie. parce que la réalité, c'est qu'aujourd'hui, on a eu droit à des beaux discours, on a eu droit à des promesses, mais personne n'a dit qu'il fallait faire payer justement cette classe capitaliste et qu'il fallait entamer son pouvoir. Donc la réalité, c'est que les travailleurs eux-mêmes devront le faire au travers de leur lutte collective, au travers de leur mobilisation collective. Là, dans cette élection, moi j'en appelle à un vote effectivement de conscience ouvrière.
J'appelle les travailleuses et les travailleurs à dire leurs revendications, leurs intérêts, ce qui leur est nécessaire là aujourd'hui et à affirmer la nécessité de renouer avec les luttes collectives puissantes. Oui, ce vote sera à contre-courant, mais il faut justement qu'il y ait des femmes et des hommes qui soient fiers, fiers de dénoncer l'exploitation, fiers de dénoncer cette société capitaliste qui est pourrie par l'argent. Donc moi, j'en appelle un vote de dignité ouvrière et de combativité ouvrière.
Nathalie Arthaud